Trump sur le long et le court terme

Pour vous renseigner au mieux sur un événement qui constitue d’ores et déjà l’un des trois plus importants du XXIe siècle – quoi qu’il arrive par la suite – je lis en particulier en parallèle deux livres publiés au mois d’août, documentant tous deux la chute prévisible de la météorite Trump : House of Trump House of Putin. The Untold Story of Donald Trump and the Russian Mafia (Bentam Press) de Craig Unger et Unhinged. An Insider’s Account of the Trump White House (Gallery Books) de Omarosa Manigault-Newman.

Le premier des deux livres est particulièrement pertinent pour ce qui touche à l’origine de la fortune du président américain. On y lit par exemple sous la plume Unger :

[Mon livre] montrera que pendant des décennies, des agents russes, y compris des personnalités de premier plan de la mafia russe, ont consciencieusement étudié les faiblesses de la culture américaine du « droit d’entrée » (pay-for-play = payer-pour-jouer) – de la distribution du carburant jusqu’à Wall Street, du financement des campagnes électorales jusqu’à la manière dont les lobbyistes de Washington mènent leur négoce – et, ayant mené à bien leur étude, recrutèrent à la pelle avocats d’affaires tirés à quatre épingles, lobbyistes, comptables et promoteurs, pour compromettre le système électoral américain, le processus judiciaire, et les institutions financières.

Le livre de Craig Unger nous offre le cadre dans lequel comprendre la trajectoire de Trump au cours des trente dernières années, sur le long terme donc. Pour comprendre au contraire le Président au moment présent, le livre de Manigault-Newman est lui tout particulièrement éclairant. On y lit par exemple :

La plupart de nos conversations à cette époque [fin 2017] consistaient à ce que j’écoute Donald battre la campagne, prononçant des bouts de phrase tirés au hasard, dans des embardées de sa pensée et des paroles qui sortaient de sa bouche : l’élection présidentielle, les fake news, les mails de Clinton, le commerce international, Obama l’ayant mis sur écoutes, et tous les gens qui l’avaient un jour vexé.

Un échantillon de ces conversations, du mieux que je me souvienne : « Hé ! Je vais rencontrer à propos de, tu sais quoi ? ce type, est un brave type. La Chine, les gens, écoute : la Chine est en train de nous avoir. Ces gars sont mauvais. Mais le mur, le mur… » [la muraille que Trump veut faire construire le long de la frontière mexicaine – aux frais des Mexicains]. Ç’aurait été ridicule de prendre des notes à propos de chacune de ces conversations pour en retenir le contenu. À l’époque, l’idée me mettait mal à l’aise de transmettre à la postérité les preuves documentées de sa déficience mentale, de son déclin.

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