103 réflexions sur « Veille effondrement #79 – Tout ce que je dis, dit par un autre, et en 5 minutes seulement »

  1. Amen ! La messe est dite. Tout y est , devrait être affiché sur le haut de tous les frontons publics pour qu’on n’oublie jamais . Excellentissime!

    C’est bon on peut éteindre la Lumière.

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    1. J’ai peut être été dissipé , mais je ne me souviens pas vous avoir lu ou écouter évoquant des formes de « maquis » dans vos épures .

      L’intelligence globale , ce serait donc la poésie de la danse communicante des abeilles ? Ça ne serait il pas un plan C en forme de termitière sinon de ruche ?

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    2. Au moment de sa sortie en tout cas. C’est le genre de choses qui plait dans un milieu universitaire du genre de Cambridge (« Nous jouons dans une autre division que le vulgum pecus »).

  2. « Décarboner vraiment, c’est rompre avec les libertés individuelles, voire avec le pacte démocratique » Le Monde, le 3 septembre
    Frédérique Laget

    Agrégée et docteure en histoire, professeure d’histoire dans un lycée

    L’historienne Frédérique Laget se demande si les gouvernements des principaux pays ont encore les moyens de limiter le dérèglement climatique.
    […]

    Tribune. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié, lundi 9 août, un premier volet extrêmement pessimiste de son sixième rapport d’évaluation. Dans ce contexte, opposants politiques et citoyens impliqués n’ont pas manqué de rappeler au chef de l’Etat sa timidité en matière environnementale, sans oublier la décision récente du Conseil d’Etat, condamnant les pouvoirs publics à une amende de 10 millions d’euros pour ne pas avoir lutté efficacement contre la pollution atmosphérique.

    Pourquoi les gouvernements – non seulement le nôtre, mais ses homologues également – n’agissent-ils pas plus frontalement contre le dérèglement climatique, dont nous savons tous aujourd’hui le degré de dangerosité et de déstabilisation profonde qu’il entraînera dans le monde ? De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la soumission des gouvernants aux « lobbys », aux « industriels » et aux « puissants », ce qui n’est évidemment pas faux, mais qui reste une réponse simpliste.

    Quel que soit son bord politique, le nœud du problème pour l’Etat est triple : d’abord, il lui faudrait prendre, pour décarboner l’économie, des mesures extrêmement dures, voire liberticides ; on pourrait évoquer une « économie de guerre » ; ensuite, il ne peut agir seul dans ce domaine, il faut nécessairement une coordination à l’échelle mondiale ; enfin, il lui faut lutter contre l’atomisation croissante des sociétés, où les intérêts particuliers tendent à empiéter sur l’intérêt commun qui présiderait à de telles mesures.

    […]

    Comment, concrètement, décarboner l’économie française, si nous restons à l’échelle de notre pays ? Bien sûr, la question pourrait ne pas se poser en ces termes, puisque ce mouvement devrait s’accompagner dans un proche avenir des entreprises de captation de CO2, que le GIEC évoquera dans le second volet de son rapport.

    Interdictions et obligations
    Envisageons toutefois la décarbonation seule. L’objectif pour la France serait d’atteindre une empreinte carbone par habitant de 3,7 tonnes de CO2e (équivalent CO2) en 2030, soit le tiers de ce qu’elle était en 2017.

    Pour ce faire, les mesures à prendre toucheraient aussi bien le bâtiment (résidentiel ou tertiaire) que les mobilités, l’agriculture, l’énergie, la consommation ou encore l’aménagement du territoire.

    Il faudrait que l’Etat prenne, pour décarboner l’économie, des mesures extrêmement dures, voire liberticides

    Elles concerneraient la vie quotidienne de chacun d’entre nous : augmentation du renouvellement des équipements de chauffage, interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles (toute construction neuve étant réservée à l’habitat collectif), mise en place d’un couvre-feu thermique dès 2025, interdiction des voitures thermiques dans les centres urbains dès 2024 (les villes devenant dédiées au vélo et aux transports en commun), limitation généralisée des températures dans les logements et les bureaux, obligation pour toute parcelle de jardin de devenir productive, fin de l’artificialisation des sols, interdiction de tout vol hors Europe non justifié (donc de confort ou non nécessaire), division par trois du flux vidéo consommé (moins de vidéos en ligne, jeux vidéo, réseaux sociaux), limitation à 1 kg du nombre de vêtements neufs mis sur le marché par personne et par an (contre 40 kg en 2017), limitation drastique de la consommation de viande, instauration de quotas sur les produits importés (chocolat, café, thé…), et bien entendu, reconversions et créations massives de nouveaux emplois.

    Contrôle et surveillance
    Peut-on espérer être élu sur un tel programme ? Et quand bien même un gouvernement en place décidait de le lancer, quel Conseil d’Etat, quel Conseil constitutionnel le validerait ?

    A ces mesures extrêmement contraignantes s’ajoute la nécessité d’une action collective à l’échelle mondiale. Il faudrait que des mesures similaires soient prises partout – faute de quoi, l’impact d’un Etat isolé sur le climat serait quasi nul, et les sacrifices engagés par la population ne pourraient se justifier – et qu’elles soient adaptées aux contextes locaux, qui ne sont pas les mêmes aux Etats-Unis (surconsommation) qu’au Niger (transition démographique).

    […]

    Le contexte géopolitique actuel étant très instable, cet état de fait semble hautement improbable, et les différents gouvernements s’observent mutuellement dans une sorte de dilemme du prisonnier, chacun n’osant que des mesurettes afin de ne pas être le seul à risquer d’entraîner sa population dans un basculement total de mode de vie.

    Car c’est bien d’un changement de mode de vie qu’il s’agirait, et d’un changement piloté par l’Etat, assorti de contrôle et de surveillance des populations. Car, sans cela, comment s’assurer que les jardins particuliers ont bien tous un potager, et que personne n’a pu se procurer plus de vêtements ou de café qu’autorisé ?

    Atomisation croissante des sociétés
    C’est ici qu’apparaît le problème des gouvernants : décarboner vraiment, c’est rompre avec les libertés individuelles, voire avec le pacte démocratique.

    Et pourtant, c’est cet ensemble de mesures qui pourrait permettre de limiter la catastrophe annoncée. Le problème est rendu d’autant plus aigu par l’atomisation croissante des sociétés, relevée aussi bien par Jérôme Fourquet en France (L’Archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée, Seuil, 2019) que par le National Intelligence Council américain dans son rapport prospectif de mars 2021 : à l’échelle mondiale comme locale, les populations s’autonomisent par rapport aux Etats, se tournent vers les groupes partageant leurs idées, voire s’y enferment (les fameuses « bulles de filtre ») et s’engagent dans de nouvelles conflictualités, créant de profondes lignes de faille au sein même des États.
    […]

    Cette montée en puissance des intérêts particuliers est pleinement illustrée dans les crispations révélées par la pandémie de Covid-19.

    Nous sommes aujourd’hui au pied du mur : entre l’importance croissante, voire suprême, de la liberté individuelle, et le besoin d’Etat fort que la crise climatique va nécessairement engendrer dans un objectif de survie collective, qu’allons-nous choisir ? Je n’ai pas la réponse. Mais il est plus que jamais nécessaire de regarder la question en face.

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    1. Cela supposerait il l’émergence d’un gouvernement mondial élu sur ce programme ?

      ps:  » limitation à 1 kg du nombre de vêtements neufs mis sur le marché par personne et par an (contre 40 kg en 2017) » l’autre jour dans la précipitation j’ai envoyé à M. Jorion un document , une carte de vêtements en fait qui pourrait très bien illustrer ce passage. 😉😉

      1. Déjà, si on commençait par interdire la pub, les gens redeviendraient plus sobre très rapidement. Ils ne seraient intéressés que par leurs besoins fondamentaux.
        Rendre le temps de cerveau disponible à la poésie, l’art, la philosophie, la spiritualité. … Les économies énergétiques seraient considérables. Mais même quand on veut interdire la pub pour la santé des enfants, nos élus votent contre. Pourquoi d’après vous ?

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        1. Dans le document que j’avais lu , on visait par les attendus initiaux , à faire un bouquet de propositions transversales afin d’atteindre la neutralité CO2 en 2050 en cohérence avec les objectifs de la COP Paris . C’est d’ailleurs mieux que la Chine qui a annoncé viser 2060 pour la même cible . Je n’ai reproduit que la toute petite partie qui me semblait un peu rebrousse poil mais dans les mesures plus consensuelles il y avait en effet des mesures concernant la publicité , dont , par exemple , l’interdiction des publicités en ligne intégrées aux sites internet .

        2. D’après moi ? Il ne faut surtout pas que le commun des mortels puisse réfléchir à son sort . A sa destinée. La publicité n’est qu’une partie visible de l’iceberg. Je vous conseille de lire, si ce n’est déjà fait, l’essai de Christian Salmon ; Storytelling , la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits. Ed La Découverte. Ah et encore un autre, de Razmig Keucheyan : les besoins artificiels, comment sortir du consumérisme .
          Sinon éteindre la télé !

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          1. Le mortel est assez commun , mais je n’ai qu’une très vague idée de qui est le commun ou la commune mortel(le) .

            1. Bonne question. Première citation fin XIXe. Dans l’idée aussi de « vulgum pecus », le vulgaire pékin, l’expression « commun des mortels » est dénigrante et dénote un esprit « élitaire » de celui qui l’emploie par esprit de distinction. Mais cela est pratiqué par les meilleurs :
              Ce qui n’empêche qu’avec une candeur parfaite, avec une innocence naïve, le commun des mortels se figure comprendre l’univers parce qu’il l’a réduit à sa propre taille, déclare immobile ce qu’il n’a jamais vu changer, immuable ce qu’il n’a pas senti bouger ; car il n’a jamais mis en question la prétendue évidence des sens. — (Élie Reclus, Le mariage tel qu’il fut et tel qu’il est, 1924, p. 7-8)
              (Wiktionaire)

          2. J’ai éteint la télé il y a quelques années déjà et la radio il y a un peu plus d’un an. Je vais très bien ! 😉

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              1. Une grosse boîte avec de la lumière que les gens regardent avec avidité en croyant que la vie est dedans.
                Aujourd’hui, mon fils n’a jamais vu la télé, pourtant il est devant son écran panoramique, la souris à la main et joue à la guerre avec des russes, des polonais, des turcs…. qu’il n’a jamais rencontré.
                Tout le monde se grille les neurones à la lumière bleue, bleue comme les éclairs des raquettes à moustiques.
                Peut être que nous serons devenus totalement idiots et que nous ne nous apercevons même pas quand la Terre aura pris 3° de plus.
                Heureux les simples d’esprit. ….

      2. En short avec un jerrican d’essence pour recupérer les dernières gouttes : mad max 3
        Comment controler les 1 kg de vêtements et les 500 g de viande par an et par personne sinon ? Va falloir mettre en place un bon gros pass numérique pour tracer tout ça non ?

        1. Ça s’appelle un ticket de rationnement . Mes Parents ont connu (et j’ai eu à en nourrir ma très prime jeunesse) ces temps . La guerre , fût elle contre le réchauffement climatique , a ses constantes .

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        2. @ Juannessy
          Entre le manque de bouffe et la sur-bouffe, y a peut-être un ‘juste milieu’ ?
          Ceci dit quand on voit les photos des années 1950/60 ou même 70, on ne constate quasiment pas d’obésité… 🙂

          1. Remarque faite aussi que je suis toujours vivant , même si c’est pas tous les jours .

            Plutôt que rationnement , on dit aujourd’hui  » quotas », et plutôt que « ticket » on dit « carte » ou « puce » ( bancaire ou à rechargement ). Mais en fait les dispositifs de cette famille sont déjà très nombreux et très au point ( au point que nous ne les percevons même plus ).
            Mais la race humaine est encore en mode « light » si on pense aux dispositifs électroniques déjà sur le front des vaches qui leur distribuent juste la quantité d’eau et de céréales prévue , automatiquement , lorsqu’elles viennent présenter leur mufle dans la mangeoire .

            PS : mais , au moins , dans le terme de « rationnement » on trouve ratio , mesure , raison .

    2. Frédérique Laget exprime plus un lieu commun (véhiculé il y a quelques années par un Jacques Attali par exemple) qu’elle ne fait l’exposé d’un constat honnête de la situation s’agissant de déterminer si les gens sont prêts à changer leurs habitudes.
      IL existe autant d’arguments qui plaident en faveur de l’inertie causée par l’atomisation de la société que d’arguments qui plaident pour la thèse de la philia, c’est à dire l’émergence de solidarités actives.
      L’exemple de la lutte contre la pandémie qu’elle invoque pour soutenir sa thèse est bien faible, puisque justement une majorité de nos concitoyens ont accepté les mesures contraignantes.
      Seule une minorité s’y oppose, et encore, une partie d’entre elle craint plutôt le monde orwellien qui vient, se faisant alors plutôt les défenseurs d’une société civile, bridée justement par l’absence de démocratie.

      L’autre exemple, celui des jardins qui serait à contrôler pour que la mesure soit efficace est quant à lui ridicule. IL y a d’ores et déjà un mouvement spontané vers les potagers individuels. Non les gens ne vont pas attendre un nouvel autocrate pour s’y mettre.

      1. Enquête annuelle Ipsos « Fractures françaises », dernière livraison en date de septembre 2020, page 85 (1)

        Proposition « Il faut que le Gouvernement prenne des mesures rapides et énergiques pour faire face à l’urgence environnementale, même si cela signifie de demander aux Français de modifier en profondeur leurs modes de vie »
        ===> 77% D’accord, 23% Pas d’accord

        Proposition « Il faut que le Gouvernement prenne des mesures rapides et énergiques pour faire face à l’urgence environnementale, même si cela signifie de demander aux Français et aux entreprises des sacrifices financiers »
        ===> 57% D’accord, 43% Pas d’accord

        Cela me semble éloquent. Changer les modes de vie « en profondeur », c’est déjà 3 Français sur 4 qui sont d’accord. Diminuer la prospérité par des « sacrifices financiers », c’est nettement plus de la moitié. En réalité, la population française est déjà prête !

        Je réitère ma conviction que tout sera d’autant plus facile politiquement parlant – en France, et dans tous les autres pays, et il faut qu’ils participent tous – que la partie « sacrifices financiers » est limitée. Ce qui en pratique pose la question béante de sources d’énergie à la fois 1) décarbonées, 2) massives et 3) permanentes.

        Comme :
        – > 80% de nos ressources énergétiques sont carbonées
        – Le nucléaire « classique » est limité aux matières fissiles qui sont trop rares, il ne peut être mis à la bonne échelle
        – L’hydraulique est déjà exploité presque au maximum, lui non plus n’a pas la bonne échelle
        – Solaire et éolien « classiques » c’est-à-dire au sol sont intermittents en diable
        Il n’existe pas de solution « au point » à ce jour.

        Deux pistes pourraient marcher… enfin si elles marchaient ! C’est-à-dire qu’elles sont bloquées, jusqu’à plus ample informé, parce que « on ne sait pas faire » :
        – La « batterie miracle » à la densité énergétique suffisante pour compenser l’intermittence du solaire et de l’éolien au sol. Mais où sont les pistes de recherche pour obtenir ce prodige ?
        – La fusion nucléaire, mais elle débouchera dans la seconde moitié du siècle au mieux, et encore si on ne s’effondre pas avant, donc elle ne peut pas aider à ne pas nous effondrer. Fallait s’y mettre sérieusement plus tôt 🙁

        Deux pistes à ma connaissance pourraient fonctionner :
        – Le nucléaire « de quatrième génération » à base fertile, utilisant uranium 238 et thorium 232. Pas encore au point – enfin sauf Superphénix qui a bien fonctionné pendant une petite année, en produisant ses cinq tonnes de plutonium par an quel bonheur – mais probablement possible, et des conceptions de réacteurs plus sûres que les « chaudières » actuelles sont proposées (réacteurs à sels fondus). Ca marcherait sans doute. A condition tout de même de bien contrôler les déchets qui seraient massifs… et d’arriver à maintenir la paix partout lorsque non pas 9, mais > 100 pays pourront construire des armes nucléaires facilement. Une guerre atomique entre Trifouilly-les-Oies du Sud et Trifouilly-les-Oies du Nord, ce serait dommage. Il y a très peu de recherches pour l’instant, même si Bill Gates est une exception avec Terrapower (2)
        – Le solaire spatial. Qui est la meilleure des deux : pas de déchets, pas de prolifération, juste quelques drones pour éloigner les oiseaux des faisceaux. Quasiment aucune recherche pour l’instant, même si l’Armée américaine est une exception partielle mais avec un système très petit (3)

        (1) https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2020-09/fractures_francaises_2020.pdf
        (2) https://fr.wikipedia.org/wiki/TerraPower
        (3) https://www.space.com/x-37b-space-plane-solar-power-beaming

        1. « Deux pistes à ma connaissance pourraient fonctionner : »

          Désolé de te dire que tu mets la charrue avant les boeufs mon grand.

          Si tu ne définis pas d’abord des règles claires et réelles des rapports entre les Hommes en tout lieu, tes deux pistes sont du vent doublé de mensonges qui mèneront à la barbarie technicisée.

          Continuer à vendre de la salade technique pour du bien être, c’est un truc de vendeur de foire.

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          1. « Si tu ne définis pas d’abord des règles claires et réelles des rapports entre les Hommes en tout lieu, tes deux pistes sont du vent doublé de mensonges qui mèneront à la barbarie technicisée »

            C’est le « d’abord » que je conteste.

            D’une part parce qu’il n’y a aucune raison d’attendre.

            D’autre part, et encore plus important, parce que disposer de solutions un peu crédibles – par exemple des prototypes qui marchent déjà – rendra incomparablement plus réaliste politiquement parlant de convaincre – tous les pays, tous les empires, toutes les cités… – que l’autolimitation est possible et souhaitable. Parce qu’il y existera une autre option d’autolimitation que le niveau de vie, au mieux de Cuba, au pire de la Centrafrique.

            Et vous savez bien Cloclo que s’il n’y a que ce choix, ceux qui l’accepteront comme vous seront trop peu nombreux pour faire une vraie différence. Jusqu’au moment certes où les catastrophes environnementales seront telles que les hommes commenceront à mourir en masse… mais alors, il risque bien d’être trop tard, car le système climatique Terre a une grande inertie.

            Sinon, à propos de « barbarie technicisée », je suis en ce moment en train d’écrire sur un ordinateur portable, alimenté par un réacteur nucléaire, tout en bénéficiant d’anticorps que le vaccin Comirnaty m’a appris à produire.

            La barbarie technicisée vous salue bien 😉

        2. « 77% d’accord »
          ça me rappelle les paysans de chez moi qui dans les années 80 étaient encore majoritairement communistes.
          -Oh Georges! Pourquoi t’es communiste?
          -Parce qu’on prendra tout aux riches!
          Aujourd’hui les mêmes votent RN, mais toujours pour les mêmes raisons.
          Ils votent avant tout contre les autres en pensant ne pas être concernés.
          Donc encore une enquête où il manque une question intéressante:
          Pensez-vous être concerné par de telles décisions et si oui à quel point?

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        3. « juste quelques drones pour éloigner les oiseaux des faisceaux »
          Est-ce vraiment tout ce que vous avez retenu de mes objections ?

      2. L’exemple du jardin est effectivement risible , mais ce qui se prépare sera autrement plus « secouant » que l’obligation de cultiver ses poireaux ( qu’est ce qu’on va bouffer comme poireaux !) soi même sur son balcon ;

        Pas mal de bureaux d’études dans le monde et chez nous , ont déjà reçu mission de réfléchir à ce que pourraient être les restrictions rapidement les plus  » payantes » . Dans les copies qui se rendaient en 2019 , outre des propositions plus convenues , on commençait à trouver :

        – interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles , constructions neuves uniquement en habitat collectif avec une restriction à 30 m2 maxi par habitant .
        – obligation immédiate de limiter à 17 ° C la température des appartements en hiver
        – couvre feu thermique dès 2025 , coupure des chauffages non décarbonés entre 22h et 6h .
        – passer de 4 à 2 kWh ‘d’électricité par personne et par jour , taxation lourde de ceux qui dépasseront le seuil de 3 à 4 kWh par jour et par personne .
        – suppression des lignes aériennes internes pour distances inférieures à 4 heures de trajet par train .
        Vitesse limitée à 80 km/h strict sur tout le réseau routier sauf autoroutes à 110 .
        – interdiction des véhicules consommant plus de 2l/100 kms dès 2027
        – suppression des véhicules thermiques de tous poils en centre urbain dès 2024 .
        – généralisation des horaires fixes de travail pour simplifier et faciliter la mise en place de transports en communs puissants et le covoiturage .
        – pour tous trajets < à 5 kms , obligation de recours au transport " doux".
        – Toute parcelle de jardin doit devenir productive
        – consommation de viande ramenée de 90 kg/an/personne actuel à 25 kg maxi en 2030 .( même décrue pour les produits laitiers )
        – marché d'approvisionnement obligatoire dans un rayon de 100 kms maxi .
        – quotas sévères sur les produits exotiques importés ( café , chocolat , fleurs ,fruits …)
        – interdiction sauf motif sanitaire de tout vol aérien hors Europe .
        – justification préalable des déplacements professionnels ,
        – interdiction de la vente d'écrans télé de plus de 40 pouces
        – limitation à 1 kg de vêtements neufs par an et par personne dès 2023 .

        Je vous épargne les idées plus farfelues ou provocatrices .

        Dans ce mouvement général de restrictions , on pourra bien sur espérer des initiatives spontanées de terrain déjà en cours , mais compte tenu des impacts violents qu'il va y avoir sur les métiers ( et surtout celles et ceux qui les exercent ) la puissance publique aura bel et bien le rôle de rester maitresse des horloges pour tenter ( et c'est elle qui aura la tâche la plus complexe et ingrate ) d'organiser cette décrue car personne d'autre ne pourra réguler l'arbitrage entre fin du monde et , non plus fin de mois , mais chômage et précarisation . Elle devra tenter d'être le pilote maitrisant le frein ou l'accélérateur , avec un moteur dont on peut effectivement souhaiter que ce soit le terrain qui le soit .

        Beau sujet pour les écologistes et la campagne électorale .

        PS : et la République , c'est " Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant " D'un seul bloc plus solide qu'un noyau atomique .
        La Liberté n'est rien que monstrueuse quand les deux autres ne lui sont pas liées , l'Egalité est sans avenir quand les deux autres ne lui sont pas liées , la Fraternité ne peut rien , elle qui doit doser la flamme , quand les deux autres ne lui permettent pas de vivre .

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        1. « Toute parcelle de jardin doit devenir productive »…
          J’ai abandonné le potager pour de multiples raisons que je ne détaillerai pas aujourd’hui.
          C’est devenu une friche, une jachère, un fatras, qui fait hurler les voisins. Les orties gnagnagna, les ronces gnagnagna, les branches qui dépassent de leur limite administrative des 2 mètres en hauteur et en largeur gnagnagna…
          Réserve naturelle et puis c’est tout !
          Ce qu’ils ne comprennent pas c’est que les insectes qui viennent polliniser leurs jardins stériles viennent de ma friche.

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          1. arkao :
            « J’ai abandonné le potager pour de multiples raisons que je ne détaillerai pas aujourd’hui.
            C’est devenu une friche, une jachère, un fatras, qui fait hurler les voisins. Les orties gnagnagna, les ronces gnagnagna, les branches qui dépassent de leur limite administrative des 2 mètres en hauteur et en largeur gnagnagna…
            Réserve naturelle et puis c’est tout !
            Ce qu’ils ne comprennent pas c’est que les insectes qui viennent polliniser leurs jardins stériles viennent de ma friche. »

            L’un n’empêche pas l’autre, tout dépend de la surface disponible et de sa disponibilité / capacité physique. J’ai un peu plus de 200m² de potager, plus des petits fruits, quelques arbres fruitiers, des haies fruitières (plutôt pour oiseaux) et mellifères, mais aussi des fleurs sur plusieurs « étages » (bulbes, couvrantes, en hauteur, sous les haies ou arbres, …), un ruisseau et bientôt une mare, et des zones qui restent sans entretien. Le tout sans aucun produit, bio ou pas bio. Avec parfois l’inconvénient d’être trop accueillant, les oiseaux repérant plus vite que nous les fruits mûrs.

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        2. Tiens, une contribution éclairante de Juannessy au Plan A ! J’aimerais connaître la source de ces propositions. Qui y travaille et où (c’est pas très répandu, me semble-t-il..).
          Il y est clair que la lutte contre le gaspillage (la gabegie) énergétique est prioritaire par rapport au développement de toute production (nucléaire). Et donc le rationnement. On a ici des objectifs concrets.
          Et des réflexions plus avant, je me disais qu’on doit souhaiter la rencontre de minorités agissantes (qui s’échangent des trucs sur le jardinage des poireaux et sur les recettes pour en consommer, et donc aussi sur l’usage de l’urine en jardinage…) et d’un despote éclairé. Chacun recevant sa légitimité de l’autre et en convainquant ceux qui habituellement suivent.

              1. Je ne me suis jamais vraiment posé ce type de question , mais quant à choisir je prends volontiers franchitude plutôt que franchouillard .

            1. Mais en fait , je ne connais pas une école , une université , ou de thinck tank sponsorisé ou pas , qui ne potasse pas sur un catalogue de mesures ( catalogue n’est pas le bon terme car précisément , le tout , pour être sérieux doit être cohérent et démontrant son efficacité selon un calendrier annoncé , dans la transversalité de plusieurs aspects et domaines ) . (Accessoirement il y a un ministère qui m’est cher et que connait Vincent , qui s’y colle aussi . depuis plusieurs ministres).

              Et ça fait bien déjà 4 ou 5 ans que les plus clairvoyants y travaillent en équipes pluridisciplinaires . Notre récente convention citoyenne , plutôt réussie dans son process de travail , « n’est qu’une  » manifestation visible mais assez riquiqui de ce qui se turbine dans des groupes plus ou moins constitués , plus ou moins publics ou privés ou mixtes depuis quelques années ( certains parti ont d’ailleurs leurs propres équipes ). Le sujet qui peut devenir urgent à éclairer pour que ces réflexions soient réellement portées par toute une société avec des chances de réussite , sera ( est déjà ) :

              – assurer la validité technique de l’efficacité des propositions au regard du juge de paix « climat ». C’est en principe le plus facile à mesurer sans conteste .
              – assurer l’acceptation démocratique ( majoritaire , il y a aura toujours des « anti-vax ou anti -pass » ) du mode d’élaboration des propositions d’une part , de leurs impacts et de la façon de parer aux « douleurs infligées « .

              Sur ce deuxième aspect , les suisses se posent actuellement des questions et , pour une fois , ce sont eux qui ont suivi avec intérêt l’expérience française de convention citoyenne , et ce qu’ils imaginent aujourd’hui ( en transfrontalier s’il vous plait ), sur l’état-canton de Genève , pour mouliner leurs engagements de l’Accord de Paris, c’est de prendre une voie comparable à la convention citoyenne française avec des « assises de la transition entre le 1er et le 3 février prochain , et un forum citoyen avec 30 « volontaires tirés au sort « ( ça n’est donc pas vraiment « au hasard » ) . Comme tout responsable sensé, ils garderaient cependant une épée au feu en envoyant la copie préparée à leur conseil d’état , qui prendra le tout , rien ou une partie , comme s’il s’agissait d’une motion parlementaire dans le cadre de leur législation actuelle .

              Perso , pour la phase élaboration , le sujet me parait si vaste et grave , que je trouverais ridicule et dangereux de se limiter à l’une ou l’autre ( propositions d’experts seuls ou propositions de citoyens « sélectionnés » seuls ) des options de travail . Un mixage de travail parlementaire et de travail citoyen , en se donnant 12 à 18 mois pour travailler ce seul sujet me semblerait une solution sage et efficace , avec in fine un vote référendaire sur la ou les solutions mises en choix ( ce qui est tout autre chose qu’une inscription incantatoire de l’écologie dans la constitution )

              1. De façon anecdotique , on va pouvoir vérifier si oui ou non une régulation de la consommation par le prix ( ça a toujours foiré pour les bagnoles ) est efficace : le coût d’un container de 40 pieds pour le trajet Shangaï -> Fos sur Mer est passé de 1600 à 15900 dollars en quelques semaines .


    3. Elles concerneraient la vie quotidienne de chacun d’entre nous : augmentation du renouvellement des équipements de chauffage, interdiction de construction de nouvelles maisons individuelles (toute construction neuve étant réservée à l’habitat collectif), mise en place d’un couvre-feu thermique dès 2025, interdiction des voitures thermiques dans les centres urbains dès 2024 (les villes devenant dédiées au vélo et aux transports en commun), limitation généralisée des températures dans les logements et les bureaux, obligation pour toute parcelle de jardin de devenir productive, fin de l’artificialisation des sols, interdiction de tout vol hors Europe non justifié (donc de confort ou non nécessaire), division par trois du flux vidéo consommé (moins de vidéos en ligne, jeux vidéo, réseaux sociaux), limitation à 1 kg du nombre de vêtements neufs mis sur le marché par personne et par an (contre 40 kg en 2017), limitation drastique de la consommation de viande, instauration de quotas sur les produits importés (chocolat, café, thé…), et bien entendu, reconversions et créations massives de nouveaux emplois.

      Toutes ces mesures me paraissent de bon sens et personnellement ne me posent aucun problème. Pouvez-vous juste bien me confirmer qu’elles ne concerneraient que les pauvres ?

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      1. Salut Lit75,

        Tu mets le doigt, chez nous, sur la seule question qui vaille maintenant avant d’entamer la longue liste des « solutions » potentielles : cela concerne qui ?

        Et accessoirement on notera que plein de pauvres n’ont même pas accès sur Terre à la quantité minimale décrite dans cette liste.

        Ca donne quoi une planification mondiale per capita et impose quel système ?

        A ce sujet le libéralisme capitaliste et la liberté d’entreprendre se targuent d’avoir sorti de la pauvreté des milliards de gens sur Terre…

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      2. Si on se met dans la mentalité « commencez les changements les premiers », 1/ on révèle qu’on est un mouton envieux 2/ on recule le moment du changement.
        Donc 1/ C’est bien aux pauvres qu’il reviendra l’obligation d’imposer le changement aux gens de la haute 2/ mais ils ne le feront que quand un désordre grave (effondrement, famine) les poussera à se soulever.
        Je suis convaincu que nous avons tous des objectifs que nous réalisons partiellement au sein de cette liste. Mais nous ne pouvons avoir le sentiment de participer à une dynamique collective, faute de visibilité. (c’est une partie de ma carrière professionnelle, cela).

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    4. Je voulais le poster, vous m’avez devancé. Merci.
      Un plan! Un plan! De Gaulle avait un commissariat pour ça. Mais c’était les Trente Glorieuses, on pouvait croître en toute insouciance. Là il s’agit d’accompagner une décroissance physiquement et biologiquement inévitable pour préserver l’essentiel de ce que l’humain peut avoir de meilleur. Pour le dire très trivialement: consommer (vraiment) moins. Quel politique dira ça?

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    5. « L’historienne Frédérique Laget se demande si les gouvernements des principaux pays ont encore les moyens de limiter le dérèglement climatique. »
      La réponse est dans la gestion de la crise sanitaire récente et contrairement aux apparences elle est indéniablement positive.
      Les gouvernements ont quasiment arrêté l’économie pendant quelques mois et donc les émissions de co2.
      Cela montre que les gouvernements peuvent prendre le pas sur l’économie contrairement à ce que l’on nous raconte un peu partout.

    6. « ensuite, il ne peut agir seul dans ce domaine, il faut nécessairement une coordination à l’échelle mondiale »
      Combien d’années, de décennies de palabres ? Avons nous vraiment le temps qu’elle advienne pour agir ici et maintenant à une échelle nationale ?
      Créons plutôt une exemplarité !
      Dès 2022 😇 ?

    7. « Décarboner vraiment, c’est rompre avec les libertés individuelles, voire avec le pacte démocratique »
      Une ayatollah verte ?
      La Convention citoyenne pour le climat a montré que les citoyens, pour peu qu’on leur en donne les moyens, sont près à aller bien plus loin que nos représentants élus.
      Démocratie versus gouvernement représentatif ?

  3. La dernière minute de cette belle vidéo que je ne connaissais pas :

    And suddenly you understand everything !

    Cette nouvelle langue, ce maquis, c’est le plan M.

    M comme Méditation

  4. « Il faudrait que l’Etat prenne, pour décarboner l’économie, des mesures extrêmement dures, voire liberticides »

    C’est en lisant les choses présentées ainsi avec pareille idiotie et débilité que vous allez vous trouvez à gérer en plus un magnifique génocide et un massacre qui fera passer la seconde guerre mondiale pour une balade paisible d’amis un peu énervés.

    Non il n’y a rien de liberticide ni de mesure extrêmement dures à prendre pour assurer l’avenir, et celui qui proclame l’inverse est un sot doublé d’un crétin.

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    1. En effet, pour assurer un bel effondrement, il suffit de ne prendre aucune mesure susceptible de fâcher qui que ce soit.

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      1. De quoi tu causes Ermisse ?

        Je soutiens moi que chaque mesure qui préserve l’Avenir est une mesure qui maintient les libertés et qui est par essence douce.

        Faut juste s’entendre sur les termes…

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        1. « Je soutiens moi que chaque mesure qui préserve l’Avenir est une mesure qui maintient les libertés et qui est par essence douce.  »

          Un brin de démonstration ne ferait pas de mal; sinon, c’est un précepte religieux plutôt qu’autre chose, ou une affirmation gratuite. La majuscule mise à avenir évoque aussi quelque chose de sacré.

          1. T’as raison je suis le curé du Blog.

            Et le curé y t’explique que quand t’es mort, la notion de liberté et de dureté deviennent très relative voire même carrément absente indéniablement. Tout ce qui permettra à l’Homme de perdurer dans l’Avenir ( ce qui va venir hein) permet donc de maintenir la liberté de le vivre et la douceur de le vivre. Ca paraît compliqué comme ça mais ça ne l’est pas.

            Sous cet angle chaque mesure prise est donc positivement bénéfique. N’est-il pas ?

            1. Encore des Cloclologismes
              Pour retrouver une année où la consommation des ressources mondiales était à peu près à l’équilibre il faut remonter à 1970. La population était alors de 3,7Mrd.
              Donc si on revient au niveau de vie des années 60, il n’y a plus qu’à éliminer une bonne moitié de la population dans la liberté et la douceur. Pour pouvoir vivre dans la douceur cataclysmique des prochains siècles.
              Bien sûr si on conserve les véritables progrès techniques (ceux qui permettent vraiment de faire plus avec moins sans utiliser des ressources non-renouvelables) on va peut-être sauver un peu plus de monde mais pour la douceur ça va surtout dépendre dans un premier temps de la durée de la décélération et après on peut faire confiance à la nature humaine…
              Amen

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              1. Mes notions en calcul sont plus élaborées MG.

                D’abord revenir aux années 60 ça n’a aucun sens en soi. Fais pas des règles de 3 avec le réel, c’est pas des maths.

                Ensuite, ne rien faire ça ne consomme rien. On peut le faire de suite quasiment tous dans les pays riches, presque 98% de ce que l’on fait ne sert à rien de véritablement nécessaire. Et plus on est nombreux à ne rien faire plus on consomme moins ! Grandiose non ? Mais quand je dis rien, c’est rien. Et les besoins de base, t’en fait pas la Terre peut couvrir fastoche ceux de 8 milliards d’individus.

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                1. Aucun homme n’est jamais assez fort pour ce calcul! 😁
                  Transformer 8Mrds d’individus en morts-vivants, excellente idée et en plus ça règle la question de la survie!
                  Besoins de base: Manger-boire-dormir-environnement vivable
                  Vous proposez dormir, ok.
                  Environnement vivable, il semble que l’on n’ait plus là main qu’à la marge sur ce sujet.
                  Pour le reste si on ne fait rien de rien ça ne va pas être grandiose.

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                  1. Merci PYD,

                    Je suis très lu depuis longtemps par nos amis chinois sur les réseaux alternatifs. 😀

                    Mon nickname : CloClofucius !

                2. « Fais pas des règles de 3 avec le réel, c’est pas des maths. »

                  Ben si, Cloclo 🙂

                  Ce n’est pas que les maths épuisent la compréhension du réel. C’est qu’elles sont le fondement, et la partie la plus sûre de ce que nous pouvons comprendre du réel.

                  1. Est-ce à dire qu’on ne peut pas nourrir et faire vivre dignement 8 milliards d’individus sur Terre Alexis ?

                    Loin de moi l’idée stupide de nier l’intérêt que présente la compréhension du réel, j’en suis même passionné, mais je ne vis pas en faisant des règles de 3. Personne ne vit réellement en faisant cela. Je ne vis pas dans une représentation du réel.

                    1. Là d’accord, oui.

                      Je suis très loin de m’y connaître bien en agriculture, mais de ce que j’ai compris, nourrir 8 milliards de personnes de manière permanente – sans intrants issus des carburants fossiles – semblait pensable.

                    2. Soit vous ignorez le degré de destruction actuel des terres arables, soit vous êtes un incorrigible optimiste pour en arriver à penser qu’on peut nourrir 8Mrds de personnes sans rien faire (et quand vous dîtes rien, c’est rien, … fastoche) dans un contexte grandement dégradé.
                      Mais j’oubliais que vos notions en calcul sont plus élaborées qu’une simple règle de 3…

                  2. « Elles (les maths) sont le fondement et la partie la plus sûre de ce que nous pouvons comprendre du réel. »
                    Ne serions nous pas là, dans le domaine de la croyance, voire même un brun fondamentaliste par son exclusivisme ?

                    1. Je fais allusion à ce que le physicien Eugene Wigner appelait la « déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences de la nature » (1)

                      Et le degré de leur efficacité est effectivement parfaitement déraisonnable : « En fait, nous sommes dans la même position qu’un homme auquel on a donné un trousseau de clefs, et qui, au fur et à mesure qu’il essaie d’ouvrir les portes qui se présentent à lui y arrive toujours – sinon du premier coup, du moins au deuxième essai. Il en vient à se demander si les clefs qu’on lui a données ne sont pas des passe-partout »

                      Je n’ai pas la naïveté – enfin ce que je considère comme de la naïveté – de considérer avec d’autres et à la suite de Pythagore que « Tout est mathématique » (2) Je pense qu’il existe pour nous d’autres voies vers le réel que les mathématiques.

                      Mais il reste que leur efficacité est tout à fait déraisonnable. Jusqu’à provoquer l’ébahissement (3) : comment le réel peut-il se plier à des raisonnements de matheux en apparence aussi détachés du réel et du pratique, navigant en permanence au bord de l’absurde voire en plein dedans ? Si vous trouvez ça fou, vous n’êtes pas le seul ! Et pourtant c’est vrai.

                      Les maths sont bien la partie la plus sûre de ce que nous pouvons connaître du réel.

                      Et encore la mieux partageable. Le vécu est aussi pour chacun de nous un élément fort de connaissance et de « contact » avec le réel, mais il ne peut être partagé que dans une certaine mesure. La poésie est encore une voie. Pour certains d’entre nous la foi. Tout cela se partage certes… mais dans une certaine mesure seulement.

                      (1) J’ai trouvé ces réflexions intéressantes https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_1987_num_84_1_2633
                      (2) https://www.pourlascience.fr/sd/mathematiques/lunivers-est-il-mathematique-2176.php
                      (3) Voir l’addition de tous les nombres entiers, et le raisonnement mathématique qui mène à conclure qu’elle est possible et vaut -1/12. Apparent jeu de l’esprit absurde de matheux devenu fou. Jusqu’au coup de théâtre : un physicien utilise le même jeu pour résoudre un problème physique, et… ça marche ! Le raisonnement physique utilisant ce jeu mathématique permet de prévoir le résultat de l’expérience. C’est-à-dire que le réel « se plie » à l’idée que la somme de tous les nombres entiers vaut -1/12 ! Voir https://youtu.be/xqTWRtNDO3U?t=810

                    2. ce que le physicien Eugene Wigner appelait la “déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences de la nature”

                      J’ai répondu à cela dans Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009), dans le même esprit que mon maître Guilbaud (auteur de Leçons d’à peu près), que cette « déraisonnable efficacité » n’existe qui si l’on ferme aimablement les yeux sur toutes les difficultés, tous les ratages que l’on rencontre (l’irrationnel d’Émile Meyerson). Je rappelle que les deux premières tentatives d’appliquer les mathématiques à la nature sont de cinglants échecs : il est impossible de mesurer la diagonale d’un carré dans la même unité que son côté (on tombe sur un nombre irrationnel), il est impossible de mesurer la circonférence ou la surface d’un cercle dans la même unité que son diamètre (on tombe sur un nombre irrationnel).

                      Pages 328-329

                      En 1960, Eugene Wigner écrivit un article devenu fameux intitulé « The Unreasonable Effectiveness of Mathematics in the Natural Sciences » : « L’efficacité déraisonnable des mathématiques en sciences naturelles » (Wigner 1960). Je ne remettrai pas en cause l’efficacité mentionnée par Wigner, j’aimerais cependant m’attarder sur le qualificatif « déraisonnable » qu’il utilisa. N’est-ce pas plutôt le cas que les mathématiques se dérobent aussitôt que nous pensons à les utiliser ? Prenons par exemple une chose aussi simple que de comparer la diagonale d’un carré à son côté ou de comparer la circonférence ou l’aire d’un cercle à son diamètre. La tâche, comme l’on sait, est irréalisable : il est impossible de mesurer exactement la diagonale du carré par rapport à son côté, ni l’inverse bien entendu. Le côté et la diagonale du carré sont « incommensurables » : on ne peut les mesurer tous deux à l’aide d’une même unité. Si l’on définit le côté comme étant de longueur « 1 », alors la diagonale est de longueur racine carrée de « 2 » (une conséquence du théorème de Pythagore), c’est-à-dire 1,414213… qui possède une suite infinie de décimales ; si au contraire, c’est la diagonale que l’on définit comme étant de longueur « 1 », alors le côté a pour longueur racine carrée de « 1/2 » ou 0,707106… qui possède elle aussi une suite infinie de décimales (et qui se trouve valoir la moitié de la racine carrée de « 2 »). Le problème se pose dans les mêmes termes pour le pentagone pour qui le rapport de la diagonale au côté a acquis une notoriété spéciale sous le nom de « nombre d’or » ou « section dorée ». Les rapports de la diagonale au côté (la « section dorée ») et du côté à la diagonale sont respectivement de 1,618033… et 0,618033…, c’est-à-dire identiques à une unité près. La question de l’incommensurabilité entre des longueurs aussi co-présentes que le côté et la diagonale, obligèrent à définir une nouvelle famille de nombres : les irrationnels. Autre défaite des mathématiques de la même nature : le rapport entre la circonférence d’un cercle et son diamètre, et le rapport entre son aire et le carré de la moitié de son diamètre, qui produisent eux aussi un irrationnel : π, dont la valeur est 3,141592…

                      Les irrationnels durent être distingués à leur tour en « irrationnels algébriques » qui sont les racines d’une équation algébrique au nombre de termes finis et dont les coefficients sont rationnels (Legendre cité par Remmert 1991 : 151), et les autres : les « irrationnels transcendantaux » qui « omnem rationem transcendunt » (Remmert 1991 : 151). Au quatrième siècle av. J.-C., Eudoxe avait découvert une manière de contourner la difficulté que créaient les irrationnels : la méthode de l’exhaustion où deux irrationnels sont soustraits l’un de l’autre jusqu’à ce que leur reste devienne négligeable (van der Waerden 1983 : 89-91 ; Szabo [1969] 1977 : deuxième partie ; Fowler 1990 : deuxième chapitre).

                      Ceci suffit sans doute à remettre en cause le caractère « déraisonnable » de l’efficacité des mathématiques qu’évoque Wigner dans son article.

                      Voir dans le même livre mon commentaire sur la naissance du calcul différentiel et l’ensemble des erreurs délibérées que l’on y intégra pour le faire « coller » aux faits observés (Le calcul différentiel entre mathématiques et physique, pages 332 à 346.

                    3. « il est impossible de mesurer la diagonale d’un carré dans la même unité que son côté (on tombe sur un nombre irrationnel) »

                      Je dirais plutôt : il est possible de mesurer la diagonale d’un carré dans la même unité que son côté, le résultat est un nombre irrationnel 🙂

                      Je ne vois pas pourquoi les nombres irrationnels seraient en quoi que ce soit impossibles ou erronés.

                      On pourrait dire avec ce genre de raisonnement: il est impossible de mesurer l’altitude d’un puits, parce qu’on tombe sur un nombre négatif. Ça ne me semble pas convaincant. Le fait que des nombres ne nous semblent pas naturels, parce qu’ils sont négatifs, ou irrationnels, ou complexes, n’empêchent pas qu’ils sont des outils à l’efficacité étonnante pour comprendre le réel. Pas de relativité générale ni de mécanique quantique par exemple sans les nombres complexes.

                      La méthode de l’exhaustion – j’ai dû regarder de quoi il s’agit – était une méthode utilisée pour approximer longueurs et surfaces avant l’invention du calcul infinitésimal. Elle n’est plus enseignée depuis, parce qu’incomparablement moins puissante.

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                    4. Un nombre irrationnel est comme son nom l’indique « une défaite de la raison » : il est destiné à ne jamais être dans son expression qu’une approximation de ce qu’il vise.

                      Vous confirmez la réflexion de Meyerson : devant chacune de leurs défaites, les mathématiques (et les mathématiciens) disent « Pas grave ! Mettons le tampon « irrationnel » et passons à la suite ! ». Il s’agit d’amnésie programmée des mathématiciens, non de « déraisonnable efficacité des mathématiques ».

                      Il n’y a aucune approximation dans un nombre négatif rationnel, le parallèle ne tient pas.

                    5. Mais non , irrationnel signifie juste qu’il ne peut pas s’écrire sous forme de ratio , mais il y a bien d’autres façon rigoureuses de le définir

                    6. Et la ratio, c’est la raison : le terme moyen du syllogisme

                      La baleine est un mammifère
                      Les mammifères allaitent leurs petits
                      Donc la baleine allaite ses petits

                      La raison, c’est le terme moyen (celui qu’on trouve 2 fois : une fois dans chacune des prémisses) : « mammifère ». La raison pour laquelle la baleine allaite ses petits, c’est parce qu’elle est un mammifère.

                      La raison, c’est aussi la moyenne géométrique : 18 / 6 = 6 / 2, 6 est la moyenne (ou « raison ») géométrique de 18 et 2 (c = √a*b ; 6 = √18*2).

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                    7. Oui , moi je voyais plutot ça comme une petite barre avec une case vide au dessus et en dessous , et les nombres trancendants alors ?

                    8. Je me demande si les inévitables « tickets » de ratio-nnement à venir seront irrationnels ou pas !

                      Sur le rapport Math-Physique , je trouve dans mon histoire un élément pour donner  » raison » à Paul Jorion : à mon époque , quand on parvenait en  » Math spé  » , on distinguait trois types de « Spé » :

                      – les spé A’ pour les super doués en math,
                      – les spé A pour les doués en math et moyennement en physique ,
                      – les spé B ( que les spé A’ toisaient de leur mépris ) , dont j’étais , qui étaient super doués en physique et moyennement en math .

                      Je ne sais pas ce que ces subtilités , qui correspondaient pourtant à une bonne appréciation des tares et des talents , sont devenues dans les contenus actuels où je ne comprends plus rien .

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                    9. Salut Juan,

                      Je te félicite d’avoir été doué en quelque chose. Moi je suis carrément nul en tout, les maths ou la physique n’en parlons même pas, au point que l’on peut dire que je suis doué pour être nul.

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                    10. @Clo Clo :

                      J’hésite entre :
                      –  » c’est même pas sur » , ou
                      – « le refus des louanges est le désir d’être loué deux fois » ( François de la Rochefoucauld ).

                      Mais je garde les félicitations et le tableau d’honneur dans mon frigo , au passage .

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                    11. Cloclo et Juannessy,
                      Vous feriez un duo de choc, genre « frères ennemis » sur une scène de théâtre. 😉 Même pas besoin de vous écrire les dialogues.

                  3. Je n’ignore pas la diminution des Terres arables sur la planète.

                    Oui « ne plus rien faire » majoritairement de ce que l’on fait actuellement. C’est pour cela qu’il faut immédiatement regarder tous les secteurs qui ne servent à rien, et les arrêter totalement, en mettant les gens dans la gratuité d’accès aux biens indispensables, sans aucune contrepartie de travail, autre qu’une réorientation immédiate vers la Terre (besoin de bras). Graduellement on supprime tous les secteurs et production inutile et on se réoriente vers la Terre.

                    T’as bien compris que le secteur agricole est LE secteur primordial. Le seul d’ailleurs. Le reste on utilisera ce qui a été produit et au fur et à mesure de sa disparition on attribuera au plus nécessiteux (enfants, vieux, faibles, handicapés…) et puis on s’en passera. Faut laisser les écosystèmes se recharger naturellement en redonnant partout des friches à l’expression sauvage.

                    Bref, on décroît à un rythme soutenue et définitif.

                    Claire que ça va faire mal aux dents et que l’espérance va s’effondrer vers 35 ou 40 ans. Mais il n’y aura pas de miracle. Je ne crois pas au Père Noël, mais je crois en l’Homme.

                    Durant ce laps de temps, de descente, si c’est organisé et planifié planétairement on pourra nourrir les 8 milliards d’habitants qui vivent actuellement, en évitant au maximum les famines et disettes. Après à ce régime la courbe de la population va vite descendre…

                    L’avenir c’est le passé mon cher GM et on va vers : https://www.youtube.com/watch?v=b_rW4hgMhCk

                    On va sacrément en chier. Donc ne « rien faire », c’est bien entendu du point de vue ce qui ce fait aujourd’hui qui est une voie sans issue, et c’est fastoche, pas d’être inactif…

                    T’as raison je suis un peu trop optimiste, mais il n’y aucune autre option. Aucune. Quand cela va advenir à la conscience de tous, on le fera. Nous ne sommes pas une espèce suicidaire. Et on a accumulé pas mal de Connaissances et de compétences, il reste encore pas mal de bien (y en jamais eu autant sur Terre) et d’énergie. Faut juste s’asseoir un peu tous ensemble avant, profitez de l’instant qui est, … et puis se retrousser les manches.

                    Je ne fais aucune règle de 3 t’as bien compris, je calcule différemment. Mais on va tous en prendre plein la gueule. Et ça va être d’une violence inouïe et dévastatrice. Le savoir c’est déjà le surmonter.

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    2. Voir le tollé provoqué par la limitation de vitesse à 80 (et pourquoi pas 110 sur les autoroutes, pendant qu’ils y sont). Vous imaginez quand y’aura plus -pour de bon- de pétrole à mettre dans le réservoir? Bien avant que les bagnoles électriques (alimentées rien qu’avec des éoliennes, du solaire et un peu de broussaille, ont dit Jadot – Piolle – Batho – Mélenchon) aient pris le relais.

      1. Eh bien la ‘civilisation de la bagnole’ aura vécu !
        Pas de tollé, seulement le fait accompli.
        Le tollé relève plutôt de l’argument de marketing politique pour homme ou femme politique en recherche de voix. Mais eux aussi seront rattrapés par le réel.

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        1. Argument de marketing pour sûr. Un peu comme les portiques destinés à contrôler les camions brûlés par les Bonnets rouges (ils n’avaient pas de gilets jaunes) ont mis rapidement un terme à ce scandaleux projet d’écotaxe. La bonne vieille stratégie du tombereau de fumier devant la préfecture.
          Je ne pleurerai pas sur la fin de la civilisation de la bagnole, à pétrole ou au nucléaire (via quelques batteries).
          En attendant, j’aurais du mal à m’en passer. Personne n’est parfait. Surtout pas moi.

      2. Indépendamment des interrogations ( et un peu plus ) sur le bilan positif réel de la solution électrique pour les véhicules , je ne vois pas pourquoi il faudrait encore faire des bagnoles quelque soit l’énergie de propulsion .
        Limiter et restreindre le nombre de ces engins dangereux , envahissants , bruyants ( il me semble qu’il y avait une mesure de cet ordre dans le document commun à Paul Jorion et Vincent Burnand-Galpin ( qui s’est peut être suicidé quand Paul Jorion lui a annoncé n’avoir aucune confiance dans le plan A . On aimerait le relire sur le sujet . Ou un autre ).

        Le seul point certain ( relevé par Jancovici ) c’est qu’il faut que l’énorme quantité d’électricité devenue nécessaire pour recharger les batteries de ces petites saloperies soit d’origine  » propre » et on voit encore très mal quelle autre énergie « propre » que le nucléaire pourra sérieusement apporter toute l’avoine nécessaire à ces chevaux gaspilleurs .

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        1. « on voit encore très mal quelle autre énergie “propre” que le nucléaire pourra sérieusement apporter toute l’avoine nécessaire à ces chevaux gaspilleurs »

          Le nucléaire actuel ne peut pas. Pas assez de matière fissile.

          Le nucléaire « de quatrième génération », utilisant des matières fertiles qui sont beaucoup plus courantes, le pourra sans doute. S’il est développé.

          Mais la meilleure solution du point de vue de la sécurité, c’est le solaire spatial.

          Si elle est développée, naturellement.

          1. La meilleure et plus sure solution , c’est la mort de la bagnole ( j’y ajouterai aussi les deux roues de tous poils thermiques ) .

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          2. Le nucléaire de quatrième génération, abandonné en rase campagne par nos brillants politiques nationaux « de tous bords »: Phénix, Astrid… On pourra toujours se rattraper avec des licences chinoises ou russes.

            1. Des licences chinoises ou américaines, je dirais :

              – Terrapower, entreprise financée par les milliardaires américains Bill Gates et Warren Buffett, a un projet de démonstrateur de réacteur à sels fondus dans le Wyoming (1)

              – La Chine est en tête puisqu’elle devrait activer cette année son propre démonstrateur (2)

              Mais même dans le cas de la Chine, les délais incompressibles de tout développement de technologie nouvelle, du prototype au pilote (3) à la première unité de série, avec quelques années entre chaque étape, mèneront au mieux vers la fin des années 2030. Si tout marche comme prévu, le déploiement ne pourra commencer à être vraiment massif, donc à remplacer massivement des centrales à énergie carbonée et à avoir un impact très concret sur les émissions de CO2, que vers 2050.

              Même chose pour le solaire spatial, bien sûr. Quinze à vingt ans pour le mettre au point. Dix ans pour que le déploiement soit devenu vraiment massif et que les émissions en CO2 aient commencé à s’effondrer. On arrive vers 2050.

              Bon, c’est pas comme si on était pressés, hein 🙁 ?

              Et pendant ce temps, bien sûr, la France ne fait rien. Elle ne cherche pas à développer des technologies d’avenir. Son Etat est peuplé de technophobes et de techno-ignorants, à la différence de l’Etat chinois. Ses milliardaires n’ont pas la hauteur de vue d’un Bill Gates, seulement les conseillers fiscaux pour devenir résident en Belgique n’est-ce pas Monsieur Arnault ?

              (1) https://www.sfen.org/rgn/terrapower-demonstrateur-natrium-wyoming
              (2) https://www.livescience.com/china-creates-new-thorium-reactor.html
              (3) https://www.resilience.org/stories/2021-08-22/whatever-happened-to-chinas-revolutionary-molten-salt-nuclear-reactor-program/

              1. Pas question de refaire le match, mais où en serions-nous si nous n’avions pas capitulé pour Superphénix, et remis une couche avec Astrid? Et, « en attendant » programmer le remplacement des plus vieux réacteurs (en les maintenant en service au moins soixante ans, comme c’est possible, avec feu vert de l’ASN bien sûr) par des « nouvelle génération », EPR ou autre. Il y avait de quoi franchir ce cap dont vous parlez. En maintenant le niveau de compétence qui a permis cette formidable aventure -enviée dans le monde entier!- qui a été celle de la réalisation de notre parc nucléaire. Un désastre vraiment. Nous allons le payer très cher. EELV et Insoumis peuvent toujours brandir leur chimère anti-nucléaire canal historique (voire hystérique), aucun risque: ils n’ont pas la plus minuscule chance d’arriver « aux affaires » -en ont-ils vraiment envie, d’ailleurs?-, donc savent pertinemment qu’ils n’auront pas de compte à rendre. Quel courage!
                Si vous connaissez quelqu’un capable d’expliquer pourquoi 50% de nucléaire et le reste « compensé » par de l’éolien et du solaire c’est mieux que 70% de nucléaire sans « renouvelables non pilotables », dites-le moi. Et pourquoi 50 plutôt que 40 ou 60, d’ailleurs. J’ai une petite idée: parce que ça permet de rassurer un peu les écolos sans trop fâcher les pro-nucléaire. Aucune rationalité énergétique là-dedans. Du pur calcul politicien. Ce qui nous a déjà valu la fermeture de Fessenheim par Hollande, confirmée par son bébé Macron. Les Alsaciens sont aux anges. Vont pouvoir importer du jus allemand au charbon cet hiver.

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                1. L’objection a déjà été dite ailleurs mais je la repose : tous ces plans sur la comète énergétiques postulant une forte consommation d’électricité ne sont-ils pas basés sur l’idée que finalement l’effondrement est évitable ?
                  Ne faut-il pas partir du principe que l’effondrement est certain, et qu’il faut agir et penser en conséquence, ce qui constituerait une incitation d’autant plus forte pour changer de modèle économique et sociale, tout de suite ? Le nucléaire c’est un peu l’alibi pour ne pas changer grand chose puisqu’on continuerait à avoir de l’énergie à gogo.

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                  1. De ce que je comprends , ça n’est pas vraiment ça :

                    – la direction générale prise par presque tous les pays du monde est de faire de l’électricité l’énergie finale très largement prépondérante , car , en l’état , c’est la seule qui à l’usage est possiblement disponible partout , à toute heure et « facilement » , en étant simultanément l’énergie qui ne porte pas atteinte au climat …au moment où on l’utilise .

                    – même dans ce schéma là , la plupart visent à ce que le nucléaire atteigne environ 5 % de la « fabrication » de leur énergie finale , dans leur mix énergétique , car ils ont fait le constat que c’était à ce jour la seule source leur permettant une énergie propre en quantité suffisante pour  » lisser » les chambardements dus à la reconversion des autres sources et les acceptations sociales des changements de comportements nécessaires . On notera au passage que 5 % , c’est actuellement le « score » de la France et qu’elle souhaite ne pas se priver de cette force dans le scenario mondial et se tirer trop vite une balle dans le pied dans le champ de foire international .

                  2. Jancovici n’a jamais dit que le nucléaire c’était de l’énergie à gogo.
                    Les fossiles, c’est 80% de notre énergie (même chez les champions du nucléaire que nous sommes encore).
                    Par quoi les remplacez-vous, avec toute la sobriété que vous voulez?
                    A part l’électricité, nucléaire, solaire, éolienne, ou quoi que ce soit d’autre (quoi d’autre, d’ailleurs) réellement décarboné, que proposez-vous?
                    Une buche dans la cheminée?
                    Un vélo (sans batterie)?
                    Un cheval?
                    Des moulins (à eau, à vent)?
                    L’huile de coude?
                    L’humanité a déjà essayé.

        2. Ça doit être pour ça que les écolos (EELV) et leurs meilleurs ennemis insoumis prévoient, sur la base de scénarios « radicalement » baroques (négaWatt, Ademe) moins de capacité électrique. Sans nucléaire (et vite! c’est le concours de celui qui fermera soixante réacteurs le plus tôt: Piolle parle de 2030; pourquoi pas demain matin de bonne heure?) et sans fossiles bien sûr. Sans trop bousiller le vivant non plus. Va falloir être vraiment très, très sobre. Et faire de la pédagogie aux gilets rouges et bonnets jaunes.

  5. Dans le rapport que j’avais lu , ça concernait tout le monde ( en tous cas , c’est sur cette base qu’étaient fondés les calculs d’impacts positifs attendus ) .

    Sans vouloir vous faire « peur » , je pense qu’en 2 ans , la nature et le nombre des idées qui font mal , ont du croitre sensiblement . Quand on lâche l’imagination des Bureaux d’études , ça dépote pas mal .

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  6. Coucou,

    Toujours et encore la catastrophe annoncée ! Pour les pauvres , les crèves la faim, la cata n’est pas annoncée, mais permanente , oppressante, immédiate !

    Les foutaises sur le climat , c’est pour eux. du luxe incompréhensible de peuples embourgeoisés dans la graisse !
    C’est l’opium d’un peuble qui s’ennuie !

    Bien sûr la catastrophe est pour demain. C’est un euphémisme pour dire que la guerre se rapproche, comme un serpent. Ce n’est pas ineluctable sauf à tenir sans cesse ce même discours apocalyptique. A croire que vous le souhaitez ce chaos !

    Affirmer des trucs en se basant sur une science en devenir, en commentant des faits, en extrapolant des théories qui suivent vos idées , les marteler , ne résoudra pas les problèmes intrinsèques .

    Nous sommes dans la termitière.
    Cela explique sans doute le besion pour les nouvelles génération de se différencier, se faire tatouer, sortir d’un moule abrutissant .
    NOus sommes fascinés par ces nouvelles technilogies de communication instantanées, comme des poissons attirés par les lamparos, mais elles nous laissent désemparés.
    Désemparé devant le flot de connaissances permanent, sans queue ni tête, on l’a bien vu avec le covid.
    Désemparé devant le flot d’émotions suscité par des images et des videos
    Désemparé par tous ces cris, ces bruits , ces fureurs, ces dogmes, qui nous eloignent du calme, de la sérénité de la beauté du monde, des sciences , des inventions humaines, des aventures humaines.
    Désemparé car la liberté potentielle promise par ces outils engendre et profite surtout pour le moment aux faiseurs de peur, de haine , aux charlatants …
    Nous sommes à la préhistoire de cette nouvelle ère. Ils n’y a pas de temps zéro du chaos. Il est permanent.
    Juste une évoulution lente Une adaptation , inexorable insuportable pour certains.

    Nous ne savons rien du monde de demain Rien.

    Bonne soirée

    Stéphane

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    1. y’a un truc qui m’intrigue….dans le plan où on voit notre dame je ne vois pas la flêche !!elle avait déjà brûlé ???????????

      1. Avec Godard, on peut s’attendre à tout !
        (Regardez bien les deux pignons de la toiture du transept et dites-moi où est le centre, avec la flèche…).

    1. Je fais un parallèle entre cette image, New York, camp de concentration, construit par les détenus, détenus qui en sont les gardes, et qui n’ont plus, après avoir été lobotomisés, la capacité de quitter la prison qu’ils ont faite ou même de la voir comme une prison, et ce que nous appelons aujourd’hui démocratie en lieu et place de gouvernement représentatif, qui nous interdit tout désir de démocratie au motif que nous serions déjà en démocratie.
      Les fondateurs des gouvernements représentatifs à la fin du XVIIIe siècle, pas plus que leurs contemporains, ne confondaient ces deux modes de gouvernement, ils les opposaient même et affirmaient sans aucune retenue qu’il ne saurait être question de démocratie.
      Voir le fameux discours de l’Abbé Sieyès à l’Assemblée nationale constituante le 7 septembre 1789

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  7. “Mais soudain qui vient troubler l’horizon, qui sont ces curieux animaux?”

    Pour le moment la prise en compte d’un destin commun planétaire ne nous oblige qu’au tourisme,
    pas sûr qu’on sera bien accueilli dans le maquis où circulent déjà des rumeurs sur notre compte :

    https://www.youtube.com/watch?v=u49d9adXgsk

    PS : interdire la publicité ce serait permettre à tout le monde de prendre le maquis, une belle utopie 😉

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  8. Publicité, atomisation des citoyens, marchandisation de la Philia.
    Au final, tous les citoyens possèdent les mêmes objets, voitures et vélo plus ou moins électrique, vacances à l’hôtel au bord de la mer, un toit avec eau chaude et chauffage, bouffe industrielle etc. Ce qu’il faut renverser, c’est cette Philia matérialiste dans laquelle nous nous reconnaissons, nous nous identifions bien plus que dans l’état de droit démocratique qui devrait être le garant de notre unité.
    Notre prison n’est pas seulement construite avec des injonctions consuméristes pour tuer notre temps libre dans des plaisirs égoïstes, mais aussi de journée de travail à faire des choses absurdes pour que d’autres puissent aussi continuer à faire les leurs.
    La Philia d’Aristote se résume dans des transactions absurdes entre citoyens qui travaillent pour produire les objets desquels ils tirent des plaisirs égoïstes.
    Le problème n’est pas technique bordel ! C’est pourtant évident.

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