19 réflexions sur « Un avenir désirable, par Vincent Verzat »

  1. Il y a donc encore des jeunes optimistes (utopistes?). C’est bien.
    Je ne vais donc pas gâcher ce moment avec des réflexions de vieux grincheux désabusé sur la faisabilité du programme.

    1. D’autant que ce programme n’a de réalité possible que si c’est celui de jeunes nombreux . Voyons ce qu’en disent les moins de quarante ans du blog .

      1. Et encore davantage les 600 000 jeunes qui vont arriver en septembre , pour trouver un job en pleine augmentation historique du chômage .

  2. C’est à peu de choses près le point de vue d’un zadiste moyen, mis dans une forme « sucrée » pour ne pas trop effrayer les masses. L’auditeur attentif aura néanmoins relevé des notions fortes comme « sabotage » et « boycott », et deviné peut être aussi l’évocation d’une lutte contre un État (jacobin) qui loin d’être un rempart contre le capitalisme en est le principal promoteur. On comprend alors que quelques effets de manche et autres colloques intelligents ne suffiront pas.

    Accessoirement, cette vidéo fait voler en éclats dans les grandes largeurs la notion fataliste de « roue à cliquets » parfois évoquée sur ce blog en tant que TINA « alternatif ». Il n’y a pas d’alternative que pour ceux qui n’en veulent pas, mais chaque alternative porte ses contraintes: Le tout est de savoir quelles sont celles auxquelles on est disposé à se soumettre.

  3. Je n’ai pas encore pris la peine de regarder mais en général le grand escogriffe auteur de cette vidéo c’est un très bon publicitaire.
    Cependant les petits n’ont me semble t il pas besoin qu’on enjolive leurs avenir, ils auront le temps de l’apprécier par eux même.

    1. L’intention est tout de même excellente et le tout est bien ficelé. Et pour le rendre sympathique, signé l’handicapé de service.
      😛

  4. Zones d’ombre pas temps torride :
    les machines à laver (ça se voit que c’est un film d’homme) n’y sont pas évoquées.
    Et les protéines… pour 70 millions de personne en France (donc N donc engrais donc ammoniac…).

    Mais en effet, plein de composantes favorables sur les savoir-faires etc.

  5. Merci à Arkao pour: « Je ne vais donc pas gâcher ce moment avec des réflexions de vieux grincheux désabusé sur la faisabilité du programme ».

    Pour les autres… Vous êtes blasés à ce point les gars ? (J’écris « les gars » parce qu’à l’heure où j’écris il n’y a – apparemment – pas encore de nanas qui ont commenté). Vous trouvez pas que ce qu’il espère, c’est ce qu’il faudrait faire ? Vous ne trouvez pas qu’il faudrait les encourager, les petits gars comme ça, au lieu de systématiquement mettre le nez sur « il n’a pas dit ceci, il oublie cela, il est trop ceci, c’est un bon publicitaire », etc.

    Par exemple, lui conseiller, à lui et à tous ses potes (Extinction Rebellion etc.) l’excellent livre « Comment sauver le genre humain », co-écrit – c’est une chance – par un *encore* plus jeune que lui.

    C’est ce que je vais m’empresser de faire, juste après vous avoir posé la question centrale:

    Et vous, c’est quoi votre avenir désirable ?

    1. @Olivier
      Mon avenir désirable, c’est qu’à partir du dernier livre de Pj et des autres, de tant d’autres bouquins, des chercheurs de toute discipline, enfin écoutés, des vidéos, des pétitions, des comités, de l’institut Rousseau, pas Attali-Attila qui a commis l’erreur magistrale de propulser Macron… émerge une instance solide, capable de virer la macronie et de construire un avenir pour la planète dont chacun de nous n’est que le locataire.

    2. Tiens , ça aurait été une question intéressante à poser à Chantal Monteiller dans l’entretien passionnant du jour .

      Elle répondra peut être en dessin. En tous cas , à l’oral , elle a des choses à dire , la stéphanoise de Bouthéon .

      1. « Tiens , ça aurait été une question intéressante à poser à Chantal Monteiller dans l’entretien passionnant du jour »

        En effet mon cher Juan ! En fait, ce serait une question intéressante à poser à chacun des intervenants de la PJ TV… J’en fais aussitôt la suggestion au taulier.

        Et j’ajoute une autre suggestion encore : inviter Vincent Verzat à le rencontrer sur cette même PJ TV.

    3. Non, mais bien sûr que l’avenir que Vincent Verzat (dont j’apprécie beaucoup le travail) dépeint dans cette vidéo est désirable – enfin en tout cas en ce qui me concerne – d’ailleurs cela ressemble beaucoup à la vision de l’avenir tel que j’avais pu l’imaginé au cours d’une conférence donnée par Rob Hopkins où ce dernier avait demandé à son auditoire de faire un exercice d’introspection collective, consistant à imaginer personnellement à quoi ressemblerait son village dans 10 ans puis d’échanger avec ses voisins de siège immédiats le fruit de sa réflexion.

      Mon problème donc, ce n’est pas le monde qu’il décrit depuis un point de vue qu’il a choisi de situer avantageusement 10 années après l’effondrement systémique qu’il n’évoque qu’en filigrane (à sa décharge, il faut dire qu’il y avait déjà consacré une vidéo entière). Non ce qui personnellement me tient éveillé la nuit dans ce genre de récit d’anticipation, c’est la période de transition qui précède la survenue de ce « Brave New World ». Comme le souligne Dissonance, un appel à la formation de mouvements visant à précipiter volontairement l’effondrement systémique est lancé en des termes à peine voilés par l’auteur de la vidéo, ce qui ne laisse pas de m’interroger sur les affrontements et les troubles sociaux qui en découleront.

      Une question me hante : Combien d’épisodes dystopiques de Black Mirror, de Walking Dead ou de la mini-série « L’Effondrement » devront nous traverser et vivre dans nos chairs avant d’aboutir à cet avenir que nous désirons tant ? Et au bout du voyage, une fois que nous y serons, cet avenir sera-t-il toujours conforme à ce que nous avions imaginé au départ ou nous rendrons-nous finalement compte que nous l’avions très naïvement idéalisé ?

      1. Lutte pour un avenir désirable, avec la nécessité souvent de « faire de la place » pour ceux qui le veulent.
        Deux cas de figure, historiquement (mais)

        – La place est faite nolens volens par un vilain virus ou bacille (peste, yersinus), les survivants reconstruisent leur avenir dans un « monde creux », avec des gros interstices et des abondances inattendues (le bétail en 1350, « après »).

        – La place est faite en démantelant un groupe dominant socialement, l’aristocratie tsariste en 1917, par exemple.
        Ca fait de la place pour la redistribution des terres (grand moment d’adhésion des masses à l’égalitarisme, dixit Piketty), le partage des richesses en revanche n’est pas souvent positif en flux : il n’y a que le stock à se répartir, et les flux sont bousculés par la nouvelle donne (embargo, désorganisations, invisibilités des nouvelles prédations justifiées par les angles morts nombreux,…)

        Outre ces deux cas historiques, liés aux biens matériels et à la Terre, que penser de la même logique alors qu’une grosse partie de notre « capital » est dans des flux moins aisément taris : les flux de données, la capacité à y naviguer etc. J’entends que certains de ces flux sont extractivistes (GAFAM) mais pas sur les durées de 400 ans qui séparent Potosi (Ag, ~en 1600) et El Teniente (Cu, ~en 2000), pour ce qui est des extractions matérielles. Le fait que nous « surfions » sur des choses moins matérielles change la donne plus rapidement.

        La preuve (avec un doigt d’ironie dans le Cynar-bière que les alsacien.nes vont pouvoir reprendre en terrasse) c’est qu’il a suffi de 3 mois de confinement pour qu’on parle du « monde d’après ». En 1918, ou dans les confinements qu’il y a pu y avoir de ci de là auparavant, certes aucun ne fut aussi mondialement synchronisé, mais on n’effleura même pas la question du monde d’après. De toute façon, après la 1ere guerre mondiale, on construisait quelque chose : un état qui prend en charge un soubassement majeur, ce qui allait devenir l’état-providence ou welfare state. L’impôt passe alors de quelques % du PIB à 10-20% notamment grâce à de lourds impôts sur le revenus encor quasi impensables en 1900. Nous sommes dans un monde plus « construit » que le néolibéralisme a d’ailleurs loisir de déconstruire pour augmenter les inégalités.

        Cette accélération est donc aussi le signe qu’il existe d’autres manières de « faire de la place ». Outre la question évidente de l’énergie et de la biodiversité, la question soulevée par V Verzat est bien celle de l’arraisonnement d’une nouvelle cargaison de savoir-faire, d’un autre endroit « ou atterrir ». Il est important de voir que la place « vide » à prendre n’est pas tant que ça un hectare de terre agricole ici ou un appartement chic là, mais un mode d’existence aux savoir-faires, aux données et seulement en conséquence, aux objets et « à la nature ».
        Une troisième voie, mais donnée à voir comme différence aux deux voies du « renouvellement radical » que notre coin d’occident , pas inoxydable, a pu connaitre.

  6. Entre utopie « désirable » à un niveau tellement « localiste » (un « survivalisme collectiviste » ?), réducteur de la croissante complexité des rapports de forces, sociaux, « sociétaux », géopolitiques… qu’il infantilise l’émotion du premier abord, en capturant tellement bien le premier regard, qu’il s’égare au point qui m »est venu (à 53 ans) l’idée de me demander ; « mais pourquoi « l’exception culturelle » du « septième art » ne propose pas d’œuvre « culturelle » allant dans ce sens ? »…. et une « dystopie » inachevée, inquiétante, angoissante, vous laissant tellement dans l’impuissance, qu’il vous à l’esprit que la TINA n’aurait peut être pas tord… une « dystopie » du récit occultant tout ce que le reste de la misère du monde, et dans le monde, aura vécu durant cette « Histoire », aura du assumer seule devant une déresponsabilisation généralisée, des déséquilibres, commerciaux, monétaires, de « civilisations », internationaux, devant des déstabilisations des petites tentatives insuffisantes certes, mais indispensables, des échanges, solidarités, coopérations, mondiales… voila l’impression qu’il m’en reste…

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