Dans notre série « Provocations gratuites » : Les temps changent

Les nations sont définies par leurs frontières, qui furent déterminées au fil des siècles par des guerres dont l’issue était pour sa plus grande part aléatoire : l’aboutissement d’une multitude d’impondérables.

Les GAFAMI : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft et IBM, sans compter leurs équivalentes chinoises, sont elles définies par l’intelligence qu’elles parviennent à concentrer sous leur bannière, à grands coups d’incitations financières.

Les nations rivalisent pour bénéficier de leurs faveurs.

Le combat est par trop inégal. L’issue est inéluctable.

Hélas !

Ou bien plutôt tant mieux ?

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13 réflexions sur « Dans notre série « Provocations gratuites » : Les temps changent »

  1. Ça confirme que la partie se joue entre USA ( GAFAM ) et la Chine ( BATX ).

    Et qu’il y a au moins deux nations qui « ne se disputent pas les faveurs de  » mais qui en font des armes .

    Au service de quelle fin ?

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    1. GAFAM contre BATX, vous en êtes sûr ?
      Personnellement, j’en étais resté à SKYNET contre MAGNETOR !!
      Les temps changent si vite !
      L’issue finale du combat sera inéluctable, E F F E C T I V E M E N T .
      Alors, hélas ou bien plutôt tant mieux ?
      Eh bien, la moralité de cette fin, quand on y pense, est qu’avec autant d’Intelligence Concentrée (IC) de part et d’autre, comme ça, il y a de grandes chances que ça puisse « envoyer les marchés dans le mur en quelques minutes ».
      Alors, verrons-nous peut-être quelques survivants passer à des « actions » plus utiles… pour l’espèce.

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  2. Les nations sont aussi définies par leur juridisme.
    Les GAFAMI sont construites contre et autour de ce juridisme. Comme un slalomeur olympique, autour des paradis fiscaux par exemple. Car les détails qui creusent cette différence se retrouvent dans les normes comptables.
    De toutes façons, les solutions ne se trouvent pas dans les textes disponibles qui ne sont pas adaptés à la mondialisation. Chacun se débat avec les soucis du moment à son échelle, dans sa strate de vie sociétale ; il lui est impossible de prendre du recul dans un ensemble qui se vide de sens par le haut.
    Et le personnel n’a pas été « sélectionné » pour faire preuve d’imagination, au contraire.
    Pas facile d’improviser quand on a entendu toute sa vie : « Aller voir ailleurs, on s’en occupe. C’est la démocratie pour laquelle vous avez voté. » Et aucune nouvelle république n’y pourra rien.
    Les politiques ont laissé faire tant qu’ils ne se sentaient pas concernés : trop tard pour s’en offusquer maintenant. Un ressentiment et une insécurité rappelle Cynthia Fleury.

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  3. Je ne vois pas d’issues à ce combat.
    Entre le virtuel et le réel, la frontière est difficilement effaçable.
    Rendre la réalité virtuelle c’est la supprimer. Si c’est là la solution, on peut penser que l’on est bien parti.

    Dimanche 29/11/2020 21h25

  4. Nuance :
    G*FAMI et le A manquant (Amazon) n’ont pas la même logique.
    Les 5 premiers ont profité (autour de N « moyennes » disruptions) de la « montée de la connection ».
    En soit un nouveau paradigme, qu’on peut rapprocher de la révolution industrielle vers 1800.
    Tout docu/video/son se stocke, s’échange, se dématérialise, nous partageons blogs, réseaux sociaux etc.

    Amazon est différent : il organise les flux d’objets globaux, c’est en quelque sorte le dual des « drive » qui ont fleuri aux alentours de nos hypermarchés, il fait « tout le reste » asséchant ici les libraires (sont point de départ) là les quincaillers etc.
    C’est donc un point crucial de notre « non-écologie » qui est maintenant « géré », pris en charge par Amazon.
    Avec un budget de R&D de 40 Mds de $ qui est la moitié du budget de recherche public de l’UE entière (je dois vérifier mais c’est l’ordre de grandeur), c’est un levier énorme qui s’est créé ainsi et qui ne va pas facilement se laisser dicter quoi faire en matière de frugalité, de recyclage et autres nécessités du moment. Certes on peut rêver que la centralisation sous-jacente aide à cela, mais si les profits n’y sont pas on peut prédire que l’âne n’aura pas soif.

    Donc la guerre que fait Amazon nous fait revenir à « la matière », la guerre de la connexion étant elle dans les turbulences que dicte le « combat inégal » du billet. Qui ne sont plus que des turbulences d’une couche de civilisation et de technique en voie d’être adoptée/adaptée, comme l’a été l’imprimé en son temps.

    En revanche, l’étape Amazon (qui n’a pas mis longtemps) porte sur les ressources physiques. Certes elles sont influencés par la façon d’en parler, de se connecter autour, mais on peut imaginer qu’Amazon sera de fait un arbitre des surconsommations des uns et des surexploitation des autres, ayant déterminé que telles communautés riches peuvent se protéger des dérèglements climatiques tandis que telles usines flottantes dockées dans des ports francs d’Asie du Sud-Est continuent de canaliser les ressources extraites des « veines de la Terre » (cf les « veines ouvertes de l’Amérique Latine » d’Eduardo Galeano)

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  5. « Les nations sont définies par leurs frontières »
    Regardez ce qui se passe pour la nation arménienne, maintenant, n’existe telle pas indépendemment des frontières ?
    D’ailleurs la France n’est elle pas l’autre exemple où les frontières font de moins en moins Nation.

    GAFAM et BATX :
    L’Europe ne semble guère avoir d’acteurs ou de voie propre, mais ouverte aux 4 vents ne pourrait-elle faire jouer réellement la concurrence, qu’elle n’a pas su se créer en propre,
    Pourquoi les BATX sont ils encore si peu présents en Europe, à l’heure ou les chaînes de valeur des biens tangibles font la part belle aux produits chinois ?
    Pourquoi ce quasi monopole des solutions d’outre-Atlantique, pourquoi cette égalité de destin comme pour la Covid ?

    Pourquoi prôner le libre échange et prohiber HUAWEI en l’accusant des turpitudes, que d’autres craignent de ne plus pouvoir commettre ?
    Pourquoi se prévaloir de considérations stratégiques maintenant et avoir laissé faire depuis 25 ans les GAFAM sans initiative étatique (nationale/européenne).

    Le juridisme est une arme des Etats, et de l’Europe mais aussi des GAFAM, rapellez-vous le petit clic anodin sur les conditions générales, et la structure transnationale fiscalement optimisée.

    Les nations et même les collectivités locales rivalisent leur faveurs, ou plutôt les GAFAM exigent des cadeaux pour faciliter leur implantation.
    Quelle rationalité à taxer le CA d’Amazon, c’est à dire la dépense numérique du consommateur, (taxe sur l’activité et aucunement le bénéfice) et à subventionner la création d’entrepôts ?
    (puis la défense des commerces decentre-ville)

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  6. En dehors des normes comptables, il y a aussi les normes sanitaires qui permettent de faire le tri entre les bons et les moins bons – https://www.lepoint.fr/monde/covid-19-en-chine-le-coronavirus-retrouve-sur-du-poulet-bresilien-13-08-2020-2387617_24.php#

    PS, il y a quelques mois, touché par la bronchiolite de mon petit fils, j’avais suggéré de mettre des filtres stérilisateurs de l’air dans les crèches. Il est question d’étendre cette protection à tous les bureaux ! Et j’ai cru entendre qu’il y avait moins de bronchiolites cette année. Mais il faudrait en parler au docteur Delpine qui en était la spécialiste et à laquelle on enlevait des lits dédiés dans ses services.

  7. Hypothèse du tant mieux, est-ce une régulation globale du système humains-écosystèmes-objets supervisée par l’IA comme propriété émergente du GAFAMI-BAIDU-WEIBO-ALIBABA ou bien est-ce une régulation qui, tout de même, quelque part, à un moment donné, nécessite une décision politique pour orienter une IA en puissance dans le système qui devrait alors se voir affecté la finalité particulière de sauver le monde ? Ou bien les deux ?

    Pour l’heure la configuration actuelle du GAFAMI-BAIDU-WEIBO-ALIBABA et de ses éco-systèmes (au sens large du terme) d’objets interconnectés contribue à la fuite en avant d’une auto-destruction de l’humanité en suivant la pente consumériste et extractiviste, autant dire sous l’égide du capitalisme, que ce capitalisme soit aux couleurs occidentales ou chinoises.

    L’hypothèse du tant mieux me semble avoir toutes les apparences de la vieille idée hégélienne du rôle de la négativité dans l’histoire. Ma crainte c’est que l’humanité s’abîme alors dans la négativité n’ayant pas eu le temps de parvenir à la phase du renversement salvateur.

  8. Les temps changent ?
    La plus grande grève du monde : 200 millions de travailleurs paralysent l’Inde !
    Les classes dirigeantes (qui ne dirigent plus rien) ont pas fini de chier dans leur froc.

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