29 réflexions sur « Cette splendide tradition de savoir se fâcher quand il serait indécent de faire autrement »

    1. Mais aussi, pourquoi avons-nous peur, aujourd’hui et plus encore qu’hier, d’un raté imprévu ?
      Craindrions-nous de découvrir que derrière l’imprévu se cache une « perfection » qui nous échappe encore et encore… Et cette perfection a un nom ?

  1. Je viens de publier ceci sur ma page fb où je compte quelques ‘amis’ capitalistes (personne n’est parfait !) puis en y repensant je me suis dis que le propos, quoique destiné à des anti-capitalistes ultra majoritaires sur ce blog, y aura sans doute sa place.

    Amis capitalistes, vous croyez vraiment que ce sont les grandes entreprises, le marché laissé à lui-même, qui vont sauver l’humanité de la catastrophe ? Ces entreprises dirigées comme des machines de guerre ne sont-elles pas plus le problème que la solution ?
    N’est-il pas temps de remettre l’humain au poste de commandement ? C’est une folie de croire que les impératifs financiers à court terme qui les gouvernent sont une bonne chose. Je vous le dis, ces gens qui nous gouvernent et relaient les intérêts de ces intérêts financiers sont des criminels.
    On s’offusque parce qu’un ultra jaune casse une vitrine. Mais on entend un grand silence quand il s’agit de dénoncer les écocides.

      1. Voici la version française du communiqué de presse de la plateforme internationale sur la biodiversité IPBES https://www.ipbes.net/news/Media-Release-Global-Assessment-Fr

        Le « résumé à l’intention des décideurs » (RID) en 40 pages – sachant que le rapport complet fera 1 500 pages – est disponible ici https://www.dropbox.com/sh/yd8l2v0u4jqptp3/AACpraYjOYWpTxAFv5H-2vrKa/1%20Global%20Assessment%20Summary%20for%20Policymakers?dl=0&subfolder_nav_tracking=1
        (je n’ai pas encore eu le temps de me le palucher)

        Quelques points saillants du communiqué de presse :
        – Le taux d’extinction des espèces est « sans précédent » et il s’accélère
        – Environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité
        – Il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial
        – Des « changements transformateurs» sont nécessaires pour restaurer et protéger la nature
        – Par sa nature même, un changement transformateur peut susciter une opposition de la part de ceux qui ont des intérêts attachés au statu quo
        – Les principaux facteurs indirects [de la dégradation de la nature] comprennent l’augmentation de la population et de la consommation par habitant ; l’innovation technologique, dont les dommages causés à la nature ont diminué dans certains cas tandis qu’ils ont augmenté dans d’autres; et, de manière critique, les questions de gouvernance et de responsabilité
        – La dégradation des sols a réduit de 23 % la productivité de l’ensemble de la surface terrestre mondiale
        – La pollution par les plastiques a été multipliée par dix depuis 1980 ; environ 300-400 millions de tonnes de métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets issus des sites industriels sont déversés chaque année dans les eaux du monde, et les engrais qui arrivent dans les écosystèmes côtiers ont produit plus de 400 « zones mortes» dans les océans
        – Les tendances négatives de la nature continueront jusqu’en 2050 et au-delà, dans tous les scénarios politiques explorés dans le rapport, sauf dans ceux qui proposent un changement transformateur
        – En vue de créer une économie mondiale durable, l’évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux a été identifiée comme un élément clé des politiques futures plus durables. Elle s’éloigne du paradigme actuel trop limité de la croissance économique

      2. Ce rapport mériterait une discussion sur un fil autre que ce billet dont ce n’est pas le sujet.
        Juste une remarque:

        « Au moins un quart de la superficie terrestre mondiale est détenu traditionnellement, géré, exploité et occupé par les peuples autochtones »
        Le gros céréalier du Bassin Parisien en open field qui est là de générations en générations depuis plusieurs siècles, il est considéré comme « autochtone » ?

      3. @ Arkao (et PYD)
        Pour faire pendant au concept d’auto »chtone », on pourrait parler d' »autochrème » au sens de la chrématistique aristotélicienne.
        C’est l’héritage (« auto ») qui laisse les céréaliers du bassin parisien en place, et qui leur permet d’exploiter un sol proche de la mort biologique (peu de C dedans, jamais croisé de lombric au bords de leurs km² de blé, et le gros de l’apport de N est « par-dessus » : engrais pour faire de nous des bons azo-cyborgs).

        Le directive Bolkenstein (vous vous souvenez ?) concernait, elle, les « allochrèmes ». Non mais allo quoi.

    1. Assurément Arkao
      Ceci dit, je pense que cette question est trop importante pour être réservée à une case dédiée.
      La question de notre survie doit déborder de partout !
      Je suis rarement, jamais en fait d’accord avec le président Macron, mais quand celui-ci a relevé lors du débriefing de sa conférence de presse avec ses collaborateurs, que pas un journaliste n’a posé de question sur l’écologie, il a vu juste. Le manque d’impertinence est ce qui nous tue à petit feu.

      1. Bien entendu, aussi juste fut-elle, la remarque du président, n’en était pas moins cynique.
        Il sait très bien que les Hervé Kempf et autres Gaspard Glanz ne sont pas les bienvenus à l’Elysée.

      2. Ne pensez-vous pas au vu de la sélection draconienne en amont des éditorialistes invités que leur silence sur l’écologie était moins dû à leur manque d’impertinence individuelle qu’à une campagne collective de promotion du président de la république préfigurant justement son bon mot et lui donnant l’occasion de s’en émouvoir ?

        Ou de l’art macroniste de faire passer ses propres oublis et incompétences comme étant la faute aux autres, à tous les autres ; le dire et le faire savoir jusqu’au fin fond du royaume.

      3. Hervé,
        J’évoquai le cynisme mais je crois finalement que vous êtes encore plus proche de la vérité,
        comme l’indique la soudaine conversion à l’écologie du président et de sa tête de liste pour les européennes. D’abord ces derniers jours sa lecture du rapport sur la biodiversité dont il semblait découvrir la sombre réalité, comme si Hulot ne lui en avait jamais parlé, puis maintenant ce programme tout beau tout neuf : 1000 milliards pour l’écologie en Europe.
        https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/05/09/europeennes-lrm-met-en-avant-l-environnement-dans-son-programme_5459819_823448.html
        Malheureusement, connaissant les antécédents douteux en matière d’écologie et son double langage permanent théorisé par sa célèbre formule du « en même temps », il y a tout lieu de penser que c’est une vaste opération d’enfumage à visée électorale.
        Pourquoi n’a-t-il pas fait en France, pour donner l’exemple, ce qu’il propose de faire à l’échelle européenne !

        https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/05/09/europeennes-lrm-met-en-avant-l-environnement-dans-son-programme_5459819_823448.html

    2. « On s’offusque parce qu’un ultra jaune casse une vitrine. Mais on entend un grand silence quand il s’agit de dénoncer les écocides. »
      Silence émanant aussi des gilets jaunes, qui n’ont rien à faire de l’écologie: ils exigent du pouvoir d’ achat, des SUV, à 120kmh, des autoroutes gratuites, et des pièges à glu.
      Je rappelle:
      Destruction de nos ressources naturelles = Population multipliée par Consommation Moyenne de celles – ci.
      En abrégé:
      DES=POP*CoM.
      Tant qu’on niera la nuisance de la démographie (le Pape vient de déplorer le peu d’enfants en Bulgarie !) et du pouvoir d’achat (lire tous les programmes politiques, y compris rouge, rose ou vert) on foncera vers l’effondrement.

  2. Ne nous fâchons pas…

    Tout le monde connaît la sollicitude des USA envers les pays ne connaissant pas les joies de la Démocratie, dont, en particulier,celles du Libre Marché sans concurrence déloyale et avec un Égal Accès aux ressources naturelles de ces pays.

    Il y a quelques jours, dans ce but noble car désintéressé , les USA ont organisé [X], tenté[X], soutenu[X] un coup d’état au Vénézuela. La malchance ou l’incompétence crasses a voulu que ce coup échoue misérablement. (Les différents titres du Guardian annonçant successivement et progressivement cette échec témoignaient de la délicate attention de préserver la santé morale et les convictions (Démocratie, Libre Marché, Égal Accès) de ses lecteurs… Délicieux.)

    Donc, ça a raté lamentablement et les organisateurs US se sont répandus en lamentations publiques. Pour les détails de ces déclarations orales et écrites, voyez d’abord le Guardian et éventuellement le Monde. Ils ont fourni un remarquable travail éditorial entrant dans la catégorie sensible de «damage control» politique.

    Une journaliste impertinente, Caitlin Johnstone a décodé pour nous ces déclarations qui, comme bien l’on pense, procèdent de la sincérité d’un âne qui recule :

    « Je suis du côté du peuple vénézuélien  » = Je suis du côté de certaines personnes au Venezuela, en particulier de celles qui soutiennent les intérêts du gouvernement américain.

    “Président“ par intérim ” =Un type dont la plupart des Vénézuéliens n’avaient jamais entendu parler avant janvier de cette année.

    « Dictateur brutal » = dirigeant élu qui s’oppose aux diktats américains.

    « Usurpateur » = Le type qui dirige le pays.

    « Défi mené par l’opposition et soutenu par l’armée » = Coup d’Etat.

    « Le peuple vénézuélien meurt de faim » = Pétrole ! Pétrole ! Pétrole !

    « Toutes les options sont sur la table » = Une option est sur la table.

    « Soulèvement populaire » = Soulèvement impopulaire.

    « Militants de base » = Faisons comme si la CIA n’était pas en cause.

    « Liberté et démocratie » = contrôle américain des ressources pétrolières du Venezuela.

    « Aide humanitaire » = Prétexte à de nouvelles escalades.

    « Echec des politiques socialistes » = Incapacité à surmonter la guerre économique imposée par les USA.

    « Interférence étrangère » = Un allié du Venezuela qui soutient son allié.

    « Nous soutenons l’Assemblée nationale  » = ingérence étrangère.

    « La Constitution vénézuélienne » = Notre interprétation pratique de la Constitution vénézuélienne.

    « On ne peut pas rester les bras croisés et ne rien faire  » = Je n’ai rien appris depuis la guerre en Irak.

    « 54 pays reconnaissent le Guaido comme président » = 141 pays ne reconnaissent pas le Guaido comme président.

    « Troïka de la tyrannie » = le deuxième fantasme masturbatoire préféré de John Bolton.

    « Envoyé spécial au Venezuela » = criminel de guerre condamné.

    « La Doctrine Monroe » = Je pense que tous les pays de ce côté-ci de la planète sont ma propriété personnelle.

    « Operación Libertad » = Operación Libertad para el Petróleo de Venezuela.

    « Ferme ta gueule, salope. » = Point de discussion standard des responsables de la narration du coup d’Etat au Venezuela sur les médias sociaux.

    « Parlez aux Vénézuéliens » = Parlez aux Vénézuéliens plus riches, anglophones, qui disposent d’un temps libre abondant et d’un accès à Internet pour soutenir un coup d’Etat.

    « Tu aimes Maduro » = Je n’ai pas d’argument pour ton opposition à l’interventionnisme américain.

    « Tu n’es qu’un socialiste qui aime le socialisme » = Je n’ai pas d’argument.

    « Va vivre au Venezuela si tu aimes tant le socialisme » = Je n’ai pas d’argument.

    « Maduro est en train de tuer son propre peuple » = Ouais, j’invente juste des conneries maintenant.

    « Maduro refuse de laisser entrer l’aide » = Je crois tout ce que dit la télé.

    « Trump libère le peuple vénézuélien » = Je crois tout ce que dit QAnon.

    « Cette intervention américaine de changement de régime sera différente » = J’ai remplacé mon cerveau par de la crème à raser.

    ( d’après https://caitlinjohnstone.com/2019/05/04/venezuela-establishment-talking-points-translation-key/)

    Néanmoins y’a comme un manque fondamental, une lacune inexplicable. On sait, par exemple, que l’avion chinois mystérieusement atterri dans la zone avec ses 110 spécialistes Internet et autres trucs en automatismes industriels, production/distribution électrique ( et sans doute réseau courant fort) était une fausse information. Mais l’autre, -oui, l' »autre », précisément-, y était, sûr, dans le coup, ou contre coup, ou mieux avant coup, comme à Cuba…

    [X]= Restons courtois. Il serait déraisonnable de rayer un des mots marqués par cette croix.

    1. @ Daniel,
      J’annonce la couleur : j’admire énormément Juan Guaidó pour son immense courage et sa détermination, je hais profondément Maduro, un dictateur sans principe et pire de la plus grande hypocrisie puisqu’il salit les noms de Bolivar et le socialisme) et je souhaite la victoire définitive du premier sur le second.
      Le pauvre peuple vénézuélien est pris en otage par une mafia prédatrice qui a su acheter les dirigeants de l’armée : méthode efficace que l’on retrouve en Iran ou en Algérie. Pays qui subissent la malédiction du pétrole et dont les situations sont comparables et avec les mêmes immenses révoltes populaires, violemment réprimée en Iran mais potentiellement gagnante en Algérie. Malheureusement Maduro est soutenu par deux ordures de première grandeur : Trump et Bolsonaro.
      Alors effectivement nous pouvons à notre tour être pris en otage. La gauche a un réflexe pavlovien immonde : ne pas soutenir les opposants à Maduro car Maduro est dans le viseur de Trump ─ on rejoue l’anti-impérialisme yankee : tout qui est contre les USA est positif ! J’ai été évidemment effondré lors du putsch de Pinochet organisé par la CIA et je ne nierai jamais ça : ce pouvoir impérialiste dont à moindre échelle nous subissons aussi les effets.
      La question n’est pas là.
      Comment être solidaire des « bolivariens » ? comme Mélenchon et la FI qui soutiennent (ont soutenu ??) ce régime qui a mis tout un pays dans la pire misère ; des millions de Vénézuéliens ont fui et ceux qui restent crèvent de misère (sauf on l’a vu une toute petite minorité !).
      Alors je vous le dis, Daniel, votre commentaire m’est insupportable, votre liste débile, mais ça illustre au moins une des raisons de l’implosion de la gauche en France.
      Je suis vieux et je me souviens de Marchais (et du PCF) qui soutenait l’invasion soviétique en Afghanistan (contre le féodalisme !) : notre France révolutionnaire de 1789, 1848 et 1870 prise en otage par ces gens-là, toujours à se vautrer dans des modèles insurpassables venus de la Russie soviétique, de la Chine maoïste ou même des Khmers rouges !

      Nous n’avons pas besoin de modèles étrangers ! Nous devrions être à nouveau, non un modèle, mais un exemple pour le monde.

      J’en ai assez et je voulais le dire : à mon tour de me fâcher quand je ne peux pas faire autrement.

      1. Ouais, ça se tient.
        Je pourrais presque y adhérer avec ces corrections:

        1- J’ignore presque tout du Venezuela, tout de Maduro et encore plus de Guaido. Je sais que ma haine (supposée) ne mènerait à rien. Votre détestation déclarée ne mènera à rien et vous devriez le savoir. Il nous faut absolument déclarer la paix envers ceux sur lesquels nous ne pouvons pas agir; ou bien y aller et s’engager.

        2- Je ne crois pas légitime l’action des USA dans la diffusion de la démocratie. Depuis le Vietnam et l’Irak (mais y’en a d’autres) elle a un très mauvais dossier en matière d’intelligence et d’efficacité. Les bombes ou les coups d’Etat avec violence, ça ne marche pas. Je le redis encore une fois: les bombes disqualifient celui qui les emploie. La Démocratie est une technologie délicate qui doit s’adapter à chaque culture. Il n’est pas en notre pouvoir d’accélérer le temps. Tout ce qui est fait qui ne respecte pas le temps est voué à l’échec. Nous avons mis environ 2 siècles pour construire notre démocratie, avec d’énormes retours en arrière pour être modeste sur ce point.
        En tant que pays nous pouvons néanmoins agir par l’aide compréhensive sous toutes ses formes. Si en 1945-46 nous avions tendu une main secourable au Viet Minh au lieu de le combattre, peut-être le Vietnam serait-il libre et pas ce fossile impérialo-marxiste qu’il est depuis 72 ans. Et la compréhension nous aurait coûté infiniment moins cher que cette guerre inexpiable de 10 ans à 12000 km de la métropole.
        L’action des USA envers un système politique déplaisant procède depuis 30 ans par des sanctions. Or, ces sanctions font souffrir le peuple qui a la malchance d’avoir à sa tête un incapable déplaisant. L’incapable et sa camarilla peuvent se protéger des sanctions, le peuple, non et il en souffre plein pot. ( 500000 enfants Irakiens morts 10 ans de sanction). L’objectif des USA est un soulèvement du peuple. Cela n’est jamais arrivé car le peuple n’est pas idiot. C’est très semblable aux bombardements aériens des villes allemandes entre 1943 et 1945. Le résultat a été souder le peuple à la clique nazie. Un historien a trouvé la raison: comme on ne peut pas capituler devant un avion et ses bombes, on se tourne vers les chefs. Des trésors culturels, qui valaient bien Notre-Dame, ont été engloutis dans des flammes, avec 600000 morts quand même. Sanctions= bombes. Inefficaces, si l’expérience doit servir.
        L’Iran est un laboratoire en matière de sanctions et d’actions ‘couvertes’. Des manifs revendicatives importantes ont lieu. Elles sont centrées sur des sujets précis mais pour l’instant, ne remettent pas en cause la théocratie chiite.

        3- C’est la seconde tentative ratée (salopée) de coup d’Etat US envers le Vénézuela pour la période récente. Ça leur cause? Ça vous cause?
        Moi, j’en conclus qu’au sud du Rio Grande, le peuple -une bonne partie, du moins- fait la chaine autour de ses dirigeants dès que les USA leur montrent les dents. Après tout, un tueur local limité dans ses moyens est préférable à un géant effrayant par ses ressources inépuisables en matière de violence et sa maladresse. Chais pas, je peux me tromper.

        3,5- Si les USA ont une ligne conduite claire le prochain objectif à démocratiser sera l’Arabie Saoudite ou la Turquie. En effet… Nan, j’déconne!

        4- Mon info concerne surtout le ‘travail’ journalistique, ses orientations, partis-pris et ses lacunes. Le Vénézuela n’est qu’un cas concret en support de ce que je crois: les journalistes qui couvrent ces affaires sont des agents d’influence ou sous influence.

        5-Chuis déçu, encore une fois. Ma discrète allusion à Poutine est encore passé inaperçue. Et pourtant, tout se passe comme s’il avait prévu le coup et engagé les USA dans un piège, tout comme (moins, en fait parce que la civilisation est passé par là) la baie des cochons a été un piège (à 2 niveaux) tendu aux troupeaux de la CIA.
        Bref, Poutine est encore coupable. Ça manquait.

      2. J’espère que vous me pardonnerez toutes ces fautes et maladresses.
        Si j’avais pris le temps de réfléchir, le texte serait différent. Le sens général, sans doute non.

      3. @ Daniel,
        Je n’ai rien à pardonner, c’est un libre forum et je vous respecte. En un sens vous m’avez aidé à clarifier un peu l’état de mes pensées sur un sujet particulier.
        Pourquoi ne pas continuer brièvement ce qui pourrait être un dialogue de sourd ?

        1 – Vous dites ignorer tout du Venezuela et on peut dire que j’en sais probablement trop peu, je l’admets. Mais cet argument devrait aussi vous empêcher d’être si catégorique. Avec le recul dû à mon âge, je sais que finalement on a toujours eu suffisamment d’infos et que les rideaux de fumées idéologiques n’auraient jamais dû faire obstacle aux vérités des situations locales. Par ex. Simon Leys a tout dit sur la chine de Mao alors que des gens comme Ph. Sollers se vautraient dans le maoïsme…

        2 & 3 – toujours la même antienne : les USA sont à la manœuvre : les peuples ne se révoltent jamais d’eux-même, trop bêtes. Argument à la Bouteflika ou également celui des Ayatollahs iraniens.
        Quand vous dites que les Iraniens ne manifestent pas contre la théocratie chiite, j’espère qu’aucun d’eux ne vous lit. Pensez-vous que dans le paradis de la RDA de Honecker les gens auraient manifesté pour soutenir l’impérialisme américain en raison de cette influence ? Lisez les témoignages sur les oppressions dans des dictatures totalitaires : vous verrez les marges de manœuvre, dans la rue…
        En particulier les jeunes Iraniens et Iraniennes (ces jeunes femmes qui ont osé enlever leur tchador par ex. dans la rue), qui sont opprimés à un point extrême par une bigoterie répressive, spécialement dans leur liberté sexuelle, une des plus belles libertés. Je parie que le jour où ce régime implosera, ce pays évoluera bien loin de toute religion… Vacciné ?
        En résumé, je pense qu’il est tout à fait possible de pouvoir se faire une opinion et je me contrefous de Poutine et Trump et ce genre de considérations stratégiques style café du commerce.

        Bon sang : essayez d’avoir de l’empathie pour les Vénézuéliens ! Ne ramenez pas tout à des complots de journalistes. Les témoignages sont innombrables comme l’étaient ceux qui arrivaient à fuir toutes les dictatures. Enfin comment dire que c’est la faute des Américains si toute l’économie de ce pays est démolie !
        Mon énervement c’était aussi provoqué par un genre de souvenirs. Le Goulag = propagande de la CIA. Sartre parmi d’autres crétins super intelligents a définitivement sali son nom par son attitude infecte. Mais ils étaient si nombreux ces gens confortablement assis dans leurs cafés qui faisaient la morale. Je pourrais continuer longtemps … Il suffit de se souvenir de l’affaire Kravtchenko :
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Viktor_Kravtchenko_(transfuge)

        Quant à la baie de cochons, oui, une grande saloperie à l’époque et j’ai toujours de l’admiration pour les Barbudos et ce Fidel des débuts, mais le régime cubain a finalement trahi ses idéaux révolutionnaires et on retrouve là encore une nomenklatura accrochée à ses privilèges.

        Je crois que l’on ne s’en sortira jamais.

      4. @Jacques Seignan (6/5 à 23h19)

        Votre premier paragraphe du point intitulé  » 2 & 3  » (que je découvre avec retard..) est un vrai bijou… °(^!^)°…

  3. A mon tour de dire que j’apprécie ce fil.

    Les coups de gueule lorsqu’ils ont cette pertinence, que chacun va jusqu’au bout de son argumentation, ont du bon.

    C’est ce qui me fait regretter, très amèrement, que MM Faure et Glucksmann ont répondu par une fin de non recevoir à la proposition de Paul Jorion d’apporter son énergie et son savoir pour défendre la cause européenne, et au delà la cause de l’ humanité.

    J’espère que Paul Jorion un jour écrira ses mémoires pour nous en dire un peu plus des conversations qu’il a eues avec ces serviteurs du socialisme à la petite semaine. Car je suis perplexe, comment expliquer une telle cécité de leur part ? On a tout dit des choses sur les retours d’ascenseur, mais cela me laisse sur ma faim, je ne parviens pas à m’expliquer que des gens aussi intelligents (?) soient incapables de faire le simple constat que la gauche restera dans une impasse tant qu’elle ne s’unira pas et tant que les ex partis sociaux démocrates n’auront opéré leur mue anti-capitaliste.

    En fait non, ils ne sont pas intelligents, ils sont complètement idiots. Et c’est le drame que nous vivons, les plus compétents, les plus désintéressés ne parviennent pas au sommet des organisations politiques et syndicales.

    Il ne nous reste plus que la rue.

    1. @ Johan Leestemaker, je ne comprends pas très bien votre commentaire. Je fais sans doute partie des mal-comprenants.
      A moins que vous vouliez passer un autre message lié à vos idées sur les Français et leurs révolutions ?

      1. @ Johan Leestemaker,
        Je me doutais un peu du sens de votre commentaire. Vous avez raison et il ne faut surtout pas oublier ces exemples mais selon moi tous les peuples ont eu leur apport dans les progrès de l’humanité, pas plus les Français que les autres.
        Au fait je ne vois pas du tout l’intérêt d’utiliser l’écriture inclusive dans ce cas. Quand on parle de la Guerre de Cent ans entre les Anglais et les Français, ça apporterait quoi que de parler de la Guerre de Cent ans entre les Français.e.s et les Anglais.e.s ?
        En réalité je soupçonne que ça permet, comme un alibi type politically correct, de tenir des discours centrés sur un ethnicisme déplaisant, qui peut toujours tourner à la xénophobie.
        Un membre de ma famille est Néerlandais et un jour il recommençait à parler des exactions espagnoles en Amérique, je lui ai dit un mot sur la colonie qui est aujourd’hui l’Indonésie : nos chers Bataves ont été aussi féroces pour établir leur pouvoir que les Conquistadors mais, eux, ils ont su se faire oublier…
        Les peuples n’ont pas de qualités essentielles mais contingentes et dues à leur histoire, à leur géographie, aux interactions de tous avec tous : une forme d’auto-organisation. Vous qualifiez Napoléon d’ « italien » et cet exemple montre bien combien cela a peu de sens. L’Italie n’existait pas dans sa vie ; elle fut créée artificiellement au détriment du Sud des Deux-Siciles, dont les habitants subissent le mépris des gens du nord où beaucoup ont dû émigrer pour vivre (les Terroni). ( Je caricature à dessein car la chute des Bourbons était une libération.) Napoléon était Corse avant d’être Français et cette île aurait pu être la première démocratie européenne fondée sur les principes des Lumières : Pascal Paoli (1755-1769) est un homme admirable. Rapport de force à un instant donné pour fabriquer des États-nations : la Corse est un département ; le Luxembourg, un État souverain (et on le paie au prix cher … d’un paradis fiscal).
        J’aime donner un autre exemple : nos amis suédois (j’ai de la famille proche en Suède). Leur image actuelle est celle de gens calmes, civilisés, pacifiques. Le comte Axel de Fersen, petit copain de Marie-Antoinette qui organisa la fuite à Varennes, mourut atrocement lynché par la foule à Stockholm. Et toute l’Histoire de la Suède (comme celle de TOUS les pays) est une violente suite de guerres, civiles ou de conquêtes. Ah oui les gentils Suédois !
        Alors autant je maintiens que le peuple français (la France en étant une métonymie dans de ce cas) a eu de grands moments où il a inspiré les autres peuples dans le chemin de la Liberté et cela n’empêche pas de rappeler, comme vous le faites, d’autres apports magnifiques mais finalement moins spécifiques à mes yeux. Est-il besoin de développer sur le Printemps des peuples (de 1830 à 1848 et parti de Paris) ?

  4. @ Jacques Seignan

    Très souvent j’ai l’impression, assez forte, que pas mal des Français.e.s ne se rendent pas compte de la grande admiration, mondialement, que des innovations techniques, culturelles, créatives, sociales et économiques en France ont provoqué.

    Et cela concerne surtout des innovations qui, j’ai la forte impression, très souvent ont été ‘oubliées’, ou simplement ‘opprimées’ dans l’opinion publique.
    Une opinion publique qui est très marquée par l’activité féroce et permanente de la machinerie de la publicité capitaliste, qui fait presque oublier, que les activités de solidarité de démarchandisation (¨decommodification¨) en France ont des racines très fortes dans sa culture, dans sa tradition.

    Très bien illustrées par Paul Jorion dans sa thèse de doctorat sur les pêcheurs (et leurs familles) de l’isle de Houat et la formation des prix là-bas.

    Mes ‘exemples’ dans mon message antérieur, en étaient simplement des illustrations, mais avec un double fond : malgré le beau coté de ces exemples, le coté plus triste est l’oubli, la négligence, et, surtout, le charactère fragmentaire (en néerlandais, nous sommes un petit peu plus précis: nous disons: le charactère du ‘los zand’: du ‘sable détaché’..) de ces très belles illustrations de la solidarité humaine en France, et je le répète Jacques, admirées mondialement.

    Dans ce sens, et c’est mon impression décidée, les Francais.e.s souffrent un petit peu de sous-auto-estimation… parfois ‘masquée’ par une attitude qu’on appelle à l’étranger ‘arrogance’ mais qui en réalité n’est rien plus qu’une attitude de peur, de honte, de ne pas savoir comment s’exprimer: une surréaction psychologique, accentuant l’opposé de ce qu’on aimera exprimer véritablement.

    J’espère de vous avoir convaincu d’aimer profondément la culture populaire francaise, qui a mon avis a été kidnappée par l’italien Napo. Un kidnapping qui s’est enraciné comme un drame classique, une ‘structure’ dans les mots des danseurs et psychologues Albert et Diane Pesso, en France, qui, je le répète, masque une couche plus profonde, plus solide surtout de solidarité, nationale et internationale.

    J’en suis convaincu que c’est cette masquerade (le militarisme, le centralisme, la concentration de richesse, l’admiration de la consommation excessive etc) qui se trouve sous la loupe maintenant en France, et qui finalement sera démantelée. Malheureusement, cela se passe avec du bruit, des blessé.e.s et des morts.

    Mais c’est ainsi que les changements sociaux se produisent dans l’histoire de l’humanité.

    Notamment, des changements sociaux qui sont, relativement, retardés.

    Les Francais.e.s sortiront très fort.e.s de ces changements, et j’en suis absolument sûr que la solidaité classique de la culture francaise, y occupera une place centrale.

    Alors: aucune raison pour du pessimisme, ce qui est la même chose dite dans le sous-titre de ce blog.

  5. @ Jacques Seignan

    Merci pour votre réaction détaillée.

    Mes deux commentaires antérieurs, ne visaient pas de mettre un accent sur une ‘exclusivité’ des Francaises et des Francais dans le thème de l’innovation technique, scientifique ou social.

    Cela serait absurde, tenant compte des échanges permanents entre les populations en Europe et ailleurs, notamment à partir de la naissance cu capitalisme moderne (fin du 15-ème siècle).

    Une belle illustration du poids de ces échanges est, et uniquement: par exemple, l’histoire de Jean Calvin, son origine à Noyon (son papa, sa maman), son apprendissage des texte de Luther, et ensuite son exile en Suisse et, après son influence mondiale impressionante.

    (Paul Jorion a mentionné lui aussi l’influence de Luther à travers de sa maman.)

    Pourquoi, alors, j’ai voulu mentionner les contributions spécicifiques (dans les domaines de la technique, de la science, des coopératives de consommatrices et consommateurs) du coté des Francaises et des Francais?

    Je l’ai voulu faire pour donner un coup de main dans les efforts de, entre autres, Paul Jorion à la mobilisation d’une force UNIFiÉE du progrès en France. Un coup de main rappellant à la mémoire tous ces efforts en France des gens de bonne volonté, creusée ou bien par la droite (la réaction réactionnaire dans toutes ces formes depuis la chute de Napo), ou bien par la ‘gauche’.
    Uhmmm, gauche?
    (Marx + Engels, et après l’agent allemand M. Lénin, suivi par la fin logique de la ‘pensée’ dans la chaîne marxiste, M. Stalin.)

    La France, alors, a quelque chose a DIRE, Jacques, j’en suis convaincu, parceque, Robert Owen, ou Eduard Pfeiffer et Friedrich Raiffeisen, ou Axel Gjöres, ou, ici en Colombie, Francisco Luis Jimenez, n’étaient pas les seuls.
    Il y avait de milliers d’autres femmes et hommes, courageuses.x, comme Charles Gide, Charles Fourrier, et, au Québec, Alphonse Desjardins

    Paul Jorion en a parlé et écrit souvent, mais ce qui me frappe est le manque d’une réponse massive en France.

    Il me paraît crucial que partout, et alors, aussi en France, le mouvement coopératif des consommatrices et consommateurs sera réactivé, sera bien ré-capitalisé et servira comme base commune d’un changement profond de nos sociétés.
    Dans lesquelles l’identification et l’élargissement et l’élaboration démocratique et transparente des machines pour casser les concentrations des richesses privées, aussi comme préalable inconditionnelle dans une lutte effective contre la disparition de 1.000.000 d’espèces, comme nous enseigne l’ONU de nos jours.

    Alors, mes mots ne veulent pas du tout cacher tout ce qui est ou a été faux dans le passé (et vous en avez donné des bons exemples), mais vise à rémobiliser ce qui est et a été bon.

    Le peuple francais y joue un rôle éminent. C’est cela ma conviction.

      1. @ Johan Leestemaker,
        Pour ma part je ne peux tirer, comme Français, aucune gloire de Jean Chauvin, dit Calvin. Plutôt une très grande honte !
        Ce fut un sombre et sinistre fanatique. Comment oublier qu’il fit brûler vif et dans d’atroces souffrances, l’admirable Michel Servet, un Espagnol qui devint Français, dont nous pouvons être fiers, comme Européens !
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Servet

        Quant à l’autre fondateur, Martin Luther, est-il si recommandable ? Quand les paysans du St-Empire germanique se révoltèrent, il approuva la répression (lire par ex. le beau livre d’Éric Vuillard, « La Guerre des pauvres » (Actes Sud). Il haïssait les Juifs. L’intelligentzia française a un grand défaut : elle ne lit pas souvent en langue originale ce qui explique sans doute cette pudeur sur l’antisémitisme de Luther. De même elle a suivi en bêlant le philosophe nazi Martin Heidegger et ça fait plus de 30 ans que tout est connu : il a fallu en arriver à la dernière publication des Carnets. Pareil pour les écrits de Luther.

        En résumé, la Réforme, ce n’est ni mieux ni pire que le Catholicisme mais on sait maintenant avec le recul que souvent son triomphe mit une chape de plomb sur les sociétés dites calviniste ou même luthériennes. En religion, il n’y a pas de progrès presque par définition et les retours aux sources sont parfois pires (cf. les wahhabites). Le film de Bergman « Fanny & Alexandre » en montre magnifiquement les ressorts : le mal est dans le blanc ; le bien dans le noir (des apparences).
        Le pire étant que plus les gens se sentent parés de vertu et plus ils aiment répandre le « bien », bon gré ou mal gré. L’Évangélisme (ou d’autres sectes réformées) sont des ultimes avatars néfastes du Protestantisme. Ce n’est pas glorieux.

  6. @ Jacques Seignan

    Cher Jacques !

    Je suis vraiment triste de voir que je ne suis pas en mesure de vous transmettre la substance de mon message. Apparemment Paul Jorion n’a pas réussi non plus, quand il a écrit sur le rôle essentiel de sa mère et le souvenir d’elle dans son travail.
    Il en va de même pour moi.

    Néanmoins: bien à vous. JL

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.