Vidéo – Les États-Unis à la dérive, à paraître le 10 septembre

Je n’annonce jamais une vidéo, ce qui est normal parce que je décide en général de la faire cinq minutes avant de l’enregistrer. Alors pourquoi annoncer celle-ci ? Parce que je la rumine déjà depuis plusieurs jours, et puis le 10 ce sera la veille du vingtième anniversaire de 9/11, une date dans l’histoire des États-Unis. Je me souviens très bien où j’étais quand j’ai appris la nouvelle : je roulais pour me rendre au travail, sur la Ventura Freeway à la frontière entre Eagle Rock et Pasadena et il y a eu soudain à la radio un bulletin spécial. Tout hésitant, bourré de conditionnels : le journaliste avait peur de se faire engueuler dix minutes plus tard pour avoir sorti de telles énormités : un avion de ligne vient de s’écraser sur l’une des tours jumelles à Manhattan, on voit de la fumée. Et puis les nouvelles sont venues en flot continu : les États-Unis vacillaient sur leur socle.

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4 réflexions sur « Vidéo – Les États-Unis à la dérive, à paraître le 10 septembre »

  1. Je me réjouis de la regarder. Mais mon idée arrivera trop tard, car vous aurez finalisé votre vidéo sous la douche ‘c’est ainsi que je fonctionne), je suppose. Enfin, trois questions :
    1/ à une atteinte aussi symbolique, le politique se trouve à devoir manipuler des symboles qui réunissent les citoyens en nation. En même temps on est dans l’incertitude. Que faire d’autre que ce qui fut fait à l’instant ? Idem pour Hollande en 2015. (Pour Chirac avec la tempête de 2000, Macron avec la pandémie). En même temps (sorry) ,souvenons-nous que le pouvoir ne sut rien dire et rien faire devant la disparition d’enfants du peuple par le criminel Dutroux en 1994, et pourtant quelle atteinte plus symbolique ? Il fallut que les parents, ouvriers de sidérurgie, se mobilisent et se lient aux luttes sociales pour réveiller le système dans le déni. En provoquant un mouvement « blanc » d’union patriotique contre les institutions.
    2/ le pouvoir est tenté de maintenir l’avantage qui lui est soudain donné. Bush emmène l’OTAN et l’ONU dans une guerre. Hollande impose un « état d’urgence » (pour faire taire les opposions à la cop 25 et valider ainsi des accords de Paris, qui a cours dans l’ordinaire légal aujourd’hui
    3/ au bilan, les attaques ont rendu possible Trump ou Valls ou Macron. Il faut juger sévèrement aujourd’hui ceux qui voulurent « sauver tout pour que rien ne change », les Obama, les Cazeneuve et les Hamons.
    Allez, bonne douche !

    1. J’étais sur la côte Est, quelques jours, et dans un « convention center » (centre de congrès), à la queue du « starbucks » , hélas seul fournisseur d’expresso du coin.
      Je me souviens de mon incrédulité face au type devant moi dans la queue qui s’était retournée pour m’expliquer le brouhaha, et je lui ai dit « mais vous me racontez un film, là »,
      puis avant qu’on nous demande de retourner à nos hôtels, les locaux vidéo des techniciens du centre étaient encore entr’ouverts, et les moniteurs branchés sur les chaines en continu (CNN et autres), le film se réalisait en vrai.
      J’ai réalisé le degré d’isolationnisme américain quand j’ai voulu envoyer un fax (on est en 2001, hein) en France le 11 au soir de mon petit hôtel
      pour pallier mon absence qui devenait prévisible à un jury qui devait avoir lieu vers le 15 ou 16, aucune des deux personnes de l’hôtel ne put me dire
      quel était le numéro de l’international (l’équivalent du 00 en Europe), des clients vinrent à ma rescousse. Je ne devinait pas le degré de raidissement
      (et de fêlures) qui allait avec ce mode d’isolement des USA sur eux-mêmes.
      On le voit de nouveau 20 après avec la cruelle inversion des rôles pour l’avortement, banni au Texas, et libéralisé (pour faire court) au Mexique dans un état frontalier des USA (et devant constitutionnellement faire tache d’huile).
      Cet isolationnisme est néanmoins à relativiser, tant les élites influentes sont connectées, elles, au reste du monde, c’est encore un peu le fric, mais aussi leurs gouts culturel qui fait que des historiens médiévistes peuvent bosser à Harvard et parvenir à des résultats de premier plan (en bossant bien l’Europe et , bon, un peu sur les « natives » pour la galerie, mais avec des limites).
      Ces fêlures dans un pays censé être au top de la flexibilité généralisée, j’aurais pu davantage les lire comme signes de fragilité de portée assez générale pour le reste du monde du « Nord » dans la division Nord-Sud.
      Monde du Nord, oui, mais, vivant sur la souplesse (et l’exploitation, en clair) imposée au « sud ».

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  2. Ah ce 11 septembre, par delà l’horreur et l’effroi, avec le temps érodant l’émotion compationnelle, je ne peux m’empêcher d’y voire cette griffure d’un vieux monde qui dans une dernière agonie voudrait atteindre son conquérant au coeur de sa vanité –
    Je crois en la raison comme instrument , Je crois aussi au vivre-ensemble, au sentiment de communion qui forge l’identité – mais voilà l’occident, sous pretexte de libérer – nous connaissons les intérêts économiques sous-jacents ( le colonialisme en est le plus flagrant exemple ) – transforme le racisme en discrimination culturelle – et convoque l’oppression des femmes pour certaines cultures, l’oppression d’orientations sexuelles ou ethniques pour justifier leur ingérence parmi des civilisations plus anciennes qu’elle pour certaines ( Chine,Iran, moyen Orient) tout en ménageant d’autres pays tout aussi blâmables selon leur critères ( Arabie Saoudite, Quatar….) –
    L’étendard de la liberté occidentale à perdu en crédibilité dans cette compromission avec des régimes aux antipodes de ses valeurs, sans évoquer l’état de détresse psychique d’une bonne partie de sa population, qui aspire de plus en plus à la sécurité au détriment de cette liberté qui ne se conquiert qu’au prix d’une mise en concurrence universelle de tous contre tous et non pas selon des schémas de solidarité qui afférmiraient leur besoin d’appartenance.
    Le terrorisme est condamnable dans ses visées, mais il ne sort pas du néant comme une incarnation du mal absolu qui aurait été libéré de ses chaînes par une insouciance dilatoire – il est le résultat d’une désespérance, d’un non dialogue, d’une rupture dans le continu – et sa condamnation est dérisoire tant que nous réviserons pas notre vertu.

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