La France découvre… (gaspation !) le vélo !

Je suis de naissance par moitié Hollandais, par ma mère. Parmi les implications diverses de cette particularité : que je sache ce que c’est qu’un vélo. Je veux dire que le vélo en tant que tel ne constitue pas pour moi une source permanente d’ébahissement.

En sus d’avoir vécu la moitié de ma petite enfance à Rotterdam, j’ai habité à une époque, beaucoup plus tard, à Amsterdam et je connais le garage à vélos qui jouxte la gare là-bas et qui à défaut d’être véritablement un espace d’« ordre, de beauté, de luxe, de calme et de volupté », est en tout cas un espace de sérénité : rien là qui soit source de remise en question anxiogène de la Weltanschauung (de la représentation du monde) du pékin, du citoyen ordinaire.

Il faut dire que dans ces pays bas, ce plat pays, rouler à vélo fait partie du cela-va-sans-dire, et n’a pas fait de vous, comme en France, un Croisé des temps contemporains (j’ai hésité à écrire « Croisée.e » avant de me souvenir que les dames se sont prudemment, et très heureusement, abstenues de cette vocation) qui, en récompense de sa bravoure et de la justesse de son choix de société, dispose du droit auguste d’ignorer superbement le (pfft ! [bruit du crachat de mépris]) code de la route.

Ce qui m’y fait penser, c’est un article ce soir dans Le Monde, intitulé « Vous ne pouvez pas le monter sur votre balcon ? » : la bataille du garage à vélos où sont analysées toutes les implications du fait qu’une bicyclette – quand on n’est pas assis dessus – doive être rangée quelque part, conséquence que les cyclistes, Croisés des temps contemporains, n’avaient pas envisagée, et chargent les autres (piétons, usagers des transports en commun et automobilistes) de résoudre à leur place, les chevalier.ère.s blancs de l’environnement ayant d’autres soucis plus pressants.

Puisque le fait de vivre dans des villes invivables ne semble pas les incommoder davantage (vu les salaires avantageux), je leur recommande d’adopter la politique commune : d’entreposer leur vélo sur leur balcon, la teneur de l’air ambiant en particules fines éliminant pour le balcon en question tout autre usage possible comme, à la belle époque révolue de l’air respirable, d’y boire un verre en famille ou entre amis.

Partager :

19 réflexions sur « La France découvre… (gaspation !) le vélo ! »

  1. « L a Cour de justice de l’Union européenne condamne la France pour son incapacité à protéger ses citoyens contre la pollution de l’air. »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/10/24/la-france-condamnee-pour-depasser-de-maniere-systematique-et-persistante-le-seuil-limite-annuel-de-dioxyde-d-azote-depuis-2010_6016735_3244.html

    C’était il y a presque un an, et SEUL un virus est compétent en la matière jusqu’à preuve du contraire!

    Le conseil d’état qui condamne l’Etat (déjà fait en 2017 soit dit en passant) à dix malheureux millions d’euro le semestre de retard pour des mesures « pour réduire la pollution de l’air » qui seront des mesurettes …
    Notre santé ne vaut pas plus!
    En attendant, quelques motos de grosses cylindrées, en excès de vitesse la plupart du temps, vomissent leur carburant bruyamment sur les millions d’habitants des agglomérations, à toute heure du jour et de la nuit en toute impunité!
    Sommes-nous tous devenus fous?
    Oui aux vélos et en coupant les infrastructures routières existantes en deux dès maintenant!

  2. J’avais repéré cet article ce matin non sans un sourire car cela m’a rappelé un couple ami qui a des soucis pour garer leurs vélos.
    Les autres locataires de leur immeuble les tancent régulièrement au sujet de leurs vélos qui encombreraient le sous-sol.
    Et pourtant ils sont, je crois, les seuls à avoir choisi le vélo pour leurs déplacements.
    Il faut dire que ce sont des écologistes purs et durs.
    Je vais donc communiquer cet article à me amis, ils y trouveront peut-être des arguments vis-à-vis de leurs colocataires.
    Il reste de l’éducation basique à faire, en France en tous cas.

    1. À l’époque où j’habitais en immeuble, j’avais pris l’habitude de stationner mon vélo… sur mon balcon ; croyant naïvement que ça ne dérangerait personne et malgré le fait que l’engin n’est pas nécessairement pratique à porter dans les cages d’escalier. Tout croisé de la route que je suis, j’ai dû y renoncer suite à une mise en demeure de mon bailleur. Apparemment cela nuisait à ? à je ne sais quoi. Mais c’était absolument interdit.
      Mon vélo a ensuite stationner dans ma cave, jusqu’à ce qu’il s’en aille sans mon consentement. D’après le policier ayant réceptionné ma plainte 50% des vélos volés le seraient ainsi.

      Désormais j’habite bien plus loin de mon travail (17km) et je peux laisser mon fier destrier sans risquer d’attenter aux bonnes mœurs. Pour un si long trajet, j’avais naïvement fait le choix de respecter toujours le code de la route plutôt que de me comporter comme si j’étais au dessus des lois. C’était sans compter sur certains chauffards de véhicules automobiles qui m’ont rapidement rappelé que l’important c’est de ne pas ralentir la circulation automobile et que la chaussée n’est destinée à être employée que par les plus forts et les plus rapides. Tant que j’ai respecté le code de la route, roulant consciencieusement à droite sur la chaussée, marquant les feux, respectant les signalisation de voies… j’avais un incident par jour. Du simple coup de klaxonne rageur de l’automobiliste qui ne comprend pas que je ne soit pas à pied sur le trottoir, au convoi exceptionnel qui tente de me renvoyer ad patres pour gagner les deux mètres de la longueur de mon véhicule dans la file d’attente au feu rouge.
      Depuis que j’ai renoncé au respect du code, les problèmes et le danger se sont envolés.

      1. Voilà : c’est par représailles que vous avez décidé un jour de ne plus respecter le code de la route. Ce qui vous a échappé, c’est que ce ne seraient pas les automobilistes qui auraient à pâtir de vos représailles, mais comme chacun le constate tous les jours, les piétons.

  3. J’ai eu la chance de me promener à vélo avec mon épouse à Amsterdam en 2016, et je crois que c’était pour nous notre plus belle expérience de cyclistes urbains.
    Je suis pleinement d’accord avec vous Paul. Malgré la cohabitation des voitures (peu nombreuses) avec les vélos (ultra majoritaires) et les piétons, il y a de la fluidité dans les croisements de tout ce monde, une courtoisie naturelle, pas de klaxon, pas de gestes déplacés, pas d’énervement … Et Amsterdam est donc la ville où l’on entend les oiseaux !
    Un autre fait m’a interpellé : je n’ai vu que très peu de casques chez les cyclistes et je ne sais pas comment interpréter cette différence avec la France ou l’on nous tanne pour que nous le portions…

  4. J’ignore comment fini l’article (payant), mais il est question de vélo à assistance électrique à un passage. Monter un VAE sur son balcon, je comprends que ce soit assez difficile (impossible à vrai dire).
    La voiture quant à elle occupe l’espace public sans que ça ne questionne beaucoup de monde.
    Un emplacement voiture (souvent pour une seule personne), occupe largement de quoi stationner dix vélos. C’est plutôt de ce côté-là, et non sur les balcons, qu’il faudrait aller gratter 🙂

    1.  » Monter un VAE sur son balcon, je comprends que ce soit assez difficile (impossible à vrai dire).  »
      Pas d’accord Emmanuel.
      Les VAE existent en vélos pliants, se plient en une vingtaine de secondes, se roulent alors comme un bagage à roulettes et rentrent dans un ascenseur, même exigu, peuvent même pour certains modèles se porter en sac à l’épaule (20-22 kg et 80 x 80 x 40 cm), ok, pas pour ceux qui ont une carrure de pompe à vélo, mais possible …

  5. Vélocratie ? Ou vélocrature ?

    En attendant, le vélo, ça fait mal aux fesses, et le mien, on me l’a fauché sur mon palier, avec son antivol !

  6. Je me demande comment vont etre entretenus tous ces kilomètres de piste cyclable promis? Glyphosate ou debrousailleuqe a moteur thermique? Il est urgent d inventer le velo tondeuse 🙂 Avis aux entrepreneurs 😉

      1. Ah comme en Inde? Ou les pauvres diables trimbalent des tonnes de marchandises sur leur vélo?
        Vive le progrès

  7. Pas de balcon, pas de salaire avantageux, vivant dans une grande ville invivable depuis 62 ans, j’ai un vélo pour ne plus prendre le metro.
    Vraiment qui suis-je pour me comporter de la sorte..?

      1. Et en bonne santé, pas trop vieux, ni souffrant d’un handicap quelconque ! Le vélo est un complément d’un transport public collectif de qualité.
        À Copenhague j’ai vu beaucoup de vélos montés par des gens autour de 45 ans. Les transports collectifs sont très inufisants.
        C ‘est une société individualiste.
        En France la notion du service public est peut-être plus présente.

  8. Impossible de comparer la Hollande et la France sur le plan du vélo.

    À Amsterdam en arrivant à la gare, près de l’immense parking à vélo, vous achetez un vélo (volé) pour 20 euros à un tox qui traîne par-là, que vous vous ferez d’ailleurs voler avant la fin du séjour… pour circuler sur des pistes cyclables plus larges que les voies automobiles. Avec pour principale déclivité le pont à bascule qui vous mène à la Western Gas Fabrik (et au Western Pacific, super son, super ambiance 😉 ), c’est pas tout-à-fait la même musique non plus…

    Si vous avez le malheur de venir en voiture arborant une plaque étrangère (et française particulièrement) et que vous ne respectez pas ces pistes (même accidentellement), c’est coups de lattes assurés dans les portières ! Quand, ensuite, compte-tenu de la superficie globale du pays, vous avez 20 minutes de trajet entre chaque grande ville, vous faîtes comme mes copains étudiants, vous allez de Dam à Utrecht en vélo le lundi et vous rentrez le vendredi de la même manière (par une autoroute dédiée il me semble) !

    Ici, vous ne faîtes du vélo qu’à vos risques et périls, d’où, peut-être, la nécessité du casque…

  9. Le vélo pour ceux qui peuvent , distances, âgés etc, oui.
    Mais il faut des transports en communs efficaces pour tous.
    L’individualisme comme a Copenhague, ou il y a des milliers de vélos mais peu de transports en commun.
    Je n’ai pas vu des vieux sur les vélos.
    Si l’alternative verte c’est les plus jeunes les plus forts et en bonne santé, on n’est pas loin de l’eugénisme, ça c’est pour mon point goldwin personnel

Les commentaires sont fermés.