Un message d’Alexis Weigel de la librairie 47 degrés nord à Mulhouse

Ouvert aux commentaires.

Alexis Weigel habite Mulhouse, ville où les mesures restrictives ont été depuis plusieurs semaines bien plus strictes que dans la plupart des autres villes. Il est l’un des responsables de la librairie 47 degrés nord que je connais puisque j’ai participé à son Forum Latitudes en novembre dernier. Il écrit ceci :

« Le coronavirus rend la situation très compliquée à Mulhouse. Nous sommes tous en difficulté. C’est une tragédie qui est réelle et quotidienne pour tout le monde. Il fut un temps, comme à chaque fois, où la maladie semblait lointaine : « le mari de la vendeuse de la boulangerie l’a attrapé » entendait-on. Aujourd’hui, ce sont nos amis et notre famille, quand ce n’est pas nous directement. Je suis moi-même confiné à la maison depuis un mois en raison de ma fragilité pulmonaire et les précautions prises autour de moi sont infernales. Nous sommes tous concernés sans exception, et nous savons combien le personnel soignant est en souffrance absolue. J’implore je ne sais trop qui pour que le reste de la France soit protégé mieux que nous ne le sommes, parce qu’il nous est très difficile de décrire la tragédie que nous vivons telle qu’elle est réellement et de mettre en garde l’ensemble des gens.

La librairie a bien sûr fermé, nous espérons nous en sortir mais c’est le flou total pour l’avenir.  

Toutefois, on tente de maintenir comme on le peut un lien avec notre clientèle de manière originale, d’apporter quelques sourires, quelques respirations, et bien sûr des conseils de lecture.

J’ai donc proposé à des auteurs que nous avons déjà reçus dans notre librairie ou que nous admirons de nous enregistrer une petite vidéo de 1 à 2 minutes avec un mot pour les Mulhousiens, avec la présentation de leur livre préféré, de leur dernier coup de cœur littéraire, de leur lecture du moment ou n’importe quoi qui leur passerait par la tête…

On espère ainsi permettre aux gens d’ouvrir une fenêtre sur l’extérieur avec un petit plaisir quotidien, à travers les mots et les émotions de lecture de personnes que nous apprécions.

C’est un maigre réconfort pour les gens, mais il a le mérite d’être réel. C’est aussi un moyen original de soutenir, au-delà de notre seule petite librairie, toutes les librairies indépendantes qui entrent ces jours dans une phase compliquée et risquent de mettre la clé sous la porte ».

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19 réflexions sur « Un message d’Alexis Weigel de la librairie 47 degrés nord à Mulhouse »

  1. Entièrement d’accord pour appuyer des soutiens massifs aux libraires de ville.
    Espérons que le contrecoup de l’overdose d’écran qui nous est corono-imposée soit un désir de vrai livres, qui pèsent dans la main et dont on marque les pages avec ce sentiment d’ouverture que peu d’autres choses procurent.

    1. @ timiota,
      À la campagne, le livre n’existe pas, il faut aller au supermarché à 10kms pour avoir quelques livres plus ou moins intéressants.
      Comment le SDF sans argent, sans toit, sans internet peut il se cultiver. Il vit dans l’errance la plus absolu comme un animal.

  2. Le message est important aussi pour parler d’un foyer de virus intense. Le libraire ne dit pas tout, et la presse en dit très peu.
    En Belgique, le principal foyer est à Anvers et un foyer est présent aussi à Mons. Par contre Bruxelles est en situation moins préoccupante, bien que capitale touristique.
    Si on examine les chiffres par région (ce qui est un peu trop large par rapport à des « foyers ») , il y a 62% de cas en Flandre, 24% en Wallonie et 11 % à Bruxelles. (Alors que la Belgique compte 58% de ses habitants en Flandre, 32 % en Wallonie et 10% à Bruxelles selon Wikipedia).
    Et la courbe est en croissance en Flandre (+ 66% ce jour) et à Bruxelles (+ 12%) mais moins en Wallonie (20%).
    Là-dessus se pose la question de répartition des masques, comme il ressort d’un document révélé par Le Soir. Il semble qu’elle doive se faire selon des commandes datant presque d’un mois, dont trois magasins Delhaize (qui ont renoncé ou réattribué) !, mais ausi une grosse quantité à la police d’Anvers ! et une proportion très faible (+/- 5% en Wallonie…).
    Ne tombons pas dans la polémique, dit le président de région wallonne, mais on va en parler.
    Tout ceci pour dire qu’il y a des questions de situations régionales qui se posent et qui sont masquées. Mais que la transparence aurait du bon…

      1. @ Chabian

        Trop tôt et malheureusement pas « significatif » d’un point de vue statistique pour pouvoir se prononcer.

        Attention à un élément : les décès sont attribués par lieu de résidence alors que les hospitalisations sont évidemment renseignées en fonction de l’adresse physique de l’hôpital.
        Beaucoup de patients potentiels des Brabants wallon ou flamand par exemple seront hospitalisés à Bruxelles, ce qui tend à fausser les comparaisons.

    1. Chabian, une étude tend à démontrer que la pollution atmosphérique est un vecteur (particules fines). J’ai lu cette info qqpart sur internet. Ce qui expliquerait le nombre de cas de contaminations à Anvers (et à Mons?), et donc l’intérêt à porter un masque dans cette région?

  3. @Julien Alexandre,
    J’entends bien ce que vous dites, mais comment expliquer alors la situation à Hong-Kong, qui est incontestablement polluée, comptant quelques millions d’habitants, et où le port du masque qui y est généralisé a semble-t-il permis de contenir les effets du virus (quelques décès)?

  4. Vu comme ça, si on se crache au visage, alors oui, sans masque(s), nous risquons tous de mourir d’un manque de « savoir vivre » (lol)

  5. Il est question d’aide à la culture . L’idée m’est venue que l’accès à l’information « hors champ marchand » se révélait aussi en ces temps de crises comme un bien précieux , et Radio France se montre à la hauteur , même si elle n’a pas encore invité Paul Jorion pour tirer la substantifique moelle de l’actualité . Quand on sait les difficultés budgétaires qui agitent cet organe public depuis de longs mois , on peut renvoyer aux français l’intérêt vital à financer publiquement une fonction de base des sociétés , et exiger une plus forte contribution publique à la vie de cette structure ; Ce qui peut s’obtenir de plusieurs façons :
    – modifications des priorités budgétaires à budget national constant
    – ou accroissement de la ressource du budget national soit par modification de la fiscalité ( suivez mon regard ) , soit par augmentation de la redevance « audioviuel » ( qui est aussi ridiculement faible 138 €/an ) pour obtenir l’indépendance économique » d’un service citoyen plus intéressant que le pognon consenti individuellement pour la bagnole .
    Vive Radio France , service public dégagé de la nécessité des ressources publicitaires !

    1. Oui, mais même FunRadio arrive à diffuser en situation de confinement, alors que France Culture a perdu tous ses créneaux de direct.
      On comprend quelques raisons, mais l’assommoir France Inter (et Demorand / Salamé en particulier) c’est pas mon truc…

      1. Certains peuvent être tout autant assommés par notre blog préféré , ou le scientisme de Timiota , ou les conneries de Juannessy .

        Dans les deux cas l’issue est dans la diversité et la qualité de la modération .

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