« Panama papers » : la réalité dépasse la fiction, par Jacques Seignan

Billet invité.

Aujourd’hui, plus que jamais, « la réalité dépasse la fiction » : il y a donc cette incroyable histoire de notre oligarchie qui se fait prendre dans ses prédations dissimulées…


Franchement y aviez-vous pensé, à ces nouvelles fuites, à ces nouveaux leaks ? Sont-ils devenus à ce point impudents et arrogants qu’ils en soient devenus imprudents ?

Ah quel scénario !

  • Le fils d’un SS qui fonde un machin à blanchir le fric au Panama – et encore le Luxembourg en plein milieu du réseau (le « milieu » est parfaitement connoté).
  • Le papa du méchant Premier ministre britannique qui voulait drastiquement diminuer les aides sociales, avait mis sa fortune à l’abri — affectueuse précaution pour le fiston ?
  • Le gentil président argentin qui a finalisé un accord avec les fonds vautours : une petite commission, ni vu, ni connu (mais je suis mauvaise langue !)

N’en jetez plus : on n’y croit plus !

Mais pourquoi donc n’arrivent-ils pas à légaliser à 100 % leurs immenses fortunes volées ? Après tout ils les méritent, comme vient de nous le faire savoir Pierre Gattaz à propos de Carlos Tavares de PSA. Tout cela est assez nullard au fond, de devoir ramer comme cela avec ces complications offshore, au black, comme si l’on était des truands !

Déplorable concours de circonstances, alors que plein de jeunes (et sûrement de moins jeunes) commencent à dire qu’ils en ont marre ! Bravo la Matrice : tu nous offres enfin un petit scénario un peu plus drôle que d’habitude. Les défaites, les désespoirs et les horreurs s’approchaient du niveau de saturation…

Au niveau dialogues tout cela est malheureusement assez faiblard ou bien est-ce juste pour en remettre une couche au niveau de l’énervement ? « Hollande se félicite des lanceurs d’alerte » !!!!! (excusez svp les points d’exclamation – c’est parce que là je pète les plombs). S’agit-il bien de la même personne qui a fait détourner l’avion du président bolivien Evo Morales ? et qui avait osé dire « Euh, euh, c’est parce qu’on croyait qu’y avait, euh, Snowden dans l’avion, euh… »

Pour finir de vider (très provisoirement) mon sac, une petite réflexion sur les démocraties représentatives. Avertissement préalable : j’ai la plus grande admiration pour ce petit mais vénérable peuple d’Islande à la culture millénaire (merci Jorge Luis) MAIS je m’interroge. En 2013, ils ont voté pour les deux partis responsables des catastrophes bancaires. Ce soir ils sont déçus : ils sont à nouveau dans la rue. Ne seraient-ils pas un peu concons nos amis islandais ? Mais qui sommes-nous pour leur donner des leçons ? Ne faisons-nous pas la même chose qu’eux par nos votes, depuis si longtemps ?

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