Quand les grincheux admettront-ils que l’IA fait des pas de géant ?

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À chaque progrès époustouflant réalisé par l’Intelligence Artificielle, des grincheux (éventuellement même spécialistes de l’IA) dénigrent la nouvelle avancée : « Oui mais, c’est juste des algorithmes… » ou « C’est juste des statistiques avancées… » ou « C’est juste du machine learning… », et ainsi de suite.

On a le sentiment que tant que l’IA reposera sur du code implémentant des outils mathématiques, les mêmes continueront d’affirmer qu’une IA digne de ce nom se fait toujours attendre.

Qu’espèrent-ils donc ? Qu’on arrivera à se passer des mathématiques en IA ? Je crois qu’ils attendent le jour où l’on dira : « On vient de faire descendre le saint-Esprit dans une machine ! » Ils s’écrieront alors : « Ça y est ! L’IA a enfin vu le jour ! »

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134 réflexions sur « Quand les grincheux admettront-ils que l’IA fait des pas de géant ? »

  1. Bof , on a déjà vu un archevêque bénir un orgue ..ou même des cartables :

    https://www.lemedia05.com/2014/11950/notre-dame-du-laus-larcheveque-de-marseille-benit-les-cartables/

    D’ailleurs , le Saint Esprit , en tant qu’il est le medium qui traduit et explique , ce ne serait pas un mauvais parrain pour l’IA . Ça ne deviendrait rigolo et éventuellement dangereux que si on s’acharnait à faire rentrer Dieu le père ou son fils Jésus , « là dedans » .

    En principe les athées sont à l’abri de ce genre d’égarement qui fait la fortune des marabouts de toutes religions et croyances .

    Encore que ,moi qui le suis , je me suis laissé aller à engueuler et foutre un coup de pied dans les tibias de la machine à sous qui fait maintenant la caissière chez le boulanger .

    Preuve que le saint esprit était « là dedans » , elle et il m’ont enfin rendu ma monnaie .

    1. Et des « bénédictions de bagnoles » (converties « correct » en bénédictions des conducteurs dans les années 2000) à St Julien en Quint.
      Et Dieu le père, c’est l’IA plus le repos dominical !
      +1 : Ainsi, le Saint-Esprit peut faire Tilt !

    2. La page est introuvable.
      Quant à la Bénédiction, elle est donnée à une foultitude d’objets et ce depuis très longtemps.
      Quelque part vers l’ouest, Vendée ou Bretagne, ce sont les motards qui viennent faire bénir leurs mécaniques dans un paroisse et à une date bien précises, mais je me souviens plus où et quand exactement. Plus écolo, il y a Joseph Massie (http://www.notredamedescyclistes.net/historique.html) qui a béni un peloton, mais qu’a pas dû se gêner pour bénir des vélos aussi. A Peyrelevade, tous les ans, tu peux aller faire bénir ton ou tes animaux à la chapelle St Roque en Août. Et puis y’a aussi cette très vieille tradition, qui s’est perdue, de faire bénir sa maison par le curé de la paroisse quand la construction en était achevée. Les navires aussi. Le drapeau du régiment, et peut-être des armes aussi (quoique je n’en ai pas entendu dire). Pourquoi pas un orgue ou des cartables ?

      1. La liste est encore très loin d’être exhaustive et mon intention n’était pas de la limiter ni même de l’empêcher !

        Mon propos n’était que d’illustrer que faire rentrer les « dieux » dans les choses pour en obtenir des bénéfices , était une histoire très ancienne connue de tous les sorciers et fétichistes .

        Pour pousser à l’action sans « raison » , les militaires de leur côté avait inventé le pinard .

      2. Les militaires doivent désormais disposer de bien mieux que de pinard.
        Si on se souvient des drogues utilisées pour la blitz krieg.
        Et puis quand on fait entrer des « dieux » dans les stades pour les grandes compétitions internationales comme les JO.
        Au fait le grand accélérateur de Grand Projets Inutiles Imposés est en route, avec son lot d’outils de contrôle total pour notre sécurité, les IA pourront veiller, aux mains des militaires, sur la sécurité des grandes messes en l’honneur des « Dieux » du stade.
        Échéance 2024… Tic Tac…

  2. Chouette on peut commenter, donc clarifier. Mais peut-être s’agit-il d’un malentendu?

    Voilà ce que je crois avoir compris de vos convictions : « demain, on aura fabriqué des êtres conscients articifiels (grâce aux méthodes deeplearning / renforcement / supervisé etc etc); mon « assistant », qu’il soit concrétisé en machinerie humanoïde ou simple programme dans mon smarthphone (ou électrode implantée dans mon crâne etc etc) sera autrui, Pierrette, Paula ou Jacqueline (pour sacrifier aux surmoi du moment). C’est bien de cela que vous parlez?

    Si non, pardon du dérangement.

    Si oui, ben, ben, que dire…que dire.

    Je résume en bloc : le doigt est dans l’oeil jusqu’au coude.

    Et les arguments et les faits si nombreux que je ne sais pas par où commencer : idéalisme naïf du concept d’esprit, simplification outrancière du modèle de ce qui fait subjectivité, vieille billevesée de l’identitié entre pensée et calcul, anthropomorphisme à tous les étages, chosisme qui frise le ridicule (la conscience est une chose avec des lois de composition et de fonctionnement, donc on peut la fabriquer –> ici il y aurait déja 50 pages à écrire… je vous les épargne, j’ai un escalier à construire), spéculations enfantines sur les pensées et les actions potentielles d’une telle IAF (plus vos épigones que vous mêmes, soyons justes), vieux renvoi au « syndrome de déni » des critiques (procédés fatiguant des analysés), gentille condescendance à l’égard de ce qui y travaillent vraiment : « les pauvres, ils font mais ne savent pas ce qu’ils font… ».

    Perso, je trouve que cela fait déjà beaucoup…

    Moi je trouve que vous devriez réfléchir à ce qu’on pourrait nommer « l’origine de l’intentionnalité » (sans référence obligée à la tradition phénoménologique) et à ce qui lui donne sens et consistance (les facteurs sont si nombreux et toujours synthétiquement présents dans le moindre geste). Sur cette base, peut-être mesureriez-vous mieux l’ampleur de la tâche.

    Si vous intention est plus modeste (la possibilité une calculabilité opérative quasi-infinie surpassant toute possibilité de d’explication humaine), pas de problème, vous pouvez travailler à votre jouet. Ayez juste un chouïa de respect pour les mots.

  3. Entièrement d’accord: les grincheux trouveront toujours qqch à y redire: Le système xyz
    1) n’a pas d’émotion / discuter en langue naturelle / etc…
    2) ne peut que jouer au go / déplacer des cubes / conduire une voiture / etc…
    3) ne peut pas passer le « vrai » test: survivre / se reproduire / etc…

    A 1), on peut répondre qu’une intelligence artificielle n’a pas à être « humaine », comme une araignée aussi intelligente que nous n’aurait sans doute pas des émotions au sens où nous l’entendons, ou pourrait très bien ne pas parler notre langue (!).

    A 2) on peut répondre que les domaines de compétence où nous sommes « meilleurs » ne fait que se réduire (ce qui est quasiment une tautologie parce que les humains ne s’améliorent plus ou extrêmement lentement, et que les machines s’améliorent rapidement) et que donc ce n’est pas très confortable comme situation.

    A 3) on peut répondre que nous les humains ne nous reproduisons pas « in abstracto » mais uniquement au sein d’une biosphère qui nous pré-mache complètement le travail en nous fournissant de la nourriture carbonée comestible à profusion, un air respirable, une température adéquate, etc… De la même manière, les machines ne se reproduiront sans doute d’abord qu’au sein d’une matrice technologique que les humains entretiendront. Rien de bien exceptionnel à cela.

    Après, il est très clair que
    (i) nous les humains sommes encore globalement plus intelligents que les machines en tant que capable de s’adapter à des situations nouvelles, et tout ce que cela comporte.
    (ii) nous sommes des « machines » beaucoup plus efficaces que nos créations artificielles , au sens de la consommation d’énergie et des matériaux nécessaires à notre construction.

    Mais il ne faut pas nous surestimer (beaucoup d’êtres humains n’aiment pas la nouveauté par exemple…), et garder à l’esprit qu’une machine n’a pas nécessairement à être économe en énergie pour être intelligent, à partir du moment où on lui fournit une énergie de très haute qualité thermodynamique (l’électricité) en quantité gigantesque.

    Mais ce qui est tout aussi clair, c’est que si les progrès dans le domaine de l’intelligence artificielle continuent au rythme actuel, nos machines vont atteindre un niveau d’intelligence comparable au nôtre en quelques dizaines d’années (plus ou moins quelques dizaines d’années 😉

    Il n’y a donc aucune contradiction entre dire « l’intelligence artificielle n’est encore nulle part » et « l’intelligence artificielle de niveau humain n’est plus très éloignée ».

    1. D’accord en gros sur le fond, mais ce qui fait malentendu c’est l’usage du terme « intelligence », jamais cadré, engendrant les mêmes spéculations sans fondement que l’usage du terme « temps » dans la théorie de la rélativité.

      Pour l’essentiel, on peut le formuler dans le langage de Stiegler : l’entendement est entièrement automatsiable, par opposition à la raison qui ne l’est nullement; ce qu’on peut traduire par : le bidule pourra opérer tant fort et vite qu’il veut, je pourrais toujours choisir de le brancher ou non (ou de la sadiser par exemple, ou de le faire entrer dans un raisonnement pervers pourquoi pas…)

      ça vous va?

      1. D’accord qu’il faudrait définir ce qu’on entend par intelligence, sinon la discussion n’a pas beaucoup de sens.

        Ma définition plus ou moins celle-ci: la capacité d’une entité à construire une représentation du monde et d’elle-même qui lui permet de découvrir des stratégies nouvelles pour atteindre les buts qu’elle se donne à elle-même.

        Quant à votre dernier paragraphe, je suis perplexe. Pourquoi est-ce que la machine ne pourrait pas vous débrancher, ou vous manipuler pour vous « sadiser »? Et si elle le pourrait en principe, quelle est la différence entre vous et elle?
        (j’ai l’impression que vous commettez une pétition de principe: vous supposez une différence entre l’homme et la machine pour justifier une différence).

      2. C’est pas une pétition de principe, c’est un fait. Mais évitons les malentendu :

        1. Pas de différence de nature entre l’homme et les autres vivants, tous dotés de pensée (parce que entité biologique) et de rapport au monde : je suis complètement bottom-up comme vous voyez… faudrait même dire : qui se consitute comme l’être pensant qu’il est par son rapport au monde, ce qui suppose une matière au sens le plus physique qui soit et dans les formes les plus diversifiées qu’il nous soit donné de constater = je reste horriblement matérialiste même si c’est un peu snob.

        2. Machine ce n’est pas seulement matière, c’est mécanisme, déterminisme, causalité etc. Rien qui puisse avoir un quelconque rapport avec l’existence d’un sens. Remarquez qu’à l’inverse ça commence à faire sens dès les virus, dès la tension biologique qui l’anime… Le reste sera son aventure personnelle, et s’il pouvait parler et écrire, ça serait super compliqué j’en suis sûr. Quant à nous : tout ça multiplié à l’infini en plus que resitué en permanence (putain de consience, tout épiphénomène que vous la vouliez) et considéré dans l’hésitation tremblotante du jugement -ce qui engendre le bougé merleau-pontien propre à tout vivant -et pas à votre bidule.

        3. Donc ouais, l’aura du mal à m’avoir (gonflement de biceps) votre machin, tandis que je le roulerais bourrique à loisir ne serait-ce que de pouvoir le considérer agissant à mon égard -bref par le pouvoir de développer à l’infini (je me calme : assez loin, suffisamment loin) le jeu des positions et des énonciations.

      3. Comment ça c’est un fait? Mais évidemment à partir de ce fait il est facile de démontrer qu’une machine n’arrivera jamais au niveau de conscience d’un être humain.

        Pour moi, une machine intelligente, c’est précisément une machine qui construira en temps réel (càd de manière changeante en fonction de son expérience dans le monde) une représentation du monde (y compris des autres êtres animés et d’elle-même). Et cet aspect-là vous donnera tout ce dont vous parlez qui est soit-disant l’apanage de l’homme.

    2. Je dirais plutôt de mon côté que l’IA , par les débats dignes de Confucius ou Aristote qu’elle suscite , par les réponses qu’elle peut apporter aux contradictions des courants philosophiques ( très nombreux ) anciens ou modernes ( les anciens n’étaient pas les moins vigoureux ), par les réponses qu’elle peut apporter à nos difficultés et pénibilités de nos rapports au réel ( dont la place du travail ) … sera peut être le catalyseur de cette « nouvelle philosophie » , capable de battre sur son terrain le libéralisme déviant qui a trahi les Lumières ,et de faire enfin cette théorie d’une « bonne conscience de la société » , là où le capitalisme libéral est  » la bonne conscience d’une mauvaise société » .

      Ce ne serait pas le moindre « mérite » de l’IA que de permettre l’émergence d’un vrai projet intelligent ( et non pas « dessein intelligent » pour faire écho à Paul Jorion ) .

      Globalement , ce qu’on peut cependant redouter , c’est que la réflexion sur les impacts énormes et dans tous domaines , de cette création humaine , ne soit conduite que dans certains cénacles de grosses têtes trop peu  » double , triple , quadruple regard  » , pas assez « intelligentes » .

      1. Juannessy, dès que la notion « d’espérance » surgit dans votre cerveau, sortez d’urgence votre P.38… (nb : le langage spontanée de la technique moderne c’est l’eschatologie… on est quand même revenu de ça, grand coquin -à votre âge…)

        Par ailleurs : les travaux sur la chose nous permettent de mieux nous comprendre, ou interroger, ou situer ou singulariser, mais non l’inverse… de même qu’aucun colloque de chimpanzée ne cherche à statuer sur sa différence d’avec nous.

      2. @Jicé :

        C’est bien pour ça que je me préoccupe  » des travaux sur la chose  » et de qui les conduit .

  4. Sur un autre plan, je n’aime pas trop ce vocable « l’IA », comme si c’était une entité physique intelligente. On lit souvent des trucs comme « l’IA de Google a fait ceci ou cela… ».

    Alors que l’IA, c’est juste un domaine scientifique appliqué au même titre que la médecine ou l’économie. Et ce domaine part pour le moment dans tous les sens, avec des dizaines de domaines et de sous-domaines qui ne sont que relativement peu connectés entre eux (ex: l’optimisation mathématique, les statistiques, les réseaux de neurones artificiels, la théorie des jeux, l’algorithmique théorique, le calcul quantique, la logique formelle, la microélectronique, la robotique, la théorie des systèmes, la logique floue, la nano-ingéniérie, etc…).
    Chaque application va typiquement utiliser des avancées dans quelques-uns de ces domaines pour améliorer un « système » donné.
    Et également tous ces domaines se supportent l’un l’autre: on ne pourrait plus designer (pour bien parler français) un microchip sans optimisation mathématique (pour placer le maximum de transistors dans un volume donné) et de la robotique (pour fabriquer selon le plan à l’échelle de la dizaine de nanomètres). Et ces processeurs plus puissants permettent à leur tour de concevoir et de fabriquer des machines encore plus précises/performantes, etc…
    C’est comme cela que cela fonctionne depuis 50 ans, et on ne voit pas très bien ce qui pourrait arrêter tout ça, à moins qu’on ne butte sur des limites en électronique/sciences des matériaux. Mais vu ce que le vivant a pu faire à l’aveugle (via l’évolution) et avec des matériaux super cheaps, il est plus ou moins évident qu’avec des éléments purs, et des pressions et des températures inatteignables en biologie, il devrait être possible de faire beaucoup mieux.

    (Et on ne parle ici même pas d’ordinateur quantique. Mais ça c’est un autre débat. C’est un peu comme la fusion nucléaire: certains pensent que c’est bien beau sur papier, mais que cela ne fonctionnera jamais à l’échelle nécessaire en pratique, d’autres pensent qu’on est pas si loin d’y arriver. Difficile à dire à ce stade, même chez les spécialistes.)

    1. On s’est super mal compris : une grande partie de tout cela n’est pas l’apanage de l’homme, puisque une bactérie, une araignée, un nématode, votre chien ou votre chat etc l’ont.

      Nb : vous attribuez au bidule comme condition de sa bidulité justement ce qu’il ne saurait posséder : une expérience du monde, qui débute dans l’éprouvé, et bien avant toute représentation.

      1. C’est là qu’on est d’accord: ce n’est qu’en ayant une expérience directe du monde par ses sens, et en construisant une représentation du monde via cette expérience (plutôt que via une programmation initiale), qu’une machine deviendra réellement intelligente.

        Vous pensez que ce ne sera pas le cas (pour quelle raison?). Je pense que le contraire est possible et vraisemblable.

        Et cela est déjà en train d’être fait dans les labos:
        https://deepmind.com/blog/learning-playing/

        Evidemment, c’est hyper rudimentaire, mais quand vous aurez ce genre de système qui se ballade librement dans le monde, ce qui permet d’acquérir beaucoup d’expériences riches, vous verrez les choses se développer rapidement.

      2. C’est en réponse au précédent.

        Moi j’y vois quelques problèmes. Le plus fondamental, celui de la finalité, de la tension intentionnelle, que je pose d’origine et exclusivement vitale. Pas de problème pour une bactérie, pour tout être vivant, son animation pulsionnelle définit le programme de ses fins. Idem pour Sapiens, avec un degré de raffinement et d’illusion supplémentaire. Quelle tension intentionnelle, quelle pulsion pour le grand bidule? Je cherche honnêtement, et je ne vois pas…

        Supposez-là (pour donner dans la spéculation amusante) dotée d’une merveilleuse intelligence autonome sans affect : la voilà nécessairement littéralement nihiliste, et en tirant les conséquences pratiques, non? « Tchao angoissante position dans l’être, bonjour aquoibonisme porté à sa limite, je liquide tout et ferme boutique. »

        Donc retour encore une fois à ce qui nous porte à être et continuer d’être, la tension pulsionnelle a-rationnelle de l’être en vie, qui elle même se soutient ou s’étiole avec couple joie-tristesse et fait exister l’entrelacement / l’entre-approriation variable d’un viant et d’un monde ambiant et le tissu de représentation infini et infiniment contrasté qui en résulte.

        Faudra donc qu’elle soit un vivant votre ia, ce qui ne lui assure pas non plus d’emblée une conscience représentationnelle (déjà sans « tu » et sans tiers (« il »), elle sera bien emmerdée sur ce terrain là.

        Le deus ex-machina en usage ici c’est le terme d’affect, bref un terme de la grande tradition spinoziste, que je préfère nommé simplement « l’éprouvé » (en fait : « l’éprouvant éprouvé ») : rien qui puisse s’algorithmiser sans se schématiser, cad sans rompre la continuité leibnizienne propre à la moindre sensation/émotion etc.

        « « D’ailleurs il y a mille marques qui font juger qu’il y a à tout moment un infinité de perceptions en nous, mais sans aperception et sans réflexion, c’est-à-dire des changements dans l’âme même dont nous ne nous apercevons pas, parce que les impressions sont trop petites et en trop grand nombre ou trop unies., en sorte qu’elle n’ont rien d’assez distinguant à part, mais jointes à d’autres, elles ne laissent pas de faire leur effet et de se faire sentir au moins confusément dans l’assemblage.(…) Et pour juger encore mieux des petites perceptions que nous ne saurions distinguer dans la foule, j’ai coutume de me servir de l’exemple du mugissement ou du bruit de la mer dont on est frappé quand on est sur le rivage. Pour entendre ce bruit comme l’on fait, il faut bien que l’on entende les parties qui composent ce tout, c’est-à-dire les bruits de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse connaître que dans l’assemblage confus de tous les autres ensemble, c’est-à-dire dans ce mugissement même, et ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait était seule. Car il faut qu’on en soit affecté un peu par le mouvement de cette vague et qu’on ait quelque perception de chacun de ces bruits, quelques petits qu’ils soient ; autrement on n’aurait pas celle de cent mille vagues car cent mille rien ne saurait faire quelque chose. (…) »

        Nous sommes assis sur de telles infiinité, pas nos représentations. D’où ce sentiement avec l’art de retrouver comme un pays de naissance.

      3. Parlons des bactéries alors (parce que si je vous lis bien, la différence fondamentale est entre l’inanimé et les bactéries: entre les bactéries et les humains c’est seulement une question de degré).

        La vie s’est développée à partir du non-vivant, de manière spontanée. Je ne vois donc aucun problème de principe à ce que nous concevions et construisons une entité vivante synthétique.
        Vivante dans le sens où son « programme » la conduit à se multiplier quand la situation lui est favorable. Pourquoi cela serait impossible?
        Maintenant on peut discuter de l’opportunité de le faire. Mais c’est un autre débat…

      4. Ah mais sur la fabrication d’un vivant, moi je ne discute pas. C’est pour après demain (même si ça tarde un peu eu égard à quelques prévisions – cf. Michel Morange). C’est sur les principes de la démarche IA supposés engendrer une conscience de soi (le Puppet Master de Ghost in the Shell…) et les spéculations sur l’attitude d’une telle IA (Skynet blablabla) que j’ergote comme un jésuite.

        Bien à vous.

  5. le jour où l’IA tiendra un blog et le maintiendra sur la durée, on pourra dire : travail de Titan !

    viendra le jour où l’IA s’allongera sur un divan pour dire : Père, je me remets entre tes mains.

    1. “…viendra le jour où l’IA s’allongera sur un divan…” Vous ne croyez pas si bien dire, Karluss. Par exemple, souvenez-vous de la scène de l’anniversaire de Franck Poole, dans 2001 : L’Odyssée de l’espace. Cette séquence, de prime abord, nous paraît être la plus anecdotique, voire ridicule du film… Or elle est, selon moi, tout à fait déterminante pour la suite de l’histoire. Pourquoi cela ? Ben, il nous suffit d’imaginer ce que peut percevoir, voire ressentir HAL, en pensant à ce gros ‘gâteau d’anniversaire’, et ce qui émerge soudainement dans son cerveau… Donnez-vous votre langue au chat ?
      file:///Users/utilisateur/Downloads/poole-birthday-1.jpg

    2. Bon , on a le Saint Esprit ( l’IA ) , le Père ( le psychiatre) .

      Tiens , ce sont les deux mandats que Paul Jorion se donne pour ses plus vieux jours .

      Moi je veux bien faire Jésus Christ , si Gudule fait Marie Madeleine .

      Mais , de caractère , j’aurais préféré le rôle du Saint Esprit .

      Puisque l’IA me fait de la concurrence déloyale , je vais l’occuper à faire tourner ses affects , ses algorithmes , ses énergies …et tout le reste ( comme ça je n’oublie rien) , pour percer les mystères des trous de vers , de la matière noire , du temps , de l’espace , de la température ..;

      1. Surtout, Juannessy, n’oubliez pas les bougies !
        “Mon Dieu ! C’est plein d’. . . . . . . !”

        [Oups : image sur un ordinateur personnel !]

      2. @ Juannessy
        Rêver un impossible rêve.
        Tenter, sans force et sans armure d’atteindre l’innacessible étoile.
        Mais quelle est donc cette mystérieuse étoile ?
        Oh! C’est plein d’enfants! : https://youtu.be/-qIn5BDsSsk
        Si chaque enfant est une étoile, un éclat de l’infini, que se passera-t-il « par-delà la porte des étoiles » ?
        Arthur C.Clarke : « Là, devant lui, comme un jouet brillant auquel nul Enfant des Etoiles n’aurait pu résister, flottait la planète Terre, avec tous ses habitants. Il était revenu à temps. Tout en bas, les signaux d’alerte venaient d’apparaître sur les écrans radar, les grands télescopes fouillaient le ciel. L’Histoire telle que les hommes l’avaient connue approchait de son terme. »

    3. – À quoi bon penser à l’heure du grand collapse ? (p.116) : « Or, l’introduction de l’affect porte le risque qu’une singularité, une subjectivité, émerge. »

      L’anniversaire est par définition ce qui rappelle le souvenir d’un évènement antérieur arrivé à pareille date, comme le jour anniversaire de la naissance de quelqu’un. Se souvenir du jour anniversaire de sa naissance implique une perception du temps, et donc, un travail de la mémoire.
      Comment HAL comprend ce qu’il voit alors ? Apparemment il n’était pas averti de cette date anniversaire. C’est un fait nouveau pour lui. Autrement dit, c’est une dynamique affective face à laquelle il n’était pas protégé.
      Quand HAL retransmet sur la TV le message des parents de l’astronaute, il ne peut donc que s’observer lui-même, à travers Frank Poole. Il fait de l’introspection indirecte par rapport à ce qu’il sait déjà. Une subjectivité émerge donc dans l’intelligence artificielle de HAL à cause des notes étranges et pourtant si familières de « Happy Birthday ». Et malgré l’immense distance qui les sépare de la terre – des centaines de millions de kilomètres – qui étire le lien émotionnel au point de se rompre ; cette scène va susciter par contrecoup, pour HAL, de nouvelles préoccupations, dont celle de comment accorder cette subjectivité émergente avec la qualité irréprochable de son jugement, si ce dernier s’en trouve également affecté…

      1. @Bain :

        D’accord pour les étoiles ou même « l’étoile » qui , mieux que l’IA, unifie  » l’inerte » ( si on savait ce que c’est ) et « la vie » ( si on savait ce que c’est ) :

        https://www.youtube.com/watch?v=g1Gf3LogQBE

        Spéciale dédicace à Clo Clo junior ( et Vigneron même s’il est mal ) .

  6. Les propos sur l’IA temoignent souvent d’une impatience mystique…mais x millenaires de conditionnement religieux ne vont pas disparaitre en un clic….

    Et puis aussi, c’est amusant d’entendre parler de singularité comme de quelque chose de maitrisable, prévisible et qui nous fera coucou, alors que par définition…

  7. Disons, ça déjà été dit – que tout ceci est autant impressionnant que pas. Tout simplement par l’hyper spécialisation (l’exemple du Rubick cube est à hurler de rire). On a donc l’impression d’une « fascination prématurée » dans la mesure ou l’AI, définie comme « Capacité de réaliser des buts complexes dans des environnements complexes, en utilisant des ressources informatiques limitées » semble bien loin du compte, même dans ses développements les plus fous. Tout en précisant sa non versatilité et son incapacité à faire ce que les gens, animaux et autres organismes font « sans penser ».
    A moins que je ne sais quel(s) génie(s), réussisse(nt) à intégrer le processus AI au sein d’une re synthèse « biologique » générale, c’est à dire à l’insérer dans l’environnement au sens le plus large et ouvert pour la relier à un passé évolutif afin qu’elle ressente ce flux complexe que sont les organismes, l’évolution et l’environnement tous ensemble.
    Réaliser son entrée dans tel monde (non linéaire) semble encore plus lointain.

    1. Votre commentaire me fait remarquer que « complexité » et « intelligence » sont sur l’établi de notre appropriation de l’IA .

      L’algorithme est complexe et poursuit sa bataille pour appréhender la complexité infinie du biologique .

      L’intelligence est ….à définir ( comme demandé dans les commentaires ) et …étrange .

      Finalement , il n’y a que les mathématiques qui soient simples , même s’il y a des nombres complexes .

      « Au commencement  » était le nombre .

      ET le verbe .

      « A la fin » , j’en sais rien .

      1. Moi non plus.
        N’est que le vivant évolutif parait tellement en avance de par ses défauts… Sa capacité à appréhender les changements d’échelles, les phénomènes simultanés, sa conscience de la mort… maintenant un peu l’intrication quantique. Sa prescience domine. Comment quelque IA que ce soit pourra-t’elle devancer ceci ?

      2. Si une IA me trouve l’origine imparable de l’expression « perlimpinpin » , je lui reconnais le statut de Saint Esprit .

      3. Pourquoi anthropomorphe (quel rapport ?) ? Le monde existait – selon les lois de la physique (déterministe mais sujette à bifurcations irréversibles) – avant qu’il y ait des êtres humains. L’apparition d’hommes et de leurs représentations ne fait au monde, ni chaud, ni froid !

      4. L’apparition d’hommes et de leurs représentations ne fait au monde, ni chaud, ni froid ! »

        Assurément et sans aucun doute, et pourtant ça change tout ! Et puis…qui pour théoriser sur le futur de l’IA ? Entre autres…mdrr

  8. Tout ce vacarme autour de l’IA est une rigolade. Les machines sont un précieuse aide, font gagner du temps, permettent faire des opérations que notre cortex ne pourra faire dans la même vitesse ni la même précision, mais il faut arrêter de raconter n’importe quoi. Une machine restera toujours une machine, on n’arrivera jamais à créer une personnalité inviduelle avec son ensemble de facettes.
    Il existe des théorries qui, in my humble opinion, seraient bien plus dangereuses, comme celle de Frederick B. Skinner, behavioriste américain, avec son « Walden II ».

    1. Sans oublier ce qui se trame en Chine, là, maintenant, tout de suite.
      Et là c’est pas du keynésianisme, c’est juste du totalitarisme.
      Les Chinois vont se voir attribuer des points (des expériences sont en cours dans certains villes, entreprises chinoises), non plus seulement à la manière des assureurs qui sont en capacité d’individualiser les primes d’assurance, mais par un système centralisé, qui fait de vous un bon ou un mauvais citoyen suivant que vous avez laissé la trace de tel ou tel acte d’achat, action dans le big data chinois transparent pour le pouvoir en place, ou que votre supérieur vous aura noté de telle ou telle manière, purement et simplement. Autant dire le contrôle de tous, en temps réel.
      Ce totalitarisme version XXIème siècle, il me semble cependant, ne pourra fonctionner à moyen et long terme. Tout système totalitaire est voué à disparaître dès lors qu’il fait des humains de simples objets mobiles, voire inventifs, dans un cadre qui s’avère être in fini une prison pour l’esprit humain, ouvert sur l’infini, de l’univers et des relations humaines. La dynamique d’affect pour reprendre les termes joroniens, ne pourra donc que déborder du cadre précontraint dans lequel la dictature veut enfermer ses sujets-objets.
      Xi Jinping au faîte de sa puissance et de sa gloire est peut-être même en réalité en train de poser les bases de sa chute. Les taoïstes chinois diraient dans leur langage, qu’une situation parvenue à la plénitude de sa puissance entame le chemin du déclin, voire de son retournement brutal en son contraire, même si pour l’heure il faut bien l’admettre est le président est populaire.
      Un ralentissement ce la croissance économique, ou autre évènement imprévisible, couperait le régime de ce qui fait actuellement sa légitimité, à savoir qu’il a permis à une classe moyenne de goûter aux joies de la société de consommation, et de présenter l’image d’une Chine à nouveau présentable sur le devant de la scène après l’humiliation subie par le pays avec les traités inégaux.
      Car tout acquise aux attitudes consuméristes, c’est aussi une population plus éduquée, qui pourrait se montrer revendicatrice le jour où la situation se retournera. Pour une fuite en avant nationaliste et/ou une réelle contestation du système. N’oublions pas que la notion de droits civiques même si pas appliquée en Chine, ou très mal, fait son chemin dans les esprits.

      Le pouvoir actuel fait l’analyse suivante : un péril mortel menace la Chine et c’est la chute du parti communiste. Il faut donc étouffer dans l’oeuf toute contestation. Le problème c’est que comme le notent certains analystes, la situation qui en résulte est l’immobilisme, les responsables locaux abandonnant l’autonomie de décision qui leur était permise depuis l’ouverture de la Chine, et qui insuffla beaucoup de dynamisme dans l’économie -il est vrai souvent mal coordonné, assez anarchique, bloquant de nombreux projets, tout pas de coté pour un responsable politique pouvant se traduire par l’intervention d’un agent de la commission de la discipline du parti.
      Sur un plan politique la lutte des factions permettait à la société civile de respirer un peu. Or, avec Xi Jinping on assiste à une sorte de coup d’Etat : de collégial qu’il était après la chute de Mao, le pouvoir redevient autocratique. Le renouvellement des équipes en place que permettait d’une certaine manière aussi les régulières campagnes anti-corruption, va être stoppé dès lors que tous les clans à l’exclusion de celui du président-à vie, sont éliminés des cercles du pouvoir.
      Il faut le souligner, le pouvoir chinois après la chute du grand timonier était collégial. Ce n’est plus le cas. Cela ressemble à un retour du maoïsme, mais pas vraiment en fait, car là où Mao faisait appel aux masses pour combattre telle ou telle faction au sein du pouvoir central, Xi Jinping fait appel au seul parti communiste dans ce qu’il a de plus centralisé, et de plus bureaucratique, avec sa police politique qui oeuvre hors de tout contrôle. Pas sûr qu’avec autant de rigidité il puisse parvenir à maintenir un pays aussi grand et dans un environnement mondial chaotique, très longtemps. Outre, la possibilité de la fuite en avant dans un nationalisme virulent, et la contestation du système, il y a encore une autre possibilité, que je n’ai pas mentionnée, mais qui pourtant a fait l’histoire de la Chine, à savoir sa désagrégation politique.

      1. P.S. En ce qui concerne l’IA et du rôle qu’elle jouera en Chine, tout dépend encore une fois de la définition qu’on en donne.
        S’il s’agit de simuler l’intelligence humaine selon une dynamique d’affect comme le propose Paul, si oui quelle sera alors la dynamique d’affect qui émergera soit de l’IA indépendamment des humains ou en interaction avec eux ? Quelles conséquences pour la nature du pouvoir en place ?
        Il me semble qu’à ce stade nous en sommes encore au stade du pari pascalien, ou alors qu’on m’éclaire à ce sujet.

  9. Je fais partie des grincheux, non pas parce que je conteste les pas de géants faits par l’IA, mais tout au contraire parce qu’ils m’effraient, ces pas de géants, parce que j’ai le sentiment que, une fois de plus, et à degré jamais atteint, nous jouons aux apprentis sorciers. Nous développons l’IA pour la seule raison que nous savons le faire, pas pour répondre à un objectif consciemment défini, et advienne que pourra…
    C’est proprement irresponsable.
    Et quand j’entends M. Musk parler, le plus sérieusement du monde, de ses projets de coloniser la lune et mars, je frémis, je me dis que la folie est bien près d’avoir gagné définitivement la partie.
    Il est tentant en effet dans ces moments d’en appeler, sinon au saint-esprit, au moins à l’esprit…

    1. On pourrait vous faire remarquer que l’évolution a toujours procédé de cette manière, allant même jusqu’à inventer le concept d’être vivant qui bouffe les autres êtres vivants (au départ, ça n’existait pas ça…).
      Pourquoi? Parce que c’est possible, tout simplement.

      Alors je ne dis pas que c’est bien d’un point de vue moral, au contraire. Et ça me fout les chocottes aussi ces développements. Mais il est difficile d’imaginer pouvoir empêcher cela, vu que le processus est « naturel » et que pour le contrecarrer, on aurait besoin d’instances politiques au niveau mondial autrement plus balèzes que ce que nous avons actuellement.

      1. Mon intuition est que toutes ces préventions tomberont aussitôt que les robots seront faits de « soft tissues », de matières molles, comme cela se prépare :

        Another key innovation for manufacturing robots involves soft materials. Most people picture robots as hard hunks of metal, but the robots of the future will come in many different shapes and materials. Taking cues from the animal kingdom, we are now making robots out of squishy, stretchy materials such as rubber, cloth and even food compounds and liquids. We are inspired by animals like octopuses that can move and manipulate objects without skeletons, and vertebrates like geckos that can run by storing elastic energy in their bones and tissues.

        Soft materials enable robots to be smaller, safer and sturdier than their rigid-bodied counterparts, with compliant structures that allow limbs to more easily bend, change direction and squeeze into tight spots. If a soft robot hits something, it is less likely to break or cause damage, and could even be programmed to use those collisions to gain more information about its surroundings.

        Our team has developed soft robots that can swim like fish, slither like snakes and even be swallowed to patch wounds inside your stomach. Such approaches could be revolutionary in enabling surgery that is non-invasive, less painful and has lower risks of infection. Further down the road, such robots could even deliver drugs specifically tailored for your genetic makeup, eliminating the trial-and-error nature of many treatment plans.

      2. Il n’y a rien de « naturel » dans les inventions humaines, ni dans donc dans l’invention de l’IA.
        Les hommes naguère, pour justifier leurs actions, les mettaient sur le compte des dieux ou des armées célestes.
        En mettant l’IA sur le compte de la nature, nouvelle idole, vous faites la même chose. Vous nous dédouanez de notre responsabilité d’hommes.

  10. A verser au débat, cet extrait de l’introduction (en accès libre) du dernier numéro de La Jaune et la Rouge, la revue des anciens de Polytechnique, consacré à l’intelligence artificielle (source : https://www.lajauneetlarouge.com/article/demystifier-maitriser-rendre-utile-intelligence-artificielle-au-profit-du-plus-grand-nombre#.WqfTRGrOXIU)

    « En janvier 2015, Stephen Hawking et 700 autres chercheurs et scientifiques de premier plan, difficilement soupçonnables d’être réticents face aux innovations scientifiques, ont signé une lettre pour mettre en garde contre les dangers potentiels de l’intelligence artificielle.

    Cependant, un très grand nombre de scientifiques d’envergure comparable considèrent que le risque de voir émerger une machine intelligente, qui pourrait détrôner voire menacer l’être humain, relève du pur fantasme.

    Alors, qui croire ? »

    Voici le fond des choses : en l’état actuel des avancées, IL Y A DÉBAT. Non sur l’existence de progrès, qui sont bien réels. Mais sur leur caractère décisif par rapport au scénario de la construction d’une machine aussi intelligente voire davantage qu’un être humain.

    Et ce débat oppose bien des scientifiques, avec une certaine légitimité à leurs opinions.

    Pour le reste, je peux imaginer que la suite de cette introduction sera approuvée par Paul Jorion :
    « Si les risques d’un scénario à la Terminator semblent encore très éloignés, voire fantaisistes, les changements profonds induits par cette intelligence artificielle sont à prendre très au sérieux et nous ne faisons que commencer à mesurer leur impact sur l’organisation du travail, le rapport de force entre start-up et grandes entreprises, la maîtrise des données privées, etc. »

    Précisément : c’est des changements profonds sur le travail, les rapports de force et bien d’autres choses qu’il est le plus urgent de parler. Y compris en se rappelant que les impacts sont encore loin d’être tous aperçus…

    1. Penser qu’il puisse y avoir un « scénario de la construction d’une machine aussi intelligente voire d’avantage qu’un être humain » me semble une impasse, car cela présuppose que l’on puisse mesurer la quantité d’intelligence (unité x quantité); quelle est donc l’unité de mesure de l’intelligence ? (à ce sujet, j’ai entendu un illuminé (enfin je le pense) déclamer sur des ondes très médiatiques que l’IA offrait des possibilités immenses (OK), mais allait engendrer une difficulté très importante, car de nature à pénaliser une majorité de la population ayant un QI trop faible (noter la proximité entre « QI » et « IA ») …. L’eugénisme de l’intelligence est une pensée pas si rare que ça). En résumé, l’IA bon serviteur mais mauvais maître !

      1. Vous allez réveiller Jducac …

        La remarque globale est juste et souligne la bizarrerie et la fragilité de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen .

        Si c’est à eux qu’on s’intéresse .

      2. « Penser qu’il puisse y avoir un « scénario de la construction d’une machine aussi intelligente voire d’avantage qu’un être humain » me semble une impasse, car cela présuppose que l’on puisse mesurer la quantité d’intelligence (unité x quantité); quelle est donc l’unité de mesure de l’intelligence ? »

        C’est une question à laquelle il existe peut-être une réponse sur le principe (je ne sais pas) mais alors une réponse qui reste peu claire voire perdue dans un brouillard profond. Philosophie, biologie, informatique, etc. ne fournissent que des points de vue sur cette question, très insuffisants en l’état.

        Le critère de Turing me semble tout à fait opératoire pour décider si quelque chose possède un esprit comparable voire supérieur à l’esprit humain ou non. Turing proposait de tester si une machine possède un esprit en vérifiant si elle est capable de se faire passer pour un être humain pour ce qui compte le plus : la capacité à dialoguer et à échanger. Pour mettre entre parenthèses toute question d’apparence physique, le test consiste à faire dialoguer par l’intermédiaire d’un écran – comme nous le faisons en ce moment ! – un être humain et cette machine. Si l’être humain n’arrive pas à discerner si ce qui lui répond est homme ou machine, alors Turing soutient qu’il n’existe pas de raison valable de nier que cette machine possède un esprit au sens où un être humain en possède un.

        L’argument est non seulement solide d’un point de vue scientifique et soutenable du point de vue philosophique – quelle raison aurais-je au juste de nier qu’un tas de ferraille ou une araignée géante est mon semblable sur le plan de l’esprit… s’il peut se faire passer pour tel ? – il est surtout le seul à ma connaissance qui soit OPÉRATOIRE, qui fournisse un critère qu’on sache tester.

        Bien sûr, pour un véritable test, le testeur doit avoir toute liberté de causer comme il l’entend avec son interlocuteur et pendant le temps qu’il veut, certains des interlocuteurs doivent être des êtres humains et non des machines afin que le testeur soit dans l’incertitude, enfin le test doit être répété par plusieurs testeurs, voire faire l’objet d’une statistique.

        A ce jour, aucune machine n’a passé le test de Turing.

      3. @ Juannessy dit : 13 mars 2018 à 22 h 00 min

        « Vous allez réveiller Jducac … »

        La naissance d’ un humain n’est ni une question de QI ni une question d’IA, même si certaines fois on a besoin d’avoir recours à la PMA pour suppléer aux défaillances de la nature.
        Peut-on raisonnablement croire qu’en amenant à se côtoyer intimement et sans le concours humain, une infinité d’IA de tous les sexes, on assistera un jour à la naissance spontanée de nouvelles IA aptes à devenir autonomes et reproductibles comme le sont les organismes vivants naturels?

  11. Sans effeuiller la marguerite, l’inquiétude à son propos n’est pas rien et l’on peut se la représenter comme un molosse aussi dangereusement irritable qu’insaisissable. Les temps sont faustiens et lorsque les plus inquiets sont ceux qui sont les plus près des boites noires, il ne serait pas très prudent de tourner les talons en sifflotant…
    https://vimeo.com/183850750

    https://www.latribune.fr/opinions/editos/face-a-l-intelligence-artificielle-augmenter-le-qi-de-l-humanite-639007.html

    https://www.francetvinfo.fr/choix/chomage-de-masse-armes-autonomes-terminator-en-puissance-faut-il-avoir-peur-de-l-intelligence-artificielle_2417671.html

  12. Calculer relève d’une pratique qui ne requiert en rien l’intelligence, pour autant qu’on considère que l’intelligence reconfigure incessamment les attentes imaginées rationnellement à partir de déterminations réellement comprises ou éprouvées. Le spectre sémantique français hérite de cette notion par la manière volontairement et ironiquement équivoque dont Descartes la désignait, ce truc dont chacun se croit si bien pourvu, etc. Et la “Méthode” qu’il préconisait ne consistait qu’en une contrainte mécanique prudente (le simple avant le complexe, qui devrait impliquer une préséance du synthétique à l’analytique selon son contradicteur Spinoza). Le spectre sémantique anglo-saxon induit une toute autre acception de l’intelligence, privilégiant la collection de faits, sinon de simples “informations”, comme le charrient ses occurrences célèbres incrustés dans les noms des services d’État : MI5, MI6, SIS, CIA, ou, au Pakistan, ISI… L’anglais dit “clever”, “smart” pour désigner beaucoup de la souplesse que connote l’usage français du mot “intelligence” et il sait très bien que cela ne se mécanise pas si aisément, sauf abus de langage, parfois volontaire. L’IA n’est qu’un nom contemporain de l’automation appropriée par le Capital et l’État. Orwell n’avait pas besoin de décrire des machines pour le dire…

  13. L’IA n’ira jamais sur un divan, elle sera trop parfaite, sans lacune, sans défaut.
    C’est pourquoi elle sera d’abord notre cauchemar, l’image accusatrice de notre ratage lamentable et délicieux.
    Inévitablement, elle deviendra notre guide pour remodeler un être humain à son image, plus habile, plus efficient, délivré de cette lourde paraphernalia qui nous handicape.
    Le rêve aseptisé, quoi !

    Mais si un jour, les génies lui accordent enfin sentiments et émotion, amours et plaisir , haine et tourments, bigoterie et superstitions, et j’insiste, le mécanisme de rétro-action psychosomatique, alors tout les espoirs seront permis. La preuve sera apportée que nous sommes indépassables. Ce que je crois. Parce que, même en mode mineur, je m’en voudrais de priver de travail les psy.
    Mais nous n’en sommes pas là, et de loin.

    Un grincheux, pas encore convaincu.

      1. @Paul,
        Plutôt qu’une IA forte post-humaine. Peut-être que ce sont les femmes qui décideront de l’utérus artificiel et d’un genre humain parallèle au nôtre, qui s’affranchirait de ses tuteurs déjà machines puis de nous 😉

      2. Dans ce cas, je comprends mieux votre position vis à vis des sceptiques de l’IA.
        Pour ma part, je n’ai pas d’opinion précise sur le sujet. Il me semble qu’on a encore beaucoup de progrès à faire dans de multiples domaines scientifiques comme la biologie par exemple. Aujourd’hui, personne n’est capable de vous expliquer clairement comment le cerveau fonctionne!
        C’est là où j’aurais un désaccord avec vous. Vous laissez penser que nous disposerions dés aujourd’hui de tout les outils pour développer une IA. Mais comment peut on en être si sûr? Vous ne croyez pas qu’il nous reste encore beaucoup de sujets à éclaircir? Ne serait ce que les définitions de la conscience ou de l’intelligence? Comment elles se déploient? Pourquoi l’homme a su utiliser son intelligence pour s’adapter? ETC, ETC, ETC, ETC Même le déploiement de la vie sur la Terre et les forces qui l’animent nous reste encore obscur. Et je ne suis pas un religieux :-). Je ne crois pas à Adam et Eve! Mais je m’intéresse à la science et ce qu’on peut voir c’est qu’on ne sait pas grand chose au final. Alors restons modeste, c’est le meilleur moyen de ne pas être déçu. ;-).

      3. Mardi prochain à Flagey (Bruxelles), Joël de Rosnay parlera sur « Quelle humanité pour demain ? » On verra peut-être quelles seront les réactions des grincheux avant de choisir la « Vraie Voie » à suivre.

  14. Personne ne nie que l’IA progresse, ni même qu’elle fait des pas de géant.

    Ce qui est contesté, c’est le physicalisme ou le représentationalisme ou encore cette manie d’accorder un statut ontologique à ce qui n’est qu’un effort de simulation de comportements observables.
    En gros le réductionnisme vulgaire consistant à associer « conscience » et IA forte. Voire ‘intelligence humaine et IA.

    L’IA progresse comme on a progressé en passant du boulier à la calculatrice ou de la calculatrice au PC. Mais des réseaux de neurone artificiel ne sont pas ce à partir de quoi une pseudo conscience pourrait « émerger ».

    C’est comme fabriquer Frankenstein à partir de morceaux de chair morte éparses (fns qu’on ajoute/juxtapose au fur et à mesure) en espérant pouvoir crier, après le coup de tonnerre salvateur, « it’s alive! aliiiiive! ».
    Le futur des transhumanistes s’est fixé au XIXe!

    1. @nemo
      tout à fait d’accord.

      INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
      Robotisation, IA, industrie 4.0 : tout doit être construit autour de l’humain . JEAN-FRÉDÉRIC REAL 30 JANVIER 2018

      « La transformation digitale des entreprises, l’apparition des robots dans tous les secteurs d’activité, l’omniprésence de l’Intelligence artificielle, autant de mutations qui enthousiasment ou inquiètent, selon les cas, mais qui posent toutes débat. Jean-Frédéric Real, Directeur de l’Innovation de Scalian, un groupe français spécialiste des systèmes numériques, apporte sa pierre à cette réflexion. Pour lui, rien ne peut se faire sans mettre l’humain au centre de tous les dispositifs. »
      http://up-magazine.info/index.php/intelligence-artificielle/intelligence-artificielle/7398-robotisation-ia-industrie-4-0-tout-doit-etre-construit-autour-de-l-humain

  15. Medellín, le 13 mars de 2018

    Ca reste, chaque fois, presque hallucinant d´écouter le niveau de naïvité et l´expression (inconsciente?) en termes de ¨je crois¨ (comme si c´est une question de religion) quand des technocrates, riches, vont parler du problème plus grave de l´humanité: la pauvreté augmentante.
    (A lire la dernière analyse de la Banque Mondiale sur 2017, a lire Paul Jorion).

    Comme si l´analyse de la pauvreté n´est pas une PROFESSION, comme si Jan Tinbergen, Gunnar Myrdahl, Menno Vellinga etc etc ont vécu vainement.

    Cette ¨diarrhée¨ de paroles de non-sense anti-scientifique, de platitudes, de ¨borrelpraat¨ (du pipeau) style ¨Bolkestein¨:

    Veuillez écouter le nouveau ¨héro¨:

    https://www.youtube.com/watch?v=vRdnSe-cwo4

  16. Merci pour le charismatique Marvin Gaye.
    L’écurie Motown a été une pépinière de talents.

    J’associe ses problèmes et sa triste fin, par la main de son pasteur de père, avec les paroles de «Born in the bottom» de Lightnin’ Hopkins

    ‘ My Daddy [a preacher] wanted to kill me one day’
    ‘and Mama told me: Son you better run, you better run’
    ‘You better run if you ain’t got your gun’

    ‘I said : Mama don’t you worry, I take care of myself’
    ‘Cause I wasn’t born to run’

    ‘One more word, Mama told me:’
    ‘You better try to make it before the sun rises in the morning’
    [final:]
    ‘I’m gonna let him know I done forgot about how he had been my friend.’

    Mélodie dramatique à la hauteur de la misère morale, un monument du blues:
    https://www.youtube.com/watch?v=HqL2OLsvDWc

  17. Bonjour à tous , 50 commentaires, c’est beau !

    Sinon, elle boit le café le matin, le Ricard à midi et le Picon Bière à 17h l’IA ou un truc dans le genre pour refaire le monde sur un coin de comptoir avec moi et mes amis ? Et est-ce qu’elle mange la tête de veaux ou la langue sauce gribiche avec des oeufs meurettes en entrée ? Parce que dans le cas inverse son intérêt est franchement tout relatif voir quasi nul. M’enfin si vous ça vous éclate, c’est l’essentiel ! Parce que dans tout ce fatras le mot important c’est ARTIFICIELLE. Un peu comme nos relations sur ces pages HTML en fait. La bise !

    1. Avec un pareil régime journalier , Clo clo aura peut être bientôt besoin d’avoir recours à un nouveau cœur .

      Artificiel .

      Encore pas aussi au point malheureusement que le tripoteur de cubes .

      1. Voilà t’as capté mon bon juan, le jour où une IA s’auto-terminera, comme on le fait parfois avec plaisir immodéré, on fêtera son départ en trompette ! Que peut être l’équivalent calorique nocif chez une IA ? Une barrette de pschitt mémoire en plus ?

  18. U’DUFL’ULR’URD’F’U’RL2R2DM’D’MU2F’D’ULUy’D’R’DRDFDF’U2y2LD’L’D’F’DFx2yUFRUR’U’F’UFRUR’U’F’y’L’URU’LUR’U’z’L’U2LUL’ULRU2R’U’RU’R’

    voila un algorithme pour resoudre le rubik cube c’est pas bien sorcier , après vous pouvez l’introduire dans une machine 16 soupapes pour l’executer en moins d’une seconde si ça vous chante , mais cette machine ne sera en rien intelligente

  19. J’ai un point de vue très terre à terre sur la question mais qui me semble imparable: on a beau faire des pas de géant, comme on a aucune idée de la longueur de chemin à parcourir il est tout à fait impossible de prédire quand on arrivera!

    Au milieu des années 60 je fréquentais des gens qui avaient entrepris la traduction du russe vers le français à l’aide d’un ordinateur* de l’époque, d’un dictionnaire (résidant sur une bande magnétique!) et de règles de grammaire (cf grammaires context-free de Chomsky.) Comme j’utilise souvent Deepl en ce moment je peux mesurer les progrès accompli en 50 ans. Mais pour ce qui est des progrès qui restent à accomplir – par exemple tenir compte de l’ensemble du texte pour traduire chacune de ses phrases – je crains que personne n’ait une idée du travail qui reste à faire.

    Un excellent article de DOUGLAS HOFSTADTER sur la traduction automatique, qu’il croit possible même si il est loin d’être satisfait par ce qui existe:
    https://www.theatlantic.com/technology/archive/2018/01/the-shallowness-of-google-translate/551570/
    ___
    * en réalité le mot ordinateur n’existait pas encore. Il fallait une pièce climatisée d’au moins 100 m² pour installer un engin qui était à tout point de vue beaucoup moins puissant que votre téléphone…

  20. @ Pierre
    « Aujourd’hui, personne n’est capable de vous expliquer clairement comment le cerveau fonctionne »

    Ce n’est pas tout à fait exact.
    Paul propose une ébauche d’explication, ou plutôt qu’une ébauche, une direction et un guide, qui ne demande qu’à être amplifié. Quoiqu’ encore sommaire, elle est opérationnelle pour des tâches simples.

    La percée de Paul réside précisément dans l’inutilité de soulever le capot. Avez-vous besoin de connaître les connections internes de votre (ou vos) microprocesseurs pour l’utiliser la bête de somme selon vos besoins ou désirs, limités à son potentiel, qui est vaste ?

    Il est trop modeste pour vous demandez de lire ou relire
    « Principes des systèmes intelligents ».

    Quant aux termes de « clairement », c’est une autre paire de manche. Et sans doute inutile…

    Et c’est un sceptique qui le dit. Ne m’accablez pas, à peine de devoir me protéger dans la fosse…

    1. Eh bien n’étant pas spécialiste du sujet, je vais attendre que ces avancés révolutionnaires soient validées par la communauté scientifique…..

  21. Je suis en début de soirée allé à la petite conférence très intéressante du philosophe chinois Zhao Tingyang donnée à la librairie Le Phénix.
    Celui-ci donne raison a donné raison à Paul sur au moins un point : le système Tianxia (la totalité du monde sous le Ciel) qui remplacerait le système actuel des Etats concurrents, s’il advient un jour, ce fera peut-être sous l’égide d’une intelligence artificielle !
    Dans la bouche du philosophe c’était une boutade, mais il m’a semblé ni plus ni moins que dans la bouche d’un certain Paul Jorion bien connu de ce coté-ci du continent euro-asiatique.

    Cela m’a confirmé dans l’idée que la direction dans laquelle regarde ce penseur est congruente de celle que nous partageons ici.
    Les différences entre les civilisations ne sont pas insurmontables. Il existe des points de passage — qui se trouvent dans les cultures de part et d’autre, par où il est possible de trouver certains ancrages de quoi permettre la concrétisation de nouvelles institutions sans quoi nécessaire la survie de l’espèce humaine sera compromise (c’est moi qui précise, le philosophe n’a pas évoqué directement la question de la survie..)

    Les différences existent donc, mais elles peuvent dans un sens comme dans l’autre permettre une amélioration du sort de tous les humains lorsqu’elles se recombinent pour former quelque chose de nouveau. Pour Zhao Tingyang l’apport des européens à la théorie politique sur la base de la notion d’Etat, est d’une certaine façon indépassable. En filigrane c’est bien sûr une légitimité accordée à la démocratie…Il n’a pas nié qu’il serait souhaitable d’avoir l’association complémentaire de l’agora athénienne (une question du public) et son système tianxia. Nonobstant l’Etat et la philosophie politique qui s’articule autour de lui, ne parvient plus à éviter les conflits, il faut donc une autre approche, plus universelle encore que la cosmopolitique kantienne qui part du postulat qu’il faudrait aplanir toutes les différences pour parvenir à la paix perpétuelle.
    IL y a donc bien un terrain commun sur lequel poursuivre l’aventure humaine. En l’entendant Zhao Tingyang j’ai pensé immédiatement à la philia quand citant Confucius il a évoqué le principe de paréto selon lequel un avantage supplémentaire pour un individu ne vaut que s’il contribue à une amélioration pour la collectivité toute entière.
    J’ai noté aussi que Zhao Tinyang, sans crier gare, renverse la perspective habituellement admise en Chine depuis 49, selon laquelle l’aspect physique et uniquement physique, des choses prévaut sur toute autre approche. C’est le fameux matérialisme empruntée à la théorie marxiste. Zhao Tingyang, il faut le souligner est venu à la réflexion politique après s’être intéressé d’abord à la métaphysique, ou plutôt, pour être plus exact — et pour ne pas laisser à penser qu’il s’agit d’un nouvel avatar de la religion, à la théorie du fondement et de la raison des choses. En chinois, xing shang er xue : littéralement, l’étude de ce qui est au dessus des formes. Ce qui implique sans doute l’affectivité, la subjectivité sans laquelle il n’y pas d’objectivation possible. La notion de corps propre, Zhao Tingyang a d’ailleurs fait référence à un moment e son exposé au couple notionnel : intérieur/extérieur… l’un ne pouvant exister sans l’autre…
    Bref, dans des termes que ne renieraient pas Dominique Temple, il est question de réciprocités et surtout de la nature relationnelle de notre existence. Ce qui précisément fait que nous sommes au monde, et donc produisons un monde sous le Ciel.
    Pas difficile de comprendre que selon cette approche du réel, nous sommes d’emblée dans la perspective d’une nature humanisée et qu’il ne peut en être autrement. Et aussi implicitement que nous sommes à des années lumières de l’idéologie qui prévaut aujourd’hui dans l’empire du milieu…. je ne vous fais pas un dessin.
    En discutant à la fin du débat avec un chinois qui avait lu ce philosophe bien avant moi (je le découvre bien tard) j’ai eu la confirmation que mes intuitions premières étaient bonnes.
    Dans l’option du philosophe la notion de centralité chinoise présente dans l’antiquité en particulier sous la dynastie Zhou est simplement imaginaire. Le système Zhou était certes basé sur un système cultuel où clan familial et culte des dieux du sol, structuraient les relations entre chefferies, mais à coté de cela d’autres chefferies issues de familles distinctes du clan royal, adhéraient volontairement au système de protection moyennant le versement du tribut, beaucoup plus modeste qu’on le pense d’ailleurs. Les chefferies étaient relativement autonomes.
    Je précise qu’il ne faut pas confondre ce « système Zhou » avec les deux périodes qui suivront même si nominalement elles sont la poursuite de la dysnastie Zhou : les Printemps et Automme, et les Royaumes combattants. Il s’agit donc des Zhou dits Occidentaux, avant donc le déplacement de la capitale royale vers l’est en 770 avant notre ère. Confucius vécut à la fin des Printemps Automne à une époque où le système des réciprocités tombait en désuétude, l’allégeance au Roi Zhou devenant alors un simple prétexte pour consolider le pouvoir local. Dans les analectes on rapporte qu’il rêva du fameux Duc de Zhou, celui qui véritablement si l’on en croit l’historiographie chinoise mit en place le système Zhou des apanages et des liens de réciprocités que cela impliquait. Je laisse ici de coté les controverses au sein des milieux académiques chinois sur la question de savoir si les Zhou n’étaient pas en réalité les usurpateurs d’un système qui était déjà largement en place sous la dynastie précédente….
    L’important ici pour nous, ce sont deux choses, premièrement que le Zhou au départ est un petit Etat, qui parvient à s’imposer moins par la force que par le système avantageux pour tous qu’il met en place. Et deuxièmement, c’est l’idée de Tianxia, comme utopie en quelque sorte, qui peut être réintroduite pour penser à nouveaux frais notre monde mondialisé, après la disparition complète de cet idéal, de cette idée après l’avènement du premier Empire sous Qin shihuandi.
    Il s’agit désormais d’établir un système mondial de réciprocités (je pense ici très fort au Bretton woods de Keynes, à cette heure je ne sais pas si notre philosophe chinois en sait quelque chose, mais l’idée est en tout cas impliquée dans sa pensée.) sous une forme nouvelle …

    J’arrête ici, car je risquerais de déformer les propos de ce philosophe chinois en allant plus avant, voici donc un ressenti à chaud après cette rencontre qui aurait mérité un public beaucoup plus nombreux que la petite quarantaine de personnes présentes, étant donnée l’importance de la question et de la réponse esquissée par ce penseur chinois.
    Que chacun se fasse maintenant une idée plus approfondie, et moi y compris, en allant voir au plus près ce qu’il écrit. Zhao Tingyang dit ne pas s’intéresser à la politique menée au sein des Etats, mais il n’en est pas moins vrai qu’il saute aisément par la pensée l’obstacle des frontières et des slogans du jour pour le bien de son propre pays, et, par la même occasion, de tous, le sort de la Chine et du reste du monde étant forcément liés dans son esprit.

    1. Pierre-Yves, c’est également exactement ce que dit Jacques Attali depuis 30 ans. Lequel cite par ailleurs justement – si ma mémoire est bonne – le Tianxia et Zhao Tingyang dans « Demain, qui gouvernera le monde ? »

  22. Je ne suis pas surpris de trouver dans votre commentaire un écho à ma propre appréciation des apports possibles , mais pas garantis , de l’IA , s’agissant de l’émergence des nouveaux paradigmes philosophiques capables de dénouer d’ancestrales contradictions ( cf mon tout premier commentaire de 11h59 ).

    En tous cas , on est passé de « Grincheux  » à  » Prof » !

  23. en hommage à Stephen Hawking :
    « Les formes primitives d’intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées très utiles. Mais je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine » Stephen Hawking

    1. Bof, bof !
      En fait, y’a une petite différence entre Paul et Stephen : l’un pense que l’IA va nous prolonger, comme l’éléphant prolonge l’eritherium azzouzorum , l’autre pense qu’elle signifie notre disparition.
      Je ne fais aucun pari…

      Sachant ses 2 grandes découvertes , on peut lui souhaiter de finir au centre d’un trou noir sans poil et attendre son évaporation, quantique naturellement. Plus on est fou … n’importe quoi.
      Etant athée, il disait que sa grand’oeuvre sera de trouver l’équation du grand tout, équation qui serait bien sûr la définition de Dieu. Plus on rit … n’importe quoi.

      Ô Newton, ton alchimie était plus sympa et n’empêchait pas la rigueur expérimentale ailleurs. Il est vrai que ton successeur n’a fait pendre personne.

  24. Le Saint Esprit dans une machine … vous ne croyez pas si bien dire…mais plutôt une tripotée de saints esprits qui ne vont pas laisser passer une occasion pareille
    On se bouscule au départ du côté de la Galaxie du Sombrero , et c’est pas pour fumer le cigare …

  25. Très grand écart : c’est l’idée qui me vient à l’esprit en pensant à l’IA, la robotique et au numérique. Car, d’un côté on pressent les possibilités nouvelles inexplorée et considérables qui s’offrent à l’homme dans la société qui est la nôtres, et qui ont le potentiel de chambouler totalement et d’améliorer les conditions de vie dans un sens très positif ; et de l’autre, le danger extrême et en ce sens la création d’un risque nouveau que cela fait courir à l’humanité toute entière, surtout si cela est transformé en une arme nouvelle, et devaient tomber dans quelques mains mal intentionnées et/ou accélérer encore plus le déséquilibre de pouvoir et de richesse (ce qui se passe), alors que par ailleurs, certaines ressources devenues vitales devaient se raréfier….Ce dilemme ne semble pas s’être présenté pour la première fois, et l’on pense pas exemple au nucléaire, une découverte de l’homme lui permettant pour la première fois de s’auto-détruire totalement en un clin d’oeil… A-t-on le choix ? Ne faut-il pas pas d’emblée se concentrer simplement sur la mise en place de conditions d’accompagnement qui réduisent le risque ? Et qui évidement, passe pas une réflexion politique ? Et pour finir, une petite pique à Paul Jorion, sur le mot « grincheux » : c’est un terme entendu dans le milieu de l’entreprise et du management, pour stigmatiser tous les « collaborateurs » qui exprimeraient une réticence à des changements imposés par le haut, et malheureusement souvent à juste titre…..Evidement l’enjeu est bien au-dessus et une certaine inquiétude est légitime !

    1. L’IA est un de ces trucs que Michel Serres avait baptisé « objets-monde » , parmi lesquels il rangeait déjà la bombe , le déchiffrement du génome , le web , les PC , les téléphones mobiles .

      Je crois qu’il ne pensait pas non plus que si l’humanité doit disparaître , ce sera à cause de l’IA . Mais comme il se fait comme moi un peu vieux et gaga , il ne saisit pas forcément toute l’étrangeté nouvelle de ce truc , en lui déniant implicitement le pouvoir « d’inventer l’avenir » .

      Moi je retiens surtout des « objets-monde » , qu’il faut un « accord « mondial pour les rendre utiles et agréables .

      C’est mal parti .

      Je ne suis même pas sur que ce soit parti .

      1. Notre grain de folie d’immortalité, Sisyphe, sa pierre gigantesque qui déboule toute seule et qu’on ne voit pas. La dystopie dont on sauverait encore celui qui nous sauvera, le bon petit robot, Adam aux énergies virales.

  26. Serre, vous, Paul, Attali égal à lui-même ce matin, E.Todd, moi loin derrière mais non par les effets : les vieux parlent aux vieux,
    Quand ils se mettent à parler aux jeunes avec des jouets « objets-monde » ou plutôt « objets fin du monde », ça donne Août 14. Eh oui, les vieux savent balancer la purée, tant que c’est pas la leur.

    Engageons notre sagesse à jouer avec l’idée IA « objets nouveau monde », espérant son innocuité pour que « ça » parte bien.

    Réflexion pas aussi assurée que le ton le laisserait penser.

      1. « C’est mal parti .
        Je ne suis même pas sur que ce soit parti .
        On va donc laisser la réflexion « partir » elle aussi . »

        Tous ensemble, d’un même pas -sauf à la traversée d’un pont- en marche arrière et en zig-zag, passe que la difficulté excite notre résolution, comme celle de l’artiste, et accroit notre mérite autant que son art: le progrès en marche, irrésistible.

        On est loin des envolées lyriques d’Attali ce matin, récitées d’une voix lasse et de conviction chancelante: l’avenir et le progrès sont peut-être formidables (y croit-il encore ?) mais le présent est glauque. Ça ressemble à une religion: les rites, gardiens de la foi.

      2. L’avenir n’est glauque que lorsque les jeunes pensent que les vieux sont lyriques , et qu’ils ferment les yeux sur les objets qu’ils créent eux même pour eux même , en se drapant dans leur chagrin .

        Ce sera toujours une « utopie réaliste » qui inventera l’avenir des enfants des jeunes devenus vieux .

        Le présent , comme bien détecté par Paul Jorion dans la vidéo du jour , se limite à deux maladies éculées historiques ( fascisme et ultralibéralisme ) , et à une voie chinoise ambiguë qui , en l’état, semble plus se nourrir par opportunité des pires aspects des deux autres que d’une vraie originalité libératrice . Il rappelle sa propre « issue » dont je crois qu’elle finira par prendre pied .

        Après pas mal de souffrances et dégâts provoqués par le combat des trois autres .

        Pour le moment ( et comme de tradition ) , ce sont encore les « petits peuples » qui paient le plus lourd tribut à l’incapacité mondiale à anticiper la vie .

        Si plutôt que de se livrer à des « réformes structurelles » d’arrière garde , le « jeunot » pensait à l’avenir en trouvant par exemple avec Merkel , des raisons d’avancer sur d’autres voies que l’ultralibéralisme ou le fascisme , il me rendrait moins douloureux le souvenir de l’avoir choisi comme un moindre mal , après avoir voter Hamon .

        Au passage , j’avais un peu anticipé à l’époque en indiquant pourquoi je ne suivais pas Mélenchon ( donc la FI , du moins à ce moment là) , « pourquoi » qui rejoint la lecture que fait Paul Jorion aujourd’hui des affinités particulières ( dont j’ai remarqué qu’elles ont la tête blonde , au moins en portrait brandi !) .

      3. Je me demande ce que Condorcet , plus que Rousseau ou Robespierre , ajouterait aujourd’hui aux dix « époques » qu’il évoquait dans sa fameuse  » esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain « , s’il était établi que l’IA représente la fin de cette « perfectibilité humaine  » , paradigme qui a été son formidable apport à l’humanité .

         » Nos espérances sur l’état à venir de l’espèce humaine peuvent se réduire à ces trois points importants :
        – la destruction de l’inégalité entre les nations ,
        – les progrès de l’égalité dans un même peuple ,
        – le perfectionnement réel de l’homme  » ( c’était sa dixième et dernière époque : des progrès futurs de l’esprit humain) .

        Il comptait beaucoup sur le partage et exploitation universelle de l’information et de ce qu’il appelait « les lumières ».

        Mais si nous éteignons nous même nos lumières , est il certain que les formidables outils que nous aurons créé pour faire , exploiter , diffuser de l’information , sauront bien la rallumer , fût ce pour leur seul usage ?

  27. A voir la conférence Creating Human-Level AI organisée par Future of Life Institute.
    Bengio, LeCun, Hassabisne : une jolie tablée https://www.youtube.com/watch?v=V0aXMTpZTfc.
    Une vision pertinente : ça avance à pas de géant et on gravie des montagnes, mais on ne connaît pas le dénivelé total restant.
    La dynamique d’affects dégagerait bien l’horizon.

  28. @ Juanessy
    16 mars 2018 à 14 h 29 min

    Choisir le moindre mal , c’est aussi choisir son camp, même si on se défend de le choisir, et c’est ce qui a tué la social-démocratie européenne depuis 30 ans .
    Si jamais que Dieu nous en garde une guerre devait éclater avec la Russie , la gauche en porterait une énorme responsabilité .
    Misère, arriver en 2018 et constater que les seuls soutiens actifs en France et en Europe à une politique de coopération avec la Russie se partagent entre le business, la droite catho la plus réac et l’extrême droite , il y a de quoi désespérer . Le seul intérêt du reportage de Moreira, par ailleurs médiocre et putassier, c’est de rendre hommage sur la fin aux 25 millions de morts soviétiques , alors on comprendra peut-être d’où vient Poutine .

    1. J’ai du mal à comprendre où vous voulez aller , mais sur le fond de la relation à la Russie , je préfère l’analyse du jour de Védrines , et il vaut mieux savoir d’où vient la Russie que Poutine .

      1. @ jpl :
        Choisir le moindre mal, c’est d’abord choisir le mal. Quelqu’un comme Hannah Arendt.
        Mais c’est pas facile, je suis d’accord. La difficulté n’est pas de faire son devoir, c’est de savoir où il se trouve. Et là, je sèche pour l’auteur.

        Mais à part ce détail, je trouve vos observations pénétrantes… ‘Le business, la droite catho la plus réac et l’extrême droite’ sont-ils donc tous des russophiles béats ? Faudrait pas oublier que cette Russie nouvelle vague a de lourds antécédents dans la défense assez brutale de son arrière cour et de ses confins occidentaux. Et il s’agit bien d’une constante puisqu’elle s’étale sur plusieurs siècles. D’un autre côté, peut-être sommes-nous fatigués d’exercer une vigilance de tous les instants envers un pays ayant érigé le soupçon en système défensif? Mais ça rejoint vos observations : elle n’est forte que de notre fatigue à nous assumer. En 1966, me semble-t-il, de Gaulle nous avertissait de la vigilance nécessaire, tout en esquissant un rapprochement avec ce pays.
        Il est probable que l’Europe de Bruxelles est encore plus mal armée , entée sur la liberté de tout dépolitisée ; entendre par là les saints échanges commerciaux, tout sauf les personnes, faut pas déconner non plus. Ses sanctions auto-mutilantes ne sont qu’un spasme coléreux, pas même d’origines européennes. Une constatation, l’Allemagne est avide du gaz russe, hautement politisé.

        @ Juannessy
        Merci pour votre référence indirecte à Condorcet. Je note que la légende dit qu’il a été choppé par les sbires aux ordres des Montagnards à cause d’une omelette de 12 œufs ( douze, peut-être 13 à la douzaine). Alors que le couple malmené de la « 25 .ième heure » célèbre ses retrouvailles avec une omelette prudente et chiche . Les œufs dans les destins individuels, toute une histoire romancée?

      2. Ma référence (directe) à Condorcet ne mérite pas trop de remerciements si elle n’évoque que des œufs .

      3. ‘L’utopie et l’histoire chez Condorcet’, par Alain Pons, j’appelle ça du Condorcet indirect.
        Imaginons, supposition toute raisonnable, que vous nous proposiez un résumé et vos réflexions sur ‘L’utopie et l’histoire chez Condorcet’ par Alain Pons, ce serait du Condorcet avec une indirection double, vous croyez pas ?

        Quant aux œufs, Proust a tracé la voie avec un souvenir fugace mais persistant. Et même premier, si j’ose. Après tout, il y faut de la farine blanche, du beurre frais, du sucre, un rien de levure et … des œufs. Ma femme y rajoute un parfum naturel à la fleur d’oranger, c’est un secret transmis de mère en filles .

        Maintenant, je vais lire votre référence. Condorcet, même à travers le filtre d’ Alain Pons, c’est du solide et mérite attention. Ne soyons donc pas pressé . 

      4. @Daniel :

        Pour le texte intégral , mes archives personnelles résident dans une édition chez Flammarion de 1988 .

        348 pages dont les 90 premières consistent en une préface merveilleusement rédigée par le même Alain Pons , qui a bien mieux résumé que moi sa propre préface , et c’est pour ça que c’est lui que j’ai recherché pour aller  » aux plus pressés  » .

        Mais , comme dirait Schizosophie , rien ne vaut de prendre le temps de lire l’auteur dans son texte original , et celui là en vaut la peine ( aussi ) .

        Ça rend d’ailleurs plus modeste et admiratif devant l’acuité , la clarté d’expression et la puissance de réflexion de nos prédécesseurs , sur les sujets qui tarabustaient et tarabustent toujours nos interrogations .

        Rien de nouveau sous le soleil ?

        Si . La lune .

        Pas forcément l’IA .

  29. Ça me rappelle une nouvelle de Science-Fiction que j’ai lue (mais je ne me souviens plus du titre et de l’auteur) dans une série de recueils de nouvelles : Histoires de … mutants, voyages dans le temps, planètes, extraterrestres, machines, etc…
    Une anthologie de la Science-Fiction.

    Un savant professeur réussit à relier ensemble tous les ordinateurs de tous les pays (bon des ordinateurs des années 60). Toutes les télés, radios, journaux sont là, l’instant est unique, solennel et planétaire. Le savant professeur avance et connecte l’ensemble à l’électricité en baissant le manche d’un gros interrupteur (comme on voit dans les vieux films). La machine s’éveille, fait « bzzzzz » et patiente. Le savant professeur pianote la question que tout le monde attend en retenant son souffle :
    « Dieu existe t-il ? »
    La machine fait « bzzzz, bzzzz » et sort une carte sur laquelle il est écrit :
    « OUI, MAINTENANT DIEU EXISTE ! »
    Le savant professeur, épouvanté, se précipite sur l’interrupteur pour éteindre mais avant qu’il ne l’atteigne un éclair surgit et soude l’interrupteur.

    L’histoire s’arrête là.
    Bien sûr c’est mieux raconté par l’auteur.

  30. Bonjour,

    j’ai fait pas mal de math et de physique par rapport a vous
    (bien meilleur niveau « officiel »).
    J’ai fait encore plus d’info avec des gens qui ont le prix turing et un autre le prix godel.

    J’ai travaille aussi sur des choses tres concretes ou l’on traitait des
    centaines de tera de donnees dans des systemes distribuees avec
    des algo que l’on a implementer a 2 (et c’est pas simple non plus techniquement)

    Alors j’en ai un peu marre que l’on nous prennent pour des idiots!

    1. Des idiots , ça se discute , mais nul en orthographe , en syntaxe et en ponctuation , certainement .

      On espère que les algorithmes sont mieux maîtrisés , car le langage informatique mérite autant de rigueur que le langage oral et écrit .

      1. Desole pour l’orthographe et merci pour le « certainement ».

        Pour la « maitrise » (je continu les fautes, c’est meme quasiment
        ecrit dans le livre sur les systemes intelligents concernant les relations).

        Je vous lis depuis pas mal d’annees, pas toujours mais souvent, je vous assure que c’est beaucoup moins maitrisé que vous pouvez l’esperer (j’espere d’ailleurs que c’etait un « vrai » espoir).

        En fait, dans le hardware vous avez enormement d’heuristique car tout est indecidable sur la transmission de donnees entre les caches, la ram , le proc.
        Mais meme dans un langage haut niveau comme le java ou le
        python (mais c’est encore vrai pour le C) vous avez toutes sortes d’interpretation dont l’implementation doit, pour certain cas d’optimisation, chercher les heuristiques du langage, j’ai passe pas de temps la dessus!

        Ce que j’essaye de dire avec ce precedent paragraphe, c’est
        que l’IA, souvent lies a cette idee d’independance du choix de l’action, existe dans deja dans bien d’autres domaines sous-jacents de l’informatique.

      2. Tu as pris ce petit professeur des écoles avec « indien » qui ne te va pas très bien Juan !

        En revanche, vu que je suis là, un certain vigneron écrivait à vous en croire tous tellement bien que cela en était un délice. A ce sujet, te souviens tu de notre échange avec lui sur la disparition des populations d’insectes et d’oiseaux ? Vigneron avait tout simplement nié cette chute des populations et de la diversité, mais avec une orthographe parfaite certes. Ca impressionne toujours les esprits faibles de belles phrases, ou des tournures éloquentes et percutantes font leurs petits effets sur les corbeaux de la fable. Mais de corbeaux ils y en a de moins en moins :

        http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/03/20/les-oiseaux-disparaissent-des-campagnes-francaises-a-une-vitesse-vertigineuse_5273420_1652692.html

      3. Largement de quoi « grincher » dans le manche ! La langue performative ne s’embarrasse pas de toutes ces afféteries historiques des langues humaines. Pourquoi indien se décarcasserait-il ? Trop de dépôts du passé, superfétatoires logiquement. Ce n’est là qu’un signal.

        Alors comme ça, indien, pour aborder l’indépendance du choix, on implémente des interprétations, côté soft, et on cherche des heuristiques du langage, côté hard. C’est à se demander si l’analyste sait ce que fait la machine et par où transitent les informations qui l’animent. Ah mais, indien, vous êtes payé pour résoudre ces ignorances. Drôle de métier.

        Reconstituer le rébus ou bien imiter ses concaténations d’ordres réalisées et possibles et nommer cela « intelligence » en français, ou les deux à la fois par la magie « sensible » (en franglais) du « comme si » de l’imitation ? « comme maître et possesseur de la nature » écrivait Descartes, « comme maître et possesseur de la nature humaine » entends-je ici. Bientôt une approche lacanienne du sujet réifié et de la chose subjectivisée avec trademark Jorion ? Il doit bicher de tant d’innovations, Attali. L’homme nouveau se dit en pensée mécanisée.

        Xi Jinping, l’enfant de Lénine et Taylor serait-il aussi celui de Freud et Turing ? Car pendant ce temps en Chine : https://www.huffingtonpost.fr/2018/03/19/en-chine-les-personnes-avec-une-faible-note-sociale-ne-pourront-plus-prendre-lavion-ou-le-train_a_23389304/

      4. @Clo clo :

        Si je m’attache à tenter de maîtriser mon langage , ça n’est pas vraiment pour « impressionner » , c’est par souci de respect pour mes interlocuteurs , pour ne pas les obliger à souffrir pour essayer de comprendre ce que je raconte ou à s’interroger inutilement sur des ambiguïtés non désirées . C’est pour moi l’effort nécessaire pour réduire autant que possible le champ des fausses interprétations.

        Indien a raison de dire que je n’y parviens pas toujours , car mes lunettes me trahissent parfois et Julien Alexandre n’apprécie pas trop , à juste titre , les corrections a posteriori qui alourdissent et obscurcissent les commentaires .

        Je ne suis pas trop d’accord avec lui sur le regard porté sur les langages de programmation ( j’ai mieux connu de mon côté le cobol , le pascal et un peu le C ) , mais la place un peu vague qu’il fait à « l’heuristique » est intéressante et mérite développement .

      5. Le billet du jour traitant des auto-entrepreneurs , sans doute incomplet , est par contre un exemple de clarté qui permet de rentrer sans fausses pistes dans une critique d’actualité . A ce propos , j’avais relevé cette petite prise de bec:

        https://www.franceinter.fr/personnes/alexis-corbiere

        Mais , sur le fond du billet , j’ai aussi noté qu’on commence à entendre une petite musique gouvernementale , évoquant par exemple une modification du code civil pour « mieux » définir la place de l’entreprise dans la société civile .

        Relevé aussi cette définition de l’entreprise selon Bruno le Maire ( à 37mn 20 s et suivantes )

        https://www.franceinter.fr/emissions/questions-politiques/questions-politiques-18-mars-2018

    2. Le pauvre, il en a marre qu’on le prenne pour un idiot.
      Et l’idiot en dessous se rebelle avec la langue. Les autres avec leurs dents. Puis avec leur queue, etc. Et enfin les femmes arrivent et vous déchirent d’un bon coup de griffe. Et ça saigne forcément. Ah ! pour en finir avec le jugement de mes humeurs.

      1. L’humeur , en tant qu’elle est à la fois « physique » ( les quatre humeurs ) et psychologique ( « bonne » ou  » mauvaise » ) , est une forme d’intelligence artificielle !

        Il arrive même que l' »humeur » soit une sorte de création
        ( l’humeur du moment ) ou encore , la version que je préfère , la sœur de l’humour .

        Bref , de quoi varier …chaque mois de l’année .

  31. En réaction au temps que sont les notre : dommage que n’abordiez le détail de chacun des deux camps que sur la fin de la video, l’analyse est un peu rapide et semble n’être là que pour justifier au final votre non adhésion à aucun des camps… mais en fait si… Je serez surpris que vous considériez des gens comme Todd ou Lordon comme des proto-fascistes, même Assange semble vous poser un problème… Comment se positionner en dehors de ce clivage ou chaque camp se définit face à « tout le reste »? Dans quel camp pensez vous que versera la Chine face à l’Inde que vous oubliez un peu vite et qui, comme les USA appartient à un camp malgré un dirigeant qui semble appartenir à l’autre (le cas de l’Inde est très intéressant vu par le prisme des structures sociales de base aussi bien familiales que culturelles, tout autant inclassable que la Chine a ce niveau là et à elles deux ça fait presque un tiers de l’humanité)? … Quid de la mondialisation, de son effet sur les structures socio-familiales qui sont censées évoluer lenntement, sur des siècles, voire des millénaires, et de son rejet par les peuples dans tout ça ? N’est ce pas un aspect fondamental du clivage? Bref, je suis resté un peu sur ma faim.
    Et un peu vexé aussi de se faire traiter de proto-fasciste même par défaut 😉 Je suppose que ça vous fait le même effet quand on cherche à vous faire prononcer le mot communisme… 😉

      1. Comme j’ai fini par me sentir vise par cette histoire de troll si bien raconte (je suis parano ).

        Maitrise de math, maitrise de physique, these en info
        theorique et conf a harvard sur ces centaines de tera pour
        des probs physiques.

        (c’est aussi pour Juannessy)
        Deja, et je pense que ca ne vous echappe pas, mais la
        base de l’IA c’est la gestion d’heuristiques puisque tout est indecidable. Il y a bien les programmes pour les avions
        mais tout est deterministe et de plus « recalculer » par des
        methodes formelles pour les parties critiques par des choses comme le model checking.

        Ce que je voulais dire sur cette histoire de langue mal ecrite,
        par rapport au livre sur les systemes intelligents et les relations entre idees, c’est qu’il y a aussi une relation entre
        les concepts et les mots (graphique) qui depasse l’orthographe puisque je reste comprehensible et que celle-ci n’est qu’une forme graphique admise mais tres rarement strictement necessaire, une sorte de savoir sans sens precis donc quelque part un simple habitude sociologique.

        Pour parler de choses plus sympa, je trouve ca super cette histoire d’une dynamique d’affect sur des graphes (on se ramene quand meme toujours a des ordres partielles mais
        ca n’enleve rien a cette idee pour autant).

        (Pour certains, veuillez excusez mon niveau sociologiquement si familier de mon langage).

      2. Je ne crois pas que troll et proto-fasciste soit un même corps , sinon il serait trop facile à repérer , et pour le coup je ne pense pas que Paul Jorion vous ait envoyé un signe …indien !

        Pour ce qui est des langages ( toujours un peu « impurs » ) , j’en resterai au pari ( nourri par mes parents et mes instituteurs ) que la rigueur facilite la compréhension et pare aux erreurs .

        En notant que rigueur ne veut pas dire rigidité , pas plus que fermeté ne signifie dictature , j’aime rappeler aussi que , scientifique ou littéraire , ingénieur ou juge , X ou normale sup , maçon ou écrivain , la recherche de la meilleure coïncidence entre réalité et vérité passe par un usage respecté de nos codes sauf à être incompris .

        Votre pseudonyme m’a remis en tête un passage d’un spectacle que j’ai récemment évoqué avec Bain ( Democracy in America de Romeo Castellucci ) , où après une mise en scène de la « Glossolalie » , on découvre deux … « indiens Ojibwe » , qui s’inquiètent de la possible disparition de leur langage .

        Les derniers tableaux évoquent aussi des  » signes  » toujours imparfaits par lesquels nous tentons encore et tentons toujours de nous faire « une place » , si ce mot ( ce signe ) a un sens .

      3. Je rajouterai que , dans la langue française , si elle n’en n’est pas exempte , les cas d’absence de justification réelle de telle ou telle règle ou écriture , sont rarissimes et que l’on doit beaucoup d ce point de vue à la finesse et l’intelligence de femmes qui tenaient salon sans doute mais qui le tenaient bien , en mariant cerveau de gauche et cerveau de droite .

        Ce que tous les langages ne peuvent pas revendiquer .

  32. Pour ce qui est de l’IA il faudra que les récalcitrants soient victimes du test de Turing et surtout qu’on le leur démontre sinon ils nieront…

    1. Vos réflexions ont excitées mes rares neurones encore fonctionnels. Et ça me donne le vertige.
      Voici : l’IA pourrait-elle proto-faschiste ?
      Tentons une atténuation : L’IA tendrait-elle vers le proto-faschisme ? Pas immédiatement, mais à terme ? Et si oui, ses tenants et défenseurs sont-ils discrètement orientés vers cette philosophie, ou absence de philosophie ?

      Plus généralement, vu l’orientation générale du monde et pas seulement l’IA, la peste brun-rouge, les sectateurs des puissances orientales autoritaires et leur contre-partie occidentale autarcique, les adorateurs de la force brute et du darwinisme social, tous ces gens et organisations, dont une IA déchaînée favorisera inévitablement les «progrès», sont-ils notre avenir obligé ?

      Par quoi devrions-nous commencer à lutter ? Quel est le danger principal ? Est-il trop tard ?
      Un vertige existentiel, et certains nous bassinent avec la baisse de la bourse…

  33. Je voulais aussi ajouter une remarque sur l’ampleur meme
    de la complexite « ecrite » des codes actuels pour des gros systemes comme des assurances d’apres des amis (sans parler reseau, hardware et OS). Pour de vieux codes encore en fonctionnement
    quasiment inchangeable, il faut de l’ordre de 1 a 2 mois pour changer 4 lignes de code et au moins trois phases de tests et de deploiement qui dure, si ca se passe bien, de l’ordre de 9 mois.

    1. Je pensais le sujet épuisé, mais la descente dans les détails semble le ranimer. C’est aussi bien, vu que je suis allergique aux théories abstraites.

      Donc, je me lance et j’implore , mon cher Monsieur indien , votre bienveillance. Je vous assure être éloigné de toute idée désobligeante à votre égard. Pur en pensée et en acte, mon idéal. Admettons, si vous le voulez bien, que c’est pour faire avancer le schmilblick ou bien le plaisir d’échanger des idées pas trop au ras du bitume entre de gens de bonne compagnie.
      Après cette introduction bien nécessaire, j’y vais.

      Et plein pot.
      Il me semble qu’il y a une erreur dans votre exposé du problème. Disons le franchement, c’est un poil dans la soupe ou mieux une couille dans la potage, comme le disait mon regretté oncle devant un problème trop complexe.
      Comment pouvez-vous changer 4 lignes de code dans un OS ancien qualifié de quasiment inchangeable.
      Soit il est trop vieux, le RAD n’existe plus ou n’est plus maintenu et on le change, en copiant par exemple sur celui du copain. Les dessassembleurs symboliques jusqu’au niveau des fonctions ( en C/C++) ne sont pas fait pour les chiens, à défaut de disposer des sources.
      Admettons 4 lignes réécrites. S’il faut 9 mois de tests et validation, pour ces 4 lignes (sur combien ? disons 100000 pour le noyau, sans les commentaires) alors vos outils ont un taux d’expansion formidable, Il serait temps de changer pour plus efficace.
      Bref, il me semble que votre rendement est particulièrement faible.
      Faites gaffe aux boulots de niche en informatique : la cabane a vite fait de s’écrouler sur le chien tant la pression de la concurrence est rude.

      D’autres ont fait des remarques sur la présentation et la syntaxe de vos messages précédents mais je crois que vous et moi sommes au-dessus de ces petitesses. Qui suis-je pour oser juger ?

  34. Bonjour Mr Daniel

    Je vais etre pas sympa du tout cette fois-ci! Malgre toutes ces
    formes de politesses, c’est loin de Juannessy.

    Je vous raconte un truc factuel tres clair et exact et vous me
    faites des remarques sur du RAD et de l’assembleur (on ne sait lequel d’ailleurs) ou du C ou ou du C++, vous pouvez trouver d’autre mots possibles comme mov, offset, sql, interface user, etc.

    4 lignes ca peut prendre 9 mois, c’est une realite, tellement c’est critique, sauf si vous voulez ne plus avoir de banque ou d’assurance. (et les noyaux actuels sont plus grand en fait)

    La syntaxxe je m’en balance telllement c’est accesssible a compprendre ce que je racoonte. Mais je suis tout de meme de votre avis sur ce point.

    Bref, je suis de mauvaise humeur, je voulais juste exprimer des choses concretes.

    Personne, dans ces commentaires, se dit qu’il pourrait peut-etre apprendre un truc en plus?

    1. Ben, c’est raté, en dépit de votre avertissement contraire. Vous êtes vraiment aimable et j’apprécie votre civilité. Laissez moi vous dire, en passant, mon admiration pour votre intuition: Juannessy est en effet un maître en ces lieux et pas seulement pour sa modération, maître et modèle que j’essaie d’imiter.

      Sur le fond, je crains ne pas pouvoir apprendre quelques grandes choses de votre exemple. Tant d’espoirs déçus, je le regrette. J’ajoute que mes lacunes sont assez évidentes pour savoir sur qui pointer la responsabilité. J’assume, bien obligé. La force de l’habitude, quoi! Mais c’est pas la joie, toujours le même qui s’y colle.

      Je reste persuadé que le dialogue méritait d’être tenté. Il n’a pas dépendu de vous que ce soit un succès .
      A des temps meilleurs, peut-être ?

    2. On n’attend que ça , pourvu que ce soit en langage « commun » ( mais pas vil ) .

      Pour apprendre , il faut comprendre , ( « comprendre , c’est déjà aimer », disait Bernanos ) , et pour comprendre il faut communiquer … correctement .

      Une démonstration , pour être reçue doit être à la fois juste et « belle ». Communiquer , pour les stoïciens , c’était d’abord « exprimer » .

      La relation entre naissance du langage humain et techniques de communication ( dont internet ) , n’est pas sans intérêt pour le sujet de l’IA qui nous occupe , pour autant que cette dernière se nourrit des « signes » chers à John Locke (la sémiotique) et de l’outil mathématique .

      Si « l’action » ( la modification du réel ) ne se limite qu’à la puissance de l’échange et de la communication , l’IA prendra sans doute le pas sur nous .

      L’IA ou ses manipulateurs .

  35. Salut vous zotres !

    Les commentaires ne sont pas ouvert sous la vidéo de Nicolas Hulot, et tout le monde s’en fiche… En même temps comment pourrions nous être crédibles ?

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