Terrorisme armé, terrorisme politique, par Vincent Rey

Billet invité. Ouvert aux commentaires. P. J. : Lorsque Vincent Rey m’a soumis tout à l’heure ce texte, j’ai eu envie de le publier, mais en même temps, je formulais mentalement des réserves à son encontre. Du coup, je l’ai montré à certains contributeurs habituels du blog, dont vous lirez les remarques à la suite. Et je vous invite bien sûr à participer vous-même au débat.

A l’heure où un terrible attentat ensanglante la Turquie, on peut se demander s’il n’y a pas une parenté entre le terrorisme armé et ces votes « contre l’establishment », qui se multiplient en Europe. Est-il si absurde, ce parallèle entre le meurtre sauvage, et l’action de déposer un bulletin dans l’urne pour le Brexit ?

L’absence de différence de méthode entre l’assassinat de Jo Cox, et ceux par exemple de Khaled Kelkal, doit nous inviter à réfléchir. Les auteurs de ces meurtres ont presque toujours le point commun d’être soit des repentis du crime, soit des gens issus d’une grande précarité économique*, qui trouvent ainsi un moyen d’exister. Et qu’ils crient « Halah khacbar », ou « Britain first » en perpétrant leur crime, ne fait pas grande différence.

Le schéma mental du vote extrême est d’ordre similaire : lorsque des pans entiers de la population sont laissés pour compte, abandonnés à un sort économique tel qu’il leur nie toute existence sociale, on ne peut pas s’étonner que des pans entiers de l’électorat se détournent des voies traditionnelles de la politique, pour s’orienter vers des aventures collectives plus « exotiques ». En somme, l’électeur européen se dit de plus en plus fréquemment : « Puisque la société se moque de ma mort sociale ou économique depuis des décennies, je vais par mon vote montrer que je me moque à mon tour du déclin de la société », et l’œil larmoyant de Richard Branson, évoquant la non-création de 3000 emplois et la perte d’un tiers de la valeur du capital de ses sociétés, n’émouvra pas davantage l’électeur engagé pour le « Leave », s’il se sait peu « employable ». Il se dira plutôt « Mais qu’est ce que j’en ai à f…, moi, des profits et des emplois de Richard Branson ? ». Si l’on ne peut adhérer aux idées racistes ou antisémites que véhiculent ces partis, comment blâmer cet égoïsme, lorsqu’il règne dans toute la société ?

Les appels de M. Valls à faire preuve de résilience face au terrorisme, tout comme ses propos antérieurs – qu’il a tempérés depuis – estimant qu’il n’était pas nécessaire de comprendre le terrorisme, sont à ce titre, totalement « hors sol ». Comment ? Il faudrait accepter que de temps à autre, un peu comme dans le film « Brazil », une explosion dévaste un restaurant ou une gare à côté de chez soi, et accepter de continuer son chemin, comme si de rien n’était ? Invoquons plutôt l’urgence d’avoir un avis contraire : PLUS QUE JAMAIS, il est nécessaire de comprendre, à la fois ce qui mène au terrorisme, et ce qui dirige, en ce moment même, des pans entier de l’opinion publique vers ces partis extrémistes, souvent xénophobes et antisémites, et même en Allemagne, un pays pourtant marqué au fer rouge par ses errances idéologiques du passé, où l’on nous dit pourtant que le chômage a disparu ! Car si l’on ne doit rien espérer des règles du marché, ni du politique, pour réduire des inégalités sociales de plus en plus criantes dans la plupart des pays développés, il y a fort à parier que de plus en plus de gens, en perdant l’espoir de leur « devenir » social, emprunteront, quelquefois par conviction religieuse, écologique, ou autre, mais le plus souvent par dépit, des attitudes individuelles ou collectives pouvant conduire à de très graves destructions.

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* ou qui s’estiment pauvres, par le décalage qu’il y a, entre les aspirations qu’on a suscité chez eux , et la réalité de leur vie, ce qui revient au même. Le Crash de l’airbus de la German Wings, précipité contre une montage par son pilote, s’apparente aussi à un acte terroriste, dans son schéma mental, qui semble révéler le même type de dépit : « puisque je ne serai pas pilote à la prestigieuse compagnie Lufthansa, mais seulement sur la compagnie Low Cost German Wings, j’en ai plus rien à f… « .

Observations :

Roberto Boulant
29 juin 2016 at 11:38

Je suis tout à fait d’accord avec Vincent Rey : les gens qui ont voté pour le Brexit sont au mieux des imbéciles, au pire des terroristes en puissance.

Il est tentant d’apparenter ce genre de discours qui nie qu’un vote contre TINA, l’UE ou les ‘partis de gouvernement’ puisse être un acte rationnel, à du révisionnisme.

Sans préjuger de la sincérité de l’auteur, ses propos s’inscrivent dans la droite ligne de ceux qui pensent qu’il est impensable de donner voix au chapitre aux peuples-enfants.

En un mot comme en cent, j’y vois la main de ceux qui essayent de préparer les opinions à la dictature qui vient. Celle qui ne s’embarrassera plus des oripeaux démocratiques de la représentativité, et qui gouvernera au nom des lois divines de la RF.

Zébu > Roberto Boulant
29 juin 2016 at 12:15

Je ne crois pas, Roberto, que l’auteur veuille dire cela. Il dit seulement qu’à la violence, économique, sociale, symbolique, que les pauvres reçoivent, ceux-ci renvoient une autre violence, celle politique, la seule légitime qu’il leur reste, d’un vote de violence pour le système qui les dénie et les violente.

De là ensuite à passer à la violence physique, puis, autre stade, au terrorisme (acte de violence politique), il y a un pas que je ne franchirais pas. Personnellement, je pense surtout, comme l’auteur d’ailleurs, que ceux qui ne voient pas un quelconque bout de tunnel, exprime un « j’en ai rien à foutre ! », mais version individuelle (et parfois nombrilistique) plutôt que politique.

Sauf qu’à force, en s’agrégeant et en s’exprimant sous la forme d’un vote la plupart du temps d’extrême droite, cela finit par former une réponse politique au système.

Le risque si j’ai bien compris l’auteur, néanmoins, est que ce type de réponse soit considérée effectivement par le système comme irrationnelle et surtout comme une volonté, politique, de répandre la terreur (déstabilisation, effondrement, …) dans le système, et finisse par être traitée comme telle : comme du terrorisme.

Je n’y crois pas, au sens que cela impliquerait une ‘main’ comme tu l’écris Roberto, une main qui n’existe pas (unité, conscience, volonté). Je crois plus à un système qui ne comprend même pas ces retours de violence qui lui sont faites, qui constate, rationnellement, l’augmentation des inégalités, mais qui est incapable de faire le lien de causalité entre ses actions et les effets observés.

Certes, les peuples sont mécontents, certes les pauvres prospèrent en nombre quand les riches prospèrent en richesses, mais il ne s’agirait là que d’une mauvaise adaptation du système qu’il s’agirait de résoudre : d’où les réponses observées actuellement par nos gouvernants européens …

Roberto Boulant > Zébu
29 juin 2016 at 13:30

Le problème à mes yeux se trouve dans la ligne directrice de ce texte, celle qui dès la première phrase tente le parallèle absurde entre l’acte criminel d’un déséquilibré et le vote pour le Brexit. Intellectuellement ce genre d’amalgame qui consiste à prendre un acte extrême et isolé pour en tirer une règle générale applicable à des millions de votants, ne tient absolument pas la route.  Que des ultras nationalistes tarés aient voté en majorité pour le Brexit, cela ne fait aucun doute, mais il faut prendre alors en miroir le vote des tarés qui dirigent le plus grand havre fiscal du monde, la City, afin de décrédibiliser le vote en faveur de l’UE.

Une voie sans issue qui mène tout droit au chaos, celui où chaque camp nie la légitimité de celui d’en face.

Quant à l’existence d’intérêts privés ultra-puissants capables d’influencer à leur seul profit les politiques économiques, sociales et fiscales des états, qui pour le nier encore ? Que cette main soit stupide et aveugle, cela ne fait aucun doute, mais cela ne remet pas en cause son existence.

Pierre-Yves Dambrine > Roberto Boulant
29 juin 2016 at 13:26

Je pense aussi que l’auteur se trompe de combat. L’auteur de ce texte se fait une curieuse conception de la démocratie, établissant une ligne de partage entre ce que seraient des votes « normaux » et des votes contre l’établissement allant jusqu’à suggérer que les votants du Brexit se comportent comme des terroristes en puissance.

Cette conception selon laquelle il y aurait un vote normal versus anti établissement, est tout à fait contraire à l’esprit des institutions démocratiques. Si l’on a inventé la démocratie c’est précisément pour donner à tous, sans exception,  une égale voix, quelques soient les intentions, les motivations des électeurs. Il ne peut donc pas y avoir  de bons et de mauvais électeurs, il y seulement une démocratie imparfaite, mais qui a le mérite d’exister en tant qu’elle manifeste, mesure un certain état de l’opinion là où son absence serait la violence du fait accompli et silencieux.

C’est le lot commun des élections que beaucoup d’électeurs s’expriment plus contre quelque chose que pour un projet. Le vote contre l’établissement ce n’est donc pas quelque chose qui devrait s’analyser comme une exception.

M’est d’avis que l’auteur exprime surtout sa colère et son propre désappointement face à un vote qui apparaît comme un chamboulement. Mais ce n’est pas en niant niant les cris que suscitent les craquements du système, parce que ce système fait mal, qu’il faut faire taire ceux qui crient pour accomplir le changement nécessaire. A quoi serviraient les élections si elle ne remettaient rien en cause ?

Timiota
29 juin 2016 at 13:45

Sur l’émergence de ce que font les « paumés » comme gestes désespérés, Stiegler a un discours assez construit (p.ex. sur Richard Durn), qui évite la comparaison terme à terme. Il distingue les désaffection individuelles et les effets collectifs, pour faire une longue histoire courte…

Paul Jorion
29 juin 2016 at 16:22

Est-ce que je le publierais, avec vos commentaires à la suite (signé de votre pseudo si c’est ainsi que vous apparaissez sur le blog) ?

Roberto Boulant > Paul Jorion
29 juin 2016 at 16:40

Je pense que ça serait plutôt une bonne chose, tant j’ai l’impression subjective que les médias mainstream insistent sur les regrets de ceux qui ont voté pour le Leave, et sur les sept plaies d’Égypte qui vont maintenant s’abattre sur le Royaume-Uni.

Une manière de respecter l’intelligence des lecteurs du blog en leur soumettant les différents arguments, tout en faisant remarquer aux plus distraits d’entre eux que la petite musique de ce billet est reprise allegro vivace par bon nombre.

Zébu > Paul Jorion
29 juin 2016 at 18:02

Le texte n’est pas très clair sur les intentions de l’auteur : fait-il le lien entre rejet du système et terrorisme ? Ou au contraire parle-t-il de la possible tentation du système à criminaliser ce rejet, démocratique ? Ou tout ça en même temps ?

Timiota > Paul Jorion
29 juin 2016 at 18:27

Oui, ce serait logique et montrerait un peu comment fonctionne une « décence intellectuelle » (qu’on aimerait « common ») .

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71 réflexions sur « Terrorisme armé, terrorisme politique, par Vincent Rey »

  1. Décidément la violence devient un sujet d’expression fréquente . Ici avec une approche totalement différente et sans doute des présupposés différents :

    http://blogs.lexpress.fr/attali/2016/06/13/en-decoudre/

    Sinon , comme Zébu, j’ai un peu de ….crispation mentale , quand , sur des sujets aussi graves , on est un peu court et simplificateur , sous le coup d’une association d’idées qui n’a pas dépassé ce stade .

  2. Si les Britanniques avaient voté pour le maintien, que n’aurait-on pas vanté la maturité, l’intelligence, la raison de ce peuple exemplaire !
    Ah les (« salauds de ») pauvres !

  3. Si l’on reprend le concept de François Roddier des cycles thermiques dans l’économie, considérant qu’on est déjà en crise et pas loin d’un effondrement, et que cette UE est plus une Europe économique au service du capital. Le Brexit n’est pas forcément une idée stupide si on a dans l’idée de réduire la taille de l’organisme. La question est, qu’est-ce que va réellement être ce « Brexit », qu’est-ce que les politiques vont en faire, et est-ce que ça va « réduire » la taille de l’organisme et augmenter sa résilience… et là malheureusement on en revient à l’absence de bonnes idées à la tête des états.

  4. Effectivement il y a un manque d’écoute du citoyen. Lui accorder une et une seule fois le droit à la parole qui tranche est un phénomène curieux d’autant plus que la technique d’information préparait déjà les esprits a un très possible Brexit. J’ai du mal a croire a l’effet de surprise . On pourrait presque se demander si le fait de responsabiliser le citoyen de cette sortie n’est pas une méthode pour faire accepter sans conditions la future austérité . Vous l’avez voulu ! Le plat est servi .
    Les anglais disposent encore de beaucoup d’argent c’est intéressant, par chez nous il se fait plus rare. Lorsque nos citoyens seront trop gênants, lorsqu’ils n’auront plus un sous à donner ils auront faim , il y en aura bien certains qu’il faudra protéger contre d’autres. Ce sera le nouveau rôle de la politique. Protéger la croûte de pain !

  5. Le terrorisme a vocation à diviser, isoler, instaurer un climat de défiance avec l’extérieur. La frontière est une porte que l’on ferme à double tour quand la menace se fait sentir, mais ce qui ne sent pas bon c’est cette peur, résultat d’un massacre aveugle qui signe la victoire des auteurs du crime, ressentie par les spectateurs-électeurs dépourvus de moyens face à la mondialisation; il n’y a que le bulletin de vote pour avoir ce sentiment d’être capable de se défendre. Alors que, quand ça sent mauvais, il serait plutôt souhaitable d’ouvrir portes et fenêtre, certains préfèrent s’isoler et faire comme si. La coopération internationale est sans doute essentielle pour lutter efficacement contre le terrorisme, mais l’instinct conservateur va orienter le regard de l’électeur sur son propre nombril. Ce ne serait donc pas un parallèle, c’est le présent à différentes intervalles d’une civilisation, c’est la même chose, le même événement. A partir de l’analyse de ce terrorisme il est possible de voir de quoi demain sera fait, ça nous permet de nous faire une idée de notre espèce et de son devenir, à replacer dans un contexte de dissipation d’énergie humaine dans un système complexe et d’une civilisation sans conscience collective et d’un individualisme sans volonté effective.
    On peut aussi voir le brexit comme une bonne chose vu que l’euro les rebuttent. Et l’Otan est toujours là pour resserrer les
    liens et les rangs.
    Paul Jorion, en constatant que les partis politiques se divisent en différentes chapelles, considère que le combat droite gauche est plus que jamais d’actualité, n’est-ce pas parce cette vision droite gauche n’a plus d’intérêt que les partis se divisent?

    1. « … n’est-ce pas parce que cette vision droite gauche n’a plus d’intérêt que les partis se divisent ? »

      Vous voulez dire que le Parti socialiste est nécessairement « de gauche », et les Républicains, nécessairement « de droite », mais comme les concepts « de gauche » et « de droite » se dissolvent, les partis qui l’étaient se dissolvent par contagion ?

      1. Les concepts de gauche et droite sont par expérience inopérants à construire une société politique pacifique, les aspirations politiques individuelles représentées ainsi s’affrontent et ne s’accordent pas, ce qui devrait être l’objectif comme Keynes le préconisait, satisfaire le plus de monde possible, lui-même se positionnait-il à l’extrémité? Si la gauche est de gauche, sans le ps elle est très largement minoritaire, la gauche est contre l’euro elle peut en sortir si elle sort du schéma droite gauche. Cela revient à débattre sur un ring, d’où le pathétique spectacle de ces émissions politiques et de ces journalistes, pendant que l’UE administre notre avenir car droite gauche c’est pareil. Séguéla et Attali c’est la gauche, chacun peut avoir sa propre gauche à condition quand même de regarder dans la même direction, de garder certains repères dans cette dure réalité.
        Les partis se divisent parce que droite gauche ça ne suffit pas à satisfaire toutes les ambitions. Les news politiques ne font que reprendre ces petites ambitions, guéguerre à droite et guéguerre à gauche. C’est plutôt les partis qui se dissolvent que le concept en lui-même.

      2. Regarder dans la même direction pour garder certains repères sinon droite et gauche se dissolvent. Le concept peut-il mener le réel à sa perte? Si l’action politique précède la représentation, que tous ces débats ne sont finalement que des histoires que l’on raconte à posteriori pour justifier nos actions, alors les partis se dissolvent avant le concept. Si le concept est porteur d’un système et qu’il n’est plus efficace (bipartisme, alternance) il pourrait se dissoudre et emporter avec lui ceux qui l’ont porté dans ce vide politique.

      3. Alors que devrait bientôt être publié votre prochain livre Qui étions-nous?, voulez-vous agir en portant ce concept de gauche tout en tirant un trait sur l’humain? Avant de faire le deuil de l’espèce ne peut-on pas revoir nos concepts?

      4. Ça me rappelle la connerie que Fabius avait trouvé pour se moquer de Bayrou et son  » ni droite , ni gauche , le meilleur des deux  » . Sa démonstration tenait à : » j’ai deux mains , une gauche et une droite » . On est prié d’applaudir ( des deux mains).

        En fait il y a bel et bien une droite et une gauche, en chacun de nous et socialement , dont les vertus et faiblesses se sont largement révélées dans l’histoire . Il se trouve simplement que la durée de la présence d »une droite hégémonique ( je compte le modem_UDI à droite) , lui a fait cultiver , croître et « embelli » , ce qu’elle a de pire , et qui aboutit à une impasse mortelle ( morts de gauche ET de droite).
        Il se trouve aussi que lorsqu’on se reconnait et annonce  » de gauche » aujourd’hui , après plusieurs septennats , quinquennats « de gauche » , mais qui étaient en fait de droite pour cause de mauvaise analyse des enjeux de la vie du monde , ça rend l’affichage un peu confus . Il y a eu tromperie sur la marchandise .

        Mais la gauche , comme d’abord porteuse de progrès social , et ensemblière de bonheur collectif , est toujours là , par nature humaine .
        La droite comme porteuse de règles et d’individu-roi , aussi , par nature humaine .

        Le progrès , que l’une et l’autre revendiquent , est au point de rencontre ( pas la confusion , la confrontation) de ces deux « tendances » .La confrontation devrait pour être efficace se situer sur le champ de bataille que notre hôte évoque comme un soliton . Sur ce champ là , à court-moyen terme , l’arbitre principal sera d’ailleurs l’état de notre vaisseau amiral .

        Pour que l’aventure se poursuive , il serait bon que la droite abandonne son « hors limites » , et que la gauche s »affirme pour ce qu’elle doit être .

    2. À qui ou quoi s’appliquent les concepts de droite et de gauche ?

      Dans la Résistance il y avait des curés et des communistes, des royalistes et des gauchistes, des patriotes et des partisans de l’Internationale ouvrière. Ça ne posait pas trop de problèmes parce que très peu d’entre eux doutaient que la France doive continuer à exister en tant que nation indépendante. Ils se battaient contre l’Allemagne nazie, certains plutôt contre « l’ennemi héréditaire » d’autres plutôt contre le nazisme. Ne collaborer ni avec l’Allemagne ni avec le nazisme suffisait à les réunir.

      Que les Anglais refusent désormais de collaborer à une « union sans cesse plus étroite » (sans qu’il soit question de l’avenir des différentes nations du Royaume Uni ni du rôle particulier de la City et de ses annexes d’Outre-mer) ou qu’à l’inverse LR et PS proposent que la France collabore plus étroitement avec la zone euro (sans que le PS ne se soit jamais risqué à préciser quels pouvoir(s) financier(s) il entendait cependant combattre) me semble suggérer qu’on ne sait plus sur quels choix politiques portent les notions de droite et de gauche.

      C’est très simple: une fois posé qu’il n’y a pas d’alternative donc plus de choix politiques qui comptent comme nous l’ont expliqué Junker et d’autres, comme on le vérifie en Grèce ave Syriza, les différences entre la droite et la gauche deviennent une illusion. Dans la guerre économique et financière de tous contre tous droite et gauche correspondent aux restes d’anciennes peintures qui s’écaillent…

      1. C’est clair, ni droite ni gauche = survie du plus fort.

        Sauf que les « socialistes » ont opté pour le marché et privatisent les services publics et que les exigences de la compétitivité constituent le fondement de la politique de la « gauche moderne ». Il devient de plus en plus difficile aux jeunes de ne pas prendre pour des zombies ceux qui n’ont plus comme ambition que de servir de paravent au thatchérisme.

      2. Ben non : la survie du plus fort, c’est la droite dans son hors limite .

        La gauche ( peut être la droite aussi) ne se confond pas avec les partis qui pensent la représenter .

        Heureusement .

      3. Une illusion, une superstition…cette représentation vient de la révolution française, à cette époque à gauche il y avait à gauche les libéraux et à droite les conservateurs et on a gardé l’idée. Le progrès est donc souvent rattaché à la gauche, d’où cette apparente difficulté à remettre en cause le libéralisme car elle est à l’origine libérale. Il faut porter une étiquette politique pour être reconnu du consommateur, reste à ajouter sur l’emballage que le programme n’est pas contractuel, mais c’est trop cool de rêver, alors on est de gauche et on va gagner!

      4. En fait la traditionnelle étiquette droite ou gauche n’a plus d’autre rôle que de rendre électoralement vendable un pouvoir étatique illusoire.

        Quand il n’y a plus de produit à vendre qui corresponde aux besoins c’est le plus malhonnête des vendeurs qui réussi le mieux (Johnson en Grande-Bretagne, Trump et Clinton aux US, Le Pen en France, etc.)

        Ceux qui détiennent le pouvoir (ceux qui l’évaluent et s’évaluent eux-même en milliards de dollars, efficaces jusqu’ici mais finalement fragiles parce que les monnaies sont de plus en plus déconnectées des réalités) commencent à avoir du mal à miser leurs dollars sur des vendeurs encore crédibles ? (même si ces vendeurs sont de plus en plus distrayants)

        Ça n’a pas forcément rien à voir avec le fait que les mitraillettes et les explosifs (mais pas les militaires qui dépendant d’États qui hésitent à la dépense) prennent de plus en plus d’importance.

      5. Des gens d’horizons très différents ont participé ensemble à la Résistance, aujourd’hui les politiciens ne savent pas se mettre d’accord alors qu’ils partagent peu ou prou la même vision de la société; marché, libéralisme et capitalisme. Si on était de bonne volonté il y aurait un médiateur à la place de ces journalistes pour ne pas entretenir cette confrontation stérile (ô combien) droite-gauche, pour favoriser le consensus (m’habite un gros doute sur le consentement du peuple) mais il ne servirait probablement à rien non plus si le pouvoir est ailleurs, à Bruxelles. Ce qui peut nous permettre de voir plus loin, c’est de ne plus utiliser un concept usité et complètement désuet, pour ne pas finir usé par une commission qui décide de tout, les usagers n’auraient-ils alors même plus l’occasion de se plaindre?!

      6. Constat d’échec d’une conception gauchifiente du progrès qui en a fait une fin en soi, la révolution néo conservatrice ultralibérale va tout balayé devant nous pour faire place (pas très) nette, le curseur est dans la zone rouge. Les rouges les roses et les bleus qui va gagner en 2017, peut-on sortir de l ‘euro ou non, peut-on plaider pour plus de démocratie pour se sortir de l’impasse actuelle tout en arguant que le referendum nous y mènerait aussi?

      7. Dans cette quête de la survie de l’espèce, créons le mouvement des usagés de la politique, usons nos souliers pour ne plus se sentir souillé et lessivé par ces fripouilles de banquiers!

      8. Quelles étaient ces réserves que formulait mentalement Paul Jorion à la lecture de ce texte?
        Est-il absurde de faire un parallèle avec des faits qui s’entrecroisent?

  6. Première chose: le chômage n’a pas disparu en Allemagne. Il s’y porte bien. Les fameuses lois « Hartz » permettent de comptabiliser la précarité, la chute sociale d’une manière particulière. Il est vrai que le pays est invariablement marqué par son passé. Mais le danger extrêmiste ne partirait pas de là.
    Il est trop simple voire simpliste de vouloir trouver une cause sociale au terorrisme islamique, ou une fragilité psychique. Dans ce cas là, on aurait des légions de gens, de croyants dangereux.
    Il s’agit plutôt de pervers mentaux, déjà adeptes d’une doctrine ou réligion, de sociopathes aussi que l’on retrouve d’ailleurs aussi dans d’autres segments de la société. Hitler, Staline, Pol Pot ont été décrits comme des individus normaux, à l’exception d’une particularité decisive: ils étaient des pervers mentaux, habités par des perversions meurtrières. Alors ceux-là ont affiché la volonté de faire du bien à l’humanité, de créer un monde nouveau, affranchi, idéal………

    1. Oui c’est plutôt cela, la haine se cherche un objet, ou encore « seule la haine les accorde ». Mais la haine vient bien de quelque part. Stiegler a -comme toujours- des mots éclairants à ce sujet, au sujet du moment historique qu’est le nihilisme, cad notre présent (le nihilisme au sens de Nietzsche, comme concept et non comme déploration).

  7. Bonsoir à tous
    Le meurtrier de J. Cox était un simple d’esprit ayant des antécédents psychiatriques, que tous ses voisins considéraient comme serviable et pensaient tranquille.
    Etait- il sous médocs, comme le tueur de Neuilly ou le pilote allemand? On sait désormais que certains de ces médocs, anxiolytiques et autres, favorisent le passage à l’acte. Il me semble donc difficile d’établir un parallèle avec les diplômés en engineering ou en médecine ou en lettres qui ont rejoint al qaïda ou daech.
    Par ailleurs, personne n’a encore questionné le fait que les plus anciennes démocraties d’Europe, UK, Islande, et Suisse ne veuillent pas intégrer l’UE et que d’autres pays très démocratiques comme la Norvège n’y soient qu’à moitié!
    Pour ma part, la vidéo qui tourne où l’on voit Juncker, en plein parlement européen, au mépris des règles et des lois, demander à un eurodéputé ce qu’il fait là sur un ton injurieux que seul un alcootest pourrait excuser, pour raisons médicales, résume assez bien la situation. La reine d’Angleterre doit demander la permission pour entrer au parlement et si elle s’adressait ainsi à un député, ce serait un scandale sans nom. Avoir choisi comme président de la commission l’ex gérant d’une blanchisserie déguisée, pour les mags people, en grand duché d’opérette en dit long sur la conception de la démocratie des élites.
    A quoi donc pensez vous que puisse servir Game of Thrones, sinon à vous mettre bien dans la tête qu’il y a les moldus, nous, et les sorciers de la finance qui seuls savent et devraient pouvoir parler. Décider? C’set déjà fait!
    Bonjour chez vous, habitants du village.( n°6)
    Good evening, you happy taxpayers! ( Droopy Draghi)
    Steve

    1. Les nouveaux médocs ont des capacités étonnantes par rapport aux anciens : ce n’est pas l’aspirine qui ferait dire à un meurtrier « Britain first ! » quand il commet son geste, et « Death to traitors, freedom for Britain ! » quand on lui demande son nom.

      1. C’est donc clairement un terroriste, social ou nationaliste, ou bien les deux, je ne sais pas…
        Mais pour en revenir au médicaments, n’est-il pas curieux qu’on évoque l’emprise des médicaments pour le pilote de la German Wings, et qu’on ne l’évoque jamais dans le cas des terroristes perpétrant d’autres crimes de masse ?
        Ce qui est malheureusement probable, c’est que ce genre de dérives se moquera des idéologies, et c’est ce que je voulais dire. L’absence d’espoir grossira les rangs des terroristes de toutes sortes, qu’ils soient musulmans, écologistes, chrétiens… de bien tristes perspectives.

      2. Comme depuis 15 ans , je prends de plus en plus de médicaments , je me demande si ça ne fait pas 15 ans que je dis et écris de plus en plus de sottises .Ça pourrait d’ailleurs être une explication pour Vigneron qui se désole de mon état .

  8. Laisser que du désespoir à un être humain, et vous verrez qu’il n’aura que deux choix, mourir ou se révolter et sa révolte peut-être légitimement violente, n’en déplaise aux « bien-pensant »

  9. La première partie de l’article m’a choquée. C’est confondre ceux qui votent et ceux qui tuent.

    Ceux qui votent, même mal (mal = « pas comme nous ». Pour les deux camps. Faut bien penser à ça), même sans réfléchir, même bêtement manipulés par des partis glauques ou des leaders torves restent dans le jeu démocratique : ils croient encore pouvoir changer les choses par les urnes. Alors oui, c’est un vote de haine (contre les partis dominants, contre les réfugiés), de peur (pour leur avenir, pour leur existence), de rejet (de la vie de merde à laquelle les néolib’ les condamnent). Ils espèrent changer de vie, ils n’attendent plus rien des partis traditionnels, ils se raccrochent donc aux extrêmes, sans aucune réflexion, mais avec de l’espoir. Et c’est à la fois l’essence et le piège de la démocratie : que le peuple puisse « mal » voter. Surtout si les « bons » partis le négligent et le maltraitent.

    Les terroristes, surtout les kamikazes, eux, ont descendu quelques échelons de plus. Eux n’en ont plus rien à foutre. Mélange de haine et de bêtise, mais aussi de total désespoir. Death Punk In Real Life.

    D’accord par contre, avec le dernier paragraphe : il est urgent de comprendre – tant le terrorisme que l’essor des extrêmes. Il est urgent d’agir – tant contre la misère que contre les idéologies destructrices. Mais pas par la répression aveugle, par un changement total de politique sociale et économique, et par une déconstruction systématique de tous les mythes menteurs : religieux, politiques et économiques.

    1. Absolument de votre avis.
      Je retiens la formule :  » […] à la fois l’essence et le piège de la démocratie : que le peuple puisse « mal » voter. Surtout si les « bons » partis le négligent et le maltraitent. »
      Et le reste est aussi pertinent.

      L’ éducation, d’abord scolaire, est le meilleur garant de la liberté et de la responsabilité du citoyen.
      Un citoyen libre et responsable, qui ne crève pas la dalle, bien sûr. Un taux de chômage des jeunes de l’ordre de 5% ( équivalent à pas de chômage) est la meilleure antidote à tous les excès. Les institutions et l’économie politique devraient être pensées en vue de cet objectif.

      1. @ Vincent

        Le « djihadisme » (vous avez mal recopié le passage) comme les ultras d’extrême droite sont deux formes parentes du terrorisme. Le terrorisme est la réaction de ceux qui croient n’avoir plus rien à perdre. De gens fragiles en pleine dérive, fous de rancœur, faciles à manipuler, faciles à berner. Ou des vrais malades mentaux (Breivik p. ex.). Encore une fois : je distingue ceux qui votent de ceux qui tuent. La gauche a eu les Brigate Rosse et la Rote Armee Fraktion. Cela ferait donc automatiquement, à vos yeux, de tous ceux qui votent LO ou PTB, ou même Mélenchon (pourquoi pas), des … euh … « djihadistes »?

        Le libéralisme tue lui aussi, non par la violence directe, non par les bombes et les armes (encore que … les guerres post-coloniales … ça peut se discuter, non?) – mais par l’indifférence envers ceux qu’il écrabouille au passage. Indifférence qui lui offre le luxe du déni. Les électeurs des partis libéraux seraient donc des « djihadistes » qui s’ignorent?

        Pour moi, dire « vote-pas-comme-moi » = « terroriste », c’est aussi malin que « musulman » = « djihadiste ». (Et ce, même si à titre personnel, la droite me hérisse et l’extrême droite me répugne! – D’abord voir ce qu’il y a derrière. D’abord comprendre p.o.u.r.q.u.o.i !!!)

        @ Daniel

        Oui, l’éducation est la base, primordiale. Et malheureusement, toutes les réformes de l’enseignement de ces dernières décennies n’ont pas été faites avec une vision formatrice mais dans une logique de pure économie. Une catastrophe.

      2. @Agnès, je ne tentais pas d’examiner les causes profondes, ni de prendre parti pour ou contre qui que ce soit. Je me contentais de relever la parenté du schéma mental, entre :

        – d’une part, l’inspiration de la terreur que peut produire un individu qui assassine des gens désarmés et pacifiques,

        – et d’autre part l’inspiration de la terreur collective que peut représenter un vote extrême, raciste antisémite, ou xénophobe

        Les allemands savent de quel prix, on peut payer de telles prises de position collectives. Aussi ce type de vote, est peut être encore plus terrifiant en Allemagne qu’ailleurs.

        Cependant, je ne prétends pas que tous ceux qui ont voté pour le Brexit prendront les armes demain pour attaquer la société…mais c’est le même schéma mental, dans lequel certainement, la précarité économique et la perte d’espoir, ou l’impossibilité de se projeter dans l’avenir, doit jouer un rôle.

  10. Ha, si seulement il y avait un véritable projet politique dans le camp du « Leave »….Monbiot en est à espérer que les anglais profite du choc pour faire qqch de bien. Et c’est vrai que pour une fois, les partisans du TINA n’ont pas l’air très bien préparés.

    Pour revenir au texte, je serais curieux de lire la réaction de Vincent Rey.

    Mais à mon sens, ben oui, si pour beaucoup c’est TINA ou tout casser (politiquement), alors autant tout casser: il y a au moins l’espoir que cela change. Mais comme Roberto Boulant, je ne vois pas très bien en quoi ceci est un vote « extrême », dans le sens où il n’y a que deux votes possibles.
    Pour qu’un vote soit extrême, il faudrait au moins 5 ou 10 options, et prendre la plus extrême. Avec deux options seulement, chacune est toujours extrême par rapport à l’autre…

    1. Même avec 2 options, on peut penser que ce vote pour le « leave » était extrême, APRES l’assassinat de Jo Cox. Je considère ce vote comme un avertissement à l’establishment anglais, avec les prémices de ce qui semble bien être un assortiment de menaces.

  11. La destruction créatrice selon Joseph Schumpeter

    Un journaliste du Guardian a suivi le parcours d’une marche effectuée durant l’époque Thatcher entre Birmingham et Londres (en 1981) pour protester contre l’absence de travail. Il a interrogé les gens qu’il a rencontré sur les raisons de leur vote « leave » lors du referendum encore à venir.

    1981: « I recently got hold of an old documentary about the march. Watching it, what struck me so forcefully about the atmosphere and the interviews with marchers and supporters alike was the real sense that what Thatcher was doing to the country could be overturned, that the will and interests of ordinary people could not be ignored. There was anger and outrage, sure, but there was something else – a bewildered feeling that our country had been taken over by an alien invading force whose agenda was not to facilitate and support, but to subjugate and humiliate. »

    2016: « Different towns, same message: “There’s no decent work”; “the politicians don’t care about us”; “we’ve been forgotten”; “betrayed”; “there’s too many immigrants, and we can’t compete with the wages they’ll work for”. Nobody used the word humiliation, but that’s the sense I got. »

    I walked from Liverpool to London. Brexit was no surprise: https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/jun/27/liverpool-london-brexit-leave-eu-referendum

  12. Qu’est – ce que je suis d’accord avec ce texte! (Pas avec celui de Roberto par contre!)
    Apparaît en filigrane dans tous ces faits, une expression d’une population sans espoir et sans droits au chapitres. J’ajouterai ici le mouvement Zadiste. L’argent n’est plus distribué et le droit à la parole, aux choix de société, sont totalement dépendants de la richesse. Je cite souvent la fondation Bill Gates, dont la fortune s’est faite sur la bureautique et le pc famillial… et qui investit dans la promotion des OGM. Qu’en pensent les utilisateurs de Windows ? Est-ce vraiment leur choix de consommateurs ? Est-ce qu’un seul homme, de part la fortune amassée, peut peser sur un choix de société? Oui, totalement, totalitairement.
    Ce n’est qu’un exemple, mais le lobbying a bel et bien remplacé le choix démocratique, la démocratie. Partant de là, il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’une « ruade » quand une population ignorée habituellement est ainsi interrogée. C’est un moindre mal… ailleurs, il y a eu révoltes (printemps arabes, par exemple).
    Quand la démocratie est liée à l’argent, et que les individus n’ont plus espoir d’en gagner… il est normal que le mode
    d’expression ou la réponse paraissent décalé à certains. Je me demande à quel point les dirigeants sont aveugles, enfermés dans leur système, pour donner encore le droit de vote au peuple. Vont-ils désormais s’en inquiéter et s’en protéger ? Ne le font ils pas déjà en sélectionnant les votants, comme certains le pensent? (rapport au référendum sur le projet NDDL).

  13. Bonjour,

    Si je devais donner un titre à mon post?

    Retour vers une artificielle vie naturelle.

    La déconstructuration, une pensée philosophique Française qui atteint les États-Unis dans les années 70 et qui nous revient 10/15 ans plus tard, par nécessité sur la table tel un plat apparemment avarié dont on ne perçoit le fumet que maintenant.

    http://www.dedefensa.org/article/la-revelation-de-jacques-derrida

    J’ai pas tout compris ou j’ai mal compris (faites vos propre recherches/analyses) mais il me semble que cette pensée d’après l’auteur du blog a parfumé plus du dernier 1/3 du 20eme siècle et enfume déjà le 21eme .

    L’UE ne se construit-elle pas sur la déconstructuration des esprits/nations, états nations, des sociétés civiles, de l’intérêt général particulier, des valeurs différentes d’état à état, de culture à culture pour enfin par ricochet briser nos repères? D’où nos sentiments d’insécurités permanents, les crispations mentale et peut être aussi là aussi par ricochet les massacres de masse effectués par des rendus fou qui arrivent de plus en plus fréquemment outre-atlantique vue qu’ils appliquent le même principe de déconstructuration depuis des décennies?

    C’est la mise à mort des égrégores [ordo] pour les remplacer par rien, sinon la loi du marché (la nature artificielle), [il faut bien se nourrir/se loger/s’habiller] dans une structure ouverte à tout vent offerte à la loi du plus fort [chao].
    Fini les remparts protections érigés par nos pères, fini l’immobilisme, fini l’apathie il en va de notre survie…il faut continuer coûte que coûte le voyage de l’humanité et de votre ligné.

    L’oiseau ne veut pas sortir de sa cage? Ce n’est pas grave ils vont la dissoudre!

    Une sorte d’ UE/jungle où « comme avant », la sélection naturelle fera le reste.

    Petits Peuples n’ayez pas peur, je déconne!…pas par rien…ouf!…… Vous avez eu peur non?
    Bon cela veut dire que vous êtes maintenant près « à avaler sans râler » (hein les fransouzes?) et a respecter les termes et règles du Rêve Européen « caché dans l’esprit » de nos guides (stratégie oblige…secret décence).

    ….Une « Rêve partie » où ça? Faites moi une place, moi, moi aussi je viens!….et moi aussi!….et moi! et moi! et moi!….La terre elle est bien à tout le monde non?
    Ha Ha Ha! Vous déconnez!
    ….Demandez à vos ancêtres ce qui encore ici bas leur appartient?…Rien!
    Ben alors vous plaigniez pas, vous au moins, vous avez la vie, profitez en!
    Désemmerdes toi « le ciel t’aideras……Tu verras…..tu seras un homme mon fils!

    Enfin pour ma part…..J’espère qu’ils déconnent! Mais…je…Je ne peux comme vous, certainement, par intuition, m’empêcher d’en douter (ce ne sont que des hommes*).
    *Confer: la confession de Derrida.

    Papa chanteur, maman douceur, pleure pas, pleure pas……Non!……Non?……Pas la camisole…..Non pitié?….Pas encore……arg!

    Bonne soirée
    BB bonheur .

    Ps: Toutes ressemblances avec une histoire vrai serait complètement fortuite, ce texte (à part le lien) est une fiction parallèle adossé à la réalité, ce texte « c’est mon Petit Imaginaire Créatif qui me l’a dicté ».
    Une farce….ou pas…je vous laisse juge!

  14.  » Si l’on ne peut adhérer aux idées racistes ou antisémites que véhiculent ces partis … »

    Vous avez oublié « fasciste »,
    et bien d’autre qualificatifs.

  15. Le fait de déclarer que telle partie de la population est « au mieux imbécile, au pire terroriste en puissance » est quand même un aveux d’irresponsabilité de l’état et un raccourci terrible, qui sera certainement fait et mis à profit par les partisans d’une société surveillée et où toute contestation peut-être associée au terrorisme.

    Si le texte de Vincent peut conduire à cette confusion, et c’est un peu le cas à mon avis,….ça craint.

    1. je rebondis sur la même phrase du premier commentaire : »les gens qui ont voté pour le Brexit sont au mieux des imbéciles, au pire des terroristes en puissance. »
      On peut regretter que l’option de la modification de l’UE venant de l’intérieur ne soit plus possible mais l’est-elle réellement ? Est-ce que l’UE, dans son fonctionnement et avec les personnes qui se succèdent aux postes depuis tant d’années, toutes admiratrices de la religion féroce, a une chance d’évolution interne ? Avec les mêmes types de personnes dans les gouvernements nationaux ? Certains passant de l’un à l’autre ?
      Les millions de personnes qui ont voté pour la sortie sont lucides.
      Ce n’est peut être pas LA bonne solution mais faute de solution, voici qui va obliger trouver des alternatives. Merci aux 52%.

    2. Pardon, erratum, après avoir relu le texte de Vincent qui n’est pas confus, et d’autres commentaires.

      Les sucettes en moins sont beaucoup plus difficiles à partager que les sucettes en plus (JM Jancovici)

      Et il va falloir effectivement que le 4 aout revienne plus d’une fois l’an pour éviter de durcir puis de briser ce monde…

  16. « Est-il si absurde, ce parallèle entre le meurtre sauvage, et l’action de déposer un bulletin dans l’urne pour le Brexit ? »

    Il faut être un zombie en politique pour se poser ce genre de question : c’est exactement la définition de l’anomie.

  17. Un peu à côté du sujet …

    J’ai entendu un discours de Sarkozy (Le 24 juin) sur la refondation nécessaire de l’Europe.

    Discours lumineux, comme le discours de Toulon …

  18. Le pauvre devrait refréner ses pulsions, se restreindre, alors que le riche devrait avoir toute liberté pour s’enrichir toujours davantage sans se limiter : c’est ce qui se dit, ce qu’on prêche dans la société imprégnée de religion libérale.

    A. Smith, le grand prêtre de cette religion libérale écrit, dans la « Théorie des sentiments moraux  » (I,III) ceci qui suit :

    « Le pauvre ne doit jamais ni voler, ni tromper le riche (…). La conscience du pauvre lui rappelle dans cette circonstance qu’il ne vaut pas mieux qu’un autre et que, par l’injuste préférence qu’il se donne, il se rend l’objet du mépris et du ressentiment de ses semblables, comme aussi des châtiments qui le suivent puisqu’il a violé ces lois sacrées d’où dépendent la tranquillité et la paix en société. »

    Dans la société libérale, le pauvre est donc tenu de se modérer, d’écouter la voix de sa conscience et de renoncer à l’injuste préférence qu’il se donne, alors que le riche, lui, a le droit de s’accorder cette injuste préférence car il travaille, lui, pour la richesse des nations, ce qui autorise tous les excès et tous les vices, aux yeux des grands prêtres du libéralisme.

    Le problème, c’est qu’à force de dire aux gens qu’ils ont le droit de satisfaire toutes leurs pulsions sur le marché des biens et des services, ils estiment juste de s’accorder la préférence également sur la scène politique, laquelle se confond d’ailleurs de plus en plus avec un marché, le marché de la chose publique. Le pauvre est devenu un consommateur de la politique et il se permet de dire non, en proie à ses pulsions, à certains produits très frustrants qui lui sont proposés. Et l’oligarchie de s’étonner que le pauvre ose « violer les lois sacrées d’où dépendent la tranquillité et la vie en société ».

    Un discours pétri de perversité (le mal peut être un bien quand il enrichit le riche) comme l’est le discours libéral, ne peut que générer de la violence et donc de la grande souffrance.

    Réduire la souffrance, en tout temps et en tout lieu, devrait devenir le fil rouge de la politique. Encore faut-il que l’interdit de faire souffrir autrui soit inscrit ou renforcé dans l’esprit de tout être humain, riche comme pauvre. L’esprit de Sade s’est greffé sur le libéralisme pour notre plus grand malheur.

  19. Merci Vincent Rey et vous tous-tes d’ouvrir le débat sur ce que j’aimerai résumer comme suit… : Est-ce que tenter de comprendre le pourquoi un vote en masse pour le Brexit, puis tant de tueries et barbaries terroristes émaillent, ensanglantent et meurtrissent nos sociétés (terrorisme en réaction aux partages inéquitables et inégaux des richesses, des inégalités – « ubérisation, ordinisation » défiscalisée de l’emploi et du travail – , et des ressources se raréfiant, en réaction à des schismes religieux profonds et sans issues rapides, par rapport aux dérèglements climatiques et problèmes d’explosion démographiques des populations), accélèrent leur effondrement, les divisent et rendent plus confus-es encore ces sociétés (civilisations, etc) et les effondrements (de solidarités nationales, politiques, « institutionnels » du capitalisme etc) aux uns-es et aux autres… c’est tenté de les excuser, sans les différencier, tous-tes ou partis-es, ou de s’y retrouver soi même… ?

    1. Mais pour s’y retrouver soi même ou en tant que « nation » (patrie des droits de l’Homme par exemple) encore faut-il savoir, comprendre, ce que le verrou de Bercy et la « raison d’Etat d’urgence », ce que le « secret d’affaires » et les secrets fiscaux et défenses, préfèrent rendre confus, sans s’en excuser, à notre conscience… ? On parle de ce que leurs « mains invisibles » vendent, échangent contre du pétrole, contre de « l’armement patriotiques » faisant dire « ça va mieux » au pib. Ventes d’armes nous valant la seconde place derrière les USA, à des régimes suspects d’avoir et de financer le terrorisme et des terroristes… massacrant le peuple yéménite et les victimes collatérales, boucliers humains, ne pouvant fuir les guerres des « va t t’en guerre » qui vont durer longtemps, à en croire la parole des « lois d’exceptions », et de ceux et celles qui ne peuvent avoir à nos portes le statut de réfugiés-es comme le droit d’asile…

      On parle de régime comme le Qatar (ayant acheté plein d’aibus pour sa compagnie est ses employés-es « low-cost ») qui prépare avec Bouygues Vinci (concerné par l’aéroport de NDL) le prochain mondial de foot en 2022, sur les cadavres d’entre 400 à 1200 ouvriers népalais réduits en esclavage jusqu’à leur mort… pendant que l’exonération fiscale de l’uefa et ses sponsors, organisant et se gavant sur les « festivités » de l’euro2012 occupent des temps de cerveaux disponibles au moins disant informatif… On parle aussi de l’Arabie saoudite qui siégeant à la commission de l’ONU des droits de l’Homme, ayant même reçue la légion d’honneur n’en reste pas moins un des pires pays esclavagistes.

      1. Et pour s »y retrouver et comprendre les enjeux dépassant le cadre de sa propre personne, dans tout cela opacifié, et confus, en tant qu’individus subissant la continuité (annoncé comme devenant une politique publique à la cour européenne de justice, même si elle enfreint les a déclaration universelle des droits de l’Homme) la continuité donc des contrôles aux faciès, le refus du droit de vote pour certains membres de leurs familles, soit aussi l’inverse des politiques de rapprochement familiale, les discriminations à l’embauche par rapport à la courbe du chômage ne s’inversant pas, les discriminations à l’accès aux droits sociaux (non recours), et logements sociaux manquants en grandes nombres, la chose n’est pas plus aisée qu’elle est plus que « pénible » quand s’y rajoutent des injonctions contradictoires (par exemple faut-il excuser le sacre du pib…?) venant des « bien pensants » politico-cathodiques par rapport à sa double culture, son culte, etc…

      2. 152 mots / 966 caractères dans une seule phrase… « opacifié et confus », c’est exactement ça.
        Et le comble, c’est de terminer sur « etc. », comme s’il était humainement possible de lire une phrase plus longue !
        Sujet, verbe, complément, point. Suivant.

  20. Ces raccourcis entre le vote du Brexit et les actes de terroristes agissant sous une bannière religieuse, – dont il faudrait d’ailleurs mieux analyser d’où viennent les influences ou manipulations -, ainsi que les actes individuels de type ‘terroristes’ qui sont plutôt conséquences de pathologies, semblent quelque peu osés.
    La situation économique des années ’70-’80 était, quelque peu, plus favorable qu’aujourd’hui, ainsi que l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, mais n’a-t-on pas vu apparaître les actions terroristes d’Action directe ?
    Qu’en pensent les pontes en psychiatrie ?

  21. Pour moi, la seule façon valable de lier « terrorisme » et démocratie, rarement envisagée, est de considérer que la Religion Féroce a effectivement gagné(elle s’en vante) et donc détruit la lutte des classes et qu’il nous faut donc (faut-il répandre cette idée largement?) la remplacer dans nos cerveaux par la lutte des espèces( au sens zoologique du terme,par spéciation de niche intellectuelle: l’ultralibéralisme) et penser sérieusement et sans culpabilité( en tout cas sans responsabilité puisque le déterminisme est absolu comme me semble le penser PJ) à annihiler cette espèce prédatrice( peut-être moins de 1%?). Une telle idée implémentée dans l’espèce humaine que nous sommes, nous les 99%, aurait peut-être un petit effet dissuasif sur d’autres boucs émissaires que ceux que la Religion Féroce aime bien mettre en avant pour que nous nous entredéchirions.
    Le reste est très intéressant mais je crains qu’il ne reste que littérature.

  22. @ Julien Alexandre. Comme s’il était humainement possible que malheureusement certains-es de nos concitoyens-nes subissent tous ces maux, invectives, stigmates, humiliations, indignités en même temps, les cumulent même, ne pouvant s’en dissocier comme s’en séparer, et sans ponctuations aucunes, ni virgules, ni autres point final que leur radicalisation, etc… exclusion, etc… ou suicides (immolation par le feu dans des CAF, etc)…

    Mais peut-être puis-je faire un effort mais qu’en l’honneur de leur mémoire seulement et alors. « Et pour s »y retrouver et comprendre les enjeux dépassant le cadre de sa propre personne, dans tout cela opacifié, et confus, en tant qu’individu subissant la continuité des contrôles aux faciès, que faut-il pour comprendre ou excuser les annonces du premier ministre, faites pour justifier une politique publique « d’Etat d’urgence » devenant la « règle » , « d’or » presque, à la cour européenne de justice, même si elle enfreint la déclaration universelle des droits de l’Homme…?

    Que leur faut-il excuser ou comprendre à ces individus et à leur condition « sociétale » en France, au sujet du refus du droit de vote pour certains membres de leurs familles, soit aussi l’inverse des politiques de rapprochement familiale… auquelles s’ajoutent les discriminations à l’embauche par rapport à la courbe du chômage ne s’inversant pas et celles scolaires (« apartheid ethniques territoriales sociales »)…? Qui puis est s’ils subissent en même temps les discriminations à l’accès aux droits sociaux (non recours), et logements sociaux manquants en grandes nombres, la chose n’est pas plus aisée qu’elle à comprendre ou excuser qu’elle est plus que « pénible » quand s’y rajoutent des injonctions contradictoires (par exemple faut-il excuser le sacre du pib…?) venant des « bien pensants » politico-cathodiques par rapport à sa double culture, son culte, etc…

      1. @Juanessy

        « Ça pourrait d’ailleurs être une explication pour Vigneron qui se désole de mon état . »

        Mais enfin Juan , point du tout..Vigneron est toujours d’une humeur tranquille, tempérée, pas tourmentée et pas moqueuse du tout y compris avec vous….

        Entre vous deux, c’est un peu « l’amour vache » et à fleurets mouchetés. Vos échanges me font bien marrer…c’est souvent complètement décalé et surréaliste….. vraiment chouette 😉
        Merci à vous 2 !

  23. Je me dois de répondre à Roberto Boulant, et à ses accusations de révisionnisme ! Roberto ironise : « Je suis tout à fait d’accord avec Vincent Rey : les gens qui ont voté pour le Brexit sont au mieux des imbéciles, au pire des terroristes en puissance. » Je n’ai jamais pensé cela ! Au contraire, je suis persuadé qu’une grande partie du vote pour le « leave » outre-manche, est un vote, au fond, de contestation économique…

    Il ajoute « Sans préjuger de la sincérité de l’auteur, ses propos s’inscrivent dans la droite ligne de ceux qui pensent qu’il est impensable de donner voix au chapitre aux peuples-enfants ».
    Non Roberto, mes propos s’inscrivent seulement dans la droite ligne de…mes propos, car il se trouve que j’essaie de penser par moi-même.
    Mon article n’essayait d’ailleurs pas de critiquer le « leave », car il est manifeste que le peuple anglais, en votant « leave », a voulu donner un signal d’exaspération économique. Ce en quoi il était hors-sujet : que le Royaume Uni fasse partie ou non de l’Europe, ne changera rien à la précarité qui règne dans ce pays comme dans d’autres. Autrement dit, je ne conteste pas le droit à la parole du peuple anglais, ni celui d’aucun peuple d’ailleurs, mais on a aussi le droit d’estimer que ce vote se trompe de cible.

    Quelle est donc cette cible, alors, qui se dérobe au vote ? Cette cible qu’il faudrait atteindre, pour mettre fin à la pauvreté et à la précarisation grandissante, c’est toute la question…Il faut demander à Paul Jorion, il me semble qu’il a quelques pistes intéressantes.

  24. Il n’y a pas de légitimation de la violence dans la volonté de combattre une société exerçant désormais une oppression systématique et clairement perçue contre les gens.
    La mensonge continuel et la déformation de la vérité – comme Farrage ose le reconnaître publiquement – ne saurait justifier le but à atteindre. La fin justifie les moyens n’est pas une politique qui honore les gens qui usent de ces méthodes.
    Il ne faut pas se faire d’illusion : les méthodes utilisées par le fascisme renaissant partout en Europe n’est que le moyen d’asservir les gens et de faire taire les maigres volontés de sortir de la boucle infernale imposée par les ordolibéraux qui veulent plier à leur intérêts l’ensemble d’une société : tromper les gens, les obliger à courber l’échine et si possible à s’entre tuer sont les méthodes maintes fois répétées.
    Le Brexit n’y déroge pas.

  25. @Nyssen

    Tu as raison, déjà tout allait bien:
    Arrivée de la gauche au pouvoir en 81, crise en 83, le pauvre président Mitterrand se demandant si il devait sortir du FME (il en était partisan) ou y rester comme l’en ont persuader ses conseils.
    Pour info à l’époque sortir du Fond Monétaire Européen était pareil qu’une sortie de l’Euro, même ci dans le cas cité cela aurait été (selon son vouloir) provisoire.
    Et donc il demande l’aide au FME, l’Allemagne accourt à son secours…mais oui il y a un mais, à l’époque fallait déjà remboursé…et là c’était énorme un lacet historique.
    C’est drôle c’est à ce moment là que j’ai commencé à entendre les entreprises rêvées tout haut, je les cites: bientôt on va licencier et ne garder que les bureaux d’études et « la France va devenir une société de services »!
    Bizarre quelques années après les boites de taf intérimaire poussaient comme des Champignons. Puis….les PME réagirent et les sous-traitant devinrent Légions…
    La même histoire qu’aujourd’hui: gagner au moindre risque, au plus bas coup, au moindres efforts.
    A l’époque pour éponger, les petits commerces ont été saigné jusqu’à la mort. Au revoir quincaillerie, boucherie, bistrot de quartier…. ah! Ils ont laissé les boulangerie quand même…Merci « Patron ».
    En parallèle, plus de machines outils, des pans d’industrie disparaissaient et au fur et à mesure l’Allemagne se faisait plus ventru, d’ailleurs là aussi c’est à ce moment là qu’elle est passée devant la France et a pris les rênes de ce qui était en train de devenir l’UE.
    Le rêve Mitterrandien d’une Europe Sociale tiré par le haut et faisant obstacle au libéralisme c’est écroulé au même moment. Mitterrand dépité de ne pas avoir réussit avait perdu son rêve….notre rêve. Puis sans rêve pas de vie juste « la survie »…
    Puis bonant malant Monsieur Chirac est arrivé et lui aussi il n’a pu rien faire, la messe avait été déjà dites.
    D’ailleurs nous en payons toujours (nous les Européens) les conséquences.
    Rien n’est hasard! Mais tout bouge tout peut et va changer (principe Bouddhiste d’impermanence).

    Pour Action directe tu devrais voir le film: Très et peut être trop instructif. Manque de réalisme et de prudence certainement.

    Ta remarque certainement une coquetterie?
    Non simple citoyen de base inculte.

    Bonne soirée – BB Bonheur

    Là aussi « c’est ma perception des faits » (juste ou fausse), prenez le temps de vous documentez par vous même.

  26. Il faut questionner la disparition du travail salarié – seul moyen d’existence pour des millions de gens
    Et ne pas s’étonner si la violence, la folie, le désespoir, croissent en proportion de cette dissolution.
    Et la croissance qui ne reviendra pas – et c’est tant mieux.

  27. C’est tout de même regrettable de vouloir aligner à niveau un vote démocratique et un acte de destruction mortifère.

    Le reste du texte construit depuis cette idée de départ, est comme il est (…), l’intéressant en fait, ce n’est pas cet entremet de logique qui y est construit entre ce début et cette fin, mais bien la dernière phrase finale, ou plus précisément son dernier quart avec lequel je ne peux qu’être d’accord.

    > mais le plus souvent par dépit, des attitudes individuelles ou collectives pouvant conduire à de très graves destructions.

    Cependant, je rejette le « pouvant conduire », et y aurait un mit un « conduisent ».
    Croyant profondément qu’à l’ombre de nos individualités cumulées se cache notre fin à tous.
    N’hésitons pas à nous rappeler que c’est dans l’effacement de nos désirs personnels pour supporter le choix de la majorité que nous exprimons notre commun, qu’ensemble nous devenons plus fort.

  28. C’est amusant que sur le site d’un anthropologue, personne (ou pas beaucoup – je n’ai pas tout lu soigneusement) ne considère comme parfaitement normal* (à part le Taulier 🙂 ):
    1) ce qui se passe – Attentats, terrorisme (vous remarquerez que je ne confond pas les deux), manifestations, violences quotidiennes de tous types et votes de rejet.
    2) que quelqu’un ait une intuition/sentiment/appréhension de la vision globale et ne doute (donc) pas que l’un puisse amener à l’autre dans une escalade d’exaspération.
    On peut tirer toute sorte de conclusion sur l’auteur, ce qu’il décrit et la compréhension de son propos, celui ci à le mérite d’exister et de provoquer les positionnements.
    C’est quand même fascinant de voir comment on oublie le « miracle » qu’est le métro, quand on le prend tous les jours. Et la fragilité de cette mécanique bien huilé qui ne tient que grâce à la bonne volonté de quelques humains.

    * Ce qui ne signifie pas nécessairement, acceptable, agréable ou souhaitable; chacun trouve midi à sa porte…

  29. @BB Bonheur
    Bonjour, je me suis sans doute mal exprimé, je tentais de faire entendre qu’enfin en 1981 l’arrivée de la Gauche au pouvoir était porteuse de grands espoirs, la démocratie laissait supposer que l’on prenait en compte les espoirs et les griefs d’une population. Partant de cela, il était peu compréhensible qu’Action directe poursuive ses tentatives de rupture de la Société durant les premières années ’80.
    Toutefois, il faut reconnaître que la gestion de la gauche de l’époque, cédant rapidement aux pressions des milieux financiers et patronaux, est revenue à une gestion plus conforme aux vues de ces mêmes milieux.
    Nonobstant des déclarations, comme celle d’Edith Cresson, premier ministre de F. Mitterand, « La bourse j’en ai rien à cirer », les actes ne se conformaient pas à ce que pouvaient laisser entendre de telles affirmations.
    Ce n’est pas nouveau (mon adversaire c’est la finance….), ces affirmations génèrent une forte incompréhension ainsi qu’un sentiment de trahison. La résultante sera, pour le corps électoral, la tentation d’offrir ses suffrages aux partis extrêmes qui n’ont jusqu’ici jamais été au pouvoir, donc, sont exempts de trahisons mais également porteurs de menaces potentielles que des esprits avides de slogans simplificateurs ne peuvent pour l’instant discerner.
    L’initiative des intellectuels, demandant un nouveau traité européen, est excellente, mais quels partis OSERONT affronter les lobbies de la Finance pour ce qui concerne la rédaction du dit traité, allant dans le bon sens pour les peuples européens?

  30. Un référendum est la forme maximisée de l’isolement électoraliste, la transplantation de l’écrasement économique. Où l’autorité (qui décide du référendum) greffe une question piégée, voire idiote (isolée, séparée de tout sens), sur une forme étouffante, indiscutable.
    Dès que le système électoral s’est révélé propre à l’encadrement conservateur « du peuple », dès que les élections ont pu démontrer leur puissance anti-démocratique, le suffrage universel CONTRE la démocratie, la forme référendaire est arrivée comme couronnement (impérial, bonapartiste en France) du système de gouvernement, par acclamation des chefs visionnaires.
    L’usage méthodique de cette forme référendaire par tous les autocrates, charismatiques ou bureaucratiques, bonapartistes ou gaullistes, est la preuve de l’innocuité du référendum pour les « despotes normaux ».
    Restaient, cependant, deux possibilités :
    Utiliser le temps de campagne pour « populariser » la résistance ;
    Détourner la question imposée en frappant la réponse redoutée : un NON, formellement la réponse NON à la question, ici LEAVE, exit, et, clandestinement, un NON plus générique au gouvernement économique, ici NON aux politiques austéritaires germano-européennes.
    Mais, évidemment, ces deux possibilités de détournement restaient bien fragiles. Et soumises à toutes les réinterprétations, permettant, plus tard, aux autocrates normaux, les maîtres des interprétations, de contourner le résultat.

  31. @Nyssen,

    La gauche de l’époque a fait une erreur stupide, comme hollande elle a promis mais à l’inverse de ce dernier « cette gauche au moins à tenu Parole »:
    Augmentation des salaires massivement ce qui a conduit à augmenter grandement la consommation intérieure.
    Ce qui a débouché sur des importations massives qui ont crées un énorme déséquilibre avec nos exportation qui plongeaient.
    Mitterrand ne pouvant revenir sur sa parole (sans se désavoué concernant « le peuple »…

    Non 1981 n’est pas un détails de l’histoire c’est le virage, la bascule, basculement « majeur » qui a ouvert la porte à la frénésie insatiable du libéralisme destructeur à outrance. On peut dire que cette affaire est la cause, ou le point Alpha de nos soucis.
    Quant à Édith comme tous les autres, non acceptation de la réalité, un peux comme aujourd’hui.

    Dans l’histoire faut pas oublié la haine de l’Amérique vis à vis d’un pays qui pour eux avait basculé dans le communisme.
    Ces gens là sont la cause de l’effondrement de nos exportation de l’époque, disons qu’ils nous ont poussé dans le trou en bashan intelligemment les produits Français. Rappelle toi entre autre les histoire des fromages crues, l’histoire Roquefort, des viandes séchées (boyaux), les histoires d’hygiène etc… Nos exportations ont été stoppé intentionnellement afin de créer un déséquilibre très important dans notre balance commerciale à long terme et de ce fait imposé le libéralisme à notre nation.
    Encore aujourd’hui les Amerloques niveau bizness et pouvoir ne sont pas nos amis et ne l’ont jamais été: bizness is bizness!

    Ces dernières années ont aussi été marquées par ce genre de comportements grace au french bashing ils nous faisais le chantage de la même façon en nous discréditant aux yeux du monde en menaçant par leurs comportements, pour nous isoler afin de nous obliger à rejoindre l’OTAN.
    « Pas d’ami outre Atlantique, juste un Maître », TAFTA, CENA…c’est pour qu’on finisse par l’accepter!

    Plus de 36 ans qu’ils nous livrent une guerre sans merci et je ne parle même pas d’avant car en vérité l’Amérique est en guerre permanente avec tout le monde, sur tous les sujets. Son problème pour moi c’est qu’elle n’a pas de racine, pas d’histoire et qu’elle ne sait pas d’où elle vient et surtout « qui elle est » et cela je crois, explique ce complexe d’infériorité qu’elle essai de cacher par la violence.

    L’Amérique a toujours été jalouse des nations Européenne.
    Obama en parlant du Brexit dit: Aujourd’hui l’Amérique a perdu une de ses deux filles. On croit rêver, si ça c’est pas pathologique? Voila qu’ils se prennent pour nos Pères. Eh! ho! mon ami « nous, nous savons qui nous sommes! » C’est nous vos Pères!

    Quand à action directe tout y est conforme à l’histoire:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_directe

    Si comme moi tu considère les courants politiques comme des religions alors oui il y a de fortes similitudes à part les attentats suicide. Tout les jours ces groupes nous prouvent qu’ils ont des soutiens partout de par le monde et qu’ils sont capable de frapper où il veulent. Même avec rien!
    Mais bon il doit bien y avoir une cause sur l’origine de leur haine de l’autre. Je ne crois pas que l’homme deviennent une bête par l’opération du saint esprit.

    On est tous des animaux alors je vais te prendre l’exemple d’un chien:

    1: Adoptes un chiot tu le traite bien tout en lui donnant amour et éducation. La conséquence de tout cela c’est que l’animal sera sympa toute sa vie.

    2: Tu prends le même, tu le laisses toujours attaché, tu le nourris mal, tu le bats quotidiennement pour le soumettre, l’humilié, voir même gratuitement parce-que tu es cons. La conséquence c’est que tu auras un chien déséquilibré toute ta vie, qui ne fera confiance à aucuns humains et par peur n’arrêtera jamais de mordre.

    Alors tu pourra me dire qu’on ne les violentes pas nos jeunes des quartiers mais moi je te répondrais que le système s’en charge et que l’humain est très sensible.
    Pas besoin d’aller très loin pour « les macaronis c’était pareil », trouve des anciens ils t’en parleront de cette haine qui les dévorait par ce que la majorité des gens lambda disaient qu’ils venaient voler leur pain et les considéraient comme des sous hommes.

    Le monde est impermanent à chaque époque ces bêtises et ces contraintes!
    Enfin c’est mon avis.

    Bonne journée

    Ps: Pardon au bon peuple Américain (nos frères) qui eux ne sont aucunement concerné par mes propos.

  32. Michel Cymes publie une lettre ouverte puissante destinée aux casseurs de l’hôpital Necker

    Permettez-moi un mot pour exprimer un souhait.
    « Aujourd’hui vous êtes jeune, révolté mais demain, vous aurez je l’espère un métier et surtout une famille. Vous serez papa. Je vous souhaite de ne jamais recevoir un jour un appel de cette police que vous aimez tant, pour vous avertir que votre enfant a été renversé par une voiture. Qu’il est grièvement blessé, qu’il a été transporté en urgence à l’hôpital et que l’équipe médicale essaye de le sauver au bloc opératoire. »

    « Je vous souhaite de ne jamais faire comme tous les parents, de vous asseoir dans une salle d’attente, angoissé, vous demandant si vous allez revoir votre enfant. »

    « Et pendant cette attente insupportable, vous percevrez peut-être des cris de manifestants au loin… mais vous n’y prêterez pas vraiment attention, votre cerveau de papa ne pensera qu’à son enfant. Jusqu’au moment où vous verrez l’équipe chirurgicale sortir du bloc par ce que des gens qui ressemblent à celui que vous étiez il y a quelques années se sont mis à casser les vitres du bloc opératoire dans lequel on essayait de sauver votre enfant. »

    « Et là, je vous souhaite de ne jamais ressentir cette colère qui prend le dessus et qui vous donne envie d’aller casser la gueule aux casseurs… »
    « Allez, un peu de patience, on en reparlera dans quelques années quand vous serez papa… »
    http://www.programme-tv.net/news/tv/88224-michel-cymes-publie-une-lettre-ouverte-puissante-destinee-aux-casseurs-de-l-hopital-necker/

  33. Il faut relire « l’ère des ruptures » écrit par Jean Daniel en 1979 (ISBN 2246007631)
    En visionnaire qu’il était, il y affirmait:  » Les socialistes savent qu’ils existent, mais ne savent plus qui ils sont »…….

  34. Quand je dis que je suis inculte, je ne plaisantais pas, je n’ai lu pratiquement aucuns livres de toute ma vie préférant l’observation du réel au fil des jours. Je sais qu’il y a beaucoup de désavantages dans cette attitude mais je reste persuadé que cet effet est grandement contrebalancé par le fait de n’avoir aucuns préjugés dans ma façon de voir et d’appréhender le monde.

    J’ai été voir des extraits de ce livre une phrase m’a sauté aux yeux:
    « Nous savions déjà que notre seule liberté, c’est la conscience. »
    Elle fait écho en moi car c’est la seule vérité au delà des blabla qui existe sur cette terre.

    D’où l’urgence « vitale » d’apprendre à nos enfants à penser et non pas quoi penser. Cela leurs éviterait de passer une grande partie de leur vie aveugles et sans aucuns doutes pacifierait le monde. Ils atteindraient une autonomie avant l’heure, une grande maturité comme cela devait être déjà le cas à l’aube des temps.
    Merci de me l’avoir fait connaître je vais suivre votre conseil.

  35. « « Nous savions déjà que notre seule liberté, c’est la conscience. »
    Elle fait écho en moi car c’est la seule vérité au delà des blabla qui existe sur cette terre. »

    Et non , malheureusement, mission impossible mister bonheur, les canidés descendent du Loup,et si de ce fait, tous ont un irréversible esprit de meute, tous ne sont pas des dominants et encore moins doués d’un embryon de conscience individuelle et ce malgré l’intelligence propre à chaque canidé ou canis lupus.

    « On est tous des animaux alors je vais te prendre l’exemple d’un chien: »
    Conscience d’un chien ? Conscience d’un être humain ? Oups….

  36. @Gudule

    Bonjour,

    CA tombe bien cette réflexion! je l’ai soulevé moi même il y a quelque mois; la domestication de l’homme et même l’auto domestication de ce dernier.

    Oui oui! Je soutiens que l’homme est un animal domestiqué, au même titre que le chien et que tel le chien il peut redevenir sauvage.
    La seule différence entre hier et aujourd’hui c’est qu’ hier en plus d’être domestiqué comme aujourd’hui il s’auto-domestiquait ( socialisait) au travers de la vie de quartier.

    La domestication seule = individualisme = verticalité
    L’auto-domestication ou inter-domestication= socialisation par la vie de quartier = horizontalité
    Dans ce deuxième cas si un congénère avait un soucis (chômage ou autre) ou posait problème à la communauté de par son comportement cela se réglait, comme dirait-on, « en famille »!
    Cela avait l’avantage de ne laisser « aucune niches (oups) libres », ou pouvait se développer tranquillement « les mauvaises graines » comme c’est souvent le cas aujourd’hui.
    Mais tout n’était pas parfait, il y avait aussi le revers de la pièce puisque toute cette vie sociale avait comme pivot les bistrots. Et on sait bien que nous ne sommes pas tous égaux vis-à-vis de l’alcool.
    C’est de pivots dont nous manquons, de points de rassemblement, de ralliement ou gens de quartier de 7 à 99 ans pourraient échanger, donner, recevoir en toute amitié et convivialité.

    Enfin je me trompe surement mais c’est ma perception de ce que j’ai vue, n’étant pas né, pardon pour l’expression: « le cul dans la graisse » (enfin, ça dépend avec qui on compare)!

    Bonne soirée

    BB Bonheur

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