À propos de « Il faut parler de pédophilie (mais sans clichés) » par Maïa Mazaurette

Ouvert aux commentaires.

Il y a beaucoup de sujets qui me paraissent délicats, à ne prendre qu’avec des pincettes, et je m’abstiens d’émettre à leur propos une opinion quelconque, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu.

Parfois cependant il me semble que, malgré la délicatesse du sujet, ne rien dire serait coupable en soi.

Ainsi à l’instant, à propos d’un article dans Le Monde, intitulé « Il faut parler de pédophilie (mais sans clichés) », par Maïa Mazaurette, j’ai répondu ceci :

Madame, votre complaisance est animée de bons sentiments – du moins espérons-le. Vous avez peut-être des enfants, et dans ce cas-là, je prie pour eux (même s’il s’agit d’un exercice qui m’est dans l’ensemble très peu familier). Quoi qu’il en soit, M. Matzneff vous vouera sans aucun doute un culte.

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59 réflexions sur « À propos de « Il faut parler de pédophilie (mais sans clichés) » par Maïa Mazaurette »

  1. Sujet à prendre avec de telles pincettes qu’il n’est pas aisé d’écrire un commentaire. Aussi je me contenterai d’un témoignage. Au cours de mon existence, j’ai croisé des adolescentes s’essayant à la séduction d’hommes mûrs, de l’âge de leur père, envers moi comme envers des collègues, des amis, dans des contextes très variés. La situation n’est pas en soi rarissime, ni inexplicable et constitue une thématique littéraire et cinématographique, qu’elle soit autobiographique ou fantasmée.
    Messieurs, il n’y a pas à tergiverser, il faut refuser gentiment et fermement, mettre de côté ses fantasmes personnels, se faire un nœud où je pense en se convaincant avec raison que pour ces demoiselles la vie ne fait que commencer, riche de tant d’autres expériences plus sereines.

  2. Bonjour, je n’ai pas lu le contenu détaillé de l’article, juste les titres et un survol des thèmes abordés, mais pour appuyer le billet, juste un petit témoignage (modeste) et qui remonte à…environ 50 ans – on dira qu’il y a prescription. J’étais avec mon frère et nous faisions du vélo sur la place du marché Edgard Quinet à Paris (au pied de la tour Montparnasse). Je ne sais plus comment, mais un monsieur nous avez attiré mon frère et moi, sous une porte cochère un peu à l’écart et avait commencer à se tripoter les parties génitales, et à nous demander de faire pareil. Heureusement les choses ne sont guères allées plus loin. Comme nous sommes revenus à la maison, nous en avions parlé naïvement à ma mère, qui choquée, avait essayé de nous expliquer de quoi il en retournait. Je devais avoir7 ans au maximum. Alors, l’orientation de l’article de l’auteur, qui veut peut-être se faire « l’avocat du diable », est tout simplement à côté de la plaque. Je trouve la formulation de Paul très juste, et demanderait volontiers à cette personne de nous dire si elle réécrirait le même article, s’il a apprenait par hasard que son très jeune fils ou sa très jeune fille s’étaient fait entrainés par un adulte dans une chambre pour faire des choses sexuelles à leur insue…

  3. J’ai un ami qui s’était fait violer par un enseignant adolescent, une amie violée par un cousin à 5ans . Votre réponse me paraît juste M. Jorion.
    En plus actuellement on a interdit les Violences éducatives ordinaires parce que nuisibles. Oser écrire pour sortir d’argumentations absurdes me paraient juste montrer une totale déconnexion de la réalité et une totale absence de la possibilité d’éprouver la moindre honte.

  4. A plusieurs moments, pour ne pas dire tout le long de l’article, cette brave dame oublie de quoi elle parle :

    D’enfants , censés vivre…une enfance, et d’adultes censés être responsables.

    La « responsabilité  » de l’enfant est sous jacente à son texte, et le côté  » on s’en sort très bien  » pour les victimes est insupportable.

    C’est un véritable plaidoyer, les pédophiles  » subissent…, oublient…, confondent … » ( il y a t il un pilote dans l’avion ? ) ont un numéro vert pour appeler au secours, et surtout, méfiez vous des mineurs qui sont parfois pires.

    Effectivement je suis impressionné par ce tas de boue degueulasse qui entretient la confusion.

  5. Dans notre société tout est banalisé .. et le dernier rempart c’est l’enfant !
    Je trouve que l’on accorde toujours plus d’excuses au bourreau plutôt qu’à la victime !

  6. J’ai parcouru cet article et ça ne donne vraiment pas envie de le lire, d’autant que cet article instrumentalise les CRIAVS en en fournissant un lien pour s’en donner une caution ! (Exemple parmi les missions du CRIAVS Aquitaine « Développer la prévention des violences sexuelles en lien avec les acteurs de terrain. ») Cet abus en dit long sur la volonté de l’auteur d’attirer l’attention en écrivant n’importe quoi sur un sujet qu’elle exploite comme un filon.

  7. Bonsoir,

    Sujet malheureusement délicat par le tabou des sujets qui touchent aux appétits sexuels, désirs irrépressibles pour certains mais moteur de bien des stratagèmes de comportements sociaux –
    Les enfants que tout parents voudraient protéger jusqu’à leur mort des vices et gradients inexpugnables de notre humanités seront toujours vent debout face à l’évocation de la pédophilie – exploitation ultime – expression génocidaire – de l’adulte jouisseur et immature qui sacrifie l’enfance sur l’autel de ses frustrations –
    La pulsion sexuelle – combattue depuis la nuit des temps: tabou de l’inceste – institution du mariage – promotion universelle de la monogamie – traduit toute la puissance de ce désir sexuel que l’on à de cesse d’endiguer – parfois au détriment de son expression roborative – tabou de la prostitution – Combattue, mais point débattue .
    On considère, hypocritement, que l’endiguement de ce désir est conscientisé – quand des tombereaux d’images/vidéos pornographiques occasionnent plus de 60 % de la consommation du flux numérique – non, aucune véritable éducation sexuelle ne s’est déployée pour familiariser tout un chacun avec ce rapport charnel que tous nous envisageons/souhaitons partager avec autrui – le phantasme reste le principal moteur/professeur qui instruit cet appétit sexuel – sans même parler de la production pornographique désormais accessible gratuitement à partir d’un smartphone ( moyenne d’âge 13 ans pour le 1er appareil ) –
    Alors l’indignation, l’offuscation – mais ces émotions ont toujours accompagnées l’atteinte aux bonnes mœurs & n’ont rien redressées/corrigées sinon par l’oukase – le bannissement – il est temps de se pencher sur le moteur de ce violent/irrépressible désir de la chair en réhabilitant le nu, en dé-érotisant les corps pour un naturalisme du plaisir consenti et discuté comme on s’inviterait à partager un bon repas par exemple…

    1. Voilà une prise de recul qui me parait utile, même si je n’adhère pas à plusieurs de vos formules. Il est vrai que la sexualité des animaux se déroule… en public, sans créer de troubles ou de récriminations : elle est mieux socialisée. (Il est vrai qu’elle fait l’objet chez nous de douteux rituels, tabous, réglementations). Mais est-elle à l’abri de perversions ? Sans doute que la réduction à de courtes périodes annuelles de rut simplifie les choses.
      Et il est vrai qu’avec une sexualité plus complexe parce que plus permanente, les humains ont créé des institutions bien malheureuses pour gérer tout cela. A commencer par les cultures du genre, la virilité et la féminité, absolument piégeuses.

  8. Cette dame a commencé sa carrière par « la revanche du clitoris ». Pour ensuite se faire remarquer avec « peut-on être romantique en levrette »
    No comment Et je déplore à l’avance la vie sexuelle de ses enfants.

  9. Matzneff est un moderne pharmakos, cette victime expiatoire des cités grecques de jadis qui était rituellement promenée à travers la ville sous les huées, les insultes, les crachats, les coups… de la population rassemblée à cet effet.

    Tout ce qui permet de sortir de la foule et de retrouver la raison est bon à prendre. Sans que cela ne justifie en quoi que ce soit la pédophilie, ni n’innocente le coupable.

    1. Après le jesuitisme de la jounaliste voici une évocation offusquée de la situation de Matzneff faussement présente en bouc émissaire.
      Ceci me semble témoigner d’un déni que l’on retrouve souvent et qu’il faut dénoncer dans l’intérêt des victimes. Notons que le parquet de Paris à décidé d’ouvrir une enquête pour  » viol sur mineur de moins de 15 ans » . A l’encontre de l’ecrivain.

      1. L’affaire est entre les mains, de la justice, c’est très bien.
        Cela devrait justement empêcher que la foule, elle, se fasse justicière.

    2. Matzneff une victime expiatoire ??? … Je reprends les bons mots de Paul Jorion « vous avez peut-être des enfants, et dans ce cas-là, je prie pour eux (même s’il s’agit d’un exercice qui m’est dans l’ensemble très peu familier). Quoi qu’il en soit, M. Matzneff vous vouera sans aucun doute un culte. »

      1. Nous avons, collectivement, été aveugles et donc coupables pendant des décennies. Un coupable, hier écrivain reconnu et invité partout, a été désigné comme coupable, inexpiablement coupable, quel soulagement pour la conscience que de lui tomber ainsi dessus, quelle délectation dans les injures qu’on lui adresse, quel plaisir de le voir abaissé, puni, banni ! Vous ne voulez pas le voir mais c’est une manifestation, chimiquement pure comme on dit, du phénomène dit du bouc émissaire. Phénomène qui d’ailleurs en effet requiert de la part de ses auteurs, la méconnaissance de ce qu’ils font.

    3. Matzneff victime expiatoire.

      Envoyez vos dons.

      Et puis quoi encore ?

      Ce type a pu perpetuer des comportements qui portent atteinte aux autres pendant des décennies grâce à vous, Denis, et tout ceux qui ne sont pas capables d’appeler un chat, un chat.

      Et sa mise en lumière permet de déceler ce genre de comportement autour de nous.

      Cela n’est pas expiatoire, c’est de l’émancipation. ( pour ceux qui en sont capables )

      1. « Grâce à moi » ?!?…
        C’était il y a trente ans, comment ce que j’écris aujourd’hui aurait-il un effet sur ce qui s’est passé « pendant des décennies » ? Vous délirez !
        La pédophilie est un crime affreux, en quoi ai-je nié cela ?
        Pour ce qui se passe aujourd’hui, et auquel vous et moi participons, j’appelle bel et bien un chat un chat : une mise au pilori médiatique sans jugement est une mise au pilori médiatique sans jugement.

        Si vous aimez jouer les justiciers, faites-vous plaisir…

      2. Quand vous appelez « victime » l’adulte dans ce cas précis, vous participez à une confusion mortifère.

        Donald Trump a batit son empire et sa présidence , sur son statut de victime.

      3. La confusion en effet existe. Elle n’est pas de mon fait. Victime ou bourreau n’est le plus souvent qu’une question de point de vue.

        Eh oui, se proclamer victime est la justification que se donnent les bourreaux.
        Rien de nouveau sous le soleil.
        Le difficile est de repérer le moment où on est soi-même bourreau ou complice des bourreaux.

        C’est bien pourquoi nous devrions nous désolidariser des USA et de Trump. Ce que notre président ne fait pas. Honte sur lui, honte sur nous.

        C’est bien pourquoi je m’efforce de sortir de la foule qui, unanime, haineuse, accable, trente ans après les faits, un vieillard sans défense.

      4. Dans ce cas précis,  l’écrivain a même utilisé ses exploits sexuels sur mineurs comme support de son oeuvre litteraire. Il n’est donc pas question de lui, ou de questionner si oui ou non, ces faits ont eu lieu : il s’en vante.

        Ce qui est en question ici, c’est : Quelle société laisse persévérer  un délinquant comme lui en toute tranquillité ? Pourquoi ?

        Matzneff n’est rien,  ni la question, ni le monstre,  et par pitié,  non plus la victime au mieux, le symptome d’une communauté qui disfonctionne, ce que vous appelez  » responsabilité collective « .

        Pour la suite :
        Cahuzac, Fillon, Rugy et compagnie connaissent la combine par coeur,  une fois pris en flagrant délit de quoi que ce soit :

        Pleurer, hurler à l’acharnement médiatique, minimiser la faute et ça marche, ils repartent libres ayant colmaté la brèche  dans l’opinion  et semé le doute.

        Et c’est là maintenant qu’il faut appeler un chat, un chat :
        Matzneff n’est victime de rien.

      5. Dans une société qui se veut civilisée on ne fait pas la justice soi-même, on confie cela à la Justice.

        Notre société dysfonctionne, oui je suis d’accord. Elle dysfonctionne quand un écrivain fait de ses méfaits le sujet de ses livres, qu’il est primé pour de tels livres et que cela dure des décennies, impunément. Elle dysfonctionne aussi, comme ces jours-ci, quand chacun se fait justicier.
        Elle dysfonctionne, et de façon gravissime, quand tout le monde juge et accuse tout le monde, avant même de réfléchir, ou au contraire quand le mal qui pourtant crève les yeux n’est pas vu, ce qui est bien le cas actuellement.

        Cahuzac, s’en est plutôt bien sorti, c’est vrai. Fillon, Rugy ont été descendus en flamme pour pas grand chose. Ces 3 cas n’ont rien à voir avec celui de Matzneff.

    4. Denis Monod Broca,
      Votre présentation de Matzneff en victime expiatoire est fausse.
      C’est toute la complaisance, le déni, l’aveuglement, le détournement du regard, la passivité irresponsable si pas coupable de toute une quantité d’acteurs qui est dévoilée bien au delà de ça personne. D’autant plus que Matzneff était ouvertement pédophile il l’a dit et redit librement dans sa parole publique et dans son œuvre. Et mis en cause par une ancienne victime il a le culot de se victimiser lui… Et de redoubler moralement son crime.

      1. @ Arnaud

        Je me victimise ? Oui, c’est vrai, mais modérément, reconnaissez-le. Cette volée de bois vert, je l’ai bel et bien reçue…

        « Mais de quoi parlez vous.? Du doute que Matzneff fut un pédophile ? » Non, il n’y a en effet aucun doute là-dessus. « Du doute que toute une mafia à ferme les yeux voire protégé ? » Non plus.
        Ce que je mets en doute c’est la motivation, de cette mafia comme vous dites, qui la pousse à abattre celui qu’elle encensait la veille. Et la motivation de tous ceux qui lui emboîtent le pas.

        Il y avait du sacré (du refus du sacré devenu lui-même sacré) dans la défense de la pédophilie, attitude anti-bourgeoise par excellence. Les victimes sacrifiées furent les enfants.

        Il y a du sacré aussi dans la chasse aux pédophiles, façon de se dédouaner des errements passés.

    5. Tout à fait d’accord avec vous. Très significatif d’ailleurs que le discours que vous tenez vous vaille ces volées de bois vert. Nous voilà plongés dans une société où la moindre tentative pour s’éloigner un tant soit peu de la réaction épidermique du doigt accusateur, déchaîne des torrents – appelons alors un chat un chat – de haine.
      Plus aucune place pour la réflexion, ou de simples prémisses de compréhension, d’explications, en profondeur.
      Pour ma part, je m’apprête à quitter ce « forum ». Je ne m’y étais pas inscrite pour y hurler avec des loups, ni pour m’y voir discrètement ridiculisée (en tant que femme d’ailleurs, par le maître des lieux…).

      1. Je répondais à Denis. En tant que femme, analphabète du net, et sans aide de quiconque, je ne sais pas manipuler « l’instrument »…

      2. Il était clair que votre commentaire répondait aux miens. Merci. Je me sens moins seul.
        Ne partez pas. Les volées de bois vert comme vous dites ne sont jamais agréables à recevoir, elles n’en sont pas moins parfois un indice encourageant de la justesse du point de vue qui les a provoquées.
        De la contradiction, du doute… vient la lumière.

      3. De la contradiction, du doute vient la lumière. Mais de quoi parlez vous.? Du doute que Matzneff fut un pédophile ? Du doute que toute une mafia à ferme les yeux voire protégé ?

      4. Significatif aussi que cela vienne suite à une dénonciation par PJ d’un article excellent (alors que je n’apprécie pas toujours MM), absolument sans complaisance sur le sujet, mais, tabou ultime, proposant de recourir à la raison…

      5. « Nous voilà plongés dans une société où la moindre tentative pour s’éloigner un tant soit peu de la réaction épidermique du doigt accusateur, déchaîne des torrents – appelons alors un chat un chat – de haine.
        Plus aucune place pour la réflexion, ou de simples prémisses de compréhension, d’explications, en profondeur. »

        Bien vu, ras le bol des ayatollahs de bazar ! J’ai aussi apprécié l’article de MM que je trouve pertinent et sans complaisance aucune. Il ne manquerait plus que ça !

  10. J’ai lu l’article de Maïa Mazaurette et j’ai fini par penser – mais est-ce juste ? – qu’elle s’était laissée déborder par l’ambition de son projet. En effet, il m’a semblé qu’elle avait voulu procéder comme on dissèque, en constatant des faits. En demeurant d’une froideur chirurgicale. Au fond comme on pourrait le faire en essayant, sans préjugés, de comprendre un assassin, un terroriste e td’une manière générale, ceux qu’une société condamne ; en s’efforçant de dégager seulement les ressorts. Mais voilà, c’est casse-gueule si l’on n’oublie que l’on s’adresse à un lectorat caractérisé par une extrême hétérogénéité, dont chaque individu est porteur d’une histoire, d’une culture et si l’on ne tient pas compte des sentiments, des passions. Et peut-être des désirs.
    Moi-même je viens de me risquer à la neutralité mais l’ai-je été pour celles et ceux qui m’ont lu. N’ai-je pas suscité le courroux des uns et des autres ?

    1. Elle nous a habitués à aborder les sujets de sexe de manière ouverte, en levant des tabous, en étant plutôt féministe, et en restant légère, peu sérieuse, hors de toute incrimination. Je résume ainsi mon impression de lecture superficielle (je n’aime pas beaucoup son travail). Ici soudain, elle fait tout autre chose. Elle veut s’adresser aux pédophiles, pour les mettre sur le chemin du traitement et de la rémission. Donc elle dit des choses du genre : il n’est pas fructueux de culpabiliser, incriminer quelqu’un qu’on veut faire entrer dans une démarche positive. Fort bien, il y a des expériences de travail avec les auteurs de violence sexuelle, effectivement. Comme aussi avec les « prostituteurs » (clients de la prostitution). Mais elle est entrée dans une position généraliste (« froideur chirurgicale », dites-vous) à propos des prédateurs qui semble effectivement laisser les victimes (femmes, enfants) sans défense et sans droits. Ce qui aboutit à « comprendre » les agresseurs et leurs crimes. Ses formulations sont inacceptables sur plusieurs points. Ce que relève Paul Jorion, dans un commentaire sec et sans bavure.

      1. Chablan vous écrivez : « Ce qui aboutit à « comprendre » les agresseurs et leurs crimes ».
        Depuis quand la démarche qui consiste à tenter de comprendre » le pourquoi du comment », devrait-elle automatiquement mener à absoudre crimes et agressions ? Cette façon de penser mène à une énorme et totalement contre-productive dérive. S’il existe une chance d’arriver à faire en sorte que certains faits et actes répréhensibles ne se reproduisent plus, ce n’est certainement pas en refusant obstinément de tenter de mettre un peu de lumière de compréhension sur leurs ressorts sous-jacents.
        Il faut dire que le bénéfice secondaire d’une telle démarche (le refus de comprendre) est de taille : il permet de se ranger d’office du côté des vertueux, des purs… Et ni vu, ni connu. Les pensées intimes, les phantasmes sont invisibles. Personnellement, je me méfie comme de la peste des vertueux auto-proclamés…

    2. C’est à Denis que je voulais répondre, mais la flèche « répondre » est absente. Donc je réponds à Régis… et à tout le monde… Ce qui est grave dans cette affaire, c’est que les pédophiles (qui peuvent aussi parfois être des adolescents, par exemple, voire des femmes, mais là, ça devient totalement tabou) étant donné le « climat » actuel, auront encore plus de difficultés à oser « parler à quelqu’un » (je veux dire à un professionnel, un psy, par exemple….) ayant la crainte que même dans des lieux d’écoute, ils ne retrouvent face à quelqu’un qui les juge et qui éventuellement, refuserait même des les écouter.
      Je n’avais pas spécialement envie d’en parler, mais il m’est arrivé une fois un peu par hasard de recevoir dans l’exercice de ma profession (et oui, je suis une psy…) un homme jugé et condamné pour pédophilie, avec obligation de soin. Il avait le libre choix de la personne. Il m’a choisi parce que femme et non-psychiatre.
      J’en ai parlé récemment à une connaissance, disons. J’ai nettement senti comme une sorte de muette réprobation. Dans le genre « ah, bon ? vous avez accepté de recevoir ce type de personnage ? ».
      Voilà où nous en sommes…
      A toutes fins utiles, je mets ce lien, très intéressant et éclairant sur le sujet. Il faut avoir la patience de l’écouter jusqu’au bout : https://www.youtube.com/watch?v=iOR8ASYHsjQ

  11. Dans cet article honteux la domination de l’autre n’est pas abordée. Les écrits de Françoise Héritier me semble une fois de plus salutaires pour éclairer les problèmes de la pédophilie ou du viol.
    Un entretien court mais efficace pour rappeler comment cette domination est orchestrée :
    http://1libertaire.free.fr/FHeritier05.html

    1. @Dominique-e
      Certes, mais dans les affaires particulières et médiatisées de Roman Polanski et de David Hamilton, ces jeunes filles ne se sont pas retrouvées à poser nues devant des photographes adultes toutes seules de leur plein grès. Leurs mères les y ont autorisé voire encouragé. Mères victimes elles-mêmes, je vous l’accorde, d’une autre forme de domination, l’exigence sociétale (d’origine exclusivement masculine ?) d’une sexualisation extrême du corps des femmes. On pourrait y voir aussi une forme sexualisée du syndrome de Münchausen par procuration:
      https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2004-1-page-59.htm
      N’y voyez pas une tentative de dédouaner les auteurs de ces actes, mais si on désire résoudre le problème des violences sexuelles, il faut aborder la question dans toute sa complexité quitte à remuer un peu la bouillasse de l’âme humaine sans a-priori de genre.

      1. Tout à fait.

        Les auteurs de ces délits n’ont pas d’importance. Ce qui compte c’est les ressorts de la société toute entière que ces affaires mettent en lumière.

        C’est pourquoi je réfute totalement cette idée d’acharnement sur ces délinquants, ce n’est pas le sujet.

  12. Hors-sujet complet, désolé, mais pour compléter ce qui est dit dans l’annonce du débat sur le Libra, je veux juste signaler à toutes fins utiles que l’article d’origine établissant que 147 firmes transnationales contrôlent 40% de l’économie mondiale, et 737 en contrôlent 80%, se trouve ici https://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1107/1107.5728v2.pdf

    A noter que l’article date de 2011, et les données sur lesquelles il est fondé sont de 2007. Il me semble probable que la situation ait évolué depuis douze ans. Très possiblement dans le sens d’une encore plus grande concentration ?

  13. Il aurait fallu commencer par : « Il faut parler d’enfants violés (mais sans clichés) ! »
    C’est la sempiternelle reproduction de l’ordre social dans toute sa splendeur.
    Les vainqueurs écrivent l’histoire, la justice court derrière, choisis ton camp.

    1. Oui voilà, merci
      un petit préambule bien réaliste sur comment une petite fille ou un petit garçon peut se faire manipuler aussi bien psychologiquement que physiquement par un ou une affreuse malchanceuse de la vie.
      Et ensuite on n’en arrive peut-être à décliner le crime sous différentes formes plus ou moins hard.
      Mais voilà remettre les choses dans le bon sens.
      Allez je me lâche.
      Là on dirait qu’elle mange par le cul.
      Beurk

      1. C’est vous que ça regarde moi j’emploie mon temps à essayer de faire les choses dans le bon ordre, cependant je vous met en garde car c’est obscure chez vous.

  14. Au delà du cas particulier du prédateur Matzneff, le livre de Vanessa Springora porte un titre évocateur « Le Consentement ». Il est propice à relancer le débat sur la question et à réfléchir au sujet d’une évolution possible du droit:
    https://www.franceinter.fr/justice/atteinte-sexuelle-viol-age-et-consentement-de-quoi-parle-t-on
    Mais cela ne va pas être simple, tant cette notion est subjective. En l’état actuel, la notion d’abus par une personne ayant autorité (un enseignant et un élève « sexuellement majeur » par exemple) ne satisfait pas tout le monde.

  15. Un nouvel article dans Le Monde, fort bien documenté : Gabriel Matzneff, questions sur un prix Renaudot, montrant que tout ça n’a aucun rapport avec l’éthique, ni même une quelconque représentation de ce qui se fait ou ne se fait pas, c’est juste que X est un ami de Y, qui peut tirer les ficelles d’une subvention du ministère de la Culture, ou pourquoi pas de l’Agriculture, ou pourquoi pas vous obtenir le Goncourt ou le Renaudot puisque que « vous faites partie de la bande » : on pioche dans la caisse commune, moralistes ou immoralistes confondus, « pas vu, pas pris ! ».

    J’ai mis mon petit commentaire, comme un cheveu dans la soupe parmi la clameur des dénonciateurs de la « dictature des bien-pensants » (je ne risque rien : avant qu’on ne me dénonce comme « bien-pensant »…).

    Quel joli petit monde ! Il y a un nom pour ça, non ? C’est « mafia » si je ne m’abuse, dites-moi si je me trompe.

    Sauf qu’un jour, le monde vous rattrape : « et vu, et pris ! ». Ravi ce soir de ne pas m’appeler FOG, PS, CG, FB.

    1. Aujourd’hui parait le livre de Ronan Farrow sur son enquête sur Weinstein. Et le résumé qu’en donne RtBF Info est édifiant : ni le média pour lequel Ronan travaille, ni Hillary Clinton financée par Weinstein ne veulent favoriser ce journaliste. Mafia effectivement. Mais que Sartre et Simone de Beauvoir signent une tribune de Mazneff contre le procès fait à trois pédophiles nous montrent une connivence qui n’est pas que aveugle, intéressée : la dictature de l’émotion (libertaire jadis, puritaine aujourd’hui) crée-t-elle des convictions particulières, donc des sectes ?

  16. Bonsoir,

    Je viens de lire vos commentaires à tous.

    Sujet délicat, mais clairement identifiable selon la Loi et l’intelligence humaine bienveillante.

    Simplement à l’échelle du globe terrestre et des cultures coexistantes, a-t-on une idée de ce qui se passe chez nos voisins dans d’autres continents, d’autres cultures ? Comment définissent-ils ce qu’est un enfant ?

    En parcourant le net rapidement on est assez halluciné de voir que certains pays et cultures fixent des âges bien plus bas que chez nous (qui est de 15 ans si pas de lien d’autorité a priori) .

    Vous saviez qu’aux USA, dans beaucoup d’Etats il n’y a pas d’âge minimum selon la Loi ! On peut y « épouser » une fille de 10 ans ! Chez les iraniens leurs copains du moment, on est autour de 13 ans pour les filles, y a des signes surprenant pour ceux qui savent voir sur l’état des sociétés…

    https://www.flair.be/fr/lifestyle/societe/aux-usa-les-lois-sur-le-mariage-des-enfants-sont-moins-strictes-quen-afghanistan/

    https://www.lefigaro.fr/international/2018/09/19/01003-20180919ARTFIG00288-chaque-annee-12-millions-de-mineures-sont-mariees-de-force-dans-le-monde.php

    Et pour un peu mettre de l’huile sur le feu, qui n’en a pas besoin, même si les dates sont assez incertaines en fait le petit Emmanuel M, et la grande Brigitte M, leur histoire particulière doit-elle être lu sous quel prisme si on s’en tient à la Loi ?

    1. @Cloclo
      C’est ainsi que l’écrivain américain Edgar Allan Poe a épousé une cousine âgée de 13 ans. Leurs biographes pensent que cette union n’a jamais été « consommée », comme on disait pudiquement. Allez savoir.
      Matzneff en tout cas semble avoir usé de cette histoire de mariage juvénile pour ses entreprises.
      Autre cas célèbre, Gauguin à Tahiti:
      https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-film-sur-gauguin-aurait-il-du-montrer-sa-pedophilie_fr_5c93109ae4b06857fcbd9300

      1. Des écrivains connus, y compris chez les Immortels, des hommes d’affaires puissants et mécènes, amateurs de jeunes enfants ,et il y en a toute une série :

        De A. Gide à H de Montherlant, à R.Peyreffite,

        Tout ce petit monde se connaissait, et se fréquentait, la plus part sont déjà morts, un des derniers était G. Matzneff.

        Un oeuvre sur le sujet : Anne-Claude Ambroise-Rendu dans son « Histoire de la pédophilie, xixe-xxie siècle, » Paris, Fayard. (https://journals.openedition.org/clio/12840)

    2. A propos du couple M, je me disais aussi que ce jeune garçon avait démarré sa vie par le conflit d’intérêt de sa femme/enseignante :

      le  » en même temps  » originel.

    3. Arbitraire, quand tu nous tiens…

      Avant 15 ans, ou 16, ou 13, cela dépend des pays, c’est un crime inexpiable, après c’est une partie de plaisir. Avant on est un pervers, un prédateur abject, après un séducteur envié. Avant c’est de l’infâme pédophilie, après du pur amour.
      Bref nous sommes d’incurables romantiques…

  17. Le monde est généreusement peuplé de personnes qui n’hésitent pas à user d’un rapport de force pour assouvir leurs besoins sexuels,

    La communauté mets donc en place une limite, oui, arbitraire, oui, à l’occasion même injustifiée, POUR PROTEGER un très grand nombre de personnes vulnérables.

    C’est pareil pour la vitesse sur les routes, la chasse au gibier d’eau, et le plan d’occupation des sols. On sait parfaitement ce qu’il se passerait en l’absence de règle.

    1. Les règles sont indispensables en effet, mon propos n’est pas de les moquer, mais de relever ce qu’elles ont de fragile et d’intrinsèquement insuffisant.
      En une matière à la fois aussi universelle et intime, il est particulièrement important que chacun prenne conscience de sa propre responsabilité. « Un homme, ça s’empêche… »

      1. …et si l’homme quel qu’il soit, ne s’empêche pas, et ben la règle s’applique, point.

      2. « …et si l’homme quel qu’il soit, ne s’empêche pas, et ben la règle s’applique, point. »

        Drôle de phrase vraiment.
        « l’homme s’empêche » : l’homme, sujet grammatical de la phrase est aussi sujet pensant, parlant et agissant, donc décidant.
        «  la règle s’applique » : la règle est sujet grammatical mais elle n’est qu’objet, qu’objet à la merci de ceux supposés l’appliquer, nous, justement, sujets décidants.

  18. A propos de critique littéraire.
    C’est un peu la revanche de Sainte Beuve sur Proust.
    Sainte Beuve : l’oeuvre littéraire a un rapport avec l’homme à l’origine de l’oeuvre
    Proust : l’oeuvre est totalement indépendante de l’homme. Tout est dans l’oeuvre, pourquoi s’intéresser à l’homme ?

    Nous venons de vivre quelques décennies avec Proust comme Dieu tutélaire du petit monde de la critique.
    L’oeuvre ou le style excusait tout, pire, permettait tout.
    Mais l’attitude proustienne n’est plus tenable à une époque, la notre, où les rapports de domination se sont tolérables, en particulier dans les relations hommes/femmes, dans un contexte social et politique où la question des inégalités redevient brûlante, parce qu’elles explosent, et parce qu’elles menacent la cohésion sociale et même provoquent l’effondrement.

    1. Proust est un très fin observateur des hommes tels qu’ils sont. Personne n’a mieux analysé que lui le snobisme, ce travers si universellement répandu.

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