La transmission des savoirs, par Jacques Borie

Je suis à la page 47 de votre livre “La transmission des savoirs” [avec Geneviève Delbos – 1985]. J’ai lu aussi “Se débarrasser du capitalisme est une question de survie”,  et “Le dernier qui s’en va éteint la lumière”.

Nous sommes en 2021 et rien n’a changé dans le monde.

Les romanciers et les anthropologues pondent des livres pour une minorité de petits intellectuels avec des sursauts de militantismes pour se rassurer qu’ils sont en vie, comme moi. Pendant ce temps la la Méditerranée roule ses galets et la société anonyme tient TOUT, comme le château féodal depuis 2000 ans.

Rien n’a changé dans le rapport IGNORANCE / CONNAISSANCE entre la masse passive et une minorité agissante possédante ; possédante d’action dont “la survie” dépend du maintien dans l’ignorance  de la Masse équipée de téléphone portable, de voiture automobile et de cannabis pour les jeunes.

En 1789 c’est la masse affamée qui a coupé la tête à la féodalité livrant le pouvoir politique à la bourgeoisie éclairée avec ou sans vote censitaire, avec les femmes à partir de 1945 et les colonialismes républicains. Rien n’a changé avec une Masse sachant “lire – écrire- compter” !

La TRANSMISSION des “savoirs”, organisée sur la stricte PASSIVITÉ des “récepteurs” lors du “transfert” de connaissance minimale, a permis de maintenir de faire perdurer l’ordre – désordre établi avec très longtemps la religion puis récemment avec les gadgets technologiques et le puissant matraquage – formatage publicitaire.
Dans cette nuit et brouillard de la société capitaliste une petite flamme a brillé en France à Gennevilliers, dans une école maternelle de 2013 à 2016. Le témoignage se trouve dans le livre : Les lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez accompagnée pendant ces trois années par des chercheurs en neurosciences.

Expérience complétée en 2019 par la formation d’enseignant en Belgique “une année pour tout changer” est le titre du livre.
Là est la survie ! l’émancipation de la MASSE ! au moyen d’une École Publique Nouvelle (EPN), initiée il y a 50 ans par Célestin Freinet, Maria Montessori, Januoz Korczak, Condorcet (l’école et a république se présuppose) et JJ Rousseau (on ne connaît point l’enfant).

Une EPN dans laquelle l’enfant est ACTIF, autonome, solidaire, curieux, persévérant, créatif, social… HEUREUX (l’instituteur aussi).
Citoyen Paul Jorion, qu’attendez-vous pour lancer avec d’autres une campagne d’information et de pression auprès des grandes villes européenne, la région Wallonne, des régions françaises pour construire une EPN qui “aux peuples étrangers donnerait le vertige” ?

Au fait, connaissez-vous Céline Alvarez ?

Ainsi, le secours populaire français et autres restos du coeur deviendront inutiles, c’est cela la révolution.

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63 réflexions sur « La transmission des savoirs, par Jacques Borie »

    1. @Arkao
      Laurence De Cock ? Elle a appris à lire à combien d’enfants de banlieue ?
      “Très contestée et contestable “, je trouve l’argumentaction un peu faible. Quand on veut se débarrasser de son chien, on dit qu’il a des puces et quand on veut se débarrasser de M Montessori, on lui trouve des “relations avec Mussolini”. Ça évite de s’intéresser à son travail.
      Pardonnez moi Arkao mais je vous trouve un peu léger.

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      1. @Pascal
        Léger, je vous l’accorde, c’est pour cette raison que j’ai mis en lien le long article de Laurence de Cock.
        Sur Montessori on pourrait en parler pendant des heures. Allez, on peut lui accorder que l’épisode mussolinien a été une brève erreur d’appréciation au cours de sa longue carrière qui ne remet pas en cause l’ensemble de ses recherches et expériences.
        Mais Élise et Celestin Freinet me semblent plus intéressants et honorables à tout point de vue.

    2. @ Arkao

      Sans compter Luc Chatel, l’Institut Montaigne et Stanislas Dehaene …. voilà un beau sous-marin de M.Blanquer qui met en pièces l’Éducation Nationale.
      Le leurre des neurosciences envahit tous les domaines de la psychologie, de la psychiatrie et de l’éducation en écrasant manu militari tous les savoirs antérieurs accumulés. Un nouveau scientisme désincarné avec ses agents VIP à la chasse aux ” cerveaux sur pattes “.

      En attendant, toujours pas de tests pour les professeures et les professeurs avec 30 000 contaminations par jour et les hôpitaux saturés avec
      6000 personnes en réanimation. Pire qu’au début du dernier confinement ! Cherchez l’erreur.

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  1. N’est-ce pas aller un peu vite en besogne que d’affirmer “Ainsi, le secours populaire français et autres restos du coeur deviendront inutiles, c’est cela la révolution.” lorsqu’il est question de parler, à l’heure actuelle, et dans la réalité immédiate des faits… d’expérimentations, tirées d’une conclusion d’études faites en école maternelle (si louables et porteuses d’espérances soient-elles)…?

    Alors que dans la population des enfants scolarisés – dont plus de 150 000 sortent sans diplômes… des “grands frères” et sœurs, délaissé.e.s, abandonné.e.s abstentionnistes… par rapport au fait de préférer choyer les classes maternelles – trop nombreux sont confrontés aux inégalités territoriales, scolaires, de “destin” de leurs parents pauvres précaires…, de leurs “grands frères” (et sœurs) “subordonné.e.s” (entre autre, aux propriétaires privés d’entreprises, d’actions assistés sans contrepartie…) aux discriminations impunies à l’embauche, dans l’accès aux logements, dans la NON redistribution du soit disant “pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent” (c’est ainsi que Macron alors ministre, sous la gauche, qualifia les NON RECOURS vus par l’ex-défenseur des droits Toubon, comme des “discriminations systémiques” au même titre que celles issues des suites des brutalités commises lors des contrôles aux faciès, “manifestations interdites” par une partie des plus de 50% du personnel du “monopole de la légitime violence de l’Etat” votant pour l’extrême droite, droite extrême… contre lesquelles aucuns dépôts de plaintes, ne sont faits, parce que dissuadé, “ignorants” des droits, non défendus par ailleurs)… la lutte pour rétablir “l’égalité de chances” ne se heurte t-elle pas à un écueil conséquent…?

    Parmi ces écueils ne trouve t-on pas les désespérances d’avoir une descendance, que si elle est “pousser au crime”, à faire aduler le “mérite”, “l’élitisme”… durant 6 de ses générations, pour avoir une place dans la file d’attente de “l’escalier social” effondré, et/où verrouillé par l’endogamie, la reproduction de classe, la menace des IA, et diminution d’effectifs des “réformes structurelles néolibérales” l’austérité, la privatisation/numérisation des services publics, des emplois, “l’ubérisation” défiscalisée et désocialisée du travail…?

    Et donc laisser croire que les resto du cœur, et le secours populaire… devrait être voué à disparaître, au nom de la “révolution”… n’est-ce pas un peu vite les jeter en pâture, à la vindicte populaire de “l’État ne pouvant pas tout”… heureusement que l’individualisme domine… si aucun relai de l’action immédiate et urgente, et surtout de politisation des parents et “grands frères” et sœurs, des “représentativités politiques” qui leurs manquent… à lutter contre la spéculation dérégulée sur les stocks gérés en flux tendu et prix, de denrées alimentaires (détournées par dans leur distribution GRATUITE par les “grandes enseignes de la distribution” durant les période de confinement et fermeture des services publics qu’incarnent les cantines scolaires universitaires…), de masques, de réactifs de tests, de “vaccins…”, de médicaments, de matériaux de constructions pour bâtir des logements sociaux GRATUITS, peu importe le nombre de morts, le réchauffement climatique, la perte de la biodiversité… n’est-ce pas vouer à l’échec donc, si aucune repolitisation “dans la reconquête de la citoyenneté” n’œuvre à implémenter d’autres des mesures préconisées par M. Jorion, pour donner une cohésion, colonne vertébrale à l’idée d’une émancipation de la citoyenneté soucieuse des contraintes, injonctions contradictoires actuelles, comme des futures générations (certains écolos faisant campagne en montrant du doigt la génération des “boomers”) ?

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    1. @PieRien Juillot
      J’ai dans ma classe une petite fille de 5 ans qui ne sait pas ce qu’est un lit car elle dort dans un canapé. Elle se trompe entre un cheval et une vache mais sait très bien ce qu’est une chatte, non, pas l’animal. Elle se débrouille plutôt bien combinatoire mais vous savez comme moi que savoir lire un mot, une fois déchiffré, c’est retrouver le sens de ce mot. Vous comprenez que pour elle ce sera très difficile. Elle a manqué presque entièrement ses deux premières années de maternelle. Ça y fait.
      Les études PISA montrent que la France se distingue des autres pays de l’OCDE par le fait qu’elle est la seule à ne pas parvenir à réduire les écarts scolaires entre les enfants issus de différents milieux sociaux. A quel âge pensez vous qu’il est le plus judicieux d’intervenir ?

      1. Quand pensez vous qu’il me soit judicieux, de vous souligner que s’il y a un écart irréductible entre nous, pour qu’il puisse être sur ce blog de notre hôte et avec ses invité.e.s… dont nous faisons parti… communiquer et surtout autant se comprendre que d’échanger des” savoirs” et moyens de les transmettre, vous pourriez au moins respecter l’orthographe patronymique de mon identité (le prénom notamment) que je ne cache pas, contrairement à d’autres, en abusant…?

        1. Mon cher Pierre
          Je vous prie de bien vouloir accepter mes excuses.
          Cette erreur n’était absolument pas intentionnelle et je dois confesser mon manque de dextérité pour maîtriser cette foutue écriture predictive de mon téléphone.
          Au plaisir
          Pascal (mon vrai prénom )

  2. Indépendamment du fait que je n’ai pas lu le bouquin rappelé , je ne vois pas par quel bout ( ou plutôt j’en vois trop ) prendre un sujet aussi colossal , aussi bien si on se limite à “savoir” qu’à ” transmission “.

    Si je me restreins à la synthèse un peu brutale qui est faite ici en ” éducation nationale ” populaire ou pas , et en me référant à mon seul parcours et à ceux des gamins de mon époque , je suis un peu réticent à croire que c’est la nouveauté d’une méthode éducative qui assurerait une meilleure ” massification” des savoirs dans la population .

    Par contre , dès l’entrée en sixième après le petit examen d’admission en fin de CM2 , ce qui faisait qu’on pouvait avoir accès à des filières longues , plutôt qu’à des formations professionnelles qui conduisaient jusqu’à l’apprentissage , c’était l’octroi de bourses ( ce qui fut mon cas comme de celui de la dizaine de copains qui venaient de la même primaire que moi ) , car clairement les parents d’enfants qui avaient besoin de soulager le budget de la famille assez vite , n’étaient pas portés à lâcher leur descendance sur des voies que de plus , ils connaissaient très mal .

    Je peux par contre témoigner que les méthodes éducatives de l’époque ne rebutaient ou ne ” reléguaient” pas plus les fils et filles de prolos que leurs homologues bourges . Les profs avaient vite repéré , comme sans doute encore , ceux qui comprendraient tout et ceux qui allaient ramer davantage , et ça n’était pas affaire d’extraction sociale .

    Si j’en avais le temps et le courage , je trouverais sans doute plus à écrire un bouquin sur la perte collective de savoirs collectifs .

    Mais le savoir , qu’il s’agisse de l’acquérir , de le transmettre , de l’entretenir est une telle denrée vitale qu’il mérite à la fois les soins et les apports de toute la société ,dans une harmonie de fin et de moyens qui nécessite la bonne volonté patiente de tous y compris des “apprenants” .

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    1. @Juannessy
      Ah, les “apprenants”, les “outils scripteurs” et les “référentiels bondissants” toute la poésie académique ! 😉 Ajousez y un peu “d’école inclusive ” ou “d’école de la confiance ” et vous comprendrez mieux la place de la France dans les études PISA.

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        1. Bien sûr qu’ils sont contestables quand ils prétendent représenter une norme. Malheureusement ils ne se trompent pas lorsqu’ils montrent ce que dénonçait Foucault dans la reproduction des élites du système éducatif français et son incapacité à réduire, même un peu , les écarts pour les plus faibles.
          Pardonnez moi, d’être un peu direct, mais ça fait près de 20 ans que je fréquente l’Education Nationale de l’intérieur et que je vis au quotidien avec des vrais élèves qui crient, pleurent parce qu’ils ne veulent pas quitter maman, ou parce que le beau-père va leur mettre un rouste s’ils ont une punition à l’école. ….
          Oui, il y a un énorme gâchis dans le système éducatif français qui mériterait mieux que des poncifs et des arguties politiques jusqu’au plus haut de la pyramide.

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          1. N’étant pas moi même enseignant, je vous pardonne d’être direct 🙂
            Par contre la mère de mes enfants l’est en primaire depuis aussi 20 ans et j’ai ainsi acquis sur l’oreiller quelques connaissances sur le système.
            Nous sommes d’accord sur le constat, mais je pense plus de bien de la méthode Freinet que de celle de Montessori ou de Steiner.
            A propos de la reproduction des élites, on pourrait aussi évoquer le système d’évaluation/sélection et cette fichue courbe de Gauss, la “constante macabre”.

            1. @Arkao
              Je ne prétendrai jamais qu’il existe un modèle éducatif unique comme voudrait nous le faire croire notre cher Ministre.
              Parce que la pédagogie est aussi en rapport avec la personnalité de l’enseignant.
              C’est justement ce qu’offrent les pédagogies alternarives que Montessori, Freinet et les autres ont développé au sortir de la première guerre mondiale.
              https://ligue-enseignement.be/freinet-montessori-steiner-decroly-de-grands-pedagogues-une-autre-conception-de-lenseignement/
              Ils voulaient tous sortir du modèle de l’école militarisée pour créer un école de la paix. C’est à partir de ces valeurs qu’ils ont définit leur approche éducative.
              Si je mets un peu de la pédagogie Montessori dans mon travail c’est parce que je me retrouve dans sa manière d’aborder l’enfant à son rythme (tant que ça reste compatible avec l’institution ! ) et aussi parce que j’en mesure les résultats. J’ai la chance d’avoir une classe à double niveau GS CP qui me permets de commencer tôt la combinatoire. Tous mes élèves de GS savent lire à la fin de l’année :” Léo à vu le vélo de Rémi à l’école.” Mais ils ne connaissent pas le nom des lettres comme le demande le sacrossaint “programme”. En effet, pour lire, seul le son des lettres est important. Une fois entrés dans ce début de lecture, les enfants sont fiers, les parents ne sont plus inquiets pour le CP…. Et cette approche m’a permis de récupérer un élève en grande difficulté arrivé cette année dans ma classe (1 seulement sur deux, il n’y a pas de miracle non plus ! )
              Mais le plus difficile dans cette approche, c’est d’accepter d’abord pour soi même que l’enfant avance à son rythme (et parfois ces long) et bien sûr c’est compliqué dans un système très cloisonné comme celui de l’école. Il y a toutefois de très nombreux enseignants qui veulent faire bouger les choses et c’est très bien.
              L’idéal c’est quand l’enseignant est heureux dans son travail et ce n’est pas l’institution qui va l’aider malheureusement. Après Montessori, Freinet. … Rien n’empêche de se nourrir à différentes sources.

      1. @Pascal
        En contrepoint à Pisa, ce qu’il faudrait faire c’est dans tout les pays un test auprès des enseignants et décideurs du secteur éducatif de la compréhension des textes de programmes français si poètiques.

        Et l’on verrait bien alors quel est le pays en tête dans l’éducation …

        La difficulté serait peut être dans le travail de traduction préalable.

    2. education nationnale . Oui c’est une expression très étrange . Il faut revenir à l’instruction publique comme dans le temps . Le bon vieux temps ou l’enseignement dont j’ai bénéficié a fait de moi un génie comparée à la catastrophe présente depuis maintenant cinquante ans .

      1. Je pense que vous êtes d’accord sur ce fait que l’éducation n’est plus du ressort des parents mais de l’état . Avec des cours d’éducation sexuelle détaillés dès les plus jeunes âges . Et aussi le genrisme . Voilà les choses importantes . N’est-ce pas ? C’est !

  3. Je partage les réserves. De plus, voir associés dans le même article Célestin Freinet et Céline Alvarez m’amène à réagir.

    Car de mon point de vue en effet, quasiment tout les oppose, que soient les fondements, la démarche, la pratique, sans parler de l’éthique. D’un côté, un militant de l’école du peuple, modeste et dévoué toute sa vie aux autres, qui a su prendre tous les risques, et qui l’a souvent payé cher. Il en reste une trace, l’école Freinet de Vence, qui continue actuellement d’être un objet d’étude dont évidemment personne ne parle.

    De l’autre, un pur produit du néolibéralisme, qui grâce à certains appuis dont il est peu fait mention s’est auto intitulée première de cordée en surfant sur la vague Montessori, au mépris de tous ceux, collègues et petites mains, qui font vivre au jour le jour, comme ils peuvent, l’école de la république (ou ce qu’il en reste). Je recommande à ce propos l’enquête approfondie menée par la revue du Crieur ci-dessus citée.

    On peut sans doute lire Céline Alvarez, même si elle n’est ni enseignante ni chercheur contrairement à ce que certains prétendent. Mais relisons plutôt les ouvrages de Elise et Célestin Freinet, ceux de Maria Montessori, mais aussi l’excellent ouvrage de Geneviève Delbos et Paul Jorion dont il est ici question, et interrogeons nous sur les moyens de donner enfin aux professeurs la dignité qu’ils méritent en reconnaissant simplement qu’enseigner c’est un métier, que ça s’apprend et que le génie dont certains prétendent avoir été dotés s’accommoderait fort bien d’un investissement pratique, dans la durée, accompagné d’une saine humilité. Transmettre les savoirs, et quels savoirs, et de quelle façon n’est pas une petite affaire. Une telle entreprise n’est certainement soluble ni dans la psychologie, ni dans les neurosciences.

    Quant aux résultats spectaculaires dont il est fait mention à propos de la “méthode” de Céline Alvarez, un peu de recul permettrait d’y voir, au delà de l’indéniable efficacité de certaines techniques Montessori, un mélange d’effet placebo et d’emballement médiatique, qui ne peut que nuire à la possibilité de développement d’une véritable recherche en Éducation, en coopération avec les professeurs, dans une perspective d’émancipation partagée avec leurs élèves.

    On pourrait ici en revenir à Freinet, et à l’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne qu’il a fait vivre, mais ceci est une autre histoire.

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    1. @Dominique Foreste
      J’ai suivi une formation Montessori et je puis vous certifier que mon formateur bénissait chaque jour Céline Alvarez . Car depuis son travail de trois ans comme professeur des écoles (on peut donc la considérer comme enseignante ) qu’elle a su médiatiser certes mais dont les résultats ne font aucuns doutes, la pédagogie Montessori n’est plus qualifié d’un caractère sectaire mais est reconnue jusqu’au Ministère. Seulement voilà ça bouscule les habitudes de la grande maison Éducation Nationale. Imaginez que nous dussions former tous les enseignants de France à cette pédagogie, où trouver des formateurs ? Pas dans l’Éducation Nationale en tout cas. C’est souvent plus facile de crier au charlatan quand celui ci remet en cause un système.

      1. Bonjour. Je comprends votre enthousiasme, mais je ne le partage pas, et je crois que votre réponse synthétise bien les questions qu’on peut se poser :
        – Mon formateur bénissait chaque jour…
        – Depuis sont travail de trois ans on peut la considérer comme enseignante…
        – Dont les résultats ne font aucun doute…
        – Reconnue jusqu’au ministère…
        – Où trouver les formateurs…
        – Remet en cause un système…
        Je laisse chacun méditer sur ces points. Je ne soulignerai pour ma part que le troisième : on attend toujours les publications dans une revue à comité de lecture. Avec un parrain comme Stanislas Dehaene, régulièrement mis en avant comme caution, leur absence ne peut manquer d’interroger la prétention scientifique qui est affichée. Imaginez qu’un étudiant ayant fait trois ans de médecine et n’ayant jamais rien soumis à la critique de ses pairs fasse des conférences pour expliquer comment soigner le COVID…
        Mais quand il s’agit d’éducation, tous les discours sont permis, surtout quand l’exemple vient d’en haut : ce n’est pas un CSEN, Conseil (soi-disant) Scientifique de l’Education Nationale, qui va résoudre le problème.

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  4. “… qu’attendez vous etc.”

    Je serais Paul, j’en aurais marre de me voir assigner tant et tant d’engagements ou d’obligations…
    C’est probablement la rançon du succès mais faudrait voir à pas exagérer.

    Pour l’auteur: si vouliez engager une discussion, je crois que votre méthode est discourtoise. En fait, vous rebutez le lecteur, pas toujours tolérant.
    Si vous en savez tant sur le sujet, pourquoi ne pas faire le travail vous-même? Pourquoi vous protéger derrière un paravent bien commode?
    Doit-on comprendre que Paul vous a ouvert son blog simplement pour nous renvoyer à une adresse Internet et un titre de livre.

    Vous atteignez un comble avec cette remarque: “Nous sommes en 2021 et rien n’a changé dans le monde.”
    Constatation banale. Que vous en portiez une part de responsabilité , comme nous tous, ne vous effleure pas? En plus, cette remarque est erronée. D’autre partie du monde existe, avec d’autres difficultés.

    Considérez qu’un lecteur plein de bonnes intentions aimerait en savoir plus. L’ensemble de votre texte ne le permet pas. Il n’invite pas à approfondir. Je suppose que votre sujet touche à la pédagogie. Je vais dire charitablement que la vôtre me semble déficiente.

  5. Surpris de cette publicité racoleuse pour la Psychotropine educative, mais on trouvera comme pour la vraie psychotropine de vrais médecins pour la prescrire à de vrais patients qui iront l’acheter chez de vrais pharmaciens.
    Si le transfert de niveau avec un tube à eau s’avère simple, le transfert de savoir semble se heurter pêle-mêle au désir de transmettre, au désir de savoir, à l’interdit de savoir, à l’inhibition de savoir, aux conditions sociaux-économiques de sa mise en acte, avec un soupçon de génétique en plus. Depuis « chronique de l’école caserne » et « libres enfants de summerhill » et d’autres, les expériences marginales ne manquent pas, peuvent être enseignantes, mais l’échelle est modeste, et le groupe témoin aussi.

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    1. Oui, Summerhill (A.S. Neill, n’est-ce pas )
      (mais faut pas être allergique au bruit des gamins “libres”, et puis le contraste avec l’éducation british ordinaire était forcément immense).

    2. C’est bien pour cela que Céline Alvarez a montré que la méthode Montessori était applicable dans l’Éducation Nationale dans un quartier “difficile”.
      D’ailleurs cette pédagogie est régulièrement utiliser dans les écoles primaires privées des quartiers grand-bourgeoits de Paris jusque dans la cilicon valley.

      1. A voir avec la “Thiotimoline resublimée” d’Isaac Asimov : résultats garantis aussi !

  6. Sur le fond, le “savoir” a l’air patelin d’un bien “non rival”. Partageable.
    Donc on a du merder quelque chose puisqu’il est si mal partagé.
    Et dès l’école en effet puisque les enfants en sorte en n’ayant en effet pas exploité le “maximum apparent” de leur possibilités.

    Warning : ce “maximum apparent” (ma version d’autres mots pour dire “s’épanouir au max de son potentiel etc)
    est en partie une création de la neurocognition. C’est ce qui survalorise les “résultats” de Céline Alvarez qui ont en effet été remis à un rang moins extraordinaire ici ou là (merci arkao).

    La question du savoir qui circule si mal n’en reste pas moins une grosse épine dans nos pieds.

    J’en viendrais à dire qu’il y a une “bistabilité”, avec
    1) d’un côté une société du capitalisme extractiviste dans la fuite en avant qui passe par une conversion effrénée de l’énergie en savoir (oui c’est pas évident de dire comment, à part “faut chauffer l’école”, mais un démontage un peu plus profond pourrait dire cela assez nettement: l’appel d’air fait par la survalorisation des savoirs générateurs de profits renforce la combustion dans le foyer de la loco, disons), et qui construit au passage des silos à savoir sans nombre et sans fin,
    [ les brevets étant une minuscule pointe d’iceberg, et plutôt dans les moins négatives puisqu’on ne rappellera jamais assez que le brevet implique dans les 12 mois la publication de l’idée. Michelin ne dépose (déposait ?) **pas** de brevet pour garder ses secrets bien à lui, avec un contrôle féroce des possibles fuites.

    2) De l’autre côté, et devinable par le prisme Freinet/Montessori, un monde du savoir partagé, au sens où avec suffisamment de temps et à l’opposé apparent du profit, on construit un monde où les évidences doivent in fine s’emboiter naturellement comme les pièces d’un puzzle élémentaire. La malédiction de cette “phase” qui pourrait être stable serait de s’opposer aux “savoirs disciplinaires” qui font des “petits tous cohérents” mais laissent toujours les espaces entre eux en friche.
    Pour l’impression que j’en ai, seuls quelques systèmes techniques aux tenants et aboutissants assez simple (mais au contenu de haut niveau) se prêtent à ce jeu. Je pense comme souvent à l’aviation civile, où les rôles sont compartimentés, mais les formes de savoir sont “comme des puzzle faciles” pour les gens, ils n’ont pas l’impression de faire un exploit en faisant voler l’avion, pas plus qu’un chasseur-cueilleur n’avait l’impression que recueillir des framboises sauvages (le veinard) en était un, d’exploit .
    Les “réticulations” et autres “rhizome” de la French theory avaient entrevus quelques éléments à ce sujets, mais on est resté assez loin d’un “système” où je connais mon puzzle et je sais où je peux me raccorder au tien, ce qui serait une garantie d’apparence technique mais en réalité très “cognitive” et “lourde d’affect” d’envisager les interactions entre possesseurs de savoirs;
    La nature de plus en plus dématérialisée des savoirs semble un obstacle, mais il me plait d’imaginer que les mêmes pensées traversèrent ceux qui, comme les contemporains d’A Volta virent l’avènement de l’électricité et se dire que tout n’était là que mystère. L’oscilloscope branchable sur un PC vaut aujourd’hui dans les 100-200 euros (suivant fréquence).

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  7. @ Rosebud 1871

    Ajoutons à cet état de fait la loi sur l’Assurance Chômage qui va voir des parents d’élèves se paupériser encore plus avec 40 % de subsides en moins via le malin génie de Madame Élisabeth Borne et il ne faudra pas être grand clerc pour mieux comprendre le décrochage scolaire de la petite progéniture en question.

    Des classes de 29, 30, 31, voire 32 élèves feront le reste et ajouteront au malheur, le dégoût d’apprendre dans une ambiance bavarde et de plus en plus inattentive.

    Des moyens de plus en plus restreints pour l’Éducation publique du fait des millions d’euros déversés chaque année dans l’Enseignement privé par nos gouvernants bronzés au U.V et le tour sera joué !

    Mais ne parlons pas des choses qui fâchent.

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    1. On peut pleurer que le projet de Loi Savary ait cédé à la rue de droite, mais il n’aurait pas tout réglé dans des enjeux plurifactoriels…L’A.I.E. cher à Althusser reste un ouvre-boîte opérant pour évoquer le rôle de transmission de l’école.

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    2. Je viens de vérifier sur mes vieilles photos de classe :

      on était 35 en CP
      36 en CM2
      32 en troisième
      31 en Math spe

        1. J’en sais rien mais ce fut, et autant que je me souvienne ça ne nous a jamais posé de problèmes ( je parle du point de vue des élèves ).

          Je ne sais pas si ça donne une idée de la sélection de l’époque , mais dans ce même lycée il y avait ,de mémoire ,une douzaine de classes de sixièmes et cinq classes au delà du bac en prépa ( 2 hypokhâgne et 3 spe détaillées en A’ , A et B selon l’orientation plutôt math ou plutôt physique ) mais qui concentraient les survivants de presque tous les lycées du département .

          Si je me fie à mes seules références sures mais sans doute peu représentatives , nous étions 12 issus de mon CM2 “populaire – prolo ” à entrer en sixième ( sur 36 donc ) , et nous sommes 3 à être parvenus jusqu’au bac +2 ( dont un copain qui était un vrai petit “médaille Fields” en puissance , et qui a fait le désespoir des profs et du proviseur quand il à préféré la filière littéraire) .

          Tout ça pour dire que je ne fais pas du nombre d’élèves en classe un critère significatif de la ségrégation par classes sociales .

          Remarque faite que 20 ou 40 en classe , ça ne mouftait pas dans les rangs .

          La ségrégation sociale dans l’éducation me parait relever plus de phénomènes de société ( communautarisme , public / privé , , concentration territoriale des inégalités et des handicaps d’espaces de vie et d’animations locales autres , …) que du contenu de l’enseignement et de la “façon de faire” qui viennent à l’aval de ces contraintes . Et de ce point de vue la société française était , à mon époque , plus cohérente et structurées qu’actuellement , il me semble , et les motivations plus efficaces parce que plus simples et pragmatiques , avec très peu de sollicitations externes .

          1. Je rejoindrai par contre ce qui a été dit par d’autres commentateurs : la ségrégation handicapante et qui risque d’avoir le plus d’impact sur les savoirs , dans la durée , avec le moins d’opportunités de se refaire une santé plus tard ,, se joue à l’école maternelle et dans les premières années de primaire .

            1. Je suis d’accord avec votre commentaire. Notamment en maternelle et premières années primaire et les parents sont très importants. Isabelle Voir mon commentaire mis en ligne ce jour. Mme Corlay

          2. “nous étions 12 issus de mon CM2 “populaire – prolo ” à entrer en sixième ( sur 36 donc ) , et nous sommes 3 à être parvenus jusqu’au bac +2”
            Soit 33% qui passent 6ème (donc 66% qui sortent du système) et 8% dans le supérieur ! C’est pas mal comme écrèmage.
            “Tout ça pour dire que je ne fais pas du nombre d’élèves en classe un critère significatif de la ségrégation par classes sociales .”
            Allez voir combien, il a d’élèves par classe dans les “boîtes à Bac” privées ! On est plutôt du côté de 15 par classe.

            Mais le nombre d’élèves par classe ne fait pas tout
            https://www.vousnousils.fr/2017/09/12/effectifs-temps-passe-en-classe-la-france-au-dessus-de-la-moyenne-ocde-607186
            “Indicateur important également, le taux d’encadrement : dans les pays de l’OCDE, en 2015, on comptait en moyenne 15 élèves par enseignant dans le primaire, et 13 dans le secondaire. Dans cette perspective, la France se situe là encore au-dessus de la moyenne, avec 19 élèves par prof à l’école primaire, et 13 au collège et au lycée.

            Ailleurs en Europe, l’Allemagne se situe dans la moyenne de l’OCDE (15 – 13), et l’Espagne juste en dessous (14 – 11). Au Luxembourg, en Italie et en Suède, les élèves sont respectivement 11, 12 et 13 par enseignant, que l’on regarde en primaire ou en secondaire.”

            Les dépenses de l’Etat par élèves
            en 2018, pour un élève de primaire 6820€,
            pour un élève du secondaire 9930€ (+1/3)
            et pour un élève du supérieur 11470€ (https://www.insee.fr/fr/statistiques/4238411?sommaire=4238781#tableau-figure3)

            Dans l’OCDE
            pour le primaire la France est en 15éme position des pays de l’OCDE à 7400€ en dessous de la moyenne à 8700€
            pour le secondaire, elle est en 13ème position à 10300€ juste au dessus de la moyenne à 10235€
            pour le supérieur, elle est en 8ème position à 11300€ au dessus de la moyenne de l’OCDE à 11056€
            https://www.inegalites.fr/Depenses-d-education-la-France-un-eleve-mediocre?id_theme=23

            Si le budget ne fait pas tout, il donne tout de même une idée des priorités des gouverants. Et pour la France, la priorité est à l’enseignement supérieur, certainement une des particularités de la méritocratie.

            1. Que le nombre d’élèves par classe ” ne fasse pas tout” ( et même ,selon moi ,n’est pas le plus pénalisant ou ségréguant pour l’élève pour autant que la discipline et le respect interne soient assurés , ce qui est la moindre des choses dans une école ) , c’est bien ce que je raconte en ne dissertant , contrairement à votre élargissement soudain du bureau des griefs , que de ce point ( et encore sur la base de mon seul vécu , déjà ancien comme vous l’aurez remarqué) .

              Ceci étant je n’aurai aucune difficulté à dire qu’on est ( tous les élèves et l’instit ou prof ) , plus confortable et à l’aise dans une classe de 15/20 que dans une classe de 30/40 ( ce qui était plutôt mon lot et celui de mes petits camarades , sans que nous en soyons morts ou devenus idiots ) .

              Pour ce qui est de l’effort financier de la nation , je n’ai pas de difficulté non plus à dire que c’est la maternelle et la primaire qui doivent être les mieux dotées , mais que c’est surtout l’ensemble de la filière éducative qui doit être privilégiée dans le budget national sous l’œil attentif de la cour des comptes . Ce qui renvoie à la fiscalité et aux impôts ( et indirectement aux revenus ).

            2. Je viens corriger aussi “donc 66 % qui sortent du système” .

              Non , et sans être certain du nombre exact , en gros , ces 2 autres tiers se scindaient en :

              – un bon tiers qui poursuivait en classe particulière jusqu’au certificat d’études obtenu en gros à 13/14/15 ans , et ceux là sortaient alors vraiment du système pour filer direct au boulot ( ou à la rue , mais on trouvait plus facilement du boulot à cette époque )

              – un petit tiers allait en formation technique : à Saint Etienne c’était l’ENP , école nationale professionnelle plutôt réputée pour la qualité de sa formation . On y faisait au passage , même issus des 6 émes classiques , deux heures de formation atelier bois et atelier métal par semaine .Je dois encore avoir dans les caisses de jouets de mes petits enfants , la corbeille à pain ( bois ) et le dessous de plat ( alu ) , production de leur grand père qu’ils ont mise en piteux état.

              – un ou deux redoublants récurrents de CM1 ou CM2 , proches des13 ans nécessaires pour être ” embauché” et qui filaient donc direct au boulot plus ou moins déclaré ou à la rue , ou à la maison avec les taloches du père ou de la mère .

  8. S’il avait fallu attendre d’éduquer la « masse affamée » de la fin du 18ème siècle avant de l’envoyer « couper la tête de la féodalité », nous y serions encore !

    Ce que je veux dire c’est que dans l’état actuel des choses c’est la grande masse avec son niveau d’ignorance du moment qui produit les richesses concentrées par la possédance. Cette masse est plus qu’affamée mais rien ne nous empêche, en effet, de repenser l’éducation de nos enfants afin de leur permettre, le moment venu, de trouver l’art et la manière de couper la tête de l’actionnariat de leur époque.

    C’est manifestement une façon pour nous de sursoir à notre entrée dans la carrière en espérant que nos ainés soient rejoints par nos cadets. Nous aurons alors intelligemment préparé les générations futures à la révolution, sans nous salir les mains en quelque sorte !

    Comprenez-moi bien, je suis totalement d’accord sur l’importance de l’éducation nationale (mais pour d’autres motifs que celui de la méthode d’acquisition des savoirs que je ne dédaigne pas pour autant) mais il me semble que les révolutions ne se font pas par procuration faite aux générations futures. Il parait que l’on peut toujours différer une bataille mais toujours à ses dépens.

    D’ailleurs pour faire advenir une Ecole Publique Nouvelle il va sans doute nous falloir fomenter une révolution ici et maintenant. On peut considérer qu’il s’agit là d’une petite révolution mais toute la question reste de savoir si nous pouvons la mener à bien sans devoir « couper la tête du capital ».

    Et puisque qu’il est presque certain que nous dussions tôt ou tard nous mettre en route pour cette besogne tranchante, pourquoi ne pas s’y résoudre dès à présent ?

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  9. On énonce généralement trois types de savoir :
    – le savoir en tant qu’acquisition de ” connaissances “,
    – le savoir faire qui pourrait être le précèdent confronté au réel dans l’agir ,et qui rejoint le savoir de ” la main” ,
    – le savoir être qui pourrait être l’expression d’un réseau d’affects “innés” .

    Je n’ai pas le sentiment que leur ” transmission ” ait la même signification ou s’exerce de la même façon dans les trois cas . L’IA contredirait elle ce sentiment ? Il me semble aussi que le malheur et la frustration naissent quand ces trois savoirs ne sont pas en harmonie ou que l’un des trois fait défaut , comme s’écroule la République quand Liberté , Egalité , Fraternité se désunissent .

    J’aime beaucoup la collection ” Que sais je ?” . Sans doute parce que je ne crois pas aux vérités révélées et aux “sciences infuses” .

    1. Tiercé gagnant, juannessy (dans le désordre ? peut-être ) !

      Je commente par un piteux “name dropping” :
      “savoir de la main” => Richard Sennett (Ce que sait la main)

      “savoir @ affects innés” => on est dans le “savoir-vivre”, je dirais, la bonne gestion d’une dynamique d’affect individuelle et collective.
      Il y aurait des jonctions intéressantes sur la réflectivité (s’écouter rire, pour ceux dont je trouve le rire trop nerveux et vide, écouter les propres tics de langage :
      “effectivement”, “véritablement”, et les monceaux d'”en fait”. ) C’est-à-dire apprendre à faire avec les “logiques qui ne se terminent pas quelque part”.
      Pour moi (je l’ai glissé à PJ) , le rire, spécificité humaine, a pour but de reconfigurer le réseau d’affect qui produit des choses “logiques” (disons dont la mémorisation doit aider à converger vers des actions “utiles”), lorsqu’il tombe sur des contradictions qui n’aboutissent apparemment pas. Ce mécanisme s’introduit dans le langage soit par l’usage excessif de propositions ironiques ou mordantes (façon F. Lordon au niveau du contenant), soit par l’usage de ces expressions inclassables comme “quand même” (magari côté italien, dans un registre un peu différent) : c’est à cheval entre une proposition logique (il n’y a pas que ce qu’on a dit là juste avant) et de l’affect (“quand même” se dit avec gestuelle et ton ad hoc, haussement des sourcils, bref, s’y exprime une tactique d’affect sinon uns stratégie)

      Et pour les “Que-sais-je”, on est peu ou prou dans les “systèmes associés” de Stiegler (Bernard) / Simondon : la collection s’est construite comme un moyen pour les nouveaux diplômés d’entrer “en dialogue” dans le savoir. Dans un système associé idéal, tout receveur devient aussi émetteur potentiel. Ce n’est pas exactement ou directement le cas dans la collec Que Sais Je mais indirectement, en tant que réponse sociale à la montée des diplômés pendant les 30 Glorieuses, c’est bien un outil d’inclusion dans un réseau de savoir doté d’une dose raisonnable de réciprocité collective.

      1. Quand j’ai reçu en transmission le sourire par ma mère , c’est bien parce que c’était à la fois un savoir , un savoir faire et un savoir être , le “paquetage” nécessaire et suffisant pour faire de la vie , à la fois, un chemin et la fin .

        Le sourire dévoyé est une catastrophe immédiate . Le rire dévoyé , tout aussi traître à sa fonction , est trop fréquent.

  10. Quand on est aussi mauvais en sciences de l’éducation que Jacques Borie, on a la décence de se taire.
    C’est lapidaire, violent, tout ce que vous voulez, mais franchement trop c’est trop.

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    1. Arrow sur le Baudet. Aura des pâquerettes. Pascal sans doute chargé de mission par l’auteur du billet se doit d’être un peu débordé par la classe de Jorion, au su de ses habitudes de maître des colles. Faim de récré !

      1. C’est encore mieux que du Timiota !

        ( Mais n’entrez pas en compétition tous les deux , sinon on ne va plus pouvoir suivre !) .

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      2. Cher Rosebud, je ne suis chargé de mission que par moi-même. Oui, le sujet me tient à coeur mais je suis prêt à laisser tourner les moulins à vent quand il n’y a plus comme arguments que des attaques personnelles. Dommage pour le blog.

        1. Ad personam ou ad hominem, ce n’est pas le sujet ! Je me moque du textuel, le votre et celui de l’auteur. Si vous vous êtes chargé de mission que par vous-même, j’entends bien qu’à se moquer de votre textuel vous puissiez le vivre comme une attaque personnelle.

  11. Ce ne sont pas les commentateurs qui me mettent en colère, c’est la bêtise crasse du billet de Jacques Borie.

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    1. Parler de transmission du savoir et de méthode pédagogique franco-française pour changer le Monde. Ce monsieur n’a pas compris grand-chose au contenu des livres de PJ.

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  12. La Zaziezanie, la meilleure des méthodes.

    ” Gabriel se tourna vers Marceline qui souriait :
    – Tu vois comment ça raisonne déjà bien une mouflette de cet âge ? On se demande
    pourquoi c’est la peine de les envoyer à l’école.
    – Moi, déclara Zazie, je veux aller à l’école jusqu’à soixante-cinq ans.
    – Jusqu’à soixante-cinq ans ? répéta Gabriel un chouïa surpris.
    – Oui, dit Zazie, je veux être institutrice.
    – Ce n’est pas un mauvais métier, dit doucement Marceline. Y a la retraite.
    Elle ajouta ça automatiquement parce qu’elle connaissait bien la langue française.
    – Retraite mon cul, dit Zazie. Moi c’est pas pour la retraite que je veux être institutrice.
    – Non bien sûr, dit Gabriel, on s’en doute.
    – Alors c’est pourquoi ? demanda Zazie.
    – Tu vas nous espliquer ça.
    – Tu trouverais pas tout seul, hein ?
    – Elle est quand même fortiche la jeune d’aujourd’hui, dit Gabriel à Marceline.
    Et à Zazie :
    – Alors ? pourquoi que tu veux l’être, institutrice .
    – Pour faire chier les mômes, répondit Zazie. Ceux qu’auront mon âge dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans, dans mille ans, toujours des gosses à emmerder.
    – Et bien, dit Gabriel.
    – Je serais vache comme tout avec elles. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l’éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses. Parce que je porterai des bottes. En hiver. Hautes comme ça (geste). Avec des grands éperons pour leur harder la chair du derche.
    – Tu sais, dit Gabriel avec calme, d’après ce que disent les journaux, c’est pas du tout dans ce sens-là que s’oriente l’éducation moderne. C’est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension, la gentilles. N’est-ce pas Marceline, qu’on dit ça dans le journal ?
    – Oui, répondit doucement Marceline. Mais toi Zazie, est-ce qu’on t’a brutalisée à l’école ?
    – Il aurait pas fallu voir.
    – D’ailleurs, dit Gabriel, dans vingt ans, y aura plus d’institutrices: elles seront remplacées par le cinéma, la tévé, l’électronique, des trucs comme ça. C’était uassi écrit dans le jounal l’autre jour? N’est-ce pas Marceline ?
    – Oui, répondit doucement Marceline.
    Zazie envisagea cet avenir un instant.
    – Alors, déclara-t-elle, je serais astronaute.
    – Voilà, dit Gabrielle approbativement. Voilà, faut être de son temps.
    – Oui, continue Zazie, je serais astronaute pour aller faire chier les Martiens.
    Gabriel enthousiasmé se tape les cuisses :
    – Elle en a de l’idée, cette petite.
    Il était ravi.

    [Queneau, Zazie dans le métro]

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  13. Savoir aussi ce qui se passe sous nos yeux , souvent distraits , trop souvent occultés :
    A.S.I. : “Le matinaute”- Daniel Schneiderman 28/4- ( Extrait + lien libre plus détaillé ).
    ” ” ” C’est l’histoire d’une “note blanche” , non signée, circulant à Bruxelles à propos de lutte contre l’optimisation fiscale des multinationales. “Le Monde” en révélait l’existence le 21 avril. Combat essentiel : il s’agit de savoir si les gagnants de la mondialisation, explique “Le Monde, “paieront leur part d’impôt là où ils engrangent leur profit””. Combat de longue haleine, qui semblait gagné depuis qu’en février, un accord avait été trouvé entre États-membres. Les multinationales établies en Europe devraient publier chaque année leurs données financières, pays par pays. Alleluia ! Même “Les Échos” saluaient le 3 mars cette victoire, “”soutenue par la France””.
    Là-dessus arrive cette note, qui préconise d’opacifier sérieusement cette transparence. Ces données seraient divulguées seulement au bout de six ans. Et elles ne concerneraient que les pays de l’UE et les paradis fiscaux en liste noire, pas les autres pays. Et cette note, écrit “Le Monde”, serait soutenue par plusieurs États, au premier rang desquels, devinez qui, la France.
    ” ” ”
    …(…)…

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/transparence-fiscale-dans-lue-le-medef-a-t-il-ecrit-la-position-de-la-france_fr_6082e0bee4b05af50db51010

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  14. Mr Borie confirme : rien n’a changé dans le rapport IGNORANCE / CONNAISSANCE entre la masse passive et une minorité agissante possédante ; possédante d’action dont “la survie” dépend du maintien dans l’ignorance de la Masse équipée de téléphone portable, automobile, etc..Je remarque cette phrase «dans cette nuit et brouillard de la société capitaliste une petite flamme a brillé en France à Gennevilliers, dans une école maternelle de 2013 à 2016. Le témoignage se trouve dans le livre : Les lois naturelles de l’enfant de Céline Alvarez accompagnée pendant ces trois années par des chercheurs en neurosciences. Je me permettrai d’écrire à ce sujet, la protection de l’enfance en amont avec les parents serait vraisemblablement le meilleur vecteur (à certains travers et incompréhensions).

    Des groupes d’intérêts travaillant auprès des parents pour une garantie pour la vie des enfants (vie psychique, psychologique…) serait le meilleur vecteur à des performances éducatives et de développement de connaissances et de futures compétences (il faudrait développer cette prévention qui n’est pas toujours évaluée et mal gérée, si je puis me permettre. Pourquoi je dis ceci, (ma maman faisait des crises de paranoaï. Je me suis retrouvée seule à l’âge de 11 ans à gérer cette situation sans avoir l’aide d’aucune personne extérieure ou si peu et mon père est décédé à cette période . J’ai beaucoup étudié/lu pour comprendre certaines choses. Il faut l’OUBLI oui, mais pas toujours évident à gérer. Je viens de consulter un doc. avant de reprendre le travail demain, j’y ai découvert que chaque année 15 % de la population adulte française présente au moins un épisode d’anxiété. Cette anxiété peut être de l’ordre transmissible via le/la parent (e). Je tiens à le préciser car l’échec provient de ces causes profondes enfouies depuis longtemps et que hélas on n’en a pas toujours conscience. Cela peut-être ce cas, et il y en a bien d’autres formes.!!! L’inquiétude/l’angoisse provoque également certaines choses. Et plusieurs personnes sont concernées. Je voudrai parler de la discipline de l’orientation. Elle doit être performante mais elle doit être en harmonie totale/globale avec l’étudiant ; certains parents refusent le choix d’orientation de leurs enfants, mais en fait, c’est une erreur car ce qu’ils projettent réaliser dans l’avenir doit être en concordance avec ses talents/résultats/et désirs personnels (ce qu’ils préfèrent réaliser, ce qui lui tient le plus à coeur).

    Je tiens à faire remarquer également que parfois nous avons une dualité qui a été créée, il y a longtemps, et il faut parvenir à dépasser toutes ces strates (travers)….Et les phénomènes des drogues viennent de là (tabac, stupéfiants, héroine) qui sont liés le plus souvent aux angoisses et à l’anxiété. Il y a certains enfants qui n’ont pas eu une éducation HARMONIEUSE…J’ai parlé tout dernièrement de ce que Mme Gueguen préconise au niveau de l’éducation.

    Si j’écris ceci c’est pour vous confirmer que je suis HEUREUSE de lire : UNE ECOLE PUBLIQUE NOUVELLE (E.P.N). Diable, cela serait FORMIDABLE.!!!! car en amont j’ai parlé de la méthode Montessori et il y a longtemps, j’avais écrit des dossiers à l’Education Nationale. Pour ma part, à mes heures, je me plonge dans divers sujets pour être curieuse (car manque de compétences CAP en poche), persévérante (mais moins agressive et essayer d’être plus enjouée et éviter les problèmes de santé, et quand j’insiste sur le mot créatif ce n’est pas le hasard, il faut comprendre que c’est dès le plus jeune âge que l’on évolue et que l’on peut faire du COLLECTIF à l’origine de ce que l’on a vécu. C’est en croyant en soi, (et pas ce que l’on a VECU qui nous a fait croire en certaines choses, ce sont des CROYANCES ERRONEES). Même si je n’apprends par coeur, je lis et j’essaie de progresser, de transmettre ce que je peux avec mon niveau et il faut absolument créer cette EPN afin de rendre les gens heureux, et j’en serait totalement ravie.

    Une EPN dans laquelle l’enfant est ACTIF, autonome, solidaire, curieux, persévérant, CRÉATIF, social… HEUREUX (l’instituteur aussi). Citoyen Paul Jorion, qu’attendez-vous pour lancer avec d’autres une campagne d’information et de pression auprès des grandes villes européennes, la région Wallonne, des régions françaises pour construire une EPN qui “aux peuples étrangers donnerait le vertige” ? Et dans cet EPN, j’y rajouterai également les adultes.!!!

    Je rajouterai en dessous le commentaire de Mr Juillot Pierre – 26 avril 2021 à 20 h 00 min
    Lorsqu’il est question de parler, à l’heure actuelle, et dans la réalité immédiate des faits… d’expérimentations, tirées d’une conclusion d’études faites en école maternelle (si louables et porteuses d’espérances soient-elles)…? Alors que dans la population des enfants scolarisés – dont plus de 150 000 sortent sans diplômes… des “grands frères” et sœurs, délaissé.e.s, abandonné.e.s abstentionnistes… par rapport au fait de préférer choyer les classes maternelles – trop nombreux sont confrontés aux inégalités territoriales, scolaires, de “DESTIN” de leurs parents pauvres précaires (ou ouvriers IC)…, de leurs “grands frères” (et sœurs) “subordonné.e.s” (entre autre, aux propriétaires privés d’entreprises, d’actions assistés sans contrepartie…) aux discriminations impunies à l’embauche, dans l’accès aux logements, dans la NON redistribution. la lutte pour rétablir “l’égalité de chances” ne se heurte t-elle pas à un écueil conséquent…? Les études PISA montrent que la France se distingue des autres pays de l’OCDE par le fait qu’elle est la seule à ne pas parvenir à réduire les écarts scolaires entre les enfants issus de différents milieux sociaux.

    En conclusion, l’EPN me ferait énormément plaisir pour les futures générations. Quant à ce qui est noté dans le dernier paragraphe – commentaires de Mr Juillot, il me semble aussi que c’est là qu’il faut aller CHERCHER, les futurs destins, programmes divers, etc.

    PS : oui, j’ai commis des erreurs dans ma vie, mais il fallait savoir que j’aurai pu être capable. Il fallait comprendre son passé. Je fais des efforts pour me relever et ne plus chuter. Que ces erreurs ont été commises sous l’effet de l’impulsivité, de l’incompréhension, l’impatience, la DUALITE. Et il fallait comprendre les difficultés d’origine liées au milieu parental, puisque je devais y arriver malgré tout et je me suis dépassée. (Tout de même 10 références professionnelles, je me suis serrée la ceinture dès 22 ans pour faire mon premier stage informatique (TTX et programmation) et comme à l’époque j’avais toute l’énergie je voulais y arriver malgré tout. Et par la suite, j’ai plus ou moins appris l’anglais en formation et seule. On m’a reproché d’avoir quitté mon boulot de sténo, (aucune formation interne) mais je tiens à faire part que certaines personnes sont encore dans le vieux monde. Si j’ai commis une erreur, c’est parce que je voulais évoluer et que je n’avais pas d’autres moyens (financiers notamment). Il faut du temps pour apprendre. Et sans aucune formation depuis 2006/2007, j’y ai mis du courage et de l’endurance…Dépasser son passé (un Cap). J’avais noté sur un brouillon prendre soin de soi, s’éduquer, méditer, s’émerverveiller.

    J’espère de tout COEUR que mon texte parviendra à faire des émules et un bon programme (et de tous les clivages). !!! Et que mon ex métier, me permet d’écrire ceci…..Cordialement, Isabelle CORLAY.

  15. Est-ce que dans ce livre de Paul Jorion, il ne s’agit que de transmission du travail, plutôt que d’une supposée transmission du savoir ? Si c’est le cas alors cela explique cette reproduction des places de génération en génération, avec toute la difficulté (souvent infranchissable seul) pour chacun à chaque époque de pouvoir franchir ce seuil qui permettrait de parler et d’agir selon sa singularité …
    Est-ce le “savoir-y-faire” qui serait le savoir singulier ? Où le “y” serait le savoir intransmissible à un autre, mais qui permettrait à cet autre de douter d’une place assignée, d’être entendu sur ce doute, et d’élaborer son propre savoir ?
    Encore faudra-t-il que cet autre ait suffisamment de doute sur lui-même.

    En proposant ce commentaire, je ne prétends rien, ni tout. J’essaie d’agir avec les manques et les insatisfactions qui sont miens.

    1. Il s’agit de la transmission des savoirs en général : ceux qui s’apprennent à l’école et ceux qu’on ne peut apprendre qu’en les faisant. Rien ne me fait davantage plaisir que quand on me dit que ce livre est devenu un classique des sciences de l’éducation. J’ai d’ailleurs été invité à en parler au congrès du 30e anniversaire de l’AFIRSE (Association Francophone Internationale de Recherche Scientifique en Education), qui devait avoir lieu en mai mais qui a été déplacé, ce sera en novembre. Je vous tiendrai au courant.

  16. C’est un psychanalyste qui m’a fait découvrir votre travail, et non les sciences de l’éducation. Je n’etais peut-etre pas au bon endroit.
    Le principal est d’avoir découvert.

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