38 réflexions sur « La politique culturelle de Macron, par Chantal Montellier »

  1. Je mets, disons que je me permets, quelques pensées dans la bouche béante d’Olivier Py, je nourris son regard perdu de quelques images affligeantes :
    À bas la république bourgeoise !, vive le peuple qui saisira l’outil à extirper le cancer Tartempion-Le Pen, sus à leur police qui s’affirme et se complait, jour après jour, avec l’assentiment de leurs chefs, dans le fascisme. Et vive la Commune et les travailleurs qui ne veulent plus fabriquer de la merde pour les capitalistes au sein même de l’entreprise.

    1. Faire revivre l’esprit de la Commune, pourquoi pas, mais il faut se souvenir qu’il y a un peu moins de 150 ans, Paris connaissait la ‘semaine sanglante’, c’est à dire le massacre des tenants d’un système social par les tenants ‘du tout sera comme avant’, lesquels ont déployés des moyens financiers sans limites pour l’équipement de l’armée versaillaise chargée de la répression sanglante!

  2. A la mairie de Paris, c’est pas beaucoup mieux.

    Mme Hidalgo ne bouge pas le petit doigt pour sauver l’institution Boulinier bien connue de générations d’étudiants, de connaisseurs et et badauds férus de livres d’occasion.

    On y trouvait des pépites, tous domaines confondus. C’était un rare lieu de culture populaire dans le quartier historique des Universités, il y avait bien sûr les parisiens mais on y venait aussi de la banlieue pour y flâner le dimanche acheter un des livres pour enfants bon marché ou un Que-sais-je ?

    La disparition de cette librairie acte la mort du quartier latin, et c’est alors aussi Paris qui perd son âme.

    https://www.lefigaro.fr/sortir-paris/la-fermeture-de-la-librairie-boulinier-declenche-une-vague-d-emotion-et-d-indignation-a-paris-20200524?fbclid=IwAR2aYcPZqQYDA8HfEhpXegTjQoabT3kBwHbqh_XSFi9h-ZxmSFrrP7fLvG4

    https://www.change.org/p/mairie-de-paris-anne-hidalgo-non-à-la-fermeture-de-boulinier-bld-st-michel-paris?recruiter=55692592&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=psf_combo_share_initial&recruited_by_id=5b36cd10-be15-0130-8949-3c764e051fb4

    1. @ Pierre-Yves,
      Nous sommes très nombreux à partager ta désolation. Un jour j’ai vu fermer la librairie des PUF (place de la Sorbonne) remplacé par une boutique de fringues et la catastrophe culturelle commençait… Le Quartier latin allait mourir.
      Je ne me ferai pas l’avocat d’Hidalgo mais en ce cas elle ne peut strictement RIEN faire. On est au cœur du problème : la financiarisation et la marchandisation du monde. Ces librairies ont fermées car elles ne pouvaient plus payer leurs loyers. Et pourquoi ne pouvaient-elles plus payer ?
      Réponse simple : la spéculation foncière.
      La même qui a chassé les soignants ou autres travailleurs mal payés de la ville capitale.
      La solution serait en amont : reprendre la main sur la propriété foncière, la limiter, exproprier quand il y a « abusus », interdire la spéculation sur le foncier etc., interdire les trafics en tout genre (vers le bas : taudis très chers pour pauvres, vers le haut : apparts pour Airbnb). INTERDIRE !

      Mais interdire puis construire un monde libre implique de changer radicalement un rapport de force qui est actuellement à 1 contre 10.
      Ce monde bientôt sans lecteurs (gens très dangereux) et donc sans livres et donc sans librairies (merci Amazon) est à vomir.

      1. Jacques,
        Je ne peux que te donner raison sur les causes, mais il me semble qu’il existe des marges de manœuvre , même pour la mairie de Paris.
        L’encadrement (modeste) des loyers c’est elle, alors pourquoi ne pas encadrer les baux commerciaux des établissements culturels commerciaux d’utilité publique ?
        La librairie à l’origine de Boulinier fut crée en 1848, qu’on y songe, Baudelaire fut possiblement un de ses clients historiques !

      2. @ Pierre-Yves,
        es-tu sûr qu’elle puisse vraiment encadrer les baux commerciaux ? Elle, une pure socialiste, attenter à ce point à la liberté du commerce, qui on le sait, multiplie les emplois comme Jésus les pains ?

        PS- crois-tu que ce Baudelaire peut vraiment signifier quelque chose pour ces marchands du Temple ? Il a écrit des scenarii pour blockbusters ou non ?

      3. @Pierre -Yves Dambrine :

        « …établissements culturels commerciaux d’utilité publique  » Ça existe ça ?

        Autant que je me souvienne , pour la reconnaissance  » d’utilité publique » des associations , une des premières conditions , c’est de ne pas avoir d’activité lucrative .

      4. Ce monde sera bientôt aussi sans auteurs et sans artistes (gens très très dangereux, voire « toxiques » sic)… Un jour, l’un de mes éditeurs m’a dit: »Vous, Chantal Montellier, vous êtes une terroriste de l’image! »sic. En 45 ans de création, je n’ai jamais eu une seule exposition au festival d’Angoulême, (pionnière du dessin de presse féminin et de la bande dessinée adulte, féminine, et engagée), car, parait-il, « on invite pas les « staliniens! »sic. Je dessine dans la presse du PC… (Wolinski dessinait pour l’Huma, comme Charb et beaucoup d’autres, mais pour eux, pas de problème…!) « D’où tu parles? » questionnait-on en mai 68… Il semble que, de là ou reparle, aucune voix ne soit autorisée à sortir… Côté librairie, la Hune, librairie historique de Saint Germain, a été vendue il y a quelques années, dans l’indifférence générale, et a laissé la place à un « Yellow corner », vendant des posters de stars américaines à des touristes japonais…

      5. La présence de Boulinier au coeur du quartier St-Germain St-Michel pouvait passer pour une anomalie, à moins de penser que le libraire était son propre propriétaire (depuis 38 ?) dans un contexte où la zone était (récement devenue) reconnue touristique avec des privilèges d’ouverture.
        Des enseignes en difficulté avaient d’ailleurs déjà depuis quelques années cédé la place, la FNAC pour des fringues, et Darty pour des fringues puis Décathlon, plus loin Gibert semble céder la place à Sephora …
        Les librairies spécialisées médicales de l’Odéon et autres magasins d’accessoires ont depuis quelques années cédé la place aux magasins à touristes et autres Starbuck.

        D’ailleurs le mouvement d’exil du quartier latin vers les lointaines périphéries (Orsay, Saclay) date déjà d’un demi-siècle, à l’époque où les zélites décideuses rèvaient de construire à la campagne des campus à l’américaine, comme si le quartier Latin n’était pas un campus !

        Les librairies en centre ville universitaire sont-elles un bien/service public méritant soutien autant que des concessionnaires automobiles, ou des groupes transnationaux dont l’ingéniérie est de plus en plus partagée avec l’asie, la production délocalisée au maghreb ou en turquie, autre fois en europe de l’est, la capitalisation en partie chinoise, ou diluée dans un groupe transcontinent, le siège au Pays-Bas, et les perspectives d’emploi national déclinantes. …
        La bagnole que l’on veut proscrire en ville doit-elle être un bien subventionné pour les pauvres ?
        Pourquoi interdire ?
        et pas simplement verrouiller le foncier en l’acquérant (Etat, municipalité, université), fondation, crowd funding..) afin de préserver sa mise à disposition à des fins jugées utiles face aux menaces du quantitave easing générateur de spéculation sur les actifs.

    2. Elle ferme?
      je suis dégouté… j’y ai passé de nombreuses heures!
      Reste Gibert…
      Mais le quartier latin est mort depuis longtemps… dans les années 70 déjà ca sentait la fin.
      Il n’en reste rien. Ou presque.

  3. Je ne suis pas sûr que les cas du Festival d’Avignon et du Parc du Puy du Fou soient vraiment comparables, vu les dimensions du parc qui permettent une distanciation autrement plus poussée que le festival.

    L’argument du président de la République tel que rapporté dans les gazettes (1) c’était :
    «Il est scandaleux que le Puy reste fermé alors que les parcs zoologiques ou le Mont-Saint- Michel ouvrent leurs portes. J’ai pris la décision de rapatrier le dossier à l’Élysée et de le traiter en Conseil de défense. Parce qu’au Conseil de défense, c’est moi le patron.»

    Et il est vrai que le Puy du Fou est comparable à un parc ou à un monument, davantage qu’à un festival.

    Pour le reste, sur le plan culturel, pour moi c’est fromage ET dessert 🙂 L’ancien ET le moderne. L’Histoire ET le temps présent.

    1. Quid de l’attente du public dans l’un et l’autre cas? Quid du contenu, et des valeurs défendues? Quid des idées politiques véhiculées? De quoi Philippe de Villiers est-il le nom? De qui les « gueux » sont-ils les sujets?

      1. L’attente du public :
        – Environ 2,308 million s’agissant du Puy du Fou en 2019 (1)
        – Environ 0,688 million pour le Festival d’Avignon en 2018 (2)
        Le contenu :
        – Historique centré histoire longue pour le Puy du Fou,
        – Artistique centré spectacles récents pour le Festival d’Avignon

        Le point de vue du virus :
        – Puy du Fou parc aux larges avenues. Difficile à contaminer, sauf si les humains sont assez stupides pour maintenir la même densité de population dans les salles de spectacle – à suivre, donc sur ce point
        – Festival d’Avignon centre-ville aux rues étroites et foule dense. Facile à contaminer quoi qu’il en soit, même si le public respectait une distance de sécurité lors des spectacles

        Le virus, n’étant pas humain, ni même vivant à proprement parler, n’a rien à faire avec la politique. Il est prêt à contaminer toute personne qu’elle soit de gauche, de droite, optimiste, pessimiste, etc. etc.

        (1) https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/le-puy-du-fou-en-vendee-bat-son-record-de-frequentation-et-voit-gros-pour-la-prochaine-saison-1573846944
        (2) http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/festival-qui-veut-gagner-des-millions-a-avignon-14-07-2019-8116254.php

  4. La culture est politique, et non l’inverse. Sauf peut-être pour celui qui voudrait en imposer…

    1. Relation univoque donc .Je suis assez d’accord .

      Alors autant ne pas parler ( ni réclamer ) de politique culturelle .

      Sauf à considérer que c’est un bien essentiel ( en opposition à superflu ) et en passer par les gratuités chères à notre hôte .

      Comment on fixe « l’enveloppe » des efforts en financement communautaire nécessaire , et quelles sont les prestations et prestataires ainsi « alimentés » ? Sous quels auspices et quel contrôle ?

      Exercice pratique : trouver avant la fin de l’année , quelques milliards et la gouvernance pour assurer l’indépendance de Radio France.

      1. @Juanessy
        Pour ce qui est de la gouvernance et surtout de l’indépendance, l’imbécile macroniste acharnée, Sybille Veil, a montré son incompétence !
        Mais elle était précédée par un champion Mathieu Galet !
        Je n’ai pas de télé mais je m’intéresse à la radio et le meilleur blog radio c’est : https://radiofanch.blogspot.com/

      2. Politiques « culturelles », exemple: plusieurs de mes projets ont été refusés par la commission ad hoc du CNL, sans la moindre explication digne de ce nom, alors que dans le même temps, on pensionnait un Gabriel Matzneff à la hauteur de quelques 800 euros par mois!

      3. Oui, Alexis, tout ce que vous mentionnez est à prendre en considération et sans doute exact. J’en étais consciente en faisant ce dessin, qui est moins réaliste que symbolique, et imaginaire (Les 3 fameux anneaux de la « figure » lacanienne)… ce qui, n’est-ce pas, compte aussi ? Il me semble qu’il y avait toutefois des politiques plus « subtiles » à mener que de sabrer complètement le festival d’Avignon, mais cela aurait demander travail, moyens, et réflexion, qui n’ont pas manqués pour le puy-du-fou, il me semble… Mais le cratère de la raison est peut-être moins facile à explorer? Moins rentable…? Et surtout, plus risqué… on peut s’y brûler ses charentaises, voire, ses chausses…

  5. Que reprocher au « caudillo aux petites gambettes » ?
    Il est dans la logique de ses nominations Culture et Patrimoine et toujours dans son rêve, lui et sa cour dissimulée derrière ce fond bleu délavé, je suppose mais ici, il porte les « attributs » d’un monde mortifère, le grelot prévenant des pestiférés.
    C’est un peu d’actualité, non ?
    Je crois l’avoir déjà dit, ça ne rigole pas avec Chantal Montellier et non pas Montpellier, mais ça c’est mon Mac qui s’amuse à me fait des croches-pattes dés que j’ai le dos tourné.

      1. C’est un corona macronus, avec entonnoir à grelot pour prévenir des pestiférés, comme le fait justement remarquer Hervey, auquel décidément rien n’échappe.

  6. Chapeau Macron
    Hypothèse : l’entonnoir du fou (pas le fou du roi qui est souvent bien astucieux mais le fou imbécile qui se pense savant) sur la couronne royale ?
    Pour le grelot je sèche !

    1. Le sceptre et l’orbe grelottent aussi.
      Voila notre monarque paré des attributs du bouffon.
      Crime de lèse-majesté, madame Montellier 😉

      1. Oui, et je suis une multi récidiviste, c’est pour ça que je suis mise au ban par la police de la pensée. Paul devrait faire attention…

      2. Je fais attention. Et c’est pour ça que l’entretien jeudi avec Montellier va être annulé !!!

        P.S. Chantal, c’est une blague, seule la chute d’une météorite sur mon poste de travail empêchera l’émission (si je suis en prison d’ici-là, « quelqu’un » prendra le relais).

  7. Il faut se demander ce que Macron doit – ou pas – à chacun.
    Vous êtes-vous demandé ce qu’il est allé faire au Puy du Fou, en août 2016, quelques jours avant sa démission du gouvernement ?
    Qu’est-il allé rencontrer un Philippe de Villiers, chef de file des fondamentalistes cathos, ceux-là qui quelques mois plus tard feront investir Fillon à la primaire de l’UMP à la barbe de Juppé, pourtant favori ?
    En tant que ministre de l’économie, et donc du fisc, Macron avait l’arme fatale pour faire tomber Fillon. Juppé, c’était bien plus difficile, d’autant qu’il était bien plus « centré » politiquement que Fillon.
    Et comment convaincre de Villiers de le rencontrer et d’agir en sa faveur ? Par son frère, pardi ! Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, qu’il voyait quasi-quotidiennement à l’Elysée et toutes les semaines au conseil de défense. En échange de son maintien en poste après son élection. Quitte à s’en débarrasser après pour ne pas lui être redevable. Comme il s’est débarrassé de Bayrou pour mettre sa marionnette Belloubet.
    Il est donc logique qu’aujourd’hui de Villiers vienne lui réclamer son retour d’ascenseur.
    Quant à ces gauchistes d’Avignon, Y z’avaient qu’à voter pour lui en 2017 !

    P.S. je sais que certains ici vont vilipender mon complotisme compulsif. Qu’importe ! Qu’ils m’expliquent les motivations de la visite de macron au Puy du Fou en août 2016 !

      1. Sans oublier Arles (plus jeunette) pour les rencontres photos mais qui « faisait » plus voyager qu’Avignon et Aix. La Provence des 3 A. Plus tous les autres plus petits festivals qui ponctuent les soirs d’été dans la région.

      2. @Hervey :

        Mon clin d’œil à Aix était motivé par une certaine école militaire , et Yves de Bressy aura mieux compris l’allusion ( si je n’ai pas fait une erreur grossière et inconvenante ) .

    1. De Villiers avait avant les années 2000 une résidence à l’île d’Yeu. Je ne sais pas s’il la possède encore.
      Toujours est-il que en vacances dans une location pas loin de sa résidence, j’ai pu observer chaque matin la levé edu drapeau tricolore dans sa propriété, je n’ai jamais vu la descente en fin de journée ! Sans doute occupée à autre chose !

    2. Wha! Que voici ma lanterne éclairée. Merci Yves… Ou comment s’instruire avec un innocent dessin politique réalisé dans la plus totale ignorance (quoique…). Grace à vous je mourrai moins bête, (mais je mourrai quand même)…

      1. « Je mourrai moins bête, mais je mourrai quand même »
        je ne sais plus qui j’ai entendu citer Albert Camus récemment :
        « Il n’y a qu’une seule liberté, se mettre en règle avec la mort. Après quoi, tout est possible »

        Pour moi c’est fait. C’est pour ça que je ne vois plus que des possibles.

        « À ne plus savoir vivre avec le Tout, on ne sait plus Vivre du tout »…

        Vivement !

      2. Je ne sais pas si Camus , dans son règlement , avait prévu qu’il était possible de finir conement contre un platane ;

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