9 réflexions au sujet de « « Armes autonomes » = robots tueurs »

  1. Merci pour cette video…. Enfin un secteur d’activité en plein boom, dynamique, très créatif et plein d’avenir ! Vive les nouvelles technologies et l’IA, la coolitude de la Silicon Valley, les start-upeurs qui révolutionnent le monde, et tous ces jeunes cerveaux qui nous inventent le monde merveilleux de demain ! Euh… Seulement derrière, il y a les centaines de milliards de dollars de l’industrie militaire, amplifiés par le très keynésien Trump (de quoi inquiété sérieusement le Congrès), mais avec l’aide massif des pétro-dollars saoudiens (« jobs, jobs, jobs ! »), qui s’efforce à ce que le monde (américain first) continue à tourner rond. Pour le marketting, Hollywood s’en chargera et produira les dépliants publicitaires diffusés à travers le monde, en exposant toutes les performances de ces petites merveilles technologiques, leur puissance et pouvoir de destruction, bien enveloppé dans un emballage de bienfaiteur de l’humanité. Et pendant ce temps, les opérateurs bien formés sont concentrés derrière leurs écrans à surveiller leurs cibles, prêts à dégommer à des milliers de kilomètres de distance et par un simple click, les éventuels virus du système…. un cercle parfaitement vertueux !

  2. On les oublie souvent, mais les premières armes autonomes sont les mines, notement antipersonnelle. Largement disséminées, oubliées en fin de conflit, elles continuent à prélever leur tribut de vie, au Cambodge, en Angola, en Afghanistan.

  3. Il y a beaucoup d’exagération sur ce sujet.

    Un drone, qu’il soit aérien, terrestre voire maritime, n’est un robot tueur que s’il est totalement autonome quant à l’acte de faire feu. Il faut qu’AUCUN être humain ne soit requis, même pour une simple « validation finale », avant le tir.

    Aucun drone aujourd’hui existant ne répond à cette définition. Les drones utilisés par exemple par les Etats-Unis pour des frappes et des assassinats ciblés anti-djihadistes par exemple n’ont absolument pas la capacité de décider d’eux-mêmes l’ouverture du feu. Même dotés – on peut le supposer – de pilotes automatiques et de capacités de reconnaissance de formes, ce ne sont que des armes au sens le plus strict du terme, et ils ne peuvent pas davantage tirer tout seuls que ne le peut un pistolet ou une mitraillette. Il ne s’agit en fait que d’avions de combat dont le pilote est tranquillement installé ailleurs hors de danger, rien de plus.

    C’est tout aussi vrai des quelques robots terrestres déjà existants, comme TALON, SWORDS ou MAARS. A noter d’ailleurs que l’Armée américaine déploya trois SWORDS en Irak en 2007 – mais ne prit pas la décision de les employer pour de bon, et d’ailleurs cessa de financer le programme… Il est permis de penser que les drones terrestres ont moins d’intérêt militaire que les drones aériens. Voir https://en.wikipedia.org/wiki/Foster-Miller_TALON

    La possibilité technique de « mettre l’être humain hors de la boucle » existe effectivement. Mais il y a lieu de douter que ce pas soit bientôt franchi, ou d’ailleurs qu’il le soit jamais.

    Avant tout, l’intérêt n’a rien d’évident, pour ne pas dire qu’il est inexistant. Quel serait l’avantage à se priver de l’opérateur du drone, de son intelligence spécifique, de la capacité de l’individu et du groupe dont il fait partie à utiliser d’autres informations et d’autres mises en contexte que celles fournies par les capteurs du robot ? Sans parler de sa capacité à prendre la responsabilité, ne serait-ce que d’un point de vue légal ? Ce qu’on perdrait à se priver de l’opérateur est assez clair. Ce qu’on y gagnerait… l’est beaucoup moins. A vrai dire, je ne vois aucun avantage.

    Il faut aussi noter que les robots tueurs sont DÉJÀ interdits par la « Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel ». En effet, en l’absence d’un opérateur à même de prendre la décision et sa responsabilité, un robot tueur aurait le même statut légal qu’une mine antipersonnel. Une mine est d’ailleurs en fait un robot tueur, le plus stupide qui soit, connaissant une seule règle « Je vois, je tue ! ».

    La Convention a été signée notamment par l’ensemble des pays européens ainsi que par le Japon. Certes, la signature de quelques petits pays assez faibles manque encore – les Etats-Unis, la Chine et la Russie notamment 🙁 Rien n’empêcherait légalement ces pays de rendre leurs drones autonomes. Reste que la tendance est quand même à la limitation du rôle des mines, donc des robots tueurs lesquels ne sont que des « mines intelligentes », des mines appliquant la méthode « Je vois, mais je réfléchis avant de tuer ».

  4. De mémoire, le premier shoot par drone interposé a eu lieu par décision présidentielle (Obama, le prix Nobel de la paix) au Yémen.

    La pratique de l’assassinat par décision présidentiel, sans autre forme de procès, s’est à ce point généralisée depuis que Hollande a pu en ordonner à son tour et même contre des ressortissants de son propre pays puis le révéler à 2 journalistes sans qu’une quelconque réaction du Judiciaire n’ait lieu face à l’Exécutif exécutant.

    Dans ces conditions, je (me) pose la question :
    En quoi un drone qui agirait seul sur décision présidentielle (via une programmation plus ou moins complexe) changerait quelque chose à la triste situation actuelle ? Dis autrement, en quoi le type qui pilote l’engin qui tue ce que le « président » lui désigne est différent d’un robot ?

  5. « Le phénomène des tueurs de masse n’est pas récent – il remonte au moins aux années 1990 –, mais les pays n’y réagissent pas de la même façon. Alors que la tuerie de Las Vegas, après tant d’autres, n’entraîne aucune remise en cause par les dirigeants américains de la libre circulation des armes à feu, l’Australie est l’exemple d’un pays qui a complètement changé sa politique. »
    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20171004.OBS5522/tueries-de-masse-comment-l-australie-a-regle-le-probleme-des-armes-a-feu.html

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