Le mauvais comportement des plus riches : ce que j’ai appris des gestionnaires de fortune, par Brooke Harrington

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Le mauvais comportement des plus riches : ce que j’ai appris des gestionnaires de fortune

Les habitudes des plus riches sont l’écho des prétendues « pathologies » des pauvres. Mais alors que ceux qui vivent dans la pauvreté sont qualifiés de paresseux, les riches sont surnommés « bon vivants » (en français dans le texte).

© The Guardian, le 19 octobre 2018

Nous n’entendons pas beaucoup parler de paresse, de toxicomanie ou de promiscuité parmi les membres les plus riches de la société parce que la plupart des milliardaires se donnent beaucoup de mal pour protéger leur vie privée.

Si près d’une décennie à interviewer les gestionnaires de fortune pour le 1% m’a appris quelque chose, c’est que les ultra-riches et les ultra-pauvres ont beaucoup plus en commun que les stéréotypes peuvent vous le laisser croire.

Dans la conversation, les gestionnaires de fortune revenaient sans cesse sur les vices flamboyants de leurs clients. Il était tout à fait surprenant, au cours de la discussion sur l’évitement fiscal, d’entendre des fournisseurs de services professionnels dire des choses comme :

Je l’ai dit à mes collègues : « Si jamais je deviens comme certains de nos clients, tue-moi. Parce que ce sont des gens vraiment immoraux – trop de temps libre, et tout cet argent signifie qu’ils n’ont pas de limites. En fait, un client m’a dit de ne pas emmener ma femme en voyage à Monaco à moins que je ne veuille la voir se faire draguer par 10 hommes. Le sport local, dit-il, était de draguer les femmes d’autres hommes.

Les clients de ce gestionnaire de fortune genevois « croient aussi qu’ils descendent des pharaons et qu’ils étaient destinés à hériter de la terre ».

Si une personne pauvre exprimait de telles croyances, elle pourrait bien être institutionnalisée ; pour ceux qui travaillent avec les riches, cependant, de telles « excentricités » font partie du travail de tous les jours. En effet, le côté ironique sous-estimé de l’accélération de l’inégalité économique a été la manière dont elle a exposé les comportements des ultra-riches qui reflètent les prétendues « pathologies » des ultra-pauvres.

En fait, l’un des gestionnaires de fortune londoniens que j’ai interrogés m’a dit que la volonté d’accepter avec équanimité un comportement qui serait considéré comme scandaleux chez les autres était une exigence professionnelle officieuse. Les clients, a-t-il dit, choisissent spécifiquement les gestionnaires de fortune non seulement pour leur compétence technique, mais aussi pour leur capacité à ne pas être scandalisés par la vie privée des ultra-riches : « Ils[les clients] doivent choisir quelqu’un dont ils veulent qu’il sache tout d’eux : les relations saphiques de la maman, la toxicomanie du frère, les amants rejetés qui font irruption dans la pièce ». Beaucoup de ces clients sont sans emploi et vivent des largesses familiales, mais personne ne les traite de paresseux.

Comme Lane et Harburg l’ont dit dans le livret de la comédie musicale Finian’s Rainbow :

Quand un homme riche ne veut pas travailler.
C’est un « bon vivant » (en français dans le texte), oui, c’est un « bon vivant ».
Mais quand un pauvre homme ne veut pas travailler.
C’est un parasite, c’est un fainéant,
C’est un paresseux bon à rien, c’est un crétin.

Lorsque les riches se révèlent être des drogués, des glandeurs ou allergiques au boulot, la réponse est – tout au plus – un murmure curieux au niveau des tabloïdes, suivie d’un haussement d’épaules collectif.

Les comportements dans lesquels les riches se prélassent ne sont pas seulement condamnés quand il s’agit des pauvres, mais invoqués comme justification pour les punir, leur refuser l’accès aux ressources qui les maintiennent en vie, comme les soins de santé et l’aide alimentaire. La discussion sur la pauvreté est devenue presque impossible sans l’indignation morale dirigée contre les « tire-au-flanc de l’État-providence », les « drogués » et autres toxicomanes paresseux, et la « promiscuité des pauvres » (une expression qui revient souvent dans les discussions sur l’aide sociale depuis plus d’un siècle).

Ces perceptions à deux vitesses ne sont pas seulement une preuve d’hypocrisie ; elles sont littéralement une question de vie ou de mort. Aux États-Unis, la croyance répandue que les pauvres sont simplement paresseux a conduit de nombreux États à imposer des exigences de travail aux bénéficiaires de l’aide – même à ceux qui ont été médicalement classés comme handicapés. Il a été démontré qu’en limitant ainsi les programmes d’aide, on raccourcissait la vie des bénéficiaires : plutôt que de les pousser vers un emploi rémunéré, ces restrictions les ont simplement laissés sans accès aux soins médicaux ou à un approvisionnement alimentaire suffisant. Ainsi, dans l’un des comtés les plus riches d’Amérique, un garçon vivant dans la pauvreté est mort d’un mal de dents ; il n’y a eu aucune protestation, et rien n’a changé.

Pendant ce temps, le « milliardaire » de la Maison-Blanche commence ses journées à 11 heures – le reste de la matinée est qualifié de « privilège exécutif » – et est connu par ailleurs pour ses fréquentes vacances. « Un emploi sympathique si vous pouvez l’obtenir », s’est moquée une tribune libre dans le Washington Post.

Nous n’entendons pas beaucoup parler de paresse, de toxicomanie ou de promiscuité parmi les membres les plus riches de la société parce que – contrairement à Trump – la plupart des milliardaires ne sont pas des personnalités publiques et se donnent beaucoup de mal pour protéger leur vie privée. D’où la devise d’une société de gestion de fortune basée à Londres : « Je veux être invisible. » Cette société, comme beaucoup d’autres prestataires de services aux ultra-riches, est spécialisée dans la préservation du secret pour les clients. Les gens riches que j’ai étudiés n’avaient pas seulement des gestionnaires de fortune, mais souvent des membres du personnel dévoués qui ont étouffé des histoires négatives à leur sujet dans les médias et qui ont maintenu leur nom hors de la « liste des plus riches » de Forbes.

Bon nombre d’entre eux se présentent même comme des SDF – pour raisons fiscales – malgré le fait qu’ils possèdent plusieurs résidences. Pour les ultra-riches, le fait de ne pas avoir de domicile fixe procure des avantages juridiques et financiers majeurs ; c’est le cas de l’homme d’affaires fortuné qui a acquis huit nationalités différentes afin d’éviter de payer des impôts sur sa fortune, et de l’Anglais que j’ai interviewé dans son immeuble à Dubaï :

Je ne suis résident fiscal nulle part. Le percepteur m’a dit : « Montrez-moi une facture d’électricité », et la seule facture d’électricité que je peux présenter concerne la maison que je possède en Thaïlande, et elle est rédigée dans une langue que les autorités européennes ne connaissent pas. Avec toute la mobilité dans le monde, les mariages internationaux, les gouvernements ne peuvent pas suivre les gens.

Pendant ce temps, les pauvres peuvent finir par « ne plus résider nulle part » parce que personne ne leur permet de rester très longtemps au même endroit ; comme l’a montré le sociologue Cristobal Young, la majorité des migrants sont des pauvres. De plus, les pauvres sont régulièrement expulsés de leur logement sous le moindre prétexte, ce qui les conduit souvent dans des refuges pour sans-abri – qui sont à leur tour forcés de déménager lorsque les propriétaires locaux s’engagent dans des protestations pdçcm (pas de ça chez moi !). Même la conception des espaces publics est de plus en plus organisée pour refuser aux pauvres une place pour s’asseoir, même temporairement.

C’est comme si le droit de se déplacer, de prendre de l’espace et de diriger sa propre vie comme bon lui semble était devenu un bien de luxe, accessible à ceux qui peuvent payer au lieu d’être des droits humains. Pour les riches, la déviance par rapport aux normes sociales est presque sans conséquence, à tel point que la criminalité pure et simple est tolérée : en témoigne le haussement d’épaules collectif qui a salué les révélations de fraude fiscale intergénérationnelle massive dans la famille Trump.

Pour les pauvres, cependant, même le plus petit écart par rapport aux attentes des autres – comme l’achat de crème glacée ou de boissons gazeuses avec des coupons alimentaires – entraîne la stigmatisation, la limitation de leur autonomie et la privation des besoins humains de base. Cela rend la vie beaucoup plus désagréable, brutale et courte pour ceux qui se trouvent aux échelons les plus bas de l’échelle socio-économique, créant un abîme de plus de 20 ans d’espérance de vie entre riches et pauvres. Cela apparaît à certains comme une conséquence pleinement justifiée de la « responsabilité personnelle » – les pauvres méritent de mourir à cause de leurs carences morales.

Ainsi, alors que le comportement des ultra-riches se voit accorder une marge de manœuvre sociale de plus en plus grande, la vie des pauvres est raccourcie dans tous les sens du terme. Dans l’ancien temps, on leur disait de manger de la brioche ; maintenant, manger de la brioche leur vaut le pilori.

Brooke Harrington est professeur de sociologie économique à la Copenhagen Business School et auteur de Capital without Borders : Wealth Management and the One Percent (2016, Harvard University Press)

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37 réflexions sur « Le mauvais comportement des plus riches : ce que j’ai appris des gestionnaires de fortune, par Brooke Harrington »

  1. Il y a un non dit : c’est le nombre d’oisifs dans la population active, dont on ne connait pas le taux, ni la description. C’est étonnant car tout le monde connaît le taux de chômage, qui est d’environ 10%, mais personne ne connaît le taux d’oisifs.

    J’avais fait un calcul, qui permettait de l’estimer en divers pays européens, dans cet article publié sur ce blog en février 2018.

    En France ne 2015, mon billet montrait que 36% de la « population en age de travailler » était oisive, se partageant comme suit : 10% de chômeurs, + 26% d’oisifs ! . Plus d’une personne sur 4 donc, ne manifeste pas d’envie de travailler, vit au dépens de quelqu’un, ou est suffisamment riche pour ne pas travailler et ne pas dépendre de quelqu’un.

    C’est en effet très curieux : on s’intéresse beaucoup à ces 10% de chômeurs, que l’on suspecte en permanence de ne pas vouloir travailler, alors qu’ils témoignent tout de même, en étant inscrits au chômage, de leur envie de trouver un travail.

    Mais on ne s’intéresse aucunement à ces 26% d’oisifs dans la population active, qui sont tout aussi inactifs que les chômeurs, alors qu’ils ne manifestent même pas cette volonté de travailler !

    Qui sont-ils ces 26% ? des rentiers ? quelle est la part des femmes au foyer, quelle est la part des rentiers ? Si un économiste voulait bien s’y intéresser, nous pourrions avoir une image plus exacte du TRAVAIL dans notre pays, et aussi une image plus exacte des disparités de richesse.

    Vincent Rey, findutravail.net

    1. L’INSEE parle plutôt de population inactive plutôt que d’oisifs . Je ne sais pas trouver rapidement le pourcentage actuel correspondant, mais il me semble qu’en 2015 il était plus proche des 30 % ( dont effectivement 10 % de chômeurs) selon la classification BIT .Ceci dit , on trouve dans les 20 % d’inactifs « réels » les étudiants qui n’ont pas de petits jobs , les retraités qui pourraient travailler « dans les limites légales  » ( je ne sais pas trop comment l’INSEE fait pour les compter !) et les vrais rentiers ou oisifs de conviction .

      Si on s’intéresse mondialement à la population en âge de travailler ( toujours selon les critères OIT ) , on s’aperçoit à horizon de quelques décennies que la Chine décroit assez sensiblement là où seuls l’Inde et L’Afrique croissent fortement et la dépassent .Deux zones de taille continentale à suivre de près donc , où les pauvres sont souvent plus pauvres que «  »les nôtres », et surtout plus nombreux que l’INSE n’en recensera jamais en France .

      Sur l’aspect psycho-sensible du billet , je ne sais pas trop me prononcer , tout en me souvenant « des animaux malades de la peste » , si l’on identifie riches à puissants et pauvres à misérables .

      1. Il se peut aussi effectivement que les « femmes au foyer » , dont je disais ailleurs que ne « travaillant pas  » , elles n’en n’étaient pas moins en (sur)activité perpétuelle , soient comptabilisées comme inactives .

        Si l’on arrive à « fucker » le travail , pour ne plus parler que « d’activités », il va falloir modifier les critères et appellations de l’OIT et de l’INSEE !

      2. @Juanessy, Vincent Rey

        Les données d’Eurostat au sujet sont les suivantes: (évidemment suivant les classifications de l’OIT/OCDE, à lire cette page importante: https://ec.europa.eu/eurostat/web/lfs/methodology/main-concepts, vous pouvez vous-mêmes choisir le francais comme votre langue de préférence, à voir en haut main droite):

        Et je fais passer le texte suivant par deepl.com pour vous:

        https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/-/DDN-20170705-1

        quote

        Les personnes économiquement inactives dans l’UE : qui sont-elles ?
        05/07/2017

        L’année dernière, 89 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans étaient économiquement inactives dans l’Union européenne (UE). En d’autres termes, un peu plus d’un quart (27,1%) de la population de l’UE âgée de 15 à 64 ans se trouvait en dehors du marché du travail, sans emploi ni chômage. Il s’agissait de personnes en formation (35% des inactifs), retraitées (16%), souffrant d’une maladie grave ou d’un handicap (16%), ou encore de personnes qui s’occupaient d’enfants ou d’adultes handicapés (10%). Les femmes représentaient la majorité de ce groupe de la population économiquement active (60%). Au total, près de 8 personnes inactives sur 10 (78 %) ont déclaré ne pas vouloir travailler.

        Le niveau d’éducation semble jouer un rôle, car la proportion de personnes inactives dans l’UE diminue à mesure que le niveau d’éducation augmente parmi elles. Alors que près de la moitié (47 %) des personnes âgées de 15 à 64 ans ayant un faible niveau d’éducation (au plus le premier cycle de l’enseignement secondaire) étaient inactives en 2016, cette proportion est tombée à 24 % pour les personnes ayant un niveau d’éducation moyen et à 12 % pour la partie de la population ayant un niveau d’éducation élevé (enseignement supérieur).

        Les plus fortes proportions de personnes économiquement inactives en Italie, les plus faibles en Suède

        Dans l’ensemble des États membres de l’UE, l’Italie (35,1%) a enregistré la plus forte proportion de personnes en dehors du marché du travail. Viennent ensuite la Croatie et la Roumanie (34,4% chacun), la Belgique (32,4%) et la Grèce (31,8%).

        A l’opposé, la part la plus faible a été enregistrée en Suède (17,9%), devant le Danemark (20,0%) et les Pays-Bas (20,3%). Il convient de noter que la proportion de personnes économiquement inactives était plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans tous les États membres de l’UE, bien que ces proportions varient d’un État à l’autre.

        unquote

        Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

        [Une petite question à tous ces enthousiastes qui sont si désireux de voir l’Union Européenne s’effondrer : allons-nous démanteler des institutions telles qu’Eurostat, etc. aussi?]

      3. merci @ Johan, si je comprends bien ça donnerait donc ceci pour l’Europe :

        formation : 35%
        maladie grave ou handicap : 16%
        retraités en âge de travailler : 16%
        personnes s’occupant d’enfants ou d’adultes handicapés : 10 %
        Oisifs riches, la différence avec 100, soit 23 %

        et parmi toutes ces catégories (ou les 4 premières ?), 60% sont des femmes.

        Il me parait évident que le %tage de chômage doit être sérieusement augmenté d’une part des personnes en formation, et des personnes souffrant d’un handicap (handicap de complaisance au royaume uni, par exemple, pour obtenir des subsides).

        Si jamais la moitié des personnes en formation sortaient artificiellement des statistiques du chômage, et que 6% des handicapés et malades étaient de « faux handicapés ou malades », pour obtenir divers subsides, cela porterait le taux de chômage à environ 30% de la population active !

        Et de l’autre côté, 23% de riches oisifs en Europe, dans la population active…

      4. merci Johan. Il me semble (à voir la proportion croissante avec le bas niveau d’école et la proportion en Italie) qu’il faut penser à des personnes exclues du chômage, en « fin de droits ». Ce qui semble mettre en défaut l’idée de l’article de nombreux rentiers, fils incapables de familles riches. Il y en a, mais la proportion serait faible. Il faudrait considérer (sont ils dans ces statistiques ?) la proportion de gens ayant l’allocation de « minimum de sécurité d’existence » et ceux n’en demandant pas parmi les pauvres.

      5. @ Chabian. Pour vous servir. Je vais voir les détails des données enrégistrées dans les bases de données d’Eurostat, et chercher un réponse à votre question.
        Quel bonheur que l’Eurostat a su se récuperer de sa crise d’il y a quelques années…. une autre raison pour nous mobiliser NON pour détruire la richesse institutionnelle de l’Union, mais au contraire, l’améliorer dès l’intérieur.

        Abonnez vous svp à Eurostat.

        Je reviens sur votre question. B.à.v. JL

      6. erratum, je reprends tout au début

        formation : 35% (de ces 27% d’oisifs, ne cherchant pas un job)
        maladie grave ou handicap : 16% (de ces 27%)
        retraités en âge de travailler : 16% (de ces 27%)
        personnes s’occupant d’enfants ou d’adultes handicapés : 10 % (de ces 27%)
        Oisifs riches, la différence avec 100, soit 23 % (de ces 27%)

        Ces oisifs qui n’ont pas besoin de travailler ne représenteraient que 6 % de la population active en europe environ, ce qui est beaucoup, mais pas autant que je disais. Aucune intention de tromper qui que ce soit, j’ai pas dû boire assez de café, et après en nageant, je me suis rendu compte que ça collait pas !

      7. Ce sont des données de population fournies par l’Insee qui servent aux communes pour le fonctionnement de leur entité.
        Les impôts et taxes sont payés par les contribuables ou consommateurs. C’est pour l’Etat
        Il y a aussi les chefs de famille qui vendent leur bien par transaction notariale. La différence est encaissée par l’Etat.
        Dans notre système étatique, il faut beaucoup d’argent, ce que je ne comprends est que l’Etat se fait racketter par corruption (fraude fiscale).
        Qui aide les racketteurs ?

    2. @Vincent Rey :

      Si on vous suit dans vos soustractions pour aboutir à 23 % de « riches oisifs » , et si je sais lire des stats , il s’agirait de 23% de 27,1 % soit 6,2 % de la population en âge de travailler , ce qui est déjà plus faible , même si ça me parait encore exagéré par rapport à ce que je vois autour de moi , et que même si c’était 1% ça serait encore trop .

      Les stats sont précieuses mais il ne faut pas se tirer une balle dans le pied en les faisant transpirer pour ce qu’elles ne peuvent pas clairement dire . Sur le thème ,les informations pertinentes sont plus surement dans les coffres des services fiscaux .

      1. je me suis complètement complètement planté. J’ai fait une erreur grossière en melangeant des porcentages de 26 % et de 100 %. Je revois ca des sue je suis devant mon ordinateur.

    3. @ Chabian (commentaire no. 2)

      Medellín, le 21 octobre 2018

      Il me paraît que la réponse détaillée à votre question est en préparation au dedans le sous-groupe de travail Indicateurs: je vous recommande à lire le dernier rapport annuel (2017) de ce sous-groupe, notamment les pages 43 et autres (Annex 1: Detailed review of social developments in the EU: SPPM results ).

      Vous pouvez le télécharger:
      http://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=738&langId=fr&pubId=8048&furtherPubs=yes

      Puis je vous recommander aussi de lire l’article de Margharita Bussi et Claire Dupuy:
      https://www.socialeurope.eu/welfare-policies-and-citizens-political-engagement

      Ensuite, il est très nécessaire aussi de bien écouter au prof Abram de Swaan, sociologue éminent d’Amsterdam, ici en francais: (voir et écouter le vidéo titulé: Soin et compassion):

      https://deswaan.com/?lang=fr

      Bram de Swaan est un des plus grands spécialistes vivants en ce qui concerne l’étude académique des états de ‘bienestar’ (‘de providence’), mais également en ce qui converne l’étude de son opposé: l’état meutrier (systémique) (¨The State as Killer.¨)

      (https://deswaan.com/cv-2/?lang=fr)

      Bram est, comme Paul Jorion, socioloque ET psycho-analiste, et connais, comme Paul, par des expériences directes dans sa famille, les risques et ses conséquences des types de pensées basées sur des identités et leur compartimentalisation.

      Votre question, Chabian, est d’une importance très grande et puissante. A voir (seulement) ce qui s’est passé aux Pays-Bas depuis 2002 (assasinat de Fortuyn et l’entrée de l’ultra droite au gouvernement), et depuis en Pologne, Hongrie, le Danemark, et de nos jours, aux EEUU et ce qui risque à se réaliser au Brésil.

      Ici vous voyez les ‘exclu(e)s’ pendant les funérailles de Pim Fortuyn…. (en France vous ne parlez que de l’entrée de Marine Le Pen au gouvernement, aux Pays-Bas on l’a vécu…)

      https://www.youtube.com/watch?v=q8BrSE7MGdE

      Des ‘exclu(e)s’ sociales-aux qui savent se compartamentaliser, savent mobiliser la haine, et le choix: ‘c’est vous OU nous’: ce qui veut dire: la vie ou la mort, ad literam… (souvenez vous des remarques indicatives de Trump, et souvenez vous des mots ET DES GESTES de Bolsonaro (deux mains déjà dans la forme d’une arme.. ).

      Un choix bien étudié aussi par Erich Fromm et ses étudiant(e)s.

    1. Vous désirez protéger les yeux de Mélanchon, ou les oreilles des riches ? Car oui, il pourrait le crier sur les toits… Et eux savent si bien faire la sourde oreille et penser « qu’on le fasse taire ! ».

  2. On se met encore à juger les individus du fait de leur appartenance à telle ou telle milieu plutôt que de voir les structures Permettant légitimement de s’enrichir à outrance.
    Laissez-les tranquille les pauvres comme les riches, n’allez pas au plus facile.
    Cordialement

    1. Les mots ont leur importance.
      Quand c’est la figure du pauvre fainéant qui est assénée, martelée dans les médias, et même dans l’inconscient collectif, cela fait des dégâts, et à la longue cela rend plus difficile d’expliquer que les riches ne sont pas aussi légitimes qu’ils le prétende à devenir riches. On a beau expliquer de long en large les mécanismes qui font que les riches s’enrichissent, si on n’explique pas que cela passe aussi par une guerre des mots entreprise de longue date, cela n’imprime pas dans les esprits. Il est donc nécessaire, indispensable de déconstruire l’idéologie qui justifie l’existence hors sol d’une classe sociale.

      1. Certes, le discours doit changer il est vrai. Cependant reprocher un être humain de s’enrichir quand il le peut, et même quand il le doit, c’est facile.
        Les pauvres aussi ont leur lot de facilité. Et comme dirait un certain philosophe, la pitié n’est en aucun cas moteur. Mais oui, le discours doit changer.

      2. Si les craintes sur l’impact de l’IA sur le « travail » se concrétisent assez rapidement , les gueules de « fainéants  » seront largement majoritaires , et dans le rapport de forces la première guerre gagnée sera peut être bien celle des mots , car il n’y aura plus de « fainéants » , ni même « d’oisifs  » , plus que des  » inactifs » ou plutôt des « sans travail », car , pour que l’aventure continue , il faudra et il suffira que 90 à 95 % de la population ait une activité et/ou un travail .

        Il y a une histoire de sudistes et de nordistes pour imager le propos .

      3. Car dans l’inconscient collectif les riches sont déifiées, arrêtez l’Hippocrate ! Quand on vise mal on vise mal.

  3. Chères toutes, cher tous,
    Dans une autre vie professionnelle je fût Assistant de Service Sociale, et je devrais dire Assistante car les personnes que j’accompagnais me nommais comme leur Assistante Sociale (ancienne dénomination).
    Le glissement sémantique ainsi que le signifiant portent en eux la notion d’assistance mais celle ci est qualifiée de « service » que l’on retrouve aujourd’hui dans les métiers de « service » à la personne comme le portage de repas à domicile qui est un service de restauration (on ne donne plus à manger).
    Juste quelques éléments de langages pour illustrer que les racines de mon ancienne profession c »est écarté de la charité (chrétienne) le patronnnage et les dames patronesses
    http://www.cnrtl.fr/definition/patronnesse
    http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3346
    mais aussi des « Sur Intendantes d’Usines »
    http://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/08/13/26002-20140813ARTFIG00080-surintendante-d-usine-un-metier-d-avenir-1920.php
    qui sont les deux filiations de cette profession.

    En effet à la fin du 19Siècle le patronat mesure qu’il doit s’occuper de ses ouvrières pour assurer un bon rendement comme de ses ouvriers.
    Ma prof de socio d’origine Russe était aussi chanteuse de Cabaret le soir. Elle posait les limites si bien que pour un cours à 8h00 vous arriviez à 8h001 elle vous mettait à la porte.

    Son credo était de nous dire que nous n’assisterions et n’aiderions en rien ou si peu mais que du contrôle social nous serions les nouveaux Clerc et par la même producteur de norme sociale.

    Durant tout mon exercice j’ai pu constaté combien le contrôle social est présent avec des exigences demandées aux plus pauvres ( en matière d’éducation et de soin porté aux enfants) bien éloignés souvent de nos propre standard de classe moyenne.
    J’ai vu à maintes reprise mes collègues dans le syndrome de la « bonne mère », celle qui sait alors qu’on ne naît pas mère et qu’on le devient, il n’empêche que vous n’avez pas idée de ce que mes consœurs ont projetés de fantasmes et de violence symbolique sur ces femmes qui faisaient comme elles pouvaient avec le peu de choses que leur histoire et leur éducation leur avait donné en matière d’éducation, de prise en charge des enfants sans parler du grand absent : « L’amour maternel ». (c’est peut être ça le vrai drame la pauvreté intellectuelle).

    Sur la production de norme sociale c’est aujourd’hui la publicité et IKEA qui s’en occupe.
    Oui car l’image que je garde est celles de mes collègues dans les années 1930 qui passaient avec un gant blanc sur le dessus du buffet de la cuisine pour savoir si la maison était bien tenu. C’était la grande époque Hygiéniste qui explique peut être pourquoi le fromage est pasteurisé aux USA,
    C’est notre corps des assistante sociale qui dictions alors la norme de la bonne tenu de la maison et des enfants avec un mandat de protection de l’enfance, vous savez « les voleuses d’enfants » autre dénomination des AS du au mandat DDASS puis ASE (Aide Sociale à l’Enfance aujourd’hui) mandat à vie car pour info si je suis témoins d’une situation de mauvais traitement à enfant et que je ne le signale pas aux autorités je suis doublement pénalisable qu’un citoyen lambda.

    Les pauvres comme les riches sont les figures imaginaires et utiles de toute société.
    Utile et bouc émissaire, utile pour désigner ce à quoi il faut échapper, utile pour montrer que oisiveté est la mère de tout les vices,utiles pour faire à pas cher de la chair à canon, utile car facilement manipulable, utile pour ce dire que l’on est au moins plus riche qu’eux

    Allez vive les riches et à bas les pauvres, avec toute ma tendresse dominicale, Pierre de la tribu des Queralt’s

  4. Pour résumer, les (très) riches vivraient donc au-dessus des moyens des pauvres…?
    « Gestionnaires de fortune »… Ah, le fléau de l’assistanat ! 🙂

      1. Monsieur est trop bon… 🙂
        Remarquons itou l’humour sous-jacent du blog, le billet suivant sur la ‘promo’ d’un film s’intitulant « Les grands seigneurs », ça ne manque pas de piquant !

  5. Bonjour,
    Il est curieux voire même inadapté de faire travailler l’argent pour avoir plus d’argent. Le gros truc est que les nouvelles technologies se sont invitées pour incrementer de la valeur financière qui accompagne les riches vers les paradis fiscaux.
    Ou en est on du travail à réaliser pour vivre dignement ?

    1. Pour l’oisiveté et la joie , on ne peut pas vous faire grand chose . Pour la pauvreté , sans passer par la crucifixion , il y aura toujours des marge de manœuvre ( ne serait-ce que sucrer le RSA si vous le percevez ).

      Alors  » heureux ?  » , dirait Paul Meurisse .

      1. Il y a eu des pauvres oisifs bien avant le RSA , dans le bassin minier du nord de la France certaines grand mères on fait vivre jusqu’à 2 générations avec leur retraite bien après la fermeture de la dernière mine 😉

      2. Ceci étant , je crois que quitte à être oisif , heureux et pauvre , je préférais accepter le RSA que la retraite de ma grand-mère .

        En tant que stéphanois historique , je ne suis pas bien sur que vous ayez vraiment connu la misère « du temps de la mine » , remarque faite que les mineurs étaient un peu les aristocrates ouvriers , et que les vrais pauvres étaient plutôt à trouver dans les autres corps de métiers . On ne disait d’ailleurs pas « emploi » mais « métier ».
        Dans un environnement ou c’était cependant presque le plein emploi , le véritable drame était dans la pénibilité et les agressions à la santé ou par accidents assez fréquents . Mon grand père a commencé à y travailler à moins de dix ans , deux de mes oncle à treize ans ( qui était devenu l’âge minimal pour être employé ) mon père à seize .

    1. Je corrigerais en disant qu’il peut faire aussi bien l’un que l’autre , et que l’usage fait de l’argent en grande , moyenne ou petite quantité , est une bonne mesure de la connerie innée ou en cours d’acquisition .

  6. Bonjour le blog,
    D’accord, il y a des riches qui profitent du système!!!!!!!!Et alors!!!!!D’après certains, le capitalisme va bientôt s’effondrer.
    Eh oui, la fortune de ces gens va bientôt disparaître du fait de l’excès de liquidité que nous avons injecté depuis la crise de 2008 et tout çà lié à des taux bas qui… blablablablablablabla et alors Jupiter s’alignera sur Saturne ce qui fera….blablablablabla…d’où une prise de conscience mondiale blablablablabla….bref, le capitalisme va bientôt tomber et ces gens avec!
    Quoi ? Ma démonstration ne vous a pas convaincu!!!!! Mince alors!!!!!Mais puisque je vous dis qu’il y aura une Révolution des Roses. Sans violence, les riches vont se mettre à genou et demander pardon même les économistes les plus capitalo-compatible vont partir s’exiler dans des monastères et nous avouer qu’ils défendaient le capitalisme par pur opportunisme!
    Tout va bien! Fermez les yeux, vos paupières sont lourdes. On s’occupe de tout!

    Plus sérieusement, ce genre d’article nous renvoie à ce que nous sommes!!!!!
    Des mammifères dont la programmation principale est la préservation et la reproduction. C’est codé en dur dans notre génome et ce n’est pas le verni de la civilisation qu a changé quoi que ce soit à ces faits! On se donne plus d’importance qu’on a! On est rien d’autres que des singes avec de grandes facultés cognitives mais le moteur est le même que celui qui fait avancé tout organisme vivant sur cette planète!!!!
    Le capitalisme n’est qu’une forme d’organisation sociale qui maquille ce « diktat » biologique. C’est pour çà que je suis un profond anti capitaliste car cette idéologie ne permettra pas à l’Homme de s’extirper de sa condition animale . Or, j’ose espérer que nous puissions devenir autre chose.
    Nous ne savons pas si d’autre forme de vie « intelligente » existe dans l’Univers , nous sommes peut être les seuls. Alors si nous devions être un jour la conscience de l’Univers, il nous faudra nous élever. L’abandon d’une idéologie comme le capitalisme fait parti d’une des innombrables étapes que nous devrons franchir. Sinon comme le dit Paul, notre espèce sera en danger et franchement cela serait un peu c.. de s’arrêter là vu ce qu’on a déjà accompli!!!!!!!!

  7. La fortune des riches ce n’est que la dette des pauvres, à epsilon près. C’est pourquoi il est possible que tout cela change. Il faudrait juste que les pauvres le décident. Sauf que jusqu’à présent on sait ce qu’on a…

  8. « Faits divers »:

    (©AFP / (25 octobre 2018 18h12)
    L’identité d’un richissime homme d’affaires britannique qui avait réussi à étouffer les accusations de harcèlement sexuel portées contre lui a été révélée jeudi par un membre du parlement, usant de son privilège parlementaire pour enfreindre l’impératif de silence décidé par la justice.

    Il s’agit de Philip Green, un milliardaire à la tête d’un empire de la grande distribution et de la mode, incluant l’enseigne Top Shop, a révélé Peter Hain devant la chambre des Lords, expliquant qu’il avait été approché par une personne « étroitement impliquée » dans l’affaire.

    Le lord a estimé qu’il était de son « devoir » et « dans l’intérêt du public » de révéler son identité, alors que Philip Green a « dépensé des sommes substantielles pour cacher la vérité sur des actes répétés de harcèlement sexuel, de racisme et de harcèlement ».

    L’impératif de silence a en effet été opposé par la justice au quotidien conservateur Daily Telegraph, l’empêchant de publier l’identité du mis en cause, ce qui avait provoqué l’indignation dans le pays, bon nombre y voyant un passe-droit permettant aux riches d’échapper à un scandale, dans le sillage du mouvement #MeToo.

    « Le scandale britannique #MeToo qui ne peut être révélé », avait titré mercredi à sa une le quotidien, déplorant, au terme de huit mois d’enquête, d’être empêché par une décision de justice de dévoiler les accusations portées contre l’homme d’affaires émanant notamment de plusieurs de ses employés.

    La Cour d’appel, saisie par l’armée d’avocats du milliardaire, avait stoppé temporairement la publication de l’article dans l’attente d’un procès. Elle estimait que les informations publiées provenaient notamment d’accords de confidentialité signés par cinq employés avec l’homme d’affaires, ayant donné lieu à des versements d’argent « substantiels » et prévalant sur la liberté d’informer.

    Le Telegraph précisait que l’homme d’affaires avait dépensé près de 500.000 livres (environ 566.000 euros) pour être représenté par une équipe d’au moins sept avocats du cabinet londonien Schillings, qui compte parmi ses clients la star portugaise du football Cristiano Ronaldo, accusée de viol.

    Le mouvement #MeToo / © AFP / Gal ROMA
    « Il semble que nos lois permettent aux hommes riches et puissants de faire pratiquement tout ce qu’ils veulent tant qu’ils paient pour le garder sous silence », avait dénoncé dans la foulée la députée travailliste Jess Phillips à la chambre des Communes mercredi.

    « Ordonnances de non-publication pour les riches », s’indignait jeudi le tabloïd à grand tirage The Sun à propos de cette procédure du droit anglo-saxon.

    La Première ministre Theresa May s’était du coup engagée mercredi devant les députés à revoir les règles entourant les accords de non-confidentialité afin d’empêcher l’usage « immoral » qui en est fait par certains employeurs. Son porte-parole a précisé ensuite que ces accords « ne devraient jamais être utilisés pour couvrir une activité criminelle ».

    La Society of Editors, qui représente quelque 400 membres des médias, avait dénoncé « une attaque contre la liberté de la presse ». « L’usage croissant d’accords de non-confidentialité par les riches et les puissants pour bloquer la publication d’informations qu’ils ne souhaitent pas voir diffusées est une voie dangereuse pour une société libre ».

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