Envions l’historien des temps futurs… par Jean-Luce Morlie

Envions l’historien des temps futurs lorsqu’il nous racontera comment, tel un brasier soudain, un peuple d’intellectuels s’est porté sans calcul auprès des déshérités pour y semer et donner corps à la pensée de Paul Jorion et de ses amis.

Chacun les vit propager la parole : articuler, unifier, expliquer, se dépenser sans compter dans les comités de quartier, les écoles populaires, les collectifs logement, les groupes de couture, d’alphabétisation, de cuisine ménagère. Comme s’enflamme l’amadou, on y discuta solidarité, gratuité, du vrai sens de la monnaie, des paris imbéciles sur les prix et de la création du Nouveau Bien Commun.

Quels beaux moments d’Histoire, l’Université Populaire se retissa sur la toile et avec elle, le Collège et le Lycée universel ; comme un sac de papier vide emporté par le vent, la vieille école fut effacée.

Ainsi éclairé, et sans qu’aucun discours n’y fût nécessaire, le Parlement Européen vota l’abolition des privilèges de la finance.

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