Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (IV) Qu’est-ce que le capitalisme et pourquoi faut-il s’en débarrasser ?

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

GD : Pour aller dans votre sens, vous excluez que le système, parce que le capitalisme, il y a longtemps qu’on a prévu son effondrement chez Marx chez d’autres, mais il a toujours réussi à se régénérer jusqu’à présent. Est-ce que cette fois, vu l’état de la crise de la société, est-ce que c’est exclu qu’il s’adapte une nouvelle fois ?

PJ : On attire toujours l’attention, on dit « Oui mais, le capitalisme, il nous a rendus très très riches. Regardez l’évolution ! ». Il y a un certain monsieur qui s’appelle Steven Pinker, un Américain, qui dit « Oui, on n’a jamais été aussi riches, on n’a jamais été autant bonne santé, on n’a jamais…  » et tout ça est absolument vrai, mais il faut souligner que le fait qu’on soit en meilleure santé, qu’on soit plus riche, etc. est tout à fait indépendant de savoir si on maîtrise ou non l’extinction possible de l’humanité. Nous pourrons peut-être disparaître alors que nous n’avons jamais été aussi vieux. Nous pourrions même être à la limite de l’immortalité, ça n’empêcherait en rien le fait que ce système capitaliste a été un système purement et simplement de pillage de la nature autour de nous, et que nous atteignons la limite de ce qu’on appelle la capacité de charge d’une espèce par rapport à son environnement. Qu’est-ce que ça veut dire ? Chaque espèce a besoin que l’environnement soit dans tel ou tel état pour pouvoir continuer d’y vivre. Quelques indications : pour que nous puissions vivre à la surface de la Terre, il faut qu’il y ait de l’oxygène dans l’atmosphère autour de nous, il faut qu’il n’y ait pas en grande quantité des gaz qui soient extrêmement toxiques pour nous, il faut que nous ayons tous accès à de l’eau en quantité suffisante ou à des liquides qui contiennent de l’eau qui soient considérés comme potables, c’est à dire que nous pouvons les boire, il faut que nous ayons accès à des substances assimilables pour notre alimentation. Tout ça est, en fait, extrêmement fragile. Tout ça, c’est dans des conditions extrêmement étroites, et il n’est pas impossible de penser que nous sommes en train de détruire cela.

La propriété privée, en arrière-plan du système capitaliste, c’est un système, c’est un bolide lancé sur une voie de chemin de fer. Alors, le fait qu’il y a toujours eu des rails auparavant ne procure aucune garantie qu’il n’y a pas un pont écroulé un peu plus loin, et je crois que nous sommes dans une situation où il y a un pont écroulé. Il faut réellement, là aussi, dissocier les deux questions « Est-ce que nous avons jamais jamais été aussi heureux que maintenant ? », ce qui est vrai, mais « Est-ce que la situation est tenable ? » et là il faut dire « non ». La situation est intenable, et les deux questions n’ont aucun rapport l’une avec l’autre.

GD : On peut peut-être donner la parole à la salle, si il y a des questions…

PJ : Hé ! Je dois faire mon exposé moi ! [rires] Je dois expliquer pourquoi se débarrasser du capitalisme est une question de survie ! Il faut me laisser un peu de temps pour ça ! J’ai répondu à vos questions mais, maintenant, il faut que je remplisse le contrat !

Alors, il faut commencer à réfléchir à qu’est-ce que c’est que ce capitalisme ? L’autre jour, on me demande si je veux bien écrire la préface d’un livre sur le capitalisme. Je le lis : c’est un ouvrage bien fait et le lecteur arrive au bout… et en fait, c’est présenté de manière assez didactique – c’est un monsieur qui explique à une jeune fille qui lui a posé une question sur l’économie et ce que c’est que l’économie en ce moment et quels sont les problèmes liés au capitalisme – et on arrive au bout, et on sait pas du tout ce que c’est le capitalisme ! On considère dans nos sociétés que tout le monde sait ce que c’est le capitalisme, comme la monnaie – tout le monde sait ce que c’est la monnaie. Je rencontre des gens qui lancent une monnaie parallèle. Je leur dis « Vous savez ce que c’est une monnaie ? » et non, ils n’en ont pas la moindre notion : « Mais, tout le monde sait ce que c’est une monnaie puisqu’on en a un peu dans sa poche, etc. ». Ce sont des choses qu’il faut comprendre, qu’il faut modéliser.

Qu’est ce que c’est que le capitalisme ? C’est un système politique où la domination, où le rapport de forces favorable est en faveur du détenteur du capital. Alors, qu’est-ce que c’est qu’un capital ? On va dire « c’est quelque chose qui a de la valeur quelque part ». Non. Il faut bien noter qu’un capital c’est une somme qui a été déplacée, une somme qui a été prêtée. Il n’y a pas de capital qui ne soit ailleurs que dans la poche ou dans le coffre-fort de son dpropriétaire. Un capital, c’est quelque chose qui a été prêté. Ce sont, pour utiliser le vocabulaire de Quesnay, ce sont des avances, ce sont des avances financières qui ont été faites.

Alors, quels sont les problèmes qui sont liés au fait qu’un capital est prêté ? Il faut payer des intérêts, il faut payer des dividendes, il faut payer des coupons, c’est-à-dire qu’il y a une rémunération du fait que ce capital a été déplacé de l’endroit où il était pour être utilisé. Alors, dans nos sociétés – et c’est ça le problème principal – l’argent est de moins en moins à sa place. Il est de plus en plus concentré : il y a de moins en moins de gens qui ont les ressources, les ressources nécessaires pour produire. Il faut qu’ils empruntent pour produire. Il faut qu’on emprunte pour distribuer, il faut qu’on emprunte pour consommer. Quand on nous dit, en 2009, « l’économie repart », on ne nous dit pas « les salaires ont augmenté, le pouvoir d’achat a augmenté », on nous dit « le crédit repart ! ». C’est à dire que les gens ont de nouveau la possibilité d’hypothéquer leur futur salaire ! On ne dit pas que l’argent nécessaire se trouve à l’endroit où il doit être : on nous dit qu’il peut de nouveau être déplacé.

Alors, on nous dit : « Il faut de la croissance ». Qu’est-ce que c’est que la croissance ? La croissance, c’est quand l’économie produit plus d’une année sur l’autre – le PIB, le produit intérieur brut, c’est l’ensemble de la valeur ajoutée – On nous dit que ça, ça augmente, et on nous dit « C’est important que la croissance reparte ». Vous allez voir ça partout. Or, un chiffre pour 2017 : à l’échelle de l’humanité, 82% de la nouvelle richesse créée est allé au 1% de la population le plus riche. Alors, à quoi ça sert la croissance si c’est pour augmenter simplement la concentration de la richesse ? Qu’est-ce que ça produit la concentration de la richesse ? On le voit, ça produit des tensions. On le voit aussi, les gens les plus riches ont les moyens d’échapper à l’impôt – peut-être pas entièrement mais de manière considérable. Ils ont le moyen d’encourager à ce qu’on élise des gens qui vont supprimer l’impôt sur les grosses fortunes, ils vont permettre une concentration supplémentaire, encore, de la richesse.

En 2009, quand l’économie repart, la concentration de la richesse augmente. Elle croît encore davantage qu’auparavant. Pourquoi ? Si vous comparez avec la situation de 1929 – c’est une grande crise – à la suite de la crise de 1929, la concentration de la richesse diminue. Les gens les plus riches ont perdu beaucoup d’argent. En 2008, les gens les plus riches ont une assurance qui s’appelle le Credit-default Swap – CDS – qui a permis de protéger les plus grosses fortunes, et comme je le dis en particulier, non seulement ça, mais a permis aussi de produire une sorte d’assurance sur les paris purement spéculatifs. Résultat : les gens les moins nantis subissent le contrecoup de la récession qui apparaît en 2009, les gens qui avaient déjà de l’argent gagnent encore davantage (concentration) et des gouvernements sont nommés qui accroissent encore le processus, qui l’accélèrent encore.

D’où vient ce système du capitalisme ? C’est un système très ancien, et on pourrait presque dire que c’est un… je ne vais pas aller jusque-là parce que je suis un anthropologue de formation, mais le système qu’on trouve au départ de cela, on le trouve pratiquement partout à la surface de la Terre. Quand nous, Européens, nous sommes allés en Polynésie, quand nous sommes allés en Amérique du sud etc. nous avons trouvé des sociétés qui fonctionnaient selon ce principe là, qui n’est pas le principe capitaliste mais qui est le principe du métayage, qu’on appelle aussi système à la part.

C’est un système de partage du risque dans des situations où existe la propriété privée. Situation de type tout à fait typique : un propriétaire dispose de beaucoup de terre. Il ne peut pas cultiver ça lui même, mais il y a plein de gens (qui ne sont pas propriétaires) qui sont prêts à faire pousser des choses, à produire des moissons, et on fait des accords du type, par exemple… Un contrat de métayage typique, 50/50 : le métayer, c’est-à-dire celui qui va louer, si vous voulez, la terre – mais c’est pas une location, c’est du métayage – va produire une moisson et va en donner la moitié au propriétaire. C’est un système de partage du risque parce que, quand la moisson est énorme, le propriétaire va recevoir davantage, parce qu’il recevra la moitié d’une moisson miraculeuse, [mais] quand il n’y a presque rien, quand il a plu tout l’été et il n’y a presque rien, le propriétaire ne recevra que la moitié de ce qui aura été produit, et le métayer pourra utiliser le reste.

C’est dommageable aux métayers quand tout va très très bien, mais ça le protège dans les cas de disette, parce que si c’était un contrat de location, il faudrait qu’il paye un loyer de même montant quelle que soit la moisson qui a été produite. C’est un système qui fonctionne donc de la manière suivante : on partage le risque. Il y a une richesse qui est créée du côté du propriétaire et une richesse qui est créé du côté du métayer.

C’est le système qui fonctionne encore, c’est le fondement même de notre économie. C’est le système, par exemple, des sociétés par actions. Qu’est ce que c’est que les dividendes ? Et bien, vous faites une avance – pour utiliser les termes de Quesnay – à une compagnie en achetant ses actions, et elle va vous payer une partie de la richesse qui a été créée. Alors, c’est un système qui marche bien dans des situations comme le XIXe siècle où on colonise des continents entiers. Pourquoi ? Parce qu’on va en déloger les personnes qui habitent là et qui, elles, n’ont pas utilisé cet environnement avec un rendement comme le nôtre. Tout cela explose : il y a une richesse créée énorme, et qui est partagée entre les propriétaires et ceux qui vont travailler là dessus. Ce système marche dans un système comme le nôtre, où les richesses, où la nature qu’on peut ponctionner diminue, où on utilise du non renouvelable, où on épuise les ressources. De plus en plus, les dividendes, la part qui va être payée, les intérêts qui vont être payés, vont être produits non pas par un partage de nouvelles richesses créées, mais simplement en déplaçant d’un côté à l’autre des ressources qui existent déjà. Et ce système, bien entendu, pousse à la croissance, puisque 82% de la nouvelle richesse créée va à 1% de la population. On épuise la nature d’une manière qui contribue uniquement à la concentration de la richesse, à ce que l’argent en place devienne de plus en plus concentré.

C’est très simple : j’avais fait une petite simulation informatique – c’est ce qu’on appelle la « simulation centrée sur agent » (j’ai oublié l’expression en français mais c’est comme ça qu’on dit en anglais), vous créez un programme, vous créez un certain nombre de petits personnages qui vont interagir selon des lois particulières, et vous faites l’expérience extrêmement simple : vous dites qu’il faut que chaque personnage s’arrange pour trouver des ressources de 100 à la fin de l’année. Et donc, vous créez vos personnages et certains ont 100 à leur disposition, d’autres ont 99 et d’autres ont 101, et vous faites tourner ça un certain temps et vous allez vous apercevoir très très rapidement que ceux qui avaient 99 disparaissent entièrement, ont perdu toutes leurs ressources très rapidement, et ceux qui avaient 101 sont devenus extrêmement riches. Pourquoi ? Parce qu’on permet simplement à celui qui a une ressource supplémentaire – parce qu’il a 101 – de le prêter à celui qui n’a que 99 à condition qu’on paye des dividendes, des intérêts – des coupons quand on parle d’obligations – et on va inéluctablement vers la concentration de la richesse.

Pourquoi est-ce que ça s’arrête de temps en temps ? Eh bien, Thomas Piketty a bien montré cela : nous sommes dans une situation très comparable à celle de 1914. Qu’est-ce qui a permis que le système reparte après 1918 ? La destruction énorme de richesse, non seulement en termes de destruction d’êtres humains, pas seulement militaires mais aussi civiles, et énormes destructions. Les capitalistes, les détenteurs de ressources ont perdu énormément d’argent pendant la guerre de 14-18 – et on repart avec une situation paradoxalement plus saine. Plus saine, parce que moins de pression démographique – en ayant saigné la population des jeunes gens entre dix-huit et trente ans – et parce qu’on a détruit beaucoup de bâtiments qu’il faut reconstruire.

Quand on nous parle des trente glorieuses, on nous parle d’un miracle dont on ne détermine pas trop la nature, on met entre parenthèses les sommes énormes distribuées par les Américains sous forme du plan Marshall qui n’étaient pas des prêts, c’étaient des dons, mais c’étaient des dons bien entendu assortis à une allégeance d’ordre politique à l’intérieur du « monde libre » entre guillemets – je ne veux pas dire qu’il n’est pas libre mais c’est comme ça qu’on l’appelait par rapport au monde soviétique – Et pourquoi est ce qu’on travaillait tous ? Pourquoi est-ce qu’il y avait tant d’argent qui était créé ? Parce que c’était de la reconstruction ! Quand ont fait de la reconstruction, on devient extrêmement riche mais ça finit par se terminer, on finit par avoir tout reconstruit – et ça a été le cas quand on est arrivé à la crise du pétrole du milieu des années 1970. On oublie que les êtres humains vivent dans des systèmes physiques, qu’il y a des limites à cela, qu’il y a ce qu’on appelle la capacité de charge d’une espèce, et si on dépasse la capacité de charge de notre propre environnement, eh bien, que nous soyons riche et en bonne santé, tout ça n’a aucun impact. Là, le rideau tombe : c’est la fin de partie.

Alors, voilà. Ça, c’est un petit portrait rapide de la situation dans laquelle nous sommes, et des limites que cela pose. Je suggère qu’on passe maintenant la parole à la salle, avec une toute petite description, quand même, du système capitaliste et des difficultés que ça représente pour nous, et en particulier que c’est un système qui n’est pas soutenable : c’est un système qui va de crise en crise, et ces crises ne sont pas des alternances, ce ne sont pas des simples cycles, ce sont toujours des crises absolument dramatiques, et le fait que nous nous en soyons toujours sortis, c’est parce que nous sommes un animal extrêmement inventif. Mais nous n’avons jamais retrouvé les mêmes solutions. Nous avons toujours dû, chaque fois, à la sortie de ces crises énormes du capitalisme, mettre toute notre réflexion au service d’essayer de trouver autre chose. Il n’y a pas là-dedans de cycle : ce sont des catastrophes et nous y avons toujours survécu, mais ça ne représente aucune garantie que nous y survivrons la prochaine fois.

(à suivre…)

 

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6 réflexions sur « Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (IV) Qu’est-ce que le capitalisme et pourquoi faut-il s’en débarrasser ? »

  1. Le système soviétique, sans propriété privée des moyens de production,
    a produit les mêmes catastrophes environnementales que le « monde libre ».
    Est-ce bien le capitalisme qui est en cause ?
    Le bolide n’est-il pas inhérent à la trop grande quantité d’utilisation des énergies carbonées
    quel que soit le système socio-économique ?

    1. Le système soit-disant soviétique de l’URSS (que certains considéraient plutôt comme un capitalisme d’état) avait pour but, comme le système des sociétés capitalistes dites avancées, l’exploitation la plus intense possible des ressources disponibles. Comme il ne tenait pas compte de ce que ces ressources sont limitées et ne tenait pas compte de ce que que cette exploitation a souvent des effets catastrophiques sur l’environnement, il n’est pas surprenant qu’il ait provoqué le même genre de désastres.

      1. Vous abondez dans mon sens.
        Propriété privée des moyens de production ou pas ce qui est en cause c’est l’exploitation intense des ressources, mais pas de n’importes quelles ressources.
        Vous pouvez équiper de moulins tous les cours d’eau de la planète vous n’émettrez pas de CO² pourvu que les moulins ne nécessitent pas d’énergie carbonée pour leur construction.
        Le capitalisme par nature concentre la richesse mais sans pétrole, charbon et gaz il lui serait impossible de détraquer le climat.

  2. Bonjour le blog,
    Le métayage sert ou à servi à faire le boulot de la terre en échange d’un toit. Le métayer contraint de donner une part au propriétaire des terres en échange d’un toit c’est à dire les 3/4 de la production pour avoir un toit pour se loger.
    Je pense que le modèle soviétique était de produire pour l’État dans des conditions pas toujours très nettes.

  3. Je me suis un peu arrêté sur l’explication de l’origine du capitalisme par le métayage non pas que j’aie l’intention d’en contester le bien-fondé mais plutôt pour regretter qu’il soit dit sans précaution au sujet du métayage « on le trouve pratiquement partout à la surface de la Terre ».

    Il faut craindre que l’absence de précaution contribue à ‘naturaliser’ le métayage, ce qui risque malheureusement de donner un peu de consistance aux présupposés des ‘sciences économique’. Ce serait d’autant plus dommageable qu’il y a de nombreux endroits sur la terre (je connais bien au moins un de ces endroits) ou n’existait et n’existe toujours pas le métayage.

    En effet, il y a encore en 2019 et au grand désespoir d’Etats désolés de ne pas être de bons élèves des institutions internationales, des contrées (et ce n’est pas au fin fond d’une jungle) où se pratique une possession ‘souple’ (on dit parfois communautaire) des terres : telle partie de la compagne est habituellement travaillée par telle lignée et si l’on a besoin d’une parcelle il faut s’adresser généralement à la dernière personne qui a occupé la place. L’usage est que le demandeur obtient de travailler la parcelle si aucun descendant de la lignée n’avait envisagé de l’occuper.

    Mais surtout, et c’est le plus important à relever dans sujet qui nous occupe, il ne viendrait à l’esprit à personne d’avancer : « cette terre m’appartient, je n’ai pas besoin de la travailler et peux donc vous autoriser à le faire à la condition expresse de me réserver une partie de votre récolte » ! La personne serait immédiatement considérée comme possédée par les mauvais esprits… J’ai raconté ça dans une soirée à un géomètre qui n’en revenait pas qu’il puisse exister sur notre terre des endroits non cadastrés, qu’un Etat viable puisse s’accommoder de situations de non possession au sens du droit romain!

    Il me semble pourtant que c’est essentiel, pour faire envisager une autre forme de lien à la terre (ou au capital) de (re)mettre en lumière l’absence du système de métayage dans de nombreux endroits sur la terre ! L’on éviterait ainsi de laisser penser que le réalisme c’est notre pratique (somme toute très récente) de la propriété privée et que l’utilisation sans accaparement (sans doute une pratique plus ancienne) serait de l’ordre d’une utopie.

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