Le Figaro, Apocalypse now, par Éric Zemmour

le dernier qui s'en va...Le Figaro, Apocalypse now, par Éric Zemmour, le 31 mars 2016.

Un article aujourd’hui dans Le Monde : Zemmour, le possible candidat à la présidentielle de 2022 qui inquiète le RN. Le moment est donc bien choisi pour rappeler ce que dit M. Zemmour de ce que je pense.

“La fin du monde est pour demain. Les robots vont prendre la place d’une humanité rendue folle par le capitalisme. Un essai tonique mais qui laisse sceptique.”

LE DERNIER QUI S’EN VA ÉTEINT LA LUMIÈRE. Paul Jorion, Fayard, 273 p., 19 €.

“La surenchère est partout. La compétition, la rivalité aussi. Chez les sportifs, les artistes, les écrivains, les politiques. Chez les prophètes aussi. Paul Jorion s’était fait connaître du grand public en annonçant la crise des subprimes de 2008. Dans son dernier livre, il prophétise carrément la fin de l’espèce humaine ; son extinction et son remplacement par des robots. L’apocalypse millénariste n’est pas pour demain mais pour après-demain ; pas cinquante ans, mais cent ans. Elle sera la conjonction de trois vagues catastrophiques : crise écologique, crise économique, crise technologique. Par destruction des ressources naturelles ; destruction de la classe moyenne ; destruction de l’homme. L’auteur ne nous laisse aucune chance. Son livre n’est pas le récit analytique de ce qui conduit à notre perte. Nous n’en sommes déjà plus là, selon lui. Notre fin est actée. Il n’y a pas lieu de la discuter, ni même de l’expliquer. Elle est un fait acquis. Le livre répond à une autre question que l’on n’attendait pas si vite : pourquoi sommes-nous incapables d’éviter notre fin ?

Ce parti pris audacieux fausse notre lecture. Jorion répond à une question que l’on ne se pose pas. En tout cas pas encore. Il a sauté une étape. En tout cas pour nous, pauvres béotiens. Et il ne répond pas à la question que l’on se pose : allons-nous vraiment être remplacés par des robots ? Allons-nous être rayés de la surface de la Terre comme de vulgaires dinosaures ? Pourquoi ? Comment ? Les climato-sceptiques sont-ils vraiment tous stupides ou achetés par l’industrie pétrolière ? Les déchets nucléaires sont-ils impossibles à retraiter ? Les ouvriers anglais qui brisaient les métiers à tisser dans les années 1820 ne croyaient-ils pas déjà qu’ils seraient remplacés par les machines ? Nos robots ne pourraient-ils pas heureusement compenser la faible natalité de l’Europe et nous permettre, sur le modèle japonais, de pérenniser notre système économique en dépit de la réduction de notre population active, et ce, sans avoir besoin d’immigrés de moins en moins assimilables ? Comment l’espèce humaine, qui a triplé en un siècle, alors qu’elle avait mis des milliers d’années à atteindre son premier milliard d’êtres vivants, peut-elle disparaître en cent ans ? Le danger mortel pour l’humanité n’est-il pas, à l’inverse de ce que prétend l’auteur, son pullulement excessif, qui la répand en masse dans des villes devenues invivables et la déverse dans de vieilles cités européennes, les submergeant et détruisant leur civilisation millénaire ? Mais toutes ces questions ne seront pas posées par notre prophète tendu vers son apocalypse. Circulez, il n’y a rien à voir. Mais pas rien à lire.

L’auteur a des formules à la Woody Allen : « Nous, êtres humains, n’avons en réalité jamais digéré le fait que nous allions mourir un jour. » Beaucoup de références à des films récents, comme si le cinéma hollywoodien était parole d’évangile. Des citations en vrac, de Rousseau, Hegel, Keynes, Lacan, Molière, Freud, Nietzsche, Schopenhauer, etc., les unes archiconnues, les autres plus originales. Un style qui mêle relâchement journalistique et sentences scientifiques absconses. Un recul bienvenu de celui à qui on ne la fait pas dès qu’on parle d’économie : « La science économique est un discours dogmatique dont l’usage est d’être invoqué par les financiers pour opacifier les débats autour de la chose économique. »

L’économie, c’est son truc. Antilibéral d’une rare férocité, mais pas sans arguments. Il montre avec acuité comment le capitalisme est drogué à la croissance tandis que notre survie écologique réclame la décroissance. Comment notre démocratie est redevenue censitaire. Comment nos sociétés ayant abattu toutes les distinctions ne connaissent plus que celles fondées sur l’argent, comme l’avait prédit Tocqueville revenu d’Amérique : « Le prestige qui s’attachait aux choses anciennes ayant disparu, la naissance, l’état, la profession ne distinguent plus les hommes, ou les distinguent à peine ; il ne reste plus guère que l’argent qui crée des différences très visibles entre eux et qui puisse en mettre quelques-uns hors de pair. La distinction qui naît de la richesse s’augmente de la disparition et de la diminution de toutes les autres. »

Ses quatre cavaliers de l’apocalypse ont pour nom Smith, Bentham, Friedman, Hayek, quatre apôtres du libéralisme économique, à qui Jorion reproche d’avoir inoculé le virus individualiste, utilitariste, court-termiste qui empêche l’humanité, et en particulier ses nouveaux patrons de la finance, de voir au-delà de leur cupidité jamais assouvie. Et, accessoirement pour les deux derniers, d’avoir soutenu la dictature chilienne de Pinochet et d’avoir débranché le libéralisme économique de son moteur politique historique, la démocratie libérale.

Mais quand il quitte les terres de l’économie, le pas de notre auteur se fait moins assuré. Ses analyses sur la catastrophe écologique, moins acérées, plus banalisées. L’avènement des robots doit plus au souffle du cinéma qu’aux réalités concrètes. Le transhumanisme est survolé et guère discuté. Jorion est au fond un moraliste à l’antique qui cherche une religion sans dieu, finit par avoir pour seul ennemi le « veau d’or », et badigeonne d’une couche de peinture scientifique les anciennes maximes de Blaise Pascal sur la faiblesse de l’homme et sa prétention démesurée, entre les vertiges de l’infiniment petit et de l’infiniment grand : « Le cerveau humain, a dit le biologiste François Jacob, est conçu comme une brouette sur laquelle aurait été greffé un moteur à réaction. »

Jorion est un humaniste égaré dans un monde techniciste. Son essai sur l’extinction de l’humanité hésite entre la fable et le pamphlet, entre la parabole et la note économique, entre la prophétie millénariste et le rapport d’entreprise. On le suit et on le perd. Il ne se lasse pas de citer le Macbeth de Shakespeare : « La vie… est un conte raconté par un idiot, rempli de vacarme et de fureur, ne signifiant rien. » À la fin, on ne sait toujours pas s’il préfère disparaître sur cette terre ou trouver refuge sur une autre planète. Mais on garde la vieille maison. On ne sait jamais : elle peut encore servir.”

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36 réflexions sur « Le Figaro, Apocalypse now, par Éric Zemmour »

  1. Coucou,

    C’est bizare de faire de la pub à ce clown sur ce blog. D’un autre coté, deux candidats d’extrème droite aux elections, çà règle problème posé depuis quelques elections !

    Bonne journée

    Stéphane

  2. Ah oui, un sacré clown, avec un gros nez rouge, mais un clown triste (qui fait bien des émules et séides), et un grand caqueteur. Il y en a quelques-uns comme lui dont je ne supporte même plus le visage… alors les lire ou les écouter… Mais comme ils sont partout, et se prennent (tapis rouge médiatique aidant) pour l’intelligence de l’époque, il arrive immanquablement qu’au détour de la Toile, on tombe sur eux (Zemmour, Onfray, BHL…). A chaque fois, je repense alors à ces paroles de Flaubert : “J’ai toujours tâché de vivre dans une tour d’ivoire ; mais une marée de merde en bat les murs, à la faire crouler… ”
    Encore ces jours-ci, je ne sais plus comment, je l’ai entendu jacter sur la gifle de Macron en parlant de la sacralité de la fonction présidentielle, “il est le roi” (sic), etc. Le type vit/pense/rêve dans son roman national teinté de monarchisme… Une seconde tarte à la crème serait bien méritée…

  3. Concernant Friedman et Hayek qui ont joué un rôle considérable dans la période de dictature Pinochet, outre que ce dernier est mort paisiblement dans son lit sans procès, léguant même la plus grande partie de son enrichissement à sa famille, la société chilienne censée être retournée à la paix civile subit toujours le poids des mesures prisent durant la dictature, contrairement à la croyance des milieux politiques, il n’y a pas eu un véritable retour à la pure démocratie.

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    1. “Plutôt Trump que Chavez”, conclut-il.
      Remake du “Hitler plutôt que le Front Populaire”

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      1. L’art du buzz en deux temps : je crée une empoigne sur Tweeter un jour avant un interview dans un grand média où je me plains d’être étrillé alors que j’ai raison… Succès de foule assuré pour mes conneries…
        Plutôt tout que Trump ! ‘par exemple Biden, à défaut de mieux. Plutôt tout que ceux qui avaient voulu renverser Chavez par une coup d’état (fait prisonnier, il avait pu appeler Fidel Castro au téléphone et ainsi passer avec succès un appel à la population, raconte Ignatio Ramonet dans “100 jours avec…”).
        Mais Tout plutôt que Macron ?
        Donc 2022, ce sera “Rien plutôt que… et que…” ! A moins qu’un candidat de “Recours républicain” surgisse…

  4. Entre temps la colère et la lucidité d’un François Ruffin, ou d’un Philippe Poutou, les deux bien connectés au réel, avec des solutions, et qui ne s’abîment pas dans un océan de passions tristes, sans aucun doute beaucoup plus préoccupés dans un cas comme dans l’autre de l’avenir du travail et donc la question de l’émancipation qu’il faut sans arrêt remettre sur la table, en France comme ailleurs.
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    Allocation adulte handicapé : En Marche saborde !
    https://www.youtube.com/watch?v=lGfJA687U58&t=428s

    Élections régionales : « Comment le RN arrive à capter 20 à 25% de l’électorat ? »
    https://www.dailymotion.com/video/x81udy2

  5. Qui est-ce? Le livre (Procurez-vous le, si ce n’est fait) ne le mérite pas.
    Pourquoi ne pas donner la parole à un ‘baril’ de lessive en poudre?
    L’efficacité de la pub qui vous l’a fait acheter est autrement plus efficace.

    Une consolation ou une frayeur: Le Blog des Riches en cause. C’est une simple constatation. Tout inconnu a son heure de célébrité.

  6. Un grand monsieur ce Zemmour , un Mitterand de droite ! Il se présente je remet la main sur ma carte d’électeur et je vote direct pour lui ! Vive la France !

  7. Ce compte-rendu de 2016 souligne paradoxalement la force de l’attitude zemmourienne (je n’ose dire la la logique zemmourienne) :
    Dans le livre, Zemmour lit avec intérêt ce qu’il ressent être la vision d’un économiste , puis Zemmour croit voir que si Jorion se hasarde à une “méta-anthropologie” du soin de l’humanité, il est à côté de ses pompes.

    Ce n’est pas que curieux pour l’anthropologue devenu économiste dans les salles de criée et de marché.
    C’est que cela l’arrange que le soin de l’humanité continue de la façon dont lui, Zemmour, l’envisage sans croire qu’il y ait de place pour une autre façon. Et partant de là, la méthode à succès pour agiter les foules à son profit ne passe pas par la vision d’un futur problématique, mais peut bien faire usage des “dérèglements économiques” pour faire feu de tout bois, c’est à dire essentiellement être capteur de vindicte comme la pointe du clocher attire la foudre.

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  8. Sans sombrer dans le populisme vulgaire d’extrême droite, Trumpiste en somme (ou Zémmourien ???) , écoper de 4 mois de prison ferme, avec mandat de dépôt… pour avoir osé “gifler” le président, outrager la “République” (bananière…?)… ce tout jugé tant par l’institution judiciaire, que “l’opinion” (cette pute médiatique, qui prend le juge par la main, le juge…?) en moins de temps qu’il ne faut influencer les “temps de cerveaux disponibles” qu’à vouer un “culte féroce” à la seule “DICTATURE des émotions” sondées, voulant que soient “rassurer” les “doutes, incertitudes, de leurs “ras le bol fiscaux”, “poujadismes”, “bas instincts”…. pour le dire : reste à espérer que l’affaire Benalla (mais surtout le fameux “qu’ils viennent me chercher”) et autres affaires de violences, de parlementaires de LREM, etc, soit disant “juste immergés” dans le “coté obscure de la force” du “monopole de la légitime violence de l’Etat” (coté obscure considéré comme étant “bon”, même si plus de 50% du personnel vote pour l’extrême droite) et de brutalités policières… commises lors de “manifestations” pourtant festives (fête du travail par exemple), lors de “manifestations interdites”, de contrôles au faciès… soient jugées avec la même “CELERITE” surmédiatisée, la même indépendance judiciaire (et séparation des pouvoirs donc) et “sévérité”… que même les victimes éborgnées, amputées, subissant séquelles et traumatismes diverses, des “discriminations systémiques” quotidiennes… (de tentatives de meurtre pour des syndicalistes, instiguées par leurs patrons…) n’espèrent presque plus trouver pour enfin vivre (ou survivre en “communauté”, loin du “vivre ensemble”, du soit disant “intérêt général”) en toute “sérénité”…?

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  9. La machine a siphonner les électeurs passe la deuxième. Les chiens de garde font les rabatteurs pour livrer leur troupeau au plus offrant.

  10. C’est très bien que Zemmour ait lu le livre de Paul Jorion ; c’est encore mieux que cela l’ait interpellé suffisamment pour en faire une critique; et c’est merveilleux que dans sa critique il y ait une part d’éloge (sur l’économique).
    Cela montre que Paul Jorion c’est la vraie gauche et que cela attire le débat avec la droite. Enfin des controverses qui ont du fond et qui invitent à discourir , à deviser des arguments de l’autre , à s’interpeller sur les nécessités du moment…
    On ne peut pas rester constamment dans l’entre-soi pour se chamailler confortablement sur des détails…
    Enfin de l’intérêt pour des sujets primordiaux, ça nous change des billevesées médiatiques qui tournent en rond autour du sécuritarisme et font du surplace sans que jamais ne soit voté, une loi de programmation du genre de celle qui prévaut aux équipements militaires et comprenant (éducation/ justice/police/ insertion/ réinsertion).
    Au moins, enfin de vrais sujets dignes d’être débattus et dont le traitement donne de l’espoir et fait du bien au moral.
    Merci Zemmour, merci mille fois Paul Jorion.

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    1. Un débat d’idées entre deux débatteurs serait l’idéal
      Zemmour vient de le proposer Melenchon, qui, je mets une pièce, refusera ,en trouvant très courageusement une raison de ne pas le faire.

      1. Ambigüité : votre « lui » vaut pour JLM ou Zemmour ? Vous voulez débattre avec Zemmour quand il le propose à JLM alors vous demandez à occuper la place que Mélenchon va refuser. Plutôt Trump que Chavez dit Zemmour. Mais aussi plutôt Zemmour que Mélenchon 😂
        Il est des débats qui montrent ce qui était déjà tranché avant débat : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. » disait l’autre paraphrasant Marx.

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        1. Je ne vois pas d’ambiguïté : Paul est prêt à débattre avec Zemmour , et ce serait , très probablement, un bon débat
          Mélenchon préfère les monologues devant” les siens », de préférence avec hologramme

          1. Débattre avec Zemmour ?
            Rappelons-nous la leçon de Coluche : “tant qu’on parle de moi, en bien ou en mal, c’est encore faire ma publicité”. (Et il disait donc : “Achetez les chaussures Machin, c’est de la camelote”. Et Machin sponsorisait et était content).
            On peut être le meilleur débatteur, les fantasmes de Zemmour seraient intacts. Seul un autre candidat à la candidature pourrait se mesurer et en tirer aussi du profit : marquer des points de séduction auprès d’électeurs.
            Rappelons-nous aussi le dilemme électoral de Bruxelles en 1937 : face à Léon Degrelle meneur du parti Rex (parti nationaliste proche des milieux catholiques – Wiki), le premier ministre de l’époque est désigné seul candidat des partis démocratiques et s’oppose avec une forte légitimité à lui, pour arrêter sa “résistible ascension”.

            1. Seul un autre candidat à la candidature ?
              Pour le moment, Zemmour et Paul ont le même statut I. E intellectuel /chroniqueur
              Un débat avec un candidat, en cas de candidature de Zemmour, je fais le pari que ni Melenchon, ni Le Pen ne s’y risqueront

              1. Je comprends très bien ce que dit Zemmour (comme lui comprend très bien ce que je dis), mais je me sens à même de lui expliquer pourquoi certaines de ses positions sont inacceptables pour des raisons logiques, éthiques, anthropologiques.

                Les chaînes télé ne penseront jamais à un débat entre lui et moi, et comme “ni Mélenchon, ni Le Pen ne s’y risqueront”, c’est à la Vox Populi (cad vous) de le suggérer.

                1. Suis-je à même de vous expliquer qu’au spectacle vous ferez bien rire le badaud, le bedeaud et même les éminences, car les raisons logiques, éthiques, anthropologiques, c’est hors sujet de l’arène journalistique que Zemmour sait manipuler donc la posture du donneur de leçon face au héros faith book et U tioube n’échappe pas au tragi-comique. Attali/Zemmour sur un plateau cf la rencontre sur un plateau “d’une machine à coudre et d’un parapluie”

                  1. Vous mettre en colère ne change rien à l’affaire :
                    1)Paul et Zemmour sont deux intellectuels chroniqueurs
                    2) Melenchon n’osera pas débattre avec Zemmour : vous nous donnez peut être un avant goût de l’argument dérobade qu’il trouvera “parce qu’il ne débat pas avec un journaliste”

                    1. Jorion « n’a pas le bras long », « dépend des invitations », ce n’est pas le cas de Zemmour qui fabrique et pas seul ce que Jorion nomme « une majorité des gens qui pensent comme lui (Zemmour) ».
                      Je renverse l’approche : si des gens pensent comme Zemmour, c’est par contagion des mégaphones offerts à des gens comme Zemmour qui inoculent certains virus de pensée à injections répétées sur les ondes, les chaînes, la toile, la presse, le tout pour la tranquillité de certains intérêts, bref on taille un costard de pensée sur mesure pour cadrer certains affects dont la “majorité” est embarrassée.
                      Votre souhait de débats dans les circonstances actuelles ne vise qu’à promouvoir de façon redondante l’état de la fabrique du consentement.

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                    2. Comme d’autres ici vous l’ont déjà dit, vous ne faites qu’une seule chose : tenter de construire de bric et de broc et de manière anticipée, une justification pour quelqu’un qui refusera de débattre avec Zemmour pour une seule et simple raison : parce qu’il ne se sent pas de taille.

                  2. Un donneur de leçon face à un psychanalyste, je pense au contraire que nous serions en plein dans le sujet. Enfin moi je dis ça je dis rien.

              2. « Zemmour et Paul ont le même statut I. E intellectuel /chroniqueur ».

                Ah bon voilà une drôle d’équivalence, plus de définition d’un intellectuel ! Suffit de lire le Wiki sur Zemmour pour apprendre qu’il est journaliste et vous ne faites pas la différence avec intellectuel ! quelle époque !
                « je mets une pièce » « je fais le pari » : votre vocabulaire confirme les arènes de Lutèce ou d’ailleurs, glissement du comique croupier au tragique troupier

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                1. Ne débattons pas avec Zemmour, car cela permettrait la diffusion de ses idées ?
                  Pas de doute , on voit bien depuis 20 ans l’efficacité de cette stratégie vis à vis des Le Pen
                  Mais ne perdez pas trop de temps à bâtir un argumentaire pour que Melenchon refuse un débat
                  Il a les ressources pour le faire sans votre aide

            2. De toute façon Zemmour est partout, et 7 j sur 7…

              Paul a donc tout à gagner à capter quelques minutes sur ce temps là….

  11. J’ai lu le livre de P Jorion. L’analyse de E Zemmour me semble tout à fait correcte et me le fait monter dans mon estime (plombée par son chauvinisme obtus).
    En particulier il met le doigt sur la faiblesse principale des thèses de P Jorion, son respect absolu du tabou populationniste:
    “…Le danger mortel pour l’humanité n’est-il pas, à l’inverse de ce que prétend l’auteur, son pullulement excessif, qui la répand en masse dans des villes devenues invivables et la déverse dans de vieilles cités européennes, les submergeant et détruisant leur civilisation millénaire ? Mais toutes ces questions ne seront pas posées par notre prophète tendu vers son apocalypse. Circulez, il n’y a rien à voir. Mais pas rien à lire.”

  12. S’il faut publier du Zemmour, autant que ce soit pour en faire la critique ! On est surpris d’y trouver un discours séduisant pour une certaine catégorie de lecteurs, des gens plutôt conservateurs et plutôt nantis… bref, les lecteurs du Figaro, qui seront bien d’accord qu’il faut se méfier de ce Jorion ! Pour Zemmour, l’exercice est donc bien : comment célébrer cet auteur en le dénigrant ? (Quitte à caricaturer le livre). Et comment prendre la parole à sa place ?
    Eléments de langage :
    – pour dénigrer: “- Un essai tonique mais qui laisse sceptique ; – L’apocalypse millénariste ; – Jorion répond à une question que l’on ne se pose pas : – En tout cas pour nous, pauvres béotiens ; – Un style qui mêle relâchement journalistique et sentences scientifiques absconses ; – Jorion est au fond un moraliste à l’antique qui cherche une religion sans dieu, finit par avoir pour seul ennemi le « veau d’or », et badigeonne d’une couche de peinture scientifique… : – À la fin, on ne sait toujours pas s’il préfère disparaître sur cette terre ou trouver refuge sur une autre planète.” 
    – pour séduire son public : “- destruction de la classe moyenne ; – son remplacement par des robots (cfr le fantasme du grand remplacement) ; – comme si le cinéma hollywoodien était parole d’évangile ; – Antilibéral d’une rare férocité, mais pas sans arguments. Il montre avec acuité (…) Mais quand il quitte les terres de l’économie, le pas de notre auteur se fait moins assuré ; – Mais on garde la vieille maison. On ne sait jamais : elle peut encore servir .” Et relevons aussi cette seule reprise d’une citation de Toqueville sur le nivellement des statuts sociaux…
    – pour introduire son propre agenda : “- Les climato-sceptiques sont-ils vraiment tous stupides ou achetés par l’industrie pétrolière ?  Nos robots ne pourraient-ils pas heureusement compenser la faible natalité de l’Europe et nous permettre, sur le modèle japonais, de pérenniser notre système économique en dépit de la réduction de notre population active, et ce, sans avoir besoin d’immigrés de moins en moins assimilables ?  Le danger mortel pour l’humanité n’est-il pas, à l’inverse de ce que prétend l’auteur, son pullulement excessif, qui la répand en masse dans des villes devenues invivables et la déverse dans de vieilles cités européennes, les submergeant et détruisant leur civilisation millénaire ? ”
    Voilà les bonnes questions selon Zemmour ! Car “Jorion répond à une question que l’on ne se pose pas” : Zemmour prépare déjà sa police de la pensée, vous voilà avertis.

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