« Qui étions-nous ? », à paraître chez Fayard en mai 2018

The same in English here.

Qui étions-nous ? Défense et illustration du genre humain

Argumentaire

Comment réagissons-nous devant la menace réelle d’extinction du genre humain ? Dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière (2016), j’ai caractérisé cette manière de « molle », à la limite du déni pur et simple, accompagnée de l’exigence embarrassante par son infantilisme, que toute tentative de solution doive, pour être envisagée, faire la preuve qu’elle dégagera du profit.

Ici, dans Qui étions-nous ? Défense et illustration du genre humain, je dresse l’inventaire de ce que nous, êtres humains, manifestations du vivant, avons pu comprendre jusqu’ici de notre destin. J’évalue chaque élément et je rassemble ces fragments pour en faire un tout, en espérant que ce tout puisse assurer notre salut. Un salut sérieusement compromis aujourd’hui du fait de notre indifférence, ou dit plus charitablement, du fait que nous ne nous en préoccupons que de manière intermittente comme d’une question secondaire et peu urgente.

Le scénario le plus optimiste parmi les plus plausibles, dans un contexte de destruction accélérée des conditions de vie de notre espèce à la surface de la Terre, a cessé d’être celui de machines de plus en plus intelligentes à notre service, logiciels, robots et autres algorithmes, pour être celui de notre remplacement pur et simple par ces machines que nous avons créées. Une telle évolution représenterait sans doute un exploit inouï de l’espèce humaine au regard de l’histoire de l’univers tout entier, l’homme ayant réalisé à lui seul une étape inédite : ayant prolongé le biologique dans un impressionnant dépassement par rapport à celui-ci, par l’invention du domaine entièrement neuf du technologique. Mais elle se ferait sans nous.

L’homme aura été capable de concocter un substitut technologique à la vie biologique, et celui-ci envahit maintenant son environnement au point de prendre petit à petit sa place, mais il aura échoué à maintenir les conditions de sa propre survie dans son environnement naturel.

Nous découvrirons peut-être hélas dans les années ou dans les mois qui viennent, qu’assurer la survie de notre espèce est en réalité une tâche irréalisable de par sa nature même : la tragédie ne serait pas l’une des facettes du destin personnel mais la vérité profonde de la destinée du genre humain. Mais il ne faut pas en préjuger : il faut s’en assurer au-delà de tout doute possible, il faut explorer la question pouce par pouce, offrir sa chance à la moindre opportunité de démenti. Si ce devait être le cas quand même, il est impératif que la démonstration qu’il en est bien ainsi ait été en tout point irréfutable.

Telle est la conclusion à laquelle il est raisonnable d’aboutir au sein de notre propre culture. Mais que penser si nous incluons au panorama, pour élargir la perspective, les autres cultures ?

À première vue, ni la situation en Chine en ce moment, ni chez nous, ne semblent proposer des réponses simples et évidentes quant à ce qu’il conviendrait de faire maintenant pour éviter l’extinction. Les Chinois en trente-cinq siècles, et nous en vingt-cinq, chacun avec les moyens du bord, avons découvert dans deux voies d’approche extrêmement différentes, une part importante de la solution globale nécessaire, et il s’agirait maintenant pour mettre celle-ci au point sans tarder, d’intégrer les éléments constitués chez les uns et les autres, et de manière indépendante jusqu’à tout récemment, en un tout cohérent.

Si nous voulons survivre en tant qu’espèce, il nous faut sans plus tarder passer la vitesse supérieure. Il faut pour cela réunir l’équipe de ceux qui ne se résolvent pas à notre remplacement définitif par ces machines que nous avons inventées, l’équipe de ceux qui veulent qu’il y ait encore à l’avenir ce que nous appelons aujourd’hui « la vie quotidienne », qui entendent bien que des « générations futures » répondent encore à l’appel. Il faut pour constituer cette équipe, des femmes et des hommes qui soient précisément résolus, bâtissant sur les principaux acquis de l’humain, de la réciprocité au génie technologique.

C’est l’appel lancé ici dans Qui étions-nous ? Défense et illustration du genre humain.

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