10 réflexions sur « Joyeux anniversaire de tes 80 ans, ô grand bluesman devant l’Éternel »

  1. Enfin, quoi! Personne pour célébrer le prix Nobel de littérature 2016, pour avoir exploré de nouvelles formes d’expressions poëtiques?
    Et 80 balais dont 65 créatifs, ça compte.
    En avant, dans la joie, pour 20 ans de plus! De toute façon, tu resteras toujours présent.

    Ceci dit, depuis 10 ans environ, l’expression orale de Bob est vraiment défectueuse. En clair, on comprend pas grand chose. Peut-être est-ce une nouvelle forme d’expression?

    Je propose un petit bijou musical (2mn31s), du temps où sa prononciation était bonne et ajoutait à la musique, l’ensemble étant vraiment envoutant.
    https://www.youtube.com/watch?v=rm9coqlk8fY

  2. Paul,
    Peut-on vraiment appeler Dylan un bluesman ?
    Je suis assez ignorant en la matière, mais j’ai du mal à l’intégrer dans cette glorieux expression afro-américaine. Il me semble que les Blancs qui s’adonnent au blues (il y en même qui chantent en wallon! William Dunker https://www.youtube.com/watch?v=msZt6ZLQ8nY ), cultivent au plus près les codes de cette musique universelle.

    1. @Guy Leboutte,

      Même si Bob Dylan est connu comme un musicien pop, rock et folk (et surtout comme un grand auteur-compositeur), il n’est pas impropre de la classer également dans la catégorie « bluesman », d’autant qu’il a touché à différentes formes de blues (Chicago blues , Delta blues, Texas blues, … ) et que dans sa discographie, certains morceaux sont clairement des blues : Temporately Like Achilles, Highway 61 Revisited (en référence à Robert Johnson), Tombston Blues, …

      Par ailleurs, et sauf erreur de ma part, un John Mayall ou un Mike Bloomfield ont collaboré à l’enregistrement de certains de ces premiers albums et Bob Dylan a même fait une pige avec le Paul Butterfield Blues Band.

      Après, Bob Dylan n’a pas toujours eu des phrases « tendres » avec certains des bluesmen qui lui étaient contemporains. Selon certaines anédoctes, Muddy Watters ou Eric Clapton ont dû avoir les oreilles qui ont sifflé certains soir. .. 😉

    2. Bob Dylan en 1983 (morceau resté longtemps inédit) :

      https://www.youtube.com/watch?v=_uf5gi3E_rQ

      Sa “vision” d’un pays condamné que seul un “aveugle” (Blind Willie McTell) pourrait chanter.

      Le blues est la plainte des dominés. Comment chanter la domination ?

      Oui c’est vrai, Bob Dylan est (entre autres multiples facettes) aussi un “Grand Bluesman”.

      1. Merci Didier Rombosch pour votre science.
        Je pourrais entendre la mélodie de Blind Wille McTell comme du blues, grâce à la voix de Dylan notamment (ou surtout), à la rigueur, mais l’accompagnement me paraît trop mélodique, esthétisant, et révérence due pas loin d’être mièvre, et la forme plus tenir de la ballade. Auriez-vous un blues d’un Afro-Américain qui ressemble à ça ? :))

        1. @Guy Leboutte,

          Après quelques recherches, « Blind Willie McTell » est une libre inspiration du morceau bleus « St. James Infirmary Blues » dont les deux versions les plus connues sont de Louis Armstrong et Cab Calloway :
          https://www.youtube.com/watch?v=QzcpUdBw7gs
          https://www.youtube.com/watch?v=EcXSbCXxGzw

          Ca laisse donc peu de doutes sur le style. 🙂

          La version de Bob Dylan a un côté très folk car l’accompagnement à la guitare est réalisé par Mark Knopfler, Bob Dylan jouant du piano. Et c’est ce côté folk qui brouille les pistes en donnant cet air de ballade à un morceau qui est (bel et bien) un blues à la base (ça s’entend sur la rythmique).

          Ecoutez le morceau une nouvelle fois en fermant les yeux. Atténuez mentalement la présence de la guitare et ajoutez un choeur gospel en soutien de Bob Dylan : vous êtes en plein dans le style Holly Blues.

          Un artiste bien plus récent (car sorti dans les années 90) maîtrise plutôt bien le Holly Blues : Ben Harper (notamment sur ses 2 premiers albums). Un morceau comme « I’ll Rise » : juste un piano, sa voix et un choeur gospel en soutien… Vous comprendrez le sens de mon invitation. 😉

          Ce morceau de Bob Dylan illustre parfaitement à quel point l’interprête met sa signature dans le morceau joué !

          La parfaite illustration est le titre « All Along The Watchtower » de Bob Dylan qui, à peine un an après sa sortie (1967), fut repris et approprié par Jimi Hendrix (album Electric Ladyland – 1968) à tel point que sa version qui fut bien plus populaire que l’originale – et que beaucoup de gens ont tendance à penser que c’est Bob Dylan qui a repris Jimi Hendrix (et non l’inverse).

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        2. Au hasard :

          Le très mélodique “Denomination Blues” de Washington Phillips qui s’accompagnait de cithares par exemple.
          Une ballade de preacher destinée à reconvertir ceux qui ont vendu leur âme au croisement d’une route.
          https://www.youtube.com/watch?v=rXZUV2pX584

          Ou Bessie Smith accompagnée de la trompette suave de Louis Armstrong dans “Reckless Blues”.
          https://www.youtube.com/watch?v=GNfgW5cIWT8

          Ou le malien Ali Farka Touré analysé dans de savantes études qui recherchent d’où peut bien venir ce foutu blues.
          https://www.youtube.com/watch?v=NyRLXfyMF-Y

          Mais Guy pourquoi se limiter aux USA? A mon sens vous aviez bien fait d’ouvrir la porte à William Dunker parce que “everybody sings the blues sometimes”
          https://www.youtube.com/watch?v=V8GIL4Dyj2o

          … ça y est le Blog de Paul Jorion est piraté, ramenez vos playlists, on va mettre le feu avec la musique du diable !

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          1. @Didier Rombosch,

            Ali Farka Touré est surement l’un des meilleur très d’union entre la musique noire africaine et le blues. 🙂

            Je conseille vivement l’écoute du titre « Ai Du » (entendu notamment dans la bande son de l’Auberge Espagnole de Cédric Klapisch) :
            https://www.youtube.com/watch?v=zLVdrgd8w_s

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