Pierre Bourdieu (1930 – 2002)

Il y a quelques semaines, la rédaction de la revue Savoir / Agir m’a contacté, me demandant si je voulais bien écrire un article sur la crise des subprimes. Je leur ai répondu que ce serait bien volontiers. J’ai rédigé « La compréhension des crises financières et leur répétition », à paraître dans leur numéro de juin.

J’ai écrit mon texte dans un style qui rappellera certainement celui de Pierre Bourdieu, le plus connu sans doute parmi les fondateurs de la revue. Ce n’est pas un pastiche : c’est un hommage.

J’ai consacré un billet l’année dernière à Ceux qui excellent dans leur discipline. Je pensais à Katsuhiro Otomo quand j’écrivais : « Il existe des disciplines où ceux ou celles qui y excellent dépassent de beaucoup par leur stature celle de leurs rivaux même les plus proches » mais je pourrais appliquer les mêmes mots à Pierre Bourdieu.

En 1975, Bourdieu a eu entre les mains le manuscrit de l’un de mes tout premiers articles, intitulé Adjuration du hasard et maîtrise du destin, consacré aux représentations de la réussite et de l’échec parmi les pêcheurs bretons. Il m’a immédiatement proposé de le publier dans Actes de la Recherche en Sciences Sociales. J’ai dû le décevoir : je l’avais déjà promis à Jean Pouillon et cet article serait ma première publication dans L’Homme.

J’espère que l’on dira un jour de La transmission des savoirs (1984 ; bientôt republié), écrit à quatre mains avec Geneviève Delbos, qu’il « appartient à l’école de Bourdieu », comme on dit de certains des ouvrages glorieusement traditionnalistes consacrés à la famille en Bretagne qui nous servirent d’exemples, qu’ils « appartiennent à l’école de Le Play ».

J’ai fait partie du cercle rapproché de certains grands professeurs dont je ne me suis jamais reconnu le disciple. Je n’ai jamais rencontré Pierre Bourdieu mais j’ai l’honneur de me compter au rang de ses disciples.

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2 réflexions sur « Pierre Bourdieu (1930 – 2002) »

  1. c’est étonnant, je viens de tomber sur cet article, en cherchant sur google, après avoir lu votre livre prescient sur la crise du capitalisme américain.

    Or justement, c’est l’impression que j’avais eu en le lisant, c’est sa rigueur et sa profondeur Bourdieusienne, tout en restant « non universitaire » (si si) dans le style et très abordable. Le seul indice qui pouvait mettre la puce à l’oreille étant une référence à Wittgenstein. Ou, de manière plus diffuse, l’analyse des discours d’A. Greenspan (il y a quelque chose que j’adore par ailleurs chez Bourdieu, c’est son talent de lecteur et de citation, qui donne vraiment envie de lire et analyser les auteurs dont il parle).

    C’est également très encourageant pour une approche « non utilitariste » de l’économie (type MAUSS), mais qui n’hésite pas à aller sur le terrain de la pensée « dominante » financière, c’est à dire la théorie financière, l’analyse des marchés, la comptabilité, les probabilités et statistiques … (points faibles traditionnels des approches non-orthodoxes de l’économie, point de vue personnel).

    Pour résumer, vous êtes clairement un disciple brillant de Bourdieu, dans la catégorie de ceux qui étendent le champ de la discipline et n’hésitent pas à utiliser des instruments diversifiés, et aller porter la contradiction et le doute au coeur des mécanismes du capitalisme moderne.

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