Questions de vie quotidienne (épisode XIV) : les packs

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Je vais faire le plein de boissons. Je saisis sur le rayon un pack d’eau minérale (oui je sais, mais l’eau du robinet ne pétille pas – du moins pas dans ma région) : 6 litres collés ensemble par un film de plastique. Première tentative, une bouteille s’échappe du pack, cinq survivent. Deuxième tentative, moins bien : deux s’échappent, quatre restent sagement en place. Je me rabats sur la marque concurrente : le plastique semble plus épais. Hourrah ! ça tient.

Maintenant la bière. Aargh ! Il n’y a plus de ma marque favorite qu’un pack de 24 bouteilles de 25 cl (± 6 kg – j’ai été à l’école à l’époque où l’expression « calcul mental » était encore comprise par une partie importante de la population). Je recommande mon âme à saint Antoine de Padoue, patron des perdus, avant de saisir l’étroite lanière simplement découpée dans le fin carton et, miracle, cette fois-ci ça tient la distance entre le caddy et le coffre de la voiture.

Question : qui fait le calcul de résistance des matériaux et pourquoi prend-on le risque qu’il soit ric-rac, à la limite du supportable ?

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17 réflexions sur « Questions de vie quotidienne (épisode XIV) : les packs »

  1. Il doit y avoir un rapport de marge commerciale dans le produit pour le producteur : 6 kg d’eau combien de marge ? – 6 kg de bière combien de marge ?
    Pour le moins rentable, hop, un film thermorétractable, procédé quasi instantané sur la chaine de conditionnement et peanuts comme coût, si ce n’est des millions de tonnes de films plastiques dérivant sur la planète…
    Pour le buveur de bière qui est prêt à mettre le prix pour SA marque préférée, il mettra bien quelques cents de plus sans le savoir pour un beau carton imprimé-découpé-collé avec un beau logo « recycling » dessus pour le caresser dans le sens du poil …
    Il faut que ça tienne jusque dans le caddie du client ( parfois pas …), ensuite, la débâcle, sur le parking ou dans le coffre de la voiture est à gérer par le client !
    Freddy Krueger et Wolverine ont aussi des problèmes avec les packs !

  2. C’est un commentaire décalé parce que je ne suis pas dans le sujet du ‘pack’ – mais je l’écris là où je tombe, en suivant vos youtubes aux commentaires désactivés et sur le point d’acheter vos trois livres avant de constater qu’ils ne sont pas en pdf libre – ( j’emploie les deux modes à la fois quand je me mets ‘à la page’ et toujours avec une main du don des deux ) passons.. si nous n’avons pas le même sens de la mutation de l’économie tenons-nous à l’anthropologie et la psychanalyse. Vous attendez une masse critique, moi aussi mais dans le sens où Dali a parlé de paranoïa « critique » – c’est cela que la masse, de mon point de vue, doit atteindre. Un peu comme si c’était le prix, ce n’est pas une question de volume (mais sa matière première). Ainsi donc je vous entends bien, à ma manière et je me suis aussi beaucoup renseigné avec PK.Dick de même que je ne l’ai pas attendu pour avoir seul, original et jeune, découvert et porté jusqu’ici une solution. Bon, il fallait que je vous le dise ; vos livres sont les 400.000ems d’Amazon, moi je dois être le 40millionième de la culture française, tout gratuit, tout accessible. Ce qui n’a pas empêché à la Bib.Municipale de NYC d’avoir en rayon deux de mes livres, l’un sur la psychohistoire ‘réelle’ et l’autre « pour une intelligence pratique du marxisme ». Je partage votre connaissance du problème d’avoir beaucoup de choses à dire, claires dans le brouillard ; et je le redis : la psychologie des foules peut, et peut-être doit, arriver à une masse ‘critique’ dans le sens sus-dit ; bien d’autres choses encore mais ça d’abord. Cordial, DWT

  3. @Paul Jorion

    Je vis dans la même région que vous et je n’achète plus d’eau minérale (pétillante ou non) depuis plusieurs années. Il existe des dispositifs de gazéification de l’eau disponibles à peu près dans toutes les grandes surfaces, l’outil en lui même coûte entre 50 et 100 euros (à la louche), les recharges de gaz entre 10 et 15 euros, une recharge permet de produire environ 60 litres d’eau pétillante (ou de sodas divers et variés si ça vous amuse), la solidité des bouteilles (en plastique) est garantie pour quelques années (2-3 ans). Le gout [eau du robinet + gaz carbonique] n’est pas forcément très agréable au début, mais on s’y habitue très vite. Là où nous vivons, il y aurait peut-être un test chimique ou deux à faire sur l’acidité d’une eau ainsi produite m’enfin bon, entre ça ou périr sous des avalanches de plastiques, le choix ne m’a pas paru très compliqué…

  4. Dans l’analyse du gâchis faite par ces scientifiques
    https://www.mdpi.com/2071-1050/7/6/6457/pdf
    « Consumer-Related Food Waste: Causes and Potential for Action », très cité, de Jessica Aschemann-Witzel et al., vient la constatation de la relative facilité de bouger les normes « normality seems rather relative and easy to shift », même si le moment où c’est dit concerne les patates abîmés plus que les emballages limite foireux.

    « With regard to retailers, a large number of suggestions were discussed, and it was argued that the
    current activities of retailers are both driven by increased efficiency (through increased sales or avoiding
    costly disposal), as well as fear of reputational damage, or seeking positive image effects or brand value.
    Interestingly, both in the U.K. and in Sweden, it was mentioned that there had been years in which the
    harvest of potatoes or apples respectively “failed” compared to the usual standard of appearance of the
    produce, but consumers bought them anyway; thus, normality seems rather relative and easy to shift.
    Therefore, retailers ought to relax cosmetic standards, also towards their suppliers and importers.
    Moreover, retailers, for their private label products or in interaction with producers, can work on
    packaging functions and related innovations, adapting packaging and sizes to the consumer group in
    question and increasing the shelf-life of foods.
    Retailers ought not to “blame” the consumer for wastage in-store, but incentivize the purchase of
    suboptimal food by lowering prices or by selling it in separate classes.

    Ceci dit, je pense que le consommateur de supermarché n’est pas mécontent, sur un produit ultra-récurrent (eau, papiers hygiénique, couches-culottes), de se dire qu’il développe une « compétence », en sachant choisir du premier coup d’oeil le bon paquet dans le rayon, celui qui ne cassera pas, on se sent négociateur d’un dérivatif local certes très pâle de ce carburant humain qu’est l’empathie et la négociation qui va avec, comme a pu le dire Montaigne, le « commerce des hommes ». Sennett aussi le dirait mieux que moi. Les différences de prix sont suffisantes entre marques (>0,5 euros sur 6 bouteilles) pour compenser le « risque de galère ».

    Sinon, ce n’est pas la faute à Voltaire ni à Rousseau, mais [pour le fun] à la Lituanie:
    Le seul article un peu ciblé sur la résistance du package est un obscur papier lituanien cité 3 malheureuses fois :
    https://www.vdu.lt/cris/handle/20.500.12259/38391?mode=simple
    Kabelkaitė, Asta;Miliūnas, Valdas;Gegeckienė, Laura;Kibirkštis, Edmundas;Ragulskis, Liutauras;Volkovas, Vitalijus
    Title: Investigation of packages resistance under dynamics loads
    Is part of: Journal of Vibroengineering. Vilnius : Vibromechanika, 2010, Vol. 12, no. 4
    Extent: p. 566-571
    Date: 2010

    1. Ah si il y a qqs études en bonne et dues formes (trouver les bons mots-clés…)

      http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.843.7738&rep=rep1&type=pdf
      Applied Mechanics and MaterialsOnline:2012-10-26ISSN: 1662-7482, Vol. 200, pp 75-79doi:10.4028/www.scientific.net/AMM.200.75© 2012 Trans Tech Publications, Switzerland

      Plus ancien : le livre
      Paper and Paperboard Packaging Technology
      publié par Mark J. Kirwan
      Mais réédité en 2013 en « Handbook »
      https://www.wiley.com/en-fr/Handbook+of+Paper+and+Paperboard+Packaging+Technology,+2nd+Edition-p-9780470670668
      extrait de la TdM :
      5.2 Types of paper bags and their uses 170
      5.3 Types of paper used 175
      Dans la 1ere édition, de 2005 (google books…) on trouve :
      5.4.4.2 Paper Handles

      Pas vu autant pour le plastique.
      Il y a en revanche moult brevets (patents), que j’ai exclu du scan, on ne sait pas aisément s’ils ont prospéré.

  5. Lorsque j’habitais en Bretagne (il y a environ 20 ans, quand même) les nappes phréatiques étaient tellement polluées qu’il n’était pas question de boire de l’eau du robinet ! Est-ce que ça se serait beaucoup arrangé ?

    1. Je trouve ceci :

      Le Télégramme, Eau du robinet. Les Bretons toujours méfiants Publié le 26 janvier 2018

      Mais aujourd’hui, selon l’ingénieur, le « Château-la-pompe » n’aurait plus à rougir devant sa concurrente embouteillée. « En 1998, 13,6 % des Bretons étaient ponctuellement servis en eau avec un niveau de nitrate supérieur aux normes. En 2016, le chiffre est tombé de manière spectaculaire à 0,03 % ! » Même constat du côté des pesticides. Il y a vingt ans, 26,2 % des foyers recevaient parfois une eau trop chargée en pesticides contre 4 % environ aujourd’hui. « Cela arrive de temps en temps mais pour quelques minutes seulement car nous nous en rendons compte très vite. De toute façon, il faudrait la boire tous les jours pendant dix ans pour que cela pose un risque sanitaire », souligne Thierry Panaget.

  6. Ce sont les bourgeois qui achètent leur bière en canette au supermarché , hyper polluant et à proscrire ! Dans le monde d’après tout le monde fabriquera sa propre bière dans une Dame Jeanne c’est pas bien compliqué

  7. Dans le temps, ma grand mère allait faire ses courses avec filet, panier à provision, casier à bouteilles, pot au lait et boîte à œufs. Selon les cas, bien sûr. Il faut dire qu’il n’y avait pas de supermarché et les courses, c’était à pied et un peu tous les jours au marché et chez l’épicier (boucher, boulanger, crémier etc.) d’à côté. Il faut dire aussi que les femmes, comme ma grand-mère, qui « ne travaillaient pas » n’avaient que ça à faire à part la cuisine, le ménage, les couches des enfants et des vieux, la lessive à la main, la couture… Etait-ce un temps béni ?
    Je ne le crois pas mais des solutions peuvent être trouvées avec le bon sens de ma grand-mère qui n’avait rien d’écolo mais l’horreur du gâchis de ceux qui ont connu les restrictions de deux guerres.
    Déjà, les gens ont repris l’habitude d’avoir un cabas sur eux depuis que le sac plastique à usage unique est interdit. Ce n’était pas si difficile.
    Pourquoi pas aller au supermarché avec son casier à bouteilles ?

  8. Je pense que la concurrence entre fournisseurs de plastique d’emballage les conduits à faire des économies sur la matière première. C’est l’histoire de la rentabilité des bas nylon revisité, autrement dit, les aléas de l’obsolescence programmée (à 1 semaine).

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