Léo Ferré (1916–1993)

Un été pluvieux, sans doute celui de 1971. La nuit, au Vieux–Bourg–de–Pléhérel, Côtes d’Armor, il pleut des cordes. Les affiches le jour d’avant annonçaient la venue de Léo Ferré. Comme des chiens mouillés et transis, sous le chapiteau détrempé, nous sommes en tout et pour tout, sept.

Il est arrivé et il a chanté.

Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu’on s’demande si c’est utile
Et puis surtout si ça vaut l’coup
Si ça vaut l’coup d’vivre sa vie (*)

Il a chanté de tout son coeur, de toute son âme pour les trois pelés et deux tondus qui se trouvaient là et qui auraient accueilli avec tristesse sans doute mais avec indulgence l’annonce d’un présentateur navré que la soirée était annulée. Il a chanté pour nous parce qu’il aimait la musique et la poésie et tous ceux qui les aiment aussi et il a balayé de son souffle puissant les préventions que j’avais amenées avec moi honteusement à l’égard d’un anarchiste paradoxal se déplaçant en limousine.

Chapeau l’artiste !

(*) « Comme à Ostende », texte de Jean-Roger Caussimon, musique de Léo Ferré

Partager :

7 réflexions sur « Léo Ferré (1916–1993) »

  1. Superbe texte, superbes extraits vidéos. Juste une coquille, sans doute due à l’émotion : « trois pelés et deux tondus », ça n’a jamais fait « en tout et pour tout, sept ».

    1. Ben si, si on compte Léo et son chauffeur 🙂

      Merci Paul, vous avez du vivre là un moment d´exception.

    2. Je suis comme le secteur du crédit hypothécaire : l’arithmétique élémentaire me perdra !

      L’internet : Rabelais, au XVIe siècle, utilisait « trois teigneux et un pelé »

Les commentaires sont fermés.