La crise du Covid-19 offre une opportunité de faire le capitalisme autrement, par Mariana Mazzucato

The Covid-19 crisis is a chance to do capitalism differently (traduction 99% DeepL), The Guardian, le 18 mars 2020. Ouvert aux commentaires.

Pour la première fois en une génération, l’État a le dessus. Il doit saisir l’occasion.

Le monde est dans un état critique. La pandémie de Covid-19 se propage rapidement à travers les pays, avec une ampleur et une gravité jamais vues depuis la grippe espagnole dévastatrice de 1918. Si aucune mesure coordonnée n’est prise à l’échelle mondiale pour l’endiguer, la contagion virale deviendra bientôt une contagion économique et financière.

L’ampleur de la crise exige que les gouvernements interviennent. Et c’est ce qu’ils font. Les États injectent des stimulants dans l’économie tout en essayant désespérément de ralentir la propagation de la maladie, de protéger les populations vulnérables et de contribuer à la création de nouvelles thérapies et de nouveaux vaccins. L’ampleur et l’intensité de ces interventions rappellent un conflit militaire — c’est une guerre contre la propagation du virus et contre l’effondrement économique.

Et pourtant, il y a un problème. L’intervention nécessaire exige un cadre très différent de celui que les gouvernements ont choisi. Depuis les années 1980, on a dit aux gouvernements de se mettre à l’écart et de laisser les entreprises diriger et créer des richesses, en n’intervenant que pour régler les problèmes lorsqu’ils se posent. Il en résulte que les gouvernements ne sont pas toujours bien préparés et équipés pour faire face à des crises comme celle de Covid-19 ou l’urgence climatique. En faisant par construction l’hypothèse que les gouvernements doivent attendre qu’un énorme choc systémique se produise avant de décider d’agir, les préparatifs qui sont entrepris au fil du temps sont insuffisants.

Ce faisant, des institutions essentielles fournissant des services et plus largement des biens publics – comme l’assurance maladie au Royaume-Uni, où des coupes dans la santé publique ont été effectuées pour un montant total d’un milliard de livres depuis 2015 – végètent affaiblies.

Le rôle prépondérant des entreprises dans la vie publique a également entraîné une perte de confiance dans ce que l’État peut réaliser de lui-même, ce qui a donné lieu à de nombreux partenariats public-privé problématiques, qui privilégient les intérêts des entreprises au détriment du bien public. Par exemple, il est bien connu que les partenariats public-privé dans le domaine de la recherche et du développement favorisent souvent les “superproductions” au détriment de médicaments moins attrayants sur le plan commercial, qui sont néanmoins extrêmement importants pour la santé publique, notamment les antibiotiques et les vaccins contre un certain nombre de maladies susceptibles d’exploser.

En outre, manque un filet de sécurité et une protection pour les travailleurs dans les sociétés où les inégalités augmentent, notamment pour ceux qui travaillent dans la “gig-économie” [les uberisés, ceux qui fonctionnent de fait à la prestation comme les intermittents du spectacle] sans protection sociale.

Mais nous avons maintenant l’occasion d’utiliser cette crise comme un moyen de comprendre comment câbler différemment le capitalisme [how to do capitalism differently, tournure presque enfantine suggérant le niveau de changement des règles du jeu]. Il faut pour cela repenser le rôle des gouvernements : plutôt que de se contenter de corriger les défaillances du marché lorsqu’elles se produisent, ils devraient s’employer activement à façonner et à créer des marchés qui assurent une croissance durable et inclusive. Ils devraient également veiller à ce que les partenariats avec les entreprises impliquant des fonds publics soient motivés par l’intérêt public et non par le profit.

– Tout d’abord, les gouvernements doivent investir dans, et dans certains cas créer, des institutions qui contribuent à prévenir les crises et à nous rendre plus aptes à les gérer lorsqu’elles surviennent. Le budget d’urgence du gouvernement britannique de 12 milliards de livres sterling pour l’assurance maladie est une initiative bienvenue. Mais il est tout aussi important de mettre l’accent sur les investissements à long terme pour renforcer les systèmes de santé, en inversant les tendances de ces dernières années.

– Deuxièmement, les gouvernements doivent mieux coordonner les activités de recherche et de développement, en les orientant vers des objectifs de santé publique. La découverte de vaccins nécessitera une coordination internationale à une échelle herculéenne, comme l’illustre le travail extraordinaire de la coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).

Mais les gouvernements nationaux ont également une énorme responsabilité dans le façonnement des marchés en orientant l’innovation vers la réalisation d’objectifs publics, de la même manière que l’ont fait d’ambitieux organismes publics tels que la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) aux États-Unis, qui a financé ce qui est devenu l’internet lorsqu’il a résolu le problème de la communication par satellite. Une initiative similaire dans le domaine des soins de santé permettrait de s’assurer que le financement public est orienté vers la résolution des grands problèmes de santé.

– Troisièmement, les gouvernements doivent structurer des partenariats public-privé pour s’assurer que les citoyens et l’économie en bénéficient. La santé est un secteur qui reçoit globalement des milliards de dollars du trésor public : aux États-Unis, l’Institut national de la santé (NIH) investit 40 milliards de dollars par an. Depuis l’épidémie de SRAS de 2002, le NIH a consacré 700 millions de dollars à la recherche et au développement de coronavirus. L’importance des fonds publics consacrés à l’innovation dans le domaine de la santé signifie que les gouvernements doivent régir le processus afin de garantir que les prix sont équitables, que les brevets ne font pas l’objet d’abus, que l’approvisionnement en médicaments est garanti et que les bénéfices sont réinvestis dans l’innovation, plutôt que d’être siphonnés vers les actionnaires.

Et que si des fournitures d’urgence sont nécessaires – comme des médicaments, des lits d’hôpitaux, des masques ou des respirateurs – les mêmes entreprises qui bénéficient de subventions publiques en période de prospérité ne doivent pas spéculer et surfacturer en période de crise. Un accès universel et abordable est essentiel non seulement au niveau national, mais aussi au niveau international. C’est particulièrement crucial pour les pandémies : il n’y a pas de place pour la pensée nationaliste, illustrée par la tentative de Donald Trump d’acquérir une licence américaine exclusive pour le vaccin contre le coronavirus.

– Quatrièmement, il est temps de tirer enfin les dures leçons de la crise financière mondiale de 2008. Alors que les entreprises, des compagnies aériennes aux détaillants, viennent demander des renflouements et d’autres types d’aide, il est important de résister à la simple distribution d’argent. Des conditions peuvent être posées pour s’assurer que les plans de sauvetage sont structurés de manière à transformer les secteurs qu’elles sauvent afin qu’ils s’intègrent dans une nouvelle économie, axée sur la stratégie verte du New Deal, qui consiste à réduire les émissions de carbone tout en investissant dans les travailleurs et en veillant à ce qu’ils puissent s’adapter aux nouvelles technologies. Cela doit être fait maintenant, pendant que l’État a le dessus.

Covid-19 est un événement majeur qui met en évidence le manque de préparation et de résilience de l’économie de plus en plus mondialisée et interconnectée, et ce ne sera certainement pas le dernier. Mais nous pouvons profiter de ce moment pour amener une approche des parties prenantes [stakeholder approach opposée à shareholder (actionnaires) approach] au centre du capitalisme. Ne gâchons pas l’occasion de cette crise.

– Mariana Mazzucato est professeur d’économie à l’University College London et auteur de “The Value of Everything

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46 réflexions sur « La crise du Covid-19 offre une opportunité de faire le capitalisme autrement, par Mariana Mazzucato »

  1. Le capitalisme , meme autrement ( a moins de jouer sur la signification du mot ) n est pas compatible avec un monde fini , un(e) économiste devrait a tout le moins comprendre ca !
    La croissance durable ca ne veut rien dire , la terre devrait pour cela croitre également , elle n en a jamais prit le chemin , comment le pourrait elle ?
    Il faut bien sur décroitre , en commencant par le plus urgent , les naissances !

    1. “Le capitalisme , même autrement ( a moins de jouer sur la signification du mot ) n est pas compatible avec un monde fini , un(e) économiste devrait a tout le moins comprendre ça !”

      C’est la thèse en effet d’un certain Paul Jorion.

    2. Bonjour,
      Ceci vient en contradiction (apparente) avec le phénomène d’expansion de l’univers, théorie “pour rendre compte du fait que l’univers ne se soit pas déjà effondré sous l’effet de la gravitation.”
      C’est histoire de titiller, mais ça me pose question cette histoire d’univers plus dense et plus chaud avant qu’aujourd’hui.

  2. Premièrement, le gouvernement doit. Deuxièmement, troisièmment, quatrièmement… et surtout : Cela doit être fait maintenant, pendant que l’État a le dessus. (en grasses, dit elle).
    Voilà notre défi. Les néo-libéraux SAVENT ce qu’ils peuvent encore faire, SAUF si nous sur-réagissons. Donc réagissons ! Oui, c’est vrai, on ne peut exclure qu’un régime d’extrême droite ne prenne la main sur l’Etat. Mais nous réagirons à temps…

  3. Elle devrait lire le blog de PJ et le bouquin de PJ et VBG
    Le capitalisme autrement…pffff

  4. Mazzucato dit : “s’employer activement à façonner et à créer des marchés qui assurent une croissance durable et inclusive. ” OK boomer, le but est donc bien de sauver le capitalisme grâce à la relance que vont devoir lui offrir les Etats (sous de beaux prétextes humanitaires).
    Business, pas “as usual”, mais business quand même… Intéressant de voir que se multiplient les études qui montrent que, en Chine en tout cas, le coronavirus va sauver des vies: “La baisse des concentrations en particules fines, calculait alors un centre de recherche norvégien, allait à elle seule sauver plus de vies (2.500 à 3.000 pour la seule province du Hubei, plus de 52.000 sur tout le pays ont indiqué des chercheurs américains) que le coronavirus n’allait causer de morts.”
    Je crois me souvenir que quelqu’un a dit qu’avec la capitalisme c’était une lutte à mort: lui ou l’humanité, un des deux devra disparaitre…

  5. Attendez tout ceci est bien joli mais combien d’années pour construire le nouveau système et les infrastructures nécessaires à son fonctionnement ? Vous pensez qu’on peut quitter notre ancien monde et entrer dans le nouveau comme on franchit une porte , d’un coup sec ? On n’a même plus le matos pour fabriquer des masques en papier ou des molécules simples comme du paracetamol ! Dans les tours d’immeuble ça bouillonne déjà au bout de 2 jours de confinement

  6. Ce texte ranime l’oscillation séculaire entre libéralisme et étatisme, sans jamais remettre en cause le fond du problème, le capitalisme. En suivant ses préconisations, on fera donc un peu plus d’URSS/RPC, un peu moins d’USA. La belle affaire…

  7. Pas convaincu du tout.
    Je vais me faire l’avocat du diable:

    1. Ce n’est pas le système économique qui est en cause, mais bien plutôt la démographie et le life style.
    Quel que soit le système économique, une croissance démographique infinie est impossible dans un monde fini, et le capitalisme n’est pas en cause (disons qu’il accélère l’arrivée à échéance du système, mais sur le fond il ne change pas grand chose à ce que ferait une économie de rationnement). Le problème, c’est l’amour du confort et la rivalité mimétique (et de ça le capitalisme n’est pas responsable), pas le type de système économique.

    2. Si l’économie humaine repose davantage sur l’exploitation de l’information (“créations intellectuelles”/”biens culturels” au sens large), qui est infinie, que vers l’exploitation de l’énergie ou des ressources, qui sont finis, le système capitaliste peut perdurer jusqu’à la fin des temps.

    1. L’exploitation de l’information ne se fait pas sans exploitation d’énergie et de ressources, mais sinon c’était bien tenté…

      1. Salut Dissonance,

        Rien à voir mais je profite de l’occase pour te poser une question :

        N’ayant pas encore transformé ma manière de vivre suite à mon changement de boulot, je ne perçois pas de manière super sensible l’effet du confinement. Pas de bouleversement majeur et pas d’empêchement majeur en ce qui me concerne. Mieux, finalement, des vacances au printemps c’est plutôt inespéré…

        Si l’on omet la sécurité que procure le fait d’avoir du pognon et un éventuel engorgement des néo-esclavagistes de la vente à distance, n’as-tu pas l’impression que tous ces gens vont se retrouver mutatis mutandis dans la peau du RSA-iste lambda ?

        i.e. peu de contacts sociaux, pas de sorties sinon vitales – eh oui, mettre le nez dehors coûte du pognon – pas de consommation ostentatoire ou compulsive, nécessité de développer des activités intellectuelles ou culturelles peu onéreuses à domicile, etc. Je pense que tu as saisi.

        Qu’en penses-tu ? C’est pas bien fait pour eux un p’tit peu ? Penses-tu que nous sommes dans ce cas plus résilients parce que déjà prêts ?

        Bon ça fait trois questions…

      2. Bon… je me serais passé du “mais sinon c’était bien tenté…”
        Pour quelle raison l’avez vous donc ajouté?

        Evidemment que l’exploitation d’information ne se fait pas sans exploitation d’énergie et de ressources.
        Mais il faut quand même moins d’exploitation d’énergie et de ressources naturelles pour produire un cirque, une pièce de théâtre, composer une musique, écrire et lire un livre, suivre un cours de ce que vous voulez, que pour fabriquer un 4×4.
        Certaines finalités que poursuit une communauté politique sont bien moins coûteuses en ressources et en énergie que d’autres. Et je ne parle même pas du mode de réalisation de ces fins elles-mêmes.
        De jure, le capitalisme (je simplifie le découpage de Paul, en le définissant simplement comme un modèle d’organisation et d’échange des biens principalement dominé par la recherche exclusive de l’accumlation du capital) est compatible avec les mêmes restrictions en matière de production que n’importe quelle économie dirigée (voire même avec n’importe quelle règle de rationnement en matière de consommation de ressources et d’énergie).
        La seule différence éventuelle, ce serait le coût du contrôle du respect de ces règles, qui interviennent alors, dans le monde capitaliste, comme des éléments de la structure d’incitation et comme des leviers auxquels devra s’adosser une stratégie concurrentielle (de conquête des marchés).
        Par exemple: l’imposition des normes d’hygiène dans les abattoirs, qui a ruiné l’immense majorité d’entre-eux, au profit des abattoirs qui avaient pu obtenir un prêt bancaire pour investir dans la mise aux normes. Ceci, en aucune façon, n’a changé quoique ce soit à la nature capitalistique de l’activité + économie de marché.

        NB: Je ne suis pas, à titre personnel, un grand fan du capitalisme, hein.
        Là n’est pas mon propos.
        Mon propos, c’est simplement de dire que le mode de production ou d’avance du capital n’est pas décisif si on veut exclure certains modes au détriment d’autres modes. Ce qui est décisif, c’est la démographie et le type de bien qu’on a le droit de produire (ce qui implique des arbitrages) ainsi que les normes de production de ces derniers.
        Si ces 2 conditions sont remplies, je ne vois pas en quoi un système capitaliste ou une économie de marché ne pourraient pas se poursuivre.
        L’argument de l’impossibilité d’une croissance infinie dans un monde fini est imprécis. Tout dépend de ce qui fait le moteur de cette croissance. Par principe, rien ne s’oppose à ce qu’une économie décroissantiste (non pas en P.I.B, ce dont on se fiche, mais en consommation de ressources) soit toujours de type capitaliste.

      3. Salut MéchantMonsieur,

        Vous modifiez deux fois votre définition du “capital” :

        1/ “un modèle d’organisation et d’échange des biens principalement dominé par la recherche exclusive de l’accumulation du capital” ;

        2/ “le mode de production ou d’avance du capital ” ;

        Or,

        Vous tombez ici sous le coup de la critique implicite de la définition du capital par Jorion “c’est la ressource qui manque (vos avances et votre accumulation) au bon endroit pour consommer ou produire”. Sauver une “économie de marché”, pourquoi pas dans une certaine mesure (administrée, ce que vous suggérez) mais pourquoi vouloir sauver “l’accumulation et les avances” qui en découlent (avec leurs petits, les intérêts), votre “capital” ?

    2. @ MéchantMonsieur : le “life style”, ah ben dis donc ça m’impressionne, purée ! (je devine le cadre sup qui cause le globish)

  8. Si quelqu’un, là-haut (?) veut faire autrement, il sait où demander de l’info. Il aurait même pu le faire en 2008 s’il avait vraiment voulu améliorer l’évolution du système,pas de l’écosystème, mais celle du système économique.

    C’est là que se situe le plafond de verre, celui qui assurre l’entre-soi, berceau de la corruption, du non-dit. ET qui mène à une défaite qui n’a rien d’étrange. ( Marc Bloch)

    Musique découverte ici

    Vampires “I’ve got expenses – We stand for the neightborhood – If you’ve got the balls, come on, mete mano….”

  9. Elle peut aider les élites anglo-saxonnes à faire leur transition, plus que l’extrême gauche du Labour (qui n’est pas très à gauche, malgré l’épisode Corbyn en cours d’achèvement)

    1. Donc en gros elle peut affaiblir le genou du capitalisme anglo-saxon,
      Capitalisme que le reste du monde (moins endoctriné ? Lula n’est pas mort, …) se chargera alors de terrasser, mais il faut l’affaiblir aussi de l’intérieur.

  10. Bonjour,

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/19/coronavirus-la-colere-gagne-les-salaries-contraints-de-travailler-par-leurs-entreprises_6033612_3234.html

    Les témoignages sont édifiants. Amazon surf sur la fermeture des magasins généraux !

    Le manutentionnaire a raison, travailler pour expédier des Tee-shirts en pleine crise sanitaire, j’hallucine.

    Ce gouvernement est hallucinant, je vous dis.

    En état d’urgence, on concentre les moyens sur le nécessaires, santé, énergie, eau, télécom, ordre, alimentation, production secteur alim et clès (masque, gel, medoc …) transport, puis ensuite on demande au reste d’assurer le maintient en l’état de ce qui existe, dépannage, gestion des stocks minimum, et on commence à envisager le rationnement avec sérieux (des centaines de millions de gens confinés…).

    Mais certainement pas de livrer des tee-shirts, des livres, du lubrifiant intime (allez voir classement 1 vente Amazon rayon érotisme) ou d’envoyer des types sur des chantiers déjà bien grade, avec un chiotte pour 20 personnes et un lavabo, monter des parpaings ! Si c’est moi qui fond les plombs ?

    Le type là haut, dit “QUOI QU’IL EN COUTE”, puis dés que les boites ferment, en dessous ça panique et dit “euh non, faut aller bosser démerdez vous” … Y sont tarés ou quoi ?

    Sérieusement même si il fallait foutre sur la table 1000 milliards rien qu’en France pour tenir tout le monde en sécurité, c’est tout juste 1/3 des sommes placés en Assurance vie et autres épargnes de la nation. C’est 50% du PIB de la Nation, mais mais mais en fait c’est que du pognon ! Y a pas eu de vraie crise en vérité en 2007 et avant, l’argent n’existe pas, personne (presque) n’a manqué de bouffe, de confort, service. En 1929, si il existait, rapport à ce machin qui brille et qui rend dingue, l’Or, et à cette époque les gens ont réellement dérouillé, immédiatement à l’effondrement. Donc on peut clairement affirmer de mon point de vu que le COVID 19 c’est le vrai pendant de la crise de 29, on va à l’effondrement, alors faisons dans le calme et dans l’ordre. Espérons que la suite ne soit pas dans le même genre que 29, mais avec les pimpins qui sont aux commandes, j’ai des craintes…

    A plus

    1. Paul Jorion : Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011), pages 30 à 43

      Le capitalisme

      Le capital est une ressource – le plus souvent aujourd’hui de l’argent – qui manque à l’endroit où elle est nécessaire pour permettre un processus économique, de production, de distribution ou de consommation. On remédie à cette situation de la manière suivante : celui qui est propriétaire de l’argent qui manque ailleurs, le prête à celui à qui il manque. Ce dernier s’engage à le lui retourner. En témoignage de sa reconnaissance, il ajoutera à la somme retournée, une somme supplémentaire, proportionnelle à la somme empruntée et à la durée du prêt (j’ai expliqué dans Le prix l’historique de cette logique à partir du métayage où le capital est constitué d’avances faites par le propriétaire au métayer [Jorion 2010 : 229-236]).
      J’écrivais dans L’argent, mode d’emploi :
      « On peut définir le capitalisme contemporain comme un système social caractérisé par l’existence de trois classes principales : celle des « capitalistes », détenteurs de capital (aussi « rentiers » ou « investisseurs »), celle des « patrons », (les « entrepreneurs » ou « dirigeants d’entreprises ») et celle des « travailleurs » (les « salariés », « employés », « associés », « membres de l’équipe », etc.), et par la domination au sein de ce système de la classe des « capitalistes », d’où son nom » (Jorion 2009c : 322).
      Le « capitaliste », généralement appelé « rentier » autrefois » et « investisseur » ou « actionnaire » aujourd’hui, est l’acteur qui procure le capital : celui qui fournit les avances à ceux qui ont un besoin économique de telles avances.
      Une fois la marchandise produite par l’action conjointe de ces trois groupes, dirigeants d’entreprise, salariés et investisseurs ou « capitalistes », elle est vendue pour la première fois sur un marché « primaire », généralement à un grossiste plutôt qu’à un détaillant. La différence entre les coûts de production et ce premier prix de vente, c’est le surplus : la plus-value qui se dégage et qui sera partagée entre ces trois parties prenantes en fonction du rapport de force existant entre elles.
      Le surplus se redistribue en deux temps : d’abord en intérêts collectés par le capitaliste et bénéfice revenant au dirigeant d’entreprise, selon le rapport de force existant entre eux, ensuite entre ce dernier et les salariés qui reçoivent un salaire, cette fois-ci aussi en proportion du rapport de force existant entre lui et eux.
      L’existence de ces trois groupes pourrait être jugée purement fonctionnelle : découlant simplement de la division sociale du travail, et on pourrait en effet imaginer qu’une multitude de systèmes économiques puissent être conçus autour d’un tel partage des responsabilités. Le fait cependant que le groupe détenteur du capital collecte des intérêts en récompense des avances qu’il consent, entraîne qu’il collecte toujours davantage d’argent et renforce du coup sans cesse sa position au sein des rapports de force présidant au partage du surplus. Le capitalisme est donc un principe inégal de partage du surplus où la position du capitaliste est prédominante, d’où le nom de « capitalisme » pour le système tout entier.
      Nous verrons plus loin que, soucieux de présenter la dynamique des sociétés industrielles comme consistant en une lutte entre deux classes sociales, celle des capitalistes et celle des prolétaires, Marx a confondu sous le terme de « capitalistes », trois groupes que je distingue : les « capitalistes » proprement dit que sont les investisseurs, les dirigeants d’entreprise et les marchands.
      J’ajoutais ceci dans L’argent, mode d’emploi :
      « Le système capitaliste combine donc plusieurs éléments : la perception d’intérêts qui fait que le détenteur de capital, c’est-à-dire le détenteur des fonds dont d’autres auraient besoin, peut faire “fructifier” son capital, autrement dit le faire grossir, en pompant par le truchement des intérêts la richesse produite par les travailleurs à qui ce capital fait défaut et qui sont donc obligés de l’emprunter, soit pour l’utiliser comme avances dans un processus de production, soit comme prix d’achat d’objets de consommation. Cette dynamique conduit à la concentration du patrimoine aux mains des rentiers, concentration que des politiques fiscales progressives s’efforcent d’endiguer mais dans un combat sans fin car perdu d’avance du fait de la capacité des plus riches à battre en brèche ces politiques en faisant peser le poids de leur fortune sur le processus démocratique » (ibid. 323 ).
      L’équilibre des forces entre capitalistes, dirigeants d’entreprises et salariés, s’est modifié au cours du dernier quart du XXe siècle avec l’introduction des stock options, mises au point dans l’intention explicite d’aligner les intérêts des dirigeants d’entreprises avec ceux des investisseurs. Les salariés dont la situation ne pouvait se maintenir en équilibre précaire avec les deux autres groupes que par des luttes, cessèrent de faire le poids et furent désormais spoliés bien davantage encore qu’avant par les deux autres groupes désormais étroitement alliés contre eux .

      L’économie de marché

      Il n’existe pas de rapport immédiat entre capitalisme et économie de marché. Le premier, comme nous venons de le voir, est un principe de partage du surplus où le détenteur du capital prévaut, alors que le second est un système assurant la circulation des marchandises, système fondé sur un double principe : celui du profit, autrement dit de la revente d’un bien à un prix plus élevé que celui auquel un marchand l’a lui-même acquis, et de la limitation du taux de profit par la concurrence, dont on affirme qu’elle assure que ce taux est automatiquement ramené au niveau de la rentabilité minimale pour le vendeur (ce qui ne garantit cependant pas qu’il y aura acheteur à ce niveau de prix).
      Le capitalisme s’exerce au plan de la production tandis que l’économie de marché est un mode d’organisation de la distribution. Ils portent donc sur deux moments distincts du processus économique : le capitalisme s’exerce au niveau du « marché primaire », où un bien est vendu pour la première fois, l’économie de marché ne portant elle que sur les « marchés secondaires », où un bien peut se revendre et s’acheter indéfiniment.
      Une marchandise est, dans un premier temps, produite. Elle accède alors à son marché primaire. Le premier prix qu’elle obtient – le plus souvent d’un grossiste qui n’est lui que la première étape de la marchandise vers le marché de détail –, comprend outre les différents coûts de production (la richesse préexistante rassemblée pour l’occasion), le surplus proprement dit (la richesse nouvellement créée) qui se répartit, comme nous l’avons vu, entre les intérêts perçus par le fournisseur des avances, le capitaliste, et le profit qui revient à l’entrepreneur ou « industriel », une fois déduite la part du surplus qu’il alloue à ses salariés. La marchandise ayant été mise à la disposition des marchands, ceux-ci l’acquièrent et se chargent de sa distribution sur un « marché secondaire ». Ils percevront en sus de leurs frais, leur propre part de profit.
      On évoque quelquefois le temps béni où un « juste prix » se créait du fait que le marchand exerçait sa retenue dans la recherche du profit. Si cette époque a jamais existé, le principe de la retenue – subissant le sort des autres bons sentiments – a en tout cas été perdu : le « juste prix » est sans rapport avec le sentiment de justice. Ce qui est censé contenir le profit dans des limites raisonnables, c’est ce que l’on a coutume d’appeler « concurrence » : l’effet combiné de la recherche par chacun de son propre avantage, sans souci des autres, voire dans la guerre de tous contre tous. Le mécanisme de la concurrence – pour autant que son bon exercice puisse être garanti par la puissance publique – est censé maintenir le profit du marchand au niveau le plus avantageux pour l’acheteur éventuel : celui de la rentabilité la plus basse possible pour le vendeur. La théorie exclut donc qu’il puisse y avoir de « riches marchands ».
      L’intérêt de chacun des marchands n’est bien entendu pas qu’il y ait concurrence : il y a au contraire avantage pour lui à ce que ses concurrents soient peu nombreux, d’une part pour voir croître sa propre part de marché, c’est-à-dire le volume de ses ventes, et d’autre part, justement, pour pouvoir majorer son prix, en l’absence d’une pression à la baisse due à la concurrence. Ajoutons que si la loi interdit le monopole et combat également les oligopoles constitués par des ententes entre un petit nombre de vendeurs fixant le prix, elle est impuissante devant les ententes implicites, sans concertation, qui peuvent émerger spontanément tant elles sont avantageuses pour les vendeurs.
      Une représentation de la formation du prix en termes uniquement de concurrence entre vendeurs néglige aussi le rôle joué par le rapport de force entre acheteurs et vendeurs dans la détermination du prix. Pour pouvoir comprendre comment celui-ci se forme, il faut prendre en considération l’équation complète et ne pas envisager seulement la concurrence entre vendeurs mais aussi celle qui existe entre les acheteurs. Comme j’ai eu l’occasion de le montrer dans Le prix, le nombre de vendeurs face à la demande va plus ou moins exacerber la concurrence entre eux en créant, s’ils sont nombreux, leur interchangeabilité du point de vue de l’acheteur. Leur nombre détermine une liquidité de l’offre, et plus cette liquidité est élevée, moins le rapport de force entre eux et les acheteurs leur est favorable. Et à l’inverse, la concurrence entre acheteurs définie par leur nombre face à l’offre constitue l’équivalent d’une liquidité de la demande qui, plus elle est élevée, moins le rapport de force entre les vendeurs et eux leur sera favorable (Jorion 2010 : 207-212).
      Le mécanisme de la formation des prix est donc plus complexe dans la réalité que dans l’explication que l’on en offre ordinairement en termes de simple concurrence entre vendeurs : ce sont la concurrence entre vendeurs d’une part, et la concurrence entre acheteurs d’autre part qui, confrontées, déterminent le rapport de force global entre vendeurs et acheteurs, déterminant du prix. On trouve en fait déjà l’explication de ce mécanisme chez Marx : « … suivant que la concurrence intérieure est plus forte dans le camp des acheteurs ou dans celui des vendeurs. L’industrie jette deux armées l’une contre l’autre ; chaque armée entretient, d’autre part, la lutte dans ses propres rangs, entre ses propres troupes. L’armée la moins affaiblie par les bagarres internes remportera la victoire » (Marx [1849] 1965 : 206-207).
      La concurrence joue bien entendu aussi entre dirigeants d’entreprise dans leur accès aux avances des investisseurs et dans la vente de leurs produits, même sur le marché primaire. C’est un aspect que j’ai volontairement mis entre parenthèses dans ma présentation du principe capitaliste de partage de la richesse économique nouvellement créée pour pouvoir en offrir une explication initialement simple. Il n’en reste pas moins que, comme on vient de le voir, il est possible de dissocier entièrement le principe du partage du surplus dans le secteur de la production (le capitalisme) de la logique du profit dans celui de la distribution (l’économie de marché) et on peut donc imaginer que ceux-ci s’étant développés de manière indépendante, ils continuent de le faire à l’avenir. Il n’est donc pas interdit d’imaginer que le futur de l’économie de marché se situe en-dehors de la logique du capitalisme, le principe de partage du surplus adopté étant différent ou bien les groupes en présence étant d’une autre nature que la division tripartite actuelle entre investisseurs, dirigeants d’entreprises et salariés. De la même manière d’ailleurs, symétriquement, le capitalisme aurait pu exister en-dehors de l’économie de marché, au cas par exemple où la distribution des marchandises se ferait en l’absence d’un marché résultant de l’interaction spontanée de marchands indépendants.

      Le libéralisme

      Le libéralisme est comme je l’ai dit d’entrée, une politique visant à optimiser le rapport entre les libertés individuelles et l’intervention de l’État dans les affaires humaines en vue de protéger ces libertés. Dans la pratique cependant, il existe un a priori : il est exclu d’office par les tenants du libéralisme que le niveau d’intervention de l’État puisse d’ores et déjà se trouver à un niveau optimum, et a fortiori, que l’on puisse découvrir à l’examen que l’intervention de l’État est en réalité insuffisante aujourd’hui et qu’il faille peut-être chercher à la renforcer. Le libéralisme, que j’ai appelé la « philosophie spontanée des milieux d’affaires » (Jorion 2007b), postule ab initio que l’intervention de l’État est excessive, et dans le cadre de la société civile, c’est-à-dire d’un État assimilé à une simple juxtaposition d’individus, atteindre l’optimum recherché consiste à réduire systématiquement et autant que faire se peut le niveau d’intervention de l’État tel qu’on peut l’observer aujourd’hui. Il est rarement précisé dans ce cadre selon quels critères l’on reconnaîtra que l’optimum a été atteint à la baisse, et c’est pourquoi la frontière est floue entre le libéralisme proprement dit, qui se prononce en faveur d’un État « veilleur de nuit », et les différentes variétés de l’ultralibéralisme, tels le libertarianisme ou l’anarcho-capitalisme, qui prônent que l’État disparaisse purement et simplement. Un important non-dit de l’ultralibéralisme est le souhait que l’État disparaisse mais en laissant intacts les rapports de force tels qu’ils existent à l’heure actuelle. Il s’agit donc en réalité, d’un conservatisme qui aspire à figer la hiérarchie sociale dans son état présent en une structure qui se perpétuerait éternellement.
      Le libéralisme invoque la « naturalité » de ses revendications : l’intervention minimale de l’État qu’il appelle de ses vœux correspondrait aux exigences de l’essence-même de l’homme. Mais lorsque cette essence-même de l’homme est décrite, il s’agit toujours d’un homme étonnamment a-social, fâché avec ses contemporains, et qui réintroduit dans l’univers domestiqué de la démocratie la logique de l’« état de nature » au sens de Hobbes, dont celui-ci notait que la guerre civile que traversait l’Angleterre à son époque offrait une bonne approximation.
      Ce sur quoi le libéralisme achoppe, c’est son ignorance du temps de réponse à une mise en application d’une restriction du champ d’intervention de l’État par la déréglementation. On peut en effet être engagé dans un processus de réduction de l’intervention de l’État et ne pas avoir conscience de la latence (l’inertie dans le temps) du système à l’impact de la disparition des règles qui ont été abrogées. Ainsi dans le cas des années 2000-2007, que Ben Bernanke, président depuis 2006 de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, a qualifiées de « grande modération » et dont Alan Greenspan, son prédécesseur, considérait qu’elle constituaient une époque de stabilisation inédite de l’économie, ni l’un ni l’autre n’étaient conscients du fait que le système s’était engagé dans un processus de fragilisation progressive en raison de l’expansion du crédit, générant des chaînes de créances conditionnelles les unes des autres, de plus en plus longues, dont chacune pouvait se rompre, propageant l’insolvabilité en amont, et générant du coup un risque systémique.
      L’ironie de la situation qui a résulté de la vague ultralibérale libertarienne du dernier quart du XXe siècle est que, comme les faits récents l’ont montré, un excès dans la déréglementation est capable en fait de tuer le système capitaliste lui-même, bien plus sûrement qu’une intervention excessive de l’État, en obligeant celui-ci d’intervenir au-delà de ses moyens financiers – conduisant à son insolvabilité et à sa faillite.
      Si le libéralisme est le moyen qui a permis historiquement à une bourgeoisie d’abattre une aristocratie, l’ultralibéralisme est alors le moyen qu’utilise une bourgeoisie – continuant de prôner les mêmes principes une fois sa victoire achevée –, de se reconstituer elle-même en cette aristocratie qu’elle a précédemment évincée. La manière dont ceci est possible est celle-ci : réclamer un plus grand progrès de la liberté dans un cadre aristocratique fondé sur les droits acquis initialement par la force, c’est offrir à l’argent le moyen de détrôner la force dans son rôle de vecteur de la puissance. Et ceci parce que l’argent, en permettant d’acheter un service, exerce un pouvoir de « commandement » identique à celui de la force (sur ce qu’en a dit Adam Smith, voir Jorion 2009c : 70 et Jorion 2010 : 36). Une fois la bourgeoisie en charge des affaires, continuer de réclamer un plus grand progrès de la liberté dans le cadre d’une société bourgeoise, c’est offrir au nouvel ordre qui s’est instauré, le moyen de se renforcer, autrement dit de permettre à cette bourgeoise triomphante de recréer un système semblable à l’ancien mais où ce serait elle qui assumerait cette fois le rôle d’une aristocratie. L’exercice de la liberté est en effet différentiel : ce que la liberté autorise n’est pas le même dans le cas du riche et du pauvre. En effet, le riche utilise comme une chose qui va de soi le pouvoir de commandement qu’autorise sa richesse. La liberté du pauvre se limite aux rêves de grandeur qu’il peut chérir en imaginant que l’on devient riche par un simple effet de la liberté, par le simple effet de le vouloir. L’illusion existe parce que de l’unique point de vue auquel on a accès quand on est pauvre, l’effet de levier nécessaire pour progresser dans l’ordre bourgeois est invisible.
      On oublie que si Marx affirme qu’une dictature du prolétariat sera nécessaire pour créer une société sans classe, c’est parce que la bourgeoisie arrivant au pouvoir ne partage pas elle cette ambition d’une société sans classe : le pouvoir auquel elle accède, il lui semble qu’elle l’a entièrement mérité, et les privilèges de l’aristocratie qui la révoltaient autrefois n’étaient pas répréhensibles à ses yeux pour leur qualité en soi mais seulement parce qu’ils n’étaient pas les siens.

      1. Cool, merci.
        Le capitalisme à l’agonie est l’un de vos 25 livres (sur ma liste) que je n’ai pas encore lu.

      2. Bonjour M. Jorion,
        Le marché des vins existe bien. Je demeure à une vingtaine de kms de Pomerol. Le terroir étant mes vins ne se sont jamais vendus comme le Pomerol. Si j’avais pu avoir la même superficie qu’à Pomerol, j’aurais peut être été capitaliste.
        D’autre part lorsque vous parlez de l’État, la commune est bien une entité étatique. Pourquoi cette dernière à classer mes terres enclavée en zones naturelles et a refusé de les soumettre à la construction.
        D’autre part les terrains à bâtir voisins en terme de superficie ont été diminués, c’est à dire que sur un terrain de 4500 m2, il a été possible de construire 3 maisons.
        Il faut revoir ce système de planification, cela va se terminer en guerre civile.

  11. Je pense à certains qui annonçaient l’explosion du prix du pétrole au cours de conférences magistrales devant un parterre de futurs “décideurs”. Ô mon Dieu incapables de lire la courbe des prix du pétrole qui écrivait en gros “je ne suis plus une énergie d’avenir”. Il côte 26$. Les indices sont englués dans une mare de pétrole. Les dernières gouttes vraisemblablement. Ça va pas suffire. Il va falloir sortir le bazooka x 10.

    1. En effet… c’est Dardot et Laval (Communs) qui cause et font l’analyse du “Nudge” notamment.

  12. Dans son bel article M. Mazzucato dit “pendant que l’État a le dessus”.
    C’est en effet décisif d’agir pour que nous mettions à notre tour des cliquets, essayer de ne pas recommencer.

    Or qu’avons-nous vu en 2008 ? Les États ont accru leurs dettes pour sauver les banques. Normalement il y avait une belle occasion de nationaliser un système bancaire devenu fou et parasitaire et je croyais avoir compris que celui qui mettait du fric devenait implicitement propriétaire. Ben non ! Le système financier avait déjà créé des trucs incroyables que je découvris les livres à Jorion : s’assurer sur ce que l’on ne possède pas par exemple. Et finalement c’était cette logique prédatrice qui continuait (privatiser les profits, nationaliser les pertes).

    Et pourquoi donc des principes élémentaires de bons sens ne s’appliquaient pas ? Un détour par les USA donne un indice : un État de droit a violé impunément les traités passés avec les Indiens qui furent en majorité exterminés. De même la France “humaniste” avec sa conquête de l’Algérie a volé des terres massivement (et pas mal massacré aussi).

    Ma thèse est que l’État est dirigé par une poignée d’hommes qui représentent des intérêts (il y a également les fameux visiteurs du soir) et ceux-ci sont déterminés par un rapport de force (eh oui c’est un effet de la lutte des classes). En 2008 (comme le prouve le discours de Toulon et ses suites) on a bien eu la démonstration que c’était impossible de nationaliser les banques et ensuite des les éclater en entités séparées.
    Je voudrais croire que désormais avec ces crises terribles, la leçon sera comprise et que nous n’admettrons plus de blabla, que puisque seul l’État peut agir et qu’il a le dessus, nous exigerons des comptes et de vrais changements. Dans le cas des banques : des nationalisations puis des démantèlements.

    1. Bonjour tout le monde,

      Le centre intercommunal action social du fronsadais a besoin de masques pour ses aides ménagères.
      Si vous en avez ou connaissez une adresse. Merci de prévenir le centre qui se situe à St Germain La Rivière en Gironde.

  13. Très belle vidéo Paul !

    Mais concernant les moyens d’y arriver, il faut impérativement que le prochain débat autour du capitalisme, dont nous devrions sans attendre changer le terme pour un nouveau, soit ouvert beaucoup plus largement… S’il est mené une fois encore à guichet fermé comme cela a toujours été le cas, et pas qu’en Occident, alors tout sera très vite plié…

    Une fois cette strate biologique de la crise systémique globale provisoirement dépassée, les autres suivront, notamment la strate climatique, et ceci dès l’été…

    Désolé…

  14. Bon une petite note d’espoir quand même,

    Beaucoup de nos semblables vont partir dans les jours qui viennent plutôt que prévu malheureusement, en revanche 60 millions de français strictement confinés chez eux pendant un mois, combien de nouveau semblables en pleines formes vont arriver dans 9 mois en France ? La classe en âge de faire des enfants représente en gros 22 % de la population soit en gros 14 millions d’individus soit en en gros 7 millions de couples, moins les pertes en célibataires, les capote, la pilule, je mise sur allez disons 1 million de couples, dont 5% iront à terme = 50 000 naissances ! Solde population 2020 positif, ouf.

    Ouais je suis grosse maille, mais c’est l’idée d’un bout de chou et sa frimousse qui compte.

    1. @ CloClo
      Eh oui “la copiosité du populaire” (Claude de Seyssel, vers 1450-1520)
      Voila une projection qui va sans doute ravir notre commentateur “Hadrien” 😉

    2. Par contre revers de la médaille du confinement, possibles tensions au sein des couples, maltraitance des enfants, etc…

  15. Meme pas 🙂
    Plutôt le “Des choes cachées depuis la fondation du monde” (qui contient une critique assez de Freud d’ailleurs).

  16. Je ne suis pas cadre sup. Je suis, pour ma part … sans emploi.

    Il n’y a pas d’équivalent français à ce terme.
    “style de vie”, ça signifie tout autre chose. Et “mode de vie” (peut etre ce qui s’en rapproche le plus d’ailleurs) ou “manière de vivre” sont équivoques ou moins précis.
    En cherchant une périphrase, je n’ai rien trouvé d’aussi “limpide”. My bad! (tiens je sens que le “my bad” aussi, on va me le repprocher 😉 )
    Après c’est vrai que le terme est utilisé, principalement (et occasionnellement), dans une certaine tranche d’âge : je dirais… les moins de 40 ans.

    P.S: ce n’est pas parce qu’un monsieur est (très très très) méchant que ça autorise à faire preuve de méchanceté avec lui ! 🙂

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