En hommage au 14 mars de l’année qui s’achève : un texte mystérieux

Illustration par DALL·E (sans instructions de ma part, à la seule lecture du texte)

En ces jours lointains où le soleil africain de Cotonou étendait son manteau ardent sur nos existences d’expatriés, je me trouvais, avec une certaine Jane, au sein d’une cohorte disparate, un assemblage hétéroclite de personnalités échappées des contrées lointaines, réunies par un destin capricieux. Nous formions, Jane et moi, une fraction de cette bande, distincte de ces âmes nostalgiques du temps révolu des colonies, nous, les adeptes de la mentalité « pas colon », comme pour marquer notre distance avec un passé révolu. J’avais alors trente-huit ans, un âge où l’homme commence à contempler le chemin parcouru avec une certaine mélancolie, tandis que l’âge de Jane demeurait pour moi un mystère, bien que son apparence juvénile suggérât une vingtaine d’années tout au plus.

Jane, membre du Peace Corps américain, incarnait avec une conviction ardente l’esprit de notre groupe, d’autant plus qu’elle était Noire, une couleur de peau qui, dans le contexte de notre époque, revêtait une signification particulière, surtout dans un pays comme le Bénin, alors en proie aux idéaux marxistes-léninistes de l’année 1984. Cette situation politique rendait les déplacements des citoyens américains, telle Jane, à la fois périlleux et mal vus, la confinant ainsi, malgré elle, dans les limites de la capitale.

Notre connaissance mutuelle était à peine ébauchée, lorsque Jane, attirée par ma réputation d’aventurier des terres inconnues, vint un jour me solliciter. Elle exprima le désir de m’accompagner dans l’une de mes expéditions dans la brousse, terme local pour désigner ces contrées sauvages et mystérieuses. Je ne saurais dire avec certitude si j’ai dû obtenir une autorisation officielle pour qu’elle me rejoigne, ou si j’ai opté pour la discrétion, sachant que la présence d’une jeune femme noire à bord de ma Land Cruiser, flanquée des emblèmes des Nations-Unies, ne susciterait aucune interrogation dans ce Bénin accoutumé aux visages divers.

Ainsi, nous prîmes la route, un jour, vers un village reclus, niché dans les marécages au nord du Lac Ahémé. C’était pour moi une première visite dans ce hameau particulier, en tant qu’ambassadeur de notre projet FAO. Notre coutume était de découvrir ces villages de pêcheurs inconnus, d’en apprendre les techniques de pêche, souvent rudimentaires mais ingénieuses, et de proposer notre aide, parfois maladroite, mais toujours bien intentionnée, sous forme de matériaux et d’équipements divers.

Leur méthode de pêche, que je découvris, était d’une simplicité passive : des nasses placées en cul-de-sac au bout de barrages de branches entrelacées, formant un entonnoir. Cette découverte, comme tant d’autres, était un témoignage de l’ingéniosité humaine face aux caprices de la nature.

À cette époque, l’Afrique offrait un spectacle curieux en matière de mode vestimentaire pour les Blancs. D’un côté, les Européens, ayant abandonné le casque colonial, mais conservant une prédilection pour les vêtements amples et clairs, en tissus légers adaptés au climat ; de l’autre, les Américains, vêtus comme s’ils se trouvaient dans les régions chaudes de leur propre pays, en tenues décontractées de plage. Jane, ce jour-là, portait un T-shirt, un short en jean effrangé et des baskets écarlates, une tenue qui tranchait nettement avec l’environnement.

L’arrivée dans un village inconnu se faisait avec une certaine étiquette. Le véhicule était laissé à l’écart, et l’on s’avançait à pied, en quête d’une rencontre. Si personne ne venait à notre rencontre, une fois à proximité des premières huttes, il fallait frapper des mains pour signaler notre présence. Cette coutume, empreinte de respect et de prudence, ouvrait la voie à un accueil formel.

Le chef du village, accompagné de dignitaires, venait alors saluer les visiteurs, nous menant vers un banc à l’ombre. Là, un rituel d’accueil se déroulait, avec offrandes d’eau et compliments traditionnels, un écho lointain des origines du style musical « rap », où les visiteurs étaient loués pour leurs qualités supposées.

Jane, assise à mes côtés, semblait pétrifiée par la solennité du rituel, une solennité qui contrastait avec ses attentes peut-être plus légères d’une rencontre plus informelle. Pour ma part, habitué à ces coutumes, rien ne me surprenait, mais pour Jane, ce devait être un choc culturel, un plongeon dans un monde radicalement différent de celui qu’elle connaissait.

Après avoir échangé sur les besoins du village et proposé l’aide de la FAO, un moment surréaliste se produisit. Le notable qui m’avait servi d’interprète me confia en aparté que le chef du village souhaitait épouser Jane, une proposition qui, dans le contexte, semblait relever d’un autre âge.

Face à cette demande inattendue, je me trouvais devant un dilemme moral : devais-je protéger Jane de cette proposition qui pourrait la troubler, ou devais-je lui transmettre ce message, respectant ainsi son droit de savoir ? Finalement, je choisis la transparence, lui rapportant la proposition dans un anglais respectueux, reflétant le ton de mon interlocuteur.

La réaction de Jane fut celle d’une personne confrontée à un passé lointain et douloureux, un passé lié à l’histoire de ses ancêtres et à la tragédie de l’esclavage. Elle resta muette, submergée par l’ampleur de ce moment, par ce retour brutal à ses racines lors d’une simple randonnée.

En reprenant la route, Jane demeura silencieuse, absorbée par ses pensées. Nous n’avons jamais reparlé de cet incident, et je ne l’ai plus revue par la suite. Cette expérience, bien que brève, restera gravée dans ma mémoire, comme un témoignage poignant de la complexité des relations humaines, des cultures qui se croisent, et des histoires personnelles qui se tissent au fil des rencontres.

Illustration par DALL·E (sans instructions de ma part, à la seule lecture du texte)

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26 réponses à “En hommage au 14 mars de l’année qui s’achève : un texte mystérieux

  1. Avatar de Tout me hérisse
    Tout me hérisse

    Curieux cette interprétation du texte par DALL-E ? Le fait d’avoir très brièvement évoqué la période coloniale, DALL-E en conclut que la visite à ces populations doit se réaliser avec un armement, dans le but sans doute de les soumettre, ce qui n’apparaît pas dans le texte et ne peut en être déduit par inférence, cela pose question au sujet de l’IA, de son apprentissage, de sa morale et de son éthique ?

    1. Avatar de CloClo
      CloClo

      Peut-être que c’est « marxiste-léniniste » qui lui a inspiré le recours aux armes… En plus de Colonial ! Ou peut-être juste l’évocation de la brousse sauvage et de tout le champ lexical du texte.

      Comme d’autres mots qui mis en liaison peuvent aboutir à ce genre de création dans le mythe africain de contrée sauvage façon Indiana Jones ! :

      « ’une cohorte disparate, un assemblage hétéroclite de personnalités échappées des contrées lointaines, réunies par un destin capricieux. »

      « Cette situation politique rendait les déplacements des citoyens américains, telle Jane, à la fois périlleux et mal vus,… »

      « une de mes expéditions dans la brousse, terme local pour désigner ces contrées sauvages et mystérieuses. »

      « ma réputation d’aventurier des terres inconnues, »

      « Jane, assise à mes côtés, semblait pétrifiée »

      « Nous n’avons jamais reparlé de cet incident, et je ne l’ai plus revue par la suite.  »

      « devais-je protéger Jane  »

      « l’histoire de ses ancêtres et à la tragédie de l’esclavage. »

      Vu son background d’apprentissage, il était probable qu’il sorte des personnages en armes. Dans la Brousse les images en montre très très souvent qu’ils soient garde ou accompagnateur.

      Moi ce sont les avions dans le ciel ! Où il est allé chercher ça ? Que terre lointaine = avion pour s’y rendre ?

      1. Avatar de Otromeros
        Otromeros

        …  » Moi ce sont les avions dans le ciel !  » … (??)

        Va falloir choisir lequel de nous deux doit prendre un rdzvs urgent chez un ophtalmo…^!^…

        ((Sauf à devoir « nettoyer » son écran d’ordi..))

      2. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        @CloClo Des moustiques vus de près ? ou des papillons ?

        Le plus amusant est l’hésitation sur les bas de pantalon sur des jambes nues !

        1. Avatar de CloClo
          CloClo

          Oui Ruiz ça m’a amusé aussi le pantalon short ! L’indécision ou la non auto correction après un choix différent, selon comment se compose/construit une image E-Dalle en fait.

          Otremeros, disons que les deux « trucs » volant en arrière plan assez distincts semblent être un croisement entre une libellule et un hydravion à hélices… les autres faisant plus penser à des oiseaux certes ou des avions en escadrille par leur vol en formation… Il a dû hésiter entre différentes « versions »

          1. Avatar de Otromeros
            Otromeros

            Eureka…!! je finirai l’année sur ce « mea culpa » salvateur… Me faut reconnaître que je ne me suis intéressé qu’au SECOND dessin… celui qui précède ces commentaires…
            Les avions..je les vois..!!.. « boum »…
            Me font penser à « machin? » (dans un film) qui regardait en l’air un tôt matin de 1941 à Pearl Harbor…
            € 50 (au moins) d’épargnés…^!^…

          2. Avatar de timiota
            timiota

            Le premier pantalon quantique, en peau de chat de Schrödinger, designé par Everett dans un univers perpendiculairement parallèle au nôtre (et auquel je ne fais donc qu’une référence oblique).

      3. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        En fait en cette fin d’année c’est une opportiune suggestion de mettre un coup de projecteur sur la production littéraire majeure de l’année qui a débuté le 24 juillet :

        https://www.pauljorion.com/blog/2023/07/24/14-mars-2023-le-jour-ou-le-genre-humain-fut-saisi-par-le-doute-i-lintelligence-de-la-machine-a-depasse-la-notre-en-1642/

        et a pu pour certains passer inaperçu en cette période estivale de vacances !

        Cette suite en 17 épisodes peut être retrouvée in extenso, mais en ordre antichronologique par la simple recherche « 14 mars » dans le champ de Recherche du Blog.

    2. Avatar de Emmanuel
      Emmanuel

      La tenue, les armes et la Land Rover font plutôt penser à une ambiance « safari ». Il y a dans l’image, je trouve, un petit côté anglo-saxon, façon « Out of Afrika » (!?). Petite anomalie, Jane porte un tee-shirt à l’effigie des Nations-Unies, alors qu’elle est Peace Corp. Les « Corps de la paix » avait la particularité de s’immerger complètement dans le milieu, jusqu’à apprendre la langue locale, se faire adopter par des familles et rester environ 2 ans sur place…. Je pense que Jane a dû avoir peur que l’expérience aille trop loin. En plus, sachant que le Bénin avait été un des foyers très importants de départ de la traite des esclaves vers les Amériques….Bref, une histoire complexe….

  2. Avatar de Khanard
    Khanard

    Mais ce n’est pas un extrait de votre roman 17 portraits de femmes ??? roooohhhh j’y comprends plus rien !

    1. Avatar de Paul Jorion

      Bien vu ! Voici le fin mot de l’histoire :

      P.J. :

      Pourriez-vous réécrire le texte qui suit dans le style de Marcel Proust ? « Dix-sept portraits de femmes » XXXI. La femme qui, sous mes yeux, est remontée dans le temps

      GPT-4 :

      Dans le style de Marcel Proust, caractérisé par ses phrases longues et complexes, sa riche imagerie et ses réflexions introspectives, le texte pourrait être réécrit comme suit : …

      1. Avatar de Khanard
        Khanard

        @PJ

        J’ai été et je suis toujours emballé par ce roman . Je le redis en toute conviction il y a du Kerouac dans ce roman . Et par son côté « Exotique » lors d’une lecture supplémentaire j’y ai trouvé des accents de Leonardo Padura . Allez savoir !

        Mis à la sauce Proustienne n’enlève rien à l’imaginaire qui suinte de ce roman .

        1. Avatar de Tout me hérisse
          Tout me hérisse

          Khanard , le Mario Conde du blog de Paul Jorion… 😏
          Bonne année à tous.

        2. Avatar de Tout me hérisse
          Tout me hérisse

          Leonardo Padura a aussi participé au scénario du film de Laurent Cantet :Retour à Ithaque où se décrit bien la psychologie des protagonistes ayant vécu à La Havane des années F.Castro.
          A rapprocher de son grand roman Hérétiques (Herejes ) dans lequel il analyse également la notion de ‘libre arbitre’.

          1. Avatar de Khanard
            Khanard

            @Tout me hérisse

            oui effectivement , mais j’ai découvert Leonardo Padura au travers de son oeuvre sublime L’homme qui aimait les chiens . Je le conseille très vivement à tous les nostalgiques d’un Stalinisme rampant .
            Depuis j’ai tout lu de lui par contre je ne me https://youtu.be/0OfIXSIQUiIois pas en Mario Conde
            D’autant plus que je retrouve des évènements qui ont provoqué l’assassinat d’un ancêtre personnel .

        3. Avatar de Vincent Rey
          Vincent Rey

          Je plussoie. M Jorion a un incontestable talent d’écrivain.

          1. Avatar de Paul Jorion

            Mon seul effort pour publier ce texte a été sa communication chez Gallimard en interne. Le retour a été que j’aurais mieux fait de parler davantage de ma mère, et qu’à tout prendre je n’aurais dû parler … que d’elle ! Comme j’ai toujours des tas d’autres préoccupations, je suis passé à autre chose. Ceci dit, cela me fait toujours plaisir que ce que j’ai pris plaisir à écrire soit publié. Jusqu’ici l’occasion a toujours fini par se présenter, mais c’est plutôt au détour d’une conversation.

            1. Avatar de Vincent Rey
              Vincent Rey

              Y aurait-il une même proportion de nuls chez les éditeurs, que dans le reste de la population, ou bien ne lisent-ils qu’en diagonale ?

      2. Avatar de toutvabien
        toutvabien

        mouais… du Proust écrit à la manière d’un élève intelligent poli et un peu con, c’est à dire rien de Proust. ce qu’on aime entendre c’est le corps des choses, les architectures sensibles etc. GPT en littérature, tout comme ses homologues pour l’art plastique (moins évidents pour la plupart tombés sous la sidération) est juste un scrypteur aveugle, à ses synthèses manque la moitié du squelette ( mais de quelle bête ?)
        Dernière page de « La Recherche »:
        > « La date à laquelle j’entendais le bruit de la sonnette du jardin de Combray si distant et pourtant intérieur, était un point de repère dans cette dimension énorme que je ne savais pas avoir. J’avais le vertige de voir au-dessous de moi et en moi pourtant comme si j’avais des lieues de hauteur, tant d’années.
        > Je venais de comprendre pourquoi le duc de Guermantes, dont j’avais admiré, en le regardant assis sur une chaise, combien il avait peu vieilli bien qu’il eût tellement plus d’années que moi au-dessous de lui, dès qu’il s’était levé et avait voulu se tenir debout avait vacillé sur des jambes flageolantes comme celles de ces vieux archevêques sur lesquels il n’y a de solide que leur croix métallique et vers lesquels s’empressent les jeunes séminaristes, et ne s’était avancé qu’en tremblant comme une feuille, sur le sommet peu praticable de quatre-vingt-trois années, comme si les hommes étaient juchés sur de vivantes échasses grandissant sans cesse, parfois plus hautes que des clochers, finissant par leur rendre la marche difficile et périlleuse, et d’où tout d’un coup ils tombent. Je m’effrayais que les miennes fussent déjà si hautes sous mes pas, il ne me semblait pas que j’aurais encore la force de maintenir longtemps attaché à moi ce passé qui descendait déjà si loin, et que je portais si douloureusement en moi ! [Texte ne figurant pas dans le manuscrit] Si du moins il m’était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l’idée s’imposait à moi avec tant de force aujourd’hui, et j’y décrirais les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l’espace, une place, au contraire, prolongée sans mesure, puisqu’ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques vécues par eux, si distantes, – entre lesquelles tant de jours sont venus se placer – dans le Temps.

        1. Avatar de toutvabien
          toutvabien

          ([Texte ne figurant pas dans le manuscrit] → la dernière partie fut réintégrée à l’édition bien que Proust l’eut biffé sur le cahier manuscrit –

        2. Avatar de Garorock
          Garorock

           » Je venais de comprendre pourquoi le duc de Guermantes, dont j’avais admiré, en le regardant assis sur une chaise, combien il avait peu vieilli bien qu’il eût tellement plus d’années que moi au-dessous de lui, dès qu’il s’était levé et avait voulu se tenir debout avait vacillé sur des jambes flageolantes Je venais de comprendre pourquoi le duc de Guermantes, dont j’avais admiré, en le regardant assis sur une chaise, combien il avait peu vieilli bien qu’il eût tellement plus d’années que moi au-dessous de lui, dès qu’il s’était levé et avait voulu se tenir debout avait vacillé sur des jambes flageolantes comme celles de ces vieux archevêques sur lesquels il n’y a de solide que leur croix métallique et vers lesquels s’empressent les jeunes séminaristes, et ne s’était avancé qu’en tremblant comme une feuille, sur le sommet peu praticable de quatre-vingt-trois années, comme si les hommes étaient juchés sur de vivantes échasses grandissant sans cesse, parfois plus hautes que des clochers, finissant par leur rendre la marche difficile et périlleuse, et d’où tout d’un coup ils tombent. et ne s’était avancé qu’en tremblant comme une feuille, sur le sommet peu praticable de quatre-vingt-trois années, comme si les hommes étaient juchés sur de vivantes échasses grandissant sans cesse, parfois plus hautes que des clochers, finissant par leur rendre la marche difficile et périlleuse, et d’où tout d’un coup ils tombent.  »
          Bof!
          Style ampoulé et oiseux : « comme celles de ces vieux archevêques sur lesquels il n’y a de solide que leur croix métallique et vers lesquels s’empressent les jeunes séminaristes, » : métaphore moisie.
           » sur le sommet peu praticable de quatre-vingt-trois années » : Tiens nous v’la à la montagne!
           » juchés sur de vivantes échasses grandissant sans cesse » : Retour au pays basque!
          Tout ça pour dire que Guermantes avait toujours voulu péter plus haut que son cul et que comme beaucoup d’entre-nous il finirait en déambulateur!
          Faudrait demander au super Matou siliconé de réécrire Proust avec le style de quelqu’un d’autre.
          Sinon on ne va pas s’en sortir.
          😎

    2. Avatar de Bruno GRALL
      Bruno GRALL

      OUI Khanard, il me semblait bien avoir lu cette histoire dans : 17 portraits de femme.

    3. Avatar de Didier Combes
      Didier Combes

      Je savais que j’avais lu ce texte ici, et n’ai pas fait le lien avec « 17 portraits de femmes ». (Je préfère le style de la VO que Proust réinterprété par Gpt4.)
      Le personnage (garde ou policier) en arme sur le toit du véhicule semble démuni de jambes.

  3. Avatar de Hervey

    Ecriture fluide, si joliment classique que DALL-E (ainsi que vous le soulignez) s’est cru, de lui même (sic), obligé de mettre un complet veston (vite fait bien fait) aux dignitaires du village.
    🙂
    Avec une Jane dans la brousse, on pense tout bêtement à Tarzan.
    Suis tout aussi balourd que DALL-E.

  4. Avatar de fnh
    fnh

    Chacun fera le lien selon,son histoire.

    Georges Bataille:

    « « La morale avare fonde l’entente de la justice et de la police. Si je préfère la jouissance, je déteste la répression. Le paradoxe de la justice est que la morale avare la lie à l’étroitesse de la répression ; la morale généreuse y voit le premier mouvement de celui qui veut que chacun ait son dû, qui accourt à l’aide de la victime de l’injustice. Sans cette générosité, la justice pourrait-elle palpiter ? et qui pourrait la dire prête à chanter ?
    De même, la vérité serait-elle ce qu’elle est si elle ne s’affirmait généreusement contre le mensonge ? Souvent, la passion de la vérité et de la justice s’éloigne des positions où son cri est celui de la foule politique, car la foule que parfois la générosité soulève, parfois reçoit l’inclination contraire. Toujours en nous la générosité s’oppose au mouvement de l’avarice, comme au calcul raisonné la passion. Nous ne pouvons nous en remettre aveuglément à la passion, qui couvre aussi bien l’avarice, mais la générosité dépasse la raison, et elle est toujours passionnée. Quelque chose est en nous de passionné, de généreux et de sacré qui excède les représentations de l’intelligence : c’est par cet excès que nous sommes humains. Nous ne pourrions que vainement parler de justice et de vérité dans un monde d’automates intelligents. »

    Une justice « prête à chanter », je trouve cela incongru et magnifique.

    Bonne année à tous.

    Fabien

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