La bonne gouvernance du chaos, par Roberto Boulant

Billet invité.

Connaître son ennemi est un prérequis indispensable pour pouvoir espérer le vaincre un jour. Et l’avantage que nous avons face à une organisation hautement structurée comme Daesh, c’est que leur Département Communication ne produit pas uniquement des documents de propagande à base de scènes de boucherie humaine, mais qu’il offre également une liste impressionnante de documents doctrinaux. Ceux-ci expliquant très clairement les objectifs politiques, et séquençant par théâtre d’action les modes opératoires à suivre.

Alors qu’en est-il de ces objectifs sur les théâtres extérieurs, européens en général et français en particulier ?

Bien que datant de janvier 2015, l’interview de Gilles Kepel (politologue et spécialiste des cultures de l’Islam et du monde arabe) les expose très clairement : il s’agit de provoquer une guerre civile en instaurant un cycle de violences, que les gouvernements ne pourront pas maîtriser.

Concernant la société française, est-ce un objectif atteignable ? Dans l’immédiat, certainement pas. Mais Daesh est une organisation qui entend s’inscrire dans le temps long, comme le dit d’ailleurs très explicitement leur slogan : « baqiya wa tatamaddad », littéralement « l’État Islamique se maintiendra et s’étendra ». Leur but est donc de provoquer cette guerre civile, en érodant la résilience de la société française par des attaques en cycle long. Ce n’est pas tant la puissance des coups qui compte alors, mais leurs multiplications sur la durée.

Et dans cette optique, assassiner indistinctement des civils toutes religions confondues n’est pas contre-productif, comme une première analyse intuitive tendrait à le faire croire. Bien au contraire, puisqu’il s’agit ici d’initier une dialectique de la barbarie avec nos groupuscules d’extrême-droite. Ceux là-mêmes qui prônent une France de ‘race’ blanche ou qui beuglent que l’Islam nous fait la guerre avec le ventre de ‘ses femmes’. Ceux-là mêmes qui partagent avec Daesh un objectif politique commun : provoquer les conditions d’une guerre civile, et par la violence aveugle, forcer chacun à choisir son camp pour exterminer ou expulser l’Autre. Le processus étant achevé lorsque le discours binaire s’est installé dans les esprits, et que chacun pense que l’Autre n’est qu’une bête sauvage qui ne comprend qu’une seule chose, le langage de la force !

Il n’y a là aucune surprise stratégique, rien de très innovant. Seulement un schéma hautement rustique, si ce n’est simpliste, mais dont la redoutable efficacité a déjà fait ses preuves. C’est ainsi que furent peu à peu enterrés les accords de paix de Camp David, lorsque les attentats des uns ont répondu aux ripostes des autres, interdisant finalement toute possibilité de modus vivendi.

Nous sommes encore loin d’une situation à l’israélienne, mais c’est très clairement l’objectif final. Peut-il se réaliser ? Oui, à la condition sine qua non de pouvoir enclencher le cycle violences/contre-violences au travers de plusieurs attentats menés par des ressortissants français. L’apparition d’un tel ‘ennemi de l’intérieur’ signifierait alors à coup sûr, que nous serions en train de perdre.

Et d’ailleurs, ‘l’offre de collaboration’ de Daesh a été parfaitement entendue par l’extrême-droite. Elle a même déjà commencé à y répondre favorablement samedi dernier à Pontivy !

Bien entendu, les origines d’une guerre civile ne sont jamais monocausales et des décennies après, les historiens travaillent toujours à en démêler l’infini écheveau. Ce qui veut dire qu’en amont, seule une réponse multispectrale peut éviter le chaos en engageant tous les leviers à disposition de la puissance publique et de la société civile.

Une réponse rendue singulièrement compliquée dans une société où les moyens régaliens de l’État ont été systématiquement détruitS par le libéralisme, où les dirigeants politiques – s’ils ont encore la légalité – n’ont plus que des miettes de légitimité.

Ici également, rien de neuf sous le soleil, c’est quand l’organisme est déjà affaibli par la maladie qu’il devient le plus vulnérable aux agents pathogènes extérieurs.

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144 réflexions sur « La bonne gouvernance du chaos, par Roberto Boulant »

  1. Il y aura la Force : à l’intérieur et à l’extérieur . En négociation internationale .

    Il y faut d’abord et simultanément la Loi au travers de Liberté , Égalité , Fraternité étendue au vivant . A l’intérieur et à l’extérieur .

    Il y a parmi le mal à éradiquer ( je repense à un ministre de l’intérieur qui parlait de terroriser les terroristes ) , des malades psychiatriques authentiques irrécupérables dotés d’armes , qui doivent être supprimés . Il y en a d’autres qui , ayant vu sur place ou à Paris , sont prêts à des parcours plus humains si on leur offres des issues. Il y a aussi ceux qui ayant vu ou participé , souhaitent qu’ont les défassent de leurs bourreaux qu’ils n’osent plus feindre de quitter .

    Qu’il s’agisse des armes ou de la Loi , l’issue positive remet en cause au plan international le système économique mondial et ses formes totalitaires ( la fin justifie les moyens ) , et impose « l’équilibre » des échanges et la maîtrise citoyenne des richesses créées .

    Le plus médiatique et « immédiat » ( et de fait attendu par une majorité apeurée ) est évidemment la force nécessaire .

    Le plus fécond est ce que les instances internationales de tous types , seront capables de changer et d’arbitrer dans le système économique et les relations d’échange entre les « bassins de vie » mondiaux .

    Le new deal , nouveau Bretton Wood , « nouveau monde en commun », est appelé .

    1. +1
      Si la réponse, globale, de Hollande est intéressante parce que globale, elle est hémiplégique parce qu’elle se refuse (pour l’instant ?) à voir cet autre côté de la nécessité.
      Cela nous laisse handicapé, avec une béquille sécuritaire.
      Pour combien de temps ?

      1. Cette deuxième partie de la réponse , si elle vient , ne peut pas venir de la France ( ou de Hollande) seule . On n’est pas dans le discours magique (style Le Bourget) . On est dans le dur .

        Et la question devient alors : comment faire ici et ailleurs , seuls ou en alliance , pour que la deuxième partie commence à trouver des réponses internationales qui préfigurent des relations plus mutuellement supportables et « enrichissantes ».

        Tout ce qui viendra , connu ou pas , concrétisé ou en maturation , dans les semaines et décennies à venir sera bon à prendre si ça va dans ce sens .

        En France , nous ne perdrons pas notre temps , pour une fois , dans une élection présidentielle , en en faisant la mise en perspective de tous les thèmes habituels des non moins habituels chefs de têtes de gondole de supermarché , que sont devenus tous les candidats .

        Celles ou ceux qui pourront se prévaloir d’avoir , d’ici là , commencé à œuvrer dans ce sens au plan national et international , auront mes faveurs, pour m’éviter d’être l’avant dernier qui s’en va avant la lumière .

      2. « Cette deuxième partie de la réponse , si elle vient , ne peut pas venir de la France ( ou de Hollande) seule . »
        Redonner plus de pouvoir aux citoyens pour définir cette seconde partie aurait pu être une réponse apportée à Versailles dans le cadre d’une révision constitutionnelle (décréter la mobilisation citoyenne, pour faire la nique à l’extrême-droite et à Daech aurait eu de la gueule, y compris politiquement), mais elle aurait sans doute impliqué de remettre en cause un bon nombre de politiques auxquelles l’exécutif tient par-dessus tout.
        En lieu et place, on a une révision de la Constitution pour insérer un article permettant à l’exécutif de ‘gérer la crise’ …
        Pour ce qui est des réponses internationales, il faut bien à un moment donné qu’il y en ait un qui s’y colle, France ou autre.

      3. Le concept de mobilisation citoyenne qui vient le plus naturellement dans notre beau pays querelleur , c’est assez simplement  » aux armes , citoyens! » ;

        Qui a son prix , mais qui a de la peine à coexister dans le même instant en tous cas , avec mobilisation constituante .

        Ceci dit , j’adhère assez à l’idée qu’une révision constitutionnelle lourde d’évolutions de tous ordres , soit plutôt le fait d’une assemblée constituante adhoc . Ce qui suppose préparations , dans lesquelles les groupes de réflexion de tous types ont bien évidemment leur place .Ce blog en fait partie .

        Dans l’immédiat , pour progresser , je crois davantage aux « je te donne -tu me donnes » des accords internationaux , pour apaiser la planète .

        Pour ce qui est de « prendre l’initiative » , j’aimerais que ce soit le débat et le vote de notre prochaine élection présidentielle qui en donne à la fois le contenu , le mandat et surtout la force par la clarté qualitative et quantitative du vote .

      4. Pour ce qui est de l’initiative, Juan, ne comptez pas sur le débat présidentiel, sauf à attendre un mandat, un contenu et une force qui risquent de ne pas aller dans le sens souhaité, vu le chemin sécuritaire que l’on emprunte.

      5. @zébu :
        Si vous n’attendiez et n’attendez rien de Hollande , il semble que vous n’attendiez rien non plus d’une élection au suffrage universel et de sa campagne que d’autres essaient de préparer .

        Dès lors , il conviendrait de détailler ce que vous appelez « mobilisation citoyenne », qui elle regroupe , comment elle se manifeste , dans quel temps , comment elle s’articule avec notre Constitution et nos outils institutionnels .

        Par ailleurs , d’ici là , il va se passer des choses dans le monde .

      6. Si vous parlez de celle, présidentielle, qui vient, effectivement, je n’en attends pas grand chose et ne crois pas être le seul, vu les conditions antérieures aux attentats et à fortiori avec les orientations prises ensuite. Si vous parlez de l’élection au suffrage universel de manière générique, c’est autre chose.
        La question n’est pas tant ‘Hollande’ ou ‘Pas Hollande’. Elle est de savoir si le débat électoral permettra ou pas ce que vous indiquez et à l’évidence, il ne le permettra pas (ou alors il va falloir que me le démontriez).
        Concernant la ‘mobilisation citoyenne’, terme qui peut très bien ne pas être cristallisé comme tel, il faut retenir les deux termes, à savoir ‘citoyen’, qui est statut, capacité, devenir et regard sur soi, et ‘mobilisation’, non pas au sens guerrier de La Marseillaise (dont le contexte fut fort différent : quel ‘sang impur’ faire couler aujourd’hui ?) mais au sens figuré : « Fait de faire appel à toutes les forces physiques ou intellectuelles d’une personne ou d’un groupe de personnes pour faire face à une situation difficile ».
        Dans ce cadre là, j’imagine bien l’appel aux capacités des citoyens pour refonder et faire vivre le vivre ensemble, justement dans une situation difficile. On peut partir de l’exemple du hashtag #PortesOuvertes dès le soir des attentats à Paris, comme outil créé immédiatement sur les réseaux sociaux par les citoyens pour venir en aide ou en soutien des parisiens victimes des attentats :
        http://www.streetpress.com/sujet/1447628194-gardons-nos-portesouvertes#
        Le ‘concept’ serait de promouvoir les capacités citoyennes à consolider le vivre ensemble, qui est un bien commun, notre bien commun, sans forcément attendre de l’Etat que celui-ci ne vienne permettre, rendre possible par la loi ou la norme ces actions/expérimentations/innovations.
        Dans l’articulation avec nos institutions et la Constitution, j’imagine un espace constitutionnel ouvert pour cela comme un nouveau pouvoir défini pour les citoyens dans ce but et plus largement pour le bien commun (environnement, etc.). Nos institutions politiques pourraient se nourrir du travail citoyen ainsi réalisé pour leur travail respectif (législatif, juridique, etc.) tout en reconnaissant une valeur de droit à ce travail, comme il existe en France un corpus de droit administratif et un corpus de droit judiciaire.

        « La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen non seulement sur les affaires de l’Etat, mais sur celles de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession. Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernements (quels que soient les principes dont ils se recommandent), les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toute sorte de groupes, sont abandonnés à leur propre faiblesse et cèdent bientôt, soit aux tentations de l’arbitraire, soit à la routine et aux droits acquis … La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »
        Pierre MENDES-FRANCE

        ‘Quels que soient les principes dont ils se recommandent’ …

      7. @Zébu :
        Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes premières questions . dont je noterai simplement ,pour le moment , l’idée parfois émise sur d’autres ondes d’un espace constitutionnel nouveau pour « ouvrir » l’action démocratique et la maturation des idées neuves .
        Pour mieux en juger dans son réalisme , sa portée nationale et internationale, et sa maîtrise du temps , il manque beaucoup d’informations à ce stade .

        J’aimerais par ailleurs en savoir un peu plus sur la piste encore non dévoilée que Paul Jorion laisse entendre ,de son côté , au travers d’un aparté dans une vidéo , et une réplique à Vigneron récente .

      8. Tu m’apprends donc vigneron que Mendès incitait alors les jeunes à devenir milliardaires. On apprend (n’importe quoi) tous les jours …

      9. @ juan :
        « il manque beaucoup d’informations à ce stade » : c’est certain. Mais il me semble que c’est une piste à suivre.

      10. Tu nieras pas j’espère la filiation Mendès/Rocard ? Ok. Je te cite ce dernier (c’était à propos de la loi Macron):

        Macron a raison et Manuel Valls a raison de le soutenir dans l’idée qu’il n’y a pas de solution globale, d’opération miracle. Le déblocage, particulièrement en France, consiste à débloquer une quantité de petites choses qui font de la difficulté et que ces déblocages, on les fasse un par un dans la sérénité si possible. C’est la bonne voie de sortie.

  2. Et dire que sans Bachar-doit-partir, tout irait bien. C’est ballot.
    Si Orwell gouverne, ces gosses ont raison; la vie, c’est la mort.
    Le Captagon en ostie pour tout effacer…

    Harold Pinter, réception du Nobel de littérature, 2005, extrait:
    « Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l’issue de la seconde guerre mondiale. Je veux parler de l’Indonésie, de la Grèce, de l’Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d’Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L’horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.
    Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu ? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis ? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n’en savez rien.
    Ça ne s’est jamais passé. Rien ne s est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n’avait aucune importance. Ça n’avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l’Amérique : elle s’est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l’intérêt du bien universel. Un cas d’hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace. »
    http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2005/pinter-lecture-f.html
    On a tous les yeux crevés, les atomes se régalent.

  3. Tous cons ,cernés,mon fils habite à un kilomètre à pied du Bataclan, j’ai vérifié sur google machin-chose, il va bien merci.
    Une situation complexe appelle des réponses simples;tendre la joue gauche ou castagner.
    Urgent mais trop tardif ,s’interroger sur la genèse de la paranoia .
    Insupportable exégèse des intellectuels…
    Insupportable rodomontade des politiques…
    Penser,panser,pioncer.
    De la déprime à la colère salutaire,de la colère mauvaise conseillère, à je ne sais pas quoi.

    1. Quand on est pince-sans-rire , et que le rire s’absente il ne reste que la « tenaille ».

      Essayez de réveiller la trace de vos joies et de vos douleurs , pour tenter un « quoi » .

  4. « juannessy dit :
    17 novembre 2015 à 14:24

    MERCI JUAN, IDEM !
    « Cette deuxième partie de la réponse , si elle vient , ne peut pas venir de la France ( ou de Hollande) seule . On n’est pas dans le discours magique (style Le Bourget) . On est dans le dur . »
    « En France , nous ne perdrons pas notre temps , pour une fois , dans une élection présidentielle , en en faisant la mise en perspective de tous les thèmes habituels des non moins habituels chefs de têtes de gondole de supermarché , que sont devenus tous les candidats . »

    « Celles ou ceux qui pourront se prévaloir d’avoir , d’ici là , commencé à œuvrer dans ce sens au plan national et international , auront mes faveurs, pour m’éviter d’être l’avant dernier qui s’en va avant la lumière . »

  5. « Qu’il s’agisse des armes ou de la Loi , l’issue positive remet en cause au plan international le système économique mondial et ses formes totalitaires ( la fin justifie les moyens ) , et impose « l’équilibre » des échanges et la maîtrise citoyenne des richesses créées . »

    « Le plus médiatique et « immédiat » ( et de fait attendu par une majorité apeurée ) est évidemment la force nécessaire . »

    Le plus fécond est ce que les instances internationales de tous types , seront capables de changer et d’arbitrer dans le système économique et les relations d’échange entre les « bassins de vie » mondiaux . »

    « Le new deal , nouveau Bretton Wood , « nouveau monde en commun », est appelé »

    et

    « Si l’on veut vaincre Daech, il faudra bien en passer par un projet de société, une espérance collective à lui opposer, autrement et autre chose que ce qu’on lui oppose actuellement. »

    et

    Oui et pas seulement Daech, par ce que la DESESPERANCE ET LA SOUFFRANCE et ce quelle que soit leur origine font trop souvent le lit de tous les extrémismes et de la folie et de leur cortège mortifère.

    Ne pas perdre de vue et ne pas sous estimer sa capacité d’aimer, encore et toujours.

    Mon meilleur ami m’avait dit , peu avant son décès, cette belle phrase que j’ai envie de vous transmettre :
    l’Art c’est d’Agir avec Amour.

    « Tiens bon, l’ami(e). Reste éveillé(e). Ne laisse rien ni personne t’embrigader dans quoi que ce soit ! »

  6. Devinette :

    « En marge de sa conférence de presse mensuelle, Pierre Gattaz, a réagi à l’annonce de François Hollande de créer 5000 emplois supplémentaires dans la police et dans la gendarmerie. Le président du Medef estime qu’… »
    La langue au chat :

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/11/17/97002-20151117FILWWW00075-deficits-gattaz-repond-a-hollande-et-a-valls.php

    Et pîs ça j’aime bien aussi :
    « J’attends d’ailleurs des candidats… »
    Not’ bon maître attend de nos politiciens que …

      1. C’est gênant…

        il me semble pourtant qu’un patron de bistrot a perdu des amis, des employés et sa femme dernièrement, et ce patron de restaurant se retrouve seul avec une gamine de huit qui n’a m^me pas réalisé que sa mère était décédée et son père brisé… c’est dur l’amour agnès hein autrement qu’en chanson ?

      2. Vous n’avez pas compris, ou pas lu l’article mis en lien par La Belette. Ce n’est pas un souhait, c’est un constat, et une conclusion logique suite à l’intervention de Gattaz. Valls souhaite engager dans les forces de sécurité pour protéger la population. Hollande dit que la vie humaine passe avant l’orthodoxie budgétaire.

        Gattaz s’y oppose au prétexte que ça va creuser le déficit. Les gens comme lui sont beaucoup moins exposés aux risques : s’ils veulent voir un concert, ils invitent les musiciens à prix d’or pour une prestation privée, dans leur villa sécurisée. S’ils se déplacent, ou vont dîner en ville, ils sont entourés de gardes du corps. Que leur importe alors que Monsieur ou Madame tout le monde se fasse assassiner. Ils s’opposent donc aux mesures de protection au nom du déficit.

        On peut aussi se demander au nom de quoi un particulier (même milliardaire, il reste un particulier), se permet de donner des ordres à l’Etat.

        Explication évidente, redondante, et un peu longue, mais avec vous, c’est souvent utile.

      3. Pinaise! Mon post s’adressait à Gudule, j’espère ne pas avoir à le re-traduire pour Vigneron.

        Et à propos, Gudule, je me demande comment vous pouvez comparer la tragédie vécue par ce malheureux patron de restaurant et par sa famille, à celle, bien protégée, de celui qui justement leur refuse protection au nom de la finance? Là, c’est moi qui ne comprend pas. Vous seriez sympa d’expliquer.

      4. Agnès, ta saillie était minable, sa justification ignoble. Le tout baignant dans un filtrat de bêtise concentrée à haute viscosité.

      5. Non!

        Ce n’est pas une « saillie », et ça n’a rien de drôle.

        Cet homme, comme ses pareils au nom desquels il parle, a les moyens d’assurer sa propre sécurité. Il refuse l’octroi de fonds publics à celle de ses concitoyens. Fonds qui auraient d’ailleurs été bien plus utiles avant, en prévention, plutôt qu’en sécurité, maintenant qu’il est trop tard, mais il s’y serait tout autant opposé, et pour les mêmes raisons. Par contre, il ne s’est jamais opposé à l’octroi de ces mêmes fonds publics pour les guerres extérieures!

        Alors, non! Je peux avoir de l’empathie pour les victimes, leurs familles, les parisiens, et même les pauvres mecs qui se sont fait embrigadés dans cette secte de criminels, mais pour lui, aucune. Et je maintiens. Pensez-en ce que vous voulez.

      6. @Jducac :
        Ce rappel est judicieux à beaucoup de titres quand on analyse tous les ingrédients de ces années de sang .

        J’ai eu à en vivre d’assez près l’un des épilogues car quinze jours avant son arrestation ( novembre 1987 je crois) , Max Frérot avait fait l’objet d’un signalement dans le secteur où je travaillais alors . C’est le capitaine faisant office de commandant de la brigade de gendarmerie ayant vocation sur mon arrondissement ,qui avait eu en charge d’intercepter la fourgonnette pointée comme suspecte . C’était un ami personnel et professionnel .

        Il s’est avéré que la fourgonnette refusa l’ordre de stopper , fonçant sur plusieurs kilomètres jusqu’au centre du bourg proche , essuyant plusieurs coups de feu . Le chauffeur descendit en trombe pour se réfugier dans le plus grand bistrot du coin , poursuivi par mon ami capitaine , revolver au poing .
        Il s’avéra alors que « Max Frérot »était en fait le boucher -épicier du bourg , complètement terrorisé et paniqué , qui , pris dans le stress sécuritaire de l’époque , n’avait rien trouvé de mieux que de foncer pour rentrer au plus tôt chez lui . Ce qui avait quand même occasionné une dizaine d’impacts dans la caisse de sa camionnette .

        Mon copain a connu un grand instant de solitude pendant huit jours , et a été content de me compter parmi ceux qui l’ont invité dans ces semaines là , tandis que le major faisait l’intérim jusqu’à sa « mutation » huit mois après .

        On a bu un coup ensemble avant son départ , et je crois qu’il a apprécié que je lui dise que je préférais un capitaine qui se trompe, mais qui est devant ces hommes , qu’une fuite de responsabilité , et que je n’étais moi non plus pas exempt du risque de me trouver dans la même situation que lui , et pour la même raison .

        Mais tout cela nous confirme , que , hors la démocratie aboutie , il est difficile de se défaire et de la violence terroriste, et de la violence du capitalisme libéral .

  7. Lorsque les Etats-Unis entrent en Arabie Saoudite en septembre 1991 pour y établir des bases aériennes pour soutenir leur action au Koweit, ils commettent la plus « grande corruption sur Terre » pour un Wahhabite.

    Il n’existe dès lors aucun moyen « juridique » dans le corpus de lois Hanbaliste pour accorder un quelconque pardon aux mécréants qui ont foulé la terre de l’Islam.

    La guerre mondiale pour un wahhabite commence le jour où les Etats-Unis ont foulé la terre du prophète, de même qu’il n’existe aucun moyen juridique islamique pour accorder le pardon aux Chiites depuis 1400 ans, il n’existe aucune jurisprudence pour pardonner l’Occident : La loi divine pour eux doit s’appliquer, ils s’évertueront à « supprimer physiquement le responsable de cette corruption sur Terre ».

    C’est la très grande faute des conservateurs américains de la fin du XXème siècle de n’avoir jamais écouté les Historiens, les seuls qui auraient été capables d’arrêter les Yankees dans leur approximation du Monde, qu’on ose parfois appeller la « gouvernance ».

    1. Baratin. La seule loi sacrée d’un wahhabite saoudien c’est garder le pouvoir, à tout prix. Et quand des ultras prennent la Grande Mosquée en 79 ils n’hésitent pas à en faire un champ de bataille et un abattoir à croyants avec l’aide de tout le ban et l’arrière-ban du GIGN de Giscard.

      1. @Julien Alexandre.
        Je ne confonds rien du tout : Le 11 septembre 2001 est la date anniversaire de l’entrée des troupes américaines sur le sol d’Arabie Saoudite.
        @Vigneron
        A coté de la plaque.

        1. Sapristi, vous pouvez nous préciser la date d’entrée des troupes américaines sur le sol d’Arabie Saoudite ? Le 11 septembre 1943, c’est ça ?
          C’est pas fastoche de faire le malin en jouant à « l’historien » de salon.

      2. Pour ceux qui comprennent pas qu’il soit si facile de radicaliser des « prêts-à-radicaliser », voir Sachristie

      3. @Julien Alexandre.
        L’occupation américaine commence bien en septembre 1991, la preuve :
        http://www1.rfi.fr/actufr/articles/040/article_21630.asp

        En 1945, les accords du Quincy sont signés sur un porte-avion dans le golfe persique, cela n’a rien à voir avec la bagatelle de 10 000 soldats sur le sol d’Arabie saoudite qui a irrité les plus wahhabites du royaume. Les ultras qui s’en prennent à la Mecque en 1979 sont les mêmes qui déclarent la guerre à l’occident en 1991, ce sont les mêmes ultra qui voudront supprimer la Ka’aba tout comme l’a promis Al Baghadi. Libre à vous de raisonner toujours en occidental.

        1. Sapristi, c’est pas la peine de vous enfoncer (où est-il dit que l’occupation américaine commence en septembre 1991 dans votre article ? Nulle part. Dharhan abritait une mission militaire américaine, faut pas s’arrêter à lire une fiche wiki sur le pacte du Quincy) et de continuer à creuser. Contrairement aux saoudiens, vous ne trouverez pas de pétrole !

          Libre à vous de raisonner en hanbaliste…

    2. « Explication évidente, redondante, et un peu longue, mais avec vous, c’est souvent utile. »

      oui , et comique en plus… comme il est tout à fait évident que toute explication avec vous devienne forcement redondante et inutile avec et un esprit aussi brillant que le votre, au plaisir … et caresses et grosses papouilles d’amour aux pas milliardaires…..et aux milliardaires……

  8. Bonsoir
    Je viens de lire le billet de Cedric Mas sur les mesures à prendre, je suggère deux choses:
    1) nous cotiser tous pour qu’il puisse se présenter aux présidentielles de 2017 afin d’être en mesure d’appliquer son plan.
    2) D’ici là financer son voyage en Syrie et en Irak afin qu’il puisse aller contrer l’idéologie des djihadistes par son discours d’amour et surtout de raison.
    Vos rendez vous compte de l’impact fabuleux sur sa campagne présidentielle quand il reviendra avec des accords de paix et de développement mutuels signés parle calife al baghdadi et par les al bajliki ( le nouveau nom des belges) !? Il sera quasiment sur d’être élu et alors les idées et projets du blog pourront être appliquées et une paix juste, équitable et durable pourra s’établir!
    S’il y a un expert en financement électoral parmi nous,aurait il l’amabilité d’évaluer les premières dépenses nécessaires?
    merci
    Cordialement.

  9. « Là, c’est moi qui ne comprend pas. Vous seriez sympa d’expliquer. »

    j’ai toujours rêvé d’embrasser un libéral « pur » et « dur »….

  10. « Ce ne sont jamais les Gattaz qui se font mitrailler. »

    « Et je maintiens. »

    Même devant un juge au pénal ?
    Eux aussi, ils pensent beaucoup, surtout en ce moment, le climat vous est tout particulièrement favorable, quelle chance agnès hein ?

    Vous êtes prêtes pour une petite entrevue avec un juge et pour un fifrelin d’amende à plusieurs milliers d’euros et une jolie petite inscription sur votre casier judiciaire, maintenez donc agnès mais alors accrochez vous bien aux branchounettes, la gamelle va être trés dure….

    1. Hé bien dénoncez, Gudule, faites vous plaisir. Il faut être assez profondément chtarbé pour confondre l’énoncé d’un constat avec un direct appel au meurtre, mais bon, ce n’est pas comme si ça me surprenait.

  11. Certains s’interrogent sur le blog…du pourquoi et du comment devient-on « terroriste ». Il est des formes différentes de cette appellation dont usent les pouvoirs politiques aux manettes. Quoi de commun entre la bande à Baader, celle à Bonnot, les anarchistes, Manouchian, les escadrons de la mort, etc. et ces fous de Dieu téléguidés ? Rien d’autre que la dénomination juridique du pouvoir en place pour les désigner dans la confusion des mobiles et des actes.
    Pas possible de demander aux fous de Dieu, de témoigner sur la raison de leurs actes, comme la mise en scène juridique d’un état de droit le prévoit. En se martyrisant, ils s’en dégagent à nouveau.
    L’ennui avec ces fous de Dieu, indépendamment du Dieu qu’ils servent, c’est qu’à tenter de causer avec eux, il arrive toujours un moment où leur subjectivation  s’efface au profit de la volonté du Divin. Quand les pensées et les actes du sujet, sont attribués à l’Autre divin, c’est à la disparition du sujet comme tel, à laquelle on a affaire.
    Jadis une maman en consultation pedopsy comme on dit, me faisait un jour remarquer la vanité et l’étrangeté de ma demande (qu’elle me parle de ses actes et pensées, de fille, épouse et mère), car elle n’était pour  rien dans le film où elle jouait ces scénarii écrits par Dieu. Bien sûr, j’avais souhaité un dialogue direct avec Dieu mais l’intermédiaire, sans doute sur commandement divin a disparu de la consultation.
    En se supprimant, le fou de Dieu, laisse en panne l’État de droit, le citoyen sur sa faim de justice, et la justice sur la production de la vérité judiciaire, dont les citoyens doivent se satisfaire.
    Je crains qu’il n’y ait pas grand chose à attendre d’un procès pour ce genre de terrorisme, les capacités de discernement du sujet sont voilées par l’opacité de la foi qu’on dit aveugle, comme l’amour. Ni Marx avec ses déterminations socio-culturelles ni Freud avec ses surdéterminations signifiantes, ne causent au fou de Dieu, élu missionné par l’élu de son cœur et ses faire-valoir. Bref il entrave que pouic à ce qui lui arrive, formaté par sa béquille de sacrifice pour le sacré. Plutôt conclure qu’un égaré s’est accroché à une bouée de sauvetage, donnant du sens à une existence en défaut de sens. Rien de plus performant que le discours religieux pour donner du sens à tout. Du commencement du monde à sa fin, tout est prévu. Alors y occuper brièvement et dévotement une finalité pour l’éternité, ça ne se refuse pas, et ça met même fin au retour possible du vide existentiel troqué contre le ciel existant. Une injonction hallucinatoire de commettre un crime commandé par un martien, apparaît d’emblée du registre de la folie. La religion est au contraire on ne peut plus socialisée. Et hacher menu à l’épée l’indien en débarquant en Amérique a donné lieu à débats, trop tardifs pour l’indien. Ben Laden vivant aurait su utiliser le cérémonial juridique pour la cause, on l’en a empêché ; attendre une leçon à faire causer sous les feux de la scène juridique  un martyr raté, c’est un malentendu majeur. Interpellé un jour sur la bondieuserie de Françoise Dolto, Lacan aurait coupé le court-circuit divin/divan en répondant « tant qu’elle ne prie pas pour ses analysants ». On n’épuisera pas les phénomènes geo-politiques, en analysant la supposée biographie de leur dirigeants ou leurs servants, mais si tous les cadres du nazisme avaient suivis le führer dans le suicide, Nuremberg aurait tourné court. Les élites de ce qui s’appelait tiers monde ont été pendant des décennies, curieuses du projet socialiste. Ça s’est arrêté avec la dissolution de l’urss, et le remplissage du vide créé par la religion ciment millénariste. Si les US et les Saoud n’avaient pas financé et formé les talibans, les soviétiques seraient venus à bout des féodaux religieux afghans au bout d’une dizaine d’années, comme les bolcheviks mirent fin au milieu des années 30 à la résistance des féodaux et religieux ouzbeks suite a la création en 1923 de la république socialiste d’Ouzbékistan. Et les twin towers etc.
    Tendanciellement les religions gouvernent directement de moins en moins les hommes. Seule une très petite minorité n’est plus concernée personnellement. Je persiste à lire le regain et la rengaine de l’islam comme un baroud d’honneur, mais à l’échelle de l’histoire qui peut durer des décennies. Les attentats à venir seront ceux qui n’auront pas été empêchés dirait Monsieur de la Pallice comme de la police. Ici en Éthiopie il y a 30% de musulmans sur 90 millions d’ha. C’est calme pour l’instant. Pourquoi ?

    1. Parce que les fous de Dieu se contre-tapent de l’Ethiopie (pour l’instant) ? 😉
      Et pourtant, c’est pas ça qui doit manquer, avec la Somalie des Shebbabs juste à côté et l’invasion éthiopienne passée …
      En Indonésie, c’est beaucoup plus (1er pays musulman au monde) et c’est calme maintenant, après le fin de la décennie terroriste Al-Qaïda des années 2000.
      C’est même un échec aux dires d’un djihadiste :
      http://www.courrierinternational.com/article/2012/07/04/le-terroriste-umar-patek-l-attentat-de-bali-a-ete-un-echec
      En Malaisie non plus, pas de terrorisme. Aux Philippines, c’est (c’était, depuis 2014) lié à la question séparatiste du Mindanao. Au Bangladesh, le terrorisme est un phénomène récent.
      Les structures familiales ? L’éducation qui progresse ?

    2. Pasque quelqu’un aurait trouvé quoi que ce soit de ce « grand chose à attendre » lors des procès des Baader, Carlos ou Rouillan ?

    3. Si les US et les Saoud n’avaient pas financé et formé les talibans, les soviétiques seraient venus à bout des féodaux religieux afghans au bout d’une dizaine d’années

      L’uchronie en mode nécrosoviétophile, on a beau dire, ça vaut son pesant de lait de bouc afghano-ouzbek…

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