Le petit micron et moi

Tu es là devant moi sur la table du jardin, petit micron, juste en-dessous du journal que je suis en train de lire. Tu avances rapidement vers la droite. Tu t’arrêtes. Tu te ravises. Tu pars vers la gauche. Pour t’arrêter aussitôt : non, c’était bien vers la droite que tu entendais aller. Et tu repars. Qu’est-ce qui peut bien motiver tes brusques changements d’avis ?

Tu es trop petit (1 mm ?) pour que je devine même ce que tu es. Une minuscule araignée ? Difficile à dire ! La différence entre nous (toi qui vaques à tes affaires, et moi qui t’observe), c’est que je pourrais t’effacer de la surface du globe d’une simple pression du doigt. Pour que je disparaisse moi, là assis dans mon jardin, à l’heure où le soleil se couche, il faudrait une météorite d’un demi-kilo (je viens d’aller vérifier). C’est bien la seule différence que je voie entre toi et moi.

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