55 réflexions sur « PJ TV : « Le monde d’après… » – Invité François Ruffin, le jeudi 4 juin à 18h »

  1. C’est intelligent, c’est par ce petit bout de la lorgnette, Ce combat simple et noble, qu’il faut commencer.
    Si le besoin de justice sociale née en même tant que le besoin d écologie, c’est tout bénef. Courage!

  2. Qui a dit déjà que, la plupart du temps, les lois votées ou les décisions politiques ne facilitaient pas en fait vraiment la vie des gens, ne tenaient pas vraiment compte des ‘doléances’ des 99% ( pour résumer)… ? 😉

  3. Je fais référence à la seconde vidéo « La colère froide de François Ruffin »

    https://www.pauljorion.com/blog/2020/05/29/pj-tv-le-monde-dapres-invite-francois-ruffin-le-jeudi-4-juin-a-18h-2/

    J’approuve François Ruffin. J’observe cependant quand Mélenchon exprime sa colère, et son mépris, face à des journalistes de bazar et aux ordres, il est jeté aux chiens alors qu’avec Ruffin, nous avons droit à une mise en valeur. A bon droit et bien mérité, il va sans dire. Mais tout autant pour Mélenchon.
    Je n’ai toujours pas compris ni admis le rejet, à l’unanimité soigneusement construite, de Mélenchon.
    Pourquoi une telle différence de traitement? L’un est légitime, l’autre est renvoyé aux ténèbres extérieures pour ses fautes impardonnables?

    Un coup d’œil rétrospectif à la politique Britt montre que Corbyn a subi le même traitement d’ostracisation que Mélenchon.
    Après quelques péripéties internes au Parti Travailliste , Corbyn a été remplacé par Keir Starmer, un homme compatible Conservateur ( c’est-à-dire de Droite), beaucoup mieux accepté par la presse de Droite. The Telegraph s’en est ébaubi sans retenue et n’a pas ménagé ses conseils sur l’évolution du Parti Travailliste. C’est peut-être un indice.

    1. J’ai assisté à une époque à un débat entre Jean-Luc Mélenchon et Jean-François Kahn, à Grenoble, si j’ai bon souvenir. J’ai déjà raconté ça, je crois.

      La salle était d’entrée de jeu entièrement acquise à JLM et durant le débat, ses arguments étaient de bien meilleure qualité que ceux de JFK. Pourtant en 20 minutes, il a retourné la salle contre lui. Pourquoi ? Ce n’est pas parce qu’il se mettait en colère, mais c’est parce que ses colères étaient complètement erratiques. Parfois il s’emportait soudain au milieu de son raisonnement, sans raison apparente. Parfois il montait sur ses grands chevaux alors que JFK n’avait proféré qu’une banalité, dans une attaque ad hominem totalement disproportionnée.

      Ce n’est pas la colère qui dérange chez JLM : c’est l’usage déconnecté et irrationnel qu’il en fait. Ce n’est pas le cas de Ruffin. Surtout pas dans le cas dont nous parlons : il se fâche à juste titre !

      1. « colères erratiques » : exactement ça ! Tu mets des mots sur un sentiment que j’éprouve parfois à le voir à la télé : par ex. agression verbale gratuite et choquante contres de jeunes journalistes…
        Je remercierai toujours Mélenchon d’avoir su créer la France Insoumise et d’avoir permis ainsi l’émergence de nouveaux talents, ou leur renforcement en étant élus député(e)s : inutile d’en faire la liste mais deux seront sur PJTV. C’est un très bon tribun, cultivé, mais il a visiblement du mal à se reconstruire dans l’échec.
        Il a également développé des soutiens idiots et mécaniques (type proSoviet à la belle époque du PCF) comme sa solidarité bolivarienne qui est pour moi inadmissible au vue des résultats pour ce pauvre peuple vénézuélien opprimé par des corrompus, ou récemment il a failli tomber dans le piège Raoult. De plus je ne digère pas sa xénophobie méprisantes contre certains peuples, en particuliers les Baltes qui à ses yeux auraient eu le tort de quitter le giron russe. Il a dit des imbécillités sur la civilisation européenne réduite pour lui à l’Empire romain, ce qui en exclurait tout le nord, tout ça pour nier le fait de la Chrétienté.

        Mélenchon a su bâtir un mouvement innovant pour nous aider à dégager la classe dirigeante (y compris le PS) et je pense que désormais il a droit à prendre une retraite bien méritée, quitte à donner ses conseils car il ne manque pas d’habileté politique.
        Mais il a dit qu’il tenait fermement le drapeau …dommage pour Ruffin …

      2. François Ruffin est un vrai humain , de la catégorie des gentils.
        Ça ne pardonne pas en politique.
        Même si je l’aime.

        Par contre Jean-Luc Mélenchon ne cherche pas à /ne veut pas/ne peut pas être aimé.
        C’est une grande qualité en politique.
        Surtout pour un troupeau bêlant qui se cherche un cornac.

        Je n’aimerais pas l’avoir comme chef.
        Sans doute sa meilleure référence.
        Et je ne dois pas être le seul.

        Surtout « à gauche ».

        Et donc…

      3. Enfin je comprends votre position sur Mélenchon ! Ce n’est pas trop tôt ! Les colères erratiques.

        A propos de lui, et c’est encore tout chaud, JLM vient de lancer sa chaine twitch aujourd’hui et voici sa première vidéo !

        https://www.twitch.tv/videos/635447269

        ET ON L’Y VOIT SOUPE AU LAIT EFFECTIVEMENT !!
        A un moment, Alors que ses techniciens lui avaient dit de tourner une molette pour voir l’historique du tchat de twitter, et qu’ il essaye en direct, ça ne marche pas, et immédiatement il se met à râler contre son technicien, mais lorsque celui-ci lui rappelle qu’il faut appuyer sur la molette en même temps que l’on tourne pour que ça fonctionne, aussitôt Mélenchon se calme, puis dit
        « Bon faut que j’arrête d’être ronchon ». VOUS IMAGINEZ VOUS SI C’AVAIT ETE LE BOUTON NUCLEAIRE ! Car c’est bien cela qui vous inquiète, surtout ne pas laisser le pouvoir à un fou. Que ce serait il passé en effet !?… RIEN… Il aurait cessé d’être ronchon avant de faire exploser la planète bleue …

        Vous en apprendriez beaucoup sur lui et sur d’autres sujets en regardant ces quelques 2 heures de vidéo.

        Cordialement

      4. Ah oui… le bouton nucléaire..!!.. celui qui sera sur sa table de nuit… « il » pourrait même faire un geste brusque et inattendu au cours inévitablement mouvementé de son sommeil perturbé… vous faites bien de le souligner , « on » n’est jamais trop prudent.

  4. Faites une expérience mais je ne la conseille pas si vous êtes un peu nerveux.
    Je viens de zapper sur les chaînes infos en continu… Je ne sais comment dire, c’est sidérant, de Zemmour et Onfray en Quatremer, ailleurs FO Giesbert, tous écœurants, inqualifiables pour rester dans les clous d’une modération… Ces gens éructent, causent, monopolisent.
    Quand je pense que l’on s’indignait de la propagande bêtifiante de l’URSS ! Faut-il que nos maîtres aient peur pour employer un tel matraquage médiatique avec ces nullards. Mobiliser des pensées uniques, standards.
    Croient-ils vraiment qu’un Quatremer (de LIBÉRATION , je rappelle!) va suffire à tenir le couvercle sur la marmite ? Quatremer qui dit ouvertement qu’on aurait mieux fait de sacrifier des gens âgés en moyenne de 80 ans, laisser ainsi les réa en saturation ? Abject et faux.
    Allez bon, pour vous rafraîchir, du Lordon :
    https://blog.mondediplo.net/ouvertures

    1. Zemmour, Onfray, Quatremer, Giesbert,.. qui donnent la nausée.
      Mélenchon avec ses malheureuses colères erratiques.
      Macron glaçant d’inhumanité, lisse, rigide, dépourvu d’affect, méprisant, indifférent à l’écologie et au social, fasciné par les chasseurs, partisan de la répression policière brutale et mutilante, imposteur, prétentieux, donneur de leçons, manipulateur, menteur… dans l’ivresse du pouvoir… Sa dernière trouvaille : la mise en place d’un collectif « d’experts » pour réformer l’économie mondiale…
      Heureusement, il existe des Ruffin, Autain, Lordon, Verzat, Montellier, Boeuf… et des comités en gestation, pour nous réconcilier avec l’humanité !

    2. « Je suis snob », Boris Vian
      https://www.youtube.com/watch?v=yFdYZQmQtcs

      A 2mn01s: « J’avais la Télé, mais ça m’ennuyais, je l’ai retournée de l’autre côté. C’est passionnant. »

      Retourner sa TV est différent de retourner sa veste. Le premier acte demande du courage… pas beaucoup, en fait.

      1. Chez mes parents, ma première télé en N&B, en 1967 (j’avais 15 ans) et depuis je ne sais plus m’en passer. De plus l’invention des écrans plats de grande taille sans remplacer en aucune façon le cinéma permet malgré tout de voir des films dans des conditions acceptables (avec HD).
        C’est comme de tout, faut savoir s’en servir.

    3. @ H4LG4ND

      A force de raconter des anecdotes et de les battre en neige jusqu’à la fiction onctueuse et disproportionnée, faites attention tout de même de ne pas vous étouffer avec car il est des gâteaux quelques peu toxiques et proprement indigestes.

      1. @Hervé Vous blabatez moqueusement un vent vide, je préfère les anecdotes du tribun.

        Il y a fort a parier que ce qui gène le plus chez JLM est qu’il n’est pas atlantiste, de la Crimée au Vénézuela on voit bien quels sont les alignements des uns et des autres.

        Egalement gène sa popularité, il ne faudrait pas que le peuple accède réellement à la gouvernance, dans ce cas tout est bon pour juguler l’intrusion, aux USA Obama préférait Biden à Sanders, ici PJ préférait Glücksman (lol) à JLM.

        Enfin, le gars des Flandres parfaitement éduqué supporte mal les mauvaises manières du pied noir, peut être lui rappelle-il même désagréablement un de ces supérieurs de l’époque où il faisait anthropologiquement du pognon dans la banque.

        That’s all folks

  5. Belle préparation pour un mandat supplémentaire en 2022. Pas trop de craintes pour Ruffin, il a fait du « syndicalisme parlementaire » (ou du parlementarisme syndical) son fond de commerce depuis le début, il a sa « fanbase », sa « communauté » comme disent les « influenceurs » sur les réseaux sociaux… Moins confiant pour Sonia Krimi qui part avec le handicap de l’étiquette « parti majoritaire (antisocial) ».

    Bon, en même temps ce n’est pas comme si le sort de l’un ou de l’autre m’importait, pas plus que les causes qu’il ou elle semblent défendre. On ne change pas de système en en changeant des détails.

    1. Dissonance,
      Que veux-tu, la classe ouvrière doit compter sur elle-même, avec la détermination qu’elle y mettra, je dirais à l’image de C. Montellier qui a dû se battre face à tant de saloperies, pour pouvoir exercer son métier, la violence des mâles, la violence du capitalisme intériorisant la division du travail etc. On a aussi de drôles d’hurluberlus pour une drôle de guerre, je vois par exemple Mordillat qualifier Friot d’extrémiste et l’écarter de fait de sa série sur le travail. Parfois j’ai vraiment mal pour la classe ouvrière devant tous les coups tordus. Heureusement la France peut encore s’orienter dans l’épais enfumage quotidien grâce à des types comme Lordon. Je te demande pas ce que tu penses de monsieur Attali………. ben quoi, on peut encore rigoler !

      1. Depuis que Lutte Ouvrière a intégré les ingénieurs dans la classe ouvrière , je me sens fondé à dire que la classe ouvrière commence à compter efficacement sur elle même quand elle se syndique , pour mettre en commun ses aspirations ( ses fins ) et ses moyens , dans un engagement responsable .

        Sinon on peut rigoler ( ou piéger la classe ouvrière ) pendant une éternité .

      2. Pas avec n’importe quel syndicat, il ne s’agit pas de mettre un doigt dans toutes les tartes, sachant qu’une partie d’entre-eux sont de vrais lèche-culs au service du chantage à l’emploi, bref, le combat politique du travailleur est fondé sur sa base. Qu’est-ce qu’on se marre.

      3. Je fais confiance aux ouvriers pour définir les syndicats dont ils ont besoin , et à leur capacité de donner sens opérationnel et altruiste à leurs besoins .

        Militant mais pas prosélyte .

      4. @octobre

        Dans sa dernière série d’articles « Perspectives », Lordon semble faire des clins d’œil de plus en plus appuyés à Friot. Dans le tout dernier, ça devient même explicite. Reste à savoir s’il y a dans la classe ouvrière suffisamment de personnes susceptibles de s’emparer de ces travaux et tenter de les mettre en application.

      5. C’est pour moi un des mérites de François Ruffin, de rester toujours en phase avec les gens travailleurs et gens des quartiers. Il parle de sa cuisine ? C’est évident pour la classe ouvrière qu’on reçoit dans sa cuisine (et pas dans son bureau !). Il fait parler des travailleurs d’abord, des intellectuels à la fin ? Bien sûr parce que la plupart des gens ne peuvent pas suivre un effort intellectuel d’un quart d’heure, sans penser : on me prend la tête. Il est avec les gens qui luttent, sans discours d’appareil aucun sur le syndicat. Son film Merci Patron est en ce sens admirable. Ce sont des petites gens qui font marcher l’arnaque envers Arnault et qui ont leur victoire. On ne fera rien de bon sans Ruffin.
        Je n’en dirais pas autant de JLM, plus cultivé et plus en recherche de « brillant ». Le coup de LFI en 2017, il fallait le faire et bravo à lui. Mais on ne sent pas que quelque chose se construit en dehors de sa parole… et que de nouvelles têtes s’imposent.

  6. Comprendre pourquoi Ruffin tout comme Autain s’intéresse à Mélenchon ( perso , humainement , pas ma tasse de thé) .
    Peut être parce qu’au delà de la forme , le fond est parfois excellent . Pas toujours , certes , mais par exemple , de la 26 eme minute à la 40 eme , juste très pertinent l’impertinent.

    https://www.twitch.tv/videos/635447269

    Sans contre pouvoir , sans vrai débat des idées , la république se transforme en royauté de type monarchie absolue.

  7. Sans rapport direct mais comme il est question de télé, je voudrais signaler un magnifique documentaire sur ARTE (et arte.tv), exceptionnel et passionnant. Il concerne un des plus grands romans du XXe siècle écrit par un géant de la littérature russe (encore trop peu connu en France).
    Titre : Le manuscrit sauvé du KGB
    « Vie et destin » de Vassili Grossman
    https://www.arte.tv/fr/videos/069061-000-A/le-manuscrit-sauve-du-kgb/

    Avec l’histoire incroyable du sauvetage de ce manuscrit, on peut découvrir, pour ceux qui ne les connaissent pas encore, l’écrivain Grossman et son livre. Je l’avais lu en 2012 et j’en avais parlé dans un billet de ce blog. Chaque fois que je l’ai offert ou conseillé, les lecteurs en ont été bouleversés, transformés. Il fait partie des livres phares d’un siècle, de ceux qui aident à comprendre l’Histoire mais aussi les destins personnels, en un mot, l’Humanité dans son ignominie et dans sa grandeur.
    Une information est donnée dans le documentaire sur le choix du titre par V. Grossman qui évoquait une tradition du roman russe : deux substantifs associés par & ─ comme Vie et Destin, Crime et Châtiment, Guerre et Paix …

    Si ce commentaire aura donné envie de voir l’émission puis de lire ce livre, ne serait-ce qu’à un, deux ou trois lecteurs du blog, alors j’aurais fait quelque chose d’utile ce samedi !

    1. Publié en français aussi, ses carnets de guerre:
      Vassili Grossman, Carnets de guerre. De Moscou à Berlin. 1941-1945, textes choisis et présentés par Antony Beevor et Luba Vinogradova, traduit de l’anglais et du russe par Catherine Astroff et Jacques Guiod, éd. Calmann-Lévy, Paris, 2007.

      1. @ arkao, merci de signaler aussi cet autre livre remarquable. Pas cité car je sais que le lecteur de « Vie & destin » aura envie de le lire à la suite !

      2. Vassili Grossman est un grand monsieur et un géant de la littérature, parfois en refermant ses livres j’ai eu cette impression du combat intérieur (entre l’obscur et la lumière) faisant écho à toute l’horreur du monde extérieur, du réel en ébullition, alors que lui il a une grande précision du langage et des faits. Sûr, que je me ferais un plaisir de regarder cette vidéo ce soir. Merci.

  8. Salut,

    Ce que je constate encore une fois, c’est que le sexe (genre) ne fait rien à l’affaire. Un homme s’emporte parce qu’on vide de sens son projet en faveur de femmes exploitées, et c’est une femme qui est narquoise.

    La solidarité, comme le combat sont de classe avant d’être de genre. L’égalité de classe effective amène de facto l’égalité des sexes, l’inverse est juste une rigolade sur le papier.

    1. Même si , de fait , le projet de loi concernait une majorité de femmes ( immigrés pourrait on rajouter ) , il ne pouvait qu’être asexué sous peine de rejet pour inconstitutionnalité .

      Ceci étant , la remarque est juste quand à l’attitude de la présidente de séance . On aimerait entendre dans le détail chacun des autres participants .

      1. @Arkao :

        Etrange appréciation laissée à l’appréciation des commentaires féminins .

        Un viol est un viol . Point .

      2. @Juannessy
        Oui bien sûr en ce qui concerne les victimes.
        Par contre le jugement de la société est autre dans les contextes de guerre.
        Depuis la plus haute antiquité, le viol des femmes des ennemis vaincus a été implicitement considéré comme une compensation accordée (par les dominants) aux soldats (dominés) pour le risque de leur vie. Un supplément au pillage et à la solde, censé attiser la combativité.
        C’est dégueulasse. La guerre est dégueulasse.

    2. @ CloClo,
      Vous faites comme tant d’autres à gauche depuis si longtemps une erreur fondamentale.
      La lutte pour l’égalité hommes/femmes est un combat crucial et l’égalité des classes ne peut suffire à l’égalité des sexes. Le patriarcat n’est pas réductible à la lutte des classes : le croire empêche de libérer la moitié de l’humanité de ses entraves néolithiques. Mais on avance et elles ne sont plus dupes des discours bienpensants des mâles de « gôche »…
      Revoyez la vidéo de Clémentine Autain, elle en parle mieux que moi.

      1. @ Paul,
        En fait, selon moi le problème serait dans la réduction de son discours à une mécanique : gagner la lutte des classes (l’égalité de tous) impliquerait atteindre l’égalité des sexes, automatiquement en quelque sorte (thèse de Cloclo). Je pense que justement Clémentine Autain qui se revendique aussi du combat féministe essaye de l’articuler avec les autres combats (société ET sociétal, l’un irréductible à l’autre ).
        Elle évoque ainsi le cas d’un femme noire caissière. Obtenir l’égalité des droits pour la caissière ne suffira pas ; il faut lutter contre le racisme et aussi contre l’oppression éventuelle de son mari à la maison.
        De même l’égalité raciale obtenue en Afrique du sud après l’abolition de l’apartheid n’a pas du tout permis de construire une société égalitaire et on a vu des corrompus noirs de l’ANC ramasser d’immenses fortunes. Rien malheureusement n’est mécanique.
        Il est bien sûr gênant pour moi de me faire ainsi l’interprète d’une personne que j’admire profondément mais pour essayer d’argumenter je voudrais citer ses paroles ( https://www.revue-ballast.fr/clementine-autain/ )
        « J’appartiens à la famille du féminisme matérialiste. Mon héritage, c’est plutôt Christine Delphy qu’Antoinette Fouque ou Luce Irigaray. Je suis du côté de Colette Guillaumin ou de Nicole-Claude Mathieu [auteure du concept « vitriarcat », ndlr]. Lorsque je lis Judith Butler, dont j’apprécie l’apport, j’ai toujours un bémol : je trouve son analyse performative très intéressante mais elle fait totalement l’impasse sur la dimension matérialiste de la domination masculine, situant sa réflexion un peu hors-sol. Mais je ne pense pas non plus que tout soit soluble dans un marxisme primaire. Delphy a relié lutte des classes et féminisme, en mettant notamment en évidence le mode de production domestique : j’approuve cette démarche mais, dans le même temps, il nous faut prendre en considération sérieusement la question des représentations et du symbolique. Le langage, le corps, le caractère performatif de l’appartenance de genre m’intéressent, à condition de ne pas marginaliser le pan économico-social. Il faut tenir les deux bouts : dire que le quotidien sexiste de la caissière de supermarché ne relève que de ses conditions proprement matérielles est une erreur ; dire que son quotidien n’est qu’affaire de déconstruction identitaire, sans parler de précarité ni de flexibilité, est totalement abscons. D’où le ET qui doit déboucher sur une interconnexion profonde entre les deux dimensions qui, en réalité, s’entremêlent et se nourrissent.
        C’est aussi ce que le philosophe Slavoj Žižek reproche à Butler.
        Oui. Mais moi je reproche à Žižek de réduire le féminisme à Butler et, surtout, de se moquer éperdument de l’égalité hommes/femmes, comme de l’antiracisme, des mouvements LGBT ou encore de l’écologie… Pour lui, vive la lutte anticapitaliste, et le reste après ! Les autres combats lui paraissent secondaires, et même dangereux car pouvant détourner du « combat principal ». On connaît la chanson, elle est vieille comme le marxisme.… Et on sait très bien où elle nous mène : à l’impasse. Certaines de ses analyses anticapitalistes sont absolument brillantissimes mais Žižek passe à côté d’éléments fondamentaux de notre époque, en marginalisant totalement la domination hétéro-sexiste, les dangers environnementaux ou la xénophobie»

      2. Lutte des classes ou lutte des sexes ?

        Un petit dessin de Chantal Montellier pour faire la synthèse ?

        Je crains que dans les deux cas ( il doit y en avoir pas mal d’autres) le vice originel soit le même : la peur et le rejet de l’autre comme sujet .

      3. @Jacques Seignan
        L’histoire du statut des femmes n’est pas linéaire du néolithique à nos jours. Il y a eu des hauts et des bas, dont la teneur fait l’objet de polémiques entre historiens, un peu parasitées par une recherche genrée (voir les ouvrages sur l’épisode de la chasse aux sorcières). Quoi qu’il en soit, il est globalement établi que la bourgeoisie industrielle à partir du XIXe siècle a relégué les femmes à un statut moindre qu’aux périodes antérieures.

      4. @ arkao,
        oui, cette histoire n’est pas linéaire mais vous conviendrez sans doute que s’il y a eu de hauts des bas, c’est relatif et que les « hauts » étaient toujours des « bas » par rapport aux hommes (avec l’exception des quelques régentes ou reines). Un bon exemple est donné par les peintres femmes vers le XVII et surtout XVIIIe : elles pouvaient plus ou moins exercer leur métier, être reconnues (cf. Vigiée-Lebrun) ensuite la chape de plomb au milieu du XIXe tombe sur elles. Lire à ce sujet :
        Artistes femmes, la parenthèse enchantée, XVIIe-XIXe par Séverine Sofio, ed. CNRS, 2016
        Voir aussi les beaux filmx de Céline Sciamma, « Portrait de la jeune fille en feu » ou celui de A. Amenàbar « Agora » sur Hypatie d’Alexandrie.
        On pourrait parle de madame du Châtelet brillante mathématicienne (n’en déplaise à Larry Summers), traductrice de Newton et qui ne reste plus connue la maîtresse de Voltaire (malgré l’admiration qu’il manifestait à son égard).

        Au fond je ne comprends pas la polémique historienne : les femmes sont dominées par les hommes depuis des millénaires, point/barre. La question serait de savoir ce qu’il en était pour les chasseurs-cueilleurs…
        Il est bien possible que nous soyons à ce sujet à la veille d’une révolution anthropologique ─ probablement liée à l’éducation, y compris chez nous.

      5. M’enfin Jacques,

        Ne renversons l’ordre des choses. A mon avis, lorsque les Classes sont égales, ça veut dire de fait que tous les être humains sont égaux, sans distinction de genre ou de couleur, d’intelligence, de capacités, de possessions et autres accessoires différentiels ridiculement cristallisants.

        L’égalité femme/homme ne résout donc pas la véritable problématique, puisque c’est différentiel. Ce qui n’empêche bien entendu pas de combattre en sa faveur, mais n’est nullement suffisant, contrairement à ton affirmation, la démonstration en vidéo juste au dessus.

        Y a une phrase pour cela, on ne met pas la charrue avant les boeufs….

        Sinon argumente, qu’est ce que le mâle de gauche loupe donc en disant cela ?

      6. @Jacques Seignan
        Faisons attention à ne pas confondre domination et répartition sexuée des tâches.
        -les hommes à la chasse, les femmes à la cueillette.
        -les hommes au labour, les femmes au potager.
        -les hommes à l’abatage du charbon au fond de la mine, les femmes au tri en surface.
        -etc.
        Aujourd’hui ces répartitions tendent à s’effacer dans beaucoup de professions y compris les plus dures physiquement. Pour autant, peut-on considérer qu’il s’agit d’une libération ?

        @Juannessy
        Le viol de guerre est une pratique millénaire. On sort du cadre de la discussion.

      7. @ Cloclo,
        je n’ai jamais dit des bêtises telles que « c’est suffisant » pour »résoudre » la problématique.
        En ce qui concerne mes arguments il suffit de relire ATTENTIVEMENT la citation que je donne d’une interview de Clémentine Autain.

        Je re-cite :
        «(…) il nous faut prendre en considération sérieusement la question des représentations et du symbolique. Le langage, le corps, le caractère performatif de l’appartenance de genre m’intéressent, à condition de ne pas marginaliser le pan économico-social. Il faut tenir les deux bouts : dire que le quotidien sexiste de la caissière de supermarché ne relève que de ses conditions proprement matérielles est une erreur ; dire que son quotidien n’est qu’affaire de déconstruction identitaire, sans parler de précarité ni de flexibilité, est totalement abscons. D’où le ET qui doit déboucher sur une interconnexion profonde entre les deux dimensions qui, en réalité, s’entremêlent et se nourrissent.»

        Rien à ajouter : que le mâle de gauche comprenne s’il peut.

        Je m’aperçois en me relisant a posteriori que j’oublie trop souvent d’écrire des petits mots (ou même des s d’accord). Vous, Cloclo, tout se passe comme si vous lisiez une phrase sur deux… Ah commenter plus vite que son ombre !

      8. Jacques,

        Entre des difficultés visuelles et un cerveau dévasté par beaucoup d’abus, je peux souvent écrire en oubliant des mots, lire en manquant des mots, effectivement.

        Maintenant j’ai bien précisé ce que moi j’entends par égalité de classe, si tu ne captes pas que veux-tu que je te dise, il n’y a rien de suffisant en rien jacquot. C’est bien toi qui a commenté un peu vite à la vérité et fait, comme régulièrement, des reproches projetés sans prendre au préalable la peine de savoir ce qu’il y a des les mots et idées développées par un intervenant, si éventuellement, et cela peut arriver, quelque chose n’est pas clair ou te sembler manquer.

        Ton histoire de représentation et de symbolique ne tombe pas du ciel et est le fruit d’une accumulation historique. En revanche très inversement mon cher, pour moi, l’égalité des sexes ne peut pas advenir sans l’égalité tout court entre les êtres humains. Quand bien même il y aurait une égalité parfaite des sexes, cela ne changerait rien à l’inégalité entre les êtres en général. On le voit tous les jours, les femmes comme les hommes ne sont pas mieux les uns que les autres en la matière. Alors que l’inverse est forcément juste. car il est le seul postulat dont dépend tous les autres. C’est quoi que tu ne comprends dans ce simple fait logique ? Pour moi, mais je te l’accorde je n’ai pas la lumière à tous les étages en permanence, lutter contre toutes les inégalités différentielles, c’est un travail qui peut être fait d’un coup en postulant l’égalité de classe = l’égalité entre tous (qui que nous sommes). Mais je me répète comme un disque rayé, comme un disque rayé, comme un disque r…

      9. Merci à Jacques Seignan pour ses interventions et citations de Cl. Autain. Par ailleurs elle dit clairement qu’il y a différentes luttes et qu’à un moment il faudra résoudre les différents et les conflits (et pas additionner béatement comme Chantal Mouffe).,
        Affirmer comme CloClo que l’égalité des classes sociales fera l’égalité de tous est une idée ancienne, par laquelle le mvt ouvrier a essayer de dénier aux femmes… l’égalité dans leur mouvement. Lire sur La grève des femmes de Herstal, grève sauvage de femmes en bas de l’échelle, méprisées par l’aristocratie ouvrière , qui ont dû s’imposer aux dirigeants syndicaux pour voir leurs cas traîté directement dans la négociation (elles y étaient absentes, évidemment) et non noyé dans une augmentation de 0,25 cents à tous, hommes y compris. Grève qui a eu un retentissement européen. Grève de 13 semaines si je me souviens bien. Contre leurs époux travaillant souvent dans la même usine. A qui les syndicats écrivaient : chers affiliés, vous êtes empêchés de travailler par un mouvement intempestif des femmes et c’est bien malheureux et nous faisons tout notre possible pour vous garantir une reprise du travail rapidement. En attendant, nous vous faisons un payement de chômage technique etc…
        La lutte des femmes racisées ne se résume ni à la lutte féministe ni à la lutte sociale. Leurs combats sont invisibles aux blanches et aux ouvriers noirs ou blancs. La lutte des classes sociales contre la domination bourgeoise est un combat essentiel; mais les différences autres, c’est à dire les dominations autres sont tout autant essentielles, et ne disparaîtront pas d’elles-mêmes car elles ont une autre histoire, un autre fondement.

      10. Chabian,

        Je suis désolé, mais tu alignes des successions de fausses évidences. Tu parles du mouvement ouvrier sans en comprendre un moindre mot à te lire. Il aurait dénié la liberté des femmes ? Mais qui, quand et comment ? Fantasme de bourgeois et de réactionnaire en vérité cette vision.

        Comme Seignan qui aime battre sa coulpe à la moindre occasion.

        L’égalité des Hommes, avec un H, c’est à dire des femmes et des hommes, c’est à dire des être humains, c’est une veille idée ?

        Vous délirez mes petits choux, et en fait vous ne faites que peiner à raccrocher les wagons de cette simple vérité, un être humain est un être humain, et cette simple vision, se suffit à elle même. Vous créez de factices divisions et de faux combats, parce que vous êtes empêtrés et noyés dans des schémas qui vous incitent à voir les choses de manière parcellaire et sans globalité.

        C’est votre vision de la lutte des femmes qui me paraît bien archaïque et faussée. Comme votre vision de la lutte des classes.

        Vous partez en vrille comme beaucoup en vous faisant les chevaliers blancs de la pureté redécouverte, mais franchement, vous ne montrez rien du tout.

        Je vais le redire encore une fois, l’égalité de classe est neutre, et celui qui ne capte pas cela, fait perdre son temps à l’émancipation de chaque être humain, quelque soit son état physique ou mental.

        Et si ça vous amuse de voir en ma description une perversion de l’idéal d’égalité, franchement, j’en ai rien à foutre.

  9. Si l’hôte du blog me le permet, je transmets ici un lien vers une série documentaire remarquable de la chaîne ARTE. A découvrir et à regarder pour mieux saisir l’époque qui vient. A travers différents portraits de femmes, d’hommes mais aussi d’enfants et d’adolescents, on accède à une radiographie d’une classe émiettée en voie de paupérisation qui ne comprend pas en bonne part ce qui lui arrive et qui s’interroge. Un moment fort en compagnie de nos contemporains aux figures émouvantes :

    Classes Moyennes : Les Rêves déçus :

    Film Arte – Partie 1
    https://www.youtube.com/watch?v=QCCRYgB3reY

    Film Arte – Partie 2
    https://www.youtube.com/watch?v=avUjTWIapHE

    Film Arte – Partie 3
    https://www.youtube.com/watch?v=H2blZFcNAas

  10. La « lutte des classes « me rappelle les peignées qu’on se foutait à la récré.

    Et puis en grandissant , c’est un combat que beaucoup refusent .Quel ouvrier n’a pas besoin d’un bon patron , quel patron n’a pas besoin d’un bon ouvrier ?Pourquoi compliquer les relations de travail en ne tenant pas compte , d‘un côté comme de l’autre , des intérêts de chacun ? Il arrive pourtant que ceux ci puissent coïncider à merveille , tout comme le ying et le yang , ou comme d’autres exemples à connotation sexuelle …
    Dans ce monde qui ne sait plus s’arrêter, est ce par souci de rapidité ( time is money ) que l’ultralibéralisme à supprimé ( plus souvent encore empêché) le dialogue , tout comme certains se passent de préliminaires?
    Tous égaux qu’on vous dit . Pas toujours vrai , pas vraiment dans la vraie vie . Tous différents plutôt , mais plus ou moins respectueux de ces différences , plus ou moins à l’écoute.
    Les révolutions sont souvent inévitables , pas les violences qui y sont souvent associées.

    A propos des milliards qui vont débouler via l‘union européenne , sait on estimer le nombre de chômeurs à moyen terme et le montant qu’il sera nécessaire de leur allouer ? Vu que misère et désespoir engendrent la violence , ça serait dommage de dire «  désolé , y’a plus rien pour vous , on a tout donné aux entreprises « 
    Bien gouverner , c’est prévoir .Pour les masques , avec beaucoup de bienveillance , on peut dire que ce virus
    était difficilement prévisible . Mais pour l’hiver qui vient …
    Parce que même dans les pays supposés riches :

    https://www.letemps.ch/images/photos/suisse/geneve-samedi-precaire-solidaire

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