L’heure d’été

En invité aujourd’hui, Eddy Devolder. Il m’a envoyé ceci et j’ai eu envie de le partager,

j’avoue :

j’ai un petit penchant pour certaines stupidités
décrocher le téléphone à minuit moins une le 31 décembre
et écouter la voix de l’horloge parlante…
Cette nuit je me suis levé à 1.45
pour assister au passage à l’heure d’été
j’ai allumé l’ordinateur
au bas de l’écran: 01.59 et devenu automatiquement 03.00
j’ai levé la tête en direction du vieux réveil qui m’accompagne depuis l’université
je l’ai regardé avec une certaine tendresse
en le considérant comme un objet archéologique
un témoin du naufrage de l’heure d’hiver
je l’ai pris en main, j’ai avancé les aiguilles d’un tour de cadran
je me suis baladé dans la maison endormie
question d’être assuré de me lever à l’heure d’été.

Quand il a vu que je le publiais sans rien lui dire, Eddy a voulu vous montrer aussi ceci.

Maman Kilo, pygmée Batwa dans les ordures de Kinshasa

Les dessins sur écorces des pygmées Bambuti sont fascinants. A couper le souffle. D’autant qu’ils résistent à la lecture, à l’interprétation.
Ce ne sont d’ailleurs pas à proprement parler des dessins mais des décorations vestimentaires.
Ces bandes d’écorces d’environ 80 centimètres sur 40 que les hommes rouissent et martèlent longuement sont des pièces de vêtement, des sortes de langes qu’ils revêtent, le temps d’une fête et les femmes les peignent essentiellement dans le but d’embellir le porteur.

Elles dessinent au doigt ou à l’aide d’une branche trempée dans un jus noir.
Assises à même le sol, jambes tendues, le corps à angle droit elles commencent par plier l’écorce en quatre.
Le mot cahier vient aussitôt à l’esprit. (Ce que les Francs appellent kwaër, les Romains le nomment quaternio. Ce n’est rien de moins qu’une peau de parchemin pliée en quatre.)
Mais les femmes Bambuti n’écrivent pas, (seuls deux pour cent des pygmées savent lire) elles donnent à voir leur forêt sur une partie de forêt qui servira de vêtement.
Le pygmée qui le portera sera ainsi pris en sandwich entre la forêt, son milieu naturel et une image de la forêt sur un morceau de forêt.

Rien dans ces dessins n’évoque les nôtres.
Plus encore. Chaque pygmée donnera du dessin une lecture différente.
Entre eux, ils ne reconnaissent qu’un seul symbole que nous identifions également : l’étoile ! Petite rosace, conjonction de x et +, tracée à la façon de notre rose des vents.

C’est elle, cette étoile qui donne aux tracés sinueux des femmes Bambuti un caractère de dessin.
Voilà comment l’histoire avec les pygmées devient littéralement sidérante, par l’effet d’une étoile semblable à celle qui oriente les rois mages.

Le désir est premièrement « quête de l’étoile » et je me suis mis en tête de rencontrer des pygmées afin de les entendre décrire leur monde, afin de pouvoir entrer dans leurs dessins.
Parfois en feuilletant, le livre que Georges Meurant leur a consacré ou l’ouvrage publié par la fondation Dapper, je pense à Henri Michaux, à ce qu’il aurait pu y voir, ce qu’il aurait en dire s’il s’était penché sur le sujet.

Le désir n’a pas d’heure, il n’a pas le temps. C’est ce qui le rend si surprenant.

Il y a quelques années, plusieurs revers de fortune m’ébranlent, coup sur coup.
« L’arrêt de mort » de Maurice Blanchot, quelques poèmes de Celan et de Mandelstam m’obsèdent.

Depuis des mois, je souffre des yeux. Depuis que je me suis penché sur une photographie, elle représente les murs des douches d’Auschwitz. Ils sont labourés par des coups de griffes. On sait le reste…
Cette photo ma saute au visage, s’imprime sur la rétine. Des coups de griffes labourent mon regard. Je vois le monde à travers une grille dessinée avec des ongles.
Pour éviter que cette grille ne devienne celle d’une prison, d’un asile, je conçois le projet de partir au Congo, alors que le pays est sous tension.
En décembre 2006, je suis à Kinshasa où je rencontre longuement Emmanuel.
Il me parle de ses engagements, de ses intérêts, des pygmées avec lesquels il travaille…
Il y a donc des pygmées à Kinshasa… ? En pleine ville surpeuplée?
Je tombe des nues. Emmanuel promet de me les présenter la prochaine fois.
Il croit pouvoir dégotter quelques tissus Bambuti.
Il promet de m’en amener le matin de mon départ mais il ne vient pas au rendez-vous. Emmanuel est à l’hôpital, victime d’une kératite, une inflammation des yeux, comme si du sable y avait été jeté à souhait.
J’en suis bouleversé.
Il faut être au Congo pour penser qu’Emmanuel m’a lavé les yeux d’une image qui la brouillait, que mon irritation est passée de mes yeux dans les siens.
Désormais un étrange lien nous unit. Nous restons en contact. Un jour il m’envoie en guise de cadeau quelques dessins qu’une maman pygmée a réalisés à sa demande.

Quand je retourne à Kinshasa en janvier 2008, la rencontre avec les pygmées est prioritaire.
Emmanuel prend rendez-vous.
Je songe alors que je vais rencontrer une communauté de femmes Bambuti prête à m’initier aux subtilités de leur art.

Nous sommes six dans le break qui emprunte la route des poids lourds, … la sortie de Kinshasa.
Ria, solaire à souhait tient le volant. Emmanuel et Michaël, un de ses copains thésards qui travaille sur les pygmées occupent la banquette avant.
Thomas et Aimé m’entourent à l’arrière. Ils m’accompagnent depuis la Belgique.
Un ami, producteur à la radio m’a encouragé à enregistrer la rencontre. Le sujet l’intéresse vivement.

Ria, suit les indications de Michaël, gare la voiture le long d’une pépinière. Ici et là, des étals, des fruits : papayes, mangues cœur-de-bœufs, des légumes, tomates, arachides. Beaucoup d’ananas. Leur odeur parfume l’air ; délice du Congo sous le soleil, à dix heures du matin, début janvier.

Nous traversons en groupe. Nous longeons un rideau de verdure.
Michael a pris la tête, c’est notre guide. Il s’enfonce soudain dans une trouée, escalade un léger remblai, rejoint la rive spongieuse d’une rivière.
Il marche vite, nous entrons dans un immense bidonville.
Nous sommes une attraction qui traverse le quotidien d’une population cachée qui nous regarde passer, étonnée et curieuse.

Devant un semblant de case, une femme nous attend. Elle n’est pas seule. Une dizaine d’autres femmes et une multitude d’enfants se tiennent dans son dos.
Michaël nous présente: « Maman Kilo… » Elle nous invite à entrer.
Des fauteuils en plastique bleu nous attendent, je m’assieds au fond de la case, dans la pénombre totale. Une odeur désagréable de caoutchouc et de plastique brûlé, mélangée aux miasmes de détritus en décomposition remplit l’air.
Dehors les femmes pygmées se sont assises en arc de cercle, à même le sol. Elles sourient. Enfin, je touche au but.

Thomas installe l’enregistreur: « Maman Kilo, comment, par quel hasard êtes-vous ici à Kinshasa ?  »

Ce n’est pas la porte à laquelle je frappe qui s’ouvre mais celle d’un voisin qui m’invite à entrer comme si j’étais l’hôte attendu.
Je voulais rencontrer les Bambutis, j’arrive dans une communauté Batwa.

Le témoignage de Maman Kilo

« Je m’appelle Ewaki mie Marie Kilo ou plus simplement Maman Kilo.
J’ai dix enfants et ma fille aînée en a déjà deux.
Je suis une femme pygmée Batwa. Je viens de la province du Bandundu.

Nous les pygmées, nous sommes nombreux.
Il y a les Baka, les Babenga, les Bambuti et beaucoup d’autres encore.
Les Bambuti ont les peintures sur écorce.
Nous, les Batwa nous avons la vannerie et la poterie.
Nous confectionnons des paniers et de belles corbeilles, des nasses pour pêcher et des filets pour chasser.
Nous fabriquons aussi des nattes avec des dessins. Nous avons beaucoup de dessins dans les nattes.
Nous sommes des nomades.

Nous avons aussi le chant, la danse, la musique. C’est important pour les pygmées.
Je possède un petit pagne en raphia teint que je mets quand je vais danser.
Ce sont nos frères, les Babenga de Brazzaville qui m’ont aidée à le fabriquer.
Avant de danser, je peins des figures sur mon corps.

Nous n’avons pas de peintures corporelles pour aller à la chasse, seulement pour danser.
La danse est importante parce qu’elle régénère.

Nous avons également beaucoup d’histoires. Nous avons aussi des légendes mais nous attendons la nuit pour les raconter.

Nous sommes les enfants de la forêt. Nous le sommes par la volonté de Dieu.
Dieu n’est pas le nom que mon peuple donne à l’Esprit.
Chez nous, il s’appelle Komba.
Il habite chaque homme.
Il est le souffle qui habite chaque homme.
Lorsque quelqu’un meurt, le souffle entraîne l’âme dans le royaume des morts. Là, elle s’enveloppe de blanc.

Nous les pygmées, nous avons une très bonne phonie et beaucoup de moyens pour communiquer à distance. Nous avons le tam-tam et le nœud.
Nous avons encore d’autres moyens. Beaucoup sont secrets et fonctionnent uniquement entre pygmées.

Quand nous sommes en chemin et que nous voulons rencontrer précisément quelqu’un dans un campement voisin, nous prenons une écorce, une branche flexible, une liane. Nous la nouons en pensant à la personne. Nous prononçons son nom au moment de le serrer. Nous attachons le nœud à la ceinture et nous porter jusqu’au campement.

Avant d’arriver, il faut siffler et quelqu’un vient vous chercher.
Celui qui pénètre sur le territoire des pygmées sans autorisation, risque la mort.
La personne que vous désirez rencontrer nous attendra, elle sera là et commencera par nous dire: « Pourquoi m’as-tu empêché d’aller à la chasse… ».
Nous montrerons le noeud et nous expliquerons pourquoi nous l’avons noué.

Nous avons l’habitude de chasser.
Nous mangeons beaucoup de viande.
Un pygmée a besoin de beaucoup de viande.
Il a besoin de miel sauvage. Nous mangeons également les chenilles et de fruits.
Quand vient la saison des chenilles, nous nous enfonçons très loin dans la forêt.
Un pygmée n’aime pas manger des légumes, du manioc mais ce que la forêt nous donne. Nous chassons avec des filets. Les enfants et les femmes accompagnent les hommes.

Souvent, l’homme s’unit à la femme dans l’intimité de la forêt. Pas dans l’intimité de la case qui ne compte qu’un seul espace commun à toute la famille.
De retour au campement, ce n’est pas le mari mais la femme qui décide de la répartition.
Le pygmée n’épouse qu’une femme.
Pour se marier, ils doivent être très unis, c’est pourquoi les pygmées sont très jaloux.
Une fois mariée, c’est la femme qui décide. L’homme obéit. Il en a toujours été ainsi.

C’est Dieu qui a voulu que je sois femme pygmée et je l’accepte. Pourtant nous sommes en danger. En grand danger.
La forêt est menacée.

On coupe les arbres, on défriche, on nous repousse toujours plus loin et il y a de moins en moins de gibier.
Pire, ceux qui prennent nos terres, nous menacent.
Nous n’avons aucun recours contre eux.
Nous n’avons aucun droit. Seulement celui d’accepter de devenir des esclaves.
Nous sommes très pauvres. Et nous sommes absolument démunis.
Nous n’avons presque plus de souffle.
Il nous manque. Nous étouffons. Nous n’avons plus assez de force.

On nous accable. On nous dit sales, répugnants, on nous dit bêtes, stupides, on nous dénigre.
On nous traite comme des animaux.
Dans certains coins on nous appelle « la viande sur pattes ».
Partout nous sommes maltraités.
Nous n’existons que pour être exploités, blâmés, brimés, discriminés.

Nous sommes pourtant les premiers habitants de l’Afrique.
Partout dans la forêt tropicale, il y a des pygmées au Cameroun, au Gabon, au Congo Brazzaville, en République Centrafricaine, en Ouganda, au Rwanda, au Burundi et bien sûr, ici au Congo où nous sommes présents partout sauf dans la province du Bas Congo. Sinon nous sommes au Katanga, dans le Kasaï, au Kivu, en Ituri…

Entre pygmées, nous sommes tous frères.
Quand nous allons à Brazzaville, nous sommes accueillis comme des parents par les Babenga, ils nous donnent à manger et un coin pour dormir.

Nous sommes les premiers habitants de l’Afrique, nous le savons: nous possédons des histoires qui racontent l’arrivée des occupants actuels, nous savons d’où ils viennent. Nos ancêtres les ont vus s’installer sur nos terres.
Ils se les sont appropriées et refusent depuis de nous reconnaître le droit à la propriété.
Aucun pygmée ne possède de terre à cultiver.
Rares sont ceux qui possèdent des papiers.

Dans la province du Bandundu, quand la police arrête le meurtrier d’un pygmée, il n’est jamais condamné pour homicide, mais comme auteur d’un acte de braconnage.
Dans une dispute avec un bantou, la pire des injures, c’est de lui dire « Babenga » (pygmée). S’il vous tue, il pourra toujours invoquer la légitime défense et il sera entendu !

Nous sommes pourtant un peuple très pacifique, un peuple réservé et discret avec nos voisins.

Je m’appelle Ewaqui.
Dans notre langue, cela signifie, la maman de l’enfant qui est mort avant de naître, de l’enfant qui apporte la mort avec la naissance.
Le mauvais sort a frappé.

Certains ont alors murmuré que je n’avais pas assez invoqué la lune, que je n’avais pas suffisamment levé les mains dans sa direction avant chaque activité.
Chez nous, c’est la lune qui dirige tout.
C’est le centre de l’univers.
Le soleil et les étoiles sont les serviteurs de la lune.
Le matin quand nous nous réveillons, nous commençons toujours par lui confier nos rêves, bons et mauvais.
Et quand nous allons nous activer, nous lui racontons ce que nous allons entreprendre.
Cela nous oblige à être honnête et nous évite d’avoir des mauvaises pensées.

Je suis née dans un dispensaire. A côté d’un pèse-personne.
Ma mère a perdu ses eaux.
Je suis née à côté d’une balance. Depuis on m’appelle Marie-Kilo.

J’ai la chance de pouvoir lire et à écrire grâce à Dieu et aux missionnaires catholiques.
Un pasteur suédois m’a aidé à devenir ce que je suis.
J’ai étudié. Je suis devenue infirmière, puis accoucheuse. J’ai aussi appris des rudiments de chirurgie. J’ai pratiqué plusieurs césariennes… J’ai également travaillé dans la forêt.
J’ai été responsable d’un petit hôpital.

Un jour Mobutu a décidé de chasser les blancs. Il leur a donné 24 heures pour quitter le Congo. Le pasteur est parti précipitamment.
J’ai pris l’argent qu’il laissait derrière lui.
Je l’ai caché, je l’ai enterré.
C’est l’argent des blancs mais tout le monde en parlait, tout le monde voulait le partager et tout le monde s’est mis à me tracasser. Les ennuis se sont accumulés. Mon mari est mort.

Après de longs mois sans nouvelles, les missionnaires suédois m’ont demandé de leur renvoyer l’argent.
En 2003, je me suis mis en route et je suis arrivée à Kinshasa avec les six enfants les plus jeunes et j’ai envoyé l’argent en Suède. Je suis fidèle. Je n’ai rien gardé. Pas un franc et je me suis retrouvée sans le sou.

Le mauvais sort s’est alors acharné sur moi. Et je n’ai plus eu l’occasion de retourner dans le Bandundu.

En arrivant à Kinshasa, je ne savais pas qu’il y avait des pygmées.
Ils vivent au milieu des saletés, des ordures. Ils sont en mauvaise santé.
Aujourd’hui je suis présidente de l’association des femmes pygmées de Kinshasa.
Nous sommes actuellement 490.
Nous vivons dans les pires conditions.
Nous ne sommes pas bien portants, nous ne dormons pas bien et nous ne mangeons pas comme il faut.
Il faut pouvoir se recueillir pour exister. Nous n’avons pas de moyen pour revivifier notre souffle.
Personne ne nous vient en aide.
Tout le monde nous oublie.

Beaucoup sont arrivés ici à cause des guerres.
En 1975 et 1976, Mobutu a recruté un régiment entier de pygmées de l’équateur parce que ce sont d’excellents chasseurs.
Il les a casernés à Kinshasa, les familles les ont rejoints.
Les pygmées ont été envoyés au front pour se battre contre Laurent Désiré Kabila. Ils sont tombés dans un traquenard et ont tous été tués.
A la nouvelle de leurs décès, les familles pygmées ont été chassées des casernes.
Désorientés, ils sont restés à Kinshasa.
Certains se sont remariés avec des bantous.
Je pourrais rentrer mais je me suis mariée avec un bantou.

Voyez ma case a failli prendre feu.
Toutes les nuits nous dormons à quinze dans une pièce unique et demain nous allons être chassés d’ici….

J’arrête l’enregistreur.
C’est plus fort que moi. Dehors, un méchant manège se déroule dans le dos de Maman Kilo.

Un bantou muni d’un bâton vient régulièrement lorgner à l’intérieur de la case. Il insiste, s’attarde…
Nous sommes des importuns.
Soudain je le vois frapper l’une des femmes pygmées assises en demi-cercle devant la case. Il lui assène des coups de pieds dans le dos. Il l’admoneste en lingala. Assis à côté de moi, Aimé, mon compagnon de route au Congo, me traduit.
« Il faut mentir… Compris… Il faut mentir… »
Que se passe-t-il ?
Quelques instants plus tard, un pousse-pousseur Bayaka, conduit par le bantou vient déverser le contenu de sa charrette sur les femmes sur les femmes pygmées : de la boue, des déchets, des détritus…
Comment est-il arrivé là?

Je pense au dédale de petits chemins que nous avons empruntés pour arriver chez Maman Kilo. D’où vient-il?
Bientôt il est suivi par un autre pousse-pousseur.

L’agression est flagrante.
L’entretien n’a que trop duré. La violence est sournoise et elle vient de montrer d’un cran.
Maman Kilo tient à nous raccompagner. Elle ne nous laisse pas le temps de saluer toutes les femmes qui accompagnent Maman Kilo.
Elle me prend par le bras, me presse de la suivre.
« Vous voyez, dit-elle au bout de quelques pas, vous voyez comment nous sommes traités… »
Mille pensées me viennent alors à l’esprit.

Je pense à la condition des noirs en Amérique, à l’extermination des indiens dans le nord et la forêt amazonienne. Je pense aux manifestations de l’antisémitisme.
Je pense à Primo Lévi, à Robert Antelme…
Je pense aussi à Gilles Deleuze quand il dit : « Les écrivains sont des porte-paroles, ils doivent parler pour ceux qui n’ont pas la parole, le peuple des souris de Faulkner… »
Soudain tout concourt à prendre urgemment le parti des pygmées.

Le 20 janvier 2008.

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Une réflexion sur « L’heure d’été »

  1. 1951. Victor Flanagan naît en Australie.
    Il possède une propriété en front de mer, près de Brusselton
    Un jour il propose à sa soeur Violet Georgia de l’occuper.
    Il vient de décider d’aller où le vent le mène,
    de mener une vie de vagabond.
    Il reçoit vite un sobriquet : le nomade nu. C’est un sans papier.
    Ce qu’il veut, c’est être le plus proche possible de la nature
    Quand il arrive aux abords d’une habitation, il chausse des thongs et noue un sarong autour de la taille. Il ne cherche pas à choquer.
    En 1996, il téléphone à sa soeur. C’est la dernière fois qu’elle reçoit de ses nouvelles.
    Il est en Papouasie Nouvelle Guinée
    il vit de ce qu’on lui donne,
    il raconte volontiers qu’en cours de route
    deux catégories de personnes s’intéressent volontiers à lui : les voyageurs et les policiers.
    En 2006 sa soeur dépose une requête auprès du greffe du tribunal de Perth, qui ouvre une enquête
    Les habitants de Lae en nouvelle guinée affirment avoir trouvé, il y a quelques temps déjà,
    le cadavre d’un caucasien dérivant dans un canoë
    Ils l’ont enterré sans cérémonie dans la fosse commune.

    Le tribunal de Perth dans sa séance du 6 avril a statué: Victor Flanangan peut être considéré comme mort.

    Violet Georgia Flanagan-Jenkins peut désormais profiter de la propriété de son frère
    elle se situe à front de mer à quelques encablures de Brusselton.
    Elle vaut plusieurs millions de dollars australiens.

    Le correcteur orthographique de l’ordinauter ignore le nom Flanagan, chaque fois qu’il le rencontre, il propose de le remplacer par « Flânant »…

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