À méditer : la France en 1936, les États-Unis en 2018

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Un extrait de l’article de Christopher Browning : The Suffocation of Democracy, The New York Review of Books, le 25 [sic] octobre 2018, auquel je me réfère dans ma vidéo de ce matin, Trump et Hitler : un parallèle saisissant

« En 1936, les forces démocratiques de France et d’Espagne apprirent une dure leçon pour ne pas s’être unies face à la menace fasciste. Même Staline finit par renverser sa malencontreuse politique et ordonna aux communistes de se joindre aux démocrates dans des alliances électorales de front populaire. En France, la perspective d’une victoire du Front populaire et d’un nouveau gouvernement dirigé par le comble de l’horreur – un socialiste, juif de surcroit, Léon Blum, conduisit une fraction importante de la droite à proclamer : « Plutôt Hitler que Blum ». Plutôt la victoire de ceux des Français qui s’aligneraient sur le dictateur nazi et l’ennemi héréditaire d’outre-Rhin que préserver la démocratie française chez nous et l’indépendance française à l’étranger, sous un socialiste juif. La victoire du Front populaire en 1936 sauva temporairement la démocratie française mais conduisit à la défaite d’une France démoralisée et divisée en 1940, puis à la collaboration du régime de Vichy avec l’Allemagne nazie tout en poursuivant avec enthousiasme sa propre contre-révolution autoritaire.

Devant l’enquête Mueller sur l’ingérence russe dans les élections américaines et la collusion avec les membres de sa campagne, la première ligne de défense de Trump et de ses partisans fut double – il n’y a eu « aucune collusion » et l’affirmation d’une ingérence russe est une « infox ». La deuxième ligne de défense fut encore une fois double : « la collusion n’est pas un crime » et l’ingérence russe désormais avérée a été sans effet. Je devine que si le rapport Mueller devait établir que la « collusion » de l’équipe de campagne Trump avec les Russes répondait effectivement à la définition juridique de « conspiration criminelle » et que l’ampleur énorme de l’ingérence russe rende l’affirmation selon laquelle elle n’a eu aucun effet totalement invraisemblable, de nombreux Républicains se replieraient, implicitement ou explicitement, sur la troisième ligne de défense : « Plutôt Poutine qu’Hillary ». Il semble n’y avoir rien au monde en effet à l’égard de quoi une diabolisation d’Hillary Clinton ne puisse servir de justification suffisante *, et l’idée qu’une présidence Trump débitrice de Poutine est de loin préférable au cauchemar qu’aurait été une victoire Clinton marquerait la dernière réorientation républicaine vers l’illibéralisme au pays et la servilité vis-à-vis d’un autoritarisme étranger. »

* Que des Américains particulièrement atteints « raisonnent » comme cela, passe encore, mais que des Français m’écrivent ° « Plutôt Poutine qu’Hillary », me dépasse.

° Comme c’est toujours (et encore tout à l’heure) sous une fausse identité, je n’ai en réalité aucune preuve bien sûr qu’il s’agisse de Français et non de fonctionnaires logés sur les rivages de la Baltique 😉 .

P.S. courrier reçu : Goebbels is alive and kicking !!!

Dear Mr Jorion,

Have you noticed that recently all the short media interviews given by President Trump ( on BBC radio at least ) take place to the ( very loud ) background noise of helicopters or planes so that his words are barely audible, but convey the impression that the Great Man is deigning to take a break from his Olympian schedule of ruling the world in order to gratify the little people with his pearls of wisdom … !!

An audio reminder of that memorable photo of Hitler being intently listened to by German youth piled around him in a small amphitheatre in the Brown House in Munich in 1932.

Blake McInerney

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101 réflexions sur « À méditer : la France en 1936, les États-Unis en 2018 »

  1. La solution n’est pas franco-française .

    Question :Plutôt que Trump , plutôt que Poutine ,et plutôt que Xi Jinping , on désire… ?

    Réponse : …. ? Fonction de l’idée qu’on se fait du « bien » individuel et commun ,et de la façon de l’atteindre.
    ( j’ai la mienne , utopique , avec une version a minima )

    Ça craque de partout .

    Curieux aussi de voir ce qui va se passer au UK .

  2. « Plutôt Poutine qu’Hillary ».

    Pourquoi cela vous surprend-t-il chez un Américain, comme cela fut le cas en France avec le « « Plutôt Hitler que Blum » ? Et même plus pourquoi cela vous surprend-il qu’en 2018 un français écrive « Plutôt Poutine qu’Hillary » ?

    Alors que vous avez vous même Paul fait référence dans votre dernière vidéo à ce monde divisé en deux sur la planète. Pas en trois ou en N partis mais en deux. Vous ne devriez pas être surpris.

    Parfois pour un intellectuel de votre trempe, rôdé à la sociologie, aguerri à l’ethnologie et last but not least familier et expert de la psychanalyse, vous avez des surprises qui me surprennent.

    Puis entre nous, dans un couple quand on se supporte plus du tout, que c’est la haine, la violence, l’incompréhension, le dégoût, la crise absolue, la guerre pour tout, si on ne peut pas divorcer, le jour où un gars rentre dans la maison par effraction, pas sur que l’on face front pour défendre les meubles et l’intégrité du nid avec son conjoint… Au contraire ! Enfin peut-être que ça existe dans une autre dimension.

    1. Ce n’est pas que des gens divisent le monde en deux qui me surprenne (ça simplifie les choses), c’est qu’ils se représentent le monde comme partagé entre partisans de Poutine et d’Hillary Clinton, et qu’ils m’envoient des mails menaçants (en usurpant des identités) pour me dire : « Si vous n’aimez pas Poutine, c’est que vous aimez Clinton ! ». Pour moi, ça n’a pas plus de sens que de me dire : « Si vous n’aimez pas Mozart, c’est que vous voulez me forcer à manger du rutabaga ! »

      1. Ou alors – et c’est le mot de « diabolisation » chez Browning qui m’y fait penser – le sens de la phrase est : « Si vous n’aimez pas Poutine c’est que vous êtes un suppôt de Satan ! »

        Mais si le sens de la phrase m’est alors plus clair, je ne vois toujours pas pourquoi un Français aurait envie de me dire ce genre de cornichonnerie !

      2. M’enfin Paul vous même, et je dois dire à ma grande surprise pour le coup, vous avez divisé le monde en deux au sujet de la nomination de Brett M. Kavanaugh dans votre vidéo « TRUMP ET HITLER : UN PARALLÈLE SAISISSANT » !

        Et pas qu’un peu, puisque cela serait au niveau planétaire. Polarisation vous dites, entre deux types de personnes, d’un côté ceux qui croient XX et de l’autre ce qui croient XY ! Parole contre Parole n’est ce pas.

        Je tiendrais juste à préciser que nonobstant mon intime conviction, qu’on peut aussi s’en tenir uniquement à des règles de droits pour juger de ce genre de situation. Et que sans procès avec un jugement à la clé, on est malheureusement dans la croyance, et donc l’irrationnel et souvent il en sort le pire. Comment faire la preuve de tout cela, puisque en fait et vous le dites, chacun a fait en son intime conviction devant la feuille A4 de 35 lignes du FBI présentant deux vérités ! Et le résultat est que BMK a gagné.

        https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/10/05/etats-unis-brett-kavanaugh-assure-de-sieger-a-la-cour-supreme_5365448_3222.html

        Votre prise de position est aussi facile à balayer que celle de BMK, et il ne suffit de se draper dans la position du juste avec les mains blanches du côté de la Vérité pour en être. Les accusés d’Outreau s’en souviennent eux.

      3. À celles et ceux qui ne maitrisent pas l’anglais, courage !, la version en VF de la telenovela étasunienne nous arrive prochainement pour les élections européennes, sous le titre « Macron = Churchill, Salvini = Hitler ».

        L’hystérisation du débat signe simplement la mort du fait politique, ou plus exactement l’autonomisation du néolibéralisme vis-à-vis de tout contrôle démocratique. Ne reste plus qu’une coquille vide, celle d’une démocratie représentative où des élus sans prise aucune sur les décisions macro-économiques sont condamnés pour cacher leur impuissance (et le plus souvent leur soumission totale et volontaire), à multiplier les provocations et les insultes pour exister.

        Naturellement à ce jeu des provocations et de l’hystérisation, les extrêmes-droites sont les mieux placées comme le prouve l’Histoire. Peu importe répondront les frères Koch et leurs semblables contrôlant les banques systémiques et les transnationales, si nous avons acheté sans difficulté aucune la conscience des dirigeants de gauche, nous parviendrons facilement à acheter celle des dirigeants d’extrêmes-droites. Et ce d’autant plus facilement, qu’ils ne demandent que cela !

        Sauf que bien entendu, le calcul est faux. Si les meurtres du néolibéralisme sont aisés à camoufler (les pauvres se suicidant – rapidement avec une corde ou lentement avec des drogues – ne sont pas comptabilisés dans les statistiques criminelles), il en va tout autrement de l’extrême-droite qui elle a toujours tué à visage découvert. Hier l’ennemi de l’intérieur était juif, aujourd’hui il est musulman ou réfugié, mais finalement peu importe la caractérisation du bouc émissaire, une fois au pouvoir les extrêmes-droites ne peuvent que consumer entièrement les sociétés. L’hystérisation du débat public ne saurait avoir qu’une seule fin : la guerre civile et la dictature.

      4. @ Robert Boulant
        Dans votre sens, entendu ce matin sur France Culture un analyste annonçant la stratégie de Macron pour les européennes : l’Europe des populistes avec l’extrême-droite ou l’Europe des progressistes avec moi, voilà le choix. Clivage simpliste pour promouvoir le libéralisme « progressiste » et convaincre l’opinion (française ?) que l’avenir de Europe tourne autour de l’indispensable Macron.
        Comique à en pleurer.

      5. @Roberto
        Mais qui actuellement, dénonce cette impuissance et ses causes sur l’échiquier politique français ? personne. Un vide d’idées qui profite à l’extrême droite et à l’abstention. Mais un vide que nous pourrions combler, rien de nous l’interdit.

  3. Se joue à Washington un combat sans merci entre d’un côté Trump et de l’autre l’ « État profond » états-unien. Il est légitime d’essayer de comprendre ce qui se passe, éventuellement de prendre parti, mais en l’affaire les soupçons d’ingérence russe sont une péripétie sans guère d’importance.
    Vus de France les USA sont toujours les USA, quel que soit leur président.
    Les comparaisons de la Russie poutinienne avec l’Allemagne hitlerienne ne tiennent pas la route.

    1. Une péripétie ! vous y allez fort.
      Dans un pays, les USA, dont le président se targue de faire sa priorité absolue (América First),
      dans un pays où l’on voue presque un culte au drapeau national, admettez qu’une collusion avec l’ennemi cela fait tâche.

      1. Mais les partisans de Trump estiment sans doute très majoritairement que leur ennemi n’est pas la Russie mais leur propre « système », face auquel ils voient sans doute en la Russie, non pas un « nouveau Hitler » comme l’a dit Hillary Clinton, mais au contraire un allié objectif partageant des valeurs conservatrices/réactionnaires communes. Et c’est d’ailleurs certainement animé par cette même logique que l’entourage de Trump a commis l’erreur probablement fatale de prendre contact avec des Russes pendant la campagne.

        Donc, logique irréconciliable et dialogue impossible avec, si le « système » (Justice, Congrès, médias…) s’en prend à Trump, opposition dans l’esprit de ses soutiens entre légalité (Justice, Congrès…) et légitimité (l’homme providentiel élu par le peuple pour sauver la nation), susceptible d’en emmener certains très loin. Dans l’esprit de ces gens-là, ils ne trahissent pas, ils se rebellent contre une oppression, voire contre la trahison des « autres », et au lieu de penser en terme de collusion avec la Russie, ils pourraient oser un parallèle avec l’alliance des insurgés américains avec la France lors de la guerre d’indépendance – un allié objectif contre un ennemi commun -, comparaison qui évidemment résonne tout autrement que le recours obsédant aux années 30, et de façon plus confortable et auto-justificatrice pour les personnes concernées. J’ai du mal à croire en la possibilité d’une guerre civile dont la perspective semblent fasciner quelques esprits des deux côtés de l’Atlantique, mais les États-Unis risquent de vivre tout de même des temps intéressants.

        Bref, c’est bien la logique du « Poutine plutôt qu’Hillary » (voire, dans une moindre mesure, en France, du refus de voter Macron au second tour, en estimant que la menace de l’extrême droite nationaliste ne justifierait pas de reconduire au pouvoir le « système » néolibéral, capitaliste, productiviste, etc. ). Et, pour ceux qui écrivent à Paul Jorion, l’idée que la gravité de la situation est telle qu’il faut choisir son camp entre « système » et « anti-système », Poutine et la Russie étant perçus comme « anti-système » par ce qu’on appelle la fachosphère, voire même quasiment comme des entités eschatologiques pour certains sites délirant sur la méta-histoire et autres foutaises métaphysiques, perception évidemment plus que discutable quand on s’en tient au monde sublunaire, mais qui fonctionne tout de même d’autant mieux dans certains esprits que le fait est que le « système » politico-médiatique ne cesse de désigner la Russie comme l’ennemi.

        Ennemi que j’ai personnellement tendance à considérer comme largement auto-suscité, dans la mesure où on ne peut que constater que pendant ses premières années de pouvoir Poutine a cherché un modus vivendi et même un partenariat avec les États-Unis et les Européens (l’époque où Bush voyait son âme dans ses yeux), et qu’ensuite l’inflexion s’est fait progressivement et au fil de crises que la Russie ne déclenchait pas mais auxquelles elles répliquait, dans une attitude qui me semble, au moins au départ, plus fondamentalement défensive qu’agressive : guerre d’Irak, expansion de l’OTAN, bouclier antimissile, offensive géorgienne contre les républiques séparatistes, projets d’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN, soutien au Maidan, soutien aux rebelles syriens… dans tous ces dossiers, la Russie n’a fondamentalement fait que répondre à une déstabilisation d’une situation existante, qu’elle soit déclenchée ou soutenue après coup par les Américains. Bref, je ne suis pas du tout membre du fan-club visiblement très à droite de Poutine, mais je crois aussi qu’il est très exagéré de voir en lui un nouveau Hitler, et je crois que cette attitude conduit à adopter vis-à-vis de la Russie des politiques auto-réalisatrices, ce qui est probablement tout à fait délibéré de la part des Américains et relève sans doute d’un mélange de stupidité et de vassalité géopolitique de la part des Européens. Je sais bien que ce dernier paragraphe ira contre la tendance dominante du blog et fera déjà de moi un « munichois », un « rouge-brun » ou un « idiot utile » (pas très utile, vu mon influence nulle sur quiconque) pour certains, mais ainsi soit-il.

      2. Je n’ai pas écrit collusion mais ingérence.
        Tous les Etats du monde, les USA en tête et à une tout autre échelle !, pratiquent l’ingérence chez les autres.
        Cela n’excuse pas la Russie mais oblige à ramener ses turpitudes, ou turpitudes supposées, à de plus justes proportions.
        Et puis la Russie est-elle un ennemi ? Les USA et l’Europe font tout pour nuire à la Russie mais en quoi la Russie cherche-t-elle à nous nuire ?

      3. « Tous le chats sont gris », dites-vous. On n’est pas prêt d’y voir plus clair avec vous ! Il y a effectivement du Girard là-dessous : « Vu le péché originel, on ne s’en sortira jamais » : l’esprit des anti-Lumières !

        Vous incarnez à la perfection ce que j’évoque depuis plusieurs semaines comme la source profonde du confusionnisme contemporain : l’incapacité à tenir compte du facteur d’échelle. « Si nous nous mettons tous à faire du vélo, on pourra sauver la terre (P.S. dans 5.000 ans) ». L’histoire du colibri qui combat l’incendie « en apportant sa part », à savoir une goutte d’eau, présentée comme un argument à se conduire … comme un colibri !

      4. Denis, Marcel
        ingérence, pas collusion, selo

        L’erreur c’est de faire comme si l’Amérique c’était Trump, mon analyse se place du point de vue de la majorité étasunienne, qui n’est pas pro-Trump.
        En évoquant un ennemi je ne faisais que reprendre la rhétorique Trumpienne pour en pointer les limites, car de fait (sauf pour la Russie curieusement) tous les pays sont potentiellement ses ennemis au moins sur le plan commercial, et je pourrais dire la même chose de Poutine à l’égard de l’Occident dont il ne cesse de pointer la décadence lorsqu’il s’adresse à ses compatriotes. Je ne suis pas certain que cette rhétorique bancale puisse tenir indéfiniment même aux yeux des partisans de Trump, car un certain nombre sont réellement patriotes.
        Certes à des degrés divers beaucoup de pays pratiquent l’ingérence, mais la nouveauté c’est qu’elle se pratique désormais dans l’hémisphère Nord dans deux grands pays, les services secrets de Poutine à l’égard des US mais aussi à l’égard de certains pays européens (attaques diffamatoires lors de la campagne présidentielle visant Macron via Spounik- RT, je n’apprécie pas Macron mais je n’apprécie pas non plus que Poutine essaie d’influencer l’opinion française.) et des officines (Cambridge Analytica ..) au sein même des US et de la Grande Bretagne pour influencer les élections américaines et le référendum sur le Brexit.

        Influencer le résultat d’une élection à distance, que cela vienne des services secrets de Poutine ou bien de Cambridge Analytica pour influencer les élections américaines et le Brexit : même combat anti-démocratique.

        Vous avez raison, les peuples ne sont pas des ennemis, mais clairement pour moi Trump et Poutine sont des adversaires.

  4. L’analyse de Pierre Browning sur l’histoire politique européenne de la fin des années Trente est on ne peut plus légère.
    Des royalistes anti-républicains sont devenus résistants et des socialistes républicains sont devenus collaborateurs. Période extrêmement complexe, qu’on ne peut comprendre sans mise en perspective avec les traumatismes de la Grande Guerre, très éloignée des raccourcis historiques de cet auteur.
    Écrire « La victoire du Front populaire en 1936 sauva temporairement la démocratie française mais conduisit à la défaite d’une France démoralisée et divisée en 1940 » est une imbécilité qui va justement dans le sens de l’inique procès de Riom contre les élus de la République.
    Chaponik pourrait certainement nous en raconter davantage.

    1. J’approuve.
      Remarquable résumé. Le procès de Riom (avorté sur ordre d’Hitler) a montré que les gouvernements présidés par Léon Blum ont fait beaucoup pour le réarmement de la France, allant juqu’à dépenser 4 milliards de francs-or pour construire des usines ( chars et avions) aux USA et au Canada. En fait, la France a fourni le tremplin pour le Victory-Program. Jean Monnet n’y était pas étranger. Et ce n’est qu’un exemple.

      Le cri « Plutôt Hitler que rouge » a fait l’objet d’un commentaire définitif de De Gaulle sur la courte vue d’une certaine droite…

    2. Il me semble que cet historien « n’accuse » pas le front populaire, mais il essaie tout simplement mettre à jour la continuité historique, la ligne que prenait l’Histoire à ce moment là : un processus de radicalisation était en cours, suite à la crise de 29, et peu importe pour qui le lecteur prend position 80 ans plus tard, pour le Front Populaire, ou pour Pétain…

      Ce qui importe c’est maintenant : le processus de radicalisation en cours, que nous observons suite à la crise de 2008. Des illusions sécuritaires et xénophobes font surface partout dans le monde. Le culte de la personnalité de tous ces fascistes en devenir ressemble beaucoup à ce qui se passait dans les années 30 de mon point de vue. Cette très bonne photo de Hitler le montre , sur laquelle on voit la soif de son auditoire : il attendaient des réponses…N’IMPORTE LESQUELLES !

      De même Trump peut dire n’importe quoi sur Mme Ford, et même affirmer des choses totalement fausses, ça passe aux USAs, mais quand même pas tout à fait aussi bien, de mon point de vue, que pour Hitler, car il y a une très forte opposition contre Trump là-bas, et beaucoup de moqueries.

      Ce type de discours est forcément loin de l’analyse, et surtout de l’analyse de ce qu’on ne veut pas remettre en cause. Il s’agit plus de « donner à manger aux cochons », en servant au peuple tout ce qu’il a envie d’entendre, et en prenant des pauses. Nous on a Waulquiez, qui fait ça très bien… au Brésil, le 28 prochain, ils auront Bolsonaro, qui na paraît-il évoqué le « bombardement des favelas »… on est encore un cran au dessus de Trump et de Wauquiez … l’extermination des pauvres, pour ne pas analyser les tares du capitalisme… Ce ne sont pour l ‘instant que des paroles, mais peu à peu, elles travaillent à désinhiber la population.

      Et qui peut dire ce qui se produirait, si une nouvelle crise économique survenait ? Est-ce que nous ne basculerions pas alors dans l’inacceptable ? (La Chine par exemple, ferait un bouc émissaire parfait pour Trump)

  5. A lecture de ce blog, depuis quelque temps on vous sent violemment anti Trump au point de perdre parfois tout recul sur les évènements yankees. Votre certitude de la culpabilité de Kavannaught et le refus de voir dans cet épisode une manipulation comme les USA en ont l’habitude est étrange. Je vous ait cru longtemps plus lucide

    1. C’est curieux tout de même, les manipulations ne viennent jamais du camp d’en face.
      Putin, un ancien du KGB cela devrait pourtant tout de même vous mettre la puce à l’oreille. Mais passons, tenons-nous en aux faits.
      Il y a un faisceau de présomptions déjà bien étoffé, le cas Manafort et son lot de révélations, l’ancienneté des relations de Trump avec la Russie, tout cela nous amène à penser que la collusion avec la Russie est à ce stade quasiment avérée. Ou alors qu’on me dise que l’homme n’est jamais allé sur la Lune !
      Un coup monté, mais avec la complicité de tout l’appareil judiciaire américain. Muller ne serait qu’un pantin ! C’est ridicule.

      1. Des faits, des preuves. Sinon, le disque est rayé, rayé,… rayé.. rayé….rayé, le diamant toujours sur le même sillon, et l’arrêt ne fonctionne plus.
        Je propose un autre sillon: « Bush, CIA …. Bush, CIA, ….Bush, CIA… »
        Ou bien un livre:
        « Disrupt and Deny ». Covert actions in Cold war, End of empire and Age of illusion. Par Rory Cormac,Professeur de Relations internationales à l’Université de Notthingham.

        Je ne l’ai pas lu. Le titre est alléchant: « Mettez le bordel et niez le ». Et ceci:  » Pour l’auteur et c’est la thèse centrale l’ouvrage, le gouvernement britannique a, au court du XXe siècle, eu constamment recours à l’intervention « couverte » dans les affaires internationales. »
        On n’ignore pas l’étroite symbiose entre renseignements Britt et US.

      2. Daniel

        On vous parle de Trump ou Poutine, vous répondez, « mais non, c’est Bush ».
        On évoque ingérence Russe, vous nous dites ah mais US et GB sont de mèche, c’est le sujet ?
        Bush est encore président ?
        Vous oubliez que Paul a abondamment commenté et critiqué l’influence des officines telles que Cambridge Analytica. Si vous pouviez un chouillat faire preuve d’esprit à l’égard de Poutine, je vous en serais gré.

        Soyez sérieux, sur ce blog il n’y a jamais eu de critiques adressées aux US et à ceux qui détiennent le pouvoir politique ou économique ? De nombreux billets n’ont-ils pas été rédigés pour dénoncer les politiques désastreuses de quelques présidents américains depuis maintenant plus de 10 ans que le blog existe ? On croirait presque à vous lire que vous débarquez sur le blog, que vous n’avez pas lu ces deniers mois les nombreux billets concernant le patient décryptage de l’enquête du procureur Mueller qui a déjà apporté son lot de révélations. Pour la partialité, franchement, vous repasserez.

      3. @ Pierre-Yves Dambrine
        Ouh-là, ça devient difficile.

        1- l’égalité Poutine=KGB n’est pas différente de Bush=CIA. Il n’est ni question de Poutine, ni de Bush, mais de différence de traitements pour 2 vérités identiques, l’une enfouie, l’autre magnifiée plus que de raison. Et ne dites pas que la CIA n’a rien fait sous la direction de Bush, ou quand son ancien directeur et directeur du renseignement national est devenu président. Mais je comprends que certains aient besoin d’un cri de ralliement ou de mot de reconnaissance.

        2- Mueller n’a apporté aucune preuve matérielle à ses accusations. Les 12 ou 13 clampins russes sont inatteignables par la justice US. Le directeur de la NASA a assuré qu’il avait pris de mesures pour que les sanctions anti-russes ne l’empêcheraient pas de continuer à propulser ses fusées avec des moteurs russes RD 180, irremplaçables. C’est de la diplomatie parallèle opposée aux objectifs de son gouvernement, une forme de trahison, et d’influence plus sérieuse que ce qui est reproché aux lampistes sous-doués russes.
        ( RD180 et Atlas : https://fr.wikipedia.org/wiki/RD-180 )
        Le réflexe copyrighté Lucky Luke ‘Pendons-le d’abord, jugeons-le ensuite’ ne nous grandit pas.

        3- La période du 33 t/mn est quasi-révolue. Ça n’excuse pas mon erreur : un tel disque n’a qu’un sillon, en spirale.

      4. Daniel,
        Décidément, vous préférez regarder ailleurs.
        En quoi critiquer Poutine ferait de moi un complaisant vis à vis de Bush et de la CIA (qu’il m’est déjà arrivé de critiquer, et cela ne date pas de la semaine dernière) ?
        La critique de l’un n’a jamais exclu la critique de l’autre, par contre chez vous cela semble poser un problème.
        L’enquête de Mueller n’est pas terminée, mais on a déjà appris beaucoup de choses, vous semblez vous en désintéressez, libre à vous. Il y a la justice, mais aussi le travail des journalistes, les journalistes US seraient-ils tous corrompus et mensongers ? Tandis que les organes de presse Russes, impeccables ?

      5. @ Pierre-Yves , au sujet de Daniel qui dit « Ouh-là, ça devient difficile. »

        C’est à ce genre de petit détail qu’on voit que Daniel n’est pas un démocrate. Cette petite phrase montre qu’il est totalement hermétique aux arguments que tu peux avancer. Il a pris un parti, il n’en bougera pas, quoi qu’il arrive. Ce « Ouh-là, ça devient difficile. », c’est un peu un « Cause toujours mon gars, tu m’intéresses ! »…

    2. Evidemment que Kavanaugh est coupable !

      A moins que le Dr Ford ne joue la comédie ? C’est une très bonne actrice alors, au moins aussi bonne que l’était Nafissatou Dialo … la femme de chambre qui avait tout inventé dans la suite de DSK.

      L’investigation du FBI fut une vraie plaisanterie ! Ils n’ont même pas confrontés Kavanaugh et Ford ! Il a beau chialer, il n’est peut-être plus le même homme aujourd’hui, peut-être même qu’il regrette maintenant qu’il a des enfants, mais il est quand même coupable. Qui peut croire le contraire ?

  6. Cher Paul Jorion,
    lecteur très régulier de longue date de votre blog même si je ne me manifeste pas très souvent, je profite de ce fil de discussion pour attirer votre attention sur deux faits de la politique mondiale récente ayant rapport à ce que vous analysez sur Trump.

    D’une part, le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov a arrêté sa grève de la faim, sous la menace d’être alimenté de force, vendredi dernier, quelques jours après que le journal russe indépendant Novaïa Gazeta ait fait état de « fuites » qui lui étaient volontairement parvenues depuis les « services », selon lesquelles la Russie proposait aux Etats-Unis (et par dessus le dos de l’Ukraine bien entendu) un échange de Sentsov contre trois personnages : Konstantin Yaroshenko, condamné à 20 ans de prison pour trafic de drogue, Victor Bout, condamné à 25 ans pour trafic d’armes et « soutien au terrorisme », … et Maria Butina, arrêtée en juillet dernier juste avant la visite de Trump à Poutine et qui est un maillon important de l’enquête Mueller contre le président Trump.
    Je crois que vous avez dû écrire sur l’arrestation de cette dernière. En somme, Poutine tendait la main à Trump en utilisant Sentsov, et si celui-ci n’était pas libéré, cela pouvait devenir … la faute à Mueller !
    L’arrêt de la grève de la faim de Sentsov, à son 146° jour ( !!! ), porte un coup à ces manoeuvres naissantes, mais elles ne manquent pas d’intérêt et méritent d’être connues ….

    D’autre part, ce sont ce soir les élections au Brésil. Le challenger Jair Bolsonaro a Trump pour référence virile (avec Dutertre et Pinochet). Son éventuelle victoire serait d’une extrême gravité., une excellente nouvelle pour Trump et une mauvaise nouvelle pour les femmes, comme Cavanaugh. On doit même se demander si une telle catastrophe aux Etats-Unis du Brésil n’aurait pas des répercussions pro-Trump sur les mid-terms. Ceci ne contredit en rien votre relatif optimisme en ce qui concerne la chute de Trump, mais pourrait en contrarier les données en amplifiant la portée déjà mondiale du problème …

    Cordialement,
    Vincent Présumey.

  7. @ arkao
    J’adhère volontiers à une vision assez nuancée du Front populaire, qui faisait face à l’après-grande Dépression (tardive en France) et aux séquelles de la guerre d’Espagne, entre autres.

    Reste l’analyse de Marc Bloch dans l’Etrange Défaite:

    une bonne partie des gens aux commandes (armée ou industrie) semble regarder ailleurs quand il s’agit de combiner l’efficacité technique et la capacité à faire preuve de considération pour ses concitoyens d’une une même république. Ils trébuchent durant quelques années sur l’un et l’autre (et Marc Bloch n’en peut mais de voir cela, en gésine, puis en (non-)acte). Comme si le chemin qu’avait pris la France leur semblait étranger, ou bien comme si dix années de désorientation (depuis 1929) avaient laissé groggy leur « philia ».

    1. @ timiota, arkao & daniel,
      j’étais sur le point de dire combien j’approuvais la remarque d’arkao mais timiota et daniel m’ont devancé.
      Pourtant je veux insister.
      Accuser ainsi le Front populaire démontre une piètre connaissance de l’Histoire de France (voir le procès de Riom).
      En fait l’analyse (incroyablement lucide pour une analyse à chaud) de Marc Bloch pourrait être sans doute complétée avec un long recul par d’autres éléments. Et dans le multifactoriel on ne saurait sous-estimer la bêtise par calcification des idées en particulier stratégiques… Ce n’est pas la première fois en France qu’un état-major était en retard d’une guerre (cf Napoléon III en 1870). Et le colonel de Gaulle a essayé en vain de lutter contre ça.

      Cela étant le « plutôt Hitler que Blum » fut prouvé par une partie significative de la classe politique française (de Doriot, Déat à Laval et Pétain) après l’étrange (et totale) défaite…

  8. Au risque d’être enfermé à jamais comme l’ennemi des braves Français, je ne pense pas qu’il soit superflu de tenir un miroir à M. Browning (qui se vante implicitement).

    Ce n’est certainement pas la première fois qu’il est util de souligner que les États-Unis dits idylliques et progressistes, en réalité à partir de la fin du XIXe siècle, étaient en train de saper l’hégémonie britannique sur la scène mondiale.

    Et tout était permis, comme les Colombiens l’ont malheureusement vécu avec le vol du Panama et les conflits sociaux sur la côte caraïbe de la Colombie. Veuillez relire attentivement Gabriel García Marquez, je vous le recommande.

    La Pologne, la République tchèque, la France, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas et même l’USSR n’ont été que des mouches délicates pour les Américains dans leurs efforts visant à obtenir les Anglais pour de bon.

    Et les liens historiques intenses entre l’Allemagne et les Etats-Unis (Trump lui-même en est un bon exemple, mais aussi lire Kurt Vonnegut après…) ont provoqué beaucoup d’échanges d’idées et de ‘sciences’, y compris l’eugénisme et ses racines profondes (à la facon de Trump : très très profondes) aux Etats-Unis.

    Le portrait d’Henry Ford ne représentait pas une blague sur le bureau de A.H. à Berlin.

    Le fait que le cartel IG Farben doive être vaincu était en fait une sorte d’avantage collatéral dans la véritable lutte pour faire taire l’empire britannique pour de bon et faire de Washington la capitale mondiale au lieu de Londres.

    Le pauvre Keynes l’a certainement payé de sa vie, épuisé et triste après l’évaporation du bancor, l’arrivée du USD; l’arrivée d’une combinaison limitée du FMI – Banque Mondialie, au lieu de l’International Clearing Union.

    Les Américains ont toujours réussi, comme le souligne Paul Jorion, à faire semblant de vivre à Washington avec les bons et les méchants. Lisez également dans ce contexte les American Visions of the Netherlands East Indies / Indonesia par Frances Gouda (Université d’Amsterdam) : le prélude au vol américain de l’empire de la cocaïne Java-Amsterdam des Pays-Bas en 1949, et depuis, sa transplantation dans les pays andins et les Etats-Unis.

    Le mythe grotesque d’un appui américain aux Permudas en Indonésie.

    Du côté américain, l’Institut Fernand Braudel (Binghamton), en particulier, a continué à travailler empiriquement à étayer la thèse de la guerre de 30 ans 1914-1944, Etats-Unis contre Royaume-Uni, US versus UK.

    Mais une étude réalisée en 2009 par Peter J. Hugill ne doit pas non plus rester anonyme, voir https://www.jstor.org/stable/40377400?seq=1#page_scan_tab_contents.
    (Le défi américain à l’hégémonie britannique, 1861 – 1947.)

    La note critique sous-jacente que je voudrais faire, et je le sais: c’est trop terrible pour les mots, est la suivante : cela n’a pas d’importance pour les Américains qui doivent souffrir pour obtenir et conserver le pouvoir.

    Comme toutes les victimes de l’Holocauste, et comme toutes les victimes de 53 ans de guerre en Colombie et ailleurs: les Corées, Congo, Moyen Orient, Viëtnam, Cambodja, Chile, Amerique Centrale etc etc etc etc.

    C’est le message de Paul Jorion : le Rücksichlosheit en personne est arrivé au pouvoir, parce que l’élite des Etats-Unis sait que son hégémonie conquise depuis 1944 est arrivée à une fin inexorable.

    C’est la véritable horreur de notre temps : le couple T/P est bien pire qu’Hitler, qui n’était qu’un dérivé dans une toute autre batail.

    Isaac Deutscher pouvait encore écrire sur Staline (partie 1 de la biographie de Trotsky): ¨Et le dictateur se cachait dans les coulisses¨ (And the dictator was lurking in the wings).

    A Washington, la dictature T/P de tous les temps est au pouvoir. Avec SON force de frappe.

    1. @ J. Leestemaker, une remarque en passant… Vous écrivez : «braves Français,… les Colombiens, les Américains…» mais vous qui êtes pour l’écriture inclusive (cf. votre formule «les Amis.Amies du blog de PJ» , vous voulez dire, les Français, les Françaises, … les Colombiens, les Colombiennes etc ??
      Mais ma remarque est plus générale et s’adresse à tous les démagogues de l’écriture inclusive. L’égalité des hommes et des femme ─ combat fondamental et décisif pour l’espèce humaine (j’allais dire pour l’Homme) ─, passe par autre chose que des gadgets ridicules, rendant les textes illisibles.
      Je vous félicite donc pour votre texte en français (qui n’est pas votre langue maternelle).

      1. @ J.S. : Parfois les lectrices&teurs considèrent que la suffisance masculine, ça suffit. Dont la vôtre. Elles&ils ne se voient pas comme démagogues. Sorry.

    2. « Au risque d’être enfermé à jamais comme l’ennemi des braves Français ».
      Faut vivre risqué, en cela je vous admire.( Entre nous ‘braves’, c’est ironique?)

      Mais faisons plus: il me semble bien qu’un français a été à la manœuvre pour voler ce qui allait devenir la république de Panama à la Colombie. Comme il était en mission soutenue implicitement par notre gouvernement, vous pouvez dire que la France l’a fait. C’est pas sa faute si un canal devait être creusé.
      Je suis sûr qu’en cherchant bien, vous pourriez trouver dans nos placards des cadavres pas très engageants.
      Un exemple: je crois que nous français n’avons rien à voir avec la cocaïne, mais en Indochine nous avons barboté jusqu’aux narines dans l’opium, ses sous-produits et naturellement son transport. Je ne fais pas allusion à des initiatives individuelles mais à une politique institutionnelle quoique locale.
      Et puis, comment ne pas oublier nos glorieux instructeurs de ceux qui allaient devenir les escadrons de la mort ou apparentés en Amérique Centrale.

    3. @ Johan Leestemaker
      « L’élite des Etats-Unis sait que son hégémonie conquise depuis 1944 est arrivée à une fin inexorable. »

      Je voudrais développer ça, un peu grossièrement :

      « L’impérialisme américain » n’a pas volé son nom et, derrière le paravent mythologique de leur constitution, les élites le savent : leur civilisation ne fait que reproduire le principe pré-capitaliste romain de développement par prédation, asservissant son continent comme la Rome italique, avant d’aller se faire voir ailleurs, par manque de ressources ou simple opportunité. Des Occidentaux, en somme, parfaitement normaux.

      A peine savourée la revanche sur l’Angleterre, voilà qu’un nouveau récalcitrant se profile à l’horizon terrestre de l’Amérique, et bientôt, les premiers humains à voir de leurs yeux la planète qu’est la Terre sont américains (depuis la Lune), par la grâce du complexe militaro-industriel. L’émotion est là, mais la vision n’est pas rentable.

      Depuis, l’épouvantail jaune a succédé au rouge, la Terre a encore rétrécit, et l’ancien adversaire a bien des attraits : « N’est-on pas du même sang, finalement ? »

      Nul étonnement à voir la ruée survivaliste américaine sur la Nouvelle Zélande : l’Amérique sait ce qu’elle fait.

  9. Sur la méthode : opposer Clinton à Poutine, c’est opposer deux régionalismes politiques issus du même système socio-économique. L’expression « plutôt Hitler que le Front populaire », outre l’effet de rime, est d’une autre nature, qui oppose -du moins en théorie – deux systèmes. Même pour la facilité de la démonstration, qui s’en trouve du coup tronquée, il n’est pas valide de personnaliser cela cela en « Hitler plutôt que Blum ».

  10. Messieurs , la moitié de l’humanité au moins est consternée de vos commentaires , et le fait savoir en se taisant .

    Comme d’habitude .

  11. A tous ceux qui préfèrent Tump et Poutine à Clinton,

    Le machisme inhérent aux discours des présidents des USA et de la Russie,
    cela compte pour du beurre ?
    Paul Jorion a raison d’enfoncer le clou, on est passé à quelque chose de plus grave même si la situation l’était déjà lors de la période précédente que j’appellerais celle de la finance au pouvoir, où les Clinton et Obama n’ont pas fait grand chose pour casser la machine à concentrer les richesses. D’une certaine façon ils ont crée en partie les conditions de ce qui est en train d’arriver. Mais on ne peut pas laisser dire qu’ils sont l’équivalent des Trump et Poutine, ou alors les mots qu’ils disent n’ont plus aucun sens. Leurs mots c’est quoi ? C’est la loi du plus fort, le nationalisme, et ce qui va souvent avec, le machisme qui rime avec société inégalitaire. IL y a les personnalités Trump et Poutine, pas des plus reluisantes, mais il y a aussi surtout leurs discours, où nous pouvons entendre le cynisme, le déni de la vérité (notamment sur le réchauffement climatique), et l’éloge de la force, et donc le mépris pour les plus faibles. Alors oui, je voterais sans hésiter Clinton si aujourd’hui elle se retrouvait face à Trump lors d’une élection.

      1. Tout à fait. Et l’on peut déjà ajouter Bolsonaro à cette liste, voir pour un résumé https://fr.wikipedia.org/wiki/Jair_Bolsonaro#Prises_de_position_et_controverses

        « Au niveau économique, il s’affiche comme un défenseur du libre marché et appelle à la privatisation de plusieurs compagnies publiques (…) Il a condamné les aides sociales apportées aux plus pauvres sous la présidence de Lula, estimant que celles-ci « nourrissent une population de bandits et de fainéants » »

        Il ne s’agit certes pas ici explicitement de régulation financière, mais enfin la « défense du libre marché » appliquée au monde financier cela donne bien la dérégulation.

  12. Monsieur Jorion, j’ai écouté votre vidéo « TRUMP ET HITLER : UN PARALLÈLE SAISISSANT ».
    Vous faites fausse route.
    Quels que soient les torts et les fautes de Trump, il n’est pas le monstre tout-puissant mettant en péril la Terre et l’Humanité que vous dites. Non.
    Vous tombez dans le piège immémorial que décrit René Girard, auquel vous refusez de croire, et qui consiste à faire porter nos fautes collectives à un coupable émissaire et à souhaiter son élimination (son sacrifice), afin d’être sauvés.
    Nous sommes, nous occidentaux, nous vassaux de l’empire américain, éminemment coupables. Alliés des USA, nous sommes riches et libres chez nous, mais avec eux nous tenons sous notre joug (idéologique, commercial, financier, militaire…) une bonne partie du reste du monde. Cela fait quelques décennies que cela dure et que cela empire. Qu’il est doux de pouvoir faire porter le chapeau à un autre, à un seul !… Mais c’est injuste et ça n’aura pas les effets bénéfiques escomptés.
    Commençons par nous corriger nous-mêmes. Cela, nous pouvons le faire, aussi difficile que cela soit.

    PS.
    Brett Kavanaugh, tout républicain et conservateur ou même ultraconservateur qu’il est, n’a eu au cours de ses auditions ni « écume au coin des lèvres » ni le « visage déformé par la haine ».

    1. J’avais raison de vous arrêter quand vous nous sortiez du Girard ! Vous en êtes maintenant à 2° Trump est un brave gars ; 3° Corrigeons-nous nous-mêmes.

      Brett Kavanaugh, tout républicain et conservateur ou même ultraconservateur qu’il est, n’a eu au cours de ses auditions ni « écume au coin des lèvres » ni le « visage déformé par la haine ».

      Vous ne vous rendez pas compte que vous vous décrédibilisez en niant ce que des millions de personnes ont vu ?

      <

      1. De nous deux, lequel se décrédibilise le plus ? N’est-ce pas celui qui voit de l’écume sur des lèvres sèches et qui juge autrui au faciès ?

        Quand j’écris « quels que soient les torts et les fautes de Trump, il n’est pas le monstre tout-puissant mettant en péril la Terre et l’Humanité que vous dites », vous comprenez « Trump est un brave gars ». La discussion devient difficile.

        Celui qui montre du doigt le coupable et pense ainsi combattre le mal se trompe, il aggrave le mal. Depuis que le monde est monde, il en va ainsi. Et si, pendant des millénaires, l’ignorance fut une excuse, elle ne l’est plus.

      2. Je ne découvre pas aujourd’hui vos remarques : vous commentez sur ce blog depuis des années. Vous le faites avec courtoisie et serez toujours bienvenu.

        Mais vous représentez le tiédisme, le tout-se-vaut, l’esprit munichois. Vous ne représentez pas l’humanité sous son pire jour, loin de là ! mais vous représenterez toujours le point de vue des veaux se rendant à l’abattoir en se disant « Cela pourrait être pire ! », pour le plus grand bénéfice des patrons d’abattoir.

        Et cela pour la raison que j’ai dite : votre incapacité à assimiler le facteur d’échelle. Vous appartenez au parti de ceux qui accepteront en toutes circonstances un grand mal pour éviter un petit désagrément. Le chaton renversé par une auto au coin de la rue et les 50.000 morts au Bangladesh se confondront à jamais pour vous dans la même catégorie du « grand drame ».

      3. Il luttait si fort pour paraître impassible et avoir l’air d’être un bon juge, alors qu’il avait si désespérément envie de pleurer, devant ces accusations qui le mettaient à nu devant sa famille…

      4. « mais vous représenterez toujours le point de vue des veaux se rendant à l’abattoir en se disant « Cela pourrait être pire ! », pour le plus grand bénéfice des patrons d’abattoirs » 
        Vous utilisez là la rhétorique de l’Etat d’Israël qui, implicitement ou explicitement, au nom du « plus jamais ça !», reproche aux Juifs d’Europe, les ancêtres des Israéliens d’aujourd’hui, de s’être laissés emmener à l’abattoir sans résistance. C’est absolument injuste. C’est faire des victimes les complices de leurs bourreaux.

        Car il y a deux façons de comprendre « plus jamais ça ! ».
        La première est : « plus jamais victimes comme cela ! » Autrement dit : alors soyons bourreaux. Et, les victimes se faisant bourreaux, les persécutés persécuteurs, c’est ainsi que va l’histoire, perpétuel recommencement d’horreurs et de massacres.
        La seconde est : « plus jamais bourreaux comme cela ! ». C’est-à-dire ouvrons les yeux, ayons conscience de nos turpitudes passées, ne persévérons pas. Est-ce trop demander ? Une chose est sûre : l’espoir est de ce côté-ci.

        Vous voulez sauver l’humanité, monsieur Jorion, ou plutôt vous aimeriez que l’humanité trouve le chemin vers son salut. Vous avez mille fois raison. Mais ce chemin se trouve hors des sentiers battus, hors du sempiternel réflexe consistant à se croire innocent et à voir en autrui un coupable.

        L’histoire est tragique, c’est en voulant à tout prix être dans le bon camp qu’on réalise, mais un peu tard, qu’on est dans le mauvais.

      5. Coluche dirait que si , quand on est dans le bon chemin , on découvre finalement qu’inévitablement on est dans le mauvais , y plus de bon , y a plus de mauvais , y a même plus de chemin .

      6. Monsieur Monod Broca, je trouve vos propos ci dessous et dessus plutôt bien placés et votre réflexion le produit d’une saine vision en l’espèce.

        Moi en revanche, je ne sais toujours pas nommer quelle est la haute valeur morale et le sens de l’intérêt général devant ce déballage de témoignages irréconciliables sur de présumés faits dont les auteurs avaient, rappelons le 15 et 17 ans, et qu’il nous faudrait séance tenante prendre partie sur la seule croyance pour l’un ou l’autre.

        Le Point nous rapporte en gros que : (https://www.lepoint.fr/monde/christine-blasey-ford-l-universitaire-qui-pourrait-faire-tomber-le-juge-de-trump-17-09-2018-2252065_24.php)

        Madame C Blasey Ford, dit que ce dernier et un ami, « complètement ivres », l’auraient coincée dans une chambre et le jeune Kavanaugh l’aurait maintenue de force sur un lit, avant de se livrer à des attouchements et d’essayer de la déshabiller. Elle dit avoir pu se dégager de son étreinte et quitter la pièce.

        Elle avait 15 ans à l’époque, Brett Kavanaugh 17.

        Le juge Kavanaugh a nié en bloc et 65 femmes affirmant l’avoir connu à l’époque où il était au lycée ont signé une tribune assurant qu’il s’était « comporté honorablement et avait traité les femmes avec respect ».

        Et il faudrait prendre parti sur ça ? Ben mes couillons, ça patauge sérieux dans le n’importe quoitisme.

        Je n’ai aucune admiration pour ce que représente ce type Brett, et cette manière même à 17 ans de sortir son engin à tout va pour le foutre sous le nez des filles, mais quand même hein, si pour dégommer les idées stupides d’un vieux conservateur débile on en est réduit à écouter les larmoyantes confessions d’une femme 36 ans après, c’est pas très très pertinent. Puis surtout ça montre le niveau de chiotte d’un organe comme la Cour Suprême des USA, ce genre de truc qui raisonne comme les trompettes de Jéricho sensé être le plus haut niveau judiciaire du pays. Tu parles d’une mascarade. Suprême de volaille oui !

      7. @cloclo Faites une expérience : essayez de vous placer devant le miroir de votre salle de bains, et de simuler que vous avez été violé, aussi bien qu’a pu le faire Christine Blasey Ford devant la commission du sénat. Faites un film, envoyez-le à Paul Jorion, et on vous dira si on trouve que vous êtes convainquant. Tout le monde n’est pas un acteur ou une actrice née, comme Depardieu ou DeNiro…vous croyez vraiment qu’on peut simuler avec autant de réalisme, en risquant la prison pour faux témoignage sous serment ?

        L’enquête du FBI a été parfaitement qualifiée par les avocat de CB Ford « a sham » (un faux). Kavanaugh n’a pas été entendu, CB Ford non plus, ni aucune des trois autres femmes, dont une qui souhaitait témoigner qu’elle avait assisté Kavanaugh participer au « gang rape » d’une femme saoûle (!). C.B. Ford a aussi pu nommer le nom des amis de Kavanaugh, qui figurent dans l’agenda de Kavanaugh à la même période, « PJ » et « Mark Judge », ce dernier étant également accusé par Ford d’avoir bu avant d’arriver à cette fête ! Ajoutez à cela que Judge était dans la chambre avec Kavanaugh, et qu’il a eu justement plus tard des gros problèmes d’alcoolisme ! Ajoutez à cela, qu’avant de prendre la parole publiquement, on a fait passer CB Ford au détecteur de mensonge, qui n’a rien détecté…

        Pourquoi le FBI n’a pas été vérifier ce qu’elle a dit, qu’elle avait fait installer une seconde porte chez elle pour pouvoir s’échapper, et les notes chez les différents psychiatres qu’elle a consulté, à la fois seule, puis en couple ? Pourquoi Mark Judge lui-même n’a pas été passé au détecteur de mensonge ? Il y avait quand même énormément d’éléments à charge. En France, on vous envoie en prison pour moins que ça, les jurés n’auraient eu aucun mal à se faire une « intime conviction ».

        Que faut-il aux USA pour être reconnue victime de viol ? ou de tentative de viol ? Mourir ? Mais alors on ne peut plus porter plainte ! Et depuis quand demande-t-on au participant d’un viol , ou de tentative de viol (Mark Judge) , de donner sa version, alors qu’il devait être co-accusé, puisqu’il y participait ! Cette enquête du FBI était une farce ! Trump a su manipuler son monde, pour que les conclusions soient « what we hopefully expect », ce sont ses propres mots, et au moment où il les a prononcés, il a compris qu’il se trahissait, et il a enchaîné sur autre chose. Ouvrez les yeux, Cloclo, vous n’avez pas bien suivi l’affaire : il n’y a aucun doute à avoir, sur ce que dit CB Ford

      8. Monsieur Rey,

        Puisque vous m’inviter à vous rejoindre au trente-sixième dessous, voilà pour vous servir mon cher :

        https://www.youtube.com/watch?v=8Pmlc9HlqzM

        Vieux comme le monde.

        Ce n’est pas le témoignage de cette dame dont je parle, c’est de votre minable injonction à voir avec vous la vérité que vous croyez voir. Au passage votre puritanisme et vos poncifs à deux balles m’ennuis. Pour vos cours de droits à la noix aussi, regardez les délais de prescription en France au lieu de raconter n’importe quoi si cette affaire avait lieu en fRance.

      9. @Denis Monod-Broca

        « plus jamais ça », ou « jamais la fin de l’Homme ».

        Il n’y a pas de référence historique à chercher dans la deuxième proposition : nous devons partir à l’aventure politique, avec tout ce que cela comporte de risques et d’erreurs possibles…

        Mais vous avez raison, avec méfiance, et en essayant de tout prévoir, à condition de ne pas rester paralysé.

      10. @cloclo

        évoquer le « puritanisme » en matière de viol, vous devriez vous rendre compte que c’est indécent. Que voulez-vous dire exactement ? Qu’on a le droit de s’en prendre aux femmes avec une certaines rudesse en étant un peu bourré, sinon c’est qu’on est puritain ?

        La prescription : il ne s’agit pas d’ouvrir un procès 36 ans après, bien sûr, mais vous aviez tellement l’air de mettre en doute le témoignage de Ford, d’une façon assez inepte d’ailleurs, quand vous évoquez  » les larmoyantes confessions d’une femme 36 ans après ». Alors c’est elle qui a subi une attaque sexuelle, et c’est elle qui selon vous fait des confessions ? Elle soit aller à confesse ?

        j’étais un gros con aussi quand j’étais jeune, heureusement pas à ce point là et moins j’ai su me remettre en cause. Faites pareil, c’est mon conseil.

      11. « j’étais un gros con aussi quand j’étais jeune, « . Pourtant vous n’avez pas l’air si vieux en y regardant bien.

        Gardez vos conseils jeune homme. Et sachez que je me passe de votre autorisation si je souhaite mettre en doute ou interroger la parole d’un individu quelque soit la formulation de sa sincère ou non douleur mon jeunot.

        Et non je n’ai pas vu l’écume et la rage violente ou le monstre que PJ voit dans le comportement télévisuel de Brett Kavanaugh.

        Je vais vous dire mon jeunet, moi j’ai été accusé de vol étant jeune, face à face avec un autre jeune alors que ce dernier mentait éhontément car c’est lui qui était le voleur dans cette histoire et que je passais simplement par là. Au dernier moment il a avoué aussi promptement qu’il m’avait accusé, mais ce petit épisode a bien failli me coûter mon pensionnat.
        Naturellement, je donne le bénéfice du doute mon pauvre Vincent, surtout quand c’est parole contre parole.

        Ce qui ne m’empêche pas d’avoir mon intime conviction, et comme j’exècre au plus haut point l’attitude morale et les idées de ce genre de type comme ce Brett qui est certainement un sac à merde comme cela est visible par tout un chacun en lisant ses positions ou ses prises de paroles sur les sujets de société, il est donc hors de question de lui permettre, ne serait ce que dans l’infime probabilité, d’être une victime éventuelle, peu probable certes mais pas totalement impossible, d’une souffrance qui se trompe tout aussi possiblement avec sincérité !

        Vous êtes encore bien jeune Vincent Rey de ne pas le comprendre…

  13. Jair Bolsonaro a donc frôlé la majorité au 1er tour avec 46 % (sondages prévoyant ~35%).
    Comme Vincent Présumey, je pense que sa victoire, devenue très probable, sera une autre catastrophe. De toutes façons même si Haddad gagne un rapport de force terrifiant va désormais exister dans ce pays immense.
    Les forces néo-fascistes de type trumpien vont accélérer l’implosion en cours et en Amazonie la destruction va augmenter avec des conséquences graves sur toute la biosphère.
    En raison des enjeux et de l’ampleur de la catastrophe en cours, le parallèle Trump/Hitler me semble une évidence de plus en plus difficile à contester.
    Cela étant, l’Histoire ne se répète jamais à l’identique. Deux facteurs devraient être soulignés sur « le seul Blog optimiste du monde occidental » : malgré la captation par les écrans mais grâce aux écrans les gens sont plus et parfois mieux informés, sans écran mieux éduqués en général (ça ne rend certes pas plus intelligent), et surtout la moitié féminine de l’humanité semble enfin être en mesure de réagir !
    J’anticipe que l’on va me dire que beaucoup d’Allemandes étaient fascinées par Hitler mais elles étaient soumises aux 3K depuis toujours… Les temps ont changé et #metoo est en cela significatif.
    Dans les années 30, ce n’était pas le cas (sans parler de la France où elles ne pouvaient même pas voter).
    Je ne suis pas naïf (enfin pas trop) mais je vois que les femmes commencent à prendre en main leur destin politique : on verra aux USA les effets de la nomination de Kavanaugh ; au Brésil, il y a a eu également une réaction forte (mais visiblement insuffisante).
    La lutte contre le trumpisme partout dans le monde ne pourra triompher que par la lutte des femmes pour se libérer de la domination masculine millénaire.
    Un homme peut-il être féministe ? Je me fiche du débat mais je sais où doit aller ma solidarité !

    1. « La lutte contre le trumpisme partout dans le monde ne pourra triompher que par la lutte des femmes pour se libérer de la domination masculine millénaire. »

      La femme est l’avenir de l’homme » disait le poète.

      On pourrait lui demander en retour, mais que font les mères de tous ces petits d’hommes ?

  14. Au sujet du texte de Christophe Browning, truffé d’erreurs historiques en ce qui concerne la France, deux rectificatifs :

    1. L’expression « Plutôt Hitler que Blum » vient d’Emmanuel Mounier au moment des accords de Munich en 1938 http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=46556 « On ne comprendra rien au comportement de cette fraction de la bourgeoisie, si on ne l’entend pas murmurer à mi-voix plutôt Hitler que Blum! » Elle ne date pas de l’arrivée du Front Populaire au pouvoir, et elle n’est pas issue de la droite française : c’est l’attaque polémique d’un opposant contre une partie de cette droite – justifiée ou pas, c’est un autre débat.

    La seule force politique à s’être placée hors du consensus contre l’Allemagne en 1939 est le Parti communiste français, suivant en cela les ordres et la stratégie de son chef le « génial Staline ». Raison pour laquelle l’Humanité et la CGT durent être interdites à l’entrée en guerre – risque de sabotage dans les usines d’armement notamment. Raison pour laquelle l’Humanité n’obtint l’autorisation de reparaître qu’à l’été 1940, suite à une visite à la Kommandantur de Paris pour demander que l’occupant l’ordonne à Pétain

    2. La défaite militaire de la France en 1940 n’a rien à voir avec une « démoralisation » ni une « division ». S’agissant de la réaction du gouvernement et du parlement à la catastrophe, c’est-à-dire se dissoudre et acclamer un « homme fort » plutôt que continuer la lutte depuis l’outre-mer comme par exemple Belgique et Pays-Bas, là on peut parler de démoralisation bien sûr, pas en ce qui concerne la défaite sur le terrain elle-même.

    Les causes de la défaite française sont d’abord le refus d’adopter la réforme militaire proposée à cette époque un peu partout par des stratèges innovants : Hitler écoute Guderian, le gouvernement français n’écoute pas De Gaulle, et de ce point de vue le gouvernement du Front populaire n’est pas meilleur que son prédécesseur. Les chars français sont aussi nombreux et meilleurs que leurs équivalents allemands, mais ils ne sont pas dotés de radios et surtout ne sont pas utilisés indépendamment dans des attaques en profondeur pour emporter la décision : en 1940, cela coûtera la défaite et l’occupation du pays.

    L’autre raison plus en amont est l’arrêt des combats en 1918, avant que la défaite allemande ne soit consommée sur le terrain et juste avant que l’armée allemande ne soit forcée à la reddition, ce qui permit à ses chefs militaires de propager la Dolchstoßlegende, la « légende du coup de poignard dans le dos » comme quoi ils n’auraient pas été responsables de la défaite, mais la trahison des politiques à Berlin. D’où le sentiment que la guerre n’aurait en fait pas été terminée et le rêve d’une revanche. Quelques années plus tard, un petit agitateur devait écrire depuis sa prison que « Si l’on avait, au début et au cours de la guerre, tenu une seule fois douze ou quinze mille de ces Hébreux corrupteurs du peuple sous les gaz empoisonnés que des centaines de milliers de nos meilleurs travailleurs allemands de toute origine et de toutes professions ont dû endurer sur le front, le sacrifice de millions d’hommes n’eût pas été vain. Au contraire, si l’on s’était débarrassé à temps de ces quelques douze mille coquins, on aurait peut-être sauvé l’existence d’un million de bons et braves Allemands pleins d’avenir. » La suite est connue : proposant les juifs comme bouc émissaire du choc de 1918, l’agitateur arriva au pouvoir, et il y eut un peu plus que douze mille morts.
    On peut évidemment comprendre l’origine de l’erreur (Foch écrivait « les Allemands acceptaient toutes nos conditions, et il aurait fallu poursuivre les combats ?), reste que les Alliés de la seconde guerre mondiale prirent le plus grand soin de refuser toute autre fin à la guerre que la reddition sans conditions et l’occupation de l’Allemagne : ils ne voulaient pas prendre le risque que l’histoire recommence et qu’il y aie une « troisième fois ».

    Tout cela nous éloigne beaucoup de Trump ou Poutine bien sûr… bien sûr, parce que ça n’a rien à y voir 🙂 !

    S’agissant de Poutine, ce n’est pas un Hitler et il ne menace pas aujourd’hui les Etats-Unis comme le chef du Troisième Reich menaçait la France en 1936, pour plusieurs raisons dont les principales sont :
    – Puissance militaire insuffisante pour envahir l’Amérique
    – D’ailleurs absence de frontière commune, comme de force navale moindrement apte à débarquer des troupes aux Etats-Unis
    – Pas de projet de conquête mondial
    – Pas de mobilisation de l’économie pour produire des armes – moins que les Etats-Unis en fait, et ce avec une économie dix fois plus petite
    – Existence de la dissuasion nucléaire

    Quant à la « servilité vis-à-vis d’un autoritarisme étranger », c’est non seulement un danger mais une réalité bien ancrée aux Etats-Unis, et Trump y a une grande part de responsabilité – il n’est pas à l’origine de la situation mais il l’a clairement empirée. Je veux parler bien entendu de l’Arabie saoudite et de son despote Ben Salman, que Washington soutient dans sa guerre et ses crimes contre l’humanité au Yémen, ainsi que dans une politique d’étranglement économique de l’Iran qui dessert les intérêts américains au bénéfice de ceux de Riyad. Bien sûr, c’est aussi une forme de servilité envers le pays étranger qu’est Israël, la différence étant que Netanyahou n’est pas un autocrate, il a été élu régulièrement.

    Si Browning se souciait vraiment de l’indépendance et des intérêts de son pays, il attaquerait frontalement Trump sur ce sujet… mais il devrait alors aussi attaquer plus d’un Démocrate. En l’état, son texte est essentiellement une construction à visée partisane, en tant qu’analyse il est aberrant.

    1. Merci pour ce développement.
      Vous dites que Poutine ne menace pas les Etats Unis comme Hitler la France,
      Mais comme la complexité des sociétés, surtout occidentales et surtout états-uniennes, s’est considérablement accrues (mondialisation, informatisation, allongement des chaines d’approvisionnement et des interconnexions, demande énergétique) de nouvelles menaces sur les infra-structures constituent de très lourdes menaces.
      par exemple ce projet de mettre à genoux le réseau électrique californien… combien de morts à l’arrivée si ça marche… et quelles réactions en retour?
      http://www.slate.fr/story/165086/hackeurs-russes-introduire-reseau-electrique-americain

      1. Il en va de la guerre dans le cyberespace comme dans les autres domaines (spatial, air, mer, terre), les USA ont pour le moment un net avantage en termes de budgets et de moyens matériels et humains.
        https://bfmbusiness.bfmtv.com/hightech/la-cyber-armee-americaine-prend-officiellement-ses-quartiers-au-pentagone-1439241.html

        Une attaque cyber causant de larges dégâts matériels et humains serait considérée comme une agression militaire appelant une réponse armée, la difficulté consistant à identifier formellement un agresseur qui peut se dissimuler et se faire passer pour qui il n’est pas. Dans l’article que vous citez, comment être (vraiment) sûr que l’attaque provient du gouvernement russe et non d’autres gouvernements – ou organisations sub-étatiques – ayant copié ses armes et ses méthodes cyber ?

        Dans cet univers de billard à X bandes (les scénarios de manipulations de groupes extrémistes attaquant leur propre état ne peuvent pas être exclus), la réponse politique dépendra non seulement de réponses techniques sujettes à caution, mais également de considérations partisanes de politiques intérieures.

        Il est à souhaiter que la dissuasion fonctionne aussi bien dans le domaine cyber que dans le domaine nucléaire, le glissement de l’un à l’autre pouvant être rapide si deux puissances nucléaires sont impliquées.

      2. Roberto,
        Mon point était de montrer un nouveau type de menace permis par l’évolution technologique, l’attaque à grande échelle sur des infrastructures civiles, par rapport à l’evocation par Jacquot de l’unique danger d’invasion (en référence à Hitler).
        Par ailleurs si les USA ont a leur actif bien des agressions de régimes étrangers aux conséquences désastreuses, aujourd’hui la Russie y apporte désormais une contribution majeure, par l’ampleur de ce qu’elle a fait au cœur des démocraties occidentales, avec un succès indéniable (USA/GB-Brexit) et une catastrophe planétaire en vue.

      3. Rien de neuf sous le soleil, dès qu’un nouvel espace est accessible, les mers pour nos lointains ascendants ou le cyber aujourd’hui, il est militarisé… par tout le monde.
        Les états ont des intérêts, des alliances changeantes, strictement aucune moralité, et certainement pas d’amis. Si nous échangeons du renseignement avec les Russes et les Américains dans certains domaines, il n’en demeure pas moins vrai que tout le monde espionne tout le monde pour essayer de piller des secrets technologiques et commerciaux. Il en va de même pour le soft power et les stratégies d’influence tentant de façonner les opinions publiques chez soi et chez les autres.

        Quant aux dégâts provoqués dans les « démocratie » occidentales, je ne sache pas que les Russes soient responsables de l’explosion des inégalités et du détricotage systématique de l’État social. Ce qui ne veut pas dire que se sont de doux innocents, mais que dans la liste des agresseurs, ils ne sont pas premiers.

      4. Roberto,
        Il y a bien des rapports de force de classe, d’états, et des dégâts liés aux modèles de société, ok. Mais vous relativisez systématiquement des qu’on ose mettre en cause la Russie, avec une réponse réductrice: le capitalisme et les USA « d’abord »….
        Par ailleurs le fait qu’on puisse en 2 heures « effondrer un pays » à distance en faisant sauter un réseau électrique est une nouveauté technologique indéniable. Et sur les chaines d’approvisionnement c’est un plus long (quelques jours) mais tout aussi systémique (cf Servigne).

      5. Arnaud,
        je ne relativise pas, je classe par ordre de priorité les dangers qui nous menacent (et cela bien sûr sans vouloir imposer quoi que ce soit à personne). Dans ce classement, les menaces, disons-le rapidement géopolitiques, sont beaucoup moins importantes à mes yeux que le néolibéralisme, ce capitalisme génétiquement modifié qui non seulement détruit notre tissu social et national, mais qui surtout provoque la sixième extinction et un basculement climatique.

        Dit plus clairement, en tant que ‘citoyen’ français et européen de l’Ouest, je me sens beaucoup plus menacé par le pacte de stabilité et de compétitivité et la politique de M Macron, que par M Poutine. Tout comme je ne fais pas de distinguo entre les intrusions inacceptables de la Russie dans la dernière campagne présidentielle et le fait tout aussi inacceptable (mais celui-ci vécu au quotidien), que nos titres de presse sont contrôlés à plus de 90% par des milliardaires dont l’activité principale n’a rien à voir avec le journalisme, et qui investissent là uniquement pour l’influence et pour apprendre aux gens à bien voter.

        Par ailleurs, il est indéniable que les technologies cyber qui irriguent désormais nos sociétés présentent avec leurs avantages leurs lots inévitables de nouvelles vulnérabilités, personne ne nie cette évidence. J’insiste simplement sur trois faits : celui de la difficulté qu’il y a à remonter à l’origine d’une attaque cyber sophistiquée, celui de la relative dissuasion due au fait qu’une telle attaque massive entrainera une réponse militaire, celui que toutes les puissances développent de telles armes.

      6. Il y a longtemps que des scénarios à la Tom Clancy imaginent la prise de contrôle, ou tout simplement la désactivation, par des pirates informatiques de systèmes d’armes embarqués. Sans même parler de faits biens connus maintenant du grand public comme les bugs empêchant les F-22 de passer la ligne de changement de date au milieu du Pacifique ou ceux, innombrables, du F-35 qui tournent au running gag.

        Un tout récent rapport de l’équivalent de la Cour des comptes US nous apprend qu’il n’a fallu qu’une heure à des informaticiens du Pentagone pour pénétrer le système informatique d’un armement (non précisé) et une seule journée pour en contrôler entièrement le fonctionnement avec des outils et techniques simples.

        https://www.gao.gov/assets/700/694913.pdf

        De là à penser que tous les systèmes d’armes (et les systèmes civils, industriels, aéronautiques, etc) ont l’équivalent de petits Pearl Harbor sommeillant au milieu des milliards de lignes de code…

        https://informationisbeautiful.net/visualizations/million-lines-of-code/
        (cette infographie ayant déjà 3 ans, on peut se demander quel est maintenant le coefficient multiplicateur à lui appliquer ?)

    2. Merci.
      Encore une contribution ( une fresque…) remarquable.
      Vous montrez que comparaison n’est pas raison. Et accessoirement, qu’un grand pays -ou qui le croit encore- n’a pas besoin de s’encombrer de la connaissance fine de l’histoire; les grand guides simplificateurs sont bien suffisants.

  15. Les fascistes vont prendre les rênes du pouvoir politique, c’est pratiquement certain.
    La démocratie représentative par corruption interne et celle du pouvoir privé est une coquille vide de sens et de valeurs. Un objet d’autant plus facile à piloter que le peuple n’y croit plus (taux de participation aux votations) et que la classe politique en est réduite à faire du « showbiz » et du « people » pour surnager dans le bruit de fond de la publicité commerciale.
    Pendant ce temps, le pouvoir des familles propriétaires de l’humanité (banquier, grands groupes industriels) va continuer d’utiliser tous les outils à leur disposition dont le zombie politique, la précarisation, l’endettement, la guerre etc., pour gagner des parts de marché. À la différence d’un pays, ces familles possèdent des réseaux imbriqués/interdépendants de revenu. Elles ne sont pas en état de guerre, mais en lutte permanente pour accroître leurs profits. Elles ont un besoin croissant de consommateur et inversement d’éliminer les travailleurs sans quoi leur business-modèle s’effondre dans un monde fini. L’humain ne fait pas partie du modèle au même titre que la planète. (consommateur = esprit, travailleur = corps, planète = marcher)
    Les États-Unis ont épuisé le bestiaire des pantins papables pour le poste de POTUS. Je pense qu’avec Trump on a touché le fond du panier. Plusieurs pays ont déjà testé momentanément l’absence de gouvernement, d’autres glisse vers l’extrême droite.
    Où va-t-on ?

    1. Excellent résumé de la situation.

      Pour ma part j’incline à penser qu’il reste un espoir : celui de convaincre ceux qui bien qu’ayant vécu du système, que bien qu’ils y occupent des places privilégiées, ne sont néanmoins pas animés principalement par l’esprit de cupidité. Il existe parmi les tenants du système une part de fanatiques, d’indécrottables cyniques, mais il y a les autres, qui commencent à s’apercevoir, même si c’est encore trop confus dans leur esprit, qu’il y a quelque chose qui cloche dans ce système inique. Je pense par exemple à un cadre à l’international, qui me disait que son produit se vend bien mais que les financiers en demandent toujours plus. Et le dérèglement climatique est aussi passé par là. Le problème ce sera pour ceux qui voudront faire sécession de trouver une issue ailleurs que dans la politique partisane, et c’est là que se trouve la principale difficulté, le système électif comme vous le dites très bien ayant trouvé ses limites. Informer, plus et mieux, il faut continuer à la faire, mais cela ne suffit plus, il faut trouver le moyen de mettre un grain de sable dans la mécanique infernale qui se met en place.

  16. Je suis entièrement d’accord avec le message de Roberto Boulant passé à 16h 30 sur le blog

    Il me semble que c’est Hannah Arendt qui a écrit « partout les événements politiques sociaux et économiques conspirent en silence avec les instruments totalitaires élaborés pour rendre les hommes superflus ….
    Oui il faut le rappeler une dictature sert à cela. On le sait malheureusement que trop bien dans la famille bien que l’on est tout fait pour s’en défendre.

  17. En tous cas , si en 1936 +2 , ça a pu être « Blum ( PCF+PS+Rad Soc ) ou Hitler » , en 2019 et suivantes ça risque d’être Hitler contre des égos éparpillés qui n’ont encore rien compris au point d’en tenir compte pour faire projet commun majoritaire .

    1. A juanessy
      Si les Résistants de la famille ont pu s’en sortir c’est évidemment par chance mais surtout par la solidarité d’un groupe par la fraternité qui y était partagée. Combien d’anciens Résistants me l’ont dit. Et le Résistant (et également grand helléniste Jean-Pierre Vernant l’écrit lui même s’il est resté si longtemps au PCF malgré toutes les critiques qu’il ait pu faire bien entendu sur Staline, (sa femme d’origine russe lui traduisait des textes) dont il disait que c’était un demeuré, puis à l’occasion de la guerre d’Algérie etc… Oui s’il n’a pas,quitté plus tôt le Parti (en 1970) il le dit « cependant il y a tous les copains avec lesquels j’ai été dans la Résistance qui essaient de faire bouger les choses. » En tant qu’Helléniste il écrit : « pour qu’il y ait cité il faut que ses membres soient unis entre eux par les liens de la philia, d’une amitié qui les rend entre eux semblables et égaux. Dans l’espace privé que dessinent les amis tout est partagé entre égaux, tout est commun, comme dans l’espace public de la citoyenneté. »
      Combien y a t il aujourd’hui d’être fraternel comme était Vernant ?

      1. Il en reste heureusement , mais ils ont visiblement de la peine à faire fratrie même en élargissant aux cousins .
        C’est bien un des problèmes .

      2. En cela il ne font que réécrire Ben Hur quand il partage avec son ami Messala la tragique formule , »si tu n’es pas avec moi , tu es contre moi « . ( formule brevetée déjà dans la bible , mais au moins on y trouve aussi , » si tu n’es pas contre moi , tu es avec moi « )

        Et les voilà ennemis jurés .

        Alors que si on est fréquemment en désaccord par construction , le propre de la démocratie et de la Loi
        ( quand elles fonctionnent sainement ) , c’est d’éviter la violence permanente entre nous .

        Ce ne sont pas les égos marqués qui manquent , c’est de les mettre au service d’un bien public clair , accessible et désiré .

        C’est le brouillard , la vacuité et l’in-intelligibilité des ambitions qui font la violence « pétrifiante » des certitudes partisanes ou de clans .

  18. L’événement Brett Kavanaugh, cette candidature imposée au sommet de l’Etat américain est à gerber. Outre le fait que l’audition de ce monsieur au Sénat fut très très dure à regarder, elle n’en est pas moins instructive sur l’état de ce gouvernement d’oser accepter un homme faisant montre d’une telle fatuité, bouffi de mensonges, de haine et d’ambition. Je laisse les connaisseurs analyser en règle, avec objectivité, ce qui se passe là. Moi, je m’en tiens à du ressenti. Que Trump et ses camarades aient pu imposer une candidature aussi indigne me parait une raison suffisante pour écarter ces bonhommes de toutes possibilités d’agir à un si haut niveau. Une honte !

      1. Je sais , mais je n’ai pas besoin d’émission consacrée au bonhomme pour savoir comment le juger .

        Je suis en fait d’un œil un documentaire sur la 21( l’équipe ) consacrée aux confluences du déclin industriel de Saint Etienne avec l’épopée des verts .

        Formidable reportage où l’on retrouve tous les thèmes évoqués ici ( travail , associations , syndicalisme , espoir , désespoir , formation , « reconversion » , capital et travail ,la distribution , le temps libre , motivation ….) . Pour l’avoir connu , je prends ça plein cœur .

        Bizarre de trouver sur la 21 ce que j’aimerais trouver sur France télévision et que je n’ai jamais vu chez Taddéi .

  19. Je retourne lire Candide… Surtout les derniers chapitres!

    … Et n’oublie pas que Voltaire sut se mobiliser après 1758, mais sur des questions de religion, pas de politique.

  20. Quand on se place du point de vue des femmes (qui, pour rappel, ne sont jamais que la moitié de l’Humanité) et de ceux qui les appuient, nous sommes dans une période contradictoire.

    D’une part les femmes ont avancé dans des boulots plus intéressants et qualifiés, mais sont toujours aussi mal payées. Toujours des femmes pour faire les « sales » boulots (à part ramasser les poubelles, mais ça ne saurait tarder) les plus mal payés et les moins considérés et pourtant les plus utiles à l’Humanité.
    Côté violences faites à leur corps ou à leur dignité l’Humanité dans son entier commence à s’éveiller pour les écouter voire les défendre dans leurs luttes.

    D’un autre côté nous avons de part le monde des hommes de pouvoir qui les méprisent ouvertement, les viols en clamant qu’elles l’ont bien cherchés, que leur corps appartient à la Nation (et/ou à la famille et à leur mari) et non à elles-mêmes, et ces gouvernements progressent.

    Ces derniers gouvernements que je nomme réactionnaires (qui retourne en arrière) qui rêvent de remettre un peu d’ordre dans ce désordre de ces femmes qui osent clamer qu’elles veulent le respect et l’égalité.

    Vous aurez remarqué que ce sont les mêmes qui oppressent les Peuples et les femmes … puisque les femmes sont une partie du Peuple : « La moitié du ciel » disait Mao, qui les a libéré des pieds bandés, et leur a permis l’égalité, inenvisageable durant les siècles de l’Empire.

  21. Bonjour,
    Trump a toujours pratiqué des saloperies pour s’enrichir. Guattari en parle déjà fin des années ’80 dans ‘Les trois écologies’. Et tout indique qu’il est capable des pires ignominies s’il se trouve un peu à l’étroit. Je crois aussi qu’il incarne tout ce qui a de plus détestable chez l’homme. Je ne comprends pas non plus les personnes qui en font un bouc émissaire. Il n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les personnes qui comme lui ont choisi la pente facile de l’égoïsme exacerbé, du sans-gêne et de la vulgarité sont malheureusement légion et il est un peu ridicule de parler de Girard dans ce contexte : la majorité serait le bouc émissaire ? Non, notre culture occidentale n’a fait que cultiver ce genre d’individu.
    Ah oui, à propos des colibris : d’après Jean-Baptiste Malet, l’histoire du colibri se termine mal, et ça, les «colibris» ne nous le disent pas… https://youtu.be/OPLt-yd0jQo

    1. En effet, dans la vraie histoire, selon Malet, après avoir prononcé ses célèbres paroles : « Je fais ma part ! », le colibri meurt rapidement d’épuisement, et les autres animaux ayant fait cercle autour de son petit cadavre turquoise, s’écrient en coeur : « Quel c… ! »

    2. @ Marc Kons,
      Je pense qu’il est toujours très difficile d’articuler le rôle d’un individu et celui des « masses » dans l’Histoire. Paul Jorion dans son dernier livre (Défense et illustration du genre humain) nous fournit un outil : «Machiavel nous a montré ce qu’un être humain peut accomplir seul pour changer le cours de l’Histoire ».
      Et c’est pour le pire ou le meilleur… Par exemple la personnalité d’Hitler a été comme un catalyseur de forces de destructions jamais vues, et en particulier contre des Allemands de confession ou ascendance juives, ce qui n’était pas seulement effroyable mais totalement absurde.
      Trump n’est pas qu’une partie émergée d’un iceberg. On voit déjà son rôle et son impact : sur le climat, les relations internationales, la Cour suprême… Il est peut-être en train de créer un parti de masse…
      Une autre preuve tragique du rôle d’un individu va sans doute être donnée au Brésil avec Jair Bolsonaro. On fait parfois de l’Histoire-fiction : Napoléon qui meurt au pont d’Arcole ; Hitler en juillet 1944 (combien de vies sauvées dans les camps d’extermination?) ; Bolsonaro tué par le coup de poignard ? Notons que cet assassinat manqué lui a permis d’esquiver tous les débats et catapulté sa popularité en donnant un exemple de la violence endémique dans ce pays, qui est aussi une explication de son succès (comme elle le fut pour Hitler).
      Bolsonaro élu, le désastre écologique et humain (extermination des Indiens) en Amazonie va s’amplifier et la société brésilienne se déchirer sous l’emprise des 3 B.
      Non, nul ne peut négliger l’individu dans l’Histoire. En mal comme en bien.

      1. De Carlyle à Tolstoï en passant par Spencer , les « grands hommes  » qu’ils existent ou qu’on les relativise , ont déjà eu des analystes ( sans parler de Freud) aux démonstrations plus riches quand bien même elles s’opposent .

        On peut remarquer que dans l’hypothèse où les « grands hommes » ne font pas l’Histoire , les forces les plus extrêmes et « racistes » les plébiscitent .

        Reste à savoir si le « Grand » , c’est un « résidu » ou une « ambition humaine » .

        Surtout quand le « résidu » , c’est le néant et l’extinction .

      2. Tout à fait d’accord, un individu peut par sa créativité changer l’Histoire – c’est le pouvoir des idées – il le peut encore par son action individuelle par exemple politique, comme dans les exemples que vous citez.

        Un petit détail seulement au sujet de Hitler : la vraie uchronie le concernant ce n’est pas l’attentat du 20 juillet 44 qui réussit, ça n’aurait changé les choses qu’à la marge y compris en termes de nombre de victimes. La vraie uchronie c’est Georg Elser réussissant son attentat du 8 novembre 1939 – attentat sur initiative individuelle monté seul par un simple horloger et menuisier. Ce jour-là, Hitler a eu une chance folle d’échapper à la mort – c’est-à-dire bien sûr que l’Humanité a eu une folle malchance.

        A noter que si Elser avait réussi… c’est lui qui serait devenu un individu changeant l’Histoire de par sa seule action. On n’en sort pas, on retrouve toujours l’individu !

      3. @Jacquot :

        Sur le « pouvoir des idées » : vrai et faux à la fois . L’Histoire fourmille d’idées géniales individuelles qui foirent parce que  » c’est pas le bon moment » , alors que les mêmes émises par d’autres ( qui croient les découvrir et en réclament la « paternité » ! ) deux siècles plus tard feront finalement flores .

        Si de plus , on peut se demander si l’espèce humaine est une bonne idée ….

    3. « Les personnes qui comme lui ont choisi la pente facile de l’égoïsme exacerbé, du sans-gêne et de la vulgarité sont malheureusement légion et il est un peu ridicule de parler de Girard dans ce contexte : la majorité serait le bouc émissaire ?  »

      Trump a beaucoup de semblables et beaucoup de soutiens, c’est vrai. Mais je vois aussi beaucoup de gens qui le montrent du doigt, qui dénoncent son égoïsme exacerbé, son sans-gêne, sa vulgarité… Eux aussi sont légion. Il est pour eux un coupable idéal. Ce sont eux qui font de Trump leur coupable émissaire, faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour l’éliminer d’une façon ou d’une autre, même si pas physiquement de préférence, persuadés que son élimination est indispensable à notre salut
      La mécanique du bouc émissaire a besoin, pour fonctionner, d’être ignorée de ceux qui la font tourner. Cette ignorance est tragique, elle n’est pas ridicule.

      Certes Trump a tous les défauts possibles. Mais ce n’est pas lui qu’il faut craindre, ce sont les USA et la politique hégémonique qu’ils mènent depuis des décennies et que Trump n’a que bien peu infléchie, et c’est surtout notre propre servilité devant cette volonté hégémonique. Notre servilité rend possible leur hégémonie, c’est elle qu’il faut craindre et qu’il faut combattre.

      1. « Certes Trump a tous les défauts possibles. Mais ce n’est pas lui qu’il faut craindre, ce sont les USA et la politique hégémonique qu’ils mènent depuis des décennies »…
        Euhhh…les méchants USA? Le pays, le peuple coupable émissaire? Ça, pour le coup, ça ma fait penser à quelque chose de pas très reluisant: la véritable mécanique du bouc émissaire?
        « La mécanique du bouc émissaire a besoin, pour fonctionner, d’être ignorée de ceux qui la font tourner. » Ça, c’est vrai.
        Sérieursement: I’m afraid of Americans, mais encore plus de Trump!

  22. Rappel d’un « détail » à ceux des commentateurs qui disent que « certes Trump a obtenu moins de voix que Clinton, mais le système est différent de la France » :

    C’est totalement faire fi de l’intervention de Cambridge Analytica qui influença 87 millions d’électeurs choisis es-spécialement dans des états charnières par la voix de Facebook.

    Pour leur remettre en mémoire ces faits, s’ils ne l’ont déjà fait, ils peuvent revoir l’enquête détaillée et décortiquée qu’on peut voir sur Arte en ligne, passé ce soir en direct à la télé (1) :
    https://www.arte.tv/fr/videos/082806-000-A/comment-trump-a-manipule-l-amerique/ :
    En juillet 2016, après avoir opté pour le candidat Ted Cruz, éliminé lors des primaires, Mercer et sa fille Rebekah proposent à Donald Trump leur aide financière et médiatique, en échange d’une place de premier plan dans l’équipe de campagne pour Steve Bannon, limogé depuis de la Maison-Blanche, et pour Kellyanne Conway (2), toujours conseillère du président – elle fera sensation dans les premiers jours du mandat en parlant de « faits alternatifs » dans une conférence de presse. Ce documentaire éclaire surtout la nature et l’ampleur des manœuvres orchestrées par Mercer pour faire élire le candidat Trump, grâce notamment à des fake news ciblées et diffusées massivement, qui ont fait basculer le vote de millions de citoyens.
    ______
    (1) à ceux qui se félicitent tous les jours de n’avoir pas de télé, je leur indique qu’il arrive qu’ils manquent qq émissions clés, pas que sur Arte – qu’il est possible de revoir gratis en ligne-, mais aussi sur la 2, ou la 5 qu’on peut aussi voir en ligne mais en payant ! ou bien longtemps plus tard (devenues presque démodées sur youtube)
    Avoir la télé chez soi et la regarder – tranquille dans son fauteuil – n’est pas forcément synonyme d’imbécilité !
    (2) je reste toujours surprise quand des femmes défendent les gens qui veulent leur soumission ou les méprise : je sais c’est mon côté naïf et je le garde !

  23. La journée des dyslexiques (1) c’est pour moi !
    toute mon enfance des grands traits rouges barraient toutes mes dictées avec pas moins de 20 fautes !

    et quand je travaillais c’était pas mieux : mes employeurs me faisaient honte en me disant que je ne lisais pas… jusqu’à ce que je comprenne que j’étais dans les plus grands lecteurs en France !
    la lecture ne m’a rien apporté en matière d’orthographe car j’avais trouvé le moyen de lire vite malgré mon infirmité : « photographie » des mots, je lis donc des images. Ce n’est que récemment que je me suis mise à m’observer lisant et que j’ai enfin compris.
    Donc les fautes dans les mots je les vois une fois que j’ai publié sur le net, ou écrit, quelques heures plus tard.
    ________
    (1) ce mot impossible à écrire, je ne sais jamais s’il contient un x mais surtout où ? ça doit être fait exprès * pour nous montrer notre infirmité !
    * je sais ça vient du grec : mais j’ai jamais fait de grec de ma vie ! alors je ne suis pas plus avancé pour décrypter ce mot.
    ___________
    le rapport avec le sujet ? c’est le jour de la libération de tous les dysorthographiques !

  24. ¨Europa est maintenant une question de survie ou de démolition.¨
    Frans Timmermans

    Source NRC Handelsblad, Amsterdam, 10 octobre 2018

    LE COMMISSAIRE EUROPÉEN FRANS TIMMERMANS N’A PAS VOULU ATTENDRE QUE LA HAYE LE NOMME À NOUVEAU POUR UN BON TRAVAIL EUROPÉEN.

    Il veut pousser l’Europe dans la bonne direction. « J’en suis arrivé à la conclusion que ces élections ne sont pas normales. ¨

    Il y avait des raisons de croire que Frans Timmermans voudrait laisser passer les élections européennes. Il est très heureux de la position de leader non élu qu’il occupe maintenant, en tant que premier vice-président de la Commission européenne. Et il veut passer à autre chose, il l’a déjà dit.

    Le Cabinet de La Haye a noté que le premier ministre Mark Rutte souhaite le reconduire l’année prochaine à un poste européen de haut niveau en tant que candidat des Pays-Bas. Aussi connu sous le nom de ‘Rutteroute’ ou ‘la route officielle’.

    Mais Timmermans ne veut pas attendre ça. Mercredi, il a annoncé qu’il participera lui-même aux élections du Parlement européen en mai prochain, en tant que leader du PvdA. Il veut également devenir le leader des sociaux-démocrates européens (S&D): son candidat commun pour succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

    Qu’est-ce qui ne va pas avec la route de Rutte?

    « Il n’y a rien de mal à ça. Ça aurait pu être une route. Mais il ne participe pas à la préparation des élections pour dire clairement ce qu’il pense vraiment. J’en suis arrivé à la conclusion que ce n’est pas une élection normale. Jusqu’à présent, les élections européennes ont été un peu plus à gauche ou à droite, plus d’Europe, moins d’Europe. Pour la première fois, il s’agit de savoir si nous pouvons encore réformer suffisamment l’Europe pour survivre ou si nous allons travailler à sa démolition.

    Sa candidature Timmermans annonce officiellement ce mercredi à Heerlen, dans son pub Pelt. Le CNRC s’entretient d’abord avec vous dans le bâtiment de la Commission européenne, le Berlaymont. Tout le monde vient de quelque part. Et je viens du Limbourg, pas du Berlaymont.

    À la Commission, Timmermans se retrouvait souvent avec des emplois pourris. Au plus fort de la crise migratoire de 2016, il a dû pétrir les Turcs, après quoi la chancelière allemande Angela Merkel et Rutte ont pu annoncer qu’un « accord avec la Turquie » avait été conclu. Il était sur la peau de la Pologne et du dirigeant hongrois Viktor Orbán pour violation de l’État de droit. Au mieux, l’année prochaine, il succédera à Juncker, son leader démocrate-chrétien, qu’il a servi comme bras droit pendant quatre ans. Mais si son attaque contre la Commission européenne échoue et qu’il atteint le seuil électoral, il passera bientôt cinq ans au Parlement européen, pas l’habitat qu’il avait en tête pour lui-même. Il est peut-être même seul, parce que les sondages du parti travailliste néerlandais – qui compte aujourd’hui 3 des 26 sièges néerlandais au Parlement européen – ne sont pas favorables.

    Et si vous ne recevez pas d’e-mail ?

    « Ces choses m’ont traversé l’esprit aussi. Je n’ai pas gelé toute la nuit. Mais si c’est juste pour la peluche, tu ne devrais pas faire de politique. Alors j’aurais dû suivre la route de Rutte et la jouer prudemment. Dans cet environnement[il montre du doigt son bureau], il est tentant de ne pas en faire trop et de ne pas garder tout le monde ami, et quand il y a des coups de feu, de s’asseoir sous la table et de ne pas se tenir debout dessus. Je ne suis pas ce genre de gars.

    Si vous ne devenez pas président, irez-vous au Parlement européen ?

    « Oui, c’était une discussion compliquée à la maison. Mais si vous le faites, cette opportunité est là. Nous étions donc d’accord là-dessus. Je prends maintenant la décision consciente de revenir à la politique. Ce n’est pas un choix sûr. Mais c’est très profond pour moi. Je sais combien il m’est difficile d’avoir le désagréable sentiment d’avoir perdu sans m’être battu pour cela. David Cameron m’a convaincu[en 2016] de ne pas me montrer en Angleterre pour le référendum sur Brexit. Je ne veux pas que cela m’arrive sur la question des principes encore plus importants pour l’avenir de l’Europe. Je pense que je m’en voudrai si je ne peux pas prouver que j’ai fait tout ce que j’ai pu pour aller dans la bonne direction.

    Tu veux qu’ils t’écoutent ?

    « Je m’inquiète de ce qui se passe. La tendance réactionnaire. Ultranationnalisme. L’idée d’un passé mythique. La pureté nationale. Avec des femmes qui doivent reprendre le rôle de nos grands-mères. Nous avons quatre enfants et nous y réfléchissons. Je ne veux pas que mes enfants disent dans vingt ans : où étais-tu alors ?

    Allez-vous vous présenter comme l’anti-Orban, comme le fait le président français Emmanuel Macron ?

    « Je n’ai pas encore à prouver que je suis contre Orbán, contre la Pologne ou contre d’autres. Il y a un groupe de politiciens qui ont découvert que les gens peuvent être trompés dans n’importe quoi s’ils sont enchaînés à leur peur. Ce n’est pas un phénomène marginal, mais contrairement à Macron, je ne veux pas trop y mettre l’accent dans ma campagne. En fin de compte, il ne s’agit pas seulement de la différence entre les gens qui veulent des solutions et ceux qui n’en veulent pas. Il s’agit aussi des solutions que nous voulons. J’ai bien peur que si vous suivez trop le raisonnement de Macron, vous ne pourrez pas entrer dans cette discussion.
    Les gens ne s’intéressent pas à la manière dont nous résolvons les problèmes à Bruxelles. Ils veulent juste des résultats

    Qu’est-ce qui le distingue de Macron, des partis de centre-droit et des autres partis qui cherchent à se battre avec les nationalistes ?

    « Les politiciens de droite ont une réponse différente à la question de la distribution que les politiciens de gauche. Je ne peux pas non plus imaginer qu’un parti social-démocrate – surtout si j’ai quelque chose à dire à ce sujet – puisse jamais donner l’occasion de partager la responsabilité du gouvernement national avec l’extrême droite. Tant que le centre droit reste un peu ouvert, je pense que vous feriez mieux de choisir la sécurité.

    Orbán, qui est membre du PPE, appartient-il à l’extrême droite ?

    « Non, mais il représente l’accord de Faust : nous vous donnons la stabilité si vous renoncez à la liberté. Si vous faites de la liberté un objet d’échange, vous n’avez finalement ni stabilité ni liberté.

    En tant que commissaire, vous vous êtes fait des ennemis, pouvez-vous être un président contraignant de la Commission ?

    « Montrez-moi un politicien sans ennemis, et je vous montrerai un politicien sans colonne vertébrale. Nous devons parvenir à un accord en Europe, mais nous devons également fixer des limites. Pour moi, c’est clairement le domaine de l’État de droit. Je suis toujours très professionnelle, donc je suis la plus efficace. Orbán préfère que tu lui cries dessus, parce qu’il pourra alors lui répondre. Bien sûr, il y a des chefs de gouvernement en Europe que je n’ai pas réussi à convaincre. Mais il y a quatre ans, Juncker avait exactement le même problème : il y avait alors des gens, des Britanniques aux Hongrois, qui lui résistaient.

    Juncker voulait une « Commission politique », qui prendrait l’initiative et ne servirait pas seulement les États membres, vous le voulez encore ?

    « Je veux une Europe politique, et trois institutions le font : la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil des États membres de l’UE. Mais en fin de compte, les gens ne s’intéressent pas à la manière dont nous résolvons les problèmes ici dans la bulle de Bruxelles. Ils veulent juste des résultats.
    Rutte trouve cela très important. Elle ne veut plus d’une Commission européenne politique, mais d’une Commission technocratique.

    « Les commissaires européens ne sont pas des technocrates. Parmi eux, il y a des premiers ministres, d’anciens ministres. La façon dont ils sont nommés est, par définition, politique. Attention à ce que vous demandez : avec une Commission purement technocratique, vous mettez la politique entièrement entre les mains des États membres. Et alors la loi du plus fort dominera. La Commission est également là pour veiller à ce que les petits ne se laissent pas emporter par les grands. Donc, si les Pays-Bas sont critiques à ce sujet, je pense que nous devons être prudents.

    L’Europe du Sud appelle à plus de solidarité et à un meilleur partage des risques dans la zone euro. En tant que président de la Commission de gauche, soutiendrez-vous cela ?

    « Il est temps qu’on en discute aux Pays-Bas. Si la zone euro n’est pas renforcée et si les risques continuent de diminuer, les marchés financiers disposent d’arguments solides pour spéculer au sein de la zone euro contre le maillon le plus faible. En cas d’accident, le risque pour le contribuable néerlandais est beaucoup plus grand. Je pense qu’il est logique qu’en échange du renforcement de la zone euro, elle exige également des garanties fermes pour les réformes économiques.

    L’électorat néerlandais est-il prêt pour plus d’Europe dans ces domaines ?

    « Pensons-nous vraiment que, sans l’UE, nous pouvons faire quelque chose contre la menace de Poutine ? croyons-nous vraiment que nous pouvons nous attaquer aux problèmes climatiques en tant que pays individuel ? Pourquoi n’osons-nous pas le dire ? Il n’y a pas un Néerlandais qui ne s’en rende pas compte.¨

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