Commentaire à propos des reformes du gouvernement Macron, par UnQuidam

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alerte Emploi ! Extrait du Figaro du 03 septembre 2017, je cite :

En ligne de mire, le coût du travail : « Nous allons y apporter des réponses fortes avec la transformation du CICE et la baisse des cotisations patronales ; le pouvoir d’achat des salariés, avec la baisse des cotisations salariales dès le 1er janvier 2018 et la hausse de la prime d’activité, parce que le travail doit mieux payer et que nous voulons inciter davantage les chômeurs à retrouver un emploi », a précisé le Premier ministre. Des mesures qui permettront, en somme, « de rénover profondément notre modèle social », pense Muriel Pénicaud.

Oui, mais petit rappel :

1. Le travail n’est pas un « coût » mais une ressource.

2. Les cotisations salariales font partie du salaire : baisser les cotisations salariales signifie tout simplement baisser la rémunération globale des salaires (on pourrait d’ailleurs suggérer de supprimer entièrement les cotisations salariales, comme ça, plus de retraite, plus de chômage, plus d’assurance et d’arrêt maladie, etc. – ça ferait en effet drôlement baisser le « coût du travail »).

3. Inciter les chômeurs à trouver un emploi : traduire par baisser les prestations chômage et affaiblir la position des chômeurs pour qu’ils acceptent des emplois à la baisse (car, c’est bien connu, un chômeur ne se donne pas la peine de chercher du travail, c’est pour ça qu’il n’en trouve pas, donc, il faut l’inciter).

4. « Rénover profondément notre modèle social » : avec ce qu’il y a au-dessus, on voit bien la direction (mais bien sûr, il sera remis à « neuf » !) – certaines mauvaises langues diront qu’il s’agit tout simplement de mettre à plat la totalité du modèle social hérité du CNR (en fait, ce sont certaines éminences grises du MEDEF qui le disent depuis longtemps et ne s’en cachent même plus).

5. Notez la carotte du « pouvoir d’achat » : pas sûr qu’après avoir précarisé le travail et globalement fait pression à la baisse sur les salaires, le « pouvoir d’achat » (pour le plus grand nombre) évoluera à la hausse…

(j’espère que vous aurez noté l’ « agilité » à manier la langue de bois, autrement dit, à tromper son monde…). On en est là, et c’est grave…

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68 réflexions sur « Commentaire à propos des reformes du gouvernement Macron, par UnQuidam »

  1. Baisser les cotisations sociales pour fiscaliser la couverture sociale et donc faire cotiser tous les revenus, expliquez moi en quoi c’est une régression sociale ? Que ça dérange les féodalité syndicales, je le conçois, pour le reste c’est quoi l’souci ? Mais l’antifiscalisme du syndicalisme français n’a rien de neuf et n’est pas mort, même la fusion IR/CSG préconisée par Piketty et prévue par Hollande en 2012 y’a que la CFDT qu’en voulait bien. La CSG n’en parlons pas, le PCF avait suivi sa CÉGÉTÉ et voté contre avec la droite…

    1. Ce genre de commentaire me laisse un peu sans voix, tant le contenu feint d’ignorer des réalités historiques pourtant récentes, et fondamentales à tel point qu’elles ont façonné nos mondes du travail au sortir de la seconde guerre mondiale, et fondent le fonctionnement de nombre d’institutions essentielles de nos sociétés, tant belges que françaises.

      Puisqu’il faut faire semblant de croire à l’ignorance de l’auteur (et des élites médiatiques, sans compter celle des guignols de LREM), rappelons donc :

      1 – Que sont les cotisations sociales ?

      Les cotisations sociales – part travailleur et part patronale (*) – sont une partie du SALAIRE de chacune et chacun. Il s’agit de ce que l’on appelle le SALAIRE DIFFÉRÉ ou SALAIRE SOCIALISÉ.
      Différé car on n’en bénéficie pas immédiatement, mais lorsqu’on en aura besoin en cas de maladie (ou de l’heureux événement que constitue la venue d’un enfant, par la couverture du suivi de la grossesse et des frais liés à l’accouchement + soins supplémentaires éventuels en cas de soucis), lorsqu’on sera pensionné, lorsqu’on perd son emploi comme revenu de remplacement, etc.
      Socialisé car il est collecté et géré pour l’ensemble de la « communauté d’individus » en tentant de les mettre autant que possible sur un pied d’égalité par rapport aux risques inhérents à la vie, sur le point de vue santé, professionnel, etc.

      (*) Normalement il n’aurait dû y avoir qu’un seul type de cotisation sociale – la part travailleur – mais un compromis dut être trouvé avec les patrons au sortir de la seconde guerre mondiale, afin de pouvoir fonder le système, et ce compromis consistait à donner au patronat une part de la gestion de la sécu, part justifiée par le fait qu’on laisserait aux employeurs le soin de verser une partie des cotisations sociales directement, même si cela faisait partie intégrante du salaire.
      Rappelons, tant qu’à faire, que le terme « travailleur » recouvre non seulement les personnes qui ont un emploi, mais aussi les personnes qui souhaiteraient en avoir un et n’en ont pas (on parle alors aussi de « travailleur sans emploi ») – les indépendants et autres freelance ayant décidé qu’ils seraient mieux servis et plus riches s’ils ne rentraient pas dans ce système collectif, préférant soit gérer ces aspects tous seuls, ou via des corporatismes fermés.

      Diminuer les cotisations sociales – et en particulier que l’on qualifie d’une manière sciemment erronée de « charges sociales » à savoir la cotisation part patronale – équivaut donc à BAISSER de force le salaire de tous les travailleurs – le tout sans qu’ils s’en rendent compte et – comble – en leur prétendant que cela leur fait « gagner plus », bien entendu.

      2) Mais pourquoi diantre cela serait-il dérangeant si l’on compense en taxant d’autres revenus ?

      Passons sur le fait que JAMAIS on ne compensera le manque de financement lié à la baisse des cotisations sociales, et qu’il s’agit d’un mensonge plus gros que les rodomontades débiles de Donald Trump.

      Les cotisations sociales financent la sécurité sociale. Cette sécurité sociale est gérée conjointement par les représentants du patronat et ceux des travailleurs. Elle n’est pas gérée par le gouvernement et c’est VOULU. Pourquoi ? Parce que cela permet d’assurer que, quel que soit le(s) parti(s) politique(s) au pouvoir, l’intérêt des travailleurs soit défendu par ses représentants.

      Cet état de fait est, depuis toujours, considéré par un obstacle pour toute une série d’idéologues, en particulier les tenants des doctrines libérales et ultra-libérales.

      Cette gestion conjointe découle et dépend du fait que ce sont bien les travailleurs qui financent la sécurité sociale via leurs cotisations. Si l’on introduit de plus en plus de financement « autre », petit à petit on arrivera à délégitimer la gestion de la sécurité sociale par et pour les travailleurs. Et on arrivera ainsi à renverser ce principe de gestion conjointe indépendante du pouvoir politique, pour le remettre dans les mains d’un gouvernement, qui aura les coudées franches pour ensuite désosser à loisir la sécurité sociale.

      3 – Conclusion

      Que les français n’aient pas confiance en leurs organisations syndicales est une chose – et je leur donnerais raison pour la plupart de leurs syndicats, d’ailleurs.

      Cependant, cela ne change rien au fait que les manœuvres du type « baissons les cotisations sociales » ont deux objectifs :
      – baisser le salaire des gens, car ces cotisations en font partie intégrante
      – démanteler le système de gestion conjointe de la sécurité sociale pour l’assujettir au politique et pouvoir procéder à son démantèlement
      , voulu à toute force par les idéologues néo-libéraux, et pas dans l’intérêt général de la population.

      Le système de gestion conjointe permet de préserver les intérêts du plus grand nombre. Si les travailleurs ont un problème avec ceux chargés de les représenter – les organisations syndicales – ce n’est pas en geignant ou en crachant dessus que ça va s’arranger tout seul. Il faut et suffit que lesdits travailleurs s’affilient, participent aux réunions, et remplacent les incapables/corrompus/mauvais/ce qu’on voudra à la tête de ces organisations. On a les politiques qu’on mérite. On a aussi les syndicats qu’on mérite.

      1. C’est ça c’est ça mon gars, alors fais toi plaisir, prends les choses en main, rends le pouvoir aux représentants sociaux, supprime les taxes et la CSG qui financent près de la moitié des emplois de la Sécu et double le montant des cotisations sociales – pour rien de mieux en terme de protection, juste pareil. Montre nous comme c’est bel et bon, et juste et équitable.

      2. Merci de ce petit exposé, qui semble manquer (malheureusement) à la culture historique et à la compréhension d’un très grand nombre…(cela sera-t-il entendu ?)

      3. Ah ouais ? La culture historique ? Tu veux dire la momification du discours j’imagine ? Ou la psalmodie d’évangiles mal digérées ? Au point de graisser sa grasse inculture sous forme de déni de réalité sublunaire par invocation supralunaire ?
        « Cette gestion conjointe découle et dépend du fait que ce sont bien les travailleurs qui financent la sécurité sociale via leurs cotisations. »

    2. Tssss, passer par l’impôt c’est valider le mode de production actuel basé sur le capitalisme libéral. Ben justement t’as pas encore compris que beaucoup ici souhaitent s’en affranchir, du capitalisme libéral ? Donc, c’est pas en augmentant la CSG ie la fiscalité et en baissant les cotisations sociales qu’on va y arriver c’est certain ! Non mais parfois je me demande si t’as conscience où tu traînes tes guêtres vigneron…

      1. Je rajoute pour les mous du bulbes qu’une fois la baisse des cotisations enclenchés, maquillé par le tour de passe fiscaliste, c’est tout le paquet Etat Providence qui va être détricoté. Prochaine étape, déjà bien en avant, montée en puissance du privé, fourguer des assurances privés, de l’école privée, de la santé privée, de la retraite privée au plus grand plaisir des détenteurs de capitaux. Faut savoir que ça marche ce système, mais c’est pas le choix des gars venant ici.

  2. Mouais …
    Il a été tout de même élu. Dans des circonstances particulières certes mais élu largement.
    Nous pouvons compter sur la mobilisation des abstentionnistes, de la France Soumise, … le 12 Septembre.
    Allez, je lance les paris …
    100000 personnes maxi à manifester dans le pays.
    Oui Monsieur UnQuidam, on en est là, et c’est grave…

  3. 1) Le coût du travail n’est pas du PM mais du Figaro.
    2) Voir au-dessus…
    3) Ben il s’agit pas de sabrer les allocs dans ce que je lis mais d’augmenter la prime d’activité.
    4) Sans objet
    5) Sans objet.

    0/20

  4. Il ne « trompe pas son monde », tout cela était annoncé pendant la campagne électorale, y compris le passage par ordonnances. Il faut suivre !

    1. « Il ne « trompe pas son monde », tout cela était annoncé pendant la campagne électorale, y compris le passage par ordonnances. Il faut suivre ! »

      pour vous c’est une raison suffisante et non nécessaire pour être d’accord sur ces lois ?

      En effet il ne trompe personne, on pourrait le dire au passé : Une majorité des électeurs n’étaient déjà pas trompé par sa campagne c’est pourquoi ils n’en voulaient pas. (dont moi qui me suis même abstenu au 2d tour, j’ai pris ce risque en toute lucidité)

      Vous faites fi de comment et par qui il a été élu : par une minorité d’électeurs ! et qui a voté pour lui ? les grandes villes principalement (Paris et région parisienne ouest en tête) qui abritent les plus favorisés.

      les défavorisés (qui ne sont pas une minorité, et qui vont finir dans peu par être la majorité) se sont partagés en divers autres candidats de l’extrême droite à l’extrême gauche.

      conclusion : peu d’électeurs voulaient ces lois.

      1. @AnnieS (5/9 à 15h45) écrit :
        … » les défavorisés (qui ne sont pas une minorité, et qui vont finir dans peu par être la majorité)  » …
        Je crains que vous ne vous trompiez , hélas.. le pari qui me semble actuellement fait par la task-force macronienne est de remettre en marche l’ « emploi à la tâche » un volant de 20 à 30% de la population active , ce qui a l’air , à nouveau triple hélas , de laisser indifférents la plupart des autres segments qui s’efforcent de regarder fixement le contenu de leur assiette , persuadés , bien à tort à court terme , de ne pas être concernés , ou si peu…
        La technique bien connue du « salami » en quelque sorte.

  5. Les gardiens du Temple veillent …
    1) @vigneron : votre question est tout à fait réversible : expliquez nous pourquoi c’est un progrès social ? Quant au syndicat, à suivre votre pensée, la solution serait sans doute de les supprimer (au passage, merci, car votre objection apporte en partie la réponse : une manière en effet de contourner le syndicalisme… pour le coup d’après, ça sera encore plus simple). Enfin, vous ne répondez pas au fait qu’effectivement les cotisations sociales font partie du salaire (c.à d. un « actif » du salarié, si vous préférez).
    2) Coût du travail : c’est vrai, ça n’a pas été dit par le PM, mais c’est passé (malheureusement) dans le langage courant.
    3) Vous avez bien lu, le détail du menu est à venir…
    4) et 5) Sans objet, est-ce à dire sans avis ?

    Quant aux commentaires du genre, ça avait été annoncé, argument servi et resservi (on se souvient au passage du référendum de 2005, une vrai réussite de Sarkozy à l’époque, et l’argument était le même….), pour dire : « restez dormir tranquille chez vous, bonnes gens, maintenant tout va bien et on s’occupe de tout »… et rendez-vous dans 5 ans (catastrophes garanties).

    1. @Emmanuel
      L’argument a servi 500 fois, et alors ? En quoi cela lui enlève-t-il sa valeur ?
      Vous mêlez Sarkozy au sujet, cela en dit long. Je parie que vous aviez voté Hollande, l’ennemi juré de la Finance et dont le quinquennat débouche directement sur l’élection d’un ex-banquier. Pour les leçons, il faudra repasser.

  6. Pourquoi un progrès social ? Parce que tous les revenus cotisent pour la protection/redistribution sociale via la fiscalisation, quand chacun sait que, d’une part, nombre de cotisations Sécu sur salaires sont plafonnées, donc dégressives, et que d’autre part la fiscalisation via CSG ou autre permet une réelle progressivité. En outre rien de nouveau là-dedans, juste rappeler que s’il fallait que les cotisations sur salaires constituent l’unique ressource de la Sécu c’est de 80% qu’il faudrait les augmenter puisqu’elles n’en représentent que 56% aujourd’hui.
    En terme d’incitation, revaloriser l’activité par hausse de la prime d’activité est juste l’action inverse de la baisse des allocations chômage. Les procès d’intention ne m’intéressent pas.
    Bref, les trois premiers points de ce billet se limitant à :
    1) Mettre dans la bouche d’un PM le mot d’un journaliste.
    2) Falsifier et/ou masquer les termes du débat de la fiscalisation de la protection sociale.
    3) Transformer une annonce de revalorisation de l’emploi en diminution à venir des allocations chômage.
    4)/5) Prendre pour finir les passages obligés par les cases rhétoriques de l’agitation fétichiste des « Jours Heureux du CNR en danger » et du cauchemar annoncé de l’anéantissement des merveilleux statut, pouvoir d’achat et pouvoirs tout court du salarié tricolore.

    1. Conclusion : les mauvais tracts de pré-manif ne font pas un billet potable, pas plus
      un bad thread de tweets en 5 « points » sur 10 lignes d’interview détournées.

  7. Votre argument est donc que cette mesure de fiscalisation de la protection sociale sur les revenus viserait à une redistribution plus progressive et plus juste socialement ?
    A propos de votre énonciation des point 1) à 5), ils tombent précisément dans la belle rhétorique caricaturale… que vous semblez dénoncer vous-même …(!)

    1. « 1) Mettre dans la bouche d’un PM le mot d’un journaliste.
      2) Falsifier et/ou masquer les termes du débat de la fiscalisation de la protection sociale.
      3) Transformer une annonce de revalorisation de l’emploi en diminution à venir des allocations chômage. »
      T’en vois beaucoup d’la rhétorique là ? T’en veux d’la rhétorique 100% pur porc ?

      1. Mettons plutôt dans la bouche d’un Premier ministre les mots d’un Premier ministre, Michel Rocard, vénéré créateur de la CSG.

        D’abord ses étincelantes larmes de crocodile au chevet de ces grands corps malades que seraient les État-nations :
        « L’anémie profonde de nos économies (…) Elle est le fruit d’une pression massive et générale dans le monde entier, du monde actionnarial pour exécuter plus de rentabilité du capital, plus de rémunération du capital. Tout se passe au fond comme si les classes moyennes supérieures des pays développés étaient en train de renoncer d’arriver à l’aisance par leur travail pour espérer arriver à l’aisance par l’augmentation du capital massif et soudain. Et ce que nous vivons, c’est la vengeance de l’actionnaire. Tant qu’il était isolé, il ne pouvait rien. C’est dans les années 80-90 que les actionnaires s’organisent : fonds de pension, énormes, multimilliardaires partout ; fonds d’investissement, plus petits mais plus voraces ; et fonds d’arbitrage, hedge funds comme on dit. Les trois représentent les fonds d’actionnaires proprement dits qui ont pris pied dans la totalité des multinationales. (…) C’est eux qui ont orchestré la pression pour moins payer la main-d’oeuvre et qui ont poussé au travail précaire, etc. » interview de Michel Rocard, 2009 ( https://www.youtube.com/watch?v=eH2SslawtRA , 2 min 40 sec.)

        Ensuite sa crapuleuse prise de parti pour les chevaliers de ce même grand corps, cette fois dépassé :
        « (…) il faut que les opinions publiques… notamment, le seul milieu humain qui connaisse quelque chose au monde extérieur, ce n’est pas (…) c’est vous les patrons ! (…) Faites pression, il est grand temps. Mais ne laissez pas passer. » Michel Rocard, 2 septembre 2010, MEDEF. ( https://www.youtube.com/watch?v=6QajbsSGwbk , 50 sec.)

        En v’là de la rhétorique !

      2. Tss tu me déçois et c’est toi qui tente de détourner la rhétorique d’autrui ; tu sais mieux que moi que les
        « entrepreneurs/PDG/dirigeants» ne sont pas nécessairement assimilables aux fonds actionnaires myopes, communs, souverains, de pension ou d’arbitrage et aux centaines de millions de têtes de pipes qui se cachent derrière derrière eux.
        C’est aussi ça que leur disait Rocard.

    2. @Emmanuel (4/9 à 13h13)
      Vigneron écrit :  » Baisser les cotisations sociales pour fiscaliser la couverture sociale et donc faire cotiser tous les revenus « …

      Soit donc (pour l’Etat) , un « tiens » remplacé par deux « tu l’auras »..
      Un « tiens » , prélèvement anticipatif , clair , simple , peu sujet à manipulation(s) , géré de manière impartiale comptablement par les acteurs économiques impliqués et bien définis..
      (Contre..)Deux « tu l’auras » , impliquant (re)définitions et (re)construction d’un cadastre des « revenus » et « fortunes » de toutes les catégories de la population (dans l’enthousiasme que l’on devine) mais aussi à la merci des diverses techniques crypto-comptables officinales réservées à « certains »… Gestion politique budgétaire annuelle des catégories et des taux.. tout un programme..!
      Un réel bouleversement de la notion de solidarité..
      Mais au fond , pourquoi pas?? à condition de prendre le temps(long) d’en discuter à visage découvert avec les interlocuteurs ad-hoc..

      1. La fiscalisation de la protection sociale c’est la position de Piketty, mine de rien, c’est aussi ce à quoi correspond la taxation des robots de Jorion.

  8. Plus fondamental: 1) Qu’est-ce que le salaire ? 2) Qui le paie ?
    A) Nous sommes (et personne ne s’en plaint réellement) dans une société de consommation.
    A1) Les salaires sont donc une partie des prix. A2) Ce sont donc les consommateurs qui paient.
    B) Nous sommes aussi dans une société dont plus ou moins la moitié de l’activité économique passe par l’état.
    B1) Les salaires sont donc à +-50% de l’impôt. B2) Ce sont donc les contribuables qui paient.

    Ce sont donc les consommateurs et les contribuables qui « possèdent » la sécu, pas les patrons, ni (surtout, vu leur faible représentativité), les syndicats.
    Problème: qui représente les contribuables et les consommateurs ?

  9. Si je peux me permettre : perso, je considère qu’un compte à rebours planétaire est enclenché. C’est mon TINA à moi. C’est, ce sera le paradis ou rien. La DDHC avait un bel esprit mais n’a pas réussi à prendre corps. Elle a bien gagné quelques membres mais elle est restée sans corps. L’enfer pour beaucoup étant déjà pavé de quelques unes de ses bonnes intentions, il s’agit donc de lui donner un corps, fissa, ou ….

    En France nous avons marqué un essai en luttant vaille que vaille pour essayer de maintenir une protection sociale individuelle face aux dérèglementations internationales et inéluctables parce que planétaires. Mai voilà l’essai n’est plus-pas transformable en but. La cage s’efface, disparaît : partout, le travail-emploi salarié est en cours de raréfaction (y compris les boulots à la con), de disparition.
    En conséquence, faute de but, faute d’assiettes de cotisations ou taxes ou prélèvements, le droits naissant du travail-emploi salarié disparaît et disparaitra mort-né.
    La grande transition est sans doute celle amorcée par Emmanuel Macron de la protection sociale et individuelle (quand il y en a une si on évite de se gargariser de mots et de maux locaux) liée à l’entreprise mutant vers la protection universelle et personnelle, liée à notre simple humanité. En image ?
    Des chantiers :
    Bascule du droit du travail en droit universel et personnel
    Bascule du droit de la formation en droit universel et personnel
    Bascule du droit du logement en droit universel et personnel
    Bascule du droit de la santé en droit universel et personnel

    Droit universel et personnel financé par l’impôt.
    Impôt universel, donc dé-complexifiable, potentiellement planétaire, inconditionnel.
    Et oui au passage une possible taxe sur les robots finançant le droit universel, inviolable.
    Et oui au passage une possible mise en œuvre de la deuxième économie de la gratuité.
    4 indispensables
    -l’horizon dégagé par les mots, en disant, clairement : le grand qui s’adresse à la foule concernée
    -la confiance : le vrai qui saisit la personne
    -Le consentement à l’impôt : la fusion réaliste du grand et du vrai
    -Une administration fiscale à la hauteur de la mutation
    Que ça et en même temps que ça. En France nous avons encore, enfouis certes, mais nous avons les 4.

    Et personne, absolument personne n’a une tête d’expérimentation de laboratoire fiscal et surtout pas les plus démunis et fragiles : le Droit universel et personnel, inconditionnel, comme ultime tentative, induit un droit à l’erreur reconnue inévitable, admise, donc déclarée officielle et réparable : toutes conneries in-vrai-semblables genre baisse des APL et suppression des emplois aidés dans les écoles (aussi injustes qu’anachroniques contradictoires et stupides), qui dé-légitimisent l’impôt, émiettent la confiance et offre l’horizon aux œuvres du désenchantement individuel forcé, doivent être réparées. En présentant les excuses que toutes erreurs réclament.

    Pour ce qui me concerne, Emmanuel Macron a débroussaillé l’horizon, marqué un essai incontestable, brillant à l’échelle de la planète, répondant à un espoir confus, une attente. Universelle ? Instinctivement, intuitivement, il semble bien que oui. Il est apparu non pas comme un sauveur français mais comme un possible impensé parfois comme un soulagement inespéré venu de la France de la DDHC. Dans ses rêveries solitaires avait-il anticipé un tel engouement, une telle charge ? Hum hum. Du lourd, du très très lourd.

    Mais il n’a toujours pas « deissiné » le but. Sans cet horizon clairement annoncé et fermement destiné, pas de confiance inébranlable, pas de foi éclairée par la raison commune nous permettant en France de renoncer au Droit survivant pour accepter et promouvoir le Droit naissant. Sans mots qui disent, sans clarification, la défiance et la méfiance, les deux mamelles nourrissant l’esprit boursouflé d’une DDHC sans corps, menacent de devenir l’apanage d’un Emmanuel Macron en passe de se transformer en un des derniers grands usurpateurs libérant les nationalismes acharnés qui permettront à la lumière de s’éteindre, comme Barack Obama a libéré les siens et prêté vie à Trump.

      1. « …Emmanuel Macron en passe de se transformer en un des derniers grands usurpateurs libérant les nationalismes acharnés qui permettront à la lumière de s’éteindre, comme Barack Obama a libéré les siens et prêté vie à Trump. »

        Donc voter Macron c’était voter Le Pen en quelque sorte ? Effectivement joli, je suis bien d’accord. Quand je pense qu’on m’a bassiné avec l’inverse.

    1. Baleine est rare mais précieuse .

      On va surveiller l’agenda du président de la République ( je crois qu’il est bientôt aux States ) , mais le premier rendez vous significatif à ne pas manquer est proche : Europe nouvelle ou pas .

      S’il est manqué le pire adviendra .

  10. Ce jour 2 infos

    Agnès Verdier-Molinié sur F-Cul : « bonnes réformes qui vont dans le bons sens mais pas assez loin ». (celle-là quand je l’entends ou la vois apparaitre j’ai mal au ventre d’avance).

    CFDT Laurent Berger : « Cette réforme est une occasion manquée qui ne fait pas assez confiance au dialogue social » (Europe 1 – 1/09, mais rendu public partout ce jour) faudrait savoir Monsieur Berger – durant les négociations vous applaudissiez et là je ne sais plus, quel est votre parti pris ? le dernier en date ? Cependant vous réaffirmez « qu’il ne faut pas manifester le 12 sept » donc vous êtes pour la loi !

  11. Cette rhétorique sur les cotisations sociales éléments du salaire, etc., existe depuis des années (des dizaines d’années, peut-être) et reste sans aucun effet. Ne serait-il pas temps de se demander pourquoi ça n’intéresse personne, pourquoi personne n’y croit ?

    Et ne serait-il pas temps de changer non seulement de discours, mais d’analyse, pour comprendre et combattre le processus en cours ? Plutôt que de reprendre ces vielles antiennes ?

    Quant à la défense du programme du CNR, je suis consterné, et ceci depuis longtemps : comment a-t-on pu tomber dans ce gouffre stupide ? Plus de détails si quelqu’un le demande, mais le programme du CNR n’est vraiment pas quelque chose à défendre, mais à combattre (si tant est qu’on doive com-battre ce vieux cadavre).

    Bref, je me demande ce que ce billet fait là — sauf à servir aux provocations infantiles de Vigneron, évidemment.

    1. à Armand,5-9-2017,18h46
      Le Conseil National de la Résistance,réuni la première fois
      clandestinement le 27 mai 1943,sous la présidence de Jean Moulin,a défini un « programme » le 15 mars 1944.On peut
      en connaître assez bien le contenu sur la Toile bien sûr.
      Son importance s’est révélée essentielle pour ce qu’il est
      convenu d’appeler la reconstruction de la France,à la fois pillée et dévastée.Pourquoi cet acharnement,Armand,à ce que vous qualifiez de « vieux
      cadavre »,ou encore de « gouffre stupide »?Vous en dîtes
      trop ou pas assez.Une chose est sûre,parmi d’autres:
      un dénommé Denis Kessler,tout proche des milieux patronaux,et versé dans les Assurances…s’en prend au
      contenu du CNR (en dépit de son « atténuation » lors du
      souffle libéral des années 1980,même en France) à
      l’occasion d’une attaque en règle dans la presse je crois
      le 4 octobre 2007,peu donc après l’arrivée de Nicolas
      Sarkozy à la présidence.L’histoire ne dit pas si ce Monsieur aurait agi de même au cas où le candidat de son coeur ne l’avait pas emporté aux élections présidentielles.

      1. Eh bien, ce programme de compromis de classes, tissés entre les deux complices qu’étaient à l’époque les communistes et les gaullistes, avait pour ambition affichée d’empêcher une explosion sociale à la Libération. Ça a été de justesse (les grèves insurrectionnelles de 1947…) mais ça a finalement fonctionné. Par la suite, ce programme a servi de soubassement à la politique sociale des Trente Glorieuses, dont nous payons lourdement le prix aujourd’hui : le fordisme, le taylorisme bien sûr, l’hyper-consommation, la destruction de la nature (et j’en passe).

        Il est donc très chouette, le programme du CNR , et que M. Kessler se soit amusé à lancer des petites piques à son encontre pour amuser son auditoire et indigner la vieille gauche ne m’impressionne pas du tout. De toute façon tout le monde l’avait oublié depuis 1947 et la montée des antagonismes entre les blocs et c’est le PC qui l’a sorti de la naphtaline en 1993, je vous suggère de consulter la notice de Wikipedia à son sujet, qui l’explique fort bien.

        Mais il y a bien pire, et je vous invite en effet à le lire, ce programme. Et notamment son article prévoyant avec un parfait cynisme « une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales. » On en a très vite vu les effets, à Setif en 1945, à Antananarivo deux ans plus tard, en Indochine et ailleurs. Voilà la vérité ultime du programme du CNR : promettre, dans une minuscule phrase, aux opprimés parmi les opprimés, aux peuples colonisés de l’Empire français, d’étendre leurs droits certes (il fallait qu’ils continuent à accepter de mourir pour défendre leurs maîtres !), mais sous les bombes et la torture s’ils osaient ensuite se révolter et réclamer leur dû.

        En sorte que ce vieux programme productiviste, consumériste, contre-révolutionnaire et colonialiste, je vous le laisse bien volontiers : il n’a jamais été, et ne sera jamais, celui de l’émancipation.

        Et pour le reste, je maintiens ce que j’ai dit plus haut : continuer à se faire plaisir en rabâchant une argumentation qui ne prend pas, qui ne marche pas, à laquelle personne ne croit, c’est décider par avance qu’on va perdre.

      2. J’ajoute (pardonnez-moi mon esprit de l’escalier) que même si on trouve le programme du CNR très admirable, il n’est tout de même que l’esprit et le reflet de son temps. Et les temps ont incroyablement changé, on est de nos jours plus éloignés du monde de 1968 qu’on l’était en 1968 de celui de 1871… Alors 1944, vous imaginez !

        Voir une actualité, je ne dis pas de principes (j’ai déjà exprimé tout le mal que j’en pense) mais simplement *heuristique* dans ce manifeste des temps anciens, c’est tout simplement oublier de regarder autour de nous. C’est travestir un fétiche en outil programmatique : n’avons-nous pas mieux à faire ?

      3. Ok Armand, en précisant néanmoins que le processus aboutissant à la plate-forme politique du programme du CNR est d’abord pour moi le chef-d’œuvre politique d’un homme, qui a su l’imposer et au mouvements résistants divisés, et aux partis, et aux syndicats, et à un chef tutélaire qui rechignait sévère. Celui-là était le rad-soc Jean Moulin, celui-ci le gaullien de Gaulle.
        Sur le fond on a tendance à n’évoquer (n’exhumer ?) sempiternellement que la création de la Sécu (suivant à la fois le régime bismarckien et la tendance Beveridge prédominante à l’époque en GB ou aux US et Canada via l’OIT) en oubliant les trois autres piliers du plan, désormais forts proches de l’obsolescence :
        – nationalisations
        – plan de production centralisé
        – accès des travailleurs à la direction des entreprises.

  12. Génial, une « réforme » à laquelle nous n’avions pas pensé.
    La sollicitation à caractère mendicitaire : nous baissons les APL de 5€, merci donc mesdames et messieurs les propriétaires de baisser vos loyers de 5€ !
    Probablement que nous assisterons à une nouvelle demande du style : mesdames et messieurs les plus riches, nous baissons votre imposition, veillez donc à faire ruisseler un peu de votre accroissement de richesses vers les classes les plus défavorisées….
    Pourquoi pas également demander aux boulangers de faire un effort sur le prix de vente des croissants qui vient d’augmenter en prévision de la possible pénurie de beurre.
    Pourquoi pas demander aux bouchers de baisser le prix de la viande, aux maraîchers de baisser le prix des légumes, etc..
    Concernant les prélèvements supplémentaires de CSG, que devront acquitter les retraités, c’est la méthode de la culpabilisation : ‘la plupart des retraités sont mieux lotis que beaucoup de jeunes aujourd’hui’, donc, ne vous plaignez pas, il s’agit d’une application de la solidarité intergénérationnelle !

      1. @juannessy
        Question intéressante, mais il faut être conscient que tout ce qui pourrait être fait n’aura jamais un effet immédiat :
        – l’encadrement des loyers dans les zones tendues est toujours, bien sûr à appliquer mais a montré ses limites.
        – comme toujours en matière de prix, c’est la concurrence qui joue, donc, j’aurais tendance à accorder à l’État un rôle plus direct dans les zones tendues, en prenant en main la construction directe de logements qui seront loués à un prix tenant compte des coûts de construction, le cas échéant, le coût du foncier s’il ne s’agit pas d’un foncier appartenant déjà à l’État.
        Parallèlement à cette action, il conviendrait de supprimer toute nouvelle aide au privé sous forme de défiscalisations (style loi Pinel etc..)
        Cela aura pour effet de concurrencer l’ensemble des loyers de la zone immédiate et pour que cela soit efficace, il conviendrait également que l’État se porte acquéreur des ‘dents creuses’, immeubles de faible hauteur, de construction ancienne, etc.. ; en bref, procéder comme le font les promoteurs immobiliers en s’emparant des immeubles d’une rue entière pratiquement (exemple de la rue de Patay Paris 13e où les loyers ont flambés à la suite de l’action des promoteurs!)
        Il faut pour que cela soit efficace, ne plus permettre la participation des promoteurs immobiliers dans les projets de constructions sur des emprises de l’État, contrairement à la politique poursuivie par la Mairie de Paris ces derniers temps.
        La spéculation attire la spéculation, c’est le cas pour Paris qui a des niveaux de loyers démentiels et donc, attire des investisseurs addictes au retour rapide sur investissements.
        Procédant de la manière exposée, l’État, garant du droit au logement pour chacun, jouera un rôle de contre-réaction négative, stabilisante pour ce domaine du logement (similitude avec la contre-réaction utilisée par les électroniciens dans l’utilisation des ampli opérationnels)
        Il existe sans doute d’autres possibilités et vous en savez probablement plus que moi en ce domaine…. ?

      2. Bonsoir Juan,

        Désolé si j’ai été un peu véhément l’autre jour mais causer turbin ça m’colle des vapeurs des fois. Depuis, je lis Marshall Rosenberg 😉 !

        Mais au passage avant de baisser les loyers : séquestre de toutes les rentes indûment perçues tant que les locations sont pas aux normes A+ en matière d’isolation (à concurrence du montant des travaux, pourquoi pas engagés par l’Etat, et hop un paquet d’emplois en plus…)

        V’là qui d’vrait faire grave du bien aux locataires (rien que d’le savoir, et d’une) et compenser largement la baisse des allocs (et de deux) !

      3. @Tout me hérisse :

        Il y a effectivement des choses que je connais , et c’est ce qui m’a fait écrire que ,dans la batterie des domaines « gratuité » envisagée par Paul Jorion , le « logement » était certainement le plus ardu et complexe à mettre en musique , même et surtout avec les plus belles âmes animées des meilleures intentions .

        Pour avoir une idée pas trop conne des difficultés et points critiques , sinon critiquables , de la politique du logement , il peut être de bonne lecture ( avec un peu de courage ) de commencer par le rapport de la cour des comptes de juin 2017 .

      4. @2casa :

        Là où je suis , je redoute plus la grippe que les sarcasmes ou la véhémence !

        Cordialement , Juannessy .

      5. Je tape dedans,
        Paul Jorion préconise la gratuité!
        Mais bon Dieu, comment mettre en route la gratuité si nous devons payer des intérêts?
        Ne vaudrait-il pas mieux mettre en route un autre type d’économie qui remplacerait l’intérêt financier par autre chose, ne serait-ce que le faire mieux avec moins?
        Autrement dit la sobriété.
        Cette économie se propageant en peau de léopard.

    1. Eh mon gars, j’sais pas si tu réalises mais c’est les bailleurs qui vont toucher 5 roros de moins vu qu’c’est eux qui touchent les allocs directement de plus en plus souvent. Et donc c’est bien sur le reste à payer qu’ils auront à demander les 5 roros manquants, et donc demander quoi ? L’équivalent d’une augmentation de loyer en sus de l’augmentation réglementaire prévue dans le bail (sur un reste à payer de 250€ les 5€ correspondent de fait à une augmentation de 2% du loyer effectivement déboursé par le locataire/allocataire). Et c’est là que tout se passe et que la parole de l’Élysée peut compter. D’autant que je vois mal les agences et bailleurs envoyer du papier timbré pour récupérer les 5 roros que le locataire-allocataire aura omis de payer…
      Ce que je vois venir si ça bouge pas côté bailleurs, hormis une mesure arbitraire de rétorsion par décret type « année blanche/indexation IRL », c’est une nouvelle cause dans les baux de location précisant les conditions d’application des baisses d’allocations logement sur le reste à payer quand versement direct au bailleur de celles-ci.

      1. Ce qui serait « rigolo » , quand on note que presque toutes les agences affichent en offre le prix du loyer mensuel « après APL  »
        ( en tout petit ) , c’est qu’elles soient juridiquement astreintes à accepter et conserver ce prix là avec une APL ramenée à zéro !

        Car effectivement , c’est le bailleur qui perçoit directement l’APL .

      2. Mais , devant un juge , un bail sera toujours préféré à un panneau d’affichage mêm « quasi » mensonger .

        Ceci dit , et en oubliant les dégâts immédiats humains provoqués , on peut se dire qu’une suppression brutale et totale de l’APL , en tarissant la demande pour cause d’insolvabilité , pourrait entraîner une baise du loyer réel !

        Je suis sur qu’il y a un fou à Bercy pour le croire , en continuant à croire à la loi de l’offre et la demande .

      3. 5 roros… La quantité on s’en bat (puisque un billet gris-vert, ni plus ni moins), un ou deux ballons, deux demis, un demi paquet de clopes, deux grattages au PMU, mais le rapport étatique… Y a ceux auxquels ça s’impose, et y a ceux auxquels ça demande (« S’il vous plaît ! ») de déduire. Il a le sens du symbolique, l’héritier à Rocard, via l’ange Attali. Concret le gars, joli son potlatch.
        Tiens, j’en parlerai à mon ethnologue qui n’est pas un cheval.
        On compte ou on voit ?

      4. Pour moi, cette histoire de 5 €, c’est une façon très « politicienne » et tactique de Macron de répondre à la polémique de la baisse des 5 € des APL. Une tempête dans un verre d’eau…

  13. à Armand,6-9-2017,17h40
    Au moment où il est question,est-il dit,de « rénover profondément notre modèle social »,toute réflexion peut
    être mise à profit.Mais jeter l’opprobre sur les orientations
    du CNR,concernant la SECURITE SOCIALE ne me semble pas être une bonne idée.S’inspirer de manière aveugle
    de l' »exemple » allemand (voir sur ce point la dernière livraison du Monde Diplomatique),pas trop non plus.
    Souligner l’aspect (sic) « compromis de classe » et « colonialiste » de l’inspiration gaulliste n’est pas non plus
    très approprié.Si l’on se limite à l’aspect « colonialiste » du
    « gaullisme »,on sera bien inspiré de se souvenir tout de
    même du vaste mouvement de « décolonisation » réalisé
    à la fin des années cinquante et début des années 60.
    Bref,je pense que raconter que les idées du CNR auraient été « oubliées depuis 1947 » ne me semble pas justifié.Aller jusqu’à imputer au CNR(en dépit donc de l’oubli que l’on en a…) les dérives d’un Taylorisme et d’un Fordisme débridés,et d’une croissance destructrice de la planète,c’est un peu,Armand,de l’acharnement
    en vue de tuer un patient déjà mort depuis 1947 avez-
    vous écrit….Merci d’être plus cohérent.
    Ce serait plus intéressant de savoir ce que vous préconisez afin d’éviter ce que vous redoutez.(cf.votre
    « on va perdre » de la fin de votre commentaire,si l’on
    « rabâche » comme vous prétendez que cela se fait)
    La question essentielle est celle du chômage.Et des difficultés des conditions d’existence qui en résultent.
    Revoir les travaux du CNR et par exemple le « rapport
    Beveridge » ne saurait nuire.Mais il y a plus.Pour être
    court je dirais:d’une part le problème environnemental,
    et d’autre part la question de la « disparition progressive » des emplois du fait de la multiplication des
    robots(logiciels compris bien entendu).Paul Jorion a tout
    à fait raison d’y insister.Et si vous appelez cela du rabâchage,je pense que c’est là une remarque assez
    médiocre.
    J’ai le sentiment que les « remèdes » à l' »allemande » dont on s’inspire disons « à droite » sont profondément
    insuffisantes.Quant aux systèmes dits de « bonus-malus »
    en cas de licenciement et embauche,ils ne sont pas du tout à la hauteur du problème(et le fait qu’ils soient proposés par Jean Tirole-qui emprunte cela aux USA-
    n’y change rien).Une observation concernant la situation que vivent actuellement les « jeunes »(entre
    autres) qui ont un emploi:le fait qu’on les fait travailler
    au-delà du raisonnable(horaires excessifs,pression,voire
    chantage,statut précaire du type prolongation de la période d' »essai »….etc).On en arrive au développement
    des « burn-out »,conjugué avec l’extension de la « réserve
    du prolétariat » au sens Marxien actualisé.Le « pouvoir de marché »(rapport de force)a de ce fait encore plus largement basculé en faveur assurément du
    côté employeur.Or on croit comprendre que les futures
    ordonnances s’apprêtent à « rassurer » les employeurs.
    On parie ainsi sur une reprise de l’emploi.On verra si,
    dans les circonstances actuelles précisément ce pari a
    quelque consistance….

    1. Cher Guy, je ne parle pas de l’aspect, mais des fondamentaux du programme du CNR, et je n’évoque pas seulement les gaullistes mais aussi le parti stalinien que vous oubliez soigneusement. Pour le reste, je ne crois pas me souvenir que le système d’assurances sociales soit spécifique à la France ni issu de la Résistance, j’ai même la certitude que c’est Bismark qui l’a inventé (un grand progressiste, pour sûr !) et les mouvements mutualistes de l’Europe entière qui l’ont amélioré, bien avant la seconde guerre mondiale.

      Pour le reste, je ne vois absolument pas le rapport entre tout ce que vous expliquez et le programme du CNR, croyez bien que j’en suis désolé.

      Mais un détail : vous avez dû faire une fausse lecture. Je ne nomme pas du « rabâchage » ce que vous nommez « le problème environnemental » et qui est en fait la disparition programmée et volontaire de la nature, je dis que c’est un fondamental qui nous menace tous, et qui est inscrit comme objectif (en creux certes, et certes ils n’en avaient pas conscience) dans ce programme de 1944 que vous fétichisez. Ce qui est du rabâchage selon moi, ce sont les palinodies sur les cotisations sociales qui sont une fraction réelle du salaire réellement versé, ce à quoi plus personne ne fait attention tellement c’est rabâché sans avoir aucun effet (et le coût du travail qui n’est pas une charge mais une richesse, et toutes ces sortes de choses) : on se fait plaisir à bon compte.

      Et sinon, personnellement je ne crois pas que le colonialisme soit un accident de l’histoire, ni que le mouvement de décolonisation doive quelque chose à la bienveillance du colonisateur comme vous semblez l’affirmezr, mais tout à la lutte acharnée des colonisés, dont aucun à ce que je sache ne s’est jamais réclamé du programme du CNR (ils ont plutôt combattu, les armes à la main, les thuriféraires du dit-programme !).

      PS. Une fois n’est pas coutume, bravo à Vigneron d’avoir soulevé ce lièvre : la baisse de 5 $ des APL concerne plutôt les bailleurs, à qui les APL sont très souvent directement versés. L’effet sur le pouvoir d’achat de la plupart des d’allocataires sera presque nul. C’est intéressant de constater que personne ne s’en soit rendu compte, mais je gage que peu de journalistes et très peu d’intervenants sur ce blog touchent les APL. (Les miennes sont versés à la société d’HML qui me loge : et les vôtres ?)

      Mais contrairement à lui, je pense que le manque à gagner (considérable si on pense aux nombres de loyers encaissés par les sociétés d’HLM) ne sera pas rattrapéssur les futurs loyers, mais sur l’entretien des bâtiments, la mise aux normes, l’isolation, etc. et peut-être sur la construction : on verra bien.

      1. Considérable , n’exagérons rien , mais le calcul est vite fait .

        Pour un organisme d’OPHLM départemental que j’ai bien connu , en charge de 10 000 logements dont 45 % en APL , ça fait :
        5 x 12 x 10000 x0,45 = 270 000 euros , qu’il faudra bien trouver quelques part si on augmente pas le loyer .

      2. Juan, les frais de gestion des OPHLM (hors frais de maîtrise d’ouvrage immobilier) représentent 22% des loyers, soit plus de 4 milliards d’euros et environ 1.000 euros par an et par logement géré.
        C’est vraiment pas possible de les baisser de disons 20% les frais de gestion des 500 (!!!) OPHLM et dégager 800 Ms par an ?

      3. Mais je doute que ça intéresse Macron , et je ne suis plus assez transportable pour lui en toucher un mot demain , où il passe par « chez nous  » à Evian pour causer avec Angela Merkel , sur le chemin du retour de République hellénique.

      4. Sur le sujet , hormis la cour des comptes , les infos les moins bêtes sont à l’ANCOLS rattachée au Trésor , réunissant des experts et petites mains de l’ANPEEC et de la Miilos qui m’était plus chère :

        http://www.ancols.fr/

      5. à Armand,7-9-10h42
        Je ne fétichise rien du tout.J’en ai passé l’âge à supposer jamais qu’un jour un « fétiche » ait pu
        retenir mon esprit.Mais la conjecture que vous faites ne
        se présentait jamais,en raison de mon sens critique des plus prononcés (direction d’une quarantaine de thèses,
        recul critique à l’endroit de 2 disciplines différentes,
        analyse et correction de mémoires par centaines,travail
        de « referee » de deux revues, en somme le boulot « normal » du prof.
        d’Université qui se sent libre dans ce qu’il convient
        d’appeler l’hétérodoxie,la recherche libre et artisanale,le contact avec des gens à la fois choisis et
        remarquables (par exemple le béninois Albert Tévoédjré;ou le japonais Shigeo Shingo,ou encore
        le britannique de l’Université de Liverpool:G.L.S.
        Shackle,dont l’analyse critique du concept de probabi-
        lité est tout à fait essentielle etc…).
        Je n’oublie en rien le « parti stalinien » comme vous vous
        permettez de le prétendre…Diantre pourquoi faudrait-il
        l’oublier?N’oubliez pas,de votre côté,que celui que je me permettrais d’appeler le « communiste en chef »,non pas le « petit père des peuples »,vraiment sanguinaire comme d’autres redoutables dictateurs,n’est autre je
        pense qu’un certain Jésus Christ, homme singulier,juif
        de son « état » si l’on peut dire,et que vous ne sauriez
        sans doute pas « oublier »:un communiste qui n’a
        jamais eu recours à la violence;qui simplement gênait
        l' »ordre établi » au point qu’il fut condamné à mort.Pas
        de doute:son message (ses « fondamentaux » pour
        reprendre le langage que vous affectionnez) est
        vraiment très vieux:il date de plus de soixante dix ans…

        reprendre le langage que vous affectionnez)valent
        encore davantage que ceux….du CNR.Ceux qui sont si
        vieux,qu’ils datent de soixante dix ans!

      6. Bien sur qu’il y a du gras dans tous ces Offices, ces Syndicats d’énergies, mixtes, ces CCI, ces Chambres des Métiers toutes ces structures qui sont majoritairement des bouffe pognon et des officines de recasement et de recyclage des loosers. Si le principe de toutes ces structures partaient d’une saine réflexion (mutualisation, mise en commun…) elles malheureusement ont gonflé jusqu’à devenir pour beaucoup nocives en fait pour les territoires. Elles se font concurrence entre elles à coup de subventions, c’est à mourrir de rire, la bêtise française dans toute sa splendeur ! Des milliards en souffrances à récupérer !

  14. Tout à fait d’accord vigneron, il faudrait porter le fer dans la gestion déplorable de certains organismes de logements sociaux : salaires pharamineux servis à une cohorte de directeurs superfétatoires, dépenses de prestige, etc…
    Un exemple bien connu sur Paris :
    http://www.miroirsocial.com/actualite/13456/paris-habitat-une-longue-suite-de-scandales
    https://www.marianne.net/economie/le-nouveau-scandale-des-hlm-de-paris
    http://www.batiweb.com/actualites/vie-des-societes/soupcons-de-malversations-le-dg-de-paris-habitat-limoge-07-06-2016-28527.html

  15. Pour compléter la discussion au sujet du CNR, voici quelques informations complémentaires.

    Le programme, à replacer bien sûr, dans le contexte historique particulier d’après guerre, comportait les points suivants :

    • des mesures politiques, comme le rétablissement de la démocratie, du suffrage universel et de la liberté de la presse ;

    • des mesures économiques, caractérisées par « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », ce qu’on appellera généralement les nationalisations, et qui est exprimé dans le texte comme « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques » ;

    • des mesures sociales, dont un rajustement important des salaires, le rétablissement d’un syndicalisme indépendant et des délégués d’atelier et « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ».

    Notons qu’en octobre 2007, Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF citera « le programme du CNR » pour désigner l’ensemble des réformes de 1945, en écrivant : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ».

    Notons encore que Jacques Nikonoff, président du mouvement ATTAC, organisa à l’occasion du soixantième anniversaire de l’adoption du programme du CNR un appel le 10 mars 2004 avec d’anciens résistants, faisant un parallèle entre le néo-libéralisme et les puissances d’argent dénoncées dans l’appel originel. L’appel se termine par le slogan « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ». Treize résistants, particulièrement illustres, ont signé le texte : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.

    Et en 2010, Stéphane Hessel publiera son opuscule, Indignez-vous !, qui rencontrera le grand succès que l’on sait. Dans le texte, Stéphane Hessel évoque largement le programme du CNR et affirmera que « C’est tout le socle des conquêtes sociales de la Résistance qui est aujourd’hui remis en cause ».

    Tout cela pour dire qu’au moment où la ministre Muriel Pénicaud affirme haut et fort vouloir « rénover profondément notre modèle social », il n’est pas forcément inintéressant de se rappeler d’où l’on vient, pour essayer de comprendre où l’on va….

    1. « rénover profondément notre modèle social »

      Plutôt torpiller votre barque avec le tas d’or sur lequel vous êtes assis.

      C’est cousu de fil blanc et orienté avec l’aide d’Amartya Sen.
      Je vous laisse imaginer la suite, on va finir par baiser les pieds du travailleur habitant le Bangladesh. Ce n’est pas notre but et ce n’est pas l’avenir.
      Car défaire la parole de la classe dominante en vue de l’éliminer est un bon programme, toujours à l’ordre du jour. Mais ne comptez pas sur les syndicats obnubilés par leurs caves à vin. D’autres, disons ceux qui veulent en découdre, et surtout beaucoup mieux équipés en culture politique – ceux qu’on achète pas – feront l’affaire, y compris chez les travailleurs venu du Bengladesh, du monde entier en fait.

  16. Cette petite introspection sur le CNR, je la dédie à mon (vieux) père, avec qui j’ai échangé quelques mots à ce sujet il y a quelques jours. Il m’a dit la grande inquiétude que lui inspirait l’époque actuelle, au point qu’elle lui rappelait l’état des années 40 qu’il avait bien connu (rajoutant, bien sûr, qu’il ne s’agissait pas de la même chose, mais que beaucoup de choses n’allaient pas…). Vu à partir de la situation de cette époque, l’action menée après guerre a été considérable et incontestablement un énorme succès collectif.

    Evidement, il ne s’agit pas de faire dans la nostalgie, ou de vouloir appliquer de vieilles recettes dans un contexte actuel qui est tout à fait différent. Mais, pour moi, se pose une question évidente : comment se fait il qu’aujourd’hui, avec les énormes progrès scientifiques et technologiques, et l’augmentation considérable des moyens et de la richesse produite (en particulier si on la mesure à l’aune du PIB), on se retrouve avec de telles difficultés : chômage de masse, endettement (public et privé) record, précarisation croissante, macrocéphalie de la finance devenue une menace pour l’économie toute entière, restrictions sociales ; sans compter les nouveaux enjeux liés à la dégradation de la biosphère, et au risque de déshumanisation pouvant découler de la révolution numérique. Pourquoi un déficit de bien-être aussi important de la société, alors qu’on aurait pu s’attendre aujourd’hui (et pour les générations futures), un résultat tout à fait opposé ?

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