Veille effondrement #27 – La culture peut encore nous sauver, par Bruno Grall

Votre dernière vidéo me fait réagir : en évoquant des plans B et C, si vous n’aviez pas été un enseignant chercheur en IA, j’aurais dit que vous aviez lu trop de science-fiction. Sans s’étendre sur les multiples difficultés techniques pour nous installer sur une autre planète, laissons à Elon Musk et quelques autres milliardaires mégalomanes chevaucher ce genre de chimère.

Le plan C me laisse aussi un peu perplexe… Quel intérêt de nous voir remplacer par des machines si ce n’est de laisser une trace du passage de l’humanité sur la terre ? Bien que vous laissiez entendre qu’il serait possible de leur attribuer des affects, mais, s’il n’y a plus d’émotion de beauté, de générosité… Vous reprenez là un des instincts grégaires de l’humanité qui est de vouloir laisser une trace de son passage sur la terre (avoir des enfants).

Il y a toutefois un aspect majeur dont vous ne parlez pas : c’est la culture, car devant d’aussi sombres perspectives nous n’avons d’autre choix que de changer de civilisation. Nul doute que l’humanité connaitra une purge drastique ; violences, pandémies et famine seront le lot de la plupart des hommes. Il reste à espérer qu’un petit lot pourra survivre, mais il faudra changer de civilisation, la nôtre étant proprement à bout de souffle. Qu’on l’appelle civilisation industrielle ou judéo-chrétienne, il faudra oublier cette injonction biblique « Croissez multipliez vous ! » (Genèse). Il faudra s’inscrire dans un autre paradigme. Or je ne vois rien, pour le moment qui puisse servir de nouveaux modèles… Mais la culture est la clé de tout, notre avidité et notre cupidité n’étant pas dans notre ADN. L’éducation et la sensibilisation des futures générations est la clé ! Bien-aimé dans « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » (2016) quand vous parliez d’extension de notre Ego par nos biens matériels.

Accrochons-nous donc au plan A ! Sauvons ce qui peut être encore sauvé. Il faut trouver le courage d’espérer et que dans cet épisode nous saurons cette fois tirer une leçon de l’histoire. L’humanité a toujours marché sur un fil au-dessus d’un précipice : souvenez vous des heures noires de l’occupation ou des grandes crises lors de la guerre froide ! On s’en est sorti. C’est ce qui me permet d’espérer…

Keep Safe !

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27 réflexions sur « Veille effondrement #27 – La culture peut encore nous sauver, par Bruno Grall »

  1. merci merci merci !!!!! 1000 fois merci!!!!
    c’est peut être ce que j’ai voulu exprimer dans un autre fil de commentaires au sujet de la conscience . Mais comme personne n’a embrayé sur cette idée je suis resté sur ma faim .
    D’ailleurs ce serait une critique que j’aurais à exprimer au sujet de ce blog: le manque d’inter activité .

    encore merci

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    1. On s’en est toujours sortis parce que la planète était encore et toujours habitable pour des mammiféres à sang chaud…. Cette fois notre métabolisme ne va pas suivre.
      Anne

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  2. Culture du jardin en priorité car dans l’effondrement il faut assurer le boire et le manger et si vous n’avez aucune expérience sur le sujet pressez-vous chez votre libraire pour acquérir quelques brochures sur les légumineuses et autres denrées comestibles qui poussent de part chez vous, il est encore temps.
    Si vous êtes en ville, observez l’inquiétude des Kaboulien(ne)s, c’est instructif aussi. Imaginez Kaboul sur Seine sans talibans …

    Ne perdez pas espoir, nos lointains ancêtres ont connu de plus dures existences, sans chauffage central, sans voiture, sans SNCF. Ils voyageaient à pieds et ne mangeaient pas de fruits exotiques.
    … mais si vous préférez écouter la télé ?…
    );-))

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    1. Mes parents avec 3 enfants, vivaient en quasi autarcie il y a 50 ans, c’était très difficile sur 900 m2 et il fallait malgré tout des apports extérieurs, grain pour les poules , etc.
      C’est un travail de plus pénible et les récoltes soumises à de nombreux aléas.

  3. Pour répondre à khanard la prise de conscience est forcément lié à la culture et au savoir je pense.Apres on peut bien sûr se dire que tout est perdu, mais pour autant à t on besoin de la société des profiteurs pour inventer et organiser une nouvelle société.
    Je pense que le blog que vous avez créé pourrait Paul être aussi un des éléments, des points de départ de possibles solutions, on chacun peut en créer chacun dans tous les domaines, je ne sais quelle forme exacte cela pourrait prendre, mais qui dit prise de conscience dit aussi monter des actions.
    Quelques idées en vrac:
    Jardins partagés et solidaires, amplifier les informations diffusées par le dernier rapport du GIEC qui est resté je trouve très confidentiel pour l’ instant et puis aussi dénonciations des travers de notre société capitaliste, réfléchir sur la monnaie et la repenser.
    J ai conscience que j enfonce sans nul doute des portes ouvertes peut être par d’autres, mais les crises sont souvent l occasion de grandes remises en questions et la ce serait peut être a l occasion.
    Enfin faire peut être fi de cette pseudo division sur le pass sanitaire car la n est pas a mon avis l essentiel , mais plus les changements climatiques et la pandémie du covid qui n est qu un symptôme de ce dérèglement.Les gens qui défilent contre le pass ou qui sont d ailleurs pour et qui semblent opposés veulent peut être tout simplement reprendre le contrôle de leur destinée, de leur vie volé par la société du profit.
    Certains trouverons peut être ce commentaire un peu trop naïf mais je le pose ici comme élément de réflexion .

    Apprenons à nuancer la est le plus gros enjeu du moment je pense , il n y a pas d un côté des bons et des méchants.

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  4. « Plan A : survie de l’espèce ; plan B : colonisation d’exo-planètes ; Plan C : transmission de l’héritage à des robots intelligents. » Paul Jorion
    Pour ma part j’en tiens pour le Plan J.
    J comme Jules Roman le héros de la série « Les plus beaux matins du monde ».

    « Je suis prêt à vivre dans une oasis de fraternité et de résistance en attendant des temps meilleurs. » Edgar Morin

    Plan J ? Parfaitement. Un plan J pour une dissidence frugale et fertile. Mais avant de nous résigner, sans aucun doute faudra-t-il en passer par les plans D, E, F, G, H et I qui nous conduiront de manœuvres dilatoires en faux fuyants vers la disparition tragique de l’espèce humaine. Déjà s’avancent, reconnaissables à leur suffisance, les porteurs de nouveaux récits accouchés par les plus médiocres et les plus prétentieux d’entre nous. Politiciens de tous bords, éditorialistes vaniteux, communicants, financiers, propriétaires de toutes espèces, ploutocrates et leurs séides qui n’ont cessé de nous encourager à imiter leur mode de vie dispendieux, à condition pardi que nous demeurions à notre place de petites gens … Tous convaincus de disposer de la martingale qui assurerait des profits sans catastrophes quand ce serait toutefois au prix de l’injustice. Dans la France où devrait régner pendant longtemps encore l’économie de marché, la campagne présidentielle de 2022 – primaires comprises – offrira à chaque candidat l’opportunité de peindre en vert ses offres. Verte la croissance et verts les investissements. Au prix du pillage des ressources et de la dévastation du milieu. Nul ne peut douter qu’il y aura autant de plans que d’ambitieux coquins. L’un ou l’une après l’autre ils nous feront perdre un temps précieux comme les présidents précédents dont les mensonges successifs en ont berné tant et tant.
    Le capitalisme nous a habitués à prendre les vessies pour des lanternes pour ne pas avoir à éclairer la terrible réalité : la planète file un mauvais coton depuis belle lurette. Et peu de gens l’acceptent et la gueule écrasée contre le mur de la réalité une majorité songera encore pendant des lustres à défendre ses droits à picoler au soleil sur les terrasses des centre-villes défigurés par les bétonneurs, les  » bitumeurs  » et autres forgerons et verriers. La dite majorité songera toujours à défiler pour défendre le privilège de continuer à détruire comme le fait et l’a toujours fait 1 % de la population. Il faudrait vous adapter hurlent comme toujours barbares et prédateurs. Soit, mais à quoi faudrait-il désormais nous habituer ? À quelle variante du profit ? À quels nouveaux maîtres devront nous accepter de nous soumettre ?
    Voulez-vous connaître le fond de ma pensée ?
    Nous en savons assez – vous en savez assez – sur les risques de convergences des crises et sur l’effondrement en cours de nombreux systèmes. Est-il nécessaire de continuer à disputer du sexe des anges ? Plongés au cœur de la catastrophe, nous finirons bien par croire ce que nous savons et par admettre qu’il faut abandonner tout espoir de revivre un jour dans un monde qui nous paraissait encore si désirable voici deux ans. Peut-être nous reste-t-il maintenant à découvrir comment survivre, entourés de nos proches : parents, amis et voisins ?
    Le cadre capitaliste se brisera tout seul et ce n’est que dans ce contexte inédit et jusqu’à lors impensé que nous aurons à réparer ce qui pourra l’être, le milieu et les sociétés humaines. Pour cela nous devrons faire confiance à ces merveilleuses aptitudes des êtres humains à créer de la beauté, à rêver, à imaginer et à inventer, comme une multitude d’expériences passées en témoignent. Comme des millions d’hommes vivant en ce moment même dans des conditions extrêmes nous en offrent d’admirables exemples.
    Alors, il ne s’agit pas tant d’agir que de nous préparer à agir. Si nous ne pouvons pas changer le monde, au moins pouvons-nous changer notre manière d’y vivre.
    Alors, plans A, B, C ou J, ce n’est pas un plan unique qui permettra de sauver 8 milliards d’êtres humains.
    Pour commencer, débarrassons-nous de la contestation stérile, ne cédons plus à la tentation facile de nous opposer les uns aux autres, de nous en prendre à nos semblables. Nous sommes des êtres de paix. Et demandons-nous sur quoi nous pourrions peser, ici et maintenant, à notre niveau, pour changer le cours du monde ?
    Travaillons localement et constituons des réseaux qui s’appuieront sur des expériences en cours. Et il en existe de nombreuses. Favorisons les contacts et de ces différents exemples imaginons des modèles. Travaillons avec les élus de terrain car sans eux, pour commencer, rien ne sera possible. Mettons en commun, moyens et connaissances. Créons des banques de données pragmatiques et des coopératives. Réparons ce qui pourra l’être, dépolluons, assainissons, purifions ; aménageons des logements frais, ‘’débétonnons ‘’, ‘’débitumons ‘’ fondons l’acier et le verre pour d’autres usages. Inspirons-nous des approches permaculturelles. Préparons-nous à gérer les pénuries, notamment alimentaires, notamment en eau.
    Oui, décrétons, que nous avons les solutions sous les yeux, que les réponses se trouvent déjà dans notre vie quotidienne et particulièrement dans notre alimentation.
    Des hommes ont déjà laissé des traces dans l’Histoire et dans la Géographie. De nombreux penseurs ont semé des petits cailloux à notre intention. Je pense notamment à Pierre Kropotkine écrivant : «  Et c’est une recherche des plus attachantes que de suivre cette vie des masses ; d’étudier les moyens par lesquels elles conservèrent leur propre organisation sociale, basée sur leurs conceptions d’équité, d’entraide et d’appui mutuel – le droit commun, en un mot – même sous les régimes les plus férocement théocratiques ou autocratiques ; » et à Élisée Reclus dont le précédent a pu écrire  : « Élisée Reclus est l’un de ceux qui ont le mieux senti et vécu la liaison qui rattache l’homme à la terre entière ainsi qu’au coin du globe où il lutte et jouit de la vie. »

    Notre première réponse, quoi qu’en disent certains, devra donc être la création d’une constellation de jardins privés et la transformation de millions de lieux publics en potagers. Nous les déclarerons  » conservatoire universel de la vie sauvage ‘’ qui permettra de nous reconnaître et de nous déclarer comme appartenant à la communauté unique des vivants.
    Voilà quel peut être notre projet pour une vision réaliste et positive de l’avenir.
    Lorsque nous en aurons terminé avec le solutions boiteuses qui n’en sont pas et lorsque la raison aura fini par imposer ce que nous savons déjà, nous inventerons ce qui ne l’a jamais été. Nous agirons alors partout où cela est possible pour un retour au collectif pour retrouver de l’autonomie dans notre vie quotidienne, diminuer nos besoins, nous simplifier la vie et retrouver la lenteur. Et pourquoi pas le bonheur ? Oui, pourquoi pas ?

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    1. Je vote pour le plan J.
      Il ne s’agit plus d’éviter le pire, il s’agit de s’y préparer.
      Et s’y préparer, c’est déja l’éviter un peu…
      On peut « en même temps » bidouiller des algos pour tenter de créer un jour, un R2D2 qui ne voudra pas flatuler plus haut que son popotin et s’arranger pour que dans sa boite, le petit chat de Shrodinger fasse encore parfois Miaou…

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    2. « LE MONDE » :

      « Avec sa faible gravité, Mars est incapable de retenir une atmosphère et personne, ni M. Musk ni le pape n’y pourra rien changer »

       » L’astrophysicien Louis d’Hendecourt, dans une tribune au « Monde », réduit à néant les ambitions du patron de Space X de vouloir coloniser Mars et d’en faire une planète habitable  » :

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/08/08/elon-musk-don-quichotte-d-un-nihilisme-planetaire-adule-par-l-ignorance-d-une-societe-en-totale-deconnexion-avec-la-realite-scientifique_6090885_3232.html

    3. Je lis d’abord le commentaire de Philippe Bayle : les jardins solidaires et partagés existent. Les informations diffusées par le GIEC sont disponibles pour qui veut les entendre. Les travers de notre société capitaliste sont dénoncés partout. Certains réfléchissent sur la monnaie. La repensent. Et font même des propositions. Et je me dis : « Mon Dieu, Philippe Bayle veut créer une ZAD! ». Une micro-société à côté de la grande. Mais quand la grande société siffle la fin de la récréation, la ZAD est (violemment) balayée. Je plaisante, mais mon intention véritable n’est pas de me moquer. Car s’il y a quelque chose que je trouve naïf dans ce commentaire, ça n’est pas d’enfoncer des portes peut-être déjà ouvertes par d’autres. C’est de ne pas poser la question centrale : la question des ordres de grandeur. Et puis je lis le commentaire de Régis Pasquet. Et je trouve là l’ébauche d’un projet politique. Nous travaillons, constituons, favorisons, imaginons, mettons en commun, créons, réparons, fondons etc. « Nous ». L’ordre de grandeur maximal. « Nous » avons traversé le miroir. Comment avons-nous fait ?
      Je n’ai pas de jardin privé. Quand je regarde en bas de l’immeuble dans lequel j’habite, je ne vois que du béton. Du béton à perte de vue. Dans le contexte d’un effondrement, quand je n’aurai pas mangé depuis trois jours, il est à craindre que je ne sois plus un homme de paix. Il est à craindre que je trouve le jardin de Régis Pasquet et que je le saccage jusqu’à l’indigestion. Simplement parce que je serai affamé.
      Certes nous devons savoir où nous allons. Nous devons savoir, par exemple, que LORSQUE nous aurons traversé le miroir, nous créerons une constellation de jardins (et l’image est belle). Mais non, le cadre capitaliste ne se brisera pas tout seul. Ou alors la phrase est incomplète. « Le cadre capitaliste se brisera tout seul, après nous avoir au préalable tous brisés ». Voilà la phrase complète. A moins que nous ne le brisions nous-même. Avant. Non, que cela vous plaise ou non – et je sais à quel point cela peut-être déplaisant – vous ne ferez pas l’économie de la contestation.

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      1. Vous parlez de béton, je vois les nouvelles zones pavillonnaires miter les champs qui marquaient la différence entre la côte et la campagne et dans lesquels on jouait gamins… cela me frappe comme une évidence : nous sommes la destruction.

  5. Nous sommes dans un de ces moments cycliques de l’existence où le statu quo est percu comme intenable. Cela provoque beaucoup de confusions, d’avis contradictoires nécessaires. Puis une nouvelle comprehension plus profonde, emergera qui nous satisfera pour un temps. Nous aurons alors avancé. Le challenge particulier, cette fois-ci est la multitude des niveaux des remises en questions simultanés auquelle nous faisons face.
    Et quand Paul nous dis à ce moment de transition que ce n’est pas lui qui éteindra la lumière car il est déjà sorti pour aller travailler sur ses algorithmes, cela peut être inconfortable à entendre pour certains.

  6. Chères toutes, Chers tous,

    Ouah on pourra pas dire que nous n’étions pas prévenu sur le Blog de PJ.
    Ouais mais cela ne fait pas tout.
    Comprendre que l’on s’effondre et s’adapter à l’effondrement c’est une toute autre histoire.
    Ouam, mon expérience du jardin potager me dicte qu’après plus de 10 ans, en toute humilité je sais pas si je pourrais atteindre l’autosuffisance, en revanche (toujours plus jomli que parc contre)
    ouaim en revanche nous avons acquis des savoirs qui prennent du temps, apprendre à faire des plants, puis cuisiner sa production de légumes pour en faire des conserves.
    Échanger avec tous ses voisins les graines et les mode de faire.
    Ouais cela prend du temps et dans le moment hyper crisique et critique comme le Moment « Kaboul » c’est déjà trop tard.
    Ouais comme disait Noë et comme me le rappelle ma douce et tendre c’est avant qu’il s’agit de préparer son Arche.
    Tiens sur la question sanitaire elle parle du Moment Dreyfus pour dire comment la société est divisé entre les anti et les pas anti et que dire des nantis.
    Je vous laisse sur ce super bon mot, préparez vous il en restera toujours quelque chose et si vous êtes indubitablement intellectuel essayez :
    « L’équilibre du Jardinier, (Renouer avec la nature dans le monde moderne) De Sue Stuart-Smith aux éditions Albin Michel.
    Sue Stuart Smith ou 3S est psychiatre et psychanlyste.
    « Les jardins et la nature sont souvent plus efficaces que n’importe quel médicaments. » Olivier Sacks.

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  7. Cher Monsieur Jorion, Chères toutes, Cher Tous

    Dans l’effondrement en cours la question de l’énergie expliqué à ma fille :

    La question de l’effondrement à de multiples facettes.

    De ma lecture de Joseph Tainter «L’effondrement des sociétés complexes» je retiens un élément.

    Toutes les sociétés ont besoin d’énergie pour se maintenir.

    Et la question de l’énergie est l’une des choses les plus mal comprise.

    Nous ne sommes pas aider par les différentes unités de mesure et nous ne sommes pas égaux pour comprendre les ordres de grandeur du micro au macro, du nano au giga tetra ou terra.

    Un homme consomme environ 2000 calorie jour et en dessous de cette ration toutes les sociétés s’effondrent selon Monsieur JosephTainter.

    La calorie alimentaire du diététicien est en fait une kcal (kilocalorie = 1000 calories physiques). On a donc la conversion :1 calorie alimentaire = 4184 Joules
    Energie contenue dans les aliments et dans le carburant
    Supposons que la dépense journalière soit de 2000 calories par jour. 2000 calories correspondent à 8,36 MJ. Cette quantité d’énergie est dépensée en un jour (= 86400 s). La puissance moyenne dégagée par le corps humain vaut dans ce cas :Puissance = 8,36 MJ / 86400 s = 97 W
    Un être humain dépensant 2000 calories par jour dissipe autant de chaleur qu’une ampoule de 100 W allumée !
    Bon et dans un litre ou kilo de fossile en énergie pure on trouve :

    1 kg d’anthracite (teneur en humidité : 4 %) = 36 MJ = 10 kWh
    1 kg charbon (teneur en humidité: 5 à 10%) = 37 MJ = 10,3 kWh
    1m3 de gaz naturel = 39 MJ = 10,8 kWh
    1 litre d’essence = 34 MJ = 9,4 kWh ou 9 400 W/h
    1 litre de carburant diesel = 40 MJ = 11,1 kWh
    1 litre de gasoil = 41 MJ = 11,4 kWh
    1 litre de mazout = 44 MJ = 12,2 kWh

    Donc pour faire rond 1 litre de super correspond à 10 kw/h ou 10 000 watt/heure.

    Bon d’accord quand l’utilisation passe par la thermodynamique, grosso modo 1/3 de l’énergie est dissipé en chaleur, 1/3 dissipé de l’énergie est disspé en pollution (CO2). Et 1/3 de l’énergie est disspé en travail utile (faire rouler la voiture).

    Bon d’accord et le lien avec l’effondrement :

    Nous n’avons pas ou avons perdu la conscience de la puissance des énergies fossiles dans notre vie de tous les jours. Et le petit kilowat/heure utilisé pour la machine à laver semble ridicule devant les 100 kilowatt/heure utiliser par la voiture de mon infirmière libérale par jour. (200 km)

    Et l’énergie il en faut pour tous, les médicaments, fabriquer de l’eau, faire tourner les tracteurs dans les champs, envoyer Thomas Pesquet dans l’ISF, écouter un concert, manger au restaurant ou à la maison, traiter l’eau des toilettes ou de la cimenterie, extraire le cuivre et le lithium, voyager ( à pied je dépense 200 w de l’heure grosso modo).

    Pour un effondrement doux ( serait ce un doux euphémisme)et souhaitable nous avons à arbitrer l’utilisation de l’énergie disponible à un coût supportable par nos économies.

    De l’énergie pour manger ou pour fabriquer un SUV de 2 500 kilo ?

    De l’énergie pour les médicaments ou pour construire un super building ?

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    1. Je suis entièrement d’accord pour centrer beaucoup de choses sur l’énergie.
      Juste que le physicien passe pour faire les corrections :
      Sur les 2000 calories / jour = 97 W, une partie devient mécanique (vous faites du vélo), une autre chimique (vous desquamez et renouvelez votre peau, vos poils), et dame nature n’ayant pas pour but de faire du chaud en soit, on compte plutôt pour vers 50 W l’humain au repos assis avec un tonus modéré (100 W = l’ado au repos dans la classe après les frites à la cantine !).

      Ensuite très bien les kWh, mais attention, pas de W/h (ce serait le taux de variation d’une puissance : le moteur passe de consommer 10W à consommer 14 W en 1h, alors ce taux est 4 W par heure, mais il faudrait donner une raison à cette augmentation pour ne pas parler en l’air, par exemple le roulement s’use et il frotte et chauffe de plus en plus).
      L’énergie ce sont des Wh (1 watt pendant 1 h = 3600 joules) Et le litre de super est à 10 kWh, etc.
      Votre machine à laver à < 1 kWh, c'est OK pour 40°C et cycle d'1h, sinon la puissance crête est pas mal plus genre 2 ou 3 kW quand il faut chauffer l'eau.
      200 km = 10 l de coco à 5 l/100 (départementale à 70 km/h), donc = 100 kWh suivant vos propres comptes, à moins que l'infirmière est une vieille 308 break mal réglée et lestée de 100 kg de je ne sais pas quoi.

      "Janco" suggère des mémo simples et pas faux :
      100 W = l'homme en p'tit effort (promenade digestive avec clope)
      1000 W = ce qu'il entraine aujourd'hui en conso directe à tout instant (son frigo, sa box, son éclairage, son chauffage et sa cuisinière surtout, sa machine à laver, tout ça moyenné, même sans clim)

      10 000 W = ce qu'il entraine "indirectement" : l'énergie primaire consommée en France divisée par 67 millions :
      Pour mémoire, on consomme ~60 TW d'énergie électrique moyenne (capacité max 100 TW) ,soit de nouveau 1 kW d'énergie "finale" (basse entropie, de l'énergie de "haute qualité") par personne. Mais en effet, si on passe en énergie primaire dans le réacteur nucléaire, c'est x3 (la tour aéroréfrigérante se charge du reste , les 2/3), à cause du "rendement de Carnot" entre 350°C et 80°C en gros (ché plus exactement), seul les ~ 10% d'hydro et éolien échappent à ce facteur 3, et pas tant que ça.

      Et si on prend les énergies primaires non électriques (tous les combustibles + PV & éolien) on multiplie le "primaire électrique" encore par 3 (chauffage, transports, industries énergivore comme papier sucre ciment acier, et tout le collectif/bat publics, commerces, entreprises).
      D'où les 10 kW de flux dont il va être dur de se passer,
      … notamment en raison de l'effet rebond ou effet Jevons (avec les ampoules à LEDs par exemple, le rendement est monté d'un facteur 6 vs. halogène, un superbe facteur qu'on ne trouve pas ailleurs dans l'élec grand public) mais du coup, on met des projecteurs LED 10 W dans les jardins, aux terrasses, dans les couloirs d'immeuble, dans les enseignes en tissu des bistros, dans les indications routières, on éclaire des pièces de travail à la norme 500 lumens sans barguigner même si 40% seulement est utilisé pour des taches nécessitant un tel éclairement, etc.) : les gains d'efficacité sont essentiellement "mangés" par un surcroit de consommation.
      Pour l'instant. Tant que la non-frugalité n'est pas vue comme non-citoyenne.

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      1. Monsieur,
        Merci pour toutes ces précisions qui confirment que la complexité d’un système ne peut pas être comprise/appréhender facilement.
        L’idée de ce post était de signifier que nous sommes gavés d’énergie dans tous nos actes et ce de manière simple voire simpliste.
        L’effet rebond que vous mettez en exemple sur les LED est signifiant de la complexité d’un système. Pour autant est ce la première chose que nous devons savoir sur l’énergie facile qui est à notre disposition ?
        Mon propos reste toujours le même comment allons nous individuellement et collectivement arbitrer la déplétion d’énergie ?
        Encore merci pour toutes ces précisions.

  8. Synopsis de ” Twice as Bright ” , la (future) série sur l’effondrement.

    Arthur Keller présente dans son interview ( voir plus bas ) ses motivations et sa démarche dans l’écriture d’une série sur l’effondrement. Voici le synopsis de cette série :

    https://www.passerelleco.info/article.php?id_article=2191

    Rappel :

    Effondrement / Conférence d’Arthur Keller : ” Nourrir Liège ” – 14 mai 2021 :
    https://www.youtube.com/watch?v=VQ99UXDV6zU

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  9. La culture a été une bonne solution pour suppléer l’évolution génétique. La première étant plus rapide que la seconde. Cela dit, face a des problèmes qui arriveront demain, voir tout à l’heure, il me semble que nous n’aurons pas tous le loisir de bénéficier des solutions que la culture pourrait nous apporter.

    https://www.francois-roddier.fr/?p=934

  10. C’est quoi, la culture ? Comment la définir ? Quelle est sa fonction ? ‘J’aime bien le rôle du béotien socratique ; je vais un peu me risquer pourtant.
    Nous connaissons avant tout une culture « bourgeoise » ou « élitaire », pour les « initiés ». C’est donc un signe de reconnaissance d’un groupe social séparé.
    Un pan entier de notre société n’a pas de culture en ce sens. Il rejette la culture bourgeoise ou se ressent rejeté par elle. Il a pourtant une culture à soi : jouer à des jeux de cartes, aux jeux de société, perpétuer le folklore d’une région, d’une corporation et notamment sa langue plus ou moins patoisante ou argotique. Ils ont aussi des cultures liées à des pratiques de loisir : la pêche, la chasse, la pétanque, l’horticulture, la couture et le tricot, l’art culinaire….
    Les milieux artistiques (création) et culturels (« industrie ») se sont révoltés violemment contre le confinement Covid. Ils ont affirmé : tous, nous avons besoin de culture. Mais de quelle culture parlaient-ils ? De quel besoin parlaient-ils, comme besoin « essentiel » (primaire ?) ?
    Je veux bien considérer que des pratiques conviviales sont soutenues par la culture : le fait de communier en groupe avec une même émotion. Comme d’une cérémonie « religieuse » qui donne sens à la communauté. Mais alors la création est contraire à la convivialité rituelle !
    Je veux bien considérer qu’un partage de savoir fait l’objets d’échanges intenses, et depuis fort longtemps ! Mais en principe en s’opposant au « savoir » religieux, et aux rituels collectifs. La séparation nous vient sans doute des grecs.
    A partir de ces questions socratiques, je m’interroge sur le sens du titre du billet : « la culture peut encore nous sauver ». Et je le trouve particulièrement abscons ! Quelle culture ? Comme moyen de quoi faire ? Amenant à quelle sauvegarde ?
    Cela me parait étranger aux pratiques collectives et individuelles que nous attachons au mot culture.

    1. Je voulais ajouter une idée qui s’est échappée : La consommation de masse a ajouté des pratiques culturelles commerciales. Elle a profondément aliéné ce pan de la société qui avait une culture à soi. Et pourtant nous avons souvent eu recours à des nouveautés culturelles de l’industrie pour nous affirmer (notamment comme jeunes) . Et les artistes de tous temps ont proposé à vendre une culture qui puisse les faire vivre par le marché (bourgeois) de l’art. Processus de démocratisation autant que d’aliénation.

  11. Le poème devine un pont de verre lucide en surplomb du néant et qui allie deux mots. Il interroge une ombre. Un cri. Puissance. La trace : « à quand le chemin sans terre ? »

  12. Bonjour
    Oui pour répondre à un commentaire précédent j assume ma naïveté de croire effectivement que le meilleur reste à venir.
    Oui malgré les morts qui risquent de parsemer notre monde , je crois qu il nous appartient d apporter encore et encore des solutions ou des tentatives de solutions.
    Oui les zad ont été réprimés et pour autant faut il renoncer à perpétuer leurs idées et leur solutions/?.
    L homme pour vivre à besoin d énergie effectivement de nourriture mais ce qui le fait souvent avancer c est se battre c’est aussi des rêves une société du mieux vivre cf la sécurité sociale crée par Ambroise croizat.
    Les chasseurs ceuilleurs avaient une vie beaucoup plus dure que la nôtre et pourtant ils ont crée des fresques sur des murs, des histoires de chasse qui sont parvenues jusqu a nous et qu on admire de nos jours dans les musées .

    Effectivement nous pouvons nous apitoyer et pleurer sur l effondrement de notre société, pour autant même dans un effondrement les humains tant qu ils n auront pas disparus auront besoin de dialogues, de musique d histoire de peintures et de dessin .Et pourquoi cela ? Alors que tout s effondre car nous avons tous ce besoin en nous de laisser une trace pour dire j étais là et nous avons fait cela. C était déjà ce même message qui était sans doute quelque part dans les grottes il y a des milliers d années.

    La culture oui plus que jamais sera nécessaire au moins pour témoigner tourner en dérision peu importe,et elle aura toujours jusqu a la fin de notre espèce même si elle doit disparaitre pour rôle de nous faire rêver et avancer.
    si l humanité survie dans les siècles a venir ce sera grace a elle quoiqu on puisse penser de son inutilité, notamment chez nos dirigeants en particulier ,et si ce monde sombre ce sera de son absence.
    Cessons en tout cas de penser en besoin nécessaire et non nécessaire car dans ce cas alors le langage aussi devrait être banni et aucune action ne serait possible dans ce monde.

    Bref , oui la contestation sera indispensable et si elle doit s exprimer la culture aura plus que jamais son rôle dans cet effondrement.

    Et puis peut être que nous devrions retrouver nos âmes d enfants,ce n est pas parce que notre fin est fort probable qu il faut renoncer a ce qui fait la vie.
    la culture se doit d être plus que jamais essentiel et oui c est naïf très certainement mais pour ma part je continuerai de le revendiquer jusqu a ma fin 😉

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