Wallonie contre CETA : sauver plus que l’honneur ? par Un Belge

Billet invité. P. J. : la position défendue ici par Un Belge vis-à-vis de l’action de Paul Magnette est plus critique à son égard que ne l’est la mienne. J’ouvre ainsi le débat 😀 .

À l’heure où la Wallonie (Région Wallonne, l’une des trois régions officielles de Belgique) se trouve sous les feux de l’actualité internationale pour son refus de ratifier le CETA (en français AECG : Accord Economique et Commercial Global), il n’est pas inutile de rappeler quelques éléments…

Tout d’abord, Paul Magnette n’est pas Che Gevara. Il est à la fois ministre-président de la Région Wallonne et n°2 du PS francophone. Mais il est aussi… bourgmestre de Charleroi. Or c’est précisément à Charleroi (Gosselies) que le groupe américain Caterpillar vient de fermer l’une de ses usines, début septembre, privant d’emplois 6000 personnes. Cela a causé un enième traumatisme social dans cette région déjà très éprouvée… alimentant une surenchère de déclarations politiques courroucées contre une mondialisation sans garde-fous. C’était il y a quelques semaines à peine.

Ensuite, la Belgique est un Etat fédéral. La Wallonie (ou Région Wallonne) a son propre gouvernement. En ce moment, la majorité à la tête de ce gouvernement rassemble deux partis : le Parti Socialiste (de Paul Magnette) et le Centre Démocrate Humaniste (ex sociaux-chrétiens). Ces deux partis ont plusieurs points communs : ils sont absents de la coalition en place au gouvernement fédéral ; ils échouent à se différencier politiquement de cette majorité fédérale et à exister face à elle ; ils ne cessent de perdre des plumes dans les intentions de vote au profit notamment du Parti des Travailleurs de Belgique, parti de gauche radicale en pleine progression ; ils traversent de sérieuses crises internes.

Malgré cela, le CETA aurait probablement été ratifié par le Parlement Wallon… sans un troisième élément décisif : le fait que la Wallonie est un petit territoire traversé par des réseaux associatifs et syndicaux à la fois très denses, très bien informés, et très proches des cercles du pouvoir. A partir du moment où, dans ces réseaux (notamment agricoles), une unanimité se fait contre le CETA et le TTIP (décortiqués dans des conférences d’un bout à l’autre du territoire), ratifier l’un de ces traités devient, pour les deux partis au pouvoir en Wallonie, un véritable suicide politique.

Ce qui précède ne doit pas enlever aux ministres wallons leur part de mérite dans la résistance qu’ils opposent aux grandes manœuvres de l’Olympe européenne. Mais ce serait une erreur de croire qu’ils en sont ravis et de les comparer aux irréductibles Gaulois du Village d’Astérix. Car ce n’est pas du tout sous ces traits que les ténors du PS et du CDH wallon rêvent de briller dans la sphère politique et médiatique internationale. En fait, ils sont tout simplement coincés… contraints à un leadership qu’ils désapprouvent. Un peu comme Charlot ramassant un drapeau rouge et se retrouvant catapulté en tête d’une manifestation dans une scène culte des « Temps Modernes ».

D’où cette insistance des ministres wallons à réclamer d’abord… du temps : pour continuer à travailler, continuer à réfléchir, continuer à négocier (on connaît la chanson depuis la Grèce). Ce temps est nécessaire pour que la tension s’atténue, pour que le souvenir de Caterpillar Gosselies retombe, pour que la résistance ait redoré les blasons… et pour qu’un peu de gages soient donnés aux réseaux syndicaux et associatifs, dont la géométrie reste variable et imprévisible à moyen terme.

Bref, ne boudons pas notre plaisir de voir un véritable débat et une véritable résistance émerger… mais ne soyons pas naïfs quant à ceux qui paraissent l’incarner : attendons un peu avant de crier aux héros.

À ce stade, sauf l’honneur, rien n’est encore sauvé !

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129 réflexions sur « Wallonie contre CETA : sauver plus que l’honneur ? par Un Belge »

  1. « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! »

    Et pour être complet (tant qu’à faire) :

    « Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse?
    Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse  » (Alfred de Musset)

    Un Belge, comme tu le dis, ne boudons pas notre plaisir ! Moi, je te dis : on a eu bien chaud ! Le CETA, c’était le cheval de Troie… de trop ! Avions-nous besoin encore de ça ? Moi, je voyais les transnationales remporter victoire sur victoire depuis… je ne sais même pas depuis quand. Disons 1979.

    A Stalingrad, en février 43, rien n’était joué non plus. Mais l’Allemagne, pour la première fois depuis 1939, perdait une grande bataille. Comme le dit Wikipedia, « D’un point de vue psychologique, Stalingrad met fin au mythe de l’invincibilité allemande ». Et nous savons ce qui est advenu par la suite.

    Aujourd’hui, il est mis fin au mythe de l’invincibilité des transnationales. Aujourd’hui, des représentants de la population – fait tellement exceptionnel qu’il est important de le souligner trois fois – l’ont réellement représentée. Mais en plus, grâce à ça, le CETA n’est pas passé. Que se serait-il passé dans le cas contraire ? Nous ne le saurons jamais, et heureusement !

    1. Il me semble que les multinationales échouent plus souvent que ça, et pourtant elles ne perdent pas la guerre. Je me souviens d’un certain AMI qui a assez mal supporté la pression ces citoyennes et des citoyens. Il y en a eu d’autres, comme ACTA.

    2. Mouais…il me semble que les firmes ont encore un peu d’avance sur le contrôle des citoyens. Il n’y a qu’à voir le matraquage publicitaire qu’on leur laisse faire.
      L’influence des masses, c’est le cœur de la cible, et non pas cet accord commercial. Le jour où le citoyen aura compris qu’il paie la publicité à hauteur de 2% sur ses produits de grande consommation, il aura peut être aussi compris comment il peut orienter le marché, ce qu’il est impuissant à faire aujourd’hui.

  2. Des gouvernants qui tiennent ( même fragilement ) une position parce que leur opinion publique ,informée et informante ,ne leur pardonnerait pas une autre attitude , ça mérite cependant un salut …et la poursuite du débat et de la pression publique , en Wallonie et certainement pas que .

    Charlot est immortel , nos présidents beaucoup moins !

    1. Je pensais que l’espace placé avant et après chaque caractère de ponctuation était une sorte de signature (comme certains qui écrivent uniquement en minuscules, ou qui ne mettent pas de signes de ponctuation du tout). Mais force est de constater que ce n’est pas le cas, puisque dans votre texte ci-dessus, on retrouve un peu de tout.

      Pourriez-vous porter une plus grande attention à bien appliquer le style choisi ? Ça pique (encore plus) les yeux sinon.

  3. Pour que le débat soit utile et équilibré, je souhaiterais que l’on éclaircisse un point me paraissant important.
    Le texte du CETA fait presque 1600 pages et je crois me souvenir que Paul Magnette a déclaré qu’il n’a pu le recevoir que bien trop tardivement malgré ses demandes réitérées à la CE. En effet ça prend du temps pour l’étudier comme l’un d’entre nous est en train de le vérifier !
    Cher Un Belge, tu dis que ce temps n’est qu’un prétexte politicien, pour que « la tension s’atténue, pour que le souvenir de Caterpillar Gosselies retombe ». Alors, où est la vérité ? Un politicien qui veut sauver son parti ou un démocrate (et de gauche) qui décide — puisque le système belge lui en donne l’occasion — qu’il faut étudier un texte avant de le voter ?
    De toutes façons, le mérite de cette histoire (et donc de M. Magnette) est bien de remettre en lumière ces détestables habitudes de négociations secrètes, en notre nom, et avec des conséquences importantes sur nos vies. La démocratie exige la transparence.

      1. Tout est dit : « circulez, il n’y a rien à voir. »
        Merci à nos Maîtres de veiller à notre bonheur — dans la discrétion.

      2. Magnette lui-même a-t-il cité, comme exemple de sa démonstration, ne serait-ce qu’un des démoniaques détails qui l’indisposent dans le traité durant son fameux cours, pardon, discours, devant ses députés ? Comme par hasard, aucun, et pour cause, la rhétorique s’accommode mieux des grands principes de préambule que des pièges des annexes.

      3. Les négociations mafieuses ou de barbouzes exigent la discrétion.
        Les négociations démocratiques exigent des objectifs clairement exprimés et compréhensibles de tous.

      4. Donc , sans démocratie et sans parole, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes , disent les négociateurs .

        Toute négociation commerciale serait donc au moins aussi périlleuse qu’une négociation pour libération d’otages . L’économie de marché a décidément des caractéristiques étranges .

        Le résultat historique ne semble pas valider la méthode .

      5. Juan, tu penses sérieusement que Clemenceau aurait été plus coulant (ou encore plus Perd la Victoire) si les négociations du traité de Versailles avait été plus « transparentes » ?

      6. Quand Di Rupo, dimanche encore, agitait l’épouvantail à pigeons du bœufs aux hormones ou des poulets chlorés, c’est de la transparence ou de l’intoxication d’opinion wallone (et européenne) ?

      7. Les « négociations » pour le traité de Versailles étaient d’un format assez inédit : l’Allemagne n’était pas là .

      8. C’est vrai que le traité de Versailles a été une grande réussite. La « der des der » finie, 20 ans pour réarmer, puis la fameuse « plus jamais ca ».
        Avec les CETA et TAFTA, les chemises ne seront plus brunes, mais blanches immaculées et sans poches.

      9. @Vigneron :

        Sans trop me replonger dans mes livres d’histoire à défaut de mes souvenirs , il me semble qu’à la conférence préparatoire de Paris au traité de Versailles , les vaincus n’étaient pas invités et qu’à Versailles les allemands n’avaient qu’un droit , c’est celui de signer .

        Sauf si l’on considère que les américains étaient chargés d’être leur avocat .

        N’y a-t-il pas , en outre , une petite part de mauvaise foi à vouloir comparer un traité de fin de guerre mondiale , avec un traité de libre échange bilatéral Canada-Europe ?

      10. @Vigneron :

        J’ai eu la curiosité de faire défiler le diaporama s’inscrivant dans le lien  » Clémenceau » donné , et j’ai eu la surprise de tomber sur une caricature intitulée  » le bombardements des vignerons » , où l’on voit Clémenceau assis au milieu du champ de tir , en « arbitre des conflits entre les vignerons ( du midi) et les betteraviers ( du nord) .

        Comme quoi Clémenceau concevait bien un tribunal arbitral comme politique ….

      11. Wilson, House, Lloyd George et Keynes, voui, ça faisait du monde pour représenter l’Allemagne, pas assez face au carnassier Clemenceau.

    1. ( Le texte du CETA fait presque 1600 pages et je crois me souvenir que Paul Magnette a déclaré qu’il n’a pu le recevoir que bien trop tardivement malgré ses demandes réitérées à la CE. En effet ça prend du temps pour l’étudier comme l’un d’entre nous est en train de le vérifier !)
      Bonne question …

      Cet article du soir daté de fin 2012 pourra peut-être un peu y répondre…
      Dès 2012 les socialistes belges se sont inquiétés à propos du CETA :
      http://archives.lesoir.be/ceta-le-traite-commercial-bien-trop-secret_t-20121127-026LUM.html?query=ceta&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=ceta&pos=0&all=37&nav=1

      … »Après avoir récemment rencontré des responsables québécois, le député européen Marc Tarabella (PS) se dit alarmé. « A travers Ceta, l’Union européenne et le Canada sont en train de régler des problèmes aussi divers que la coopération, la bonne gouvernance, la lutte contre les changements climatiques et les droits de l’homme. La volonté d’inclure ce dernier point dans le traité semble d’ailleurs reçue avec défiance par les Canadiens. Nous ne sommes pas décidés à laisser passer cela et vendre notre âme au diable. Certes, cet accord pèse lourd au niveau financier, mais les principes n’ont pas de prix », ajoute Marc Tarabella. »

      1. « Toute négociation commerciale serait donc au moins aussi périlleuse qu’une négociation pour libération d’otages . L’économie de marché a décidément des caractéristiques étranges »
        « Le résultat historique ne semble pas valider la méthode »

        Exactement c’est « couvrez ce blanc-seing que je ne saurais voir….! » Tartuffe .

      2. Toute négociation commerciale serait donc au moins aussi périlleuse qu’une négociation pour libération d’otages.

        Plus encore.

      3. @Vigneron :
        Je peux comprendre l’art et la difficulté de la négociation ( ça m’est arrivé dans d’autres domaines) mais :

        dans une négociation concernant des otages , on est « condamné » à négocier . Qu’est ce qui « oblige » l’Europe à négocier un traité commercial tant qu’elle n’en n’a pas la force ( dont celle de tordre partiellement le bras au capitalisme fou ) et la stature politique ( c’est le sujet de la gouvernance démocratique) ?

    2. « La démocratie exige la transparence. »

      Exactement, et la discrétion propice à certaines négociations, selon leur nature, n’empêche absolument pas la clarté, le dialogue voire la pédagogie, utiles et souvent nécessaires à tout fonctionnement démocratique.

  4. Vous citez la Grèce et je me souviens de l’espoir suscité par le gouvernement Tsipras.
    Puis on leur a mis simplement un revolver sur la tempe et il fut signifié la fin de la récré ; ils ont signé.
    On a dit alors que la démocratie était morte en Grèce, là où elle était née.
    François Hollande, un socialiste est à 4% dans les sondages. La France est dirigée par quelqu’un qui fait 4% de satisfaits.
    Et tout ça glisse, tout ça est normal.
    Comme à la radio…

  5. Paul Magnette ne faudrait-il pas surtout le voir comme l’instrument d’une ruse de l’histoire pour faire progresser la raison, une personnalité politique qui par un concours de circonstances improbables agit dans un sens qu’elle n’avait pas prévu elle-même ? Quoiqu’il en soit, les arguments de Magnette en dévaveur du CETA dans son état actuel sont là et se tiennent quand bien mêmes les intentions ne seraient pas toutes pures.
    Je préfère mille fois l’homme politique mou du genou au départ qui dans l’action franchit le rubicon pour la bonne cause, que celui qui annonce monts et merveilles et in fine ne fait rien de ce qu’il avait annoncé.

    1. Il serait peut-être temps, avant le collapsus au moins, d’envisager de jeter la dernière pelletée sur ce pauvre Georg Wilhelm Friedrich, Pierre Yves.

    2. Bonjour Pierre-Yves

      « Magnette » et la ruse de l’Histoire ? Sans doute … mais pour autant que, son remarquable et médiatiquement remarqué, discours au Parlement Wallon mette le feu au poudre, et pour longtemps, dans l’étouffoir médiatique.

      (Dans tout ce que je vais écrire, Paul Magnette est hors de cause, il a été très brillant).

      La ruse de l’histoire, oui, (mais laquelle ?) serait-ce toute l’Europe, dans ses journaux, continuerait d’en parler des mois durant , c’est-à-dire de discuter pied à pied et ouvertement des « amendements à apporter pour remettre les tribunaux arbitraux sous contrôle démocratique.(paradoxe). Ou inversement, que la ruse de l’Histoire soit de finir dans le sable … avec le Canada comme boîte aux lettres à la chambre de commerce des USA.

      Je reprends autrement.

      Paul Magnette met en cause le CETA, parce que l’opacité de ses mécanismes instituant et la reconnaissance du rôle des tribunaux arbitraux sont les paradigmes fondateurs d’un redéploiement du « libre » marché.

      L’opposition démocratique, aujourd’hui incarnée par « l’image de l’irréductible village » réussira-t-elle ? N’est-ce pas un mécanisme de vaccine ? l’échec de cette « image volontariste » conforterait alors l’idée que le marché est « démocratique », puisqu’il fut discuté.

      Ainsi, tout comme un virus affaibli permet la mise en place de cellules réactives, génératrices d’anticorps en cas d’attaque sérieuses, Magnette Bourgmestre de Charleroi, serait l’agent involontaire, c’est à dire agissant en tant que le virus politique affaibli par son passage aux « affaires Carolo », c’est-à-dire de la configuration sociale et politique, du – Facsislme blanc- « exemplativement » carolorégienne, telle que le concepts en fut jadis précisée par Marcel Paquet dans son ouvrage le Facisme Blanc (voir note terminale).

      §

      Le modèle de « la vaccine » est connu, « Vous voyez bien que ….». Dans le scénario de l’échec, la parole des Wallons aura montré que le marché s’est soumis à la démocratie. Nous avons déjà entendu cette musique … par exemple, pour reconduire le principe de la spéculation, il suffit de disposer utilement d’une interdiction radicale les jeux boursiers spéculatifs, – construite sur une base rationnelle – pour précisément, disposer du point d’appui, quiç permet de défendre l’idée , moyenne et raisonnable, de la contrôler la spéculation en la taxant; ce qui revient à en admettre le principe.

      Belges, nous sommes connus pour notre le sens du compromis. Dans les faits, n’allons-nous pas permettre de conforter la norme des tribunaux arbitraux, moyennant quelques accommodements, lesquels permettront de faire croire que le droit public à un droit de regard sur le droit privé.

      Croyons-nous vraiment que le système médiatique européen, relaiera et développera avec sérieux la mise à plat détaillée des discussions de -l’avenant contraignant – réclamé par P. Magnette», aux 1600 pages de règlement du Traité.

      « Aller de l’avant » comme le veut Magnette, c’est-à-dire « signer quelque chose », ne change pas le rapport social entre la commission discrète du Ceta et la Wallonie. Nous aurons ainsi des accommodements avec le marché tel qu’il est ! Comme pour la spéculation, nous admettrons le modèle des tribunaux arbitraux, et nous les justifierons en raison du principe d’efficacité pour décider de ce qui est juste. Ainsi, l’oligarchie marchande s’arrogera le droit de faire condamner les États qui iraient à l’encontre de ce qui est « juste » pour le marché, au risque de faire payer les peuples pour réparer les erreurs (les fautes) de leurs décideurs vis -à-vis des marchands.

      Croyons-nous que le débat de fond, brillamment, demandé par Magnette sera porté avec rigueur par les Media à la solde ? Je crois, de mon côté, que les journalistes sont bien trop « lobbyés » (au SMIC, comme au luxe précaire), bien trop « bruxellisés » pour que pour nous puissions envisager, à court terme, quelques changements fondamentaux … ?

      §

      Avons- nous lu – Le fascisme blanc: mésaventures de la Belgique – Marcel Paquet Éditions de la Différence, 1998 – 203 pages ?

      Quatrième de couverture de l’ouvrage :

      La Belgique n’est ni un Etat-Nation, ni un Etat démocratique, mais elle n’est pas davantage un Etat totalitaire ou un Etat fasciste dans les acceptions hitlérienne ou mussolinienne : on n’y rencontre ni leader charismatique, ni législation raciste. C’est, démontre Marcel Paquet, un fascisme d’un genre inédit, insidieux et difficile à percevoir. S’il qualifie de  » blanc  » ce régime dont tous les rouages sont contrôlés par la criminalité (afin de le distinguer des pestes brune, rouge ou noire), ce n’est nullement pour le réduire au phénomène de la grande protestation populaire d’octobre 1996 – liée à l’affaire Dutroux -, mais pour situer et analyser celle-ci à partir d’un processus plus général, plus englobant et surtout plus ancien. Cet Etat artificiellement créé par la volonté des grandes puissances du début du XIXe siècle (Angleterre, Autriche-Hongrie, France, Prusse et Russie) développe aujourd’hui un exercice du pouvoir dont les mécanismes fondamentaux sont la démagogie et la corruption. Ceci risque de s’étendre à l’ensemble du continent. Construire l’Europe en négligeant la dangereuse réalité belge serait une faute politique d’une extrême gravité.

      §

      Il est clair que pour Paul Magnette, succéder au « Roi van Cau » , et dans le climat des « affaires » Carolo, vous donne, par simple effet de structure, un pouvoir d’anticorps … Mais contre quoi ? Contre la corruption, ou contre les attaques contre la corruption?

  6. Vu d’ici et jugé sur le contenu de son intervention (une parole politique, donc surplombant l’économique et le technocratique) Magnette est intouchable, vache sacrée, nouveau Bouddha. Qu’il soit alors l’idiot utile de nos idéalités, et tant pis pour les griefs gauchos de votre cuisine locale (y m’donne presque envie de reprendre ma carte, tiens).

  7. Moi je suis pour les solutions simples.
    Les stratégies de billards à douze bandes façon coutumière de notre président français ne peuvent tromper personne longtemps.
    Je n’ai pas soupçonné Mr Magnette de manip’ dans son discours au parlement, il était cohérent, sincère, sans notes et sans langue de bois.
    J’avoue que, étant citoyen français, je n’ai pas l’habitude…

  8. C’est pas pour dire, mais vigneron a étrangement posé une excellente question un peu plus haut :

    Le Magneto Magnette, quel est son problème avec l’accord CETA dans les faits ? Quelqu’un a un début de réponse précis à apporter à notre insatiable curiosité ? Mis à part des principes généraux que nul ne conteste, dans le détails ou que c’est que ça coince ?

  9. Si je ne me trompe pas, c’était Charles Pasqua qui disait :
    « La démocratie s’arrête là où commence la raison d’état ».
    –ou quelque chose comme ça…

    1. Il n’y a pas que Pasqua pour l’avoir su .

      Mais le plus important , tout aussi vrai , c’est la réciproque .

  10. A 00h50, ce 27 octobre, nous ne savons pas vraiment si le rendez-vous de demain midi en face de la Commission sera pour faire la fête ou la baston.
    En attendant, je ne résiste pas au plaisir de vous copier-coler le texte que je viens d’envoyer à une quarantaine de militants qui se sont bien battus depuis des mois à Bxl et environs. C’est peut-être trop optimliste mais on en a parfois bien besoin.

    CETA : un peu d’histoire

    499 ans plus tard…
    Le 31 octobre 1517, un moine inconnu de Saxe-Anhalt, Martin Luther, placarde sur la porte de l’abbaye de Wittingen ses «95 thèses» par lesquelles il condamne le commerce des indulgences[1] organisé par l’Eglise catholique au sein du Saint Empire germanique. Cet acte Luther déclenche un mouvement d’une ampleur inconnue dans l’histoire occidentale: la réforme protestante.
    Le contemporain et ami de Luther, Philippe Mélanchton, théologien et juriste, défend et répand l’idée que le droit relève du domaine séculier et que celui-ci est sous l’autorité des Princes et pas de l’Eglise. De nombreuses régions et villes-Etats germaniques se convertissent à la réforme et confisquent les biens de l’Eglise catholique. Après les répressions de révoltes protestantes, notamment par l’empereur Charles-Quint, la Paix d’Augsbourg, signée en 1555, prend acte des transformations produites par la réforme.(Extraits de l’avant-propos de L’Opium du peule, Karl Marx, [1844], Mille et une nuits, 2013).
    ***
    Le 24 octobre 2016, un ministre-président peu connu de Wallonie, Paul Magnette, confirme la décision du Parlement de sa Région par laquelle il s’oppose à la signature d’un traité de commerce de libre-échange transatlantique, le CETA[2] voulu par la Commission européenne. Cet acte de Magnette déclenche un mouvement d’une ampleur inconnue dans l’histoire de l’Occident: la transition écosocialiste.
    Le contemporain et camarade de Magnette, Jean-Luc Mélanchon, député européen, défend et répand l’idée que la démocratie relève du domaine des assemblées élues et des consultations populaires et pas des eurocrates et lobbyistes. De nombreux pays et régions d’Europe se convertissent à l’écosocialisme et nationalisent ou socialisent les biens des multinationales prédatrices. Après les répressions des mouvements de transition, notamment par le président de la Commission Jean-Claude Juncker, la Paix de Bruxelles, signée en ????, prend acte des transformations produites par l’écosocialisme.

    72 ans plus tard
    Il y a peu de temps encore, si vous évoquiez la Wallonie à un Nord-Américain, il vous répondait «Wa…? what?». Il fallait alors lui parler de «The Battle of the Bulge», souvenir de la résistance de l’armée états-unienne en Ardenne lors de l’offensive Von Rundstedt, en décembre 1944. Le général américain McAuliffe est célèbre pour avoir répondu à la sommation de se rendre alors que son régiment était encerclé à Bastogne, «Nuts!» («Des noix!»), terme plutôt grossier signifiant «Allez vous faire…!». En 2016, encerclé par les 27 pays voisins, par le Canada et par la Commission européenne, le Parlement wallon, réuni à Namur, disait la bouche de son général en chef, Paul Ma-niet, «Non, nous n’acceptions pas les diktats et les menaces qui nous enjoignent de signer un accord commercial de libre échange qui est contraire aux intérêts des populations que nous représentons». Dans 72 ans, l’histoire aura-t-elle retenu ce haut fait d’armes?

    Et si vous voulez continuez à sourire autour de cet événement qui marque un tournant important, vous pouvez, par exemple visionner ceci : https://www.youtube.com/watch?v=iBInjGZDVQ8

  11. Grand merci à Paul d’avoir ouvert le débat avec élégance.

    Une majorité de propos restent centrés sur la personne de Paul Magnette. C’est probablement un effet de la propension médiatique (entre autres) à mettre en avant des personnes (Magnette, Tsipras, Juncker, Draghi…), plutôt qu’à décortiquer des systèmes.

    Mon billet ne se veut pas une charge contre Magnette, mais une invitation à situer l’homme dans un contexte et dans un réseau de forces. Rappelons tout de même en passant que le n°1 du PS francophone (juste devant P. Magnette) reste à ce stade un certain Elio Di Rupo, ex-premier ministre belge rompu à toutes les complaisances. Le même raisonnement vaut pour le CDH. Et je ne fais ici la promotion d’aucun autre parti francophone, que cela soit clair.

    Pour le redire autrement, je ne prétends pas que cette résistance formidablement bienvenue (incarnée médiatiquement par Paul Magnette) repose uniquement sur un sombre calcul électoral. Je dis que sans la pression d’un écosystème associatif, syndical et agricole propre à la Wallonie, étroitement imbriqué avec le monde politique, les résistances des ministres et parlementaires se seraient probablement révélées beaucoup plus tièdes.

    Rendons à Magnette ce qui est à Magnette, aux appareils ce qui est aux appareils, et aux citoyens ce qui est aux citoyens. Cela permettra de mieux comprendre le chapitre suivant, qui s’écrit en coulisses en ce moment même.

    1. Cher Belge,

      Votre analyse est des plus correcte. Il faut en effet être conscient que s’il avait été ministre fédéral, comme dans le gouvernement précédent, que si les nationalistes flamands n’avaient pas exigé la régionalisation de cette compétence économique, que si la commission n’avait pas exigé l’accord de tous les gouvernements nationaux et régionaux pour signer ce traité ( voir le conseil de Guy Verhofstadt pour le contourner…) que s’il n’était pas talonné sur sa gauche par le PTB et les associations…Paul Magnette n’aurait pas prononcé ce dit-cours.
      Mais en attendant il en a eu l’occasion et IL L’A FAIT avec une clarté et une précision rarement entendues dans un discours politique. Donc que grâce lui en soit rendue.
      Et il a précisé lui-même que ce n’était pas une rupture mais le début de nouvelles négociations qui bien entendu aboutiront à un compromis que tout le monde espère honorable mais aussi en décevra beaucoup.
      Comme dit plus haut l’important sera qu’il en reste quelque chose, que cette intervention pousse d’autres à ne pas accepter n’importe quoi même contre une majorité de 98 % ( tiens, là, on entend pousser les hauts cris d’ « antidémocratiques »par les tenants de la religion féroce!) et permette que le dernier qui s’en ira éteigne la lumière le plus tard possible.

    2. @Un Belge…
      A mon sens vos deux immédiatement derniers paragraphes ( « Pour le redire….. comprendre le chapitre suivant, qui s’écrit en coulisses en ce moment même. » ) résumaient parfaitement et la situation et mon point de vue sur le sujet jusqu’aux environs de 12h30 , moment où nous avons appris qu’un accord entre toutes les entités fédérées permettait l’exhibition par l’entité BELGIQUE d’un texte « interprétatif-CETA ayant force juridique » destiné à être présenté aux organes adéquats des 27 autres ÉTATS de l’U.E.
      S’ensuivront nécessairement un cascade d’aller-retours que j’espère tout sauf discrets.. au bout desquels le texte final et ses annexes juridiquement équivalentes reviendra aux mêmes entités belges , dont la Wallonie , avec selon l’avis des forces en présence , le même pouvoir de « nuisance » ou de « contrôle démocratique »…
      D’autres l’ont déjà écrit .. sià un moment certaine presse et/ou autre groupes de pression au niveau européen font correctement leur « travail » d’investigation et de révélation « les masques devraient tomber »… :
      1.ÉCHEC.
      ++ le Canada bloque. C’est son droit ( mais ça n’arrivera pas).
      ++ si ce n’est pas le Canada qui bloque , alors QUI et POURQUOI? Un ÉTAT (ou plusieurs)… des noms.. CONCLUSION.
      2.SUCCES.
      La si petite Wallonie(au moins) aura pu introduire des avancées favorables à chaque citoyen européen que les négociateurs avaient ..oublié ? sciemment omis ? (autres) de mettre sur la table..
      QUI? POURQUOI? (devinez..)

      Et à mon sens , rien que pour suivre ce feuilleton (en parallèle des élections en France et en Allemagne) , merci MagnetteandCo.!!

  12. CETA … vers « l’avenant contraignant » ?

    Selon le président du Parlement Wallon, André Antoine, le parlement Wallon demande que le mécanisme de COUR D ARBITRAGE – soit remplacé par une Une COUR MULTILATERALE DES INVESTISSEMENTS-

    A.Antoine semble d’accord de se satisfaire des points suivants, (pourvu que ce soit mis sur papier tout de suite) :

    _ la sélection de tous les juges du Tribunal d’appel sera faite, sous le contrôle des institutions européennes et des États membres, d’une façon rigoureuse, avec l’objectif d’en garantir l’indépendance et l’impartialité, ainsi que la plus haute compétence ».

    _Les juges seront rémunérés par l’Union européenne et par le Canada sur une base permanente. « Il faudra progresser vers des juges employés à temps plein », est-il préconisé.

    _ Les exigences éthiques pour les juges des Tribunaux, déjà prévues dans le CETA, doivent être développées de façon détaillée, dans les plus brefs délais, dans un Code de Conduite obligatoire et contraignant ».

    Ne pouvons-nous donc pas être tous rassurés, ou voulons-nous encore, forcer nos « Politix » à faire mieux ?

    Source :
    http://www.rtl.be/info/monde/europe/ceta-la-wallonie-bloque-encore-sur-4-points-voici-lesquels-861782.aspx

    1. Qu’est-ce que tu proposes de mieux Morlie ? Un tribunal populaire ? Un tribunal Monsanto avec M.M. Robin en procureur général, V. Shiva en juge suprême, Lepage en avocat de la défense et Séralini à la tête du jury-Criigen ?

      1. Bonjour Vigneron,

        De la même manière qu’il y a des tribunaux pour l’enfance, il est utile de disposer de tribunaux spécialisés dans le commerce international, cela me paraît clair.

        Depuis 1998 , suite au travail de Antoine Gaudino « La Mafia des tribunaux de commerce », nous savons pertinemment comment fonctionnent les juges consulaires , etc. en 2003, Taubira n’est arrivée à rien malgré bien des précautions…

        Pour répondre à votre question, un Tribunal multilatéral du Commerce, appuyé d’une constitution économique, élaborée par des juristes, et ratifiée par les Parlements nationaux conviendrait.

        En attendant… que faire ?

        Et bien, commencer par dire clairement aux transnationales de « changer de mentalité , car nous ne voulons pas de vos manœuvres souterraines », concernant le CETA la suite des accords à venir.

        Et d’ajouter  » Quelles sont vos craintes relativement à la protection de vos investissements ?, N’êtes vous pas suffisamment équipées en bons esprits que pour mesurer le risque d’investissement inadapté au cadre probable de l’évolution de l’environnement socioéconomique, sanitaire et environnemental ? » .

        Il faut exiger, de suite, (en profitant de cette fenêtre de révélation de l’opacité) un changement de philosophie commerciale. C’est aux transnationales de prendre le risque d’investir rationnellement en tenant compte des intérêts des peuples, selon le cadre juridique des pays dans lesquelles elles investissent.

        Si l’investissement a été réalisé en toute bonne foi relativement aux intérêts des peuples, alors, il n’y a pas de raison qu’une transnationale ne puisse plaider sa cause et obtenir un arrangement politique auprès du gouvernement qui aurait émis une législation devenue contradictoire avec les conditions initiales de l’investissement.
        C’est de toute façon un rapport de force rationnel qui réglera le pronlème.

        La question d’actualité est de ne pas mettre le petit doigt dans un mode de régulation des investissements, pour lequel les cours arbitrales proposeraient un règlement ex ante, c’est-à-dire que « l’erreur à corriger » serait toujours celle du pays qui dénoncerai cette erreur après coup, pour avoir accepté un investissement dont il constate , nécessairement après coup, les effets néfastes, en raison d’un investissement mal conduit.

        Dans cette logique, la transnationale, responsable des effets négatifs, ne fera jamais d’erreur, même dans le cas où elle aurait réalisé un investissement qui a dérapé socialement sanitairement, écologiquement. Cette régulation ex ante , non seulement évacue toute faute des investisseurs, mais pénalise les peuples qui voudraient corriger les effets d’un investissement s’étant révélé nuisible.

        En effet cette règle oblige les États à dédommager la transnationale des bénéfices estimés et non réalisés du fait de la législation correctrice. Donc, en plus de subir des dommages, il faudrait en outre rembourser le manque à gagner issu de réglementation correctrice – Face je gagne, Pile tu me rembourses ce que j’aurais gagné si je n’avais pas perdu.

        C’est la tâche historique des médias européens que de faire comprendre cet enjeu très simple a tous les citoyens de l’Europe.

      2. Ex-ante ! ex-ante ! est-ce que tu connais un tribunal qu’aurait une gueule à pas se fonder sur une loi ex-ante ?

        Dans cette logique, la transnationale, responsable des effets négatifs, ne fera jamais d’erreur, même dans le cas où elle aurait réalisé un investissement qui a dérapé socialement, sanitairement, écologiquement.

        Tu mélanges tout ; tout investisseur extérieur est soumis à la loi sociale/sanitaire/environnementale du pays d’accueil, et ce devant ses tribunaux, quels que soient les traités commerciaux signés par ce dernier. Un traité garantit simplement qu’il sera traité par la loi et devant la loi comme un résident. Je préfère un jugement devant un tribunal, fût-il international et/ou d’arbitrage, à tout « arrangement politique » à la Morlie.

      3. @Vigneron

        Ça me paraît en effet beaucoup mieux, ce que tu proposes, que ce qui est dans le texte.

        On suggère un avenant ?

      4. Pas la peine de faire un avenant, c’est le cas de tous les traités multilatéraux ou bilatéraux.
        C’est moins sûr pour des « accords politiques » plus ou moins formels entre un roitelet d’Asie Centrale, d’Afrique ou d’ailleurs et un gros investisseur (public comme privé) étranger.

    2. Tout est dans la « sélection » et la « gestion » des juges , qui , si j’ai bien compris , pour l’interdiction qui leur sera faite d’avoir parti lié avec un état membre , seront des avocats d’affaire .

      Les politiques après avoir confié les clés au capital , seraient donc prêts à le céder aussi à des « experts » , dont on voit mal comment ils pourraient d’ailleurs ne pas être des faux nez politiques des plus forts , dans la mesure où ils sont désignés par iceux , même en comité élargi .

      Un arbitrage entre entreprises et politique , ne peut et ne doit qu’être politique à un niveau collégial , et strictement politique . Sans camouflage .

      Mais , si l’hypocrisie est un homage que le vice rend à la vertu , c’est déjà ça .

    3. Julien, ah, en voilà une bonne nouvelle et positive Les tribunaux arbitraux :42 % pour les Etats ! Et juste 32 % pour les entreprises … et le reste à l’amiable… super ! Cool.
      Les chiffres sont là ! Donc des gens comme moi (contre le principe des tribunaux arbitraux) sont donc des cons mal informés ou des cons désinformés. Ou tout court.
      Dont acte. Mea culpa, maxima culpa.
      Il vaut mieux que j’aille lire un canard à ma portée, pas le blog de Jorion : visiblement je n’arrive pas à comprendre ce qui s’y raconte 🙂

      1. A ton âge tu aurais dû apprendre qu’il faut toujours s’appuyer fortement sur des principes, ils lâchent plus vite.

      2. Jacques, j’ai donné des chiffres brut, pas une analyse. Tu ne m’as pas lu écrire « c’est une très bonne chose car SEULEMENT 32 % des cas sont remportés par les entreprises ». Non, seulement un chiffre brut pour animer la discussion, dans un sens comme dans l’autre.
        Maintenant si tu me demandes ma position plutôt que de prendre la mouche, je réponds que l’arbitrage est nécessaire pour ne pas être tributaire d’une justice plus ou moins indépendante et plus ou moins soumise à la raison d’État, mais que l’arbitrage doit apporter des garanties en termes de nomination des arbitres et doit faire appel à un financement public, avec pour ambition à terme de constituer une véritable cour internationale en matière économique. Donc ni Charybde, ni Schylla.

      3. J’ai toujours pensé qu’étant plus petite que la France la Wallonie devait être parfois plus férocement française pour exister. Effectivement, elle se révèle plus férocement souverainiste sur l’épouvantail à Français que constitue le thème des tribunaux d’arbitrage internationaux (principe plutôt universaliste d’origine pourtant largement française…).

  13. Quand bien même cet accord aurait été signé, la demande reste la même : ni le Canada, ni l’Europe, ne mangeront plus de fromage, ni de viande, ni n’achèteront d’avantage de voitures.
    C’est une croyance religieuse, que l’augmentation de la concurrence, correspond nécessairement à l’augmentation du PIB. Je ne suis pas loin de penser que c’est le contraire.
    Même si on a prouvé par le passé, que l’augmentation des échanges, produisait un solde net de croissance, c’est une chose à réexaminer dans un contexte de surproduction.
    Dans l’imprimerie, en tout cas c’est net : 1000 cartes de visites se vendaient 150 euros il y a quelques années, 60 euros aujourd’hui : moins de valeur ajoutée, pour le même produit en même quantité. (concurrence accentuée, par les machines « Direct to plate »)
    Signé ou non, ce traité ne change pas grand chose.

    1. José Bové , ce matin sur FI , a assez rapidement mais pédagogiquement expliqué son point de vue , selon lequel la production et l’équilibre des échanges agricoles se portent mieux d’accords de coopération autant qualitatifs que quantitatifs , plutôt que de traités « d’échanges » bilatéraux où la tendance naturelle du système capitaliste pousse à la concentration et à l’affaiblissement puis la disparition de l’autre , sans soucis des impacts humains .

      1. plutôt que de traités « d’échanges » bilatéraux où la tendance naturelle du système capitaliste pousse à la concentration et à l’affaiblissement puis la disparition de l’autre , sans soucis des impacts humains.

        Ses prédécesseurs Aveyronnais au José, tout comme leurs brebis caussenardes il y a près d’un siècle dans les années 20, n’étaient pas mécontents des libre-échangistes capitalistes new-yorkais qui achetaient et écoulaient de Boston à Richmond près de 20% de la production de Roquefort (et déjà les Aveyronnais n’aimaient pas les taxes et les tarifs douaniers…).
        http://www.persee.fr/doc/rgpso_0035-3221_1931_num_2_4_4029#rgpso_0035-3221_1931_num_2_4_T1_0402_0000

      2. Je ne connaissais pas suffisamment les brebis caussenardes en 1920 pour apprécier la situation de l’époque , et je laisse à l’intéressé ou à ses ayants droits le soin de répondre s’ils nous lisent , en espérant avoir correctement traduit par mon commentaire précédent , ce que j’ai entendu ce matin .

        J’aime trop les brebis pour me fâcher avec elles , mais je note que Bové en tant que député européen ( et comme la plupart des députés européens qui me semblent largement plus pertinents que leurs homologues nationaux français) , a depuis pas mal de temps dépassé le stade Roquefort où les médisants voudraient sottement le cantonner .

    2. « mais que l’arbitrage doit apporter des garanties en termes de nomination des arbitres et doit faire appel à un financement public, avec pour ambition à terme de constituer une véritable cour internationale en matière économique.  »

      Trés bien, merci JA, a priori, ça me parait tout à fait correct .

  14. Dieu tout-puissant ! Enfer et damnation ! Que lis-je sur le BJ ?!
    Le Monde, « La moitié des espèces animales vertébrées a disparu en quarante ans »
    Vite, allons à la source :
    « Plus de la moitié des animaux sauvages ont disparu en quarante ans »
    Et plus précisément :
    La moitié des individus parmi « 14 152 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 706 espèces vertébrées de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons répartis aux quatre coins du globe ».
    (…) Soupir de soulagement.

    1. Ah…. ? Ton ravissement fait vraiment plaisir à voir.

      Par ce qu’en matière de GES et d’environnement , l’accord CETA, n’a vraiment pas de quoi nous rendre « satisfait » voire soupirer de soulagement. Quant à M Trudeau : Les québécois ont plus que déchanté….

      « 5. Le Ceta a déjà permis des mesures contraires à l’urgence climatique

      « Fin septembre 2014, la Commission européenne et le Canada ont annoncé avoir finalisé les négociations du Ceta. Quelques jours plus tard, l’Union européenne renonçait à restreindre l’importation du pétrole issu des sables bitumineux. Pour obtenir ce résultat, Stephen Harper, l’ancien Premier ministre canadien, allié aux multinationales du pétrole, a multiplié les pressions diplomatiques aupreÌ€s des responsables politiques européens pour que la directive européenne sur la qualité des carburants ne discrimine pas négativement le pétrole canadien. Il a gagné : mis au même niveau que le pétrole conventionnel, le pétrole issu des sables bitumineux d’Alberta peut être importé sans qu’il ne lui soit attribué un niveau d’émissions de GES supérieur aux pétroles conventionnels, alors que c’est le cas dans la réalité. Dès lors qu’il s’agit de libéraliser le commerce et l’investissement, les exigences climatiques sont reléguées au second plan. Aucune restriction à l’importation de pétrole issu des sables bitumineux, le plus sale des pétroles à l’échelle internationale, ne sera dès lors rendu possible en raison du Ceta. Le pouvoir discrétionnaire de régulation en matière climatique est donc bien mis à mal par le Ceta, supprimant des leviers d’action essentiels pour des gouvernements désireux d’agir de façon à respecter les engagements pris lors de la COP21.  »
      https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes/blog/130516/accord-ue-
      canada-le-ceta-nie-limperatif-climatique-et-laccord-de-paris

      « La croissance de ce type d’exploitation »

      « La croissance prévue de la production du pétrole synthétique albertain menace aussi les engagements internationaux du Canada. En ratifiant le Protocole de Kyoto, le Canada s’est engagé à réduire, d’ici 2012, ses émissions de GES de 6 % par rapport à l’année de référence (1990). Au lieu de la diminution des GES, une augmentation de 145 mégatonnes des émissions de GES sera observée, dont le quart proviendrait de l’exploitation des sables bitumineux. En 2002, ses émissions étaient supérieures de 24 % à l’année de référence. Le lundi 12 décembre 2011, le Canada est devenu le premier État à décider de se retirer du protocole de Kyoto. »

      « En mars 2009, le National Geographic contient un reportage de 24 pages qui dénonce la pollution liée à l’exploitation des sables bitumineux en Alberta. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sable_bitumineux

      « Une frange de la population canadienne commence à se méfier de ce Premier ministre aux beaux discours mais aux actions contradictoires. Justin Trudeau a, certes, des arguments à faire valoir (lire ci-contre), mais certaines de ses annonces sont restées à l’état de promesses. Ou ont été carrément bafouées. Près d’un an après les déclarations acclamées de Trudeau lors de la COP 21, à Paris, les environnementalistes sont les premiers à déchanter. «Le Canada est un cancre, tranche Carole Dupuis, coordinatrice du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec. Trudeau tient un double discours en encourageant, d’un côté, le transport du pétrole de sables bitumineux, le plus sale au monde, et du gaz de schiste pour l’exportation, et de l’autre, en promettant de protéger l’environnement.» Dès que l’occasion se présente, le chef du gouvernement répète qu’«il faut amener l’énergie sur les marchés.» Comprendre : construire les infrastructures, pipelines et ports gaziers pour favoriser l’exportation des matières premières dont les sols canadiens regorgent. »
      http://www.liberation.fr/planete/2016/10/18/et-des-promesses-en-l-air_1522783

    2. Vigneron : soyez enfin moderne et de votre temps ! Osez un peu !
      On a besoin de 5 espèces animales (+ ou – ,). On les met dans des usines et pour le reste on les extermine pour gagner du temps : on va quand même pas attendre 40 ans encore pour se débarrasser de ces vermines (serpents ou moineaux, ou autres).
      Autre proposition : goudronner toutes nos plages. Enfin quoi, c’est chiant ce sable sur les serviettes !

      1. Calme toi Seignan, je regrette juste de voir Jorion répéter ce matin les mêmes âneries que Bachelot sur RMC cette après-midi.
        Bachelot est peut-être excusable, si elle ne vérifie pas les sources et se contente de répéter en confiance ce que dit Jorion, qui lui a eu accès à la source et a subi et/ou nous fait subir sa lecture biaisée et outrageusement fausse de l’article de Garric et du rapport WWF.

        La gravité des menaces auxquelles sont exposées les populations dépend de la résilience de l’espèce considérée, de sa localisation et de la nature des menaces pesant sur elles. Plus précisément, sur le tiers environ des populations de l’IPV (3 776) pour lesquelles les menaces sont connues, plus de la moitié (1 981) perdent aujourd’hui du terrain. La menace la plus fréquemment subie par les populations en déclin est la perte et la dégradation de leur habitat.

      2. Mon étude-baromètre personnelle n’a pas besoin du WWF pour mesurer les dégâts . En essayant de gommer toute nostalgie attachée à la « jeunesse » , que ce soit « en ville » , ou dans tous les sites où j’ai pu traîner mes guêtres il y a encore 35 ans , c’est une boule au ventre que je constate la disparition de petits et moyens compagnons à poil , à plumes ou insectes , de leur couleurs , de leurs chants , de leurs courses , des paysages devenus hideux car vides de sens .

        Depuis 10 ans et la fin qui se précise , je comprends mieux la fin du film « Soleil vert » .

        Je ne suis pas sur que ceux qui mourront dans 20 ans auront même encore l’idée d’images à se mettre sous les yeux .Mais après tout , ils mourront comme ils auront vécu .

  15. Le calendrier des demandes du Parlement Wallon aux autorités canadiennes et européennes en charge de la négociation, montrent que l’analyse du traité a été prise en amont 2012 puis octobre 2015 par ce parlement et les réponses sont arrivées très en retard ou pas du tout, juillet 2016 puis début octobre 2016.
    La fermeture de Gosselies est actée en septembre 2016.

    1. Ouaip ! On s’en sortira pas sans une révolution mondiale… si on s’en sort.

      (Allô, la NSA ? Oui oui, vous avez bien lu. Et c’était facile sur ce coup-ci : public ! Préparez-vous, ça va chauffer les fesses !)

  16. On notera que le recours à la cour permanente d’arbitrage de La Haye , ne repose lui que sur le volontariat des parties ( mais ses jugements deviennent d’application obligatoire ,une fois la cour saisie. Enfin …presque : je ne croit pas que Poutine verse un jour les 50 milliards dont il a été taxé en 2014 ).

    Tiens , que devient La Haye dans le CETA ?

      1. Tu sais, Juan, que tu as la gâchette (enfin le clic) facile !… Plutôt que de massacrer la langue française ou d’allonger le fil de commentaires avec des corrections orthographiques sorties du contexte, je te souffle à l’oreille une autre solution…

        (Relire avant de cliquer plutôt qu’après. Mais chut, c’est entre nous, hein ! Je compte sur toi !)

      2. Je n’ai pas compris  » sorti du contexte » , mais je promets d’être plus attentif . Signé Lucky Luke ( mais plutôt tremblement essentiel) .

    1. Une Cour d’appel du district de la Hague a gentiment annulé l’arbitrage de la CPA de la Hague en avril dernier…
      Avril dernier ? Ah oui, au même moment les gentils Hollandais faisaient un bras d’honneur référendaire aux méchants Ukrainiens, au nom de l’Europe. Vive la démocratie et la justice indépendante.
      https://www.rechtspraak.nl/Organisatie-en-contact/Organisatie/Rechtbanken/Rechtbank-Den-Haag/Nieuws/Paginas/Arbitration-awards-on-multi-billion-claims-against-Russia-quashed.aspx
      http://www.lemonde.fr/international/article/2016/04/07/le-resultat-du-referendum-aux-pays-bas-nouveau-signe-de-defiance-pour-l-europe_4897522_3210.html

  17. Rapport intéressant , peut mieux faire.
    « Tous les 2 ans, le rapport « Planète vivante » de l’ONG environnementale informe sur la dégradation grandissante des écosystèmes de la Terre. Cette année, une seule bonne nouvelle : l’empreinte écologique des pays riches diminue. »

     » En l’espèce, le WWF ne plaide absolument pas pour que l’Humanité subisse les conditions de vie très précaires des métropoles indiennes, mais bien d’adapter la consommation à la production. Le rapport donne sur cette question une lueur d’espoir. L’empreinte écologique des pays les plus riches a commencé à baisser. «Les efforts de diminution des déchets, de recyclage, d’économies d’énergie, d’utilisation des énergies renouvelables commencent à se percevoir », se félicite Pascal Canfin. On verra donc en 2018, lors du prochain «planète vivante » si ces tendances se confirment. En cela, ce rapport est un vrai outil de mémoire. »
    http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/le-rapport-planete-vivante-du-wwf-inquiet-pour-la-biodiversite_107685

  18. La disparition de la justice arbitrale sui generis est escamotée, comme si tout cela n’était qu’un accès de fièvre sans lendemain… Un ange passe.

    Pipo, la formule envisagée dès avant l’insurrection wallonne pour le tribunal arbitral était sensiblement celle évoquée dans l’article. Le principe du tribunal arbitral neutre est respecté, c’est l’essentiel.
    Sinon c’est kamême formidable que Magnette ne soit pas parvenu à se mettre d’accord sur les points inacceptables pour le Peuple Wallon avec la charmante ministre canadienne après des jours et des jours de négos hypertendus mais que ça passe quasi comme une lettre à la poste belge avec les Flamands et la Commission…

    1. Comme une lettre à la poste avec la commission ? Big portnawak ! Pas vraiment Vigneron; puisque la même commission et le gvt belge savaient déjà depuis UN AN que le parlement wallon ne voulait pas du ceta tel quel….. Tu es d’une incroyable mauvaise foi Vigneron !
      http://www.liberation.fr/planete/2016/05/25/paul-magnette-la-wallonie-est-la-pointe-emergee-de-l-iceberg-ce-rejet-va-s-etendre_1455186

      En outre, les modifications demandées devront être actées pour que l’accord soit ratifié.
      Chapitre 8
      « La déclaration du jour ne modifie pas leur position, dans la mesure où elle précise : « Sauf décision contraire de leurs Parlements respectifs, la Région wallonne, la Communauté française, la Communauté germanophone la Commission communautaire francophone et la Région de Bruxelles-Capitale n’entendent pas ratifier le Ceta sur la base du système de règlement des différends entre investisseurs et parties, prévu au chapitre 8 du Ceta, tel qu’il existe au jour de la signature du Ceta. »

      « Ce paragraphe-clef de la déclaration laisse penser que la Belgique réclame une modification du chapitre 8, consacré à la manière de régler les litiges entre les États et les multinationales. C’est une manière « de trouver un juste milieu, dans la mesure où le Canada et la Commission européenne ne sont pas partants pour rouvrir l’ensemble des négociations », explique Léa Auffret, chargée des questions commerciales au sein du Bureau européen des unions de consommateurs. »
      http://www.la-croix.com/Economie/Monde/Que-contient-laccord-belge-Ceta-2016-10-27-1200799272

      1. Je dois concéder qu’il m’est arrivé assez souvent de prendre un certain plaisir à quitter une salle de cinéma ou de théatre bien avant la fin du spectacle lorsque sa mise en scène ou son scénario m’indisposaient, quelle que fussent la bonne volonté ou le talent des acteurs.

    2. @ Vigneron
      +Avec la pleureuse , ce fut rapidement OK…. chûûûtt…off bien sûr!
      +Pour le reste…poto-poto belgo-belge ….traduction: pour amener Charles le Petit , dit Michel , à admettre en cinq jours qu’il était échec et mat (exit le futur poste de commissaire européen comme pépé) , cinq jours pour que Bart admette qu' »ils »(les extrémistes flamands) avaient eu l’appétit trop grand pendant les longues et interminables années de phases de réforme de l’État en exigeant des wallons(qui freinaient des quatre fers car dépouillement= démantèlement non souhaité par eux de ce même État fédéral) à accepter qu' »ils »(les politiques flamands) dépouillent ce qui restait d’autorité régalienne à l’État fédéral , à savoir la signature de traités de telle sorte…
      Bref admettre qu’ils avaient eux-même placé (par réciprocité) le Parlement de la Région wallonne sur le même pied que l’Allemagne et les 27 autres et ce jusqu’à la fin du processus COMPLET (et unanime!) de ratification ….
      Reste plus qu’à qualifier ce pouvoir inespéré : « de nuisance »?? « de garde-fou »?? Tout dépend de l’état de sensibilisation des « opinions publiques » et de leurs « relais ». Laissez-moi rêver..

  19. Faut qu’il baisse d’un ton le Magnette s’il veut pas rapidement perdre le peu de crédibilité gagnée. Aller prétendre qu’il a tué le TTIP alors que Hollande et Merkel (tout comme Clinton et Trump) ont fini de l’enterrer depuis des semaines c’est de l’hubris wallonne caractérisée.

      1. Pascal Lamy est certainement un super-expert en matière de traités commerciaux , mais sa foi dans les qualités de représentation démocratique forte du parlement européen , me parait bien trop récente et empressée pour être crédible !

  20. Bon, je n’avais pas lu un autre article où Paul Magnette parle effectivement de la mort du TTIP. Cela m’apprendra à ne pas vérifier suffisamment. Merci, donc, d’effacer cette erreur.

  21. Vu par le ministre canadien des affaires étrangères entendu ce matin , il n’y a rien eu de modifié dans l’accord Ceta que l’on s’apprêterait finalement à signer .

    L’européen moyen , simplement informé par ses radios préférées , va avoir du mal à se faire une idée , sauf à confronter lui même la mouture d’il y a un an , avec celle de novembre 2016 et de ses textes contraignants ou pas y associés .S’il y parvient , c’est qu’il est un juriste digne d’être désigné dans le fameux tribunal d’arbitrage .Ça me rappelle un peu la saga du traité de Lisbonne .

     » ces choses là sont rudes . Il faut pour les comprendre ,avoir fait des études … »

    Les siècles et leur légende , sont toujours aussi durs pour les pauvres gens , mais  » il suffit parfois d’être grossier pour n’être pas trompé par un habile homme « .

    Ou alors attendre que François Leclerc et Vigneron soient d’accord sur un communiqué commun .

    1. – François Leclerc : « le CETA ne fera pas jurisprudence dans le sens souhaité . »
      – Jean Luce Morlie : manigances et manipulations .
      – Paul Jorion : les Cétacés oui , le CETA bof !
      – Julien Alexandre : dis moi qui te paie , je te dirai comment tu juges .
      – Juannessy : dis moi au nom de qui tu juges , au bout du bout,( et qui te paie also) dans les cas violents et pas réversibles .
      – Vigneron : Le CETA , rien que le CETA , mais tout le CETA ? Toujours au bar , pas revenu dans la salle de spectacle ?

      1. Affaire réglée. Le spectacle résiduel de la politique belgo-belge, même avec entrée gratuite, très peu pour moi.

      2. Bon , je fais une croix sur le communiqué commun .

        Un instant , j’ai cru que résidu pouvait désigner le reste comptable des résidents .

        Résidez , résidez , il en restera toujours quelque chose !

      3. @ Juan

        Je ne dis pas « manigance et manipulation » mais – effet de structure indépendant de la conscience des acteurs -. Magnette (quelques soient les qualités de l’homme), est un vaccin sociohistoriquement produit par le PS dans le contexte affaires Wallonnes et Carolo. Le PS wallon est de bonne foi !

  22. Sans qu’il y ait a priori un lien avec les réserves wallonnes sur le CETA , on vient d’apprendre de par « proche de la Suisse » , que le principal actionnaire d’AB Inbevest ( Alexandre Van Damme , 3 à 8 milliards de fortune), dont on parlait ici il y a peu , a quitté la Belgique pour un domaine de 21000m2 à Chéserex dans le canton de Vaud . De quoi obtenir un de ces forfaits fiscaux qui permettent de ne pas payer trop d’impôts.

    Mais il est encore petit joueur , à côté de Ingvar Kamprad ( IKEA) qui , lui , a mis ses 41 milliards d’euros à l’abri des tontes trop plébéiennes .

  23. « Une bombe sous le siège », Paul Magnette, indépendamment de sa conscience d’acteur, a parfaitement joué son rôle de vaccine : 24 h de suspense, et « les cliques socialistes» s’en retrouvent régénérées, tandis que le néolibéralisme fait preuve d’une écoute démocratique – amendable. Victoire, quelle occasion réussie, les peuples européens n’exploreront pas, à chaud et dans le détail, pendant des semaines, les intentions cachées de la mécanique néolibérale! Succès total !
    (Le medium est le message)

    1. Cher Jean-Luce, je trouve bien curieux ton commentaire.
      François Leclerc a écrit plusieurs billets parfaitement éclairants à mon avis et le tout dernier : http://www.pauljorion.com/blog/2016/10/29/le-ceta-ne-fera-pas-jurisprudence-dans-le-sens-souhaite-par-francois-leclerc/#more-90201
      Il me semble que justement François nous a donné des clés de compréhension et il dit en conclusion :
      « En y faisant obstacle, l’essentiel a été fait »
      Alors tous les trucs du genre critiques politiciennes ou métaphorique (vaccine) ou autres ne me semblent pas du tout — réflexion faite et grâce encore aux analyses de François — avoir une vraie valeur ajoutée…
      Et justement les peuples européens ont eu sous leurs yeux ce débat d’apparence si abscons sur les tribunaux arbitraux (bien que les Français aient pu déjà avoir une intuition basée sur une affaire en cours…)
      Attention : brillant, trop brillant…

      1. Jacques,

        Avons-nous une estimation du % d’Européens ayant enfin compris l’enjeu des tribunaux arbitraux? 10% ? ce n’est pas assez.

        Pourquoi Magnette a-t-il voulu conclure si vite ? Alors, qu’à la condition de cette durée, il y aurait eu un débat mené en profondeur par une majorité de Citoyens.

        Dans les circonstances présentes, le débat n’a même pas été mené en profondeur par l’élite culturelle, puisqu’en ces matières il convient d’abord de construire « ab ovo » une nouvelle architecture du droit de l’économie, et de le transcrire, ensuite, dans une Constitution économique. Si nous en voyons, le début …

        Si le Parlement wallon avait tenu bon, trois à quatre mois, l’ensemble du système médiatique européen aurait été significativement ébranlé; des feux se seraient allumés partout. devant l’embrasement, le journalisme mainstream, pourtant stipendié, n’aurait pu rien cacher, ni noyer, et, nous en serions arrivés au noyau des fondements du droit économique. À défaut de droit auquel soumettre des faits, montrer un peu de repentir peut aider à calmer le besoin de justice. La presse se fait maintenant écho de ce que l’assurance de la Commission en est désormais ébranlée … voilà qui fort heureusement permet de se construire une image qui la rapproche des citoyens sans pour autant la détacher de Goldman Sachs
        §
        François « s’efforce d’être positif », à partir de l’idée qu’il convient d’encourager les forces progressistes en soulignant que leur victoire est parfois possible, même de petit pas en petits pas. À mon avis, sur ce dossier, il s’illusionne. Ici, c’est un Parti Socialiste, parfaitement intégré au néolibéralisme et à la machinerie du pouvoir, qui pour sa seconde vie, sans avoir conscience de son hypocrisie, construit un simulacre de contre-discours au néolibéralisme. Et cela marche pour tous les socialistes qui craignent que le libéralisme aille trop loin, parce qu’ils savent très bien que, c’est précisément de ce libéralisme qu’il tiennent, de fait, leur position sociale. Selon ma perspective, voilà à quoi, sans le vouloir ainsi, Magnette est utile.

        Appuyé sur l’image de Magnette, le système médiatique a produit, en quelques jours, l’illusion d’un débat en profondeur qui aurait été mené par un PS exemplaire, ce qui « puisque les bons socialistes ont fait le travail » dispense de penser plus loin, pour rejoindre le flux … Nous venons de vivre – un épisode médiatique – pas un changement de paradigme, ni même un grignotement à la marge. La cour de justice professionnelle, qui sera ( à terme) mise en place, appliquera – le droit- mais quel droit : celui qui est écrit dans le traité ! En plus, ce traité semble applicable dès avant sa ratification par les parlement nationaux … il n’y a donc, pas de machine arrière sur ce qui sera engagé.
        Rendez-vous dans dix ans …

      2. @J.Seignan&JL.Morie
        Deux indices contradictoires , pour vous départager :
        1. A ce jour , l’émission « Cdans l’air » (FR5) n’a consacré aucun (ZÉRO!) contenu au CETA. (Signe pour moi que le système HisMasterVoice avait les jetons)
        2. Par contre , la radio de grande écoute EuropeI s’ « exprime » par la voix du grand , que dis-je , de l’immense JP.ELKABACH…(!)
        http://www.europe1.fr/emissions/l-interview-politique/opposition-de-la-wallonie-au-ceta-paul-magnette-repond-aux-questions-de-jean-pierre-elkabbach-2884982
        Interview menée de manière étonnante quand on connait les « talents » de JP. E.
        Peut-être que le sommet de la pyramide se lézarde?

      3. Moi j’ai très bien compris l’enjeu des tribunaux arbitraux et je me réjouis qu’une compagnie suédoise comme Wattenfall (à capitaux 100% publics mais idem si 100% privés) puisse se permettre, grâce au World Bank’s International Centre for Settlement of Investment Disputes dans le cadre du traité de la charte énergétique européenne, de chatouiller quelque peu le jeu politique antinuke et la désastreuse quoique germano-consensuelle Energiewende de Miss Merkel and co…
        http://news.vattenfall.com/en/article/why-vattenfall-taking-germany-court-ICSID
        http://livestream.com/ICSID/events/6515750/videos/140124180
        http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/une-allemagne-sans-charbon-en-2040-c-est-mal-parti-pour-l-instant-605933.html

      4. @Vigneron :

        Côté français , je signale le  » décret n°2016-1442 de ce 27 octobre 2016 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie , pris en application de la loi de transition énergétique pour la croissance verte . »

        On y parle , très intelligemment , des objectifs assez détaillés pour l’évolution et + ou en – des toutes les sources d’énergie .

        Mais , prudemment , pas du nucléaire , dont je ne me souviens plus si Timiota nous avait fait part de ses idées aussi circonstanciées que son dernier billet .

        Lequel dernier billet m’a un peu semé , car en dépit de ce que je peux savoir des quarks , des leptons et des particules d’interaction ( parmi lesquelles je n’ai repéré que les gravitons et les « gluons » pour « coller » un peu tout ça ! ), les nano et les péta m’ont condamné à une très mauvaise contrepèterie italo-argotique : In petto , je préfère une nana .

        Mais peut être qu’avec une visite aux AD , PS , LEP , LHC à mon CERN voisin , j’arriverai à concilier les nano , les peta , les petto et les nanas .

      5. Tiens quelle est la cour qui va juger du contentieux entre Airbus et la Pologne ?

        Y’aura plainte d’Airbus en Pologne et à Bruxelles auprès de la Commission.

  24. Jean-Luce,
    merci pour cette réponse détaillée qui, je pense, permet de montrer assez clairement les points de vue divergents exprimés dans cette discussion.
    Trivialement c’est le syndrome de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide…
    Tu dis que François « s’illusionne » mais toi-même d’où sors tu des chiffres comme « 10% ? ce n’est pas assez. » ? Tu mets un ? mais malgré tout on subodore que ces 10 % sont ton estimation…
    Ce n’est pas la mienne : je crois au contraire que ça a eu un certain impact, supérieur à ces 10 %… Oh bien sûr dans le flot des infos, vite étouffées… mais ce genre de dévoilements cumulés me paraissent faire avancer la compréhension des « gens ».
    Un « changement de paradigme » : tu y vas fort ! Ce n’est pas un simple événement de ce type qui peut le provoquer et, quant à lutter pendant 3 ou 4 mois, là, c’est une illusion sur les rapports de force actuels.
    Paul Jorion vient d’écrire (appel du mois) que :
    « les citoyens ordinaires prennent de moins en moins les vessies pour des lanternes, et [certains] politiques se réveillent, qui mettent un frein à l’érosion des prérogatives de l’État en matière économique et sociale et renvoient aux oubliettes les tribunaux arbitraux où des hommes et des femmes d’affaires auraient jugé [impartialement sans aucun doute] des conflits entre États et transnationales ».
    Renvoyer aux oubliettes ! Si Paul a raison (et selon moi, il a très souvent raison 😉 ), c’est loin d’être anecdotique. Oui, on verra dans dix ans… ou avant…

    1. Si Paul a raison (et selon moi, il a très souvent raison ), c’est loin d’être anecdotique.

      Est-ce loin d’être anecdotique ou bien est-ce avoir raison que de parvenir à se convaincre (et tenter d’en persuader autrui) que la moitié des espèces de vertébrés ont disparu depuis 40 ans en lisant de travers un article mainstream ?

      1. Quatre colonnes à la une, Le Monde aujourd’hui :

        Le discrédit de François Hollande sème la panique dans son camp

        Déesse Édulcore doit être aux chrysanthèmes…

        1. Déesse Édulcore ne peut pas être à la foire [au four] et au moulin ! Tant mieux qu’il y ait des ratés dans les oeuvres d’Anastasie ! Mais, vous avez vu ceci :

          Lieu ? « Le Monde ». Date ? 15 octobre 2016. Sujet ? Retour de Confucius. Titre ? « Un grand bond en arrière » (en lettres gigantesques). Il s’agit, sous la plume de François Bougon, d’évoquer la remise au goût du jour de la doctrine confucéenne par le PCC, c’est-à-dire davantage du « réchauffé » qu’un scoop. L’article est correct et se présente en bonne dissertation équilibrée, appuyée par deux ou trois citations de sinologues qui n’ont rien de bouleversant, bref une copie comme on les a aimées en France quand on y pratiquait encore « les humanités ». Mais le Diable guette et on sait bien qu’il est dans les détails. Il y a au journal « Le Monde » une équipe de coiffeurs et de modistes dont le job est de coiffer les articles de titres et de leur confectionner des « chapeaux », c’est sur leur ouvrage que nous allons ici nous attarder un peu. Occupons-nous d’abord du titre général barrant toute la page, en énorme » Un grand bond en arrière ». Il s’agit bien sûr d’un jeu de mots de connivence avec l’intelligentsia qui captera le clin d’œil, mais le lecteur plus négligent n’en retiendra en passant que l’idée diffuse d’une Chine qui freine, voire recule et même régresse. Décortiquons maintenant le « chapeau » que voici : « En mal de légitimité, Xi Jinping, le président de la République Populaire, puise allégrement dans la philosophie du vieux maître, subitement réhabilitée pour promouvoir l’ « harmonie sociale« . Le « en mal de légitimité » vient d’où ? Etayé par quoi ? Il semblerait au contraire que, sans peut-être faire l’unanimité, « Xi dada » (Oncle Xi), comme l’appellent affectueusement les Chinois, jouit pour le moment d’une popularité qu’envieraient bien des chefs d’état sous nos propres cieux. Rien dans l’article ne corrobore l’idée d’un déficit de légitimité des dirigeants, l’éventuel déficit pointé étant de l’ordre de la morale mise à mal dans la société par le consumérisme et le poids de l’argent. « Puise allégrement » : bigre, en voilà un qui ne se gêne pas ! L’expression ne laisserait-elle pas entendre sur le mode subliminal qu’il est homme habitué à « puiser allégrement« … points de suspension. On se demande bien aussi en quoi le recours, même un peu trop « allègre » à un corpus philosophique authentiquement chinois aurait un caractère d’excessive prédation de la part d’un Chinois. « Subitement réhabilitée » est une semi-contre vérité dans la mesure où cela évoque un revirement brutal talonné par l’urgence, qui a sans doute sa source dans la première phrase (la plus contestable) de l’article « Il s’agit d’un hold-up idéologique magistral ». Certes le PCC réaffirme son ancrage dans une tradition intellectuelle et morale du patrimoine chinois, un temps délaissée et fortement critiquée, c’est vrai, mais déjà si bien réinstallée que l’« harmonie sociale » fut le principal mot-clef du prédécesseur de Xi Jinping, Hu Jintao (secrétaire du PCC de 2002 à 2012). « Hold-up » écrit F. Bougon à la première ligne de son papier, l’image est piquante, nos « modistes » la reprennent : cet homme qui « puise allégrement » et qui fait un « hold-up« , ça devient la Bande à Bonnot à lui tout seul ! Les fabricants de « chapeaux » et d’accroches en tout genre ont besoin d’effets-coups de poing. Racolage et désinformation sont les deux mamelles de leur turbin. Dans un article lisse et atone comme celui-là, il leur faut dénicher quelques phrases un peu saillantes pour en faire leur miel, en voici une qui a dû les faire saliver : « Pourquoi ce tour de force, cet alliage qui défie la logique ?« . Quel « tour de force » quand il s’agit de proposer à des gens un terreau dans lequel ils poussent génération après génération depuis deux millénaires ? Et si notre « logique » peut à la rigueur être « défiée » par l’alliage socialisme de marché-confucianisme, il en va évidemment tout autrement de la « logique » chinoise !

      2. Oh que oui que je l’ai lue la prose des désormais légendaires DD & DH. Pour sûr, à ce rythme de clins d’œil appuyés au pouvoir chinois c’est Xi Dada lui-même qui va s’occuper de la promotion de l’œuvre jorionienne dans tous les recoins de l’empire du Milieu.

        1. Et puisque le marxisme-léninisme est toujours à l’honneur en Chine, et donc l’accent mis sur les pouvoirs de la contradiction, les oeuvres de vigneron seront elles aussi étudiées par tous les lettrés avec tout le respect qu’elles méritent.

    2. Nul ne peut prévoir si de petits accrocs ,même pervertis ,peuvent devenir de grands ébranlements, mais sur l’analyse par le haut ,Jean Luce Morlie a raison : ce traité écrit de la même main et la règle à appliquer , et la justice pour le rendre ,sans modifier la « constitution économique » au pouvoir .
      C’est d’ailleurs aussi ce que je voulais dire en demandant , plus haut dans la file , pourquoi l’Europe ( et qui , en Europe et au Canada) éprouvait la nécessité de contracter un accord bilatéral  » alors qu’elle n’en avait pas la force ( dont celle de tordre partiellement le bras au capitalisme fou ) , ni la stature institutionnelle ( problème de la gouvernance démocratique) ».

      Mais le challenge à relever par les seuls wallons , c’est peut être un peu trop lâchement les charger de mission . Si l’on est positif , on espérera que le débat médiatique , qui avance toujours un peu masqué , s’emparera au moins de la gouvernance démocratique si pas ( encore ? ) de la constitution économique .

    3. J’ai utilisé l’image quantitative « des 10% » comme métaphore pour une description qualitative de l’affaiblissement du niveau de conscience analytique possible des peuples.

      Dans cette perspective je partage le sentiment exprimé par Véronica Tiller :
       »
      … Et je tremble lorsque j’entends nos chefs tribaux assimiler la souveraineté tribale au droit de monter une entreprise de jeux.
      22A mes yeux, l’Amérique a encore beaucoup à offrir si elle ne perd pas de vue les principes fondamentaux qui définissaient la place des tribus dans le système fédéral, et à condition que nos chefs tribaux ne soient pas victimes du syndrome américain qui consiste à confondre souveraineté et dollars.
      23De cela, nous pourrions peut-être déduire que la souveraineté ne réside pas dans l’existence de conseils tribaux ou de ministères fédéraux. Pour ma part, je considère que la souveraineté tribale réside dans la détermination des Indiens, hommes et femmes, transmise de génération en génération, à garder notre identité de peuples séparés, avec nos langues, nos cultures, nos religions et nos traditions. Aussi longtemps qu’elles dureront, notre souveraineté durera. »

      Veronica Tiller, « La souveraineté tribale des Indiens des Etats-Unis et le système fédéral américain », Nuevo Mundo Mundos Nuevos [En ligne], Colloques, mis en ligne le 15 décembre 2008, consulté le 29 octobre 2016. URL : http://nuevomundo.revues.org/46193 ; DOI : 10.4000/nuevomundo.46193, via Vigneron.

  25. Désolé de venir placer ce commentaire ici, mais « l’article » de Vincent Rey comparant la légitime résistance des Indiens d’Amérique avec l’économie parallèle de délinquants criminels est très border line. Pourquoi ne pas comparer aussi la situation avec la Solution Finale pendant qu’on y est ?

    1. Effectivement, difficile de trouver plus antithétique de la situation historique et juridique des habitants des banlieues françaises que celle de la souveraineté tribale des Indiens des Etats-Unis…

      1. Cela dit on pourrait envisager une zone franche exclusive pour le commerce légal de cannabis dans les quartiers où le deal fait bosser du monde comme les tribus indiennes US ont pu légalement ouvrir des casinos sur leur territoire et casser le monopole des jeux d’argent détenu par la maffia de Vegas…
        https://nuevomundo.revues.org/46193

      2. « comme les tribus indiennes US ont pu légalement ouvrir des casinos sur leur territoire et casser le monopole des jeux d’argent détenu par la maffia de Vegas… »

        Merci Vigneron, c’est exactement cela..Entre autres.
        Et aussi racheter leurs terres et construire des infrastructures tels que des écoles, des hôpitaux et aussi des programmes sociaux de lutte contre l’alcoolisme ravageur et dévastateur au sein de ces tribus….
        Cette comparaison absurde souligne l’ignorance et l’anthopocentrisme évidents de l’auteur pour les populations amérindiennes, leur histoire et leur mentalité. Ni plus, ni moins.

        « Quand, en mai 1992, les Yavapaï de la réserve de Fort McDowell ont manifesté contre la saisie pour illégalité du matériel électronique de leur casino, une enquête a révélé qu’ils étaient soutenus par 60% des électeurs d’Arizona.
        Les exemples abondent de réalisations qui ont pu voir le jour grâce aux revenus d’un casino tribal.
        Des maisons de retraite, des cliniques sont construites, des routes réparées, des systèmes d’égout installés, des ambulances et des voitures de pompiers achetées, des commerces ouverts sur les réserves. Les dettes de la tribu sont remboursées, des programmes contre l’alcool et la drogue sont créés, des refuges ouverts pour les enfants victimes de violence ou d’abandon. A l’automne 1996, le casino de la réserve de Standing Rock, Dakota du Sud, a fait don de 81 000 dollars à Lake Oahe Home for Children qui accueille des enfants maltraités retirés à leur famille. »
        http://amerique-indienne.blogspot.fr/2008/11/casinos.html

        « Une loi fédérale de 1988 donnant le droit aux réserves indiennes d’ouvrir des casinos a révolutionné la vie des Indiens. L’objectif était de dynamiser l’économie des réserves indiennes, souvent situées dans des endroits reculés, vivant encore d’une économie traditionnelle à base de pêche et d’exploitation forestière, et affectées d’une paupérisation ininterrompue depuis la conquête par l’homme blanc (accentuée par les ravages de l’alcool).  »
        http://indianapolis.canalblog.com/archives/2006/07/10/2260101.html

    2. La remarque est juste , même si ça n’était pas bien sur le fond de la démonstration tentée , car toutes les violences ne se « valent » pas .

      J’aurais personnellement plutôt exprimé comment la situation faite aux forces de l’ordre , est en fait la suite d’une dégradation grave des attitudes vis à vis de toutes les administrations depuis au moins 25 ans ( personnel soignant et médecins ,agents municipaux de toutes fonctions , cantonniers , postiers , sapeurs pompiers , enseignants …). Et cette violence est le fait commun , « normal » , de presque toutes les couches sociales , délinquantes ou pas . Elle est la trace de comportements de malades , sui generis , et/ou par résultat d’une organisation sociale malade .

      J’en en tête , le souvenir d’une altercation entre un cinquantenaire grisonnant , bien sur lui et 4×4 coréen , qui s’est rué sur un cantonnier d’une équipe en train d’intervenir en urgence pour couper la nationale en train de glisser dans le lac d’Annecy ( en 1997), trouvant insupportable qu’on le dévie . Il était mal tombé car il s’est retrouvé allongé vite fait sur son capot , mais je me demande s’il serait encore entier , si je ne m’étais pas trouvé d’arriver sur les lieux à cet instant . Comme ces attitudes étaient de plus en plus fréquentes , il a fallu qu’on définisse des règles de conduite pour gérer autant que possible ces situations , mais je comprends que la légitime défense soit devenue un sujet d’actualité . Débat à conduire par des gens sensés , et à élargir aux solutions qui peuvent permettre d’éviter de fabriquer des fous , pour ceux qui ne le sont pas déjà , de naissance ou d’alliance .

      La trique ET le changement .

  26. Brexit : en écho à la vidéo de M Jorion de ce jour, effectivement, Tony Blair suggère un rétropédalage référendaire… face à l’intransigeance de l’UE. Est-ce vraiment possible ? Je ne sais pas si les traités ont prévu la danse de Saint-Guy au programme ou un tango endiablé, mais why not ? Les britanniques ont de l’humour, la commission de l’UE n’a pas tout a fait le même, et pourtant…..
    Ambiance.

    Brexit : Tony Blair défend un second référendum

    ‘L’ex-Premier ministre britannique a jugé que le divorce avec l’Union européenne serait « très, très dur » face à l’intransigeance européenne’
    http://www.lesechos.fr/monde/europe/0211442491322-brexit-tony-blair-defend-un-second-referendum-2038796.php

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