Coronavirus : rififi en Chine, par Pierre-Yves Dambrine

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Dans le journal en chinois, Xingdao Ribao, au Canada, un article présente les points de vue irréconciliables des professeurs Guang Yi (virologue qui avait travaillé en 2003 sur le SRAS) de Hong-Kong et Wang Cunyu professeur d’ingénierie biologique à Los Angeles et membre de nationalité étrangère d’un institut  chinois d’ingénierie.

Le second reproche vertement au premier de sous-estimer le niveau de la médecine en Chine, qui selon lui « relègue à plusieurs rues en arrière » le niveau de Hong-Kong ; le niveau chinois n’a rien envier au niveau mondial.

Je précise que le professeur Guan Yi disait avoir rencontré des difficultés pour s’informer lors de son déplacement à Wuhan, peu nombreux ont été selon lui les laboratoires qui se sont montrés désireux de coopérer.

Wang CunYu conteste que Guan Yi dise que l’on ne peut plus désormais identifier le mode de diffusion du virus au motif que  la primo-source contaminante aurait été nettoyée à fond, de sorte que selon les mots de Guan Yi désormais c’est comme si « il n’y a avait plus de  scène du crime. »

Wang ironise : « On n’a pas pu jeter tout un marché aux poissons et crustacés aux toilettes et attendre que Guan Yi vienne faire sa petite enquête. »

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26 réflexions sur « Coronavirus : rififi en Chine, par Pierre-Yves Dambrine »

  1. Et je suppose que derrière cela, il y un questionnement sur la transmission inter-humaine, plus ou moins facile, donc sur l’opportunité de confiner tout le monde : si pendant ce temps là, quelques oiseaux et chauve-souris portent le coronavirus dans un élevage à 200 km de la zone confinée, sera-t-on gros-jean comme devant ?

  2. Je réécoute une conférence d’Etienne Klein qui aime citer Gaston Bachelard et son « Nouvel esprit scientifique », très auto critique : « Il faut que le cerveau s’efforce de penser contre lui-même, contre ce qui saute à l’esprit à première vue ».
    C’est particulièrement vrai en épidémiologie. Je suis impressionné par le bavardage autour d’un thème majeur. Et il faut laisser aux cerveaux disponibles du temps d’observation, d’apprentissage et de reconstruction. Je doute que quiconque ait entre les oreilles suffisamment d’informations locales pour risquer une hypothèse de travail argumentée : « Hypotheses non fingo » reste la position la plus raisonnable. En attendant faisons comme d’habitude puisqu’il n’est pas possible de faire autrement !
    Aux esprits critiques, sur ce thème des possibilités de l’évolution des virus, je recommande l’ouvrage provocateur de JJ Kupiec intitulé : « Et si le vivant était anarchique »(oct. 2019) et sous-titré : « La génétique est-elle une gigantesque arnaque ? ». Pour ma part j’en suis resté à « La fin du tout génétique » d’Henri Atlan ( 1999) qui ouvre bien plus de perspective thérapeutique ! Wait & see….

    1. Je trouve qu’on devrait tous devenir aussi blasés que ce médecin. Ça donnerait ceci :

      « Les épidémies ? Bof ! »
      « Le réchauffement climatique ? Pff ! »
      « Le risque de guerre nucléaire ? Vous savez… »

      Etc.

      1. Un qui n’a pas l’air tellement blasé, c’est Xi Jinping. En tout cas, quelqu’un qui déclarait hier que « la situation est grave » et que « l’épidémie s’accélère » ne m’a pas l’air tout à fait blasé.
        https://www.huffingtonpost.fr/entry/xi-jinping-la-situation-est-grave-lepidemie-saccelere_fr_5e2c48edc5b6d6767fd4d3f0

        Après, peut-être est-ce qu’il n’en sait pas grand chose en fait ? Il n’est que le président chinois après tout, ce n’est pas comme si toutes les informations étaient remontées vers lui.

      2. Bof, j’crois pas qu’il soit blasé, il est pour le moment pas plus inquiet par ce virus que par la grippe saisonnière ici-bas (combien de cas recensés ?), pour le moment…

  3. Il me semble que cette affaire pose un tas de questions pour lesquelles on a pas beaucoup de réponses pour l’instant, ou pour le moins imprécises. N’étant ni médecin ni épidémiologue je m’interroge donc, ne demandant qu’à être éclairé par les experts en la manière. Je pense aussi que cet évènement donne un coup de projecteur sur la réalité chinoise et constitue un test pour la résilience de Chine et au delà, car il y est bien question possiblement d’un certain degré d’effondrement de nos systèmes de santé, de communication, de l’économie.
    Les mesures de confinement si elles perdurent pourraient gripper une économie chinoise qui était déjà en train de ralentir.

    Tout d’abord nous n’avons aucune certitude quant aux animaux vecteurs et transmetteurs à l’homme du virus.
    Où sont passés les animaux possiblement porteurs du virus qui se trouvaient dans ce marché ? (Guan Yi cité dans l’article ne dit pas les avoir vus, ou n’a pas pu les voir, souhaitons qu’il fasse un rapport plus détaillé de son enquête à Wuhan …)

    Pourquoi les autorités locales ne se sont pas alarmées et n’ont pas pris les mesures d’hygiène publique dès l’apparition des premiers cas ? Guan Yi sur place n’a constaté aucune mesure sérieuse d’hygiène prise dans la ville de Wuhan jusqu’à ce que les autorités centrales en plein milieu de la nuit décrète la fermeture de la ville.
    Pourquoi avoir attendu que la grande transhumance occasionnée par la fête du printemps (nouvel an, 25 janvier) soit déjà bien amorcée pour agir ?
    D’après les estimations du professeur Guanyi il y avait déjà 6000 personnes contaminées à Wuhan lorsqu’il s’y est rendu. Ce qui est parfaitement cohérent d’ailleurs avec la décision ensuite de construire 2 hôpitaux pour traiter les malades atteints par ce coronavirus.
    Le professeur Guan Yi, considéré comme un spécialiste renommé du SRAS a estimé qu’alors qu’en 2003 on avait pu identifier et isoler les personnes dans l’entourage des premiers malades, cette fois ce n’est pas le cas.
    Il estime que le nouveau virus a une ampleur 10 fois plus importante que celle du SRAS dans sa phase de propagation initiale. Or beaucoup de malades avaient déjà quitté la ville avant qu’elle n’ait été fermée. Ce qui lui fait dire que l’on a raté le moment où l’on aurait pu circonscrire avec beaucoup plus d’efficacité l’épidémie.
    Pas de chance Wuhan est un noeux industriel, donc une voie de communication très importante pour la Chine, des trains à grande vitesse en partent et y arrivent.

    1. Un dernier point : cette polémique entre les deux professeurs peut être vue aussi comme un aspect de la crise politique qui agite Hong-Hong depuis des mois en relation avec le pouvoir de Pékin. On peut faire l’hypothèse que le professeur Guan Yi a pu souffrir de sa provenance hongkongaise lors de son enquête à Wuhan.
      Il est vrai à Hong-kong même certains manifestants sont allés jusqu’à renvendiquer un séparatisme hongkongais, ce qui a fait les choix gras de la propagande « communiste ». Quoiqu’il en soit qualifier le niveau scientifique de Hong-Kong d’inférieur à celui de la Chine dans son ensemble est humiliant, dans la mesure où précisément Hong-kong fait partie intégrante de la Chine.
      Plus généralement, le Chine gagnerait à baisser au moins d’un cran le contrôle social au profit d’une transparence des débats contradictoires, à tous les niveaux. Hong-Kong peut-être une chance pour la Chine si …

    2. Tout ce qui peut ralentir l’économie, en particulier la chinoise, ne peut que contribuer à sauver l’espèce humaine. Vous avez déjà pris votre caculatrice pour imaginer 2% de croissance par an sur les 100 prochaines années ?

      1. Oui, tout ce qui ralentit la croissance à première vue est souhaitable compte tenu de la fuite en avant actuelle, mais cela laisse le problème entier de la nécessité d’un changement de modèle économique et social. Une crise de cette nature peut (ou pas) produire des remises en question ; ce n’est pas l’épidémie elle-même qui peut apporter directement la véritable solution comme si une simple soustraction d’un certain nombre des forces vives de l’humanité pouvait suffire.

  4. Donc on a le SIDA, Ebola, le SRAS, le virus Zyka, et maintenant le SRAS 2.0. Y aurait-il un lien entre le comportement humain et ces nouvelles maladies ? Les 10 plaies d’Egyptes nous racontent elles juste une fable ? :
    https://www.youtube.com/watch?v=cuFqiZNg4Lw
    Sinon on peut soupçonner une vaste panique au niveau des autorités politiques face à cette nouvelle maladie. Et comme d’habitude des réponses déjà encodées dans l’organigramme institutionnel publique, militaire et étatique. Mais cependant de moins en moins adapté aux défis qui font face à l’humanité.

  5. Moi, au risque de paraître pour un cynique, je vois un aspect très positif de ce virus. La ville de Wuhan 11 millions d’habitants a baissé d’une manière drastique sa pollution et son taux de carbone émis ! sans compter un peu moins d’avions vers l’Europe et vice-versa ….
    Même si ce virus n’a qu’un lien éloigné avec la réchauffement climatique , il y a peut être un petit point commun qui est celui du capitalisme, de ces productions énormes confinées en si peu d’espace …..et voilà le petit virus qui vient réguler les populations ….

    1. Vous avez tout compris , dès que vous atteignez un certain seuil de population et que vous utilisez massivement des antibiotiques , toutes sortes d’agents mortels se développent , gaïa se transforme en némésis

  6. Les dernières infos du South China Morning Post, un journal d’excellente réputation, basé à Hong-Kong :

    – La Commission Nationale de la Santé admet que la compréhension de l’infection demeure limitée tandis que sa capacité à se propager est de plus en plus forte

    – Le virus est infectieux même en période d’incubation.

    https://www.scmp.com/news/china/society/article/3047701/coronavirus-contagious-even-incubation-stage-chinas-health

    1. « Le virus est infectieux même en période d’incubation »

      S’agissant des malades détectés dans d’autres pays que la Chine, tels Etats-Unis, France ou Australie, cela pose la question des mesures appliquées aux personnes qui ont été en contact avec les malades, et qui pourraient donc être à leur propre insu des porteurs sains – du moins pour le moment.

      En France, est-ce que l’ensemble des gens qui ont été en contact proche avec les trois malades détectés sont chacun placé à l’isolement pendant deux semaines – durée maximale d’incubation du virus suivant les premières données ? Si oui, cela devrait réduire fortement le risque de se retrouver devant une diffusion en exponentielle de la maladie.

      Si non, le risque ne semble pas exclu que dans un à deux mois la France ne se trouve dans le même genre de pétrin que la Chine. De même que Etats-Unis, Australie, d’autres sans doute…

      Car si isoler quelques dizaines de personnes de manière systématique et organisée semble relativement faisable – quoique dur pour les personnes concernées – en revanche en isoler quelques milliers ou dizaines de milliers, et des villes entières encore… n’est pas franchement réaliste, même pour un Etat autoritaire comme la Chine.

  7. Il y a aussi du rififi en France , je vois de mes yeux de plus en plus d’oiseaux de campagne en plein Croix-Rousse.
    Réfugiés climatiques avant l’heure et dans nos terres !
    Très mauvais augures Et je ne vous apprends rien.

    1. « Martingale semi-positive » comme on dit chez mon cousin matheux.
      Voir le lien sur la courbe du Sras que j’ai donné en lien ci-dessus.

      Ca implique qu’on pourra parler des hauts et des bas au moins autant que l’on peut parler de l’OL ou de l’OM dans notre championnat de foot (ou des sondages sur Villani, tant qu’à rester du côté matheux de la force).

      Sinon, la récurrence des épidémies actuellement rappelle un peu les récurrences de la peste du XVème au XVIIIème siècle, nombreuses, parfois circonscrites, pas toujours, pas toujours joyeusement (Marseille).

      1. je ne comprends pas ce laisser aller , avant il y avait mise en quarantaine systématique des voyageurs sur les iles du frioul au large de marseille , uenfois de plus ce système libéral risque de nous mener à la catastrophe

      2. Buziness iz business.

        R-à-v mais La police laisse même faire la traite des femmes dans certaines contrées plus ou moins obscures.

  8. Je n’ai rien à dire sur ce sujet donc je reste coi. En août dernier j’ai croisé dans la rue un de mes meilleurs copain de lycée qui a fait une belle carrière puisqu’il est responsable de la cellule d’intervention en urgence de l’institut Pasteur. Je ne vais évidemment pas le contacter maintenant pour aller boire un verre, il a autre chose à faire !

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