Veille effondrement #128 – À propos du décès de Pierre Rabhi : Énergie, alimentation, chaînes d’approvisionnement. Mythes et réalités, par Serge Hulne

Le décès de Pierre Rabhi, figure emblématique de l’écologie Française, appelle quelques réflexions sur les mythes et réalités entourant la perception de l’écologie par les média et la société.

Force est de rendre hommage à un homme de bien qui a voué son existence à faire connaître les enjeux de l’écologie auprès du grand public.

Comme tous les grands hommes qui ont contribué à se faire les apôtres d’une cause qui est à la fois cruciale mais méconnue à un moment donné de l’histoire et qui, de ce fait, ont été exposés aux feux de la rampe, cette figure emblématique d’une partie du mouvement écologique en France n’est pas sans critiques et controverses.

Je crains qu’on ne puisse dire des choses analogues pour nombre de promoteurs et d’acteurs de la scène écologique au sens large, dans des contextes comme celui des « villages en transition » ou encore des élus de village écologistes, des promoteurs de parcs d’éoliennes et/ou de panneaux solaires, etc.

Quand on regarde de près, ces approches sont souvent utopiques, empreintes d’amateurisme ; elles sont souvent le fait d’idéologues, limite sectaires, sous pression de résultats (et donc tentés de falsifier leurs résultats).

Des élus écologistes font quelquefois aussi figure de despotes imposant leur vision des choses à leurs administrés (des controverses qui ne manquent pas de voir le jour à l’encontre de personnages tel que le maire de Ungersheim (1), par exemple) – à tort ou à raison – l’histoire nous l’apprendra.

Un autre exemple est celui de l’île de El Hierro (éoliennes plus STEP), une île prétendument autonome en énergie (2), en réalité : un fiasco économique, écologique, financier sur arrière-plan d’escroqueries, qui à longtemps été montré comme un modèle de système « résilient, autonome » par des journalistes négligeant tous les signes ostensibles avertisseurs d’escroquerie et de manipulation idéologique.

On a dit de Pierre Rabhi : « Son exploitation ne fournissait pas de quoi nourrir ses employés », c’est aussi le cas de néo-ruraux qui retournent vivre en ville après avoir risqué (paradoxalement) de mourir de faim, de froid en dépit de leurs potagers, de leurs panneaux solaires et de leur basse-cour (faute d’avoir prévu un nombre de panneaux solaires nécessaire pour fournir une énergie suffisante et faute d’avoir prévu l’acquisition d’un nombre d’hectares suffisants pour assurer leur alimentation).

Bernard Friot : « La ZAD ne peut pas fournir les outils de production de la ZAD » (3).

La décroissance, la sobriété sont vraisemblablement nécessaires pour essayer de construire un monde de l’après-pétrole.

Toutefois :

Les EnR butent sur le problème du pic des métaux (cuivre, etc.) et les impératifs d’une économie circulaire (4).

Donc au vu d’un simple bilan des ressources en métaux et en béton, il est clair que le éoliennes ou les panneaux solaires à eux seuls ne peuvent pas permettre un transition vers l’après-pétrole.

La globalisation est une nécessité pour l’échange de ressources nécessaires pour affronter l’après pétrole.

Il devrait y avoir une loi rendant obligatoire l’affichage (via code QR) de la chaîne d’apprivoisement (5) de tous les produits, avec en plus :

Le calcul de l’empreinte carbone correspondante.
Le calcul, plus généralement de l’empreinte énergétique correspondante.
Exemple affichage de la chaine d’approvisionnement d’une usine de panneaux solaire en Allemagne :

Quand on considère cet exemple, on s’aperçoit que c’est très loin d’être du 100% « Made in Germany ».

Une certaine autonomie industrielle au niveau des nations est aussi nécessaire, ce n’est pas antagoniste : les deux sont nécessaires. L’autonomie « absolue » (6) est un mythe, du survivalisme déguisé, une pathologie de la pensée d’extrême droite.

Une nouvelle approche de l’agriculture (7) plus respectueuse des sols est indispensable à la survie du genre humain.

Toutefois, la permaculture de base appliquée littéralement n’est pas la solution (pas plus que les engrais chimiques ou les OGM, ou les monocultures à long terme). Il faut un nouveau modèle (qui n’a pas encore été trouvé).

Dans ce cadre les OGM sont peut-être un moindre mal mais encore faut-il rendre l’accès à ces technologies elles-mêmes « durables » (8), pérennes, en faire une priorité au sens des ressources critiques, au même titre que les matières premières critiques.

Les régimes qui ignorent ce genre de contraintes physiques incontournables encourent le risque de se voir confrontés à :

Des prix délirants de l’énergie (paralysant tout).
L’inflation galopante que ces prix induisent inévitablement.
Des pénuries alimentaires prolongées, à l’échelle nationale, voir continentale.
Des disruptions de leur industrie dues aux manques d’approvisionnement en matières premières, en pièces, en composants et entrants divers : métaux, semi-conducteurs, blé, sucre, etc.
Les troubles économiques, sociaux, alimentaires qui vont avec.
Les conflicts et guerres (guerres économiques et guerres tout court) qui en résultent. Cf V. Mignerot et al.

(1) Ungersheim :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ungersheim

https://www.lemoniteur.fr/article/ungersheim-le-village-ou-la-transition-energetique-est-une-realite.1491949

(2) El Hierro :

https://fr.wikipedia.org/wiki/El_Hierro

https://www.bbc.com/news/magazine-34424606

An Independent Evaluation of the El Hierro Wind & Pumped Hydro System

(3) Les néo-ruraux :

https://www.lemonde.fr/livres/article/2006/10/17/neo-ruraux-gare-aux-desillusions_824426_3260.html

(4) Le pic métaux :

Raréfaction des métaux : demain, le « peak all »

https://reporterre.net/La-croissance-verte-est-une-mystification-absolue

https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/11/24/les-metaux-rares-la-face-noire-des-energies-vertes-devoilee-sur-arte_6060981_3246.html

“Les renouvelables polluent autant que le pétrole” Une propagande politique ? (Interview)

(5) La chaîne d’approvisionnement :

https://open.sourcemap.com/maps/5877c865325110eb1f1dd998?fbclid=IwAR0fgU_uPVNgG5KqbHpO_sibZZB1Sv5hJUCojReiOzo4OslcnFKlEnvMCdw

https://shellyfaganaz.medium.com/why-you-should-be-very-worried-about-the-supply-chain-39ee38f95fa7

(6) Le mythe de l’autonomie :

The Myth of Autonomy

Roadmap to nowhere: the myth of powering the nation 100% with renewable energy

(7) Agriculture :

https://www.geo.fr/environnement/agriculture-durable-definition-principes-et-enjeux-193859

https://www.fao.org/sustainable-development-goals/overview/fao-and-post-2015/sustainable-agriculture/fr/

(8) Le prix des renouvelables :

Pas chère, mon électricité décarbonée !

Jean-Marc Jancovici défend le nucléaire : les renouvelables sont une « diversion »

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43 réflexions sur « Veille effondrement #128 – À propos du décès de Pierre Rabhi : Énergie, alimentation, chaînes d’approvisionnement. Mythes et réalités, par Serge Hulne »

    1. On est cuits…à moins qu’un génie comme Papin révolutionne la production et la conservation d’H2 par de nouveaux procédés…après tout il ne faut pas désespérer, qui aurait dit en assistant aux premiers vols des frère Wright que nous irions sur la lune 70 ans plus tard ?

      Mais on sera cuit de toutes façons, tant que nous attacherons l’idée du progrès aux profits que nous pouvons en tirer. Ce que Papin avait parfaitement compris, quand il écrivait au Landgrave de Hesse qu’il avait un grand mérite, de perfectionner des machines consommant peu de bois, alors qu’il pouvait justement tirer un grand profit de la vente de ses bois.

      Pour que le profit devienne public, nous devons changer d’idée sur le progrès, et pour ça, le plus difficile sera de nous débarrasser de cet endoctrinement à la « religion féroce » de l’ultra-libéralisme, qui nous fait juger de toutes choses en terme de recettes et de rentabilité du capital, et pas en terme de bénéfice collectif.

      G. Pitron a raison : c’est une révolution intérieure que nous devons mener, en nous débarrassant de cet endoctrinement. Mais il y a aussi à l’évidence, des choses extérieures que nous négligeons. Qui a besoin de la publicité, l’un des principaux vecteurs de cet endoctrinement ? Si nous ne nous en débarrassons pas, c’est que nous ne le voulons pas, car ce ne serait pas difficile ni pénible.

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  1. Je croyais que Pierre Rhabi était mort. Fallait-il encore le liquider ?
    Mais c’était pour introduire encore un discours sur les prétendus mythes écologiques et les avérées réalités libérales.
    Seul le nucléaire est de production locale et et de recyclage facile, c’est évident. Il ne connaîtra jamais d’accident, c’est calculé pour.
    Et quoi encore ?

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    1. les échelles de grandeur cher ami.
      combien d’éoliennes pour une centrale ? et quelle durée de vie pour les éoliennes ? elles ne produisent pas même l’énergie nécessaire à leur production, transport, assemblage, entretien…
      sorry la Physique ne ment pas ne vous en déplaise ^_^

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      1. Mais les Promoteurs du nucléaire, physiciens pour certains, ont menti : l’accident n’existera pas. Et cela m’a déplu.
        Ces jours-ci, un bateau traverse l’Allemagne et la Belgique pour évacuer des pièces nucléaires de l’Alsace à amener en Suède pour décontamination. Aucun risque, bien sûr.

        1
      2. l’EROI des éoliennes a été calculé N fois, il est de quelques unités,
        en clair, pour la rentabilité en terme de temps on est dans les 2-3 ans pour les meilleurs sites, il me semble, vers 5-8 ans pour les moins bons.
        (Tout compris, béton et toupies). Ca dépend bien sûr encore du réseau qui reçoit cette production et où l’énergie est employée.
        L’entretien, on n’a pas un super recul…
        (Je demande aux chauves-souris et je reviens).

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          1. La quantité d’énergie stockable par un volant d’inertie est extrêmement faible. C’est le produit de la masse par la vitesse de rotation au carré. Pour stocker une énergie non négligeable, il faut une masse énorme (une maison, une montagne…) et une vitesse élevée… Les volants d’inertie ont (sur le plan mécanique) les mêmes avantages que les super-capacités en électricité: ça permet un stockage temporaire et une restitution tres rapide d’énergie (respectivement mécanique et électrique dans chaque exemple), d’où l’application comme buffer d’énergie (utilisé comme booster) dans les voitures de course. En revanche, c’est nul comme stockage à long terme. C’est essentiellement dû à la masse: C’est le même point fable que les STEPS (barrages hydroélectriques) : Il faut des masses équivalentes à des lacs entiers sinon ça ne marche pas. La seule conversion efficace de la masse en énergie est la fission ou la fusion, parce qu’il y a le facteur C au carré (e=mc**2) qui hélas est absent en mécanique Newtonnienne ou l’on trouve(vitesse angulaire du volant) w et non pas C comme facteur : E = 1/2 I w **2 en mécanique classique.

            1. Il me semble tout de même que :

              1/ il y une quantité de graduations entre « pas de stockage du tout » et un « stockage permanent »

              2/ que l’énergie cinétique pouvant se transmettre, on pourrait essayer d’ordonner les choses pour qu’un premier volant ait toujours « faim d’inertie », après avoir transmis son énergie au volant suivant qui peut être plus lourd ou plus accéléré, suivant la meilleure manière qu’on aura remarqué par l’expérience.

              C’est ce que j’essayais d’envisager, mais je n’ai pas la physique ni les connaissances mécaniques pour le démontrer.

              1. Pour info

                Une batterie plomb acide 12V et 250Amph pour stockage solaire. 60kgs
                Ca fait 3 Kwh d’énergie
                avec un taux de décharge maxi de 40% et une durée de vie moyennée de 500 cycles
                60 kgs pour 1,2 Kwh réellement disponible

                1 litre de carburant = 10 Kwh

                1. Comparaison erronée :
                  Quantité d’énergie disponible par la batterie = 500 cycles x 1.2 Kwh soit 600 Kwh avant son remplacement
                  1 litre de carburant = 10 Kwh – cycle : 0 ( + dégagement CO2 et autres )
                  Au-delà, qui peut encore envisager un projet aujourd’hui avec des batteries plomb !?

                  1. En quoi cette comparaison est erronée si on considère la masse de batterie plomb-acide pour stocker 10kwh par rapport à 1 litre de carburant en énergie disponible instantanée.
                    Je raisonnais en terme de masse pour le stockage d’énergie comparativement au volant d’inertie.

                    En fonctionnement solaire autonome la disponibilité d’énergie par batterie vient compenser la disponibilité d’énergie photovoltaïque par un système de régulation.
                    L’objectif étant de maximiser la consommation sur le photovoltaïque.

                    Pour info , je stocke l’énergie fournie par les panneaux solaires par 8 batteries plomb acide de 12V 250amph dont j’attends la fin de vie pour les remplacer par des batteries lithium.
                    Je pense que c’est avec vous que j’ai déjà eu ce type de discussion au cours de laquelle vous m’avez fourni des informations techniques sur le sujet et le retour sur investissement.

              2. Le couplage mécanique entre volants aurait au doigt mouillé des pertes de 20% (80% de transfert).
                On ne gagne qu’un facteur 3 ou 4 à ce jeu là.
                Pas rien, mais pas assez pour passer vers les masses « de barrage »
                qui correspondent aux quelques 50 GWh que nous consommons chaque heure.
                (1000 GWh par jour en gros en France, sans avoir pris le temps de croiser les chiffres).
                Quand on stocke mécaniquement plus de quelques MJ,
                on a des problèmes de turbines qui pètent (l’accident sur une centrale de barrage en Sibérie,
                il y aune quinzaine d’année de mémoire…)

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                1. Ah voila. Limite technologique dans la récupération de cette énergie, lors de sa transformation en électricité alors, si j’ai bien compris…

            2. Le volant d’inertie que j’ai vu équipait une Formule 1, il était gros comme l’avant bras, il était constitué de feuilles de carbones empilées très légères, et fournissait si ma mémoire est bonne une surpuissance de 100 cv vapeur pendant quelques secondes.

              En faisant abstraction de toute notion de faisabilité technique, que donnerait par exemple une série de 20 cylindres plats de carbone de :

              [20m de diam/200cm d’epaiss], pour le 1er
              [20m de diam./195cm d’épaiss] pour le 2nd
              [20m de diam./190cm d’épaiss.] pour le 3ème

              [20m de diam./x 10 cm d’épaiss] pour le dernier

              Chacun recevant l’énergie cinétique du précédent à la demande, et pouvant accélérer jusqu’à atteindre 10 fois la vitesse angulaire du précédent ? (= énergie cinétique stockée x 10 à chaque étage, soit 10 x 10 puissance 19 au dernier étage)

              La quantité d’énergie cinétique stockée dans ces conditions resterait négligeable pour une éolienne ? Je crois avoir lu par ailleurs que sur 24h la perte dans un volant d’inertie sous vide est de 20%, mais c’est ce qu’on perd aussi en transportant l’électricité sur le réseau électrique.

              1. ouh la, non c’est pas ça, mille excuses.

                si le premier volant est le plus lourd, et que sa vitesse est de 10, et qu’il peut petit à petit multiplier par 10 la vitesse du volant suivant, alors si ces deux volants sont de masses identiques, le second peut avoir 100 fois (10²) l’énergie du 1er. Pour favoriser sa prise de vitesse, et faire qu’il n’ait que 10x l’énergie du premier, il faudrait diviser sa masse par 10. Donc disons que le premier ferait 20m/10000 kg le second ferait 20m/1000kg, le 3eme ferait 20m/100kg et le 4eme ferait 20m/10kg. Est ce qu’on ne pourrait pas atteindre ainsi le stockage de très grande quantités d’énergie ?

                  1. Oui j’ai entendu parler. Il y avait aussi un système de bus qui fonctionnait dans les années 60 avec des volants d’inertie, que l’on rechargeait sur une borne à certains arrêts. J’ai beau chercher, je ne vois pas pourquoi ce système a été abandonné pour les bus (léger effet gyroscopique, paraît-il, mais ces volants étaient très lourds, aujourd’hui on sait au contraire qu’il faut les faire très légers ! ce qui doit éliminer ce défaut )

        1. Cherchant un peu, je tombe sur des chiffres autour de 20. Et pour vos chauve-souris ?

          Par hasard, les liens de l’article sur El Hierro datent de 2015 et février 2017. Ils n’ont donc pas pu prendre en compte la rénovation de la centrale qui, selon Wikipedia, s’est faite courant 2016 :
           » En 2016, la centrale « hydroéolienne » a doublé sa production, couvrant en moyenne 41 % des besoins d’électricité de l’île ; le taux de couverture a atteint 100 % pendant 500 heures, soit 5,7 % de l’année29. En 2017, Gorona del Viento a célébré sa millième heure de fourniture d’électricité 100% renouvelable30. » Et aucune mention de scandale financier…

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            1. Salut Chabian,

              Tu connais le GIEC ? Oui tout le monde connaît ici, un groupement pluridisciplinaire de milliers de chercheurs et il ne vient à l’idée de personne de remettre en doute les processus encours sur la réalité du réchauffement climatique et ses conséquences en l’état actuel des connaissances sur le sujet ! N’est-ce pas ?

              Tu connais L’UNSCEAR (https://www.unscear.org/) ? Ben c’est comme le GIEC, et même c’est plus vieux que le GIEC, ce sont des chercheurs de 27 pays qui travaillent ensemble sur tous les aspects du nucléaire. Et bien tu sais quoi Chabian ? Toutes leurs études démontrent que le nucléaire ne représente pas un danger spécifique majeur et que c’est même certainement l’énergie la plus sûre du monde, et que même en cas de fuite ou de soucis, aucun des accidents connus n’a été fondamentalement catastrophique ! Ni Tchernobyl, ni Fukushima ! Fukushima = ZERO mort dû aux radiations ! ouais mec ZERO morts alors que BOUM BOUM et CORIUM, hein ! 😀

              Alors que penser ? Que pense-t-on de ceux qui nient les conclusions du GIEC ?

              Préparez vous à vous faire traiter de négationiste et de complotiste voir de doux dingues ignorants ! 😀

              1. J’ai déjà raconté comment un envoyé de l’institut Pasteur dans a ville belge, dans les années 75 a ouvert un colloque par sa contribution « Les morts du nucléaire ». Il fallait le faire. Contre la pensée unique du moment.
                Pas de morts. Je ne sais si cela vaut mieux de survivre à une irradiation…. Demandez aux « survivants » de Tchernobyl (je crains que la plupart soient morts).
                J’ai plutôt confiance dans les rapports du GIEC qui forment un collectif géant, avec mission et auto-correction. Malgré les pressions. Mais pas d’un groupe restreint et dans une polémique (nucléaire) où les intérêts directs pèsent lourd.

                1. Les intérêts de quels groupes dans l’UNSCEAR ? Du lobby nucléaire/des Etats nucléaires ?

                  https://www.lepoint.fr/monde/zero-mort-aucun-cancer-le-vrai-bilan-de-l-accident-nucleaire-de-fukushima-10-03-2021-2417139_24.php

                  Tu penses que les lobbys de la croissance à tout va et des groupes pétroliers c’est pas un peu le niveau du dessus ? Ils n’arrivent pourtant pas à modifier/changer les rapport du GIEC.

                  Ce que je veux dire par là, c’est que d’un côté on donne sa confiance à un groupement de scientifique GIEC, et de l’autre non à l’UNESCEAR alors que ce sont 2 émanations de l’ONU basé sur les mêmes méthodes et rigueur scientifiques ? Pas facile de trouver la cohérence non ?

                  1. @CloClo la cohérence est que les deux organismes propagent des idées favorables au lobby nucléaire.
                    Le CEA ne manque pas d’experts dans toutes les disciplines.
                    Quand au lobby pétrolier il a réussi à propager l’idée que les véhicules diesels plus efficaces énergétiquement étaient à proscrire pour pouvoir relancer la consommation d’essence et rééquilibrer les débouchés des raffineries.

        2. « Je demande aux chauves-souris et je reviens »
          J’ignore si elles niches dedans, les chauves-souris détecteraient les pales d’éoliennes mais un peu trop tardivement parfois, le souffle serait suffisamment puissant et mortel par compression de leur petite cage thoracique.
          Mais il y a bien d’autres causes de mortalité, disparition des haies et zones humides, produits de traitement des charpentes, dérangement pendant l’hibernation, etc…

    1. Il y a 3 solutions : OGM, ou bien engrais + pesticides (nécessite des hydrocarbures ou au moins de l’hydrogène pour la synthèse) ou bien : famines à grande échelle: au choix !

      1. Les famines à grande échelle ont toujours été des choix politiques et non de pratiques agricoles.
        Oui, il faut du pétrole pour manger du boeuf tous les jours et pour soigner les maladies cardio vasculaires qui en découlent. Oui, il faut du pétrole pour que les africains continuent de manger du riz dans un pays qui manque d’eau. Oui, il faut du pétrole pour exporter massivement des poulets européens en Afrique où les petits producteurs crèvent de faim parce qu’ils n’arrivent plus à vendre leurs poulets élevés sur place. Oui, ils faut du pétrole pour que les gros céréaliers de la Beauce puissent stocker leur production et spéculer sur les prix. Oui, il faut du pétrole pour qu’un seul « exploitant agricole » puisse à lui seul (ou presque ) exploiter plusieurs centaines d’hectares ….
        Les famines ont toujours été issues de choix politiques qui n’ont rien à voir avec des pratiques agricoles. Et avec les bouleversements climatiques qui arrivent les grandes supers exploitations vont montrer toute leur fragilité de monoculture et les exploitants subventionnés par la PAC viendront pleurer dans le giron des aides de l’Etat pendant qu’aujourd’hui la Safer des Pyrénées Atlantiques empêche la ville de Pau de se faire une ceinture verte avec l’implantation de jeunes maraîchers dans le cadre de la transition environnementale pour une fois de plus gaver les gros exploitants du coin.

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  2. Bonjour,

    Tout cela me paraît fort sensé…
    Quoiqu’un peu alarmiste… On va pouvoir enfin paniquer! Tout est perdu!
    Il n’y aurait en fin de compte qu’un plan A ! Mais Paul dit qu’il est mort… (Non, le plan A, pas Paul!)
    … Reste mon plan H alors?
    Les plans B à G et I à Z consistant à exploiter ce qui reste encore pour (peut-être) sauver une élite
    ( Bon, je ne les ai pas tous lus!)…
    Le plan C (communisme) en fait malheureusement partie…
    La mise en commun des ressources vitales relevant, faute d’un soupçon d’esprit « citoyen », du plus pur fantasme :
    Ce qui appartient à tous, ne m’appartient pas, je n’en prends donc pas soin.*
    Pour parvenir à un équilibre collectif, il faudrait avant tout que chacun désapprenne la consommation,
    Et soit convaincu d’être une parcelle sacrée d’un monde vivant, lui-même sacré.
    Une telle mutation, qui devra s’effectuer loin de tout patronage divin,
    Ne saurait malheureusement s’opérer sans s’égarer encore en de vaines errances,
    Un temps devenu précieux, plus encore aux yeux des êtres les plus doués de sensibilité…
    Animaux, enfants, poètes et artistes qui seuls veulent encore aimer leurs semblables,
    Et savent donc distinguer dès l’abord qu’une impasse n’a rien d’un raccourci.
    Car aimer, c’est protéger.
    Le plan H d’abord, puis le A (ou même le C si la droite est d’accord, je suis pas sectaire!),
    Enfin, si c’est encore possible bien sûr!
    Allez on se dépêche!
    Eric.

    * Oui! Personne n’est comme ça, je suis déjà au courant, merci…
    ( … A part peut-être mon voisin et mon ex , eux c’est bien pire! )

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  3. Au sujet de la raréfaction des ressources, je note qu’on ne parle jamais du « carburant » des centrales, l’uranium 235. Combien il en reste exactement?

  4. Le plus attristant c’est de voir les préoccupations politiques de ce dimanche dans les médias, se situant à des lieues de la situation de fond évoquée ici.
    Pourtant les sujets sont connus … mais pas propice à soulever la ferveur, ça non !

    Que faire lorsque l’avenir est barré sinon dresser des murailles et guetter l’approvisionnement pour les ressources restantes.
    On voit déjà les postures et les préparatifs.
    On devine aussi toutes les manoeuvres.

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  5. C’est un peu hors sujet, mais ce qui frappe dans les réactions médiatiques au décès de P. Rabhi (que j’ai personnellement connu), c’est la quantité astronomique de pinaillages à propos de tel ou tel aspect de sa personnalité (on peut toujours trouver matière à, pour n’importe qui). À comparer au torrent d’éloges dithyrambiques lors du décès récent de B. Tapie…

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  6. Quand vous dites :
    …..
    Les régimes qui ignorent ce genre de contraintes physiques incontournables encourent le risque de se voir confrontés à :

    Des prix délirants de l’énergie (paralysant tout).
    L’inflation galopante que ces prix induisent inévitablement.
    Des pénuries alimentaires prolongées, à l’échelle nationale, voir continentale.
    Des disruptions de leur industrie dues aux manques d’approvisionnement en matières premières, en pièces, en composants et entrants divers : métaux, semi-conducteurs, blé, sucre, etc.
    Les troubles économiques, sociaux, alimentaires qui vont avec.
    Les conflicts et guerres (guerres économiques et guerres tout court) 
    ……

    Il me semble que nous sommes exactement la dedans, à quelques ( semaines / mois / années ) d’une dégradation très rapide. La dégradation lente étant déjà en cours.

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  7. L’art d’aborder les questions cruciales par des considérations secondaires. Même en arrimant celles-ci les unes aux autres, cela n’en fera sûrement pas une politique globale marquée par l’approche nécessaire de la complexité.

    Tant que nous ne réfléchirons pas à partir de cette question simple mais fondamentale :  » Comment l’humanité dans son ensemble peut-elle revenir en arrière pour cesser de saccager son milieu et consommer plus de ressources gratuites que la planète offre et régénère en une année ?  »
    Tant que nous ne verrons pas que la démocratie est à refonder Nous n’aurons plus aucune chance.

    Seuls les plus veinards d’entre nous pourront peut-être vivre comme les amish. À condition bien sûr qu’ils parviennent à se faire une place parmi les milices qui régneront sur les pays et dont avec un peu d’imagination on peut déjà voir actuellement la constitution – et sans doute l’armement – en France, par exemple, sous la bannière de nouveaux partis prêts à s’engager dans une nouvelle féodalité.

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