4 réflexions sur « « Childhood’s End » (Les enfants d’Icare), la mini-série. Pourquoi ce massacre ? »

  1. Je ne vais pas vous aider. Mais quelques remarques.
    A vous lire, le film a été victime d’étasunisation ! Pas de critique de la religion, pas de héros noirs ou eurasiens… (suivi de francisation…).
    Un film est un enchantement d’images et de scènes, dont la cohérence du « propos » est très secondaire. Je dis cela parce qu’on a envisagé de prendre ma maison comme décor d’un film (c’est amusant, profitable mais angoissant : 100 personnes chamboulent votre intérieur pendant plusieurs jours… ) puis cela ne s’est pas fait chez nous. Nous avons beaucoup donné du temps en suggestion d’autres lieux de tournage que vous pouvez voir dans le film, en lecture, mais on n’a pas reçu même un ticket d’entrée ! On a reçu des versions du scénario, à discuter. C’est fou comme, à ce stade, cela parait léger, gratuit, inachevé, superficiel dans les relations et grandiose dans les décors… (film récent, inspiré de Blanche Neige situé à notre époque) . Cela n’empêche pas que l’assemblage puisse vous inspirer, et que vous puissiez partager des émotions (parfois fortes) vécues scène par scène. Prenons Ingmar Bergman (dont tout le monde se souvient de scènes fortes, je suppose :-)), et demandez vous si toutes les scènes du film ont une vraie cohésion ? J’ai pu voir un film sur le travail d’I.B. sur un de ses derniers films, et c’est bien la mise en scène d’une émotion qui préside à tout : gestes et mouvements d’acteur, décors, timing de la scène et de chaque image, musique… On peut donc troncaturer le film sans grand risque… d’insatisfaction finale. A la limite, mieux vaut être elliptique que de tomber dans les longueurs !
    Suggestion. Je lis très peu de fictions, et donc très peu d’utopies. Je voudrais signaler « Moi qui n’ai pas connu les hommes »de Jaqueline Harpman comme roman de ce type, qui m’a terriblement fasciné. Je vois que, selon Babelio : « Moi qui n’ai pas connu les hommes » est un conte philosophie dystopique. L’auteur imagine un « après » à notre monde « civilisé ». Peu d’informations sont fournies, comme un fait exprès pour nous encourager à faire jouer notre imagination et à concevoir ce rêve noir à travers un monde complètement stérile et inutile ».

  2. Bonjour monsieur Jorion,

    Je viens de regarder une seconde fois « Childhood’s End ». Je ne me souvenais pas l’avoir déjà vu, en général, c’est pas bon signe.

    Je n’ai pas lu le roman ni accès à la version longue, il va être difficile pour moi de produire un commentaire pertinent sur le seul mérite de la mini série. Encore que formellement on ne soit pas vraiment dans la série, il me semble. C’est plutôt du type « roman long » comme le « Seigneur des Anneaux ». Trois volets motivés uniquement par l’ampleur de la situation à couvrir. 4h30 de film, même pour des fans inconditionnels c’est parfois long…

    J’aurais en vie de dire que comme pour les adaptations en général, on est déçu. Les adaptations de King à cet égard, pour rester dans la littérature de genre, n’ont que rarement passé le stade du nanard de série B (sauf Stand By Me, qui est un petit bijou mais qui n’a rien à voir). C’est à mon sens le problème du fantastique en général et de « l’évocation » face à la « monstration » quand on passe de l’écrit au visuel. C’est un exercice périlleux et rares sont ceux qui y parviennent (le premier Alien par rapport aux suivants par exemple, Shining est peut-être un cas limite).

    Les effets que je suppose au roman de Clarke font un peu cousus de fil blanc dans la série et certains passages très elliptiques (dont le troisième volet) nous laissent un peu sur notre faim (sans vouloir spoiler). Ou bien il faudrait être volontairement plus « symbolique » moins « présentatif ». À la manière d’un 2001. J’ai lu peu de Clarke, je me rends compte. À part les « 9 milliards… » sans doute un recueil de nouvelles. Donc difficile de se faire un avis éclairé. Certaines écritures se prêtent de toute façon mieux à l’adaptation, je pense à Vance qui ressort plus du roman d’aventure que du domaine de l’anticipation où les interrogations sont plus philosophiques et donc difficilement réductibles à un spectacle. K. Dick c’est pareil, difficile de brasser les niveaux de réflexion quand on passe de l’écrit au cinéma…

    Bref, globalement c’est pas génial. Charles Dance est vraiment un très bon comédien. Mais tout cela ne va pas vous avancer beaucoup…

    P.S. Pourquoi en passer par cette fin ? Je veux bien que les voies de l’Esprit machin-chose soient impénétrables mais était-il vraiment nécessaire d’en venir à ces extrémités ? Une fois l’affaire faite. Y-a-t-il une motivation intrinsèque au roman ?

    1. Sinon à dégager la voie pour une autoroute interstellaire… auquel cas la réponse à ma question est 42.
      Et l’Esprit machin-truc un Juan terrassier intergalactique ! 🙂

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