Pour une lecture non-« biblique » de Freud, Lacan, &c., Première séance : le 22 octobre 2021

Compte-rendu par Jean-Luce Morlie :

Je souhaite partager avec vous, ce que j’ai entendu des énoncés de Paul lors de notre première rencontre. Les questions abordées me semblent d’une grande portée. Grâce à Paul, nous pouvons les reprendre avec simplicité. Cette accessibilité est à mon avis importante, car elle permet, au niveau de l’espèce, de coopérer vers l’écoute de nos mécanismes inconscients : dit autrement, d’opérer une forme de renversement copernicien de la conscience.

De ce que j’ai entendu, et sans doute n’ai-je pas tout saisi, Paul nous a présenté trois éclaircissements qui sont, je crois, nécessaires à la remise en mouvement de l’analyse des processus inconscients.

I – Le reproche fait à la psychanalyse de n’être pas une science (j’ajoute, par Wittgenstein notamment *), repose sur une confusion entre lois universelles, et savoirs adaptés à la compréhension d’histoires particulières. Cette distinction est capitale.

II – Si je ne me trompe, relativement au savoir populaire (vernaculaire), la boîte à outils de la psychanalyse est bien fournie pour répondre à chacun, sa diversité permet d’adapter la démarche analytique à chaque cas particulier. Cette position prévient les chapelles.

III – Les lois de la psychanalyse, complexe d’Œdipe, etc. sont tout simplement inscrites comme manifestations de processus d’organisation sociale, à chaque fois spécifique, mais ne constituent pas  une forme exclusive d’expression de l’autorité.

* Wittgenstein, avance l’idée que l’interprétation d’un rêve ressemble à un puzzle dont les éléments tombent juste. Par contre, selon lui, rien de dirait qu’un autre assemblage ne tomberait pas « juste » également. L’argument est simplissime, et la rétorsion de Paul, directe : la solution du puzzle est celle qui est cohérente avec l’histoire du sujet. Resterait alors la question de la réinterprétation (suggestion) de l’histoire du sujet par l’analyste, ce qui est maîtrisable.

Pour les séances à venir, il est toujours temps de se joindre.

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8 réflexions sur « Pour une lecture non-« biblique » de Freud, Lacan, &c., Première séance : le 22 octobre 2021 »

  1. III : « Autorité » , ques a quo ?

    I : Comment apprécier les bons savoirs bien adaptés à la bonne compréhension des histoires particulières ? les acquérir ?

    II :  » si je ne me trompe… » A quoi mesure-t-on qu’on se trompe ou pas ?

    final :  » Cohérence…  » . Validée par la logique ?

  2. Parler, écrire sont des faits essentiels qui déterminent l’homme lui même. L’homme muet n’évoluera pas.
    J’ecrivais dans un précédent commentaire que l’économie de l’écologie n’avait pas vu le jour. Selon quelques associations l’economie circulaire serait le contenu du contenant.

    1. Il faudrait déjà se faire une bonne idée du rôle de l’énergie
      (un peu comme la psychanalyse a posé qu’il faudrait déjà se faire une bonne idée du rôle du cerveau/réseau mnésique)…
      un fil à tirer ici : https://arxiv.org/abs/2008.10967 ?
      Le « capital humain », dans sa partie « savoir accumulé », est mis à la même aune que le capital physique.
      Ce qui conduit à se demander quel lot d’énergie il nous reste à « décaisser »
      pour avoir une économie humainement acceptable mais avec PIB constant voire décroissant.
      L’article ne cache pas son but de réconcilier les approches de divers économistes « mainstream » qui ont parlé de ce capital humain et une approche de physicien,
      où Joule et Watt sont la pierre angulaire de ce que nos sociétés sont devenues, plus que l’apparent coût de l’énergie ne le représente (quelques % des budgets des ménages moyens, plus pour les ménages précaires hélas).

      (Je parlais de Tony Gatlif dans un message précédent, c’est quelqu’un qui a vécu à la marge de cela, de nos dépenses énergétiques et de nos accroissements de savoir (mal) cumulés et mal répartis. C’était pratiquement le plus tard qu’il était possible dans la sphère méditerranéenne, dans les années 1950 chez les gitans d’Algérie. Cette parenthèse pour ne pas cesser de se demander comment tenir les deux bouts, un bout systémique et un bout humain).

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      1. Un peu obscur d’accès .

        Pour parler d’écologie nécessaire sinon suffisante , je m’y retrouve mieux chez Joan Martinez Alier et ses trois types d’écologie pratique :

        – celle de la préservation de la  » nature sauvage » ( Henry David Thoreau pour faire court et historique )
        – celle des « techniciens  » économistes et ingénieurs
        – celle des pauvres qui privilégient les  » subsistances  » ( tiens on retrouve Robespierre )

        https://journals.openedition.org/developpementdurable/11254

        Sa préférence va évidemment à la troisième , mais de mon côté je pose que le début de la solution passe par une confrontation pacifique des trois , car aucune séparément ne pourrait assurer la survie de l’espèce en rendant compatible fin de mois et fin du monde .

        Mais nous voilà un peu loin de Freud et Lacan .

        De la bible , je ne sais pas .

        1. A ça je rajouterais un petit chouia de science fondamentale, au cas où nous n’aurions pas toutes les cartes en main et malgré l’urgence, juste pour ouvrir la fenêtre et s’aérer la tête.

          1. Le chouïa en question est dans la case  » techniciens , ingénieurs  » , mais attendre une découverte comme d’autres attendent le messie , me parait illusoire .

            1. On pourra bidouiller ces deux notions comme on veut, science appliquée et science fondamentale, c’est pas pareil. Maintenant, vous avez tout à fait le droit de les ranger dans le même tiroir. Des fois, c’est parce qu’on est trop pressé.
              Quant à l’histoire du « messie », il ne s’agit pas tant d’attendre de pouvoir respirer, que de respirer tout court.

  3. Oui, difficile de demander à « la data brute » de la pensée de répondre à des lois universelles, comme on a pu le faire en physique…

    Mais alors, l’interprète de cette data brute doit être particulièrement Sherlock Holmesque, pour en déduire quelque chose.
    il doit être un penseur totalement libre, affranchi de tout préjugé. Et sûrement peu d’hommes en sont capables.

    Ainsi le mauvais psychanalyste serait un peu comme ces policiers médiocres décrits par le mathématicien Dupin (si ma mémoire est bonne) au début de « double-crime dans la rue Morgue »
    Tandis que le bon psychanalyste serait Dupin lui-même, faisant une analyse totalement libre, et grâce à cela capable de mesurer chaque pensée ou mot, ou relation entre pensée ou mot à son juste poids

    On comprend alors pourquoi la psychanalyse a si mauvaise réputation, ce serait parce qu’il y a quantité de mauvais praticiens, d’autant plus nocifs pour leur discipline qu’ils s’imaginent être bons.

    C’est ce que pour ma part j’ai retiré des propos de Paul Jorion Vendredi

    Amicalement,

    Vincent Rey

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