Vie quotidienne – Les saints de glace

Ouvert aux commentaires.

Combien de temps avais-je consacré dans ma vie jusqu’ici aux saints de glace (Mamert, Pancrace et Servais) ? Zéro minute et zéro seconde.

Et c’est là donc l’un des avantages d’une période comme celle-ci : de nous laisser le temps de voir et celui de constater.

Wikipédia nous laisse entendre que les saints de glace sont une sorte de superstition répandue parmi les jardiniers et, oui : c’est vrai, en mai, il peut faire chaud dans la journée et encore froid durant la nuit, etc.

Pourtant, chères amies et chers amis, les saints de glace : Mamert, Pancrace et Servais, nous les avons bien ressentis dans nos chairs ces jours derniers !

Alors, les savantes et savants parmi nous, expliquez donc aux autres s’il vous plaît !

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33 réflexions sur « Vie quotidienne – Les saints de glace »

  1. Ce qui est sûr c’est que je me suis dit, en début de semaine : « pourvu que Jorion pose cette question dans sa rubrique la vie de tous les jours ». Quasiment dans les termes de l’énoncé. Faut que je songe à cesser la lecture de ce blog 🙂

    1. Ça me rappelle ce dicton ancestral que me répétait ma mère-grand : « Quand les saints de glace frappent fort, Lecuona et Jorion tombent d’accord »

      Comme quoi, ces dictons tombent parfois juste 🙂 !

  2. Les Saints de glace… mais aussi les Rogations à venir, les 3 jours précédant l’ascension… jadis, dans les campagnes, elles étaient très respectées et les paysans les attendaient pour semer la terre… enfin, après les prières…

    A la suite de calamités publiques qui s’abattirent au Ve siècle sur le diocèse de Vienne en Dauphiné, « le glacial » Saint Mamert établit une procession solennelle de pénitence les trois jours qui précédaient la fête de l’Ascension. Par une prescription du concile d’Orléans de 511, cet usage se répandit dans le reste de la France. En 816, Léon III l’adopta pour Rome et il fut bientôt étendu à l’Église entière. Les litanies des Saints, les psaumes et oraisons que l’on y chante, sont des prières de supplication ; de là leur nom de Rogations. Sans cesser d’implorer les bénédictions de Dieu pour toute la vie de l’Église, les Rogations sont devenues principalement, à cette époque de l’année, une prière pour obtenir l’abondance des fruits de la terre…

    1. « des prières de supplication ; de là leur nom de Rogations »

      Juste une petite précision sur ce « de là » qui est peut-être évident pour vous, mais qui a demandé un peu de réflexion à moi dont les cours de latin datent quelque peu 🙂 : demander se dit en latin « rogare »

      Ça peut être utile aussi à d’autres. Notamment ceux qui ont préféré le grec ancien au lycée 😉

  3. Ce dicton est utile aux jardiniers à condition bien sûr d’en comprendre le sens. Au moment des beaux jours du mois d’avril, le jardinier pressé est tenté de mettre en pleine terre des plantes qui craignent les gelées. Traditionnellement les dernières gelées pouvaient en effet arriver jusqu’à la mi mai, avec une certaine variabilité de date probablement liée au cycle de la lune.
    Force est de constater que depuis quelques années, le jardinier peut planter un peu plus tôt en saison (réchauffement climatique). Il peut se rassurer désormais grâce à la météo à 15 jours, tout en restant prudent.
    Cela n’écarte pas bien sûr le risque d’un dernier coup de froid avant la mi-mai…

    1. Le dernier coup de froid possible jusqu’à la mi-mai me semble l’explication plausible.
      Le mise en place des plants de tomates me semble emblématique
      Avant la mi-mai, ça démange de les mettre en place parce qu’il faut beau etc mais les plants végètent et risque un coup de froid à cause de l’écart entre température diurne et température nocturne.
      Lorsque j’ai eu à faire les enduits chaux de ma baraque, l’éco-artisan m’a dit : le mieux pour la chaux, c’est l’automne parce que l’écart entre température diurne et température nocturne est moindre en raison de la température plus chaude de la terre. Il ne semble pas absurde que le même phénomène joue au potager.
      En tout cas, je ne mets mes tomates en terre qu’à la mi-mai, après les « seins » de glace !

  4. Monsieur Jorion,

    Comme vous le savez j’aime bien l’expérience personnelle alors concernant les Saints de glace, voilà :

    Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion dans l’Orne – à l’ouest – de me faire un super potager sur bandes avec paillage et tout le merdier. Ça devait être 2011 ou 2012, en mars-avril des températures de 35°, pendant lesquelles j’avais préparé mon terrain. Début mai, toujours pareil, je lance mes plantations contre l’avis de mes voisins, locaux, pour qui il s’agissait d’être en place au premier juin avec des plants démarrés sous serre et prêts. On m’avait averti des Saints de glace mais, Breton, têtu et épargné par le climat, j’ai tout mis en terre.

    Le matin du 11, très tôt, je suis allé vérifier mon champ à une centaine de mètres de chez moi. Et ben tout était vitrifié. Cristallisé. Avec le lever de soleil, c’était très beau, tout scintillant. Mais tout était brûlé. Sauf les patates et encore, les échalotes et les oignons. Et le lendemain rebelote.

    Il s’avère que l’Orne, planquée des influences maritimes de la manche par le relief de basse-montagne qui la sépare de la mer (Suisse-Normande), est classée comme l’Est de la France avec trois bonnes semaines de retard sur nos régions bretonnes pour les plants et les semis, alors que nous ne sommes qu’à 1h30 de route (180km). Soit début juin et non début ou mi-mai comme par chez nous si on tient compte ou non des Saints de glace (côte ou intérieur des terres).

    Voilà, passionnant, non ?!

    Ça ne nous explique pas cette subite masse d’air froid, je vous l’accorde…

    1. Bretagne, Suisse Normande = massif Armoricain.
      Pour la Sibérie, je ne crois pas… 😉

      1. Salut François,

        Merci pour la précision. C’est sans doute la situation du relief qui explique cela, outre la basse altitude, le fait que le relief soit au nord de l’Orne, coupant des influences maritimes vers la Manche (département) et le Calvados, tandis que l’eau, ici en Bretagne est tout autour ! Peut-être les différences entre la Bretagne sud et celle du nord, soumise aux influences de la Manche, s’expliquent en partie par là aussi (massif au centre), non ?

        Enfin bon, je suis pas géographe. Je parle d’observations et de tentatives d’explication.

        Toujours est-il que pour la Sibérie, je suis assez d’accord, c’est là que j’ai eu le plus froid en France (-13°), de la neige tous les hivers (pensez à l’A84) et bien souvent une étuve l’été. Le Rustica vous confirmera le décalage de trois semaines au niveau plantations. C’est comme l’Est, la Picardie… Je dirais plutôt continental, ce qui est surprenant à 100km de la côte.

        Sur le relief lui-même, j’avais entendu parler d’un sursaut (deuxième élévation) à l’origine d’une particularité géologique du coin : le grès recuit. Je ne sais pas si on en trouve en Bretagne.

        Ces observations climatiques étant, l’Orne (ouest) quand on monte vers le nord (vers le Calvados), c’est super beau. Et si vous n’avez jamais sauté à l’élastique, la Souleuvre vous offre un panorama sublime et une chute de 61m. D’enfer ! Banzaïïïï 😉

      2. @2Casa
        Oui, un ‘micro climat’, j’crois qu’il y en a pas mal en France.
        Pas de connaissances particulières en géologie, mais un peu Normand/Breton. 🙂
        Le Massif Armoricain doit même ‘pousser’ jusqu’à la Vendée et l’Anjou, ce qui pourrait expliquer les vignobles du coin ?
        Et si je me souviens bien, l’un des ‘sommets’ de ce massif ancien, comme on disait au collège, se situe dans l’Orne.
        Me suis toujours demandé si Mortagne-au-Perche avait un rapport avec ‘montagne’… ?
        Les différences entre Bretagne sud et nord doivent aussi peut-être s’expliquer par le Gulf Stream, météo plus ‘normande’ au nord. 🙂
        Pour le saut à l’élastique, même dans le Vercors, euh non merci suis plutôt ‘terrien’, les vires ça va, le vide pas trop… 😉
        https://www.youtube.com/watch?v=dSxXXMzOH50

      3. Salut François,

        On se contentera d’amphores au fond des criques 😉

        Pour Mortagne, je ne sais pas. C’est plus l’est du département. Le bout du monde quoi !

        Bonne journée !

      1. Merci arkao, le massif Armoricain est même encore plus étendu que je ne le pensais !
        Une étonnante diversité géologique.

  5. L’Orne est d’ailleurs appelée dans l’Ouest la Petite Sibérie…

    Il y a aussi la Suisse normande…

    Sinon, suis-je le seul à voir dans les saints de glace un fétiche lacanien?

  6. Quand le ciel est sans nuage, le soleil de printemps brille dans la journée et il fait chaud, la terre irradie vers le cosmos la nuit et il fait froid.

  7. Dans l’est de l’ Ille et vilaine cette année, des plants de pomme de terre ayant poussés tout seuls en janvier n’ont pas gelés de l’hiver.
    Bien sur nous avons eu un hiver particulièrement doux cette année mais je pense que dans 20 ou 30 ans, on mettra systématiquement les patates en janvier pour les récolter de mai à juillet! Comme dans le sud du Portugal actuellement. Par contre il faudra sans nul doute se planquer bien à l’ombre tout l’été!

    Un conseil de jardinier: vous pouvez aussi mettre des patates en juillet pour les récolter à partir d’octobre. Mais il faut conserver de la semence de l’année précédente en bon état Le risque étant une gelée précoce ou bien le mildiou si l’automne est pluvieux . Mais ça marche assez bien dans les régions de l’ouest.

  8. Les dictons ont été le seul moyen de transmettre un savoir qui s’est perdu par manque de personnel

  9. Et ce n’est pas fini ! Avec tous les panneaux installés devant les caissiers et les caissières des échoppes nous en avons pour tout l’été des saints de plexiglas !

    1. La prochaine canicule fera fondre les Saints de Plexiglas… et tomber les masques… incompatibles avec la bronzette…

    2. Such a shame ! C’est pas une vie les saints de plexiglass, ni les saints d’ailleurs ou d’Yssy d’ailleurs, ne sont pas très moulineaux de toutes façons. Mais moulinés ils sont de fait Mister Liebig.

      Cheers !

  10. Fondre le plexiglas ? 159 °C pour un PMMA syndiotactique (les groupes ester sont alternés autour de la chaîne).
    Non conseillés (vapeurs zarrebi). Ou Saint-Diot Tactique, dit-on en Savoie.

    Sérieusement, il y a peut-être (« c’est ma théorie », comme Mathilde Serrell à FQ le matin) un schéma spatio-temporel.
    J’ai souvenir que toutes les périodes de Pâques en zone méditerranéenne, jusque début mai, sont « ratées » pour les vacanciers et touristes.
    En réalité, ce sont les dernières pluies importantes en zone sèche méditerranéennes hors orages,
    celles qui feront que garrigues et maquis finiront leur floraisons et feront le gros de leur pousse annuelle
    (tandis que les asphodèles attendront l’automne).

    Pendant ce temps là, le nord de l’Europe a du beau temps, pas si froid dans la durée (c’était même trop doux e en avril cette année).

    C’est toutefois la clôture de cette période qui se traduirait par un ippon-seoi-nage digne de Pif Gadget (Dr Justice)
    du jet stream, et a pour résultat de nous envoyer l’air polaire par une 4ème de hanche.

    1. ah, je croyais que ce n’était plus trop dans l’air du temps.
      Comme la bise entre collègues, ça commençait à rechigner avant le covid-19 qui va sans doute apporter le coup de grâce à cette pratique.

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