Relancer l’aviation de masse est-il un crime d’Etat contre l’Humanité ?, par Cédric Chevalier

« Au total, les gouvernements se sont engagés à verser 123 milliards de dollars d’aide financière aux compagnies aériennes dans le monde », rapporte l’IATA, l’Association internationale du transport aérien, ce 27 mai 2020.

Et si on reprenait tout au début ?

Chapitre I

Les émissions de gaz à effet de serre détruisent nos conditions d’existence sur la Terre

Alors que nous luttons contre une terrible pandémie, une récente étude scientifique montre qu’un milliard d’êtres humains risquent de devoir migrer ou subir des chaleurs insupportables pour chaque degré supplémentaire de la température globale, dans les cinquante prochaines années. Ne rien faire, c’est accepter ce risque d’un milliard de victimes supplémentaires, migrants, malades ou morts. Comme l’a rappelé l’épidémiologiste belge Marius Gilbert,  « L’impact sanitaire du changement climatique est bien plus important que celui du coronavirus. Pour le Covid, on n’a pas hésité à imposer le confinement et à arrêter quasiment toute l’économie. Or, si on comptait les morts liés au réchauffement climatique comme on est en train de le faire pour le Covid, on se rendrait compte qu’il est plus meurtrier. ». Le réchauffement climatique fait de plus en plus de victimes, en aggravant les pénuries alimentaires et en eau, en accroissant les migrations, en exacerbant les maladies chroniques et contagieuses et, soulignons-le trois fois en gras, en augmentant le risque de pandémies.

Rappelons-le, le réchauffement climatique global est causé par les émissions de gaz à effet de serre engendrées par l’usage de combustibles fossiles et la réaffectation des terres par l’économie mondialisée. L’économie belge, en tant qu’économie ouverte parmi les plus riches du monde en PIB par habitant, participe activement à cette économie mondialisée, à l’usage d’énergie fossile, aux émissions de gaz à effet de serre (parmi les plus élevées au monde par habitant), et donc au réchauffement climatique.

Le soutien public au redécollage de l’aviation de masse est-il un crime d’Etat contre l’Humanité ?

L’industrie aérienne mondialisée est responsable d’environ 3% des émissions de gaz à effet de serre, mais son impact climatique est 2 à 4 fois plus élevé que ces seules émissions, et pourrait représenter plus de 15% du total mondial des émissions d’ici 2050, si les Etats ne décident pas d’interrompre volontairement sa croissance exponentielle. L’industrie aérienne n’a jamais vraiment été en transition. Elle n’est pas soumise à la fiscalité sur le carburant –elle ne paie aucune taxe kérozène-, elle ne paie pas sa juste part d’impôts dans les pays où elle opère -et génère des pollutions-, elle n’est pas soumise aux Accords de Paris sur le climat -et ne paie aucune taxe carbone-.

Or des aides mirobolantes sont promises et déjà octroyées à l’industrie aérienne partout dans le monde : des milliards de dollars et d’euros, en échange de « contreparties » plus que douteuses. Même les opposants à l’aviation de masse semblent timorés : « acceptons des aides mais con-di-tion-nées ! ».

Dans de nombreux pays, ne règne-t-il pas une détestable omerta autour de l’industrie aérienne de masse (il faut préciser « de masse »), intouchable, considérée comme un axe majeur de développement économique, et un fleuron industriel, autant par le patronat que les syndicats ? Les héros de l’aérien sont célébrés, entrepreneurs et autres serviteurs zélés de la cause aérienne, reçoivent les honneurs de la presse, des récompenses publiques, avec la complicité de médias béats et de ministres des aéroports. Trop de partis, même sensibles à la question environnementale, sont forcés de pratiquer la langue de bois, et d’accepter des accords politiques cyniques où l’on trouve des absurdités comme des « aéroports zéro carbone ». Trop nombreux sont les acteurs terrorisés par la réaction de citoyens et d’électeurs qui ont pris l’avion comme jamais au plus fort du mouvement climatique. On renvoie tout courage politique à l’Europe (taxe carbone, taxe kérozène). “C’est pas nous, c’est eux. »

Doit-on accepter que cela se fasse en notre nom ? Voulons-nous être complices d’un potentiel crime d’Etat contre l’Humanité ?

L’aviation de masse est une défaite pour la santé, la justice, l’emploi et l’économie

Non l’accès à l’aviation de masse n’es pas une « victoire du prolétariat » pour l’emploi et les consommateurs. En 2016, d’après le ministère de la Transition écologique français, 53% des cadres supérieurs déclaraient avoir pris l’avion au cours de l’année précédente. Dans le même temps, seulement 28% des employés et 19% des ouvriers avaient utilisé ce moyen de transport. Aujourd’hui, il est aussi à noter que 20% des Français n’ont jamais pris l’avion. Il s’agit là des personnes les plus modestes. Le low cost permet surtout aux plus riches de banaliser les vols en avion. L’industrie aérienne de masse est symbolique dans la lutte climatique. Elle s’apparente à un « luxe nihiliste », où les plus privilégiés émettent plus de CO2 en un seul vol, destiné au loisir, que la plupart des individus pauvres n’émettront en une vie entière, par leur activité de subsistance, tandis que ce sont les mêmes pauvres qui subiront la destruction « aérienne » de leurs conditions d’existence. L’actualité ne prouve-t-elle pas que l’on peut clouer au sol 90% de l’aviation du jour au lendemain, sans que personne ne meure ? Ne peut-on réserver une aviation résiduelle, bien plus soutenable, et payant le coût des externalités qu’elle engendre, pour les diplomates, les scientifiques, des missions de commerce international et un nombre de kilomètres de vols réparti équitablement entre tous les citoyens de la planète, sur leur vie entière ?

« L’industrie aérienne crée des milliers d’emploi. » Voici l’argument massue de l’emploi, qui coalise patrons et syndicats et terrorise les associations et partis un tant soit peu environnementalistes. Certains pays européens dépendent abondamment du tourisme international aérien de masse, et s’affirment même prêts à subsidier les billets d’avions des futurs touristes. Depuis trop longtemps, l’emploi, le profit et le pouvoir d’achat semblent valoir plus que la santé et la vie. Mais ce discours est insensé : allons-nous rouvrir les mines de charbon parce que cela « créerait de l’emploi » ? Distinguons immédiatement plusieurs éléments dans le « complexe aérien » : les travailleurs, les actionnaires, les entrepreneurs, les entreprises, les avions, les passagers, les entreprises de recherche et développement, les fournisseurs. Tout cela forme un système dont les éléments peuvent être décomposés et recomposés de manière bien plus vertueuse. La destruction peut être créatrice en économie. Bien sûr, chaque travailleur de l’aérien doit continuer à recevoir un revenu suffisant pour assurer des conditions d’existence dignes et assurer sa reconversion vers un secteur soutenable. Les actionnaires qui ont pris le risque d’investir dans une industrie insoutenable ne devraient recevoir aucune aide et assumer leurs pertes. Les entrepreneurs et les entreprises aériennes pourraient être aidés, mais uniquement pour réorienter leur activité vers le transport durable ou une autre activité soutenable, et accepter le phasing out de leurs activités insoutenables. Pourquoi utiliser tout ce talent, toute cette énergie, toute cette technologie, tout cet argent, pour détruire sciemment nos conditions d’existence collectives ? Pourquoi ne pas plutôt fabriquer des éoliennes, des vélos, des matériaux d’isolation ? Pourquoi ne pas employer le génie aérien pour régénérer la terre au lieu d’y mettre le feu ?

Les aéroports sont les futures mines de charbon du pays. Les banquiers centraux du monde ont mis en garde les Etats contre le risque d’un éclatement d’une « bulle fossile », l’effondrement des cours boursiers et de la valeur des industries les plus polluantes, dans les prochaines années, et le risque de se retrouver face à des « stranded assets », des investissements immobilisés et sans valeur aucune. Acceptons les « sunk costs », les investissements irrémédiablement perdus dans les aéroports. En économie, seul la valeur actualisée nette compte, et doit intégrer les externalités négatives. L’industrie aérienne aujourd’hui, détruit de la valeur, érode le capital sociétal et endette les générations futures. Sa valeur actuelle nette, « tous frais compris », est fortement négative. L’investissement de l’Etat dans le redécollage de l’aérien de masse, comme tout acte contraire aux intérêts des générations futures, devrait être constitutionnellement interdit.

Nous savons que certains habitants des pays du Sud sont pris dans un dilemme. Ils apprécient les liaisons aériennes qui les connectent mieux aux autres pays du monde et autorisent un tourisme aérien de masse, rémunérateur et pourvoyeur d’emploi. Mais rappelons-le, ce tourisme Nord-Sud repose sur des inégalités de revenus effroyables, une main d’œuvre sous-payée, presque « domestique ». Ce tourisme détruit souvent les écosystèmes des pays d’accueil, directement par la surfréquentation des espaces naturels et indirectement par le réchauffement climatique. Le tourisme aérien de masse est-il vraiment un secteur d’avenir pour le Sud ?

L’aviation de masse est incompatible avec les limites biophysiques de la planète

Enfin, les ingénieurs aéronautiques le savent parfaitement, il n’existe pas de technologie en physique qui permette d’augmenter la vitesse, la distance, la fréquence, le poids des déplacements aériens, sans augmenter la consommation d’une énergie hautement condensée. A ce jour, aucune alternative physiquement, écologiquement et économiquement viable à grande échelle pour remplacer le kérozène fossile. Le biokérozène est une option insoutenable, car sa production détruirait des millions d’hectare de nature et menacerait la production alimentaire. Sans restriction des vols, le climat sera complètement détruit avant qu’émerge une hypothétique et lointaine technologie « propre » de transport aérien de masse, si elle existe.

Réveillons-nous ! Cessons de banaliser l’aviation de masse et prenons conscience de son impossibilité. A quoi bon voler de plus en plus vite vers un crash sans survivants ? Ne laissons pas contaminer notre imagination si précieuse par un nihilisme si mortel ! Prenons conscience que chaque vol en avion consomme une partie du budget climat de l’Humanité toute entière. Comme au charbon, à l’amiante, à la cigarette, aux combustibles fossiles et à toutes les industries destructrices de la vie, faisons des adieux sans regret à l’aviation de masse.

Une autre forme de voyage, respectueux de la planète, est possible !

Nous en arrivons à l’illusion la plus difficile à dissiper : notre croyance, savamment entretenue par la publicité, le cinéma et les réseaux sociaux, que la multiplication des vols aériens augmente notre bonheur, que la fin de ce tourisme aérien nous priverait de voir le monde et qu’elle ferait de nous des « losers ». Rien n’est plus faux. Dissipons cette ultime illusion aérienne.

Une vie sans aviation de masse est possible, nécessaire et souhaitable. Est-ce un scoop ?, on peut vivre heureux sans prendre l’avion !

Les anciens passagers des avions découvriront d’autres manières de voyager, de voir le monde, via un écotourisme plus lent mais bien plus satisfaisant et mémorable. Ceux qui expérimentent déjà cet écotourisme peuvent en témoigner. Leurs plus belles destinations sont celles qu’ils ont parcourus à pied, en vélo, en bus, en train, en voilier. Ce sont les voyages les plus remplis d’amour, d’amitié, d’aventure, d’expérience, de gastronomie, de culture, de découverte, de dépaysement. Et puis la philosophie nous apprend que la destination est le voyage lui-même, qu’il faut en prendre le temps pour le savourer. Ralentissons. Prenons-le temps du voyage. Observons les paysages et les visages.

Nous pourrions réapprendre à vivre et à marcher sur le sol de notre fabuleuse, et unique, planète Terre, n’est-ce pas ?

Chapitre II

Que signifie alors le fait que ces aides soient malgré tout octroyées ?

Le moins que l’on puisse dire si l’on suit le fil du raisonnement éthique, scientifique et économique qui précède, c’est que les aides à l’activité aérienne de masse ne vont pas de soi, c’est un euphémisme.

Nous restons alors avec cette question philosophique fondamentale qui dépasse la question des aides aux activités insoutenables mais qui est symboliquement illustrée par ces aides : face à cette montagne d’arguments en défaveur des aides aux activités économiques « insoutenables/fossiles », comment expliquer alors que les gouvernements les mettent déjà largement en œuvre avec l’assentiment, au moins tacite, de leurs populations ?

J’énumère 4 hypothèses principales, dont les amateurs de philosophie reconnaîtront le caractère générique et ancien, que l’on peut relier à une forme laïque de théodicée, c’est-à-dire une explication de l’apparente contradiction entre l’existence du mal et une certaine rationalité scientifique, politique et éthique qui voudrait que le bien prévale :

1) L’hypothèse d’une certaine forme dure de déterminisme historique, matériel. Les gouvernements n’ont jamais été des gouvernements. Nous avons prêté au concept et à l’entité pratique de « gouvernement » une puissance d’agir dont aucun gouvernement n’a jamais disposé. De façon analogue aux thèses philosophiques qui estiment que le libre arbitre n’existe pas, cette thèse estime que le gouvernement des sociétés n’existent pas pour prendre le cas extrême. Soit que l’on ne peut pas (auto)gouverner une société, ni d’en haut (dictature) ni d’en bas (démocratie réelle). Les humains sont collectivement les jouets de forces sociales déterministes qui les dépassent pour l’essentiel. Comme les autres formes de vie, ils épuisent le substrat vital de leur environnement jusqu’à atteindre un développement de population et de consommation des ressources maximal. Nous serions comme les bactéries dans une boîte de Petri en somme. Il est normal que tant qu’il y a de quoi produire du kérozène, des pilotes, des travailleurs, des infrastructures, « la machine tourne » ou plutôt « vole » dans un tel monde déterministe. La « vie » se déploie autant qu’elle le peut. Ethiquement, cette hypothèse nous invite à nous libérer de toute culpabilité individuelle et collective. « C’est ainsi, on n’y peut rien ». A la limite on peut trouver quelques degrés de liberté pour chercher son bonheur individuel dans une société qui s’impose à chacun et à tous. Volons puisque nous y sommes forcés !

2) L’hypothèse d’un déni cynique de démocratie. Les gouvernements officiels ne sont plus des gouvernements au sens où nous l’entendons dans nos démocraties, ce ne sont pas eux qui président aux destinées de la Cité désormais mais des groupes d’intérêts particuliers, hors des gouvernements. Même des gouvernements conscients du caractère insoutenable de l’aviation de masse et éthiquement responsables de leurs actes face à leur population tout aussi consciente et responsable, ne sont plus en mesure de s’opposer aux groupes d’intérêts minoritaires qu’ils soient industriels, capitalistes, financiers, etc. Nos gouvernements sont impuissants, soumis à ou remplacés par des intérêts particuliers et forcés d’accepter que l’intérêt général soit bafoué. Et ces intérêts ont intérêt à ce qu’on vole en masse, car ça leur rapporte de plantureux dividendes et salaires (on peut donc y associer capital et travail, patronat, actionnariat et syndicats sans être naïfs) et qu’ils estiment qu’ils pourront échapper aux conséquences mortelles de la destruction écologique causée par l’aviation de masse. « Privatisation des gains, collectivisation des pertes » est insuffisant : « privatisation des gains chez nous, privatisation des pertes chez vous » !

3) L’hypothèse de l’inconscience démocratique générale. Nous sommes toujours en démocratie dans cette hypothèse : le gouvernement reflète grosso modo la volonté de la majorité. Mais la majorité des citoyen.ne.s, partis et ministres présents dans les gouvernements nationaux, européens et dans le monde n’ont toujours pas conscience de l’urgence écologique et de la menace existentielle, multidimensionnelle, qu’elle fait peser sur les sociétés humaines. La démocratie est globalement aveugle à cette urgence et cette menace. Il existe de nombreuses variantes possibles de cette hypothèse, en fonction des maillons « incompris » de la chaîne causale qui va du fait de prendre l’avion au fait de déclencher la mort d’êtres humains (voire l’extinction de l’espèce à moyen-long terme). Certains ne « font pas la liaison (aérienne) » entre un geste individuel qu’ils jugent « anodin » et un meurtre (de masse). Les conséquences semblent tellement éloignées des effets, la complexité est telle, les dégâts sont tellement neufs, que le sens de la responsabilité éthique est difficile à construire. En bref, nous n’avons pas compris que fournir des milliards d’euros ou dollars aux compagnies aériennes est incompatible avec l’action responsable face à l’urgence écologique, qu’il s’agit peut-être de complicité de crime de masse. C’est aussi la vieille hypothèse religieuse et philosophique de « l’enfer pavé de bonnes intentions ». Cette hypothèse suggère que le mal est produit par « ignorance ou inconscience », et qu’il suffirait donc « d’éveiller » les humains individuellement et collectivement pour qu’ils cessent de faire le mal.

4) L’hypothèse du nihilisme démocratique général. La majorité des partis et ministres présents dans les gouvernements sont cyniques (capacité à infliger le mal pour les autres en espérant se sauver soi-même), voire nihilistes (volonté de néant) : ayant parfaitement conscience de la menace existentielle, ils agissent néanmoins de manière contraire aux principes éthiques et de responsabilité politique les plus élémentaires. Dès lors fournir des milliards d’euros ou de dollars à une compagnie aérienne n’est pas une problème plus important que toutes les destructions écologiques du passé.

On peut récapituler ces hypothèses dans une hiérarchisation logique :

  1. Déterminisme historique  on octroie des aides aériennes car on ne peut faire autrement
  2. Liberté historique
    1. Déni cynique de démocratie  on octroie des aides aériennes car c’est la volonté de la minorité (ploutocrate et cynique)
    2. Démocratie authentique
      1. Inconscience démocratique générale  on octroie des aides aériennes car on en ignore les conséquences mortelles
      2. Conscience démocratique générale
        1. Nihilisme démocratique général  on octroie des aides aériennes en connaissance de cause, librement, car une grave forme de nihilisme gangrène les sociétés et les individus
        2. Volonté de vivre démocratique générale

Y a-t-il d’autres explications qui ne soient pas in fine une conséquence ou un cas particulier de ces quatre hypothèses enchâssées dans une hiérarchie ? Chacune pose des questions d’une gravité incomensurables pour les citoyen.ne.s et les intellectuel.le.s, au sujet de l’état terrible de nos démocraties face à l’urgence écologique (inclus les urgences économiques, sociales et démocratiques par définition).

L’hypothèse 1 est remise en question par les découvertes scientifiques sur l’incertitude radicale, notamment. Et surtout, elle est de peu d’utilité pratique : on devrait éthiquement faire tout pour la démentir, par principe !

L’hypothèse 2 pose la question d’une minorité capable d’envoyer au néant une majorité. Depuis La Boétie, on peut se demander si le pouvoir dont jouit la minorité n’est pas prêté par la majorité consentante. Mais une majorité qui souhaite vivre, et qui consent à prêter son pouvoir à une minorité qui souhaite la faire mourir, ou du moins est prête à la voir mourir, n’est-ce pas contradictoire ? Car si reprendre le pouvoir prêté c’est peut-être risquer la mort, ne rien faire c’est la mort assurée. Et on renvoie donc à l’hypothèse 4 in fine.

L’hypothèse 3 est interpellante dans une société occidentale scolarisée, pratiquante quotidienne de la méthode scientifique depuis 3 à 4 siècles au moins. « Nous avons reçu le mémo de l’urgence écologique » depuis 50 ans au moins, citoyens et politiques. Cette urgence écologique s’étale dans les journaux et les rapports scientifiques, tous les jours. Si nous sommes si adorateurs de la science, il y a comme une dissonance cognitive difficile à justifier. Les adeptes du « il faut expliquer avec pédagogie » semblent mignons de nos jours.

Enfin l’hypothèse 4 est gravissime : l’Humanité n’aurait plus l’envie de vivre. Pire, elle aurait une sorte de volonté de néant. Elle serait devenue le « Dernier homme » du philosophe Friedrich Nietzsche. Elle ne se laisserait pas seulement mourir, elle courrait à toute vitesse vers l’abîme, avec bonhomie et satisfaction, en clignant de l’œil. Une espèce vivante qui échapperait au déterminisme de la pulsion de vie ?

L’histoire montre qu’un continent ou le monde peuvent tomber dans l’anomie la plus totale, au moins à deux reprises durant le XXe siècle, notamment à cause de la faiblesse/décadence/chute des démocraties, et n’a pu en sortir peut-être que grâce à la force de plusieurs d’entre elles. 

La science, la méthode scientifique, la philosophie, et les morales humanistes laïques-chrétiennes sont à mon sens des racines de l’histoire occidentale, censé être des piliers de nos sociétés (cf. Les droits humains). Pourtant les 4 hypothèses ci-dessus remettent en question le socle scientifique de la praxis politique (hypothèse 3 : on ne peut plus plaider le fait que les citoyens et les politiques n’aient pas reçu de lourds messages de la science désormais, alors reste le déni de la science, et donc la croyance traditionnelle, ce contre quoi ont lutté les philosophes des derniers siècles), remettent en question le contrat social, l’éthique et la responsabilité politique entre les citoyens et leurs gouvernants (hypothèse 4 : impossible de ne pas voir émerger les hypothèses de cynisme et de nihilisme si ni électeurs ni gouvernants ne souhaitent empêcher la destruction des conditions de vie collectives dès lors qu’ils en ont conscience), remettent en question le fait même que nous vivions encore dans une démocratie (hypothèse 2 où les gouvernements, et donc les démocraties sont devenus les laquais d’intérêts économiques particuliers), remettent en question le paradigme philosophique même de la science et de la technologie qui domine notre société (hypothèse 1 du déterminisme historique dur), paradigme qui indique que la connaissance permet une action sur le monde et qu’il existe donc une puissance d’action individuelle et collective, une puissance de la multitude.

Enfin, nous pourrions noter, après ces réflexions, à quel point on peut soupçonner l’existence d’une pensée, d’une croyance, d’une idéologie si puissante et perverse, qu’elle peut réduire à rien les acquis fondamentaux de la méthode scientifique, de la philosophie humaniste et des institutions démocratiques, en comparaison de ses propres exigences internes d’illimitation, si puissante qu’elle a pris le pouvoir au sein de nos gouvernements, de nos partis, et des électorats, qu’elle mène aux désastres. S’agit-il du patriarcat, de l’impéralisme, du colonialisme, du capitalisme, du libéralisme, du néolibéralisme, du transhumanisme, du matérialisme, de l’extractivisme, du productivisme, du consumérisme ? De l’idéologie du Progrès technoscientifique illimité ? Du nihilisme tout simplement ?

Si nous savons ce qui se passe, et si nous savons ce que nous ne devons plus faire, pourquoi ne le faisons-nous pas immédiatement ? Pourquoi faisons-nous le mal (écologique) ?

Ces arguments philosophiques ne devraient-ils pas surgir dans le débat public, au-delà des arguments techniques pour ou contre les aides aux activités économiques insoutenables/fossiles ? Car finalement, la politique, n’est-ce pas le discours et la praxis relatifs à l’existence de la Cité, et des humains qui la peuplent ? Le débat sur les aides à ces entreprises n’est-il pas un débat sur l’existence même de la Cité ?

L’humanisme philosophique écologisé, c’est-à-dire conscient de l’autonomie interdépendante (telle que définie par Edgar Morin), reconnaît les lourds déterminismes qui pèsent sur les individus et les collectifs, mais tire parti des acquis scientifiques les plus récents qui indiquent qu’il existe de l’incertitude, de l’improbable, et donc de la marge de manœuvre, une forme de liberté individuelle et collective. Et donc que le déterminisme historique ne saurait être total, que la politique a donc un sens, qu’on peut « changer la trajectoire du monde ». Il chérit la vie humaine et non humaine, l’idéal démocratique et la construction de la méthode scientifique comme recherche, jamais achevée, d’une forme de vérité menant à une action bonne (question de l’éthique). Le philosophe John Dewey parle d’ailleurs d’expérimentalisme démocratique pour relier ces deux notions : la Démocratie et la Science : nous pouvons (puissance, libre arbitrer) changer ensemble, par l’expérience collective. Nous pouvons politiquement infléchir la trajectoire historique insoutenable, nous n’avons pas encore sérieusement essayé : pourquoi ?

Au final, après examen des impasses, n’apparaît-il pas en creux peut-être ce qui nous fait collectivement le plus défaut : une volonté générale, démocratique, de vivre une vie authentiquement humaine sur la Terre ?

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74 réflexions sur « Relancer l’aviation de masse est-il un crime d’Etat contre l’Humanité ?, par Cédric Chevalier »

      1. Ok , je viens de comprendre Lo problématique
        Je copie colle :
        Paul Jorion
        3 JUIN 2020 À 11 H 00 MIN
        J’ai changé l’ordre de présentation. Il y a eu récemment des billets suscitant des centaines de commentaires, et il fallait dérouler 10 minutes avant de trouver les commentaires les plus récents.

      2. Et donc, pour les mettre en avant, il va falloir attendre plusieurs jours avant d’envoyer nos commentaires si importants qu’ils vont changer la face du monde.

      3. @à-Bribus :

        On a encore une gare SNCF et pas mal de loueurs de vélos . Bon réseau de bus aussi .

      4. J’ai répondu En suivant la flèche «  répondre » au message juannessy , mais je me retrouve en haut de l’affiche , en haut du fil
        « Bug humain «  qui disait …

      5. Oui, moi aussi, momentanément…
        C’est peut-être qu’il y a eu des mises au point éditoriales bénignes ?

      6. Quoiqu’il en soit , c’est pas grave .
        Ça permet de comprendre pourquoi il était important que Luc mette un peu d’ordre dans les multiples témoignages concernant son Évangile .
        Je précise que ce message est en réponse au message de timotia du 3 juin 2020 à 17h44 ( au cas où celui ci se retrouve je ne sais où ).
        Le côté positif , c’est que les messages postés restent quand même sur le même fil , même si certains audacieux tentent le mélange des genres.

  1. Ne tournons pas autour du pot, le transport aérien de masse est un crime contre l’humanité à l’instar d’autres activités industrielles. Bien que le transport aérien soit un service!
    La considération la plus vertueuse serait de réduire de 20% ses émissions, insignifiant, hors échelle du problème.

    Le transport aérien émet dans l’atmosphère, et directement en haute altitude, environ 40 milliards de tonnes de CO2 par an. Mais si on parle du CO2, on oublie souvent de mentionner la vapeur d’eau (encore plus nocive pour les couches d’ozone). 8% de la production pétrolière, sous forme de kérosène (et autres), sur la planète, est pour le transport aérien. Il y a environ 25 000 avions qui ont un certificat de navigabilité.

    40% des Français n’ont jamais pris l’avion et 15% des voyageurs concentre les 2/3 des vols. Plus vous voyagez en première, affaire (50-100 l/h) plus vous consommez individuellement, en classe éco (25l/h). C’est la concentration des passagers en cabine qui réduit l’ emprunte carbone individuel associé à un remplissage maximal de la cabine.
    En quelque sorte, du transport de masse densifié pour un bilan écologique moindre 🙂

    Oui, revenir à une aviation plus vertueuse doit s’opérer mais n’avons nous pas passé le pic du transport de masse en 2019?

    1. Un crime vertueux? ( « crime », première ligne. « vertueux », avant-dernière ligne.)
      Un peu de logique f’rait pas d’mal….

      Va falloir se rendre compte que ménager la chèvre et le choux ne va plus être possible.

      1. La masse aggrave, toujours, au moins pour ce cas.
        Donc:
        La masse des chèvres et la masse des choux ne sont pas ménageables.

        Ou dit autrement, faut cesser de nous faire croire au beurre en branches.

      2. Lisez le billet, Ne peut-on réserver une aviation résiduelle, bien plus soutenable, et payant le coût des externalités qu’elle engendre, pour les diplomates, les scientifiques, des missions de commerce international et un nombre de kilomètres de vols réparti équitablement entre tous les citoyens de la planète, sur leur vie entière ?
        Mangez des choux bio en abandonnant la chèvre 🙂

      3. Je vous la fait courte: Non. Nous n’avons pas besoin d’aviation. Les dangers sont trop grands. Les TGV équipés Corona entre Mulhouse et Bordeaux sont très bien.
        De même, un hélicoptère Protection Civile entre un lieu perdu en montagne et l’hôpital le plus proche.

        Pensez nucléaire.

      4. @ daniel
        On a du mal à percevoir le point de vue des canadiens à > 200 km des grandes villes
        (disons au nord de Chicoutimi). Certes on peut dire « je les emmm… », mais pour des peuplements
        très étalés, la route n’est pas le meilleur moyen, et ils ont par exemple l’hydravion => même pas besoin de piste.

        C’est en réclamant des pistes cyclables par ici (sur les flancs des vallons d’une certaine nouvelle université géante du sud de Paris) il ya 15 ans à un maire socialiste bon teint que je me suis rendu compte des problèmes infinis de voiries : voisinage, entretien, clôtures supplémentaires pour tout ceux qu’une nouvelle voirie touche, protections des bébêtes qui traversaient là, etc.

        Pour paraphraser Rimbaud (en bateau ivre) :
        « toute avion est atroce et toute route amère »
        En 2020, il ne me parait pas incongru de repenser tout le « land use », avec une idée de « bocage » généralisée (fractaliser pour avoir bcp d’usage différents sans avoir d’à-coups majeurs sur les dérives : parasites, pertes de biodiv, diffusion des pollutions) .
        Cela inclut le travail de production agricole annuel + l’élevage (patures) + les forets (garder l’eau quelque part) + les routes (le minimum, et l’usage du terrain pour faire un peu de 3D pas trop cher (talus + 10m de pont/pilotis légers sauf en plaine de la Beauce) , je suis sûr que des agronomes architectes réellement connaisseurs ont des choses déjà sous le coude avec ce type de tendance, juste que personne ne leur donne voix au chapitre dans un monde qui se plait à opposer campagne (mais il n’y a plus d’acgriculteur, en nombre de gens : peanuts) et ville (avec un peu de tout dans le périurbain, je lirais volontiers une carte de France colorisée par la densité des poulaillers par exemple).

      5. Les ICE équipés Krombacher entre Cologne et Francfort à vitesse raisonnable sont très bien.
        Pensez charbon.

        Allez tout le monde reste à la maison !

      6. Ah, les allemands et leur attachement à la ferme qui hérite du fils

        … et avec ça les 3 K (Kinder Küche Kirche) (mon décipoint Godwin)

        et puis par trois aussi, encore en 2020 :

        charbon, houblon, cochon !

      7. J’ai peut être raté le message alors ? Bière, charbon…. chez les allemands tout est bon ?

      8. Peut-être qu’il n’y a pas que les chèvres, les choux et le beurre en tranches qui doivent monopoliser votre attention braves gens. Mais où est passé le mutant baby Covid ? Il ne circule plus ? Ah bon ?
        Et ben non, la bébète circule, et adore jouer à colin-maillard : oups, j’apparais, je disparais; j’apparais, je disparais. Un grand communicant ce baby covid.
        La comtesse de Ségur et sa cour merveilleuse vous l’annonce : souhaitez-vous que l’état d’urgence du Covid se prolonge jusqu’au mois d’octobre ? Encore un bal masqué (135 € l’entrée et distribution de masques, de tubas et de palmes à volonté, mais on peut venir à poil , mais masqué !) ? Nous adorons prendre soin de vous, et vous soigner est notre plus grand bonheur. Et le vôtre, n’en doutez pas.

        Des « levées de boucliers » ? Une invasion d’écossais aux kilts réfractaires épris de liberté ? Quissa ? Koissa ? Oussa ? Don’t mention it !

        Le gouvernement envisage de prolonger l’état d’urgence sanitaire jusqu’en octobre
        « Le gouvernement n’a pour l’instant pas fixé de date butoir pour y mettre un terme. Si l’exécutif souhaite le prolonger au-delà du mois d’août, la suspension des travaux parlementaires du Sénat cet automne pourrait le contraindre à l’étendre jusqu’en novembre. Rest que cet horizon trop lointain susciterait inévitablement une levée de boucliers au sein de l’ensemble de la classe politique. »
        https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/etat-d-urgence-sanitaire-les-deputes-etudieront-le-17-juin-un-projet-de-loi-pour-le-prolonger_3992387.html

  2. Peut-être relancer l’aéronautique civile est un crime contre l’humanité. Mais je pense surtout depuis 30 ans que l’aéronautique civile sera la première industrie à disparaître dans un futur maintenant proche. Bien entendu on continuera à construire des systèmes d’armes aériens un peu plus longtemps.

    1. L’industrie aéronautique civile est pour une bonne part une diversification d’une industrie militaire, difficile à maintenir par des commandes substantielles en l’absence de guerre, et plus facile à justifier dans des pays démocratiques. Il s’agit bien d’un problème d’Etat qui ressent le besoin de la technologie en propre, mais qui ne sait pas la financer démocratiquement pour des besoins de défense. voire l’aventure Mercure avec Dassault.
      Ce n’est pas un problème du capitalisme, qui se détourne de lui-même de ces industries.
      Les subventions pour pallier le manque à gagner du aux suppressions de vols imposés (avec retard) par la gestion de la pandémie en l’absence de mesures de quarantaine efficaces sont parfaitement justifiées (et n’ont rien à voir avec le réchauffement climatique) .
      En revanche la persistance de la détaxation généralisée du carburant interroge.
      25 l/ h pour un passager (mais 900 km) soit 3l au 100.
      A ce titre il faudrait d’abord interdire toutes les utilisations d’automobile à moins de 2 personnes et à égalité celle à moins de 3 personnes par véhicule en excluant le chauffeur quand celui-ci n’est pas du voyage (taxi, dépose à l’école ..).
      Comme pour les aéroports il faudrait reconsidérer toutes les infrastructures nécessitant/occasionnant de tels déplacements
      centre commerciaux, prisons, usines accessibles en voiture …

      L’etat pourrait distribuer (à tous) des bons vacances représentant la part de charges sociales et TVA des activités touristiques, améliorant ainsi la compétitivité des prestataires métropolitains continentaux vis à vis des étrangers accessibles en avion (dommage pour la Corse- ferry gratuit ?) et TOM/DOM) et améliorant ainsi la balance des paiements.

      Quand Thomas Cook ressuscité va proposer une traversée des US en vélo avec A/R transatlantique en voilier ?

  3. Intéressant,
    Ce que vous dites de l’avion, on peut l’étendre à la bagnole, la villa 4 façades, la piscine, l’air-co…
    Quand vous dites « .. une société occidentale scolarisée, pratiquante quotidienne de la méthode scientifique depuis 3 à 4 siècles au moins… » cela ne s’applique qu’aux sciences exactes. En économie en politique en « sciences humaines », nous en restons à la pensée dogmatique – magique et cela explique l’impossibilité où nous sommes d’aborder rationnellement ces questions, ce blog y compris.
    Parmi les « ismes » ennemis de l’intelligence, ajoutons en deux, les plus nocifs: le populationisme et le nationalisme.

  4. Je ne compte plus les militants « écolos » n’hésitant pas à s’offrir un p’tit voyage à l’autre bout de la planète via jevolepascherpointcom. Entre autres, un de ceux qui se sont fortement mobilisés contre Notre-Drame-des-Landes. Déni? Egoïsme? Caprices d’enfants gâtés. C’est pourtant pas compliqué: je ne prends pas (ou plus) l’avion, un point c’est tout. Pour le dire plus crûment: Air France, Airbus et tutti quanti peuvent crever demain matin, j’en ai rien à cirer. Même chose pour les constructeurs de essuvés, y compris et surtout les grosses bouses de deux tonnes et demi « tout électrique ». Pour aller à Annecy, il serait encore possible, pour quelque temps (après moi, c’est à dire bientôt, à la septantaine, pas certain) de prendre le volant d’une bagnole de 500 kilos à 2 litres au cent. Moins sexy, c’est sûr.

    1. Le problème, pas à Annecy, mais autour d’Annecy , c’est que la bagnole , faut qu’elle passe dans la neige .
      Sinon , autant s’acheter des Caribous.
      Ce qui permettrait de conserver le côté sexy.

      1. Je ne sais pas , en général je suis confiné dans mes fourrures de marmottes dans mon igloo , mais ça doit bien faire 5000 ans qu’on n’a pas vu un caribou par ici , si jamais on en a vu un ,un jour .

        Des bagnoles , par contre et de toutes immatriculations , on en voit toute l’année , au point qu’a été instaurée la vignette écolo pour les jours de seuils dépassés , sauf récemment avec le confinement où on a respiré deux mois en suivant les cygnes qui , étonnés du silence , se hasardaient sur l’intérieur ( relatif) des terres .

      2. Pour la petite histoire , Les gens du cru appelle les touristes «  les pélicans « .
        Ce qui laisse à penser que quoiqu’on fasse , la nature reprend ses droits.

      3. Si « gens du cru » désigne les haut savoyards , le terme utilisé est « les monchus  » ( sous entendu ceux qu’on voit débarquer les dimanches ) . En région stéphanoise on dit plutôt les  » prend l’air  » ( mais ça n’a rien à voir avec l’aviation ) .

      4. «  monchu » ?
        Encore une référence aux oiseaux , si l’on en croit l’expression «  hé mon chu ch’est du poulet ?! » .
        La nature reprend ses droits que je vous dis 😉

      5. @a Bernard :

        Non , ça c’est en Auvergne , et même si nous sommes dans la même région administrative , les Allobroges n’ont pas grand chose à voir avec les Arvernes ( sauf savoir compter les sous ).

        Attention , vous n’êtes ni dans l’ironie , ni dans l’humour, mais dans la blague potache , qui ne vous donne accès ni à l’éthique , ni à Dieu .

      6. @juannessy
        Z’inquiétez pas pour mon côté potache , Dieu s’intéresse à tout le monde .Si paradis j’ai droit , le plus petit des strapontins m’ira fort bien.
        Pour ce qui concerne l’éthique , elle est toujours relative , car différente suivant les milieux.

        Mais que fout un casse couille de mon espèce sur un blog d’intellos ?
        Une envie de rendre service , que les sur-intelligents se rendent compte à quel point ils sont déconnectés de leurs objectifs. En effet , à quoi sert l’envie de changer le monde , si le monde ne les comprend pas avec leur vocabulaire de bac +X .
        Il y a un moment où , pour être efficace, la complexité devrait pouvoir s’exprimer avec simplicité , genre « simplexité « .

        Pour finir , je persiste et signe , la Nature reprend ses droits.
        Et pour mon pote de départ
        https://lejournal.cnrs.fr/articles/philippe-descola-il-faut-repenser-les-rapports-entre-humains-et-non-humains

        Bonne continuation.

      7. @ Bernard,

        Je vous embauche pour mon prochain bouquin ? (semi-scientifique, justement, me faut des cobayes…)

      8. @Bernard :

        En allant chercher Kierkegaard , c’est pourtant Dieu que j’avais pris pour traducteur intermédiaire . Raté . Je ne lui paierai pas ses émoluments .

        Mort à la bagnole !

      9. @ Timotia
        Il n’y a pas que l’intelligence que l’on pressent chez vous , il y aussi la gentillesse.
        Mais,
        les cobayes étant une espèce qui n’est pas en voix d’extinction , en trouver ne devrait pas être trop compliqué.Voir dans les SPA ( société protectrice des auteurs) . Par contre , pour ce qui est des
        casses couilles…
        C’est un peu comme le client chiant , Plutôt rare , il ne vous fait jamais faire le chiffre d’affaire , mais l’écouter peut permettre d’élever le niveau de la qualité.Même si trop l’écouter peut vous péter le moral , Avec ce sentiment que cette pénible aptitude à pointer les détails ne permet pas de voir l’immense effort du travail fourni.

        Faire remarquer à Jorion que la Bible dont il se sert n’est peut pas la bonne même s’il pense que c’est LA seule , que ce livre l’emmène dans des déductions de plus en étranges , être pénible à ce point , faut avoir un peu de tati Daniel en soi.
        Faire remarquer à Juannessy que son éthique n’est pas LA seule , c’est faire remarquer à un marathonien du savoir que son lacet est défait .Ca ne fait que le renforcer dans des convictions erronées. Les cobayes de mon espèces ne sont enragés , ce n’est pas l’envie de mordre qui les motive.Le «  mort aux voitures » n’a plus rien de rationnel quand on sait le rôle des ambulances.
        Un des plus grands bugs de l’intelligence est la colère suite aux blessures de l’égo . Après , on trouve souvent la fatigue . Je n’ai pas envie de ce bug là , de plus en plus actuel vu le flot d’informations continues , le flot passionnant d’idées que véhicule les TICS.

        Merci quand même pour la proposition , et merci pour le cas d’école de l’USS Forestal .

  5. « Crime contre l’humanité » n’est pas le bon terme, n’en abusons pas.
    Mais merci pour la réflexion, le transport aérien de masse (et tous ces milliards pour le soutenir) est en effet une absurdité et une catastrophe !
    Pourquoi, le sachant, nous obstinons-nous ainsi ?
    Vous posez les bonnes questions.
    C’est toujours je crois une histoire de croyances. Nous croyons, collectivement, dans la technique, dans le progrès, dans le « sens de l’histoire », dans les bienfaits du déplacement en soi… Ce n’est pas pour rien qu’un « mouvement » politique s’est donné pour nom « en marche ! » sans indiquer ni direction ni objectif, « en marche ! » tout courte mais avec un point d’exclamation !
    Le transport aérien de masse n’est pas un crime contre l’humanité mais il résulte d’un aveuglement criminel.
    Nous sommes comme le petit âne Aliboron : nous pensons trouver dans d’autres prés, au loin, des chardons plus beaux que celui qui est dans notre propre pré…

    1. On pollue , « Pourquoi le sachant , nous obstinons nous ? »

      Il y a bien le bouquin de Sêbastien Bolher «  le bug humain , pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l’en empêcher «  …mais avec le dernier de Ruffin , plus le dernier de Jorion en version papier ( mince , un arbre en moins ) , ça commence à faire cher et long à étudier tout ça , vu que Paul m’oblige à relire « la «  Bible.
      «  Le bug humain «  , ce livre a reçu un prix de la fondation Véolia, prix du livre environnement 2019 , s’il vous plaît .Intéressant mais pas que, en cas de deuxième vague et de pénurie de papier toilette , les pages évoquant les gilets jaunes pourront trouver leur utilité.

      Je suis pour la déduction de nos impôts des frais de formation personnelle que sont les livres et la presse, voir même les abonnement à des blogs enrichissant la pensée de tout un chacun.

      J’en profites pour demander Pardon , je suis pas abonné au blog de Jorion , faut faire des choix .Par contre , le jour où il veut faire un jeu ( Utopia , je crois) ,ou un projet concret , je veus bien participer à travers une plateforme de financements collectif.

  6. La société Brookfield aviation, basée à l’île de Man, s’occupe de fournir des pilotes à des compagnies aériennes. Parmi les récents gros clients se trouvait la compagnie Ryanair qui d’un côté réduit dès qu’elle le peut les conditions de travail de ses employés et de l’autre porte plainte au niveau européen pour non-respect du droit de la concurrence concernant les aides accordées aux compagnies aériennes afin de sauvegarder l’emploi. Brookfield demande aux navigants de remplir un questionnaire dont je vous livre deux questions en anglais.

    1/ Which of the following conditions would you accept to work under this crisis?

    Fully paid job only
    No pay, only receive accomodation, and travel allowances for a limited time.
    Pay per hour (no minimum garantee) + accommodation and travel allowance.
    Fly for free for a limited time, negotiate terms after.
    Pay at 50% of pre-covid 19 market rate or local terms.

    2/ Which of the following working rosters would you accept?

    10 weeks on / 2 weeks unpaid off
    8 weeks on / 2 weeks unpaid off
    6 weeks on / 2 weeks unpaid off
    3 weeks on / 1 week unpaid off
    Contract with limited annual leave like local staff
    Flexible

    Bon vol chez les transporteurs aériens de masse, et si d’aventure vous voyagez sur Ryanair (ce qui est de plus en plus probable car cette compagnie gagne en monopole du transport intra-communautaire européen), surveillez les pilotes exténués par des conditions de travail incompatibles avec le niveau de vigilance nécessaire au métier de pilote de ligne!

    1. Témoignage instructif mais Est-ce vraiment la bonne analyse ?
      Ryannair s’attends à une activité moindre (de beaucoup)
      Tente de baisser le coût de ses pilotes. (c’est normal)
      Donc éviter des contrats temps plein durée illimité.
      Ceux-ci vont au total moins voler, et la compagnie est en position de force, car les pilotes doivent voler pour conserver / retrouver leurs qualifications et leur employabilité.
      L’intérêt de la compagnie est de conserver un vivier de pilotes assez nombreux pour les mettre en concurence, quitte à les faire voler chacun moins.
      Donc à court terme pas de surcharge plutôt le risque de voler avec un pilote qui a passé un certain temps loin d’un avion.

      1. Mais si, on vire ceux qui coûtent le plus cher (merci covid) et on continue comme avant pour le planning(voir on augmente la cadence) avec des moins chers au contrat précaire. Et ben ouais ! Alors bon vol !

  7. Merci pour cette réflexion construite et incisive.

    L’argument pourrait évidemment être étendu à d’autres activités industrielles que l’aviation de masse, mais cela ne diminue en aucun cas sa portée. Au contraire, le cas de l’aviation de masse étant alors non seulement important en lui-même, mais encore comme prototype et exemple frappant de la démarche de tri entre besoins essentiels, luxes destructeurs et tout ce qui se trouve entre ces deux extrêmes qui nous sera indispensable si nous voulons vraiment réduire nos destructions de la biosphère en-deçà de sa capacité de régénération.

    Concernant les causes de notre manque collectif d’action déterminée, ou même sérieuse, pour faire face :

    – J’ai de très forts doutes concernant les hypothèses 1 – déterminisme – et 2 – minorité s’imposant à la majorité de manière indéfinie. Le déterminisme est scientifiquement intenable, comme vous le soulignez, et la citation d’Abraham Lincoln doit être rappelée « Vous pouvez tromper tout le monde pendant un moment, ou tromper une partie des gens tout le temps. Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps »

    – L’hypothèse 4 est très invraisemblable. La majorité des gens ont des enfants, ou déjà des petits-enfants, et même s’ils s’attendent à disparaître de la scène un jour pas si lointain, ils aiment leurs descendants et veulent leur bien

    – Ce qui laisse l’hypothèse 3 « inconscience démocratique généralisée ». Qui comme vous le soulignez est « interpellante dans une société occidentale scolarisée, pratiquante quotidienne de la méthode scientifique depuis 3 à 4 siècles au moins. « Nous avons reçu le mémo de l’urgence écologique » depuis 50 ans au moins, citoyens et politiques. Cette urgence écologique s’étale dans les journaux et les rapports scientifiques, tous les jours. Si nous sommes si adorateurs de la science, il y a comme une dissonance cognitive difficile à justifier. »

    Je soupçonne que c’est cependant la bonne. Mais pas à cause du »déni de la science, et donc (de) la croyance traditionnelle, ce contre quoi ont lutté les philosophes des derniers siècles ». Ni les croyances traditionnelles (esprits, fées, guérisseurs…) ni encore moins les religions les plus courantes ne s’opposent à la prise en compte des réalités. Les premières parce qu’elles ne le peuvent pas – trop affaiblies – les secondes parce qu’elles ne le veulent pas (2)

    Ce qui s’oppose à la prise en compte de la réalité – et si c’était le Spectacle ?

    Je repense au livre de Chris Hedges, traduit en français sous le nom « L’Empire de l’illusion : La Mort de la culture et le Triomphe du spectacle » (1) « livre écrit par le journaliste américain Chris Hedges. Ce dernier y présente une culture américaine qui se dégrade aux mains d’un empire qui cherche à tirer un maximum de profit de l’appauvrissement moral, intellectuel et économique de ses sujets – l’illusion du rêve américain. D’après Chris Hedges, cet empire tire sa puissance d’une déconnexion de la réalité dans différents domaines : l’illusion de la culture (chapitre 1), de la sexualité (chapitre 2), du savoir (chapitre 3), du bonheur (chapitre 4) et de l’Amérique (chapitre 5) »

    La critique glaçante et hélas convaincante que Hedges porte à l' »Empire de l’Illusion » qui règne en son pays pourrait être étendue à d’autres formes de Spectacle régnant dans d’autres pays, cultures et civilisations. Qu’il existe de multiples nuances et situations différentes est indéniable, mais comment nier que l’illusion ait pris une place majeure dans nos vies ? Les Etats-Unis ne sont pas le seul pays sur lequel « la culture de l’illusion étend son emprise ».

    Le spectacle est naturellement un monde auto-référent, dans lequel la réalité est dévaluée, voire n’a plus guère cours. Si elle est irritante, qu’est-ce qui empêche au juste de la chasser comme une gêneuse – d’ailleurs, la réalité est-elle si intéressante que ça, en fait ? La réalité n’ayant pas grand chose pour elle, il suffit de la déconnecter.

    Evidemment, en définitive, la réalité est précisément ce qui perce le voile de l’illusion et qui force l’arrêt du spectacle. Elle gagne toujours en définitive. Mais si on ne l’entend pas quand elle chuchote, et toujours pas quand elle parle voire crie… elle peut se faire terrible.

    « Les gens qui refusent de voir les choses telles qu’elles sont ne font qu’appeler leur propre destruction » – citation de James Baldwin en exergue du livre de Chris Hedges.

    (1) https://fr.wikipedia.org/wiki/L'Empire_de_l'illusion
    (2) Satan est considéré notamment comme le prince de l’illusion – selon Jésus « le père du mensonge »

    1. Merci beaucoup.
      Je retiens effectivement votre reformulation de l’hypothèse 3 : un rapport problématique au réel, en tout cas à ce que nous en apprend la méthode scientifique, à cause notamment d’une sorte de lavage des cerveaux par une sorte de société du spectacle. Ca reste dans le même ensemble d’hypothèse je crois.

      Par contre vous écartez trop vite l’hypothèse 4, à laquelle je crois beaucoup. Notre cortex pré-frontal nous permet de nous voir comme des « gens biens ». C’est une illusion plaisante pour chacun. Mais c’est rarement lui qui est aux commandes (système 1 et 2 de Kahneman). Je me souviens de Paul qui nous décrivait un film où le père-mari fuit une avalanche en laissant femme et enfants dedans et puis finalement femme et enfants en réchappent et viennent demander des comptes au père-mari lâche (chez qui le système 1 a pris le dessus pour la survie). Comment résoudre l’immense dissonance entre l’image de soi et les actes qu’on a réellement posés ?

      « – L’hypothèse 4 est très invraisemblable. La majorité des gens ont des enfants, ou déjà des petits-enfants, et même s’ils s’attendent à disparaître de la scène un jour pas si lointain, ils aiment leurs descendants et veulent leur bien »

      Donc je ne suis pas sûr que ces belles intentions se traduisent en actes déjà en faveur des petits enfants (les gens qui volent beaucoup et qui ont des petits enfants, comment l’expliquez-vous ?).
      Mais alors pour les gens qu’on ne connaît pas et qui vivent loin, et pour les générations de successeurs au-delà des arrières-petits-enfants… vous pensez qu’il y a encore une majorité de gens qui se sentent « responsables » ?

      Tout le monde dira qu’il aime ses descendants et veut leur bien… mais beaucoup prennent l’avion quand même.

      Il y a donc là une désagréable réalité sur notre fonctionnement éthique réel… non ?

      Je crois que nous sommes beaucoup moins « beaux » moralement que ce que nous imaginons. Pour être à la hauteur des belles théories morales de notre cortex pré-frontal, on a besoin d’institutions « qui nous encadrent », qui contraignent notre système 1.

  8. Nous observons là la généralisation du hold-up perpétré en 2008 par les banques avec l’aimable concours des états, manifestation concrète de la « classe statofinancière » dont parle E. Todd, qui semble rejoindre plus ou moins votre hypothèse n°2 d’un « déni cyclique de démocratie ». Encore faudrait-il en démontrer le caractère cyclique plutôt que chronique… Bref.

    Avec le covid quoi qu’il en soit, plus un pan du capitalisme qui ne tienne debout sans sa cure de subventions publiques, quoi que le terme soit un peu galvaudé puisqu’en fait de subventions, il faudrait parler d’endettement, pour bien faire comprendre à qui sera présentée l’addition en fin de compte. Ainsi les déclarations de l’institut Montaigne ou du MEDEF, pour outrancières et abjectes qu’elles paraissent maintenant, décrivent pourtant vraisemblablement la voie toute tracée que les gouvernements (de quelque couleur que ce soit) tenteront de suivre dans les prochaines années, au moins tant que les citoyens « raisonnables » et « modérés » leur accorderont une confiance aveugle.

    Crime contre l’humanité demandez-vous? Mais bien sur que non, puisqu’il s’agit de « sauver l’emploi », et que l’emploi est à la fois le garant de la subsistance des populations et la clé de voute du système de protection sociale. On ne peut pas confier tous les outils de la prise d’otages systémique (et récurrente) au Capital pour ensuite s’émouvoir qu’il en fasse usage.

  9. Ha bon ?! j’savais juste que l’ambiance sur les marchés d’Annecy montait dangereusement .Assez typique de ce qui pourrait se passer un peu partout.
    C‘est le principe des réformes , ceux qui en profitent et ceux y perdent.
    Mais au fait , Combien d’emplois autour du marché de l’aviation?
    On peut s’en foutre que des compagnies aériennes coulent nous épargnant une grosse pollution , mais peut on s’en foutre du sort de ceux qui en vivent .
    Je suis aussi pour la fin programmée de l’industrie de l’armement mais…si on fait rien pour que ce secteur se reconvertisse dans une industrie autre que la peluche…
    En fait , je suis pour une assurance d’entreprise pour le jour où celle ci doit se reconvertir , ou reconvertir ses employés.Parce que la RECONVERSION , ça va être le thème principal des prochaines années.

  10. Merci Cédric pour ton texte, argumenté et percutant.
    J’apprécie que tu nommes les choses par leur nom : crime. Il en découle que la caste dirigeante a des actions criminelles et cela ne s’applique pas que pour l’aviation malheureusement.
    Tu dis : «réveillons-nous!» et dans ta conclusion tu appelles à «une volonté générale, démocratique, de vivre une vie authentiquement humaine sur la Terre».
    Si on suit ton raisonnement cela signifie que nous devons lutter contre des criminels en acte.

    Hier soir, à Paris, il s’est passé quelque chose d’important (et qui a fortement surpris) : un éveil collectif fédérateur.

    Il est d’autant plus fort qu’il semble affecter la planète entière : du Chili au Liban en passant désormais par les États-Unis.
    Le vent se lève !

  11. @ juannessy
    Certes , mais
    1. Changer ses habitudes : contrariant ( bien que pas totalement impossible.)
    2. Utiliser les transports publics : dangereux , vu la promiscuité potentielle avec le virus
    3. louer un vélo : électrique ok ( pour la sensation de retrouver ses seize ans , et augmenter ses chances de finir le tour du Lac )
    Aviation, voituration, comme pour le covid et les contacts , je ne vois pas d’autre solution que celle de limiter , parce supprimer est dangereusement frustrant.
    Peut être , en ce qui concerne le fond du problème :être trop habitué à un mode de vie où le confort est devenu une évidence, en tout cas rend difficile les remises en question ?
    Je ne sais pas ce qu’on deviendrait sans électricité , sans téléphone , sans internet.
    Tailler des silex pour passer sa rage…

  12. Extrait d’un document inédit datant de 1855 et en exclusivité pour le blog de Paul Jorion

    «Pénétré de l’idée que Paris serait cette année le grand centre d’attraction, tant à cause de son Exposition que de l’alliance intime qui rapproche si heureusement les deux peuples, j’ai depuis longtemps tâché de faire quelque chose de ce côté, pour le plus grand plaisir de mes vieux habitués et dans l’intérêt du public. J’ai passé beaucoup de temps, dès avril dernier, à Paris, pour y prendre des arrangements en vue du public désireux du bon marché. On avait déjà senti, à Londres en 1851, à l’époque de notre Exposition, le besoin de semblables arrangements : Combien ne sont-ils pas plus nécessaires encore, dans une ville étrangère, pour des voyageurs peu faits au langage, aux habitudes et aux dispositions, d’un peuple que ses propres historiens représentent comme «Surfaiseur et carottier» (1) et dont les boutiques ont coutume de demander, pour chaque article, au moins moitié en sus du prix auquel ils doivent le laisser à l’acheteur. C’est d’ailleurs je l’avoue, ce que nous avons vu à Londres en 1851, au moins en ce qui concerne les Omnibus, les Cabs, et les Hôtels qui ont alors enflé leurs prix d’une façon scandaleuse au moment même où les Compagnies de chemins de fer et de bateaux à vapeur réduisaient les leurs, et amenaient ainsi une proie plus abondante dans la gueule vorace de ces requins de la Capitale.
    J’avais heureusement prévu la chose et ; dans l’intérêt de mes habitués (patrons) des districts du centre de l’Angleterre j’avais pris les mesures convenables pour les sauver du pillage : logements arrêtés à l’avance et enregistrés à prix débattu, agences à Londres, bureaux de renseignements, tout mon système enfin a fonctionné parfaitement et sur les 115, 000 visiteurs que j’ai amené du centre de l’Angleterre à Londres, un bien petit nombre, je puis le dire, a dû passer, pour se loger, sous les fourches Caudines. C’est ce que je voulais faire cette année pour Paris : mais, hélas, jusqu’à ce jour, je me suis vu frustré dans mes espérances, par le refus formé des Compagnies françaises, qui ne veulent point réduire leurs prix et ni favoriser, par conséquent, les nombreuses excursions de visiteurs. Les Chemins de fer de province, en Angleterre, étaient toute prête à abaisser leurs tarifs, pourvu seulement que la même facilité fut accordée au public par les Chemins qui commandent au trafic entre les deux Capitales ; mais ces derniers n’ayant rien voulu faire, rien n’est prêt pour les grandes excursions, et la faveur des passeports gratuits offerte par les deux gouvernements aux classes ouvrières devient inutile et sans application.»
    Thomas Cook

  13. Pourquoi monter dans un avion ? je parle au niveau touristique, c’est parce qu’on rêve à de belles plages, de grandes montagnes, de dépaysement, de solitude relative ou au contraire de foule, selon si on réside en ville dense ou à la campagne, bref on rêve à ce que l’on a pas. Et pourquoi ? parce que le marketing et la pub, fers de lance du capitalisme, sont remarquablement bien faits et polluent nos cervelles. Un facteur de valorisation aussi, car au retour des vacances au bureau ou à l’usine, celui qui a passé un séjour formidable dans le Cantal sera toujours moins intéressant que celui qui a passé un séjour moyen en Tanzanie. On peut appliquer le raisonnement aux véhicules, aux marques de vêtements, à tout ce qui est ostentatoire, inutile mais tellement indispensable pour flatter son ego de primate. Supprimer les catalogues , les belles photos retouchées, les sites de voyages, les reportages style Géo à la télé, et il y aurait moins de monde dans les avions, donc moins d’avions… Et puis on a ses petites faiblesses, allez, encore un petit dernier avant la chute, je rêvais tellement de ce voyage au Tibet, ou à Rome, chacun a ses excuses, la vie est si courte mon bon monsieur, on se dédouane comme on peut…

    1. Mieux, sachant que dans le monde on déforeste un terrain de foot toutes les 6 secondes, et qu’un avion s’envole à peu près au même type de rythme (ne mégotons pas sur un facteur 5), il suffit que avec chaque vol, vouus payiez votre part de 2 ou 3 terrains de foot à « reforester » pour avoir bonne conscience (Easyjet le fait pour vous). Disons 2 ha.
      Partagé à 200, pour un terrain de 2 ha=20 000 m², on paye par passager pour 100 m² de reforestation. Je suppose que des « laveurs-verts » vous vendent que ça coûte 1 euro du m² au prix de la main d’oeuvre tanzanienne ou birmane. Donc on arrive à 100 euros de surcoût par vol (moyen-courrier disons : 3000 km Stockholm-Naples ).
      Actuellement, on fait croire aux gens qu’avec 3 généreux euros ou 10, ils ont « bien » compensé .
      Pas glop (et de toute façon, pas une bonne idée car ce principe de type taxe carbone, je peux payer, dérive vite et bien tant que les inégalités dérivent, gros hic)

      1. Et la démocratie assez moyennement dans ces cas là.
        Ne s’agissait-il pas d’une opération un brin démagogique ?

  14. Euh, je vais voir quel chemin prend le trafic aérien en Chine en ce moment (où la pollution a semble-t-il retrouvé ses niveaux d’antan) et je reviens vers vous.

    Si je peux jouer le rôle sinon d’avocat de la défense, du moins de secoueur d’opinion :
    On tombe sur le transport aérien parce que c’est facile, visible et concentré en des lieux identifiés.
    Et certes pratiqués par riches + classe moyenne à cause du kéro non taxé.
    Mais notre addiction aux énergies fossiles dans les systèmes « distribués » me semble plus pernicieuse:
    Dans le béton, y’a des joules. Dans l’ammoniac et les engrais, y’a des joules.
    Dans les routes (voitures => route => coupure des milieux naturels), y’a des joules, même en transport en commun.
    L’utilisation du kg de métal par km-passager voyagé est optimale sur l’avion en classe normale.
    Oui, je connais les critiques, il faut redéfinir le besoin, etc. Il n’est pas impossible qu’une aviation électrique délocalisée et délocalisable, à l’échelle de petits aéroports (1 km² tous les 100 km : 0,1% du territoire, je défie la route de faire aussi bien, 5 m tous les km=0,5% à 1D, 1% à 2D) soit une solution techniquement correcte (idem, on utilise les batteries intensivement et on sait les recycler « au petit poil » dans des circuits, alors que la dernière tronçonneuse électrique que j’ai vu passer avec son kg de batterie Li-ion servira 1h par an au maximum).

    Bref, critiquons, critiquons puisqu’il faut critiquer, mais ayons conscience de ce que veut dire une répartition, une distribution, une concentration. Dans la Covid19, on commence à comprendre que les stats de R0 moyen sont pas intéressante parce qu’il y a qqs évènements de superspread. Idem pour les transports, on veut quelques évènements longs et beaucoup plus d’évènements courts. Assurer aux gens un « mix » raisonnable à l’échelle de leur vie serait, dans un monde un peu planifié certes, une option non scandaleuse. A voir aussi, mais j’hésite à tirer le fil, comment on fait pour sortir des pays des ornières anti-démocratiques? Voyager pour vivre des lieux où on respire en terme d’opinion (encore un peu en France) n’est-il pas dans les choses à favoriser ? Oui, j’entends la réponse : quand, comment, quelle durée…
    Bon, je vais profiter de ce que le couloir d’Orly est vide pour encore 3 semaines !

    1. L’utilisation du kg de métal par km-passager voyagé est optimale sur l’avion en classe normale.
      Très pertinent. On peut rajouter que 3 litres de kérosène par passager pour 100 km (avion long-courrier rempli à 80%) parcourus n’est pas excessif. Le seul hic est le rejet direct au niveau de la tropopause. Le transport aérien fait écho à l’imaginaire de l’enfance. Le maritime, le transport routier et la voiture sont les gros morceaux dans la rubrique transport. Tant qu’à l’avion solaire pour du transport de masse … ca va pas le faire!
      Notre addiction aux énergies fossiles dans les systèmes « distribués » me semble plus pernicieuse, le levier d’économie est là très conséquent.
      Merci de vos billets pour le covid et le RO.

      1. Si on pouvait avoir la patience de s’élever en une heure avec un ballon à l’hydrogène (renouvelable) soulevant doucement l’avion à 9000 m, d’où il partirait en léger piqué (comme à l’aéroport de Courchevel pour ceux qui connaissent, ou d’autres de montagnes, courts de chez court), on pourrait rendre les vols de 600 km bien moins énergivores. Il y aurait aussi deux fois moins de coco dans le tank, donc moins de portance à fournir (quiconque se fait passer par dessus par un 747 plein à ras-bord (transatlantique) dans les 30 km après son décollage voit ce que je veux dire en principe) , quelque chose de vertueux. L’altitude est nécessaire à la l’efficacité (moindre résistance de l’air), mais les gens du secteur étudient des trajectoires « optimisées 3d ». Pour un atterissage à Paris, on commence la descente à Dijon, et la conso est assez faible sur ce tronçon. Cet optimum doit survivre jusque vers 400 km de la cible, qui sont « peu gourmand ».
        A terme, un bon maillage train/avion était ce qui se dessinait dans les zones riches, que ce soit en Chine ou en Europe. Seul l’Amérique du Nord reste loin du train pour les grandes distances, c’est presque aussi incurable, hélas, que son passé raciste et colonialiste, et ça date d’ailleurs des mêmes années (1910-1960), le triomphe de l’homme unidimensionnel, blanc et au volant, et qui n’a pas besoin qu’on devine « Qui vient dîner ce soir » (film charnière de la fin des années 1960 https://fr.wikipedia.org/wiki/Devine_qui_vient_d%C3%AEner…).

      2. @ timiota, ballon à hydrogène, OK mais sans fumeur à bord 😉 et avec interdiction des maintenances avec soudures comme à la Fenice…

      3. Jacques,
        L’épisode Hindenburg est marqué dans la mémoire de l’humanité, certes.

        Mais les vapeurs d’hydrogène en cas de fuite dans une station service auraient le bon goût de monter et se dissiper
        au lieu de stagner au niveau du sol (masse molaire de l’octane etc. >> masse molaire de l’air).

        A Fukushima, on a appris aussi ce qu’il ne faut pas faire avec l’hydrogène (on le savait) :
        l’emprisonner sous un toit, sans recombineur.

        Certes, ça pose la question des parkings souterrains, sans canari (j’en connais pas pour H2).

        On a du y penser, peut être qu’un détecteur pour 10 places rend la chose faisable.

        Ou alors on ne fait que des voitures « en rotation », et on renonce aux parking, sauf ceux « en colonne ouverte sur le ciel »
        (A la japonaise ou comme certains modèles urbains en pétales courts autour d’une spirale, @Chambéry près du marché pour les connaisseurs)

      4. Le vol plané intégral depuis son niveau de croisière jusqu’à la courte finale est dans la pratique très difficile en raison de la densité du traffic aérien donc des contraintes de l’ATC. Il m’est arrivé de le faire de nuit (faible traffic) et ainsi de retoucher les gaz vers 1200 feet en finale sur CDG. Mais c’est rare! Les riverains apprécient 🙂

      5. @Otremos
        cette vidéo est loin sur l’horizon dans l’analyse de ce fait d’aviation et n’utilise nullement la méthode hétérophénoménologique 🙂

      6. @ timiota Certes le quasi vol plané utilise très peu d’énergie, avec une finesse de 25, qui n’est pas inatteignable même par un 747, les 9000 m (30 000″) donnent pas loin de 250 km.
        Mais l’énergie gratuite n’existe pas, et si le ballon d’hydrogène monte de lui même en quasi équilibre avec son avion en lest, il faut le ramener ensuite à vide à l’aide d’un treuil (électronucléaire probablement).

      7. Ou actionner le compresseur solaire « pré vu à cet effet ». Sans se presser.
        Une fois arrivé à 14 ou 15 bars, plouf, tout redescend à coup sûr (masse molaire de H2 = 1/15è de l’air).
        La recompression finale s’il faut stocker/purifier H2 (> 200 bar) se ferait au sol.

    2. Tout l’import ne vient pas de Chine , mais baisse de 50% des imports au port de Marseille en mai .

  15. Bonjour, voici mon commentaire suite ARTICLE DE MR CÉDRIC CHEVALIER 3/06/2020
    Au chapitre 1 (1er paragraphe), il est écrit : les effets de serre détruisent nos conditions d’existence s/terre : dans le 1er paragraphe, 1 milliard humains risque de migrer ou subir des chaleurs insupportables dans les prochaines années. Et supposons que certains pays européens connaissent l’amplitude d’augmentation de la température avec d’autres conséquences bien plus dramatiques; alors on peut prévoir d’autres migrations inattendues!! Beaucoup sont déjà touchés (agriculture, eau…). Au niveau du nombre de morts du changement climatique. Mr Chevalier dit pour le Covid on à imposer le confinement et arrêter l’économie. Je fais un lien entre le trafic aérien qui coûte. Ne serait-il pas judicieux de réduire de moitié les avions et d’étendre les trains (en cours) ? (les milliards de dollars et d’euros peuvent être transférés/budgétés s/le rail et autre// oppos.aides CON DI TION-NEES…..), même si on laisse quelques voitures circuler (et de réduire d’une certaine manière le coût global du réchauffement climatique) ? La réaffectation des terres – réduction de terres cultivables par certains petits agriculteurs / mondialisation en face on peut faire de la permaculture sur des zones moins étendues. ASSUMONS DES AUJOURD’HUI UN DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DURABLE.
    Comme indiqué dans son article, au total l’aviation pourrait représenter= 15 % émissions CO2 2050
    Dans cette phrase écrite par C.Chevalier .: si les états ne décident pas d’interrompre volontairement sa croissance exponentielle, je mettrai en face (faire une croissance plus lente, plus harmonieuse avec chacun et tous les peuples en opposition diminuer extractivisme/productivisme…). J’ai extrait ce paragraphe de Mathieu Ricard : quand on entend les voix réclamant le redémarrage de l’économie en laissant les questions environnementales de côté pendant 4 à 5 ans…Ce serait une très grave erreur. L’opinion publique va-t-elle soutenir un mode de vie un peu plus simple, une sobriété heureuse, sans superflu, un monde plus équilibré ? ………Dans un autre paragraphe, il écrit : on oublie qu’on est humain pour commencer. Dans les pays où je vis (Népal) tout le monde est parfaitement conscient de la fragilité de l’existence, la vulnérabilité face aux éléments et à la nature et je rajouterai à titre personnel, nos corps…

    Je lis dans l’article 20 % (+ modestes) des français n’ont jamais pris l’avion. Le voyage en train peut être gai, on y fait des rencontres…Si l’on transfère le % en train, alors on peut inverser les taux, les chiffres…
    NIHILISME – les individus pauvres n’emettront jamais en une vie entière autant de C02 car ils doivent se centrer sur leurs moyens de subsistances..Je lis DESTRUCTION «aérienne» «terriennes»…conditions d’existence.
    VOLS REPARTIS EQUITABLEMENT ENTRE TOUS LES CITOYENS DE LA PLANETE, SUR LEUR VIE ENTIERE Ou VOIR ALTERNER LES ROTATIONS (Une semaine sur deux ou quelque chose dans ce genre).
    Les associations environnementales devraient êtres au premier plan. Je lis également le profit et le pouvoir d’achat semble valoir plus que la santé et la vie. Et j’ai pu constater que moi qui n’avait pas beaucoup de pouvoir d’achat, j’ai été un peu «distanciée» face à cela.
    Pour reprendre sur le sujet/titre principal, POURQUOI UTILISER TOUT CET ARGENT, ENERGIE, TECHNOLOGIE POUR DETRUIRE ? C’EST INSENSE.!!!!! EN ACTIVITE DURABLE SOUTENABLE QU’ATTENDONS-NOUS?? DIABLE!!!! Il y a des ingénieurs, des physiciens… qui peuvent s’associer pour d’autres lois gravitationnelles etc…? Nous avons également construit des aéroports qui ne servent pas. Ces superficies peuvent être réutilisées dans d’autres domaines donc Capital sociétal UTILE pour les FUTURES GENERATIONS. CONTRER LES INEGALITES DE REVENUS EFFROYABLES/M.O SOUS-PAYEE, DE RENDEMENT….
    J’AIME PARTICULIEREMENT LA PHRASE: A QUOI BON VOLER DE PLUS EN PLUS VITE VERS UN CRASH SANS SURVIVANTS ? (moi je me suis crashée mais pas de la même, je me relève!!! Oui ARRETONS, CESSONS DE DETRUIRE LE VIVANT (les animaux, les humains eux-mêmes). ! LA PHILOSOPHIE nous APPREND QUE LA DESTINATION EST LE VOYAGE LUI-MEME. Dans ce voyage, il faut également comprendre l’aide, l’hospitalité, l’entraide, l’amour, la rêverie, l’imaginaire, les couleurs, la découverte de soi & des autres, faire le bien (ré-apprendre le RE EN CHANT EMENT SIMPLE DE LA VIE DE CHACUNE DE NOS VIES)!! – Oui prendre le TEMPS oh oui!!! RALENTISSONS, mettons le FREIN, il n’est pas trop tard.!!!(réduire toutes les activités de masse). assentiment au moins tacite, de leurs populations (en opposition au déterminisme matériel – j’y ai cru longtemps, je n’y crois plus) – REVENIR A DES CHOSES ESSENTIELLES !!!! La légèreté retrouvée, un nouveau paradis, paradigme où la CULPABILITE individuelle et collective se sera EVAPOREE, ENVOLEE vers de MEILLEURS HORIZONS + BLEUS & ROSES…POURQUOI NOUS NE DECIDERIONS PAS DE CREER DES GOUVERNEMENTS PLUS HARMONIEUX (justice, éducation, ministère du temps libre et de nouvelles créations??? POUR LE BIEN DE CHAQUE PAYS!!!!! En association, j’ajouterai les CHAINES CAUSALES. Dans cet enfer causal et autre, reprendre le goût de l’HARMONIE, DU CIEL BLEU, D’UN NOUVEL ENVOL et eldorado plus SOBRE. Oui cela fait 50 ans et 57 ans que cela dure messieurs!!!!
    PRAXIS – PAX –PACHA MAMA !!!responsabilités Politik – tik – tik. Les citoyens doivent reprendre la main – EVITER LA DESTRUCTION DES CONDITIONS VIE – Tel est le but à atteindre à définir – RE-définir chaque jour par n’importe quel moyen (artistique, écriture)…!!!
    Changer de trajectoire du monde – AUTONOMIE CONSCIENTE INTERDEPENDANTE (Cf Edgard Morin, Michel Serres)…Infléchir tra jec toire – Historique ensemble et tous les pays. FIAT LUX (que la lumière soit).

    Isabelle CORLAY

  16. Je suis né à l’aire de l’aérospatial. Tous ces trucs volants jusque dans l’espace étaient merveilleux de modernité, et j’ai adoré même les avions de guerre jusqu’à ce que j’en entende le canon. Le vol n’a plus ce lustre avec le bus aérien, la sensation physique du parapente ou le drone de poche qui le banalisent dans mon esprit.

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