PJ TV : Je ne suis pas fier de vous !

Je regardais les chiffres : vous êtes à l’heure qu’il est 39.848 à avoir regardé mon entretien avec Jacques Attali. C’est bien. Vous avez été 14.962 à regarder ma conversation avec Frédéric Taddeï, c’est très raisonnable. Mais écoutez, vous me connaissez, je n’aime pas prononcer des gros mots comme « Ami du Peuple », « Héros de la classe ouvrière » ou « Saint à sa façon », mais quand je vois que vous n’avez été que 1.693 à visionner PJ TV avec Luc Dardenne, et que mon entretien hier avec William Bourdon n’a encore été vu que par 867 personnes, je me dis : « Zut quand même ! ce gars met sa vie en danger tous les jours pour le bien commun et pour que nos gosses puissent vivre dans un monde vivable, et l’humanité, au lieu de lui être reconnaissante, elle s’en contrefiche complètement ! ». Bref, je ne suis pas fier de vous.

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24 réflexions sur « PJ TV : Je ne suis pas fier de vous ! »

  1. Paul, je suis navré de ce manque d’audience. Je fais parti des 867 bienheureux qui vous ont vu interviewer William Bourdon. Il m’était totalement inconnu jusqu’à hier, sans doute la faute à mon manque de culture. Si PJ TV est le lieu où on pose les questions qu’on ne pose pas ailleurs, il est aussi celui où on invite des gens qu’on invite pas ailleurs. Dans vos teaser, peut-être faudrait-il présenter vos futurs invités un peu comme on vous présente, avec médailles, certificat d’authenticité et titres de noblesse… ça éveillerait la curiosité de la ménagère de plus 50 ans.

    1. Apparemment c’est , selon Arkao et Clo Clo , plutôt la curiosité des  » actifs  » de moins de soixante cinq ans , qu’il faut réveiller .

      Si tant est que le propos et la « fin » est la  » curiosité » …

  2. Il m’est arrivé deux ou trois fois dans ma carrière de sauter les tranchées ( tel Bonaparte au pont d’Arcole ) , d’arriver de l’autre côté et de me retourner pour constater que très peu de monde avait suivi . Ce fut le cas pour la défense de la fonction publique ou les vagues de décentralisation . J’y ai survécu heureusement . Bref , rien que de très humain , trop humain .

    Par expérience aussi , ça ne sert à rien de faire  » honte » .

    Une bonne analyse structuraliste et ça repart !

  3. Il y a beaucoup d’infos à consulter rien que pour se tenir correctement informé (j’y passe plusieurs heures chaque fin de journée). Mon cerveau n’est pas trop mal configuré pour lire en diagonale, mais pour la vidéo, impossible. La fin du confinement et la reprise du boulot (dans des conditions rocambolesques et chronophages) peut expliquer la désaffection pour la formule PJTV de la part des actifs.

  4. Qu’est donc devenue la « fierté », cette impression éphémère (?) évanescente (?) obsolescente (?) « d’ honorabilité » dans le souci de l’intérêt général, quand l’exemplarité qu’on est en DROIT d’attendre d’un chef de « l’Etat », des institutions… se fait le DEVOIR de s’en draper, comme une feuille de vigne, de s’en accaparer tout le sens le plus noble de sa vertu, pour en couvrir sa « complicité du pire » dans ses méfaits de la gestion de la crise sanitaire (en distribuant des « médailles », et autres qualificatifs qui « ne mangent pas de pain » – « héros/héroïnes ») de la crise « économique » et surtout sociale et « sociétale » – où cela devrait moins heurter « l’opinion publique », les « chiens de garde », qu’une infirmière, montrée comme violente, certes, soit trainée par les cheveux en gisant à terre, frappée au sol, gardée à vue… mais au moins, par une femme policière (qu’aurait dit cette « opinion » si cela avait été la masculinité, le paternalisme, le patriarcat… qui s’en était chargé… avec la même « proportionnalité » de la « violence légitime de l’Etat »…?)…? Est-ce est un effet politicien dit « essuie-glace », explicitant en sous entendu, que le monopole de la violence dans la politique du « maintien de l’ordre public » militarisé, systémique, n’est pas que masculin, « racialisé »…?

  5. Oui mais on est passé en zone verte tous, et le train train de la bêtise et de la stupidité a repris à un haut niveau. Ceci peut aussi explique cela. Attendons le prochain stop rouge, (qui ne viendra jamais, trop tard maintenant, on paiera le prix du sang cette fois).

    En revanche, les retraités n’ont aucune excuse que la honte les ensevelisse tous (et le COVID aussi :p !)

  6. J’avoue… je ne connaissais pas cette version de la Bible où l’on trouve le : « qui aime bien charrie bien «  .

    Votre honneur , je plaide à demi coupable , ayant visionné une vidéo sur les deux., et encore, en faisant autre chose ce qui est le signe d’un début de surbooking. J’la voyais pas comme ça la retraite. Mais faut faire des choix dans la vie , finir de cueillir les cerises ou mater toutes les vidéos, livres, articles pourtant dignes d’intérêts .

    https://www.youtube.com/watch?v=jNojUzsBbME

    .

  7. Moi aussi Paul, j’ai découvert M. Bourdon et il m’a plu : humanité, engagement, lucidité, pédagogie… Mais je suis arrivée à 18h30 est-ce que je compte dans les stats ?
    Je regarde souvent les vidéos en retard. Je compte bien retourner voir le début de celle-ci dès que j’en aurai le temps. Ce n’est pas par négligence, bien au contraire, j’attends un moment tranquille pour profiter pleinement du propos. L’intérêt est de l’époque mais pas à la minute, le contraire de l’info en continu. A savourer et à réfléchir. Visons le long terme c’est bon pour la planète… j’encourage donc vivement les lecteurs à voir cette émission même en retard et, cher Paul, à ne pas désespérer.

  8. Ce sont des interviews de personnes érudites, passionnées et droit dans leurs bottes que vous nous proposez Paul.
    Laisser le temps au temps, que la jeunesse reconnaisse ses maîtres.

  9. Ma réponse peut vous intéresser, je fais partie des décrocheurs!
    J’ai vu l’interview d’Attali, celle de Taddei, et ensuite des bribes de quelques autres dont celle de Mr Bourdon.
    Je viens chez vous pour chercher autre chose que l’univers dans lequel j’ai évolué. Ruffin, Autain, je les suis sur facebook, j’ai l’impression de les connaître par cœur. Et d’un coup vos interviews m’ont donné l’impression (peut-être à tort) de s’ancrer à gauche, de me ramener dans ma zone de confort. Alors que ce qui me plaît chez vous c’est surtout votre esprit critique et indépendant. Votre analyse à contrepied des standards déjà sur le marché…

  10. Cher Paul,

    J’écoute assez biens scrupuleusement les différentes interviews et entretiens que tu nous proposes.
    Parfois avec un jour de retard.
    Je vais voir régulièrement sur Youtube notamment..Je me sers peu de Twitter…!.
    Tu es un des derniers esprits critiques qui se manifeste encore sur la Toile …
    Bien à, toi à Vannes,
    Charles – Henri Batjoens

  11. ça n’enlève rien à la valeur de l’entretien , juste que l’interlocuteur est moins une star que Taddei ou Attali , les gens sont attirés par les paillettes hélas

  12. Une remarque qui, je le crains, ne va pas plaire (comme d’hab… :=) )
    Il y a quelque chose de paradoxal à s’échiner à vouloir sauver la planète, tout en multipliant les vidéos sur le net.

    Une vidéo, c’est plusieurs dizaines de milliers de fois la taille requise pour présenter les mêmes informations sous forme textuelle. Ce qui signifie une dépense d’énergie plusieurs dizaines de milliers de fois supérieure, non seulement pour en prendre connaissance, mais également pour la stocker. Fabuleux gaspillage de moyens. A moins qu’il faille à nouveau considérer que la fin (le buzz, les chaînes YouTube, tout ça…) justifie les moyens ?

    D’autre part, le temps imparti au visionnage d’une vidéo est souvent plusieurs centaines de fois supérieur à celui qui serait nécessaire pour lire ces informations sous forme textuelle. La lecture permet un balayage rapide, des va-et-vient dans le contenu beaucoup plus malaisés à effectuer dans une vidéo. Fabuleux gaspillage de temps… que tous ne peuvent pas s’offrir.

    Je comprends l’usage de la vidéo quand il s’agit, par exemple, d’illustrer un tour de main, une manipulation, une opération que les mots peinent à décrire. Mais pour contempler pendant plusieurs dizaines de minutes le bureau de P. J., franchement…

    Cordialement.

  13. Trop d’info tue l’info. C’est aussi une forme de revanche de l’époque ! Pas le temps d’expliquer en quoi Raoult a une longueur d’avance sur le reste des médias qui découvre que la dexaméthazone est utile quand on a raté la phase virale de la pathologie qui est bien plus qu’une « maladie » dont l’évolution avait déjà été décrite dans les années 50 par Henri Laborit, ce qui semble largement ignoré par nombre « d’experts »… Et c’est cet oubli qui fait vraiment peur !

  14. Bonjour,

    Je fais donc partie des « bons élèves » ayant déjà écouté la vidéo (tout en assumant en parallèle l’une ou l’autre tâches annexes pas trop demandeuses en neurones, mes journées n’ayant hélas que 24h 😉 ). Me Bourdon m’étais inconnu et sa découverte était intéressante.

    Cela dit, pour tempérer, 2 hypothèses rejoignant les autres commentaires :

    – de fait, suite au déconfinement progressif tant en France qu’en Belgique notamment, pas mal de gens ont du « remettre le pied à l’étrier » (boulot, école, etc.) et ont donc p-ê moins de temps pour visionner des vidéos sur leur chaîne favorite.

    – la mise en ligne de la vidéo de Me Bourdon ne date que de qq jours, à l’inverse des vidéos précédentes dont le nombre CUMULE de visionnages atteint dès lors assez logiquement un « score » + élevé (et p-ê proportionnel au temps passé depuis).

    Et puis, certains préfèrent p-ê attendre un moment calme et propice (le WE, tard en soirée, etc.) pour visionner ça tranquillement et à tête reposée 😉 . Faudra voir le score en début de semaine prochaine.

    BàV

  15. Les commentaires sont fermés sous l’interview d’Attali, que je n’avais pas vue, car privé de connexion à l’époque.
    Une remarque à propos de sa qualification de « paresse institutionnelle » pour un revenu universel qui serait trop élevé. Je suis pour la gratuité mais j’ai trouvé incidemment cette qualification très ancien monde. Pour deux raisons : la première elle implique par symétrie que ceux qui travaillent et ont de gros salaires méritent, eux, leurs gros salaires, car ils créent, eux, des richesses. La deuxième, c’est que c’est contradictoire avec son adhésion au système de la gratuité car quiconque dispose de la gratuité de biens et services, ne travaille pas pour en disposer. Pour être cohérent Attali devrait donc dire que le bénéficiaire de la gratuité est fainéant.
    Attali achoppe sur l’idée de création de richesses. Pour lui c’est l’individu et/ou l’entreprise qui créent les richesses. A cet aune on ne sort pas du cadre comptable duquel il nous faut sortir absolument. La valeur n’est pas dans le travail, mais dans le bien être commun. Peut-on fonder une nouvelle civilisation en conservant un concept central de l’ancienne ?
    Entre parenthèses, j’ai trouvé un peu fort de café qu’il pose la question de savoir si le RSA est trop ou pas assez élevé. Et puis, non, ce n’est pas un revenu universel à partir du moment où il faut pointer au Pôle Emploi et justifier d’une recherche d’emploi…

    1. Je l’ai récupéré ! Voici ce que nous avions raté :

      Faites des vidéos sur les molènes. 10000 visiteurs garantis !
      Si en plus vous faites ça dans la cuisine de Ruffin c’est 50000 vues.
      Et si un policier entre chez Ruffin pour l’arrêter en plein interview et que vous avez l’audace de résister, vous gagnez le jack pot… et 48h en garde à vue.

      Fredeick

  16. Dur-dur de capter l’attention, jamais les canaux communicationnels n’ont été si nombreux, les flux d’informations si intenses, saturés nous sommes de signaux et cette profusion engendre confusion, précipitation dans l’énonciation des idées – le temps suspendu du confinement est une aubaine, le futur l’appréciera.
    L’humanité, voilà un mot qui inspire la paix et la pause dans nos agissements conditionnés, et si un défi se pose à nous c’est non pas de la sauver, mais d’abord de la susciter.
    Ce sentiment d’appartenance à une commune humanité n’est point évidente, les enjeux de la survie, de soi, de sa famille passent encore largement devant le détachement qu’induit l’appartenance à une espèce – faut-il
    déconstruire
    nos institutions que sont la famille, l’individu pour tout renverser dans le bain du genre humain ?
    Le risque, nous le connaissons, du totalitarisme qui privilégie le système aux personnes qui le composent.

    Alors il faut mettre en avant la valeur de la fraternité devant toutes les autres, il faut mettre en avant la coopération plutôt que la compétition, il faut mettre en avant les maillons les plus faibles de la chaîne plutôt que les premiers de cordés qui gravissent des tours de Babel.
    Bien sûr que cette bonne volonté ne coule pas de source, car ceux qui sont les gagnants de cette configuration du monde, si minoritaires qu’ils soient, empêcheront la coalition du genre humain autour du principe de communauté de destin.
    C’est là que les choses deviennent moins reluisantes et que le rapport de force, incontournable, risque de saper le projet même de fraternité.

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