Gaza / Israël : J’aimerais bien trouver une note plus positive…, par Alexis Toulet

À propos de Gaza / Mandela, par Chantal Montellier.

La comparaison que fait Mandela avec la situation des Noirs confinés dans des bantoustans au temps de l’apartheid en Afrique du Sud est tout à fait justifiée. Le régime dans lequel les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza sont maintenus se compare directement au système des bantoustans, et il en serait l’équivalent strict si Israël avait officiellement annexé la Cisjordanie. Mais même si ce n’est pas officiel… c’est bien la réalité de la situation sur le terrain pour les Palestiniens. Et vu que cette situation dure depuis 1967, la grande majorité des Palestiniens n’ont jamais connu autre chose.

C’est bien cette situation sur le terrain qu’il s’agirait de changer, et depuis une vingtaine d’années rien ne change – sinon éventuellement pour le pire.

Deux “points aveugles” dans son discours toutefois :

1. Mandela évoque la nécessité de résoudre “des problèmes de 1948” appuyant le “droit au retour des réfugiés palestiniens”, c’est-à-dire dans les frontières internationalement reconnues d’Israël, celles de 1967

C’est d’une part oublier que l’expulsion de 1948 a été réciproque. La majorité des Palestiniens vivant dans les frontières de 1967 a été expulsée ET la majorité des Juifs des pays du Moyen-Orient a été expulsée – une grande partie trouvant refuge dans le nouvel État d’Israël.

Surtout, c’est imaginer que les expulsions et “nettoyages ethniques” se résolvent par un retour au statu quo ante, quand la chose n’a pratiquement jamais été appliquée, ne serait-ce que par pur réalisme. Quand 15 millions d’hommes ont été expulsés de ce qui était en train de devenir Pakistan et Inde à leur indépendance, la solution n’a pas été leur retour, mais leur assimilation de l’autre côté. De même les Grecs expulsés de Turquie occidentale dans les années 1920. Les Serbes et Croates chassés de chez eux dans les années 1990. Les Pieds-Noirs expulsés d’Algérie en 1962. Les Allemands expulsés de l’ouest de la Pologne en 1945. Les Sunnites et Chiites expulsés de leur zone d’habitation en Irak lors de la guerre civile post-invasion américaine. Etc. etc.

On peut rêver d’un “retour au statu quo ante”, mais il ne s’est avéré réaliste dans aucune situation. Encore moins après les trois générations qui nous séparent de 1948. Et bien sûr, le retour au statu quo ante est totalement inenvisageable pour les descendants des Juifs expulsés en 1948 – parce que retourner dans des pays actuellement en pleine passion antisémite ne serait pas exactement une bonne idée !

2. La comparaison que fait Mandela du mouvement qu’il a dirigé avec l’OLP d’Arafat, sans parler du Hamas, est très bienveillante pour ces derniers. La réalité est hélas différente.

Jusqu’en 1991, la lutte autour des droits des Noirs en Afrique du Sud opposait :
– d’une part un nationalisme exclusif et inégalitaire celui des Blancs visant à maintenir leur domination sur les autres,
– d’autre part un nationalisme inclusif et égalitaire celui de l’ANC voulant construire non pas la domination dans l’autre sens du Noir sur le Blanc, mais bien un pays égalitaire où chacun serait libre et aurait sa chance

En Terre sainte, ce sont deux nationalismes exclusifs et inégalitaires qui s’affrontent. La Charte de l’OLP l’est encore davantage que ce qu’Israël fait en Cisjordanie et à Gaza – voir en particulier les articles 2 et 5.

La Charte du Hamas est encore bien pire – voir l’article 11, également l’article 8 sur la nature djihadiste du mouvement et enfin l’article 7 pour le rappel “sympathique” du hadith de Mahomet affirmant que lorsque les Musulmans combattront les Juifs, ceux-ci se cacheront derrière pierres et arbres et les pierres et arbres diront au Musulman “il y a un Juif caché derrière moi, viens et tue-le”.

Bénéficiant d’une marge de supériorité militaire et matérielle gigantesque, Israël pourrait l’utiliser pour desserrer les contraintes qu’il fait peser sur les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, sans se mettre en danger. La chose serait sans doute assez délicate, mais possible. À long terme (une génération ?), laisser les Palestiniens se développer dans un État à eux mènerait sans doute parmi eux à une perte d’influence du Hamas, de l’idéologie djihadiste et de l’antisémitisme en général. Alors, une véritable paix pourrait être construite – de même que les Européens ont cessé à un moment de s’opposer sur les champs de bataille.

Israël ne le fait pas, essentiellement parce que le statu quo lui est somme toute très confortable, et encore pour complaire à ses radicaux qui considèrent la colonisation de la Cisjordanie comme une obligation religieuse. Les partis religieux israéliens sont petits, mais le système politique ultra-parlementaire du pays – à l’opposé de ce qu’est la Cinquième République chez nous – leur laisse une influence disproportionnée.

L’ONU n’a strictement aucun pouvoir sur le conflit israélo-palestinien, pour la bonne et simple raison qu’elle n’a d’influence que sur les pays qui ne sont pas militairement forts – et surtout pas sur les puissances nucléaires comme Israël ! De plus, les principales puissances mondiales soit sont plus proches de cœur des Israéliens que des Palestiniens (Américains bien sûr, mais aussi Russes, Français, Allemands, Indiens, Britanniques…) soit n’en ont pas grand-chose à faire mais remarquent qu’Israël est un marché non négligeable et un acteur de poids dans les hautes technologies tandis que les Palestiniens ne pèsent guère (Chinois, Japonais…).

J’aimerais bien trouver une note plus positive, mais je n’en vois pas.

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36 réflexions sur « Gaza / Israël : J’aimerais bien trouver une note plus positive…, par Alexis Toulet »

  1. Salut Alexis

    Ton texte donne dans l’ensemble argumentaire du début quand même l’impression de trouver quelque part une “raison” à l’attitude et la réaction du gouvernement israélien.

    Alors que tu écris une chose accablante pour ce gouvernement et qui rend leurs fautes inexcusables :

    “Bénéficiant d’une marge de supériorité militaire et matérielle gigantesque, Israël pourrait l’utiliser pour desserrer les contraintes qu’il fait peser sur les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, sans se mettre en danger. “

    2
    1. Au bout de 70 ans de conflit, on peut facilement construire un argumentaire donnant raison à l’un ou à l’autre, ou donnant raison à l’un et à l’autre
      Quand un conflit aussi long ne trouve pas de solution interne, la radicalité minoritaire rallume les braises régulièrement, toujours au détriment de la population prise en otage par les idéologies, idéologies qui se contrefichent de la souffrance quotidienne, et qui au contraire espèrent que cette souffrance viendra renforcer la radicalité.

  2. Il me semble que le conflit pour la terre entre Israélien et Palestinien annonce les tensions qui vont secouer le monde avec la raréfaction des territoires habitables, vivables.
    On peut déjà observer une radicalisation des comportements sécuritaires et un abandon des valeurs d’espérances portées par les aspirations des peuples à la démocratie.
    Quels sont les pays qui marchent à contre courant de cette tendance ?

    Ce n’est pas un hasard non plus que les pouvoirs soient aux mains de la finance et que cette même finance dresse au sein même de chaque nation ou chaque Etat une barrière de protection en séparant bien les gens.

    Je vous rejoints sur la conclusion.
    Mais plus encore, tout est pareillement cadenassé bien au-delà du simple conflit israélo-palestinien.
    Les paroles de Charles Enderlin et Dominique Vidal cités en commentaires sous le dessin Gaza/Mandela de Chantal Montellier laisse présager (sans le dire) un tel tournant.
    Il me semble.

    1
    1. Ce n’est pas un hasard non plus que les pouvoirs soient aux mains de la finance et que cette même finance dresse au sein même de chaque nation ou chaque Etat une barrière de protection en séparant bien les gens.

      En tant que critique reconnu de la finance, je me sens autorisé à demander : que veut dire ce paragraphe ?

      1. Les sociétés inégalitaires ne sont pas des nouveautés ayant fait irruption au siècle dernier. Qu’il y ait des gens richissimes et d’autres vivant dans la rue, pas nouveau non plus. Se payer une ile et s’y retirer comme dans un bunker à l’image des forteresses d’antan, pas nouveau. Se faire poser des puces sous la peau pour acquérir des résistances hors du commun, pas nouveau non plus, l’armure des chevaliers tâtait du même désir.
        La finance ne serait-elle pas la belle héritière disposant de tous ces privilèges , en pays communistes ou capitalistes ?

        1. En effet, mais quel rapport entre la finance et la concentration des richesses ?

          Il est déjà possible de lui attribuer pas mal de maux, à la finance, mais pourquoi la concentration de la richesse ? Un certain Jésus de Nazareth la dénonce, quinze cents ans avant la naissance de la finance : « À celui qui a, on lui donnera encore davantage, jusqu’à même l’abondance, et à celui qui n’a rien, on lui prendra même ce qu’il a ».

          1. Par le passé, la concentration des richesses a pu se faire sans l’intervention de la finance, la loi du plus fort y pourvoyait.
            Sénèque dit-on, était un “banquier” richissime et avisé mais le pouvoir résidait ailleurs.
            Il me semble qu’aujourd’hui notre monde est différent et les “innovations” financières mènent le bal dans la concentration des richesses. L’un ne va pas sans l’autre… jusqu’à quand… ?

              1. Alors se pose la question de la responsabilité des “condottieres” qui devaient eux-aussi gagner leur vie et se louaient sous contrats pour nourrir leurs familles.
                Le personnel technique qui fut happé par la finance pour construire les “armes” nécessaires à sa domination ne peuvent pas ne pas se poser quelques questions.
                Il me semble (encore) que le premier pardon devrait être le leur.
                Pour sûr, ce n’est pas votre cas, vous êtes un contre exemple.

    2. Bonjour,

      “Il me semble que le conflit pour la terre entre Israélien et Palestinien annonce les tensions qui vont secouer le monde avec la raréfaction des territoires habitables, vivables.”

      On peut déjà voir ce que ça donne avec ce sujet de france 24 à Madagascar :

      https://www.youtube.com/watch?v=KWWRHT1YA-0

      Il y a toujours de gens qui en profitent pour en tirer des avantages. Choisir d’être bourreau ou victime…
      Je ne suis vraiment pas convaincu que les éoliennes et les panneaux solaires vont arranger quoi que ce soit.

  3. Depuis 70 ans, l’option belliqueuse contre Israël, sous toutes ses formes, a totalement échoué.

    Si les perdants voulaient bien se rendre compte de cette réalité, ils pourraient imaginer d’autres stratégies. En lisant simplement la Bible, ils verraient ce qui rend Israël fort, ce qui le rend faible, et cultiveraient ce qui l’affaiblit à long terme.

    J’ai du mal à croire que personne, en Palestine, ne se soit aperçu de tout ça. J’en conclus que la grande majorité des dirigeants impliqués, en Palestine ou ailleurs, s’imaginent avoir intérêt à la perpétuation du merdier actuel.

    Peut-être que ça se débloquera dans le cadre de l’effondrement global de cette civilisation consumériste. En attendant, les affaires continuent.

      1. L’exemple de Mandela indique le chemin possible pour les Palestiniens : abolir les différences de situation signalée par AlexisToulet, c’est-à-dire créer une vraie situation d’apartheid dans le cadre d’un état unique, situation que le précédent sud-africain rendra en quelques années intenable pour Israël.

      2. Et pour tout arranger…. au pied du mur (des lamentations..?..) , Joe B. reste planté…planté… ♥

        ” ” ” Nations Unies: paralysie au Conseil de sécurité autour du conflit israélo-palestinien

        Dysfonctionnel depuis dix ans et le début de la guerre en Syrie, miné par le droit de veto et l’antagonisme croissant entre grandes puissances, le Conseil de sécurité se révèle à nouveau impuissant face à la tragédie israélo-palestinienne. Le blocage, cette fois, émane des Etats-Unis de Joe Biden, qui clamait pourtant le grand retour de l’Amérique dans le concert des nations, après la parenthèse trumpienne. ” ” ” …
        ((suite pour abonnés…mais on se fout des ” détails<i "..! ))
        https://plus.lesoir.be/372913/article/2021-05-18/nations-unies-paralysie-au-conseil-de-securite-autour-du-conflit-israelo

  4. Concernant le passé, vous semblez vivre dans un rêve. Un passé pourtant assez bien documenté.

    Quand l’Inde et le Pakistan se sont séparés (partition), 100 millions de personnes ont cherché à rejoindre leurs attaches religieuses et donc se sont croisés. Les massacres ont été épouvantables.
    Il est possible qu’au final 15 millions ont été absorbés, mais en majorité par l’ Inde. Elle est d’ailleurs un des pays musulman le plus peuplé, avec l’Indonésie. Le “pays des purs” ( “Pas qui se tend”, © ou ™ Le grand jeu 2020) ne semble pas avoir absorbé beaucoup de non-musulmans. Avec un nom pareil, la tolérance ethnique ou religieuse est dès l’abord compromise. Suffit de voir le martyr des chrétiens dans ce pays et l’instrumentalisation du crime de blasphème. Les Chiites souffrent aussi. Bref, sunnite toutes variantes confondues, sinon rien.

    Concernant les Grecs, et d’une façon plus complète, les chrétiens en turquie, le bilan est simple, il s’agit d’un génocide, de plusieurs génocides en fait. Il reste quelques Grecs Pontiques, mais bien peu. Leur vie n’est d’ailleurs pas enviable.
    Je vous renvoie à un petit livre de lecture facile:
    ” Qui s’en souviendra? 1915: le génocide assyro-chaldéo-syriaque” par Joseph Yacoub. Les éditions du cerf, 2014.
    Le dernier chapitre a pour titre: ” En 2014, la tragédie continue”. Nous avons assez d’informations pour épaissir ce petit livre par un chapitre non final dont le titre serait “En 2021, la tragédie continue”.

    Ce n’est pas avec des approximations complaisantes que vous arriverez à éclaircir la question. Pourquoi ne pas citer les nombres et les dates respectives des expulsions mutuelles arabo-israéliennes? Non qu’ils apportent beaucoup à la compréhension, je vous l’accorde.

    Enfin, je dois dire que vu la longue montée aux extrêmes, je n’ai aucune solution aux combats actuels. On peut prédire, sans s’avancer sur une date ou une période, que ça se terminera très mal, pour l’une ou l’autre partie. Les faibles souffriront ce qu’ils doivent comme d’hab.

    2
    1. Vous avez raison de rappeler que les Grecs du Pont, comme Arméniens et Assyriens avant eux, ont été victimes de génocide il y a un siècle. Et bien sûr l’Inde comme la France, quelles que soient leurs imperfections, sont des États pluralistes, ce que n’est pas le Pakistan.

      Mon propos était avant tout de rappeler que les expulsions et nettoyages ethniques ne se résolvent pas par le retour au statu quo ante mais par l’assimilation dans les pays d’accueil des réfugiés, et que les fantasmes d’un “droit au retour” des descendants de la Nakba ne sont que des fantasmes contre productifs.

      Je n’ai en effet aucune idée de solution, sauf si un gouvernement israélien décidait d’utiliser la supériorité énorme d’Israël pour organiser la paix avec les Palestiniens malgré la prééminence chez eux du Hamas. Mais une telle décision est très improbable à vue humaine.

      Si je devais parier, je parlerais sur la prolongation de la situation actuelle pendant très longtemps. Confortable pour les Israéliens, totalement bloqué pour les Palestiniens, pendant que le Moyen Orient va à vau l’eau déchiré par les guerres entre sunnites et chiites.

      Bien sûr, rien n’est éternel et ça changera un jour. Mais ça pourrait durer des décennies encore.

      1. Aucune raison que cela change en effet, les radicaux y veillent des deux côtés.
        La solution interne serait que les israéliens majoritaires et modérés se « révoltent  », mais la situation n’est pas (encore) suffisamment inconfortable pour eux .
        Quant à la « révolte” des palestiniens majoritaires et modérés ,elle est cadenassée par la cynique complicité du couple HAMAS -ABBAS .

      2. @ Alexis
        Je pense que vous faites erreur avec votre idée d’ “assimilation”.

        J’aimerais trouver des exemples très anciens ou historiques afin de ne froisser personne montrant que l’assimilation n’est possible que quand les différences ne sont pas trop grandes. A l’inverse, l’assimilation peut être impossible.
        Dans ce qui nous préoccupe actuellement , c’est le cas. Les textes fondateurs sont absolument formels.

        Il y a très longtemps, ici , j’avais exprimé l’espoir que le retour à la religion comme affaire personnelle non publique -devenir politiquement laïque ou séculier- était une condition de la paix.
        C’est irréaliste. Dans le coin, la religion est instrumentalisée et intériorisée depuis trop longtemps. Les excités des deux bords n’abandonneront pas une facilité qui leur assure un recrutement quasi-automatique et abondant. C’est aussi une facilité, dans la mesure où elle cache bien l’incompétence et les déficits démocratiques des dirigeants.

        Bien entendu, les différences religieuses ne sont pas les seules causes de discorde. Trop d’humiliations, trop de souffrances et trop de morts depuis trop longtemps sont à l’œuvre pour qu’un dialogue puisse exister. Le principal obstacle politique est qu’Israël est incapable de dominer ses “victoires” successives. Les succès tactiques immédiats sont un leurre et un piège qui les enferment.

        Je fais donc mienne votre conclusion: pas de note positive.

        ————————
        Parmi les exemples d’extermination ou de disparition (assimilation impossible), nous avons à la fin de l’empire romain les différentes sectes chrétiennes dont l’arianisme. Ou moins daté, en France, les cathares, et à un moindre degré les vaudois.
        Ils n’existent plus. Cela n’a pas été le résultat du sourire ou du dialogue raisonné.

  5. On peut trouver une foule de sujets de réflexion dans les articles du grand journaliste israélien pacifiste publiés à l’adresse suivante : https://www.middleeasteye.net/fr/users/gideon-levy
    Il a reçu de nombreux prix dont le prix Olof Palme pour les droits de l’homme en 2015.
    Il aurait dit quelque chose comme cela : “Rien n’évoluera tant que les Israéliens ne considèreront pas les Palestiniens comme des gens comme eux.”

    1. “Rien n’évoluera tant que les Israéliens ne considèreront pas les Palestiniens comme des gens comme eux.”
      donc tant qu’ils seront juifs ?
      Les deux étant pour la plupart sémites.

      1. Je pense que Gideon Levy voulait dire qu’à son avis, beaucoup d’Israéliens ne considèrent pas les Palestiniens comme des personnes ayant les mêmes droits qu’eux.

        La religion a pu jouer un rôle positif dans la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, notamment parce qu’il s’agissait de la même religion pour les deux groupes en conflit :
        1. Elle facilitait l’interpellation morale
        – “Dites, vous êtes sûr que ce que vous faites est juste ? Quand Paul écrivait ‘Il n’y a plus ni Juif ni Grec’, vous avez lu qu’il ajoutait ‘Mais y a toujours les Blancs et les Noirs’ ?”
        – “Euh… je retrouve plus le passage.”
        2. Elle pouvait rassurer les Blancs, groupe minoritaire jusque là seul dépositaire du pouvoir, sur le fait que les Noirs exigeaient certes la justice, mais ne rechercheraient pas la vengeance une fois que le nombre leur aurait donné le plus clair du pouvoir

        Dans le conflit israélo-palestinien, le rôle de la religion est clairement négatif :
        1. La différence de religion augmente la “distance” perçue avec le groupe d’en face, et ne facilite guère l’interpellation morale, ce n’est pas un “langage commun”
        – “Au nom de votre religion, vous devriez…”
        – “Ne parlez pas de ma religion, vous n’y comprenez rien !”
        2. Elle ne peut qu’inquiéter tout le monde, à mesure de l’appel des radicaux musulmans à une guerre qu’ils présentent comme sainte pour établir la prééminence des musulmans sur la totalité de la Terre sainte, et de l’appel des radicaux juifs à nier toute légitimité à la prééminence de non-juifs sur ne serait-ce que sur une partie de la Terre sainte

        1
  6. La solution à 2 états , avec la Cisjordanie comme état palestinien est une grosse blague avec laquelle les occidentaux se sont donné bonne conscience depuis 1967. Jamais Israël rendra la Cisjordanie , et pour comprendre pourquoi il suffit de prendre une carte : la sécurité d’Israël ne pourra jamais admettre une telle enclave dans son homogénéité géographique , et l’occupation/colonisation de la Cisjordanie s’inscrit dans le plan plus large d’un Israël de la Méditerranée au Jourdain . La mettre sur le seul dos des ultra orthodoxes est une malhonnêteté intellectuelle qui arrange bien tout le monde à commencer par la Gauche . Alors pas d’espoir pour les palestiniens ? Il y a une solution , c’est celle d’un état unique pour les 2 communautés , avec les mêmes droits . Pour Israël en fait sa seule chance de survie à long terme est d’intégrer sa population palestinienne . La première saison de Fauda malgré sa violence portait ce message , preuve qu’il y a des israëliens pour . Et cet excellent article :
    https://jewishcurrents.org/yavne-a-jewish-case-for-equality-in-israel-palestine/?fbclid=IwAR1bqlqXVI7I8FZaSJIydHt9yU90LsNeyuhJAYGBcl5JiwlIy6jg0BEcyoA

    1
    1. @minod
      Permettez-moi de souligner :
      … ” Jamais Israël rendra la Cisjordanie , et pour comprendre pourquoi il suffit de prendre une carte : la sécurité d’Israël ne pourra jamais admettre une telle enclave dans son homogénéité géographique , et l’occupation/ colonisation de la Cisjordanie s’inscrit dans le plan plus large d’un Israël de la Méditerranée au Jourdain .
      La mettre sur le seul dos des ultra orthodoxes est une malhonnêteté intellectuelle qui arrange bien tout le monde à commencer par la Gauche
      “. (française)

      J’aime beaucoup la clarté de ce commentaire(fort approuvé) glané sur Médiapart (18/05/21 à 14:29 par “RANDALL P. MCMURPHY” )

      ” ” ” attention !

      juifs n’est pas = à israéliens , israéliens n’est pas = à juifs
      français juif n’est pas = à CRIF
      judaïsme n’est pas = à sionisme
      anti-sionisme n’est pas = à antisémitisme
      sionisme n’est pas = à extrême droite

      le judaïsme n’est pas une ethnie, une race, ou un peuple…c’est une religion.
      Il n’ y a pas et il n’y aura jamais d’ADN juif.

      Les juifs d’Europe sont issus de populations Kazhars convertise (ashkénazes) et n’ont donc aucun liens directs ou indirects avec les juifs palestiniens, irakiens, espagnols ou maghrébins. (misrahims et sépharades).

      Le sionisme est un mythe nationaliste qui s’appuie sur d’autres mythes bibliques qui n’ont rien à voir avec l’Histoire, science humaine qui s’appuie sur des recherches scientifiques fondamentales comme l’archéologie et la datation au carbone 14.

      Les élucubrations sionistes actuelles sont une propagande d’état nationaliste, colonialiste, raciste et impérialiste qui n’ont rien à faire avec le droit international et les résolutions de l’ONU votées. ” ” “

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      1. @Otromeros
        “le judaïsme n’est pas une ethnie, une race, ou un peuple…c’est une religion.
        Il n’ y a pas et il n’y aura jamais d’ADN juif.”

        Les populations juives même hors d’israël pratiquent une forte endogamie, ce qui peut laisser penser à des corrélations familiales d’ADN certaines.
        A l’occasion d’un test ADN (aux states) il est sans doute possible d’avoir quelques informations sur l’ascendance, et l’origine ethnique, pas la religion.
        Il semble que la qualité de juif soit liée à l’appartenance de la mère, ce qui s’est avéré favorisé la transmission d’ADN mithochondrial.
        Il est difficile de réduire cette appartenance à une religion, dont l’athéisme ne permet pas de sortir, depuis quand une religion revendique un état ? (à part le Vatican).
        A quand la juste revendication des Zoroastriens ?

        1. Quand on en est à faire des commentaires tarabiscotés de ce genre , aptes à alimenter la confusion entre antijudaïsme chrétien , antisionisme et antisémitisme , on déroule le tapis rouge à Drumont, Brasillach , Genet , Garaudy ou Dieudonné , et je ne suis pas loin de demander au maître des lieux de réserver à ce type de propos le sort qu’il a justement fait à la “vindicte”.
          Toutes les familles d’ascendance juive que j’ai connues et que je connais , pratiquent comme moi le métissage , et pas moins que les fouille-merdes .

          Il y a suffisamment de haine dans ce qu’est devenu le débat politique , sans réveiller , pour se croire intelligent et anticonformiste , de vieilles braises , pour se défaire de sa bêtise et de ses impuissances à penser le monde . A t-on demandé une analyse d’ADN à Trump ou Marine le Pen, ou à Ruiz ?

          Non évidemment , et c’est tant mieux .

          1
  7. Ce conflit préfigure ce qui attend bien d’autres parties du monde à cause du surpeuplement, par immigration côté Juif, par sur-natalité chez les Arabes.

  8. En marge du conflit israélo-palestinien, mais pas sans rapport quand la politique israélienne inspire la frange la plus droitière de la police française :

    Dans un article du jour consacré à la manif’ de policiers, intitulé « Les syndicats de police pris au piège de la surenchère sécuritaire » on peut lire ceci :

    «  …Le 11 mai, 93 anciens policiers publiaient une tribune appelant «à reconquérir notre propre pays et rétablir l’autorité de l’Etat partout où elle est défaillante», agitant le risque d’une «guerre civile» ou de «l’anarchie». Elle a été signée par plus de 40 000 personnes. «Personnellement, j’entends le bruit des bottes», lance Arajol. La semaine précédente, c’est le syndicat France police, minoritaire (3 %) mais assez présent dans les médias, qui recommandait le «bouclage des 600 territoires perdus de la République […] sur le modèle israélien de séparation mis en place avec les territoires palestiniens». A sa tête, Michel Thooris, ex-conseiller police de Marine Le Pen en 2012. Deux prises de parole qui ravivent le spectre des policiers en colère, ce mouvement né après l’attaque de deux policiers à Viry-Châtillon en 2016, très critique à l’égard des syndicats. …

    … Selon une étude du Centre d’étude de la vie politique en France (Cevipof) parue début mai, 74 % des policiers interrogés annonçaient vouloir voter pour Marine Le Pen en cas de présence au second tour de la prochaine présidentielle. «Beaucoup de Français se retrouvent dans le RN, justifie Joron. Face au peu d’écoute, les collègues se tournent vers les seuls qui utilisent les bons mots. Ils occupent un vide.»

    https://www.liberation.fr/societe/police-justice/les-syndicats-de-police-pris-au-piege-de-la-surenchere-securitaire-20210519_DZGCMYXFSZCVBKYEO2AQOU5H4Q/

    1. Oui, il y a une symétrie de cause entre les possibles excès du “woke” et de l’intersectionnalité et le penchant RN des forces régaliennes de ce pays.
      Dans les deux cas on a l’impression que “quelque chose n’a pas marché à l’épisode précédent”, et donc qu’il faut “monter d’un cran”.
      D’où les accusations réciproques de quitter le “républicanisme”.
      Ceci étant dit les gens de gauche ont donc un double obstacle à franchir : ils doivent prouver qu’ils sont républicains malgré la tentation de renverser la table des préférences établies (genre, couleur de peau) quand la république ne marche pas. Et prouver la “viabilité” d’un monde égalitaire dans la foulée.
      Du côté droit, la contorsion n’est que sémantique (et fait partie, comme je l’ai déjà écrit ici, surtout d’un jeu de dynamique d’affect, sans théorie à la base) : la démocratie ne protège plus (avec stat faussées à l’appui: il y a 3 fois moins de mortalité policière qu’il y a 30 ans, ej crois, par habitant peut-être). Or être protégé c’est bien la base. Donc on va d’abord s’occuper de vous protéger (sous-entendu vous les petits blancs) et pour la démocratie, bah, une fois qu’on sera entre nous, ça ira de soi, non ?

      En effet, les tiraillements en Israel sont utiles pour comprendre l’étape suivante, avec notamment le 1/3 du personnel paramédic fait d’arabes israéliens, et une palanquée d’enseignants du système publique (à relire ce que viens d’écrire Shlomo Sand https://blogs.mediapart.fr/shlomo-sand/blog/180521/le-terrible-desir-d-etre-egal)

      1
    2. J’ai retrouvé le texte de ce syndicat France Police (1) … c’est vraiment de la surenchère exaltée voire hallucinée 😞
      “il faut procéder au bouclage des 600 territoires perdus de la République, y compris avec le renfort de l’Armée, en contrôlant et en limitant les entrées et sorties de ces zones par des checkpoints sur le modèle israélien de séparation mis en place avec les territoires palestiniens”

      Plus loin, ils recommandent de s’inspirer des modèles brésilien et philippin pour la lutte contre la drogue.
      “Les présidents Bolsonaro et Duterte obtiennent d’excellents résultats en ayant donné carte blanche à la police pour reprendre le contrôle des zones de non droit”

      Aux Philippines, on parle de 8 000 morts en quatre ans dans des opérations de police anti-trafiquants (2) !

      Il faut parler de l’évidente et grotesque disproportion de ces propositions avec les problèmes réels. Il y a de l’ordre de 450 morts par surdose en France chaque année (3) d’un strict point de vue utilitaire la mort de quelques dizaines de trafiquants lors de leur interpellation pourrait à la limite se défendre comme “coût acceptable” vu l’enjeu humain de réduire les surdoses, mais certainement pas 2 000 par an ! De même, le nombre d’homicides en France a diminué d’un tiers en vingt ans (4) alors que la population augmentait de 10%. Ce ne sont pas les meurtres qui ont augmenté, c’est leur médiatisation !

      Plus généralement, il faudrait parler de la tendance trop répandue à se choisir des modèles extérieurs lorsque les situations n’ont strictement rien à voir. Il n’y heureusement en France aucun système de “bantoustan” comparable à l’enfermement des Palestiniens dans quelques enclaves en Cisjordanie… la comparaison avec la situation israélienne n’a donc pas de sens. Il n’y heureusement en France pas de ségrégation raciale géographique et maritale au degré (hallucinant) où elle existe aux Etats-Unis (5) … la comparaison avec la situation américaine n’a donc pas de sens.

      Mais peut-être surenchérit-on sur ces sujets en partie pour éviter d’en aborder d’autres, plus réels et plus importants… mais trop angoissants ? Chute éducative, chômage de masse, désindustrialisation, inégalités qui augmentent, réchauffement climatique, épuisement des gisements d’énergie fossile, dégradations des milieux naturels, voilà qui se prêterait moins aux déclarations en “yaka faukon” et autres “un dirigeant à poigne, et ils fileront doux !” … et est donc beaucoup plus embarrassant à discuter.

      (1) https://france-police.org/2021/05/06/deux-policiers-tues-en-service-en-lespace-de-12-jours-le-syndicat-france-police-policiers-en-colere-adresse-une-lettre-ouverte-au-president-macron/
      (2) https://www.rtbf.be/info/monde/detail_philippines-l-impitoyable-guerre-contre-la-drogue-a-fait-pres-de-8-000-morts-en-quatre-ans?id=10625508
      (3) https://www.ofdt.fr/statistiques-et-infographie/series-statistiques/evolution-du-nombre-de-deces-par-surdose/
      (4) http://www.observationsociete.fr/modes-de-vie/de-moins-en-moins-dhomicides-en-france.html
      (5) Voir cette carte des appartenances raciales aux Etats-Unis suivant le recensement de 2010 http://racialdotmap.demographics.coopercenter.org/ Il est possible d’agrandir, je conseille de zoomer sur les villes et de visualiser la “pureté” raciale de la plupart des quartiers 😲 … tout cela sans aucune loi, rien que du fait de la manie racialiste de l’ “entre-soi”, une auto-ségrégation de la plupart dans leur propre prétendue “communauté”

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      1. “Il faut parler de l’évidente et grotesque disproportion de ces propositions avec les problèmes réels.”
        Il s’agit d’un problème typique de la société humaine. Je trouve très difficile de savoir l’ampleur de qqch car les chiffres sont systématiquement biaisés selon l’idéologie du compteur. Les disproportions vont dans les deux sens:, on surestime mais on sous-estime encore plus , notamment dans le domaine de l’environnement. Je pense que nous surestimons les problèmes que nous imaginons que nos préjugés peuvent résoudre et sous estimons les autres.
        La question la plus systématiquement sous-estimée : la démographie.

  9. Arguments pour un établissement des Juifs en Palestine, un essai raté.

    Le 14 Février 1945, Roosevelt, de retour de la conférence de Yalta (Staline, Churchill, Roosevelt) a rencontré le roi Ibn Saoud sur le croiseur Quincy ancré dans le lac Amer. Le Colonel Eddy était l’envoyé spécial du Département d’État en Arabie Saoudite. Arabophone, il avait de très bonnes relations avec le roi et son gouvernement. Il a été chargé de faire en sorte que la rencontre des chefs d’états advienne dans les meilleures conditions.

    Les discussions entre Roosevelt et le roi se sont tenues en très petit comité. Le colonel Eddy était l’unique traducteur entre les deux. Il a rédigé un compte-rendu bilingue signé des deux hommes d’état. De sérieuses précautions ont été prises, côté US, pour que ce document ne soit connu que par très peu de fonctionnaires. La presse a eu droit aux détails limités à la couleur locale. L’état de guerre justifiait sans doute le secret.

    Dans les années 1960, Eddy a publié un texte exposant ses expériences en Arabie Saoudite pour amener le roi, sa cour et ses impédimenta au Quincy. Choc culturel certain. Ce texte comprenait aussi et surtout la teneur des discussions.

    Eddy a noté l’affaiblissement très net de la santé de Roosevelt. Churchill l’avait aussi remarqué à Yalta. Roosevelt est mort le 12 Avril 1945, quelques semaines après cette rencontre .

    On y voit un Roosevelt, ayant perdu son célèbre magnétisme, sollicitant de la part du roi des largesses territoriales en Palestine pour les Juifs survivants. Le roi ne l’a pas suivi. Clairement, jouant la solidarité arabe, il a refusé un établissement juif en Palestine. Ses arguments ne manquaient pas de pertinence. Depuis 1945 au moins, ces arguments sont constants.

    Le témoignage d’Eddy ne va pas au-delà de cette rencontre.

    [traduction partielle et légère adaptation]:
    Après avoir discuté des progrès de la guerre et exprimé sa confiance que l’Allemagne serait vaincue, F.D.R. a déclaré qu’il avait un grave problème sur lequel il désirait l’avis du roi et son aide; à savoir, le sauvetage et la réhabilitation du reste des Juifs d’Europe centrale qui avaient souffert d’indescriptibles horreurs aux mains des nazis: expulsion, destruction de leur maisons, torture et meurtres de masse. Lui, F.D.R., a ressenti une responsabilité et s’était en effet engagé à aider à résoudre ce problème. Que pourrait suggérer le roi? La réponse d’Ibn Saoud a été rapide et laconique: «Donnez-leur, à eux et à leurs descendants les plus belles terres et maisons des Allemands qui les avaient opprimés.» F.D.R. a répondu que les survivants juifs ont un désir sentimental de s’installer en Palestine et, c’est compréhensible, ils ont peur de rester en Allemagne où ils pourraient souffrir à nouveau. Le roi a dit qu’il ne doutait pas que les Juifs aient de bonnes raison de ne pas faire confiance aux Allemands, mais les Alliés feront sûrement le nécessaire. «Détruisez le pouvoir nazi pour toujours et votre victoire sera assez forte pour protéger les victimes des nazis. Si les Alliés ne s’entendent pas fermement pour contrôler la future politique allemande, pourquoi lutter dans cette coûteuse guerre actuelle?» Lui, Ibn Saoud, ne pouvait pas concevoir de laisser un ennemi en position assez forte pour riposter après la défaite. Quelques minutes plus tard, F.D.R. est revenu à l’attaque en disant qu’il comptait sur l’hospitalité arabe et sur l’aide du roi pour résoudre le problème du sionisme, mais le roi a répété: «L’ennemi et l’oppresseur paient; c’est ainsi que nous, les Arabes, faisons la guerre. Les amendes devraient être faites pour le criminel, et non supportées par l’innocent spectateur. Quel tort les Arabes ont-ils fait aux Juifs d’Europe? Ce sont les Allemands «chrétiens» qui ont volé leurs maisons et leurs vies. Laissons les Allemands payer.» Une fois de plus, F.D.R. a retourné au sujet, se plaignant que le roi ne l’avait pas du tout aidé avec son problème. Mais le roi, ayant perdu un peu de patience, pour ne pas exposer à nouveau son point de vue est allé au-delà de sa déclaration initiale (avec une note d’ironie dans sa voix) en déclarant que cette sur-sollicitude envers les Allemands était incompréhensible pour un bédouin sans instruction pour qui les amis sont plus considérés que les ennemis. Finalement, le roi a remarqué que c’est la coutume arabe de répartir les survivants et les victimes de la bataille parmi les tribus vainqueurs en fonction de leur nombre et de leurs approvisionnements en nourriture et eau. Dans le camp allié, il y a cinquante pays, parmi lesquels la Palestine est petite, pauvre en terres et a déjà plus que son quota de réfugiés européens.
    […] F.D.R. passe à un autre sujet.

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