94 réflexions sur « Le télétravail est l’avenir du monde, et des femmes en particulier »

  1. Il y a un aspect qui n’est pas abordé… mais qui, dans ma boite, est largement commenté par de nombreux salariés depuis que nous revenons sur site (début juin) en mode « hybride » – et après avoir connue 9 mois non stop de télétravail à 100% pour 80% de l’effectif : le spectre de la délocalisation, notamment pour les postes en back office sans relation avec la clientèle.

    Je pense notamment du côté des équipes informatiques (environ 500 personnes dans mon entreprise) – métiers déjà touchés par l’externalisation (partielle ou totale) de l’activité – qui se disent aujourd’hui qu’avec le distanciel, les logiciels en SaaS, … ce qui nécessitait hier la présence de personnes pour s’occuper du matériel, superviser les serveurs, développer des scripts/programmes, … nécessitera demain quelqu’un, quelque part sur Terre, qui prendra certainement moins cher pour en faire autant si ce n’est plus.

    C’est donc une possible paupérisation/précarisation des salariés télétravailleurs à travers la planète – dans une sorte jungle pour l’emploi à l’échelle mondiale – qui peut (aussi et malheureusement) être l’avenir… 🙁

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    1. Étant donné que dans les entreprises françaises on privilégie le relationnel et l’encadrement aux compétences techniques, qu’un bon développeur est transformé en quelques années en manager (bon ou mauvais)(en fait contremaitre) car il n’y a pas de meilleurs salaires pour les gens orientés technique, donc il reste des jeunes ou de mauvais développeurs plus âgés en général et quelques « tordus » non intéressés et n’ayant pas trop de contraintes familiales car en gros dans le privé en général et une infinité de managers qui ne sont que des contremaitres au bagage technique vite désuet. Donc oui vous pouvez avoir peur car en Chine ou aux Etats-Unis on paye et teste les bons techniciens et les contremaitres restent des contremaitres sans compétences particulières sauf « relationnelles » !

      1. @ Jean-Baptiste,

        Je dirai que le problème en France, c’est que les filières de fonctions techniques dans leur ensemble ont été dévalorisées au profit des filières managériales ou commerciales – un peu dans le sens de l’histoire de la désindustrialisation au profit du secteur tertiaire.

        Aujourd’hui, être ingénieur n’est plus un métier mais une fonction sociale : bien souvent, ça vous ouvre les portes de tout un tas de métiers qui ne sont plus si techniques que ça… mais pour lesquels on recrute essentiellement sur la base d’une certaine technicité scientifique.

        Donc oui, dans ces filières là de l’entreprise, il y a effectivement à se soucier d’une concurrence internationnale qui risque de devenir « galopante » avec le distanciel.

        1. https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/entreprises-les-drh-craignent-que-les-questions-d-augmentations-de-salaire-et-du-teletravail-degradent-le-climat-dans-les-entreprises_4796311.html

          « Certains postes peuvent être délocalisés

          Les DRH craignent aussi que le 100% en télétravail ne supprime des postes. Ce risque existe, pas dans l’immédiat mais dans quelques mois. Puisque certains postes ne nécessitent pas une présence physique dans l’entreprise, ils peuvent être délocalisés vers des pays où le coût de la main-d’œuvre est moins élevé en Asie, en Europe de l’Est, notamment.

          Les postes concernés sont les fonctions support, les comptables, les ingénieurs, les gestionnaires de données, etc. Après avoir été plutôt privilégiés pendant les confinements, grâce au télétravail, les cols blancs pourraient bien connaître un retour de bâton et être les grands perdants de cette crise. L’Association nationale des DRH appelle à la vigilance, des milliers d’emploi pourraient disparaître de l’Hexagone. »

          1. On les a pas trop entendus, « les rouages essentiels » du système quand la production a été délocalisée. Maintenant ils sont tout seuls sans la masse pour faire contrepoids.

            « Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien fait. Quand ils sont venus chercher les cocos, je n’ai rien fait. Et maintenant qu’ils viennent me chercher, il n’y a plus personne… » Air connu de la Schadenfreude !

            (Peut-être que les logés secondaires du blog vont commencer à flipper un peu. C’est con hein ?! 🙂 )

            1. Tiens, et pour faire le lien avec les haltères, d’après Belle-des-Champs, le Z cartonne pas mal chez les cadres. Peut-être le point de bascule et la fin du plafond de verre pour le FN et assimilés ? Trahis par le fascisme en col blanc, auront-ils une subite bouffée de patriotisme, nos petits cadres giléjaunés ?! Tout pourvu que ça continue comme avant… Misère ! :-/

          2. @ 2Casa,

            Je trouve cela « succulent » de voir l’ANDRH s’émouvoir de ce risque… quand on sait que les fonctions RH sont elles-mêmes embarquées dans ce nouveau bateau de la délocalisation.

            Tant que c’étaient pour les autres, les DRH disaient rien : maintenant que c’est pour leur pomme, il faut sauver la soldat Ryan.

      1. @ Bernie,

        Dans mon entreprise, le front office est commercial… et (par chance d’une certaine façon), la clientèle est encore très attachée à l’humain en vis-à-vis et le lien de proximité.

        Les 20% de non télétravailleurs se trouvent dans ces effectifs là.

        Après, je ne dis pas que dans d’autres entreprises et/ou secteurs d’activité où le front office peut être mis en distanciel (plateforme téléphonique, digitalisation de la relation commerciale, …) le risque n’est pas là pour le front office.

        De manière général, toute personne qui peut réaliser en distanciel et de manière transparente (pour ne pas dire invisible) son travail est potentiellement interchangeable avec un « quelqu’un ailleurs sur Terre pour moins cher ». 🙁

    2. Nul doute que grâce à Musk, on délocalisera bientôt jusqu’à Mars, pour que les super-robots assistants qui seront installés là-bas puissent être encore plus productifs. Ainsi, on amortira la délocalisation de la délocalisation des équipements assistant les humains touristes de l’espace ou non. D’autant plus que là-haut, ce sera sans taxe.
      Vous avez suivi ? Non ?!?
      C’est normal. Il n’y a rien à suivre des pensées des fous qui nous gouvernent et nous mettent en esclavage.

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  2. Le télétravail :
    – fragilise l’employé-e, et rend encore plus complexe et difficile le fait de dire « non »,
    – renforce le rapport de force en faveur de l’employeur via le management,
    – isole les travailleurs les uns des autres,
    – empêche et réduit à néant les véritables liens sociaux entre collègues, indispensables à l’entraide et la solidarité sur le long terme,
    – détruit ce qui reste de la frontière vie professionnelle/vie privée et permet donc une invasion encore plus vicieuse et permanente de l’existence,
    – empêche la construction de la solidarité entre travailleurs, et donc affaiblit, voire empêche la naissance et la construction de mouvements collectifs, servant ainsi un seul gagnant qui est l’employeur,
    – force la plupart des gens à travailler dans des conditions inadéquates (ergonomie, par exemple), rendant plus probables l’apparition de troubles musculo-squelettiques et autres problèmes de santé,
    – reporte sur les travailleurs les frais d’électricité, de chauffage, de téléphone, de connexion internet si elle n’est pas entièrement prise en charge par l’employeur, etc (et ne parlons même pas des gens qui n’ont pas l’espace nécessaire), sans que les gains énormes pour l’employeur ne reviennent un tant soit peu aux employés,
    – place la responsabilité de l’indisponibilité de l’outil de travail (coupure internet, par exemple, coupure de courant ou autre) sur les seules épaules de l’employé, et le temps non travaillé est imputable à l’employé et non à l’employeur dont ce devrait être la responsabilité pleine et entière,
    – … (je ne continue pas, la liste est encore longue)

    Le télétravail est le rêve humide d’employeurs adeptes de management « moderne » type « Silicon Valley », et d’écolos au mieux faussement naïfs, au pire doctrinaires et despotiques.

    Signé : une femme qui a subi le télétravail forcé pendant plus d’un an.

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      1. Je t’ai mis un pouce levé écodouble.

        Télétravail pour faire la même chose dans l’ensemble n’a aucun intérêt. D’ailleurs le travail majoritairement n’a aucun intérêt. Aucun.

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        1. Tant que c’est pas un pouce baissé !
          C’est très aimable, cher CloClo. D’autant que mon commentaire était, somme toute, très décroissant.

    1. Ma femme a subit un télétravail à 100% pendant 1 an. Elle a beaucoup souffert de ce télétravail total. La deuxième phase c’est un déménagement de site sous dimensionné pour du présentiel 100% à effectif constant (gain de charge immédiat pour l’employeur) .
      La situation devient 60% de télétravail avec créneau imposé. Avec aussi arrêt du restaurant d’entreprise (gain immédiat pour l’employeur, dégradation pour le salarié ).
      La cohésion sociale globale interne aux équipes est également dégradée pr un télétravail trop important.
      D’un point de vue personnel et écologique je pense que ça devrait rester à 2 jours par semaine max ou plus si exceptionnel (le cas de mon entreprise).

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    2. @ Hououji Fuu,

      Beaucoup de mes collègues qui n’avaient ni les conditions matérielles (logement, mobilier adapté, …) ni les conditions personnelles (conjoint/conjointe également en télétravail, enfant/ado en distanciel pédagogique, isolement social, …) ont très mal vécu les 13 mois de télétravail à 100% (ou presque) sur les 18 mois de crises de mars 2020 à septembre 2021.

      Et moi-même, j’avoue avoir eu un passage à vide en février-mars de cette année : une forme de lassitude avec l’impression de double peine entre la vie sociale réduite à son plus strict minimum et le couvre-feux donnant l’impression de revivre la même journée sans fin.

      Au passage, comme souligné dans la vidéo partagée par Paul, le taux de burn out ne s’est pas écroulé dans cette période (bien au contraire), preuve que la vie de tous les télétravailleurs n’était pas forcément « rose ».

      Pour beaucoup, ce fut une situation subie dans la mesure où le télétravail n’était nullement une option posé sur la table dans son entreprise avant mars 2020. Il n’y avait pas eu le temps de la réflexion et donc d’une éventuelle préparation au télétravail contrairement dans les entreprises le pratiquant déjà (même à dose homéopathiques).

      La vraie souffrance a été générée par la mise en oeuvre à la va vite d’une solution technique (travail en distanciel) en oubliant la nécessaire adaptation de l’humain : dans beaucoup de boïte, la GRH se résume à la de gestion de ressource… pas d’humains.

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  3. Mais d’un autre côté, sans vouloir polémiquer et en connaissance de cause de tous les inconvénients du télétravail, j’y vois aussi quelques menus a avantages:
    – pouvoir roupiller pendant les reunions
    a distance sans être vu (pas de video)
    – la panique dans les yeux des chefs qui n’ont plus leurs ouailles directement sous la main.
    – une certaine autonomie gagnée par les employés.
    – ne plus devoir supporter « jean-michel de la compta » a la machine à café.
    – des reunions beaucoup plus courtes en visio , ca rebondit moins et ca va a l’essentiel ( et ce n’est pas du luxe).
    – pouvoir lire un journal, un livre, regarder quelquechose d’interessant en mangeant a midi, plutot que de supporter les discussions sans intérêt de collegues.

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    1. J’ajouterais, dans le cas des familles heureuses, un environnement social beaucoup plus enrichissant que ce qu’on trouve dans la plupart des entreprises.

      De manière générale, il y a peu de familles où l’on retrouve l’embrigadement militariste propre à l’entreprise.

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      1. vous l’exprimez bien mieux que moi!
        a titre personnel, ce fut une épiphanie mais mon épouse, a contrario, n’en a vu que les aspects les plus sombres….

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      2. Encore faudrait-il s’entendre sur « famille heureuse ». J’ai été élevé « le cul dans le beurre » (disent-ils, Monsieur le Commissaire, les bourgeois…). Et c’est sans doute l’entre-soi, la collusion, tout en ayant le mépris envers ceux qui sont plus haut ou plus bas, plus rapaces ou plus sans compétence, dans l’échelle sociale, qui m’a rendu malheureux « sans bonne raison ». Je lis les 800 pages du « Chagrin de la Belgique » de Hugo Claus, et je ressens tout sans qu’il n’y ait « rien à voir » entre nous.
        Ensuite, je considère très précisément « l’embrigadement masculin » dont les hommes sont évidemment totalement ignorants. J’ai un brouillon de livre à ce sujet, mais arriverai-je à le finaliser ? C’est parler de l’obligation (non dite) de la « virilité » (non définie, mais évidente pour tout le monde masculin), qui est sous le contrôle de vos pairs.
        Plus généralement, nous animaux humains nous sommes tous en brigade (en clan, en tribu freudienne) et n’existons pas en dehors d’une structuration sociale : les entreprises sont un lieu de cohésion sociale autant que les sectes, églises, partis; communautés villageoises.
        Sans doute le « meurtre du père » est-il plus à notre portée dans la famille que dans les autres institutions ! Sans doute l’élection du président est-elle une illusion d’opportunité de choisir le père ou au moins d’en meurtrir quelques-uns ?

        1. @ Chabian,

           » les entreprises sont un lieu de cohésion sociale autant que les sectes, églises, partis; communautés villageoises. »

          Je plussoie… et j’ajouterai que comme tout lieu de cohésion sociale, il comporte aussi son lot de souffrances.

  4. Le télétravail favorise la gente féminine parce que les femmes à la maison continue à faire le ménage eta popote. En même temps elles travaillent un peu sur la bécane. Un moyen pour faire accepter les longs trajets domicile travail. Le télétravail supprime des emplois utiles

  5. Retour au bercail . Flottement général. On nous annonce le flex desk, car l’open space est au 3/4 vide. Beaucoup de gens autour de moi, traine les pieds pour revenir. Ambiance morose. C’est le serpent qui se mord la queue : le management est à demander aux salariés de revenir, comme avant, en limitant comme avant les jours de teletravail. Retour à la case départ…

    1. @ Emmanuel,

      Le « flex desk », c’est quand même le moyen de faire comprendre à quelqu’un qu’il fait parti de l’entreprise sans y avoir une vraie place attitrée… 🙁

      Après pour certains types d’activité (comme les boites de conseils), on peut largement comprendre l’engouement à la fois des dirigeants et des salariés pour ce mode de fonctionnement : il est pertinent pour des salariés qui passent beaucoup de temps en rendez-vous de clientèle et/ou qui voyagent fréquemment. Ils sont nommades et s’accordent donc bien du nomadisme y compris dans les locaux de l’entreprise.

      Mais pour des salariés plus sédentaires ou dans des entreprises qui ont la culture de l’organigramme et des silos, cela peut très vites tourner au cauchemard à la fois pour les managers et les managés.

  6. J’ai lu avec attention tous les commentaires, j’en ai « liké » certains d’entre eux ; à Benjamin je demanderai simplement ceci : qu’est ce que le Saas ?
    D’autre part , et c’est pas moi qui le dit, c’est Todd dans Les luttes de classes en France au XXI ème siècle, , le néolibéralisme s’attèle à paupériser les classes moyennes et selon moi le télétravail participe de cette paupérisation.
    Quant au commentaire de M. Jorion je pense que ce que vous dites est vrai à la condition d’être dans un milieu CSP+.
    Globalement le télétravail ne concerne qu’une seule classe d’employés, dans la vidéo les classes ouvrières au sens étymologique du terme, sont oubliées . Et pour cause, l’ IA n’a pas , pour le moment (ça va venir) pu remplacer les « techniciens de surface, les assistantes de vie, etc….

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      1. J’espère sincèrement que ce système « drone + robot » fasse l’objet d’évolutions car c’est très lent , mis en conditions favorables , bref très peu exploitable . J’imagine mal ce système dans un centre ville avec une queue interminable de voitures qui patientent ! Ca ressemble à du Hidalgo ! 😁😂🤣😁😂🤣😁😂🤣

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          1. Superbe pub pour la société Nicollin . Cela dit je n’appelle pas ça de la robotisation mais plutôt une automatisation des tâches répétitives par l’introduction d’automatismes qui dans ce cas là a supprimé 2 emplois , certes ingrats et dangereux, il subsiste encore le chauffeur (et si j’ai bien vu un 2ème assistant qui sert à quoi ?

            1. 2 Casa doit être au courant , mais on commence à voir dans les restaurants , des robots « livreurs  » qui font la navette entre la cuisine et la salle de service où les serveurs ( qui les commandent grâce à une mini tabletté ) récupèrent les plats . Ça leur épargne en principe les allers retours entre salle et cuisine , surtout dans les restaus assez vastes . Il parait que c’est la dernière innovation pour parer à la pénurie de main d’œuvre .

              1. Salut Juan,

                En fait, à la création du resto, des tapis roulants ont été installés dans les fondations et vont directement des micro-ondes aux tables au milieu desquelles ils remontent les plats, tout est géré depuis la régie en tour de contrôle via la 6G…

                Plus sérieusement, j’ai entendu parler d’une chaine de fast food aux usa qui aurait été entièrement automatisée, de la commande à la livraison suite à une grève. Je n’ai pas pris le temps de vérifier si c’était vrai. Pour les pizzas c’est en cours et bien avancé je crois (Domino’s entre autres).

                Les exemples montrent par le type de prestations que l’on aura plutôt tendance à le rencontrer dans la restauration populaire. La fonction ayant été définie ailleurs par Graeber comme « faire-valoir » – le larbin – le simple fait de passer les plats n’apparaît pas ou plus comme le coeur du taf. Il s’agit bien d’endosser la position de celui qui ne peut pas dire « non ». L’autre commande moyennant règlement et obole éventuelle (Merci Monsieur le Président !).

                Pas sûr que « by design » chez l’automate cela puisse jamais être aussi satisfaisant que l’exercice de ce petit pouvoir qu’offre l’argent de se défausser sur autrui des tâches ingrates.

                1. Bonjour ,

                  En fait le dispositif que vous évoquez dans le tout premier paragraphe ressemble beaucoup à ce que le fiston m’avait rapporté d’une immersion chinoise . On commande son menu depuis sa place par une tablette , assis devant une sorte de « zinc » devant lequel circule un petit tapis roulant apportant le plat commandé , arrivant directement des cuisines et rembarquant à l’occasion le couvert terminé . C’est un peu l’adaptation alimentaire ( plus sophistiquée que celle de Charlot dans les temps modernes ) des systèmes de chaines automatisées de l’automobile . Il n’y avait qu’un serveur vérifiant que la chaine ne s’immobilisait pas sur un incident et nettoyant les places libérées . La « chaine » desservait pas loin d’une vingtaine de clients . C’était en 2017 .

                  Sinon , ça va ? Ce projet , ça s’étoffe ?

                  1. « On y travaille » dirait Gotlib.

                    (Il faut alors imaginer son personnage recevant un appel de la rédaction vautré en marcel sur un canapé et sirotant une limonade devant la mire de la télé au milieu des cartons de pizzas, version Dingodossiers)

                    Disons qu’on prend conscience de quelques réalités à mesure que l’ébauche se précise et que les conditions de réalisations s’éloignent ! :-/

                    (Les conditions de mon départ du taf n’étant toujours pas clairement déterminées – aaaah ! l’administration… outre le mode diesel, la pugnacité de sa réaction laisse pantois quand même ! Clairement, tant qu’on ne me menace pas de mort ou qu’on ne me cogne pas dessus, je peux : me faire insulter en live ou par sms, cracher dessus, intimider physiquement, harceler moralement, ça ne pose pas vraiment de problème, sur le mode « ce sont les plus gênés qui s’en vont »- je suis donc pour l’instant un peu en stand by ne sachant pas trop s’il va me falloir retrouver un taf le temps de valider des droits ni si mon départ sera considéré comme une dém ni même quelles suites je pourrais envisager : plainte, prud’hommes, embauche d’un hitman… que sais-je ? Il me faut maintenant un avocat, j’attends donc d’être insolvable, ce qui devrait être assez rapide au train où vont les choses.)

                    Et vous, ça farte ?! Bientôt les pistes noires ? 😉

  7. Y’aurait’y pas moyen de faire du télé-travail avec une machine qui, au lieu de conter les appels, les clients, les succès et les échecs, serait juste programmée pour te compter tes… 35 heures par semaine par exemple.

    Bien sûr que si y’a moyen !
    Techniquement, j’entends…
    Tout le boulot va consister à obtenir ce changement de… paradigmes ?

    PS : quelqu’un a-t’il des données sérieuses sur la fatigue (cérébrale ou simplement oculaire) générée par les écrans ?

    Bonne journée,
    GM

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  8. J’ai une pensée émue pour :
    – les infirmières&iers
    – les éboueurs
    – les cheminots
    – les chauffeurs de transport en commun
    – les pilotes d’avion
    – les garagistes et carrossiers
    – les travailleurs manuels sur machine, sidérurgistes, verriers, mineurs, de fabrications mécaniques, électriques, chimiques, automobiles, de l’industrie alimentaire,
    – les agriculteurs
    – les caissières&caissiers, les réassortisseuses&sseurs,
    – etc., etc.,..
    … pour qui le télétravail ne veut rien dire
    Et je me pose donc la question de la définition de « travailleur » dans la statistique illustrée.

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    1. Et voici :
      Un sondage OpinionWay – conduit du 31 mars au 8 avril 2020 auprès de 2 005 salariés représentatifs pour le cabinet « Empreinte Humaine »
      Laquelle est une boîte de conseil évidemment qui propose sur cette étude des infographies à la pelle et une liste des articles de presse qui ont suivi (bravo le Buzz de marketing) mais pas le contenu de l’étude.
      Un travailleur est donc un « salarié représentatif pour le cabinet ». Cela sent mauvais…

    2. Bien vu. Y’en a pas beaucoup à Paris. C’est la raison du pourquoi.

      Encore une fois, le petit monde dispersé entre plaines et montagnes est oublié.

      Bien avant cette mode , on avait causé ici-même du télétravail. J’avais fait observer que mes outils ne passaient pas à travers fils et ondes.

      1. Pour les caissiers caissières , c’est déjà le cas depuis 5 ans . Nombre pratiquement divisé par 3 depuis que les clients font leur propre saisie numérique par code barre ( les avantages optimisants de la carte bancaire ) . Ne subsiste plus qu’une caisse humaine pour paiement en espèce . Tant qu’on n’a pas supprimé les espèces .

        1. On va pas supprimer les espèces juan. Comment qu’y feraient, sinon, les premiers de cordées, pour les pôts de vin.
          Et la blanchisseuse des quartiers blindés qui ne trouverait plus de gros biffetons dans les poches des peignoirs de bains, comment qu’elle ferait ? Hein ? Pour les fins de mois.
          En plus, c’est la BdF qui le dit : elle se tient prête à assurer la présence de l’argent liquide en cas de défaillance sur les réseaux électrique (dixit le n°2, sur France Inter ou Culture, il y a un an environ). Le point faible des riches, c’est l’énergie. Et l’électricité en particulier, elle qui « matérialise » leur pognon de fous.
          Effondrement quand tu nous assaille et te prépare, c’est tjs la Loi de l’emmerdement maximum qui gagne.

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          1. Où les intérêts des « premiers de cordées » et des SDF se rejoignent ?

            Mais c’est vrai qu’on donne rarement un billet de 500 euros ( je crois qu’on n’ en imprime plus d’ailleurs ) au clodo du coin .

    3. Vous inquiétez pas trop pour les caissiers et caissières : dans tous les super-marchés ils sont en train de les virer systématiquement, mais petit à petit, en installant des caisses dites rapides où ce sont les consommateurs qui pèsent leurs légumes, lisent leurs codes-barres, puis finalisent leur addition en payant avec leur carte bancaire.

      Personnellement je vois leur boulot disparaître (à l’horizon), ça me fait peine !
      De plus j’ai toujours préféré parler à quelqu’un qu’à une machine : celle-ci peut apprendre à te dire « Merci », mais obtenir un sourire ou un instant de complicité d’une personne harassée et qui s’emm… toute la journée et à peu près tous les jours, ça, ça nous fait du bien !
      Et à tous les deux !
      GM

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      1. Mieux il existe déja une carte biométrique avec empreinte avec laquelle vous pouvez payer sans contact des sommes illimitées ( enfin tant que vous avez l’argent ) , ceux qui ne voient pas vers quoi ils nous poussent sont vraiment des naïfs

          1. Correction pour erreur reconnue :

            C’est  » Beber sans t » , qui est marque déposée par Bernard , avec gravatar biométrique fleuri .

    4. Les policiers , les gendarmes , les agents de voierie , les agents des services sociaux , les militaires , les aides à domicile , les personnels saisonniers de montagne , les gants du nettoyage , les routiers , les agents du BTP , tous les intervenants sur réseaux , les artisans ou artistes manuels ….

    5. @ Chabian,

      Malheureusement, comme l’ont déjà souligné certains intervenants, beaucoup de ces emplois bien que non télétravaillables sont aussi en sursis pour d’autres raisons : l’évolution à venir de nos comportements du fait de la crise environnementale et climatique, le développement de la robotique et de l’IA qui permettront de faire rouler les trains, les bus, …

      Ca va être un des vrais défis de nos sociétés occidentales de gérer le devenir de ceux et celles qui dépendent de ces emplois qui seront soient abandonnés (faute de demande/client) soit numériquement transformés (robots, IA, digitalisation à outrance, distanciel, …).

      Et cette thématique là, je ne la vois dans aucun programme (politique) à date… C’est bien beau de nous projeter dans une certaine « France 2030 » sans jamais esquisser à quoi ressemblera notre société – que ce soit en terme fraternité (vivre ensemble), de solidarité sociale, fiscale, … Ca nous dit juste que la cible est là-bas… Ca ne nous dit ni qui ni combien l’atteindront pendant que les autres auront été laissés sur le bas côté du chemin.

  9. Les outils de surveillance des employés

    https://desktime.com/
    Logiciel de suivi automatique du temps pour les équipes et les pigistes
    Une application de bureau et mobile pour le suivi du temps, le suivi des présences et la gestion efficace du flux de travail.

    Suivi automatique du temps
    Heures de début et de fin entièrement automatiques, pas de saisie manuelle, pas d’erreur humaine, le suivi de l’heure commence dès que l’ordinateur est engagé.

    Suivi des URL et des applications
    Accédez à des données détaillées sur les applications et les sites Web que les employés utilisent et visitent, ainsi qu’aux activités qu’ils ont spécifiées pour leur temps hors ligne.

    https://www.top10vpn.com/research/covid-employee-surveillance/#10MostinDemand

    La demande de logiciels de surveillance des employés a augmenté de 58 % depuis le début de la pandémie.

    Principales conclusions:
    La demande mondiale de logiciels de surveillance des employés a augmenté de :

    *87 % en avril 2020 par rapport à la moyenne mensuelle avant la pandémie, après une hausse initiale de 7 % en mars

    *71 % en mai 2020 par rapport aux niveaux d’avant la pandémie

    *Deuxième vague de demande: augmentation moyenne de 63 % depuis mars 2021 par rapport à la moyenne d’avant la pandémie. Il s’agit d’une augmentation de 24 % par rapport aux neuf mois précédents.

    *Nouvelle normalité: 58 % d’intérêt en plus pour la surveillance des employés depuis la pandémie déclarée qu’auparavant

    *Outils de surveillance les plus populaires: Hubstaff, Time Doctor, FlexiSPY

    *Huit entreprises sur 10 parmi les plus demandées encouragent l’utilisation à long terme

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    1. Ce que vous présentez est certes juste mais il me semble que ce ne soit pas nécessaire pour les employeurs. J’ai travaillé dans un grand groupe de télécom et en tant que tel j’étais ce qu’on appelle un nomade . Pas de bureau personnel, mon seul outil de travail était initialement un ordinateur portable et, par mesure de réduction des coûts informatiques, nous avons été équipés de tablettes . Donc ainsi équipés nous n’avions accès qu’à l’intranet du groupe via des accès en VPN . Aucun accès à internet public . Donc pas de nécessité de logiciels espions.
      Quand on parle de télétravail il faut préciser que les procédures d’accès des ordinateurs aux serveurs de la société sont extrêmement sécurisés , il ne faut pas s’imaginer qu’on s’installe devant un ordi lambda pour travailler . Je pense que c’était nécessaire de le préciser .
      En disant cela me vient une question : quid du matériel informatique ? Ordinateur personnel ou bien ordinateur fourni par l’entreprise ?

      1. Accès en VPN avec un intranet spécifique à votre entreprise : OK
        C’était peut être avant la généralisation du télétravail.

        Cela semble avoir évolué:
        https://www.capital.fr/votre-carriere/teletravail-pres-de-la-moitie-des-salaries-surveilles-par-leur-employeur-1387758

        Alors que de nombreuses entreprises ont été contraintes de mettre en place le télétravail pendant ces deux confinements, une étude, réalisée par GetApp, révèle que près de la moitié des salariés seraient « télésurveillés » par leur employeur. 45% d’entre eux travailleraient dans une entreprise qui utilise un outil de surveillance.

        Desktime un logiciel de suivi d’activité et de gestion du temps avec de nombreux indicateurs sur la performance d’une équipe.
        L’objectif étant, bien entendu ,de pouvoir mesurer et par la suite , de définir des axes et objectifs d’amélioration.

        https://www.youtube.com/watch?v=co1WyOqqcc0&t=8s

        1. De toutes façons , depuis que les ordi ont pénétré le monde de l’entreprise l’employeur peut savoir exactement ce que vous faites avec votre ordi ! Et ce bien avant le télétravail !

          La société pour laquelle je travaillais avait mis au point un logiciel de tracking qui permettait à l’enseigne POINT P (matériaux) de suivre ses chauffeurs , trajet, heure de départ jusqu’à l’heure de début d’utilisation de la grue embarquée et sa fin d’utilisation… etc et nous étions dans les années 2005-2010 !

          En tant que nomade mon employeur pouvait savoir à quelle heure je partais de mon domicile, l’heure de retour via une balise GPS installée sur mon véhicule .

          1. La plupart des engins de chantier et les véhicules de service des chauffeurs sont équipés de « mouchards ».
            Si bien que si pour une raison x ou y le chantier connait une interruption dans la journée où que cette dernière finit plus tôt, les moteurs des engins continuent de tourner, dans le vide et pour rien…

    2. Faut juste espérer qu’une personne intelligente et futée écrira et mettra en ligne un logiciel qui permettra de faire croire qu’on télétravaille : un logiciel berneur de logiciels de surveillance.

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      1. @ écodouble,

        … et demain un patron se rendra compte que la moitié de ces salariés sont – au pire (selon son point de vue) – de « bêtes » robots berneurs et – au mieux (toujours selon son point de vue) – de véritables IA capables de réaliser 90% (si ce n’est plus) des tâches d’un salarié aussi bien que lui. 😉

        1. Bon, ben ça c’est fait ! Aussi ! Et même pas en « bite-coin ».
          La classe eut été que ce logiciel fût libre.
          Mais bon. Faut bien vivre.

          1. y’a aussi, y’a aussi … mais moins complet avec un scope moins large, du moins pour le moment (cela vise essentiellement Time Doctor pour ce que je connais)
            par exemple https://github.com/piotrwest/TimeDoctorObfuscator
            évidemment tout cela est détectable mais pas de façon évidente à un niveau de reporting agrégé de l’ativité ; si le « manager » a tant de temps à perdre qu’il peut se palucher tous les screenshots de son équipe, il est probable que c’est lui qui devrait être viré

            1. Ce serait donc le « retour de bâton ». Par manque de temps. C’est drôle et constitue une perspective très revigorante.
              Merci slowXtal.

  10. Tout tout tout, vraiment tout sur écran.

    On commence par quoi …
    La procréation en « éprouvette » (neuf mois plus tôt).
    La naissance en ligne (bientôt sur écran).
    Le baptême sur écran aussi, en l’absence de prêtre.

    … premiers émois sur écran … formations sur écran … rencontres sérieuses sur écran … travail …
    Continuez la liste … svp …
    … jusqu’à l’ultime destination vue de chez soi sur écran.

    Tout tout tout, vraiment tout sur écran.

    Titrée « Folie … sur écran ».

    (:-((

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    1. Sauf que , en cas de black-out électrique , il n’y a plus rien ………… sur écran !!!!!!!!

      PC :
      Personal Computer ou Papier Crayon !!!!!

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        1. @Juannessy
          Télé -retraite

          C’est parti

          Les caisses de retraite s’engage:

          https://r.infos-actionsociale.lassuranceretraite.fr/mk/mr/d1IoYuiD64JpkBZ1Kh2Y4SJt-Ir0qcwHwjfVqexwnnQrA3DIxWNKG62Jq6-a6LrQj1DFYf9cRynM9O0Xc6gPYiDxS_SZJWO885cj39opErk9IhGhtlh_JvLAuRF8GyZryPO9TJmP8t9w6skmTNrSzF3wjPVgmgvnnA

          Madame, Monsieur,

          En cette période si particulière liée à la pandémie de coronavirus COVID-19, la santé et le bien-être des retraités, sont plus que jamais essentiels !

          Pour vous aider à traverser cette situation et à préserver votre forme physique et votre énergie, Midi Pyrénées Prévention – association créée en 2016 par la MSA et la Carsat – propose aux retraités équipés d’un ordinateur ou d’une tablette avec une bonne connexion Internet et disposant d’une webcam et d’un microphone, des ateliers collectifs en ligne, gratuits, favorisant échanges et partages.

          4 thématiques d’ateliers en ligne.

          * Mémoire
          * Je bouge en ligne
          * Sophrologie
          * Nutrition

          1. M’en fous .

            La mémoire ça va bien . Je ne bouge plus du tout et j’ai déjà Clo Clo pour travailler le jeu de jambes . Sophrologie , je maîtrise . Pour la nutrition , j’ai une nutritionniste attitrée depuis que je suis marié .

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          1. Par contre , ça me remet en tête qu’une taxe Sismondi sur les « robots » , une fois qu’une forte proportion de travail sera sous forme de télé-travail , serait alors une bonne façon d’alimenter la caisse retraite et sécurité sociale .

            Chiche .

            1. @ Juannessy,

              Faudra-t-il encore que vos robots soient hébergés sur le sol français, belge, … où s’appliquera la dite taxe !

              C’est tout le problème auquel nous allons devoir faire face (plus rapidement qu’il n’y parait) : comment alimenter nos caisses d’assurance retraite, sécurité sociale, … si le matériel de production (le système informatique) n’est pas localisé dans nos pays et que les travailleurs ne sont physiquement pas dans nos pays (et échaperont donc peut-être aux prélèvements sociaux qui s’appliquent dans nos pays) ?

              Nous vivons à marche forcée une réforme du marché du travail « qui ne dit pas son nom » et si nous ne levons pas le nez du guidon, nous risquons d’emprunter des chemins qui seront difficiles à remonter (même à rebrousse-poil).

          2. Le Secrétariat d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail est en « télétravail » et cogite sur le sujet.

            https://www.linternaute.com/argent/guide-de-vos-finances/1400357-reforme-des-retraites-un-projet-pour-2022/

            La réforme des retraites reste en suspens ( Covid, croissance)
            https://www.youtube.com/watch?v=bK52PwaTg-c&t=2s

            Faudra voir avec le Covid qui n’a plus l’air de baisser et avec des cas positifs qui réaugmentent de +10% en 7 jours

  11. En fait le problème à résoudre consiste à trouver la manière de remplacer le travail qui disparaît et de réduire nos émissions de CO2. Comme la disruption fait partie de notre quotidien, incendie, inondation, tempête, coupure de courant, etc, le bon sens est d’immédiatement discuter du cadre légal à mettre en place pour transformer le télétravail en une activité en réseau avec le système de rémunération qui va avec.

  12. Si des logiciels basés sur des algorithmes d’ « intelligence artificielle  » servent à gérer les transactions financières qui dirigent l’ économie mondiale . Le télétravail sert à savoir quels employés pourront être remplacés par des logiciels .

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  13. Les gens qui sont en télétravail sont sur un siège éjectable , ils peuvent être remplacé par quelqu’un d’autre du jour au lendemain , on risque de bientôt assister à des suppressions massives de postes , seuls ceux qui ont les mains dans le cambouis seront un tant soit peu épargnés

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    1. C’est le contraire en fait : plus un poste est élevé, moins il implique qu’on doive toucher à du cambouis, et plus il est susceptible d’être exercé à distance.

      Le fait d’avoir un poste stratégique ou non est entièrement indépendant de l’endroit où on se trouve.

      1. Relisez le premier message de Benjamin , non seulement il va y avoir un élagage des postes plus ou moins utiles , mais pour des postes stratégiques extension de la concurrence à toute la planète

          1. Oui rien de nouveau sous le soleil , seulement un prodigieux bond quantitatif en avant , c’est un peu comme l’automatisation des radars routiers , personne n’y a prété attention jusqu’au jour où tout le monde s’est mis à recevoir des prunes dans sa boite aux lettres , a ben ça alors me voila le bec dans l’eau maintenant ! Mort de rire !

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      2. @ Paul,

        Je dirai que cela fait 30 (voir déjà 40 ans) dans certains secteurs que l’on délocalise ou sous-traite à l’étranger assez fortement – notamment pour les chaines de production.

        Toutefois, ces délocalisations étaient « réelles », n’étaient pas (potentiellement) indivuduelles et touchaient tout un pan précis de l’entreprise : si on délocalisait, c’était fermeture de tout en site par exemple en France (en laissant sur le carreau des dizaines, des centaines voire des milliers de salariés français) pour effectuer une ré-ouverture ailleurs (pays de l’Est, Asie, Afrique du nord, …) avec de la main d’oeuvre locale moins chère et/ou plus rentable.

        Or, jusqu’ici (et peut-être très injustement), pour les fonctions supports (finance, comptabilité, moyens généraux, ressources humaines, informatique, R&D, …), ces délocalisations survenaient plus rarement – sauf peut-être dans certains grands groupes internationaux (restruction) ou à l’occasion de rapprochements/fusions/acquisitions.

        Là le fait nouveau c’est que demain une entreprise peut envisager d’avoir un DAF dans ces locaux en France et le reste de son équipe (comptable, controleur de gestion, fiscaliste, …) éparpillée aux 4 coins du monde sans que cela lui coûte « un pognon de dingue » d’un point de vue purement IT grâce au couplage « SaaS / outils collaboratif en distanciel / télétravail ».

        Autrement dit, l’incertitude du lendemain déjà largement connue des ouvriers, des employés et des professions intermédiaires dans le privé va également (désormais) toucher les cadres (et de surcroît les cadres supérieurs) avec cette fois-ci une dimension « individuelle » (alors que jusqu’ici, les délocalisations étaient généralement collectives).

        Et avec des salariés éparpillés aux 4 coins du monde dont un certain nombre est de surcroit en quasi permanence sur un siège éjectable, je me demande comment dans des services, des direcitions et (tout simplement) des entreprises va se dégager une force « collective » des salariés (organisations syndicales, revendications communes, négaciations dans l’entéret de tous, …) face aux dirigeants ?…

        Entre les barrières de langue, les barrières de conditions de vie (sociales ou fiscales selon les pays), les peurs du lendemain, … comment unifier des salariés – qui ne se connaitront que par écrans interposés – derrière une (ou des) cause(s) commune(s) ?! A moins d’esquisser dès maintenant un code du travail à l’échelle mondiale (suffisament protecteur pour tous), il apparait évident que cela va être une jungle où les lois des plus fort et/ou des moins disant (financièrement) vont s’imposer comme « standards » du marché.

        Quelques plus malins/agiles que les autres tireront peut-être leur épingle du jeu… Mais j’ai bien peur que pour la grande majorité ce ne soit que docilité, asservissement, flexibilité, …. face au monde du travail à un échelon pas (re-)vu depuis les grands acquis sociaux du XXème siècle.

        Si on n’est pas vigilant, le monde d’après peut très vite ressembler à celui du XIXème siècle (et d’un certain nombre de siècles précédents) où il ne fera bon vivre que pour les rentiers – encore plus avec les problèmes environnementaux/climatiques … 🙁

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    2. En ce moment on cherche du monde, sauf qu’en plus d’un boulot, les candidats souhaiteraient un salaire décent… on croit rêver! Bref la Direction via DRH vient de me faire parvenir des CV …. de Roumanie!
      Je suis une légende!

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  14. Bonjour Paul,

    Mais si l’on peut avoir un poste stratégique indépendamment de l’endroit où on se trouve,
    Vous semblez accréditer l’idée qu’il le sera d’autant plus, si il est élevé ( donc plus éloigné du « cambouis »),
    Et que du coup il sera de ce fait, davantage exposé à un exercice à distance.
    J’avoue que je ne vois pas trop en quoi votre propos est si contraire à celui de georgeon…
    D’autant que vous ne lui répondez pas sur son appréciation d’une fragilité agravée des postes en télétravail,
    Ce qui était le thème central de son message initial.
    Cordialement,
    Eric.

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