Continuer votre combat, entamons le nôtre ! par Daniel Santenac

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Bonjour Monsieur Jorion,

Je suis vos analyses depuis des années avec intérêt. Je suis même un adepte des solutions que vous proposez pour un monde nouveau. Je viens de finir votre dernier bouquin et je suis d’accord en tout point sur votre analyse de la situation. Depuis peu, j’ai réalisé que notre seul espoir réside dans une mobilisation citoyenne pour faire changer les choses. Je m’étonne même qu’un embryon de soulèvement populaire exemplaire comme « Nuit Debout », n’ait pas porté sur le véritable sujet de l’extinction de l’humanité. Pour dire la vérité je ne me souviens même plus qu’elle était la raison de son existence. Mais je suis convaincu que la bonne voie est celle-ci. Il faut faire jaillir une mobilisation intellectuelle, qui occupe une place physique (comme Nuit Debout), pour penser le monde de demain et ses enjeux. Il faut faire bouger les lignes ! Votre effort intellectuel n’est pas vain, bien au contraire ! C’est grâce à votre reflexion, vos débats, vos livres, que j’ai pris conscience que ce grand mouvement citoyen aura lieu et portera ses fruits immédiatement. Pourquoi ? Car l’on peut changer les choses progressivement et radicalement en même temps. Le déclic, c’est la prise de conscience. Quand la masse critique est atteinte, tout devient simple et les mesures à prendre faciles. Exemple: pour limiter la pollution des transports, légiférer pour favoriser les semaines au bureau réduites. Combien de millions de personnes peuvent travailler chez elles au moins 1 jour par semaine ! Mais je suis d’accord avec votre analyse : nous devons révolutionner notre mode de pensée dominant-dominé. Il nous faut grandir, voir le danger pour prendre conscience de la nécessité d’une transformation vers l’économie 2.0. Monsieur Jorion, le chemin que vous avez parcouru est considérable. Vous ne pouvez vous arrêter tant que vous en avez les forces. Je vous exhorte si vous le pouvez à continuer. Exposer, défendre vos idées d’une transformation possible, alerter sans relâche, susciter des vocations, stimuler les énergies. La masse critique n’est pas loin. Les catastrophes naturelles se multiplient. Les flux migratoires s’intensifient. L’eau manque. Tout s’accélère sous nos yeux pétrifiés. Nous devons appeler à la mobilisation des esprits qui veulent penser à l’avenir. Amorcer les discussions, pour accélérer l’avènement de la « Prise de Conscience Collective ». Un satellite européen Sentinel, vient de publier la carte mondiale de la pollution au NO2. Elle a fait la première page de la Repubblica hier, car la plaine du Pô est la plus polluée du continent. Les Italiens sont les plus touchés par la pollution au diesel !

Qui veut aller vivre à Milan après cela ? Qui veut une maladie respiratoire ? Une bonne bronchite chronique ? Voila un autre travail (scientifique cette fois) qui va participer au grand Déclic à sa manière. Je crois que le monde peut changer, simplement car nous y sommes malheureux au travail (ou sans). Pas de reconnaissance (ou si peu). Frustration, lassitude, inutilité, inefficacité sont les mots de notre quotidien. Tout cela pour nous mener à notre propre autodestruction ? Non, il faut mobiliser les forces vives pour retourner cette situation oppressante ! Continuez votre combat, entamons le nôtre !

Salutations !

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84 réflexions au sujet de « Continuer votre combat, entamons le nôtre ! par Daniel Santenac »

  1. Ne connaissant pas les travaux du satellite Sentinel, je suis allé chercher la Une de la Repubblica (comme je parle italien), j’espérais trouver quelque chose sur la longue home page. Malheureusement c’était déjà trop tard. La rubrique Science met désormais en une étude sur les relations entre fans de foot (« I tifosi sono come fratelli »). Bref, je ne suis pas certain qu’une étude plus qu’une autre sera cette étincelle.

  2. De l’idéologie à la dialectique?
    Une spécificité des humains c’est la capacité de collaborer à un très grand nombre. Toutefois, avant l’invention de l’écriture partielle (les nombres pour supporter la gestion par les sumériens), cette capacité se réduisait à quelques centaines d’individus, peut-être quelques milliers tout au plus. Ensuite, la capacité à gérer ces données (ordonner, retrouver) a été déterminant pour gérer des groupes de millions d’individus. C’est, il me semble, une des conditions de la mise en place d’une dialectique efficace qui nous sorte des processus idéologiques qui donnent un temps de réponse, d’adaptation, trop long.
    De quelle inventions aurions nous besoin pour que l’ensemble de l’humanité s’engage dans une collaboration visant à réguler notre écosystème (ou ne pas détruire les régulations!) ?
    Il me semble qu’un savoir faire solide en gestion de l’intelligence collective constitue un des éléments, une des conditions de cette collaboration.

    1. Pourquoi ne pas commencer à occuper l’espace en utilisant l’outil juridique de la grève pour les salariés? Pourqoui ne pas utiliser le droit de grève pour occuper l’espace sur la question de survie de l’espèce? Est-ce que cela a déjà été fait ? N’est-ce pas le bon moment ? Il y a-t-il un syndicaliste dans la salle ?

      1. @Daniel Sentenac

        En tant que vieux et ancien syndicaliste, je vous soumettrai l’idée que le mot ordre : « occuper l’espace sur la question de la survie de l’espèce » risque de ne pas être très fédérateur chez les syndicalistes.

        Et pourtant vous avez raison, la survie de l’espèce est une question -sans jeu de mot- vitale- pour le prolétariat, puisque salariés nous sommes partie intégrante de l’espèce humaine.

        Mais voilà, la lutte des classes ne fonctionne pas exactement comme vous vous l’imaginer. Les travailleurs se mettent en lutte, en général, pour des préoccupations un peu moins ambitieuses et générales, vitales, que les vôtres.

        Sur le plan de la méthode je trouve celle de Trotsky plus pertinente et potentiellement efficace que la votre.

        Dans le programme de transition adopté par la conférence de la IV Internationale de 1938, il écrit:

         » Il faut aider les masses, dans le processus de leurs luttes quotidiennes, à trouver le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste. »

        et

        « la IV° Internationale met en avant un système de REVENDICATIONS TRANSITOIRES dont le sens est de se diriger de plus en plus ouvertement et résolument contre les bases mêmes du régime bourgeois. »

        Admettons que beaucoup de jeunes et de travailleurs soient profondément inquiets de la tournure des événements actuels, il n’en reste pas moins qu’ils se trouverons bien en peine de s’imaginer pouvoir sauver la planète en se mettant en grève dans leur coin.

        Les salariés et les militants syndicaux à la base ont déjà bien du mal à se faire entendre par leurs représentants syndicaux lorsqu’il s’agit ne serait ce que de défendre leur condition de vie et de travail, je ne crois pas qu’ils se fassent beaucoup d’illusion sur la possibilité de voir les bureaucraties syndicales s’unirent et engager un combat frontal au nom de la survie de l’espèce !

        Par contre en partant des revendications immédiates et spontanées des travailleurs, et parmi ces revendications il y a celle d’être honnêtement et efficacement représenté par les chefs syndicaux, il est possible, en épousant une méthode judicieuse, de remettre en cause un système économique et social, qui pour des raisons politiques, semble ne pas pouvoir garantir à l’humanité sa survie.

        Il y a-t-il un garçon intelligent dans la salle ?

      2. @Eninel :

        Qu’elles soient chinoise , française ou russe , les grandes révolutions ont surtout eu des racines paysannes issues des pénuries .

        Des révoltes du ventre ( du corps) récupérées par la tête intelligente ou pas . D’opportunité certainement .

        Parce que plus âgé que Paul Jorion , je comprends qu’il ait besoin de comprendre et accepter sa propre fin , dans son ultime appétit pour chercher une forme de vérité .

        La réalité , qu’il nous a permis de cerner dans ses formes qui nous agissent le plus , tient essentiellement dans le soliton , les 6 ou 7 grands axes d’un avenir qualifié de socialiste , les défis de l’IA … J’imagine que c’est sur ces territoires là que le « combat » serait donc le plus justifié à ses yeux .

        Dès lors , pour celles et ceux qui se sont connus et reconnus ici , au fil des ans , sur ces enjeux , le choix , « pour faire par soi même », peut être , en gardant ces lignes d’horizon , de :

        – faire œuvre individuelle , originale ou pas,

        – faire œuvre ,originale ou pas, collectivement .

        Bien qu’ayant assez lâchement déjà déclaré les restrictions de mes facultés à « me bouger » (autrement que par mes actes familiaux , syndicaux ou associatifs préexistants) , je me risque à manifester quelques préférences :

        – avant d’entrer sur la scène , vérifiez que d’autres meilleurs que vous n’y sont pas déjà , et , si c’est le cas , rejoignez les. ( c’est mon inclination naturelle).

        – partout où vous irez, gardez comme fil directeur les quelques idées simples énoncées sur ce blog au fil des ans . Votre meilleur apport sera celui là .

        – saisissez vous , certes , des actions spontanées même contradictoires , mais ne pensez pas que des attaques séquentielles peuvent ébranler vraiment le veau d’or . On ne change pas de société sans apporter rapidement un ensemble qui fonctionne . ( et qui renforce mon inclination à jouer collectif).

        – un vieux réflexe reptilien ( je crois l’avoir déjà raconté à Schizosophie ?) me fait dire plus que penser , que , lorsque la vie est en danger , ce sont d’abord les enfants et les femmes que l’on met à l’abri . C’est en tous cas dans cette direction là que je consacre le peu de forces et de moyens qui me sont encore accordés .

        – on est légitime à combattre que si l’on aime la vie , et donc son ennemi aussi .

      3. @ Eninel
        Desproges disait : »Les aspirations des pauvres ne sont pas loin d’être les réalités des riches ». Alors rien que par ce fait, il n’y a aucun espoir à attendre : On est sur la pente de la disparition.

        Cela dit, des militants et syndicalistes de Quimper m’ont un jour invité à leur faire un exposé sur la réalité de ce qu’est l’énergie. Et, depuis, parmi ceux qu’il m’arrive de recroiser dans des bistrots ou dans la rue, certains m’ont dit que l’aspect énergétique tel qu’ils l’ont découvert avec moi les a amené à changer passablement leur vision des choses.
        Alors espoir ???

      4. @ Juannessy.

        Bonsoir cher blogueur de la première heure.

        Je serai prétentieux de vous dire que j’ai compris tout ce que vous voulez me dire, je vous remercie d’essayer de le faire, mais si je sais une chose, c’est que vous vous trompez fondamentalement à affirmer qu’

        « on ne change pas de société sans apporter rapidement un ensemble qui fonctionne. ».

        Cela ne sait jamais vue dans l’histoire. C’est déjà beaucoup à s’appuyer sur une théorie, garante que les choses peu à peu s’amélioreront, mais attendre d’avoir une nouvelle société clef en main, pour oser remettre en cause l’existante, cela n’est pas la pensée de Marx.

        Voilà pour votre erreur fondamentale, plus conjoncturellement, vous en faites une autre, à affirmer que toutes les révolutions ont des racines paysannes, erreur redoublé lorsque vous affirmez que le moteur de ces jacqueries sont la famine.

        Que la réforme agraire ait été au cœur des révolutions que vous mentionnez, cela est un truisme, il n’en reste pas moins que si la révolution maoïste a été paysanne, la française elle a été bourgeoise, et la russe ouvrière. Je l’affirme. Nous sommes là sur un sujet que j’ai étudié ma vie entière.

        Alors vous nous dites que les jacqueries sont le fruit de la pénurie. Mais vue que très vite dans l’histoire les paysans se sont vite vu confisquer leur terre, et de là ont connus une vie misérable assez constante, vue que cette état de la paysannerie est assez commune à l’échelle de la planète et dans tous les pays, on peut s’interroger pourquoi il n’y a eu que trois révolutions paysannes .

        A vous lire il devrait y avoir une révolution paysanne chaque jour, dans quelque endroit du monde, où comment dites vous les gens instruits, dans le tiers monde !

        Non camarade, hélas pour elle, de par sa composition sociale et son isolement politique de fait, la paysannerie ne peut pas être une classe révolutionnaire, sans le moteur de la bourgeoisie hier, du prolétariat aujourd’hui.

        Le soliton ne prend pas naissance à la campagne mais en ville !

      5. @Eninel :

        Je n’attends pas de révolutions de la paysannerie : il n’y a plus de « paysans » .

        Je n’attends pas de révolutions ouvrières : il n’y a plus (assez) d’ouvriers .

        Je n’attends pas de révolutions « clés en main « : il n’y a pas de « clés » .

        Je « n’attends « pas de révolutions : elles se feront ou pas , à temps .

        Je dis simplement que , dans cet échafaudage qui s’écroule , il faut que le combat consiste non seulement à faire sauter les parties pourries , mais surtout à penser et expérimenter simultanément un mécano qui fonctionne , et que , peut être pour la première fois dans l’histoire humaine , ce mécano doit être pensé et expérimenté démocratiquement sans trop verser le sang qui rend le résultat vain , et sans le confier à des « intelligents » qui ne nous ont jamais historiquement vraiment laissé un  » monde meilleur » .

        Pour le reste ( origines paysannes ) , nous ne devons pas avoir la même perception des « racines » .

        Mais le principal de mon propos était dans les deux derniers paragraphes-retrait. .

      6. Tel qu’il est, le syndicalisme ne me semble pas pouvoir changer grand chose, il est encore beaucoup trop marqué par ses luttes du passé et reste englué dans de trop nombreux pièges idéologiques. L’idéologie me semble justement contradictoire avec une dialectique efficace, c’est à dire avec une bonne gestion de l’intelligence collective, c’est à dire capable de mieux métaboliser les informations à sa disposition. L’idéologie conduit à l’exclusion de trop de données et aussi de la variété dont peut être capable un groupe.

    2. @ Michel Martin
      L’invention dont nous aurions besoin ?!?
      Réponse : « Le politique honnête doté d’un cerveau » !
      Autre réponse plus moderne et scientiste : « Le terminator de financier » !

      1. Marre de ces sempiternels « les politiques tous pourris ». C’est simplement faux et contre-productif.
        Il y a plein de gens qui font de la politique et qui sont plus honnêtes que la moyenne. Mais étrangement, ils ne reçoivent pas plus de voix que les plus malhonnêtes lors des élections.
        Parfois je me dis qu’il faudrait peut-être juste commencer par expliquer que le vote a des conséquences.

        Par exemple, on voit très bien rétrospectivement que les écologistes ont raison depuis 40 ans sur énormément de sujets. Mais ils font toujours des scores minables dans la plupart des pays européens. La plupart des électeurs se trouvent des excuses pour ne pas voir la réalité en face (Monsieur machin m’énerve quand il parle, untel a dit ceci dans une interview, …etc…)

        Alors si même 85% des gens n’osent même pas voter dans le bon sens à bulletin secret, comment espérer qu’ils vont se bouger le c**, se mobiliser, passer des heures dehors pour le même objectif?

        C’est désespérant…

      2. « le politique honnête doté d’un cerveau »?
        Ce n’est pas ce qui manque, même s’il y a sans doute bon nombre de carriéristes dans le personnel politique, mais ça ne change rien.
        Je ne crois pas à l’homme providentiel, ni à l’homme nouveau, du moins pas dans le cadre étroit de l’individualisme. Je crois à l’homme nouveau dans le cadre d’un collectif, même si l’histoire nous montre en général que les bonnes intentions pavent l’enfer. La gestion de l’intelligence collective bien maîtrisée génère des comportements et les régule de façon significativement différente. Il faut tester et le vivre pour s’en rendre compte, c’est à la portée de tous, il suffit de s’y intéresser et de tester, par essai erreur.

      3. Vous devriez lire le Canard. Dans celui de la semaine dernière on apprenait plein de choses, par exemple sur les concessions d’autoroutes et 300 millions escroqués. Qui fait les lois qui rendent l’évasion fiscale possible ?
        Qui décide des projets d’aménagement du territoire ? Qui vient mentir dans les médias ?
        Qui est sans cesse visité par les lobbies ?
        Qui laisse la spéculation autorisée ?
        Qui n’y connaît rien en environnement, en énergie, en physique et chimie, en santé et agriculture, tout en cherchant par tous les moyens le pouvoir ?
        Réponse : les politiques !
        Pour agir il faut d’abord se réveiller.

      4. @Ecodouble :

        S’il suffisait d’avoir des connaissances en sciences physiques pour avoir droit à l’accès au « bon pouvoir » , Angela Merkel serait moins sujette aux critiques .

        La colère ne justifie pas les aveuglements et à peu près .

        Qui ne font que conforter ceux qui ne sont pas vus ou incorrectement jugés .

      5. @Adoque :

        A propos des concessions autoroutières ( qui ne datent pas d’aujourd’hui ) , qui , parmi les citoyens soit disant indignés , a accompagné François Bayrou en 2005 dans son opposition à la privatisation des parts de l’Etat dans les SEM autoroutières ?

        Le citoyen indigné avait d’autres lectures que les journaux ?

      1. « Je vais en discuter avec mes amies les abeilles »

        Yep. Bonne idée !
        Bzzzz , bzzz, transmettez donc ces bonnes nouvelles à nos zamies les merveilleuses butineuses génératrices de pelotes, de pollen, de miels doux et parfumés, de gelées royales, de soleil concentré, de vie :

        Sulfoxaflor : le juge des référés suspend l’autorisation des pesticides Closer et Transform MAJ le 24/11/2017
        Le tribunal administratif de Nice suspend en urgence les insecticides controversés. L’Anses, qui les avait autorisés en septembre, prend acte de la décision. Dow Agrosciences annonce de son côté faire appel du jugement.

        « Rendre définitive cette suspension »
        « On attend également la décision au fond du tribunal administratif de Nice, le jugement rendu ce jour étant une suspension dans le cadre d’une procédure en référé. Une action sur le fonds que rejoint l’Unaf qui annonce à son tour déposer un recours pour « rendre définitive cette suspension » en annulant les deux autorisations. »

        « Que la décision vienne des tribunaux ou du Gouvernement, les jours du Closer et du Transform pourraient être comptés. Le 16 novembre, le directeur de l’Anses déclarait devant les députés que le Gouvernement avait la possibilté d’interdire l’usage des insecticides et donc de faire tomber ces autorisations. »
        https://www.actu-environnement.com/ae/news/sulfoxaflor-Closer-Transforme-neonicotinoides-suspension-refere-tribunal-Nice-Generations-Futures-Anses-30119.php4

      2. Oui, les abeilles démontrent qu’avec une capacité individuelle très limitée elles réussissent presque immanquablement à se choisir des nids adaptés à leur survie, ce choix, relevant tout à fait de l’intelligence collective, qu’aucune d’elle prise individuellement ne saurait faire.

    3. …/…De quelle inventions aurions nous besoin pour que l’ensemble de l’humanité s’engage dans une collaboration visant à réguler notre écosystème (ou ne pas détruire les régulations!) ?…/…
      De Démocratie !
      Après avoir passé tout le Moyen Age à construire leur puissance économique face aux pouvoirs du Roi et de l’Eglise, sans jamais pouvoir accéder au pouvoir politique, les Marchands, en 1789, à l’occasion d’une famine qui a servi de déclencheur, ont pris le pouvoir politique. Les penseurs, les théoriciens et acteurs de l’époque, notamment l’Abbé Sieyès, réussirent à imposer le Gouvernement Représentatif contre les tenants de la Démocratie.
      Ce faisant ils instituèrent l’élection comme mode de désignation des représentants.
      L’intérêt premier de ce mode de désignation est que les candidats par définition sont connus avant le vote, ils peuvent donc être “aidés”. Et qui d’autre que les plus riches peuvent aider un candidat ? Un élus qui doit son élection à une aide devient de facto redevable et ne saurait défendre l’intérêt général.

  3. « Prise de Conscience Collective »
    C’est bien le plus difficile. Con-Science signifie bien « avec Science » ? Mais l’humanité a heureusement réussi à survivre quelques milliers d’années avec très peu de sciences, en usant et abusant des propriétés et des productions de la Nature ( je sais y’en a qui n’aime pas que j’en fasse un nom propre – très propre!)
    Et la majorité ne voient pas pourquoi ça ne continuerait pas ainsi : la technique a fait ses preuves non ? Quelques privilégiés ont compris (=pris en compte!) qu’il n’y en aurait pas pour tout le monde et qu’il était donc préférable de protéger quelques paradis ! D’autres – dont ceux qui lisent ce blog – imaginent qu’il est encore possible de sauver un écosystème de manière durable mais il faudra beaucoup de conscience et de science !
    Alors que les jeux vidéo et les smartphone font croire que tout est résolu ou presque ? Prendre conscience, prendre avec science va devenir de plus en plus méritoire et difficile.
    OK, j’ai rêvé de Lumières et en fait je me promène d’un lampadaire à un autre pour trouver mes clefs ! Mais d’autres s’évertuent à éteindre le peu de lumière disponible et le brouillard n’est pas que sur Milan !!!
    Dire que Londres a su éliminer son smog avant tout le monde – Et aussi lutter efficacement contre le choléra ! C’est donc possible de ne pas se laisser empoisonner de manière suicidaire !

    Blague suisse: « Un jour j’irai vivre en Théorie! Pourquoi ? parce en Théorie, tout est plus facile ! »

  4. Avant d’occuper il faut avoir un message de gauche et des objectifs partagés.
    Nuit debout a échoué parce que la question de l’organisation du débat et de quoi on débat ont occupé trop de place voire toute la place.
    « la forme l’a emporté sur le contenu. Qu’est ce que ce serait d’être démocratique.  »
    C’était du moins ce qu’en disait F.Wolff sur F Culture le 30 octobre dernier.
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/faut-il-que-la-gauche-se-change-les-idees

    1. L’originalité de Nuit debout est d’être un mouvement inclusif (tout le monde, tout l’univers).
      Nuit debout a autant de programmes qu’il y a d’étoiles dans ciel : comment un mouvement aussi novateur peut-il échouer ?

    2. C’est dommage, peut-être cela aurait abouti a quelque chose si le fond du débat avait été la survie de l’espèce.
      Il faut aussi être réaliste, une occupation 24h/24h n’est pas viable. Il faut faire comprendre aux journalistes (car ce sont eux qui font la pluie et le beau temps des politiques) que le mouvement est bien enclenché et inépuisable. Il faut utiliser tous les moyens d’occupation. Par exemple il faut aussi lancer des pétitions concrètes et réalistes, qui seront autant de signes forts que le monde doit changer! Moi je propose une idée de pétition: « légiférer pour inciter/forcer les entreprises à mieux s’organiser pour réduire les déplacement des employés (mieux utiliser les outils de communication, favoriser le covoiturage/ installer des services de transport) ». Allez!

      1. @ juannessy
        Oh la belle énergie positive !

        Il n’y a que l’entropie qui est positive. Mais elle peut l’être plus ou moins ; cela dépendant de la bêtise des fhoemmes quand ils ne savent pas ce qu’est l’énergie ou de la conscience qu’ils ont de sa nature et de sa finitude.

      2. @Ecodouble :

        Comme pour Vincent je n’ai pas tout compris de votre commentaire, à part qu’il n’était pas trop « positif » .

        Pour « l’énergie » , avant que d’être cernée ( et complexifiée ) par les sciences physiques , ça n’était déjà pas sans piège par les racines gréco-latines , entre « force en action » et « force en puissance ».

        On n’en voudra donc pas aux élus de ne pas être des champions au jeu du quizz « énergie » , où pour le coup , ils sont très représentatifs de leurs électeurs scientifiques ou littéraires confondus .

        Je ne connais personne qui ait mis le neutrino dans son programme électoral , ni personne qui l’ait réclamé .

      3. Si l’on veut s’appuyer sur les enseignement de la nature: La nature tend spontanément à minimiser son énergie, c’est bien notre problème. On se complait dans l’inaction.
        Par énergie positive (sous entendu, la partie active et donc qui n’est pas spontanée), on entend faire un effort, ok ?
        L’initiative locale cité plus haut va dans le bon sens. Il faudrait appliquer cet effort à l’échelle nationale, et même je dirais le rendre plus contraignant. Les entreprises ne sont pas vraiment incitées à faire un effort de réorganisation. Bref c’est timide, mais (et c’est évident pour moi en tout cas) ça va dans le bon sens et on peut le saluer…

      4. @ Juannessy
        Je suis surpris que vous ne compreniez pas ma prose. Vous êtes pourtant une très fine plume, capable de manier les mots en expert afin de naviguer, disserter et débattre sur des sujets et des concepts philosophiques et de sciences humaines très complexes inabordable pour ma pomme. Pour tout avouer, je fais gros complexe devant vous et bien d’autres sur ce blog.
        Vous avez beaucoup lu, votre culture et réelle et intéressante. La rhétorique et sa théorisation vous connaissez.
        Moi sur tous ces plans, je suis un fragment de poussière.
        Cela écrit – je le pense vraiment – , hélas pour mon moral, j’ai une capacité à percevoir « certaines » choses, les cotés emmerdes, qui sont le cadet des soucis pour la plupart de mes congénères. Je ne me dis pas supérieur pour autant, bien au contraire, je ne suis une sorte d’handicapé à l’obtention du bonheur : je n’ai pas su devenir une « autruche ».

        En tant que pur naturaliste, avec une culture scientifique de base dans les domaine de la géologie, de l’eau, de l’air, des métaux, du pétrole, de l’environnement, du Génie civil et de la Société, je constate, sur le terrain, des faits qui ne sont pas constatés d’ordinaire par la plupart de mes semblables : Juste une façon différente de voir les choses.
        En gros, je suis un chieur de Cassandre, et j’espère seulement, en vous écrivant des commentaires sur ce blog depuis presque 10 ans, que vous allez, vous et d’autres, enfin arrêter de considérer toujours la même matière intellectuelle pour vous adonner à l’art de la rhétorique.

        Nous sommes, nous les fhœummes, à un tournant de notre vie d’espèce où l’on a le choix entre nous faire disparaître ou nous permettre de vivre le potentiel de vie de notre espèce : c’est géologique ! C’est une situation nouvelle et inédite. Et à situation nouvelle et inédite il convient d’adopter une nouvelle façon de débattre.
        Ainsi, il ne s’agit plus de discuter pour savoir qui a tort ou raison dans le non-changement, mais juste de débattre pour trouver et choisir les solutions qui feront que pour une fois on va changer le mode de fonctionnement de la Société.

        Quand Thomas écrit ici, il y a du nouveau et du concret.
        Quand vous écrivez, admirablement bien certes, il n’y a rien de nouveau parce que l’on tourne en rond.

      5. Je ne faisais que relever que l’accusation d’ignares en « énergie » faite à vos congénères était stupide et contre-productive . Pour ça, vous ne m’avez rien répondu de « nouveau » qui me fasse changer d’avis .

        Vous avez grandement raison ,par contre , d’affirmer ne rien avoir appris de nouveau et de  » concret » de ma part . Je vous confirme que ça risque fort de continuer à être le cas .

        Parce que ce qui me titille encore un chouïa , ce ne sont pas les soit disant nouveautés techniques ou paradigmatiques géniales, brevetées ou « open » , mais le pourquoi des innovations qui ne seront jamais des créations .

        Je remarque au passage , comme ont du le remarquer tous les morts anciens qui nous ont précédés , combien la perte de mémoire collective est rapide et profonde , et nombreuses les innovations qui sont en fait des retrouvailles .

        Ce qui n’est pas plus mal , si la « trouvaille » , surtout si c’est la renaissance d’une pépite , trouve un usage utile .

        Utile à quoi ?

      6. @ Juannessy
        Amusez-vous à faire des bilans énergétiques et des bilans matières de ce qui est classé « énergie positive » ou « développement durable ».
        Et n’hésitez pas à faire aussi ces genres de bilans pour tous les processus économiques et sociologiques actuels.
        Si vous les faites de façon rigoureuse, alors vous comprendrez ce que ce je veux dire.
        Sinon, les techniques – celles sur lesquelles les Humains ont la main pour toutes les réparations, c’est-à-dire les techniques de basse entropie – sont mes passions et leurs histoires sont source infinies d’étonnements. Ainsi, par exemple, ce ne sont ni Vicat ni Aspdin, ni Parker, ni même les romains ou les grecs, qui ont « inventé » le liant hydraulique simplement parce que des monuments qui nous contemplent depuis 40 siècles sont presque entièrement construits en béton de chaux au natron.
        Il est des techniques simples qui aident et d’autres très complexes et énergivores qui asservissent.
        Alors vive la Technodiversité. Elle, elle regroupe les techniques simple du monde entier.

      7. Oh moi vous savez , je suis un peu con en matière de liants hydrauliques , qu’il s’agisse de leur utilisation ou de leur histoire ….

      8. @ Juannessy
        Votre belle plume rémige se fait plume de couverture lorsque vous répondez ainsi.
        Mais ce doit être une technique de rhétorique. C’est bon ! Je suis mort.

      9. Ceci étant , et bien que les milliers de morts lors de la construction des pyramides seraient sans doute étonnés qu’on se félicite des techniques de jointoiement de l’époque , vous avez raison de pointer que le recours au matériau « facile » et rapide d’emploi et de fonctionnalité , est souvent le plus énergivore .

        J’avais travaillé , il y a plus de 30 ans maintenant sur une étude de l’ENTPE visant à la réhabilitation de la construction en terre, avec plusieurs chantiers expérimentaux dans le Dauphiné . le succès relatif m’avait appris qu’il ne suffisait pas d’être techniquement parvenu à de très bon résultat ( ressources , fabrication , mise en œuvre , résistance dans la durée ) . Il faut plus pour que le « marché » s’en empare .

        L’acte de construire est d’ailleurs une excellente école pour montrer les liens qu’il y a entre nature des terrains , nature des liens sociaux , nature des ressources relativement aisément accessibles , nature des activités locales et des trajectoires historiques ….J’en passe . Bref , l’économie d’énergie , pour autant qu’elle soit recherchée , n’est qu’un élément de l’acte de construire .

        On peut aussi remarquer que c’est bien la pénibilité et la recherche du plus facile , qui a , par exemple, été la motivation principale des constructions en terre ( qui ont laissé dans nos campagnes , souvent la « mare » dans le pré des vaches , car c’est là qu’on a extrait la glaise nécessaire – économie de matériau et de distance de transport ) , car tailler des pierres , si on en a , c’est déjà plus hard , ou alors on ne mettait le hard et énergivore que là où c’était inévitable . Ce mariage entre terrain d’origine et matériaux de construction issus du terrain , explique d’ailleurs pourquoi nous trouvons ces constructions encore belles , même en ruines , alors qu’une maison normande dans les causses ou les alpes , c’est un viol .

        Je remarque aussi que si la moindre énergie dépensée ,n’est plus la règle concernant les matériaux et leur fabrication , elle reste une qualité ( intéressée) des constructeurs pour l’organisation du chantier et l’usage des machines de manutention .

        Dis moi comment tu construis , je te dirai qui tu es .

      10. Les écrits de l’époque pharaonique ne laissent pas entendre qu’il y a eu des milliers de morts sur les chantier des pyramides.
        Un chimiste français a émis une théorie sur leur construction dans les années 70 : Il s’appelle Davidovits. Elles sont construites en béton ; des blocs coffrés les uns à coté des autres et les uns sur les autres, avec remblai en arrière des blocs. Pour les chambres, c’est du granite taillé mais les volumes sont minimes en rapport de l’ensemble architectural.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_sur_la_construction_des_pyramides_%C3%A9gyptiennes_%C3%A0_base_de_pierres_moul%C3%A9es

        Ce qui n’est pas précisé dans l’article wiki ci-dessus, c’est que, dans les pierres des pyramides, les fossiles d’un gastéropodes très allongé présents dans la roche locale n’y marquent pas le plan de sédimentation qu’ils marquent pourtant bien dans la roche en place. Celle-ci, qui présente des niveaux parfois friables, peut ainsi être facilement désagrégée par grattage afin d’en produire un sable pour un mortier de chaux (dont l’origine est le même sable) bon pour du coffrage … de fausses pierres … avec les fossiles dans tous les sens.
        Je précise qu’un prof de l’INSA de Rennes, spécialiste des polymères, m’a confirmé que ces pierres étaient bien du béton. Et moi même, pour savoir ce qu’est la maçonnerie de pierre, taillée ou pas, je ne vois pas d’autre possibilité pour que des pyramides aient pu être construites en vingt ans environ comme en attestent les écrits. La coupole de St Pierre de Rome a demandé un temps de travail beaucoup plus grand si je me souviens bien.

        Les constructions en terre sont maintenant bien au point. Allez sur le site CRAterre pour vous en convaincre.

        http://www.craterre.org/

        Je connais un artisan qui fait des bâtiment en terre dans la région de Rennes, et qui a du boulot pour plusieurs années. Il cherche toujours des bras ; et parmi eux des gens forts diplômés, car c’est un travail d’équipe très agréable, marrant (mélange de la terre, de l’eau et des fibres végétales, en sautant partout au son de morceaux de hard rock). Si le marché ne s’en est pas encore emparé complètement, les convictions changent au sein des « consommateurs », assez pour qu’un petit groupe d’entre-eux permette la naissance d’une filière. Les autres suivront comme des moutons d’ici peu. Enfin ; sauf effondrement.

        Le BRGM a édité un livre dans lequel sont mis en rapport la géologie de la France et l’architecture paysanne. C’est bô !

        Autre technique très économique si le matériau est sur place et cela malgré la main d’œuvre importante nécessaire : la pierre sèche. L’ENTPE, Centrale Lyon et L’INSA de Lyon, travaille actuellement à finir sa modélisation ce qui va permettre un emploi dans le cadre de marchés publics, pour des mur de soutènement mais aussi pour de petits ponts pietons. J’ai apporté une modeste pierre sur ce sujet dans le bureau d’étude pour lequel je travaille.

        Ce qui est cher dans un budget bâtiment, c’est le chauffage, et maintenant la clim. Les vieilles techniques permettent des constructions qui n’ont quasiment pas besoin de chauffage, ni de clim. Quand les gens auront compris qu’il vaut mieux construire plus petit avec ces matériaux pour être bien chez soi pendant des décennies voire des siècles, car ces maisons se transmettront très facilement, alors on pourra fermer les centrales nucléaires, n’en déplaise à vigneron, Macron & consorts.

        Pour la mare, témoignage de la construction ancienne, c’est une réalité. On manque de mares pour la biodiversité ! Refaisons des maisons en terre. Nous aurons de nouveau des mares, le « consommateur » payera pas cher sa baraque et en plus il dira le mot de Cambronne à Lafarge.
        Ce dernier fait du ciment pas cher, d’une part parce que les productions se font en masse avec d’énormes économies d’échelle, par exemple en améliorant la qualité des sacs de ciment pour minimiser les pertes, ou en intégrant des déchets de toutes sortes dans les différentes phases de production, et d’autre part parce que le pétrole n’est pas assez cher.

        Aujourd’hui, on peut le dire :
        Si tu construit en ciment tu es un abrutis.
        Si tu construit à l’ancienne tu es intelligent.

      11. @Ecodouble :

        Bon , on était d’accord en somme . J’avais d’ailleurs de bonne raison de savoir que la construction en terre ça marche , pour avoir participé à la mise au point dans une des écoles que vous citez !

        Il n’en reste pas moins que l’on ne peut pas incriminer des élus ou leurs électeurs pour leur seule incompétence « énergétique » .

        Na !

        https://www.geopolymer.org/fr/archeologie/pyramides/les-pyramides-3-la-formule-linvention-de-la-pierre/

      12. « Autre technique très économique si le matériau est sur place et cela malgré la main d’œuvre importante nécessaire : la pierre sèche. »

        Yep, un mur de soutènement en pierres sèches a été remonté près d’un petit pont, dans mon village, par une asso de bénévoles (initiative du maire), je les ait vu le faire et sans taille d’ajustement et ils ont vraiment fait du bon taf. La partie qui était effondrée est stabilisée et ils ont créé un angle avec un contrefort et « épousé » un contournement naturel du terrain qui finit sur un rocher d’origine ; d’un point de vue technique et esthétique : harmonieux et vraiment superbe !

  5. @Daniel Santenac.

    « il faut mobiliser les forces vives pour retourner cette situation oppressante ! Continuez votre combat, entamons le nôtre ! »

    C’est quoi ces « forces vives » selon vous ? Qui doit les « mobiliser » ?

    1. Les forces vives ce sont tous les citoyens qui veulent se battre pour sauver notre espèce ! Tous ceux qui ont des enfants les premiers ! Le message est clair: faisons nous entendre pour réduire la pollution, investir dans le (vrai) développement durable (pas celui des multinationales qui ont pris en otage ce concept), créer et valoriser l’emploi non polluant. Les politiques ont du pain sur la planche. Peu importe qu’ils soient de droite ou de gauche. On veut des lois pour sauver nos enfants!

    1. Ca commence en effet par une preuve d’amour: sauver la viabilité de la planète sous-entend sauver l’humanité, et donc il faut aimer l’Homme! Et il ne suffit pas de l’aimer: il faut se mobiliser pour agir. Maintenant le problème est aussi de comprendre si l’humanité veut se sauver. Il est loin d’être évident que l’homme veuille sauver l’humanité. Hélas!
      Essayons de mobiliser au moins ceux qui le désirent. Ca ne se fera pas tout seul dans tous les cas!

    1. Je ne suis pas tout a fait d’accord.
      Je crois que la conscience collective arrivera progressivement avec l’augmentation graduelle de la pression (on est comme des grenouilles dans une marmite qu’on chauffe). La mobilisation sera elle aussi graduelle. Et les mesures politiques également, puisqu’elles suivront la mobilisation. A nous !

  6. Bonjour à tous,
    peut-être y a t’il une chose relativement simple à faire dans un premier temps : diminuer drastiquement sa consommation. De tout.
    Et expliquer autour de soi pourquoi on le fait et les incidences que ça ne manquera pas d’avoir sur le capitalisme qui vit de notre boulimie d’achats en tous genres.
    Cela modifie notre quotidien (sentiment de lutter jour après jour) et notre regard sur le monde que NOUS contribuons à détruire pour satisfaire nos envies +/- futiles. En outre c’est assez facile à expliquer. Bien sur, je ne prétends pas que cela va tout résoudre.
    Il faut bien commencer quelque part…
    Qu’en pensez-vous?

    1. @ Laurence.
      « diminuer drastiquement sa consommation. »

      « Qu’en pensez-vous? »

      Qu’il faut sortir de votre bulle Laurence.

      Outre que les deux tiers de l’humanité crèvent de faim, quand ces deux tiers ne sont pas tout simplement écrasés par les bombes; outre que dans nos sociétés « opulentes », on ne parle même plus de ce « quart monde » tellement il est rentré dans les mœurs (vous savez ces millions de travailleurs et chômeurs précaires qui vont faire bombance aux restos du cœur), il faut quand même s’interroger un peu sur cette manie qu’on les nantis de vouloir aligner la demande sur l’offre.

      Il y a une offre, qui est conditionnée par le fait que toute production doit répondre à une demande solvable, sans laquelle le profit individuel est illusoire. C’est le marché, un marché impitoyable ne tenant pas compte du besoin des populations, tout obnubilé qu’il est a enrichir le marchand, et seulement lui.

      Il n’y a plus de demande solvable, ou toujours moins. Alors il faut réduire l’offre, parce que le cœur du capitalisme c’est d’organiser la rareté sur les marchés, gage de prix élevés. Le capitalisme ne produit pas, et ne produira jamais pour vos beaux yeux ma chère !

      Mais comment faire pour ne plus produire l’abondance, poison mortel pour la bourgeoisie, parce que débouchant sur des crises de surproduction et des prix (et des profits) bradés ?

      Peut-on décemment crier haut et fort notre intention d’arrêter de produire à partir du moment que nous n’y trouvons plus notre compte: salaud de pauvres !

      Non bien sûr. Alors on va trouver une idée lumineuse. On va confier à 15 000 scientifiques la mission de propager dans la population l’idée que la production tue et pollue. La planète est en danger !

      Trop de monde sur terre ! Il faut régulariser les naissances.
      Trop de gloutons ! Il faut mettre tout le monde au régime, même les maigres.
      Trop de voyage ! Il faut remettre au gout du jour les vacances bucoliques au fin fond de la Creuse.
      Trop d’automobiles ! Il faut faire la guerre aux pollueurs roulant dans des diesels hors d’age. Vive un contrôle technique de classe !

      Nous pouvons multiplier à l’infini ces interdits -vietato- qui viennent toucher les deux tiers de cette humanité qui, du point de vue libérale, ne joue plus aucun rôle dans l’histoire.

      Les besoins élémentaires de cette population, cette demande sociale doublement insensée puisque, d’une part -massive- elle détruirait inéluctablement la planète, d’autre part elle devrait être financé par les riches ( puisque ces enculé de pauvres !),
      IL NOUS FAUT ABSOLUMENT LA RÉGULER.

      Nous allons faire passer aux pauvres l’envie de consommer. Non mais ! Laurence ne consommez surtout plus. Diminuez drastiquement vos fard à paupière, vos produits de beauté en général. Acceptez de devenir laide, voilà l’exigence sournoise mais catégorique de ceux qui organisent la gabegie et l’anarchie de la production capitaliste !

      1. Ca me parait complétement tiré par les cheveux….Ou encore, vous vous mélangez les pinceaux, ou encore, vous vous êtes pris les pieds dans le tapis…
        « Nous allons faire passer aux pauvres l’envie de consommer ». Mais enfin, c’est bien connu: ce sont les pauvres (les masses comme ont dit justement) qui rapportent le plus d’argent aux riches !! Vous savez combien coute un litre d’eau dans les pays où il n’y a pas l’eau courante ? Vous comprenez pourquoi les footballeurs gagnent autant d’argent ? Arrêtez donc de dire des anneries !

      2. @ Daniel Sentenac.

        Oh Daniel, au stade de vos investigations dans la chose publique, ne vous engagez pas aussi catégoriquement dans ce qui vous semble idiot ou raisonnable.

        Âneries pour vous la loi de l’offre et de la demande, la loi de la valeur, et pour aller jusqu’au bout du raisonnement, le besoin urgent de la bourgeoisie de défendre ses intérêts de classe face à une multitude de gueux qui se démultiplie, qui va toujours plus être, pour les nantis, l’obsession principale ?

        Mais maintenant qu’il n’est pas rentable de produire puisqu’il y a plus de marchés solvables ( prenez un élastique, tendez le de toute votre force, lâchez-le, vous venez de faire l’expérience du crédit Daniel ), maintenant que de toute façon, le peu qui restera à produire ce fera avec des robots, robots qui seront conçus, utilisés et maintenus par l’infime partie des travailleurs, les plus qualifiés, qui resteront utiles à la bourgeoisie, maintenant que l’occupation principale de ceux qui possèdent le capital, c’est de le faire fructifier sur des marchés financiers de plus en plus immatériels, comme le bitcoin par exemple, (« économie casino » comme ces idiots de gauchistes osent le dénoncer), histoire de faire toujours plus gonfler leur cagnotte, même pas au détriment d’autres joueurs, puisque les banques centrales font offices de guichets ouverts, et que tant qui l’y aura un dernier acheteur, tout le monde gagnera au pays merveilleux de la spéculation, mais pourquoi voulez-vous Daniel que les possédants ne voient pas dans le reste de la population des pollueurs indésirables ?

        Pour l’instant on met la pression sur eux pour qu’ils fassent en sorte de ne pas trop consommer, Macron va en Afrique pour les inviter à ne pas trop copuler. Mais demain Daniel ?

        Parce que le patronat n’a plus besoin de travailleurs à peu près éduqués, on supprime l’école publique.
        Parce que le patronat n’a plus besoin de travailleurs productifs, donc en bonne santé, on supprime la sécu.
        Parce que la bourgeoisie sent bien que les guerres conventionnelles du passé, nécessitant de mettre en ligne des millions de soldats, c’est fini à l’ère du nucléaire et des guerres technologiques, on ne sait même plus quoi faire de cette multitude de pauvres.

        Que faire ? Que faire lorsque la crise qui vient et qui est inéluctable (cette histoire d’élastique) va jeter sur le pavé des milliards de malheureux ?

        Le Talon de Fer de Jacques London !

        La solution finale des nazis Daniel, voilà la déduction logique du développement naturel du capitalisme, système destructeur de l’unité de la société, quoi que puisse en penser les idiots utiles continuant à croire qu’un tel système peut être sauvé, parce que:

        « Accumulation de la richesse à un pôle, écrivait Marx , signifie donc en même temps accu­mulation de misère, de souffrance, d’esclavage, d’ignorance, de brutalité, de dégradation mentale au pôle opposé  »

        On y est puisque. A ces miséreux, à ces souffreteux, à ces ignorants, brutalement, on entend une petite musique tendant à venir leur faire la leçon: « petit yemenite il ne faut pas que tu t’imagines consommer autant d’eaux qu’un saoudien ! Petit indien il ne faut pas que tu puisses t’imaginer produire autant de CO2 qu’un londonien » etc. etc.

        Daniel ne sous estime jamais l’instinct de conservation d’une classe sociale éduquée et dominante !

        Au yeux du sot , la parole du sage semble une sottise. (Euridipe)

      3. Je ne crois pas du tout dans une théorie du complot comme vous l’entendez. Je crois que la consommation de masse est l’ultime ressort d’un modèle au bout du rouleau. Sans consommation, pas de production. Et les robots fabricant n’ont plus lieu d’être ! On s’est dopé à l’obsolescence programmée à coup d’intraveineuse de marketing direct. In fine, on a branché le système financier directement dans la consommation. Ca n’a pas empêché l’arret cardiaque de la croissance.
        Le constat des puissants qui se dessine (ENFIN!) est: Il n’y a pas de solution de sortie pour le capitalisme, si ce n’est repartir avec une bonne guerre. Mais on en a déjà soupé deux fois, et il sera difficile de dépoussiérer les arguments colonialistes et impérialistes. Une dictature? Déjà soupé. Les gens sont las (et plus éduqués). Ils ne vont plus voter…Pas de chance pour les politiques, ils ne pourront pas leur faire avaler des couleuvres. Alors ? Alors je pense que nous avons les clefs de l’avenir. C’est à nous de nous bouger pour faire comprendre au législateur ce que l’on veut. et ça s’appelle Démocratie. Enfin! Oui au revenu universel complémentaire pour ceux qui sont efficaces et n’ont pas besoin de 35 heures pour faire le travail qu’on leur demande! La motivation: poluer moins! A vous !

      4. Daniel je vous souhaite beaucoup de succès dans votre entreprise.

        Ah la fougue de la jeunesse !

        « Oui au revenu universel complémentaire pour ceux qui sont efficaces et n’ont pas besoin de 35 heures pour faire le travail qu’on leur demande! »

        C’est vrai ça on ne peut pas préparer le révolution au rythme des 35 heures par semaine … sans perte de salaire ajouterai-je ! Faut payer son loyer quand même !

        Que la bourgeoisie verse trois francs six sous, au titre d’un revenu universelle à nos jeunes boucans efficaces, et je ne donne pas cher de son avenir !

        Pensionné du revenu de l’univers , unissez-vous !

        Nous les besogneux, au rythme de notre journée de travail, certes avec plus ou moins d’efficacité, nous vous forgeons les clefs.

        « Alors je pense que nous avons les clefs de l’avenir »

        A vous !

      5. Vous avez un discours formaté (pour ne pas dire frelaté). C’est dommage, on sent très rapidement qu’il est a sens unique, et que l’on perd son temps à parler avec vous.
        La fougue de la jeunesse…On peut dire que vous, la jeunesse, elle vous a quitté depuis longtemps. Vous êtes aigris, recroquevillé sur vos petites revendications nombrilistes. Et vous prétendez être un bon représentant de syndicat moderne avec ce genre de discours lutte des classe ? Il est temps de vous mettre à la retraite. Et je vous en conjure, saperlipopette, arrêtez de faire la leçon !

      6. @ Daniel Sentenac.

        « Vous avez un discours formaté »

        Admettons, vous ne serez pas le premier à présenter le marxisme comme une doctrine sèche.

        « frelaté. »

        Appréciation subjective, puisque si tel été le cas vous n’auriez aucune peine à prouver vos dires.

        « C’est dommage, on sent très rapidement qu’il est a sens unique »

        Ainsi préférez-vous des véhicules qui fonctionnent à voile et à
        vapeur !

        « on perd son temps à parler avec vous. »

        Mais tout dernièrement vous nous disiez que vous n’étiez pas comme certain, les salariés, comptable de leur temps. Faudrait savoir ?

        « On peut dire que vous, la jeunesse, elle vous a quitté depuis longtemps. »

        Lorsque je vous lis je n’en ais pas l’impression, mais passons.

        « Vous êtes aigris, recroquevillé sur vos petites revendications nombrilistes. »

        Ah c’est cela, on est vieux et aigris parce que nous osons être fidèle à certaines idées, nous osons encore défendre des revendications comme par exemple celle de limiter l’exploitation capitaliste à travers une durée légale et générale des heures de travail hebdomadaire.

        « Et vous prétendez être un bon représentant de syndicat moderne avec ce genre de discours lutte des classe ? »

        On fait ce qu’on peut. Mais peut-être un lapsus chez vous avec ce « lutte des classe » sans « s », peut-être révélateur de l’idée que vous vous faites d’un syndicat ouvrier , de son inutilité plutôt aujourd’hui à vos yeux ?

        « Il est temps de vous mettre à la retraite. »

        C’est fait ! Et cela depuis un petit bout de temps maintenant. Mais je n’ose même pas vous l’avouer: de mon temps, l’aristocratie ouvrière, partait à la retraite à 50 ans.

        « Et je vous en conjure, saperlipopette, arrêtez de faire la leçon ! »

        Mais si je vous fais la leçon, parce qu’on ne né pas tout fait, ni vous, ni moi, ni personne. Vous avez la force, j’ai la maîtrise, et qu’est ce que la force sans maîtrise, c’est un dérapage.

        Et vous verrez, vous, comme moi, comme tous les travailleurs, vous allez vous fatiguer, surtout que fougueux, vous êtes parti pour faire pas mal de tête à queue.

        Et un jour vous vous direz: « mince, c’est chouette quand même de se soustraite de l’exploitation capitaliste à 50 ans. Place aux jeunes ! »

        Bref, un jour vous aussi vous aurez vos petites revendications, vous serez recroquevillé sur vos petites revendications nombrilistes.

        Le temps de la réflexion est une économie de temps. Je pense que vous avez besoin d’un peu de réflexion Daniel, ne serait ce que dans les rapports -limites- que vous instaurez d’avec les vieux.

        Vous me rappelez un vieux film de 1999:
        HIMALAYA, L’ENFANCE D’UN CHEF d’Éric Valli.

    2. C’est une grande idée! Le problème est que nous sommes faibles (mortels), et cela n’est appliqué que par une très petite minorité de personnes qui ont une volonté hors norme. Non ce qu’il nous faut c’est la politique de la carotte et du bâton!

  7. Les plus anciens lecteurs de ce blog se rappelleront d’abord sans doute ce que P.J. a pu dire sur la conscience individuelle comme « artefact » de la pensée, un simple mécanisme de ratification des décisions a posteriori. Dès lors en appeler à la « prise de conscience collective » revient ni plus ni moins qu’à demander à ce collectif de prendre acte des choix qu’il a dors-et-déjà fait inconsciemment.

    Or, compte tenu de la tendance humaine dominante à la surface du globe (je ne parle pas de la majoritaire mais bien de la dominante), le choix qui semble avoir été fait de longue date est celui de l’auto-destruction.

    Ainsi, je ne suis pas le moins du monde convaincu que, dans ces conditions, une « prise de conscience collective » soit la chose souhaitable entre toutes. Bien au contraire, on devrait souhaiter que la décision collective ne soit pas encore tranchée et agir pour en infléchir le mouvement.

    J’insiste, agir plutôt que penser, car ce blog témoigne dors-et-déjà de 11 longues années de pensée, sur lequel la seule action jamais mentionnée fut celle de diffuser cette pensée (ce qui n’est évidemment pas rien mais n’est pas tout non plus).

    Par ailleurs, je n’ai jamais réussi à voir Nuit Debout autrement que comme une gentille kermesse sauvage, probablement encore moins porteuse que ces manifs ponctuelles contre tel ou tel projet ministériel, fêtes de la merguez navrantes car invariablement condamnées à l’échec, quoique pour des raisons légèrement différentes.

    En effet si Nuit Debout a fait le choix judicieux de s’installer sur la durée plutôt que dans un « happening » éphémère (les mouvements fructueux se construisent toujours dans la durée, on a jamais vu de « journée(s) d’action » obtenir quelque résultat que ce soit), elle aura en fin de compte essentiellement été un grandiose Blablatron pour jeunes petits bourgeois tout juste politisés ou en voie de politisation. Peut-être utile pour orienter les choix de ces futurs cadres dans un sens plus favorable à la multitude, mais ce n’est même pas sur. Probablement rien de plus qu’un de ces festivals musicaux anodins.

    Ailleurs en France, d’autres mouvements à mon sens autrement plus féconds ont vu le jour ça et là sous le terme générique de « ZAD » depuis plusieurs années. Là, une contestation en actes se construit jour après jour contre le monde tel qu’il est, dans le même temps qu’une proposition du monde tel qu’il devrait être. La mixité sociale y est sans doute bien plus intéressante car nettement plus hétérogène, les activistes urbains se mêlant alors aux paysans locaux, entre autres.

    1. Ça n’est pas rien , mais ça n’est pas tout .

      Non plus .

      Reste à provoquer ou subir le moment où tout s’articule et se conforte mutuellement .

      Aussi lucidement et nombreux que possible , suffisamment convaincus pour en accepter le « prix » , suffisamment convaincants et aimants pour « communiquer , inventer , gérer et agir , oser « .

    2. En effet et c’est ça qui est intéressant et doit multiplié: Occuper dans la durée!
      Le blog de Paul Jorion est la depuis 11 ans ! C’est un exemple très intéressant. Regardez ou nous en sommes aujourd’hui: de la crise financière de 2008, nous sommes passés pas moins a l’idée de l’extinction de l’espèce! Et cela en 10 ans! Combien de temps il nous aurait fallu pour en prendre conscience sans ce cher Blog ? Peut être le double à force de catastrophes à répétition. Combien de temps nous aurait il fallu pour comprendre que c’est justement l’idéologie de l’ultra libéralisme qui accélère notre perte ? Nous avons peut être gagné 10 ans? Grâce à l’occupation de Paul Jorion.

      1. @Daniel

        Au risque de vous décevoir, je n’ai pas attendu ce blog pour envisager que le capitalisme soit un système morbide.

        Alors que j’entrais tout juste dans les études supérieures, début des années 2000, j’avais déjà cette conviction, et d’autres l’avaient encore bien avant.

        De ce point de vue, P.J. ne fait qu’enfoncer les portes qu’avait déjà ouvertes la communauté scientifique depuis des dizaines d’années, sans succès.

      1. @Laurence
        Z.A.D. est à l’origine un acronyme administratif désignant une « zone d’aménagement différé », soit une zone géographique sur laquelle on projette de mener un chantier de btp. Typiquement, le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes par exemple.

        Cet acronyme a ensuite été détourné par des militants pour devenir « Zone à Défendre », notamment dans le cadre du projet NDDL, pour désigner le lieu de contestation active et bien entendu collective de ce type de projets d’une part (notamment quand il semble évident que les instances régulatrices ou de contre-pouvoir sont devenues inopérantes), mais aussi plus généralement de remise en cause de l’exercice des pouvoirs publics et incidemment du mode de vie que le capitalisme veut nous imposer.

        Ce sont des lieux qu’on squatte, remettant ainsi en cause la notion de propriété lucrative (fructus et abusus), que l’on anime aussi bien par des activités culturelles et artistiques que par des parties de cache-cache parfois musclées avec les forces de l’ordre…

        Ce sont en résumé les derniers lieux ou existe encore pour de bon un rapport de forces palpable entre les dominants, leurs factotums et les dominés, bien loin des syndicats ou des blogs rose pâle.

      2. @juan
        Et pour cause, puisque c’est le monde ou rien, ces derniers lieux ( et pourquoi pas premiers) ne sauraient suffire. La ZAD n’est pas le territoire.

      3. @Vincent :

        Je viens de reparcourir cette petite file .
        Votre commentaire était pourtant transparent .
        Une baffe pour Juannessy ( bien utiles les pseudos) .

    3. Dissonance,

      Vous dites en quelque sorte qu’il ne faut rien attendre d’un « éveil » subit qui ferait que les choses pourraient enfin changer.
      En effet, les inflexions qui nous sauveront de la panade travaillent en profondeur à l’insu de notre conscience. C’est en ce sens il me semble que Paul peut déclarer que les gens qu’il a rencontrés sont prêts. Il ne s’agit pas d’une décision, mais du résultat de quelque chose qui a muri, le travail sur les idées bien sûr, mais l’évolution d’une situation générale qui chaque jour réduit le nombre des échappatoires douteuses.

      De fait, oui, la société de consommation va toujours bon train, il ne semble pas y avoir grand progrès, mais en réalité ce n’est plus avec le même entrain que l’on va consommer. De façon plus ou moins confuse chacun il me semble ressent comme un malaise qui est là et accompagne nos vies de consommateurs.

      Concernant Nuit Debout il me faut rétablir une certaine vérité.
      Pour avoir observé le mouvement de très près place de la République, je peux témoigner que c’était loin d’être un rassemblement de bobos. Il y en avait sans doute qui passaient par là, y venant alors par curiosité, mais le lot commun c’était surtout des jeunes, des jeunes qui pour certains découvraient là politique sous un nouveau jour.
      On pouvait y croiser des féministes, des militants contre les conditions carcérales intolérables, des associations luttant pour la cause animale, des écolos bien sûr, des anti-nucléaires, des contre la loi travail, des pour le revenu de base, des pour la gratuité, etc, bref tout ce que la gauche peut comporter d’hommes et de femmes qui ne se satisfont pas du monde comme il va et qui voudraient d’un autre monde.

      Bref toutes les facettes de la gauche étaient représentées et tout ce petit monde se parlait dans les assemblées parfois très grandes ou simplement réduites à des groupes de quelques personnes. Les idées pouvaient ainsi circuler. A mon sens c’est cela le point fort de Nuit Debout, de la pensée qui s’échange, à la volée, au hasard des rencontres !

      Il ne s’agit pas non plus d’idéaliser le mouvement, il y avait vraiment de tout, y compris certaines personnes dont je ne partageais pas les idées comme les spécistes par exemple, ou encore moins recommandables, mais au moins si quelque chose paraissait critiquable, aussitôt une réplique pouvait fuser.

      Pratiquement l’accent fut mis sur les prises de parole « libres », lesquelles pouvaient être recueillies dans les commissions, lesquelles multiples et difficilement coordonnées selon un programme déterminé et déterminant a sans doute rendu impossible tout débouché politique hors la place, si ce n’est négativement dans les franges qui voulaient en découdre avec la police aux abords de la place et ailleurs, notamment lors des manifs.

      Ce mouvement était donc animé de poussées contradictoires, la parole des uns et des autres se mêlant et s’opposant tout aussi bien dans un mouvent globalement centripète, la place étant le lieu qu’il fallait occuper. Ceux qui l’ont approchée cette place de la République en garde le souvenir de quelque chose de fort, même si ce n’est qu’une étape, de quelque chose à venir, qui n’a pas encore accouché.

      Si les gens sont prêts aujourd’hui, relativement plus prêts qu’avant si on peut dire, Nuit Debout sans être la cause de la transformation en cours, y a contribué en tant que point de ralliement à une cause nécessaire et vitale.

      Alors que le mouvement touchait à sa fin, j’ai vu quelques individus déployer un filin entre deux arbres puis venir y accrocher en rappel un petit calicot où il était simplement écrit : RIEN.
      Ces individus pointaient du doigt l’absence de portée de Nuit Debout, déçus peut-être qu’il n’ait pas été assez radical dans l’action, ou autre chose, je n’ai jamais su vraiment ce que ce RIEN voulait dire. Toujours est-il que, malgré ou à cause de ce rien, il s’est passé quelque chose pendant toutes ces semaines à Nuit Debout.

  8. Pardon pour la digression , mais on dit Santenac ou Sentenac ?

    PS : J’ai travaillé à Belfort avec un Sentenac , ancien mécano sur Mirages de la base de Dijon , reconverti en instructeur de permis de construire lors de sa retraite militaire . Ce nom ariégeois est suffisamment rare pour que je vous demande si vous auriez, par extraordinaire, un lien de parenté .

      1. Merci de l’écho .

        Si tous les Sentenac sont aussi tenaces , rigoureux et honnêtes que  » le mien » , on peut espérer de vos intentions .

      1. @ Dissonance
        Votre remarque à l’attention de Michel est dissonante à l’encontre de quelqu’un qui agit le mieux qu’il peut et qu’il est possible depuis de nombreuses années.
        J’aimerais bien visiter les jardins potagers dans lesquels il œuvre.

      2. Merci ecodouble
        Les potagers ne sont pas extraordinaires mais c’est la démarche qui compte. Ce qui compte est de donner l’exemple d’un sol couvert en permanence et le plus dur est de convaincre les vieux jardiniers.
        Votre commentaire m’incite à présenter sur A2C un article concernant cette démarche et un autre sur des couverts de « mauvaises herbes » que j’ai commencer cet automne.
        L’agriculture en vrai ce sont les 80% d’agriculteurs de par le monde qui travaillent encore à la main ou presque.
        Le gigantisme industriel n’aura duré que quelques décennies, ce qui n’empêche pas la technologie pour autant qu’elle renforce la démarche agroécologique qui n’est rien autre que de copier la forêt.

  9. @Mathieu Van Vyve
    5 décembre 2017 à 11 h 46 min
    Que penser de l’attitude des députés concernant ce dernier vote où il était question du prélèvement supplémentaire de CSG sur les retraites?
    https://www.change.org/p/12586471/u/22103425?utm_medium=email&utm_source=petition_update&utm_campaign=201374&sfmc_tk=V4tkgfO2FpznVFCI68UjIknMj68zdbZIaMKRvFGad9SRzhLytiS3Q%2fM6QGA30Mni&j=201374&sfmc_sub=219390767&l=32_HTML&u=37161737&mid=7259882&jb=38

  10. @Juannessy
    « Pardon Adoque , la question était pour Ecodouble ! »

    ça pourrait faire Ecotriple !
    Rien de grave, adoque n’est qu’un « esprit farfelu » qui hante, de temps à autre, un blog sérieux 🙂

    Pardonné !

      1. Il semble probable que la mitose produise plus facilement de Ecoquadruple, Ecooctuple… que des Ecotriples…

        Multipliez-vous, emplissez la terre…
        mais veillez quand-même à ne pas la faire déborder !

      2. Adoque
        Si j’étais une bactérie, pathogène, mes idées se rependraient parmi les fhoemmes. Et le Monde serait sauvé. Amen.

      3. Ecodouble,

        Pourquoi inventer un mot laid alors qu’il existe déjà des mots comme les êtres, individus, personnes, corps, gens, créatures, prochains, par exemple affiliés à humains ?

        Trouvaille inclusive ?

  11. Merci M Jorion !
    Le BPJ m’a « précédé » mdr…, je suis addict de « cette chanson là » !

    La Musique Que J’aime, par Johnny Hallyday

    Toute la musique, que j’aime
    elle vient de là elle vient du blues
    les mots ne sont jamais les mêmes
    pour exprimer ce qu’est le blues

    J’y mets mes joies, j’y mets mes peines,
    et tout ça ça devient le blues
    je le chante autant que je l’aime
    et je le chanterai toujours

    Il y a longtemps sur des guitares
    des mains noires lui donnaient le jour
    pour chanter les peines et les espoirs
    pour chanter Dieu et puis l’amour

    la musique vivra tant que vivra le blues

    Le blues ça veut dire que je t’aime
    et que j’ai mal à en crever
    je pleure mais je chante quand même

    c’est ma prière pour te garder

    Toute la musique que j’aime
    elle vient de là elle vient du blues
    les mots, les mots, les mots ne sont jamais les mêmes
    pour exprimer ce qu’est le blues

    J’y mets mes joies, j’y mets mes peines,
    et tout ça ça devient le blues
    je le chante autant que je l’aime
    et je le chanterai toujours

    Il y a longtemps sur des guitares
    des mains noires lui donnaient le jour
    pour chanter les peines et les espoirs
    pour chanter Dieu et puis l’amour

    Le blues ça veut dire que je t’aime
    et que j’ai mal à en crever
    je pleure mais je chante quand même
    c’est ma prière pour te garder

    toute la musique que j’aime
    elle vient de là elle vient du blues
    les mots ne sont jamais les mêmes
    pour exprimer ce qu’est le blues

    Je ne suis pas fan mais …Bravo et merci Johnny, ton feu incandescent continuera de brûler dans tes créations. L’Edith Piaf du rock français comme cité par un journaliste. Bel hommage. So long.

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