30 réflexions sur « Bifurquer ne veut pas dire fuir – Remise des diplômes ENSAT »

  1. quel courage ! tous ces jeunes ingénieurs expriment leur refus de servir le monde capitaliste des actionnaires de l’agro-business complètement gangréné par le profit immédiat (comme tous les actionnaires des grandes sociétés ) qui « s’accaparent de tout ,même de la propriété des semences. »

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  2. Hé oui, ils sont très bien ces jeunots qui sont tout neufs, qui sortent de l’œuf, du cocon agro-alimentaire.
    Ils valent bien mieux que les grisons, les têtes chenues et les vieux fourneaux qui ont bossé pour le système et ne font plus rien que débiter leurs commentaires.

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    1. Votre commentaire rejoins cette théorie burlesque à mes yeux des « pappy boomers » mais ne vous en déplaise « les grisons, les têtes chenues, et les vieux fourneaux » ont pour certains d’entre eux jeté les bases de ce qui permet aujourd’hui à ces jeunes diplômés de prendre des décisions hétérodoxes.
      Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

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    2. Le cynisme que vous affirmez est une fuite.
      Nous sommes tous appelés à bifurquer par ces jeunes courageux qui ont le mérite de ne pas vouloir faire comme si le réel n’existait pas.

  3. La réflexion parait plus aboutie et plus constructive que celle précédente des étudiants d’AgroParisTech, comme s’ils en avaient perçu les limites (la désertion de quelques-uns).
    Ça bouge, ça avance vite, ça fait plaisir.

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  4. A l’identique des ingénieurs de Paris Agro Tec le discours est séduisant , volontariste , disruptif . Très bien et maintenant ? Les échos ( Harvey) se meurent sur les parois rocheuses d’un paradigme (mot très utilisé dans le discours) qui a ses racines profondément ancrées dans le monde agricole .
    Un mouvement de prise de conscience tout à fait positif et qui se répand dans tous les secteurs industriels .
    A suivre

  5. L’ensemble des interventions est bien ficelé et place le groupe en dessus de leurs personnes et témoin de leurs promesses.
    Ils sont solennels, presqu’un peu trop. Pour tracer le chemin qu’ils se sont dessinés, ils leur faudra une quantité de sueurs et d’abnégation que je leur souhaite de tout coeur de trouver en eux et autour d’eux.

    « Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort – Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port »

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  6. Oui ce sera difficile, très difficile ! Car bon nombre d’entre eux sont issus d’au moins la classe moyenne, qu’ils ont pour la plupart eu des vacances plusieurs fois chaque année, vécu dans des maisons confortables et grassement chauffée, fait usage de leur force physique uniquement pour faire du sport … et que le monde dans lequel ils souhaitent s’engager, avec les critères de « soutenabilité » annoncés et plus adapté aux gaillards que l’on envoya dans les tranchées en 14 (et à leurs femmes qui firent tourner les campagnes). Ce sera dur physiquement, le jour, la nuit, l’été, l’hiver et même les jours fériés (parce que travailler avec le vivant c’est « tous les jours, toute l’année », ce sera vexant, blessant, quand votre entourage, vos amis, vos familiers vous diront que ça ne vaut pas la peine, que gagner la moitié d’un smic en travaillant tous les jours n’est pas une vie, voir une impasse. Ce sera déprimant quant l’administration, les banques, les conseillers … vous classerons en dessous du seuil de pauvreté ! … vous regarderons avec mépris, suffisance, voir pire quant on est diplômé … Mais même malgré tout ça, je crois que c’est la meilleur voie pour nous tous, mais aussi pour chacun d’entre nous. C’est une voie infinie, sans cesse renouvelée, pleine d’aventure (probablement la dernière vraie aventure qu’il existe dans notre monde artificiel) et que par exemple quant tu finis, après de nombreux échecs*, à travailler ton lopin de terre en traction animale, et que devant toi, l’animal, marche paisiblement, régulièrement, dans le sillon … là d’un coup tes mains, ton coeur, ton ADN résonnent avec 10 000 ans d’histoire.
    Alors oui, bon vent à tous, et que ceux qui n’y arriveront pas n’en soient pas trop aigris quand même et surtout pas rancuniers!
    * »Trompes toi, trompes toi encore, mais trompes toi mieux » (attribué à S. Beckett)

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    1. Celà montre un malaise idéologique d’élite intellectuelle, qu’un retour aux travaux des champs pour une période de déportation pourrait traiter comme en Chine il y a quelques décennies.

      A tout le moins un échec du formatage au sein d’institutions pourtant professionalisantes laissées en roue libre.

      C’est un discours très idéalisé propre à séduire un public jeune, une minorité qui se voudrait agissante sans savoir comment, mais restant dans la logique du groupe et du collectif, indiscriminé. bien pensant et positif avant l’heure des choix.

      Où sont maintenant devenus les maoïstes de la grande époque ?

      1. @Ruiz (24/06 à 10h53) écrit : …  » malaise idéologique d’élite intellectuelle, qu’ un retour aux travaux des champs pour une période de déportation pourrait traiter comme en Chine il y a quelques décennies.  » …

        Sans doute mieux d’avoir pu lire  » ça  » qu’être devenu aveugle subitement..!

        Mais quand même , rassurez-moi..vous n’êtes pas devenu nouveau député français sur base explicite d’un tel brûlot..?

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        1. @Otromeros Il y a un demi-siècle les pourfendeurs du capitalisme bien pensants vantaient les mérites d’un retour à la nature paysanne pour les jeunesses urbaines.

          Le but en était probablement d’encadrer cette jeunesse à l’abri de pensées propres trop indépendantes dans un soutien à l’auteur d’un petit livre.

          Mais nos étudiants précités ont-ils vraiment une connaissance personnelle d’activités agricoles sur plusieurs années ?
          De leur caractère aléatoire, nécessitant du capital, de la forme physique, des contraintes horaires et calendaires, des perspectives de suicide …
          Au cours de leur cursus de formation ou de leur milieu familial ?

          Vers quoi veulent-ils bifurquer ?

  7. Signe des temps, c’est la question « des subsistances » (St Just, Robespierre, …) qui revient,
    avec la notion de « bien commun » !
    (horresco referens dans les fiefs du MEDEF et dans les comtats de la FNSEA).

    Et qui est d’actualité, Ukraine et vraquiers en rade, silos bombardés, ou blés volés, obligent.

    Par rapport aux autres citoyens pris dans la machine à produire, les agronomes qui veulent bien ouvrir les yeux
    voient sur une échelle d’un an la mauvaise pièce de théâtre du capitalisme néolibéral se rejouer.
    Cette prise directe sur ce qui pollue ou dégrade le végétal, vs. ce qui est vraiment un « fruit de la Terre » (évitons même le concept de production),
    c’est cela qui place les « agros » dans une position unique. Chaque année passée à pactiser est une récolte faite sans discernement.

    Mais, je serai un peu dans la ligne de Dardot et Laval pour la suite (auteurs de « Communs »):
    c’est par une nouvelle « praxis » que l’ensemble des débats ainsi soulevé sera le mieux tranchée et/ ou étoffé.

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    1. Ou les travaux d’Elinor Ostrom (Prix Economique de la banque de Suède, Nobel). « La tragédie des biens communs » qui nous permet de mettre en rapport les problématiques agricoles (les pâturages les communs, l’eau et les aquifères), avec le discours actuel de notre terre finie.

  8. la bifurque est violente . Il faut, faute d’énergie :
    cesser de voyager loin
    manger local, le plus cru possible, moins de céréales moins de viande et plus de fruits et légumes,
    isoler les habitations et se chauffer peu
    consommer durable en renonçant à beaucoup, beaucoup, de choses non essentielles…

    Et surtout convaincre les gros émetteurs de pollution, les plus riches d’entre nous et ceux qui ne sont pas français de faire de même… La tâche est rude, colossale…

  9. Commentaire du président du parti libéral belge francophone, le Mouvement ‘Réformateur’ (hum&sic!)

     » De petits privilégiés qui jouent aux révolutionnaires le temps d’une soirée avant de devenir cadre chez Danone mais juré, ce sera pour développer le programme fair trade… S’il veulent vivre en auto suffisance, c’est leur droit mais affamer le monde n’est pas un projet de société  »

    — Georges-L BOUCHEZ (@GLBouchez) May 10, 2022

    Triste (aussi d’être belge 😉

    1. M. Bouchez n’a-t-il pas été comparé à Trump par l’un des poids lourds de son parti? Et si l’agro-industrie dans le cadre de la mondialisation était la solution, pourquoi parle-t-on maintenant de future crise alimentaire mondiale? Monsieur je sais-tout a -t-il une solution à proposer à ces bio-ingénieurs?

  10. La première question à poser à ces brillants ingénieurs: combien d’humains une agriculture durable peut elle nourrir ?
    Rappelons nous l’époque 40-46, le rationnement, la « traversée de Paris »… Pas d’importation, pas d’herbicide, des chevaux de trait, des engrais naturels, le bocage…

      1. Certes, mais la question se pose. N’oublions pas que la « révolution verte » a permis à 8 milliards de personnes de souffrir plus d’obésité que de faim.

      2. Les pénuries étaient dues essentiellement au fait que 60% de la production nationale allait à l’Allemagne dans le cadre de la collaboration d’État.

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