La militarisation des entreprises

Ouvert aux commentaires.

Mathilde Ramadier

P.S. : L’un d’entre vous m’écrit :

Pas que les start-up bien sûr, bonne modif de titre ! 😃
Le flicage généralisé, informatisé ou pas, le culte bidon de la ‘satisfaction client’, du résultat chiffré et ‘dans les cases’ sans parler des évaluations ou des slogans ‘corporate values’ à la noix genre « enjoyment, sustainability, openness »… Ben voyons… 😛

Je lui réponds :

J’avais torpillé les « réunions de motivation » à Wells Fargo à San Francisco en soulignant : « Nous recevons des messages contradictoires : « Tout pour le client ! » et « Tout pour l’actionnaire ! », pouvons-nous faire remonter à la direction une question que nous nous posons : « Tout pour qui ? ».

La réponse a été celle que j’espérais : les « réunions de motivation » ont été immédiatement supprimées.

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34 réflexions sur « La militarisation des entreprises »

  1. Tiens donc!
    Elle n’avais pas compris que l’essence du fonctionnement même d’une entreprise est despotique.
    Et que la seule chose qui protège le « citoyen/sujet/employé » de la tyrannie c’est la loi, tiens..? Le Code du Travail..?
    Ha ha ha ha ….

  2. Parler de secte , qui est par définition ( » la fin justifie les moyens « ) totalitaire , me semble plus juste que de parler de totalitarisme militaire .

    Lesquels militaires me sont plus sympathiques que pas mal de Start up .

    On a ici une version occidentalo-libéralo-numérique de « stupeur et tremblement ».

    Dans ma vie , j’ai préféré , comme Subotaî le rappelle , faire confiance au code du travail et aux syndicats ( je paie toujours ma cotisation ) . Il semblerait que l’on juge plus efficace aujourd’hui d’écrire et de communiquer .

    Si le droit le cède au media , un autre réel totalitarisme pointe son nez .

    1. Ce qu’elle ne dit pas c’est que 90% des startups échouent, i.e craquent le pognon des investisseurs et ciao.
      Le pari des investisseurs est de profiter des 10% qui réussissent, ou, plus précisément, qui survivent et s’avèrent vendables. Idem pour les employés qui misent sur la « réussite » du bin’s pour se faire un petit magot sur leurs parts dans la boîte.
      En attendant c’est plus à un statut de pseudo entrepreneur, vivant comme ci comme ça sur les fonds avancés par les financeurs, business-angel guru à la Fabrice Grinda ou fonds de venture-capital, auxquel ils ont droit, corvéables à merci et avec le sourire svp, qu’à un statut de véritable employé au sens où on l’entend ailleurs.
      Quand t’en as fait dix et que t’as pas trouvé le magot, ça doit énerver, sûr.

      1. Mais du Uber avec une carotte en plus du bâton.
        Le diplôme ou le talent ou le réseau te donne le droit de voir la carotte, éventuellement de la croquer.
        Mais en attendant, comme les chauffeurs Uber, c’est les investisseurs qui raquent tous les mois. Ça se paye ce genre de gâteries.

  3. Il y a assez longtemps est passé sur Arte, un documentaire, peut-être celui qui parlait de la souffrance au travail, où on voyait, le sujet n’était pas les start-up, le mot étant venu plus tard en France, des gens enfermés dans une tour de la Défense à Paris, le temps d’un week-end sacrifier corps et âmes à la « culture d’entreprise ».
    Ils étaient dingos et trouvaient ça très fun.

    De fait, le bellâtre interviewant la dame, est tellement nul que j’ai du couper la vidéo à quatre minutes.

    Ceci dit, si le on parle de totalitarisme, a lieu pour le moment le sommet du G 20 à Hamburg ; sur les photos du Monde (en ligne) on y voit la police (20000 policiers ont été engagés) très nombreuse.
    Question à deux balles ; pourquoi ne pas avoir carrément envoyé l’armée?

    Bref! Aujourd’hui j’ai presque terminé le petit bouquin des Pinçon-Charlot / Les prédateurs au pouvoir, et croyez moi ou pas ça ne donne aucune envie de croire encore à une seule baliverne pour ce soir.

    Il y a une chose que je sais, c’est qu’aujourd’hui, tous les trentenaires sont nés et ont été éduqués dans le néolibéralisme et complètement aveugles ils ne peuvent lui être que soumis. C’est effrayant!

    1. C’est ça, pas besoin de robots, ils sont déjà parmi nous ! Ils ont moins de trente ans, des mutants néolibs !
      Aaaaaaarrrrggghhhh….
      Hhhhhh

    2. T’es un dingo Pierre, tu vas te ramasser vigneron sur le coin du pif avec les Pinçon-Charlot dans ton texte… En revanche, il est pas trentenaire mais bien imprégné du néolibéralisme, vu qu’il est le libéral libertaire assumé du blog, il l’enseigne avec acharnement et passion maniant coup de pioche dans ta tronche et blague incompréhensible de diplômé de l’EN !

  4. Je pense que nous sommes déjà pleinement entré dans une sorte de « Manchester-Capitalisme » version moderne, on avance en grands pas forward to the past, retour au 19ième siécle version hightech. Tout se vend, tout s’achète, l’homme n’est qu’un objet d’une totale mercantilisation de la vie, la pression conformiste est grande. L’utilitarisme, même dans les rélations interpersonnelles, triomphe.
    Mais que faire? J’observe que les jeunes nés après 1980, la « génération y », essayent de trouver une autre voie dans ce système dépassé et déshumanisé.

  5. Ce qu’elle décrit avec ses petit papiers qui correspondent aux objectifs atteints c’est la rencontre entre l’informatique et l’humain. La rencontre met en lumière « le point de rencontre » humain-machine jusqu’à se mélanger. Lors de la rencontre les exigences demandées aux humains sont proches de celles demandées aux machines. Les différences qui existent encore entre les deux états sont les prochains (actuels) objectifs de la robotisation et de l’IA. Fort heureusement l’imaginaire restera humain mais aussi l ‘ IA peut elle aussi montrer le Chemin. Aucun ordinateur n’est prévu pour donner des réponses fausses. , seuls les humains en usent à tort sans doute.

  6. @Pierre,
    A contrario de votre dernier paragraphe, le témoignage de cette femme montre que le néolibéralisme une fois vécu en entreprise est tellement traumatisant pour certains (de plus en plus ?) qu’il arrive à effacer les années de propagande antérieure (cf. « on vaut mieux que ça »).

    1. Je sais plus quel économiste français du XIXème disait :
      « Anglais, tous actionnaires
      Allemands, tous factionnaires
      Français, tous fonctionnaires. »

      Lordon est un haut fonctionnaire français mâtiné de petit soldat allemand.
      Confortable guérite pour factionnaire trisocolore quoi.

      1. J’ai retrouvé où je l’avais lu.
        Via du Legendre dans le texte…

        Amusons-nous un peu. Vers la fin du XIXe siècle, une plaisanterie grinçante a circulé ; je l’ai glanée chez des économistes qui comparaient l’esprit public de Nations européennes concurrentes: «les Anglais, tous actionnaires ; les Allemands, tous factionnaires ; les Français, tous fonctionnaires»! Depuis lors, deux guerres mondiales ont bouleversé les données, et l’Allemagne prussienne a disparu. Mais sur l’esprit public d’ici, cette maxime contient un fond inévacuable de vérité….

        Pas inutile de le relire quand il s’agit de management…

        http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/12/31/31001-20151231ARTFIG00177-pierre-legendre-pourquoi-est-il-si-difficile-de-definir-l-etat-en-france.php

        http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/12/31/31001-20151231ARTFIG00181-pierre-legendre-etat-la-desintegration.php

      2. Il faut demander l’auteur à Pierre Legendre qui citait la même poème il y a peu .

        Lequel est peut être bien aussi « girondin » .

      3. Ce qui est sûr c’est qu’il n’a pas plus de tendresse pour le management globalisé à l’américaine que pour le management bureaucratique jacobin à la française…

      4. Un Monsieur ‘anti management’ ne peut pas être totalement mauvais !
        Je découvre, wiki:
        « Aujourd’hui, c’est-à-dire dans ce qu’il nomme les sociétés post-hitlériennes, la techno-science-économie tend à faire concurrence à la construction étatique, si bien que nous assisterions à une reféodalisation planétaire. »
        Là, pour le coup, il pourrait même s’entendre avec F. Lordon… !?

      5. « Ce qui est sûr c’est qu’il n’a pas plus de tendresse pour le management globalisé à l’américaine que pour le management bureaucratique jacobin à la française… »

        Oui et à raison. Le quotidien des individus n’a pas à être accaparé, ni sous la tutelle d’une propagande, infantilisante et sclérosante des manageurs du privé , ni sous celle du public; qui hélas s’en inspire de plus en plus et pas forcément dans ce qu’elle a de plus constructif et d’audacieux ie de responsabilisant (ie les réformes cosmétiques « cache misère »). Mais plutôt, en faisant évoluer les individus voire en les émancipant.

  7. D’un autre coté, je suppose que lorsque l’on écrit un livre, lorsque l’on a un projet, lorsque l’on est acteur lors du tournage d’un film, lorsque l’on réalise une oeuvre à plusieurs, lorsque l’on renverse un régime, je suppose que 100% des neurones sont concentrés sur le sujet. Je suppose que celui qui a une idée, parfois qualifiée de débile par les détracteurs, continue quoi qu’il en soit de tenter de réaliser son rêve. Je crois que si les remarques sont pertinentes dans le chef de celui qui travaille juste pour gagner son pain, ( et il en a le droit le plus stricte) ne s y retrouve pas dans ce type d’entreprise. L’objet social de l’entreprise peut sans doute être une raison de se lancer corps et âme pour que le projet réussisse mais là où le bas blesse c’est au niveau du partage des gains ! Par conséquent ce n’est pas tant la manière qui dérangera mais bien la question du partage.

    1. Non, c’est pas le partage qui est en cause dans le cas de ces emplois en start-up. C’est le management, mais je le crois strictement lié à la nature même des start-ups, qui se résumerait en deux traits : tout ou rien / ultra précaire.

      1. Oui « Ultra précaire  » est l’un des terme a utiliser pour définir une start up. Risqué, sans garantie. C’est de l’emploi a risque. C’est une sorte de bénévolat forcé à la carotte. ça doit sans doute marcher au charisme, ou un truc du genre pour arriver a faire travailler des adeptes sans les payer et au delà des heures. C’est vrai que le partage n’est pas au programme du jour d’une start up qui commence car les investissement ne donneront que très rarement du résultat (cfr vos pourcentages) . Animer ce Blog c’est aussi beaucoup de travail !
        L’état pourrait il jouer un rôle et compléter ce qui manque aux start ups qui disposent de peu moyens pour débuter?
        Permettre à Bill Gates de travailler autre part que dans son garage. Mais quels critères peuvent être utilisés pour savoir si l’investissement en vaut la peine. C’est un gros casse tête.

      2. « L’état pourrait il jouer un rôle et compléter ce qui manque aux start ups qui disposent de peu moyens pour débuter ? »
        Je vois pas l’électeur spontanément disposé à voir l’Etat balancer directement des milliards en salaires de surdiplômés et campagnes com dans 100 start-ups pour en voir 95 péricliter contre 5 à revendre avec plus-value.
        Et je vois pas plus un Grinda se mettre au service de Bercy…

  8. Des drones et des Ias mais pas pour les militaires, mais pour protéger des espèces sauvages menacées, bonne idée.

    Une fondation a équipé des drones d’une intelligence artificielle pour sauver les rhinocéros et les éléphants du Sud de l’Afrique, sous la menace d’une extinction d’ici 10 ans.

    « Instrument mortifère, les drones peuvent également être employés à des fins pacifiques…d’autant plus quand ils sont intelligents. La fondation Lindbergh s’est associée à l’entreprise Neurala, spécialisée dans l’apprentissage profond des machines (le deep learning) en vue d’améliorer son programme « Air Sheperd » destiné à lutter contre le braconnage »
    https://www.wedemain.fr/Quand-l-intelligence-artificielle-s-allie-aux-drones-pour-sauver-les-animaux-du-braconnage_a2738.html

  9. UE, une autre force de frappe, aussi utile et aussi efficace : Me Vestager. Bravo.

    « Google a beau aimer tutoyer les sommets, c’est un record dont il se serait bien passé. Mardi, la Commission européenne lui a infligé une amende de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante dans l’affaire de son comparateur de prix, Google Shopping, qui les oppose depuis sept ans. Jusqu’ici, la plus forte amende infligée par le gendarme européen de la concurrence, à Intel en 2009, était de 1,06 milliard. »

    https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/030412932936-leurope-inflige-a-google-une-amende-record-de-242-milliards-deuros-2098074.php#xtor=EPR-3035-%5Bzap%5D-20170701-%5BProv_%5D-2094490%402

  10. Ben oui Un startup c’est risqué. C’est comme cela maintenant pour lancer une boîte faut tout risquer et tout donner pour souvent pas grand chose et sans parachute. Peut être que c’était comme cela avant aussi. Les 3% d’hyper riches eux ils en jouent, les rachètent les revendent de leur canapé. C’est comme cela maintenant. Bien sur que l’état ne va pas placer l’argent du contribuable là dedans zimaginez le tollé . C’est peut être doublement plus difficile maintenant de monter une start up puis de garder la main si ça marche et encore plus difficile si ça marche d’en faire une entreprise qui maintienne des limites humaines. C’est quoi des limites humaines? Une entreprise est une machine qui a pour but de faire de l’argent et il n’y a en réalité aucun pare feu. Les amazon vont tout bouffer . Un véritable aspirateur a fric. Même la pluie est aspirée !

    1. C’est pas risqué c’est juste condamné à disparaître dans 90 à 95% des cas, après avoir transformé du capital-risque en salaires pour Mme Ramadier et ses semblables – ou en revenu net pour des chauffeurs Uber quand, censément, « ça roule »…

    2. « C’est comme cela maintenant pour lancer une boîte faut tout risquer et tout donner pour souvent pas grand chose et sans parachute. »
      Euh… c’est pas de maintenant ça, c’est de toujours… et plutôt moins maintenant quand c’est du capital-risque qui te finance plutôt que le Crédit Agricole…

      1. Merci Vigneron c’est bien juste. Qu’est ce qu on peut faire alors pour lancer des entreprises ? Mais lorsque les entreprises sont lancées elles sont là pour faire un max de fric, c’est leur modèle. C’est vraiment un nouveau rapport à l’agent ou sa disparition qui ouvrira les nouvelles portes?

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