J’ai besoin de vos idées

Il y a six mois, le 25 janvier, je faisais le point dans Audience du site. Je vous y proposais un diagramme montrant la progression des accès mensuels à www.pauljorion.com, de 1 213 en juin 2007 à 5 586 en janvier 2008. Depuis, le chiffre n’a pas cessé de grimper : il est aujourd’hui de 13 239 pour le mois écoulé. Vous êtes chaque jour plus de 300 à me lire, et chaque jour plus nombreux avec 40 % de nouveaux visiteurs.

Comme vous le savez, Philippe Barbrel a la gentillesse de reproduire mes billets d’actualité dans Contre Info dont l’audience est plus de dix fois supérieure à celle de mon propre site et où j’ai le plaisir de constater qu’ils sont parmi les plus lus. Betapolitique de son côté semble avoir pris l’habitude de reprendre ce que je publie dans Contre Info, et ainsi de suite.

Tout cela pour dire que je sais être beaucoup lu et que j’en suis flatté.

Ceci dit, j’ignore ce que vous découvrez dans ce que vous lisez. Je constate – au nombre de commentaires – les débats qui vous passionnent, mais j’ignore tout de ce qui vous fait lire ce que j’écris plutôt qu’autre chose.

Or, j’ai besoin d’un retour. Et ceci pour une raison précise : je dois me reconvertir. Je suis spécialiste d’un secteur qui m’a fait vivre depuis dix–huit ans, la « finance structurée », mais qui est aujourd’hui totalement sinistré. Comme j’ai pu le constater depuis que j’ai perdu mon emploi chez Countrywide en octobre dernier, les débouchés y sont désormais inexistants.

Vous l’avez donc compris. je ne vais pas à la pêche aux compliments : j’ai vraiment besoin de vos idées, j’ai besoin que vous me disiez à quoi vous me voyez servir pour que j’y trouve des pistes quant à ce qu’il convient que je fasse maintenant.

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40 réflexions sur « J’ai besoin de vos idées »

  1. Vos explications sont claires, votre style est limpide et vos diagnostics précis. Sur la matière financière vous intéressez à la fois le banquier et l’épargnant, l’investisseur et le salarié. Mais vos connaissances sont larges, et il serait dommage de limiter vos interventions à la sphère financière.
    Une Constitution pour l’économie fait de vous un politique, et pourrait vous rapprocher des prétendants pour un monde meilleur. Vous seriez conseiller, puis député et enfin ministre. L’écriture est votre talent, mais par bonheur vous n’êtes pas du type « best-seller » ; ma réaction est égoïste, pardon. Si vous ne confondez plus Sardou avec Le Forestier, des chroniques musicales ne sont pas à exclure. Mais c’est dans le journalisme que la pertinence de vos articles (précis, clairs, compréhensibles, justes) semble vous orienter. ContreInfo c’est de l’actualité, et vous êtes leur plus habile intervenant. Mais faut-il encore pouvoir supporter l’ambiance d’une rédaction. Enfin, je me trouve un peu pédant pour me permettre de vous porter de telles impressions, mais c’est le reflet de notre cyber-contact. En tout cas merci de faire partager votre génie même aux plus humbles. 🙂

    (je lis actuellement l’implosion 2, vu pour l’instant qu’une seule pétouille en typo, je m’accroche, et votre conception de la mécanique des taux est révolutionnaire : vous créez des concepts, alors vous êtes un philosophe, le philosophe J)

  2. Vous pourriez participer à des conférences-débat du type :
    http://www.sens-public.org/spip.php?article583

    sur le capitalisme. Bizarrement cette conférence ne comportait pas d’économiste ou de financier. Seuls des syndicalistes, sociologues, théatreux…

    Gérard Wormser pourrait être intéressé par votre point de vue d’anthropologue devenu acteur de la finance.

  3. Bonjour,

    d’un côté je vous dirais : ne changez rien : il se trouve qu’avec quelqu’un comme Lordon vous êtes un des seuls à expliquer bien et clairement des phénomènes complexes, dont nous serions bien embêtés si vous arrêtiez de le faire ;

    d’un autre côté, vous pourriez élargir un peu le cercle de vos collaborations. Le drame des gens du MAUSS, ou “compagnons de route”, en général, c’est leur côté universitaire qui n’a pas peur pour ses fins de mois et qui peut pérorer pendant des années sur la situation mondiale de livres en colloques, sans jamais se salir les mains (et s’il papote un peu avec un truc comme la Nouvelle Droite, cela nous vaut des pages et des pages de précisions et justifications). Vous avez un côté atypique à cet égard, pourquoi ne pas le cultiver ? Rapprochez-vous de gens comme Chouard, Michéa, et même plus à droite, au moins pour dialoguer. Si l’on veut que la finance ait moins de pouvoirs, il faut bien que ceux qui s’opposent à son pouvoir se comptent et s’organisent un peu, non ?

    Bon, ça ne répond pas vraiment à votre question, mais je ne suis pas DRH et vous êtes majeur, donc tant que vous ne crevez pas de faim, le reste…

    Cordialement !

  4. Nous sommes probablement à un moment charnière de l’histoire économique. Nous voyons se fissurer sous nos yeux les anciennes certitudes sur ce qu’est l’argent.

    Les spécialistes eux même ne sont pas d’accord pour dire CE qu’est l’argent, comment seraient-ils d’accord pour en déterminer UNE quantité ?

    Autrefois chaque humain pouvait définir l’argent et déterminer une quantité, aujourd’hui il faut être surdiplômé pour avoir une vision d’ensemble (multidimensionnelle) de ce qu’est l’argent, pour mesurer ses effets et déterminer une quantité dans un espace (une dimension). Si l’on voulait jouer à modéliser l’argent, on pourrait l’imaginer comme un couple d’éléments d un espace multidimensionnel, qui pourrait subir des rotations autour de son axe. L’angle de rotation définirait une existence particulière du couple d éléments considéré. Dans certaines configurations, un observateur de l’espace (n-1) dimensionnel, observerait “l’absence” ou “l’inexistence” du couple d’éléments de l’espace (n).

    En toute logique (bivalente) l’observateur conclurait a tort ” l’argent n existe pas”, au lieu de dire “l’argent existe autrement que “être” ou “n’être pas”.

    Si vous pouviez réfléchir a tout cela, tout au moins pour écrire un livre de science–fiction, basé sur ce jeu, pour imaginer un monde futuriste disposant de gros ordinateurs, capables de remplacer l’idée de l’argent par le contrôle de l’argent pour le bien de tous. Si ce boulot vous intéresse je peux vous aider.

  5. vous pourriez écrire un livre en collaboration avec Stilgar, parfois même en confrontation avec lui ; il doit bien connaître les réseaux de distribution parallèle et les réseaux de résistance. Il est bon Stilgar, même si parfois je suis pas d’accord avec lui, je m’incline devant le contre-savoir. 😉

    De toutes façons, vos articles étant régulièrement repris dans la presse, vous devez avoir un sacré carnet d’adresses. Si moi je perds mon job, je suis dans la m… , avec des gosses, etc. Mais j’ai l’impression que pour Paul Jorion, et les gens de votre trempe, c’est un nouveau tremplin qui s’affiche, comme la conquête des étoiles de tigue… Bon courage !

  6. PAUL, VERS UNE ASSOCIATION ?

    J’aimerais que vous vous battiez pour votre idée d’une constitution pour l’économie. Vos priorités actuelles semblent être, si je ne me trompe :

    1 – avoir des revenus
    2 – préserver votre indépendance
    3 – concrétiser vos idées, en association avec d’autres.

    Est-ce que l’idée d’une association vous séduirait ? Un combat, un salaire pour vous, des lecteurs fidèles, qui seraient membres-cotisants de l’association ?

    L’association aurait une indépendance financière et se consacrerait, autour de votre personne, à ce projet de constitution pour l’économie.

    Et peut-être aussi aux idées les plus novatrices concernant l’écologie, la survie… ?

    Ma conviction personnelle est que votre travail actuel sur la crise des subprimes (et la crise de grande récession mondiale qui va en découler) doit avoir une suite. Je serais attristé, vraiment, que vous gâchiez vos POLY-compétences actuelles – qui convergent sur le fil acéré de l’actualité – à des taches moins universelles et moins utiles à la collectivité, en vous imaginant enfermé dans une entreprise, une institution (ou un groupe politique !) pour la seule nécessité d’avoir des revenus ou de bénéficier de la sécurité d’une “famille”.

    Très amicalement.

    BENOIT.

  7. Votre connaissance du monde financier américain devrait attirer l’attention des banques européennes notamment françaises mais elles n’ont point la capacité d’autocritique.

  8. Surtout, continuez à décrypter pour nous ces broussailles presque métaphysiques. Comprendre le réel, dirait Jaures.

    Le philosophe a des devoirs envers l’oeuvre qui le traverse, l’enseignant insémine mais l’ethnographe poussera peut-être sa botte jusqu’en Asie

  9. De vos écrits je retire le sentiment que vous êtes plutôt moraliste.

    Pourquoi ne pas conseiller les financiers ? Ils vivent dans leur nébuleuse immorale et le chateau de cartes leur retombe sur le nez.

    Et ils ne comprennent pas ce qui arrive. Trouvez des solutions viables (rentables) pour ces étranges bestioles qui soient morales. Inventez de nouveaux produits financiers qui concilient rendements et éthique.

    Vous devez connaitre les produits financiers islamiques qui passent au contrôle de la charia (des comités d’éthique islamiques … et oui !) avant d’être diffusés. La même chose pour nos anglicans, protestants, catholiques etc. … Quel chrétien passerait outre une excommunication ?

    Vous avez le savoir pour inventer ces produits financiers. L’ idée est gratuite car après tout, je n’y connast pas grand chose. Mais bon entre gens de bonne compagnie se donner des idées cela se fait, et puisque vous avez du temps libre, eh bien creusez la chose.

    Et encore merci pour vos chroniques !

  10. Il y a de cela plus de deux siècles, Camille Desmoulins éditait le premier journal révolutionnaire “Les Révolutions de France et de Brabant”. Il est probable que, dans le lot de ses lecteurs, se trouvaient des gens (parmi eux peut-être un lointain ancêtre à moi, paysan-tisserand entre Guise et Arlon, qui aurait appris à lire avec le curé de son village) avec des motivations identiques aux miennes quand je parcours votre blog :

    – J’ai la conscience intuitive que nous vivons la fin d’un monde
    – Je veux savoir me situer dans ce processus complexe. J’ai besoin de Sens, je veux que l’on m’explique
    – Qu’un interlocuteur tente de m’éclairer et je m’accroche à ses propos, jusqu’à parvenir à discerner une part de ce fameux Sens, dont l’absence me ronge.
    – Tous mes doutes, tous mes échecs prennent précisément un sens face à la mise aux abois d’un ordre que je pensais inaltérable. Même si je ne suis plus si jeune, je n’ai plus peur de l’avenir car je sens que tout est à nouveau possible.

    Bien des générations après, je me sens donc plus que jamais l’héritier anonyme d’une vieille terre révolutionnaire et je porte en moi l’écho lointain des injustices qui frappaient alors la condition des simples.

    Pourtant, depuis la grande époque de Desmoulins, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et surtout, trop tiède ou trop trouble, dans les colonnes de la presse écrite de mon pays (il parait que ce n’est pas le pire dans le genre). Il y a belle lurette en effet que celle-ci ne joue plus son rôle d’éveil, et ne répond plus aux interrogations et aux angoisses du citoyen face au grand chambardement du monde.

    Mainmise des puissances d’argent et d’une caste politique et médiatique omnipotente, qui entend bien surfer sur l’océan de la bêtise, origine sociologique des journalistes, formés en vase clos par les mêmes filières et sur le même moule, j’en passe, tout à été dit la-dessus. Le résultat, lui, est tout aussi patent : information tronquée et anecdotique, publicité proliférante, étalage de lieux communs et de parti pris, flagornerie et vulgarité -à quelques rares titres prêts.

    Tout est à reconstruire en ce domaine et ceci explique le succès des blogs semblables au vôtre. Il n’y a que sur internet et avec des personnes telles que vous, que l’on trouve encore matière à éclairer et élever le débat (cela à bon marché ce qui a aussi son importance).

    Vous-mêmes et des sites comme Contre-Info et d’autres préfigurent ce que devraient être le journalisme et l’information de demain. Vous auriez tort de vous dérober à ce rôle là, lequel constitue votre vocation de toute évidence. Inventez, innovez dans cette direction, comme un Plenel tente de le faire, vous trouverez encore une multitude pour vous soutenir, quitte à y aller un peu de leur poche.

    Laissez tomber la politique, vos qualités s’y dessècheraient vite, et je crains que la génération -la vôtre d’ailleurs pour laquelle j’éprouve un certain dégoût- qui a tenu le haut du pavé pendant les trente piteuses, ne soit guère disposée à vous laisser un strapontin en haut des travées.

    Vos apartés artistiques et touristiques aussi en disent plus long sur vous-même que vos pénétrantes analyses. Vous êtes fondamentalement un humaniste pacifique, et ces sympathiques inclinaisons risquent bien d’être malmenées dans la tempête qui, je le crois bien, s’annonce (vous n’imagineriez pas la rage que je sens monter simplement dans ce vieux pays). Une nouvelle génération politique va se révéler, qui balaiera la précédente, et vous ne vous reconnaitrez pas dans celle-ci non plus.

    Pour de plus amples compliments, je n’ai rien à ajouter à ceux de Karluss et, bon sang, donnez-nous du Sens, encore du Sens et Vive le Sens ! Vive le Sens !

  11. Bonjour, je m’unis aux précédents et rajoute ceci :

    Je trouve ça bizarre que vous ayez besoin de nos idées. J’imagine que c’est plus un retour feedback / besoin de compliments mérités.

    Vous excellez dans vos analyses plutôt claires, vous dénoncez des inégalités, des injustices, des processus illogiques etc..

    Il me semble que tous ces mécanismes qui déconnent, ont atteint aujourd’hui leur limites et il faut passer à autre chose. Quoi, c’est la question, et je vous laisse faire pour les analyses des corrections puisque c’est vous le spécialiste.

    Informer, faire comprendre à la plus grande part ce qui déconne. Proposer une information alternative et continuer dans ce sens. Passer de tf1 à contre-info en gros. Si la majorité comprend et veut un changement, serait-ce seulement possible? Le droit régalien de la création de monnaie ex nihilo par les banques privées, est-ce seulement imaginable que l’Etat reprenne ce droit ? C’est un autre débat. Il y a des dysfonctionnements, c’est un fait, et il me parait important de se battre pour trouver des modifications à ce système.

    Je vous demande donc, d’être locomotive (et c’est pour ça que je ne comprends pas bien la raison initiale de ce billet). Je vous demande de continuer de faire ce que vous faites, à plus grande échelle, via peut-être d’autres moyens, en s’associant peut-être, en utilisant plus de tout pour diffuser un maximum cette vérité alternative, donc continuer et amplifier ce que vous faites.

    C’est en lisant les experts respectifs dans chacun des domaines et toutes les études de bureaux scientifiques que l’on se rend compte qu’on est face à un vrai problème : crise bancaire, financière, écologique, énergétique etc..

    Pour ma part, j’écris un peu sur mon blog à ce sujet, à mon niveau, et surtout je me renseigne un maximum. J’absorbe à droite à gauche des tonnes d’information pour mieux comprendre comment ça marche, ce qui cloche, et ce qu’il y aurait à garder / changer.

    Je vous propose mon netvibes qui rassemble divers supports pour une information alternative, et mon flux de favoris, qui vous donnent mes lectures, je suis un fouilleur, je vais chercher les informations, et je vous propose donc un flux sélectionnés sur des informations financières, climatiques, politiques, dont vous faites évidemment partie : http://www.netvibes.com/zoupic + mes activités sur l’onglet.

    Pour terminer, ne vous connaissant que très peu je tiens à vous féliciter pour votre professionnalisme : l’ajout de la vidéo youtube CSN discrètement, comme si je l’avais initialement postée enrichit le contenu et démontre des valeurs que je respecte beaucoup.

  12. @ Tous

    J’avais l’intention de vous répondre par un commentaire mais les messages continuent de tomber et la matière est trop riche : trop d’excellentes suggestions (en plus des compliments – dont j’avais pourtant dit expressément qu’ils n’étaient pas le but recherché !) et vous posez plusieurs problèmes de fond : l’information alternative et sa rémunération, la politique, mon rôle dans tout ça, et ainsi de suite.

    Donc je continue de vous lire attentivement et je répondrai par un billet demain ou après-demain.

  13. Synthétiquement, en m’inspirant à la fois de propositions déjà émises, et d’idées qui me sont venues :

    1) enseigner ?

    2) chercher ?

    3) structurer et/ou faire partie d’un réseau de penseurs/chercheurs pluridisciplinaires polyglottes ?

    4) se mettre à la politique ?

    5) oeuvrer dans un but d’information et de pédagogie à travers des médias non (encore) conventionnels ?

    6) faire payer quoi ? la consultation du site (mediapart), la pub (modèle internet classique), les objets du décor (the truman show), recourir au mécénat (wikipédia) ? ou se baser sur le site pour développer une vitrine de compétences, elles potentiellement rémunérées suivant une loi de Poisson ?

    7) J’avais lu que vous (dans le cadre de Planète Terre – Trousse de Survie) envisagiez de réaliser un film sur la crise des subprimes. Franchement l’idée est excellente. Si vous avez besoin d’aide…

    8 ) En matière d’enseignement (surtout supérieur), le changement qui se profile va être important, j’en suis convaincu.

    Les programmes actuels de formation en cinq ans font apprendre une quantité de connaissances qui pourrait être acquise en moins de trois, il n’y a pas d’incitation véritable à entreprendre des recherches personnelles dès l’entrée dans le supérieur, les modèles et les théories sont mal expliqués, les cours sont pour la plupart soporifiques, et les examens sont des exercices de recrachage stériles… Autant anticiper.

    9) Pourquoi ne pas monter votre fonds d’investissement, voire votre banque ? Je suis d’autant plus sérieux que vous avez travaillé dans des établissements financiers.

    10) Dans le même genre, et j’ai un jour soumis la proposition à JM Harribey (co-président d’Attac) qui a été mon professeur : pourquoi ne pas fonder un concurrent du FMI ? Celui-ci a la double casquette de fournisseur de liquidités et d’analyste macroéconomique, avec respectivement un monopole et un quasi-monopole. Or rien n’oblige légalement les pays concernés à passer par le FMI… Bon évidemment ça nécessite des moyens, donc peut-être pour plus tard… Et malgré la référence à Hayek, Harribey n’a pas été séduit 🙂

    11) Proposition plus faisable pour la fin : fonder un think tank.

    Voilà,
    Bonne nuit

  14. Hello Paul,

    Merci pour votre travail de vulgarisation, toujours intéressant.
    A quoi pourriez-vous servir ? La réponse est simple :
    Au bien général, cad probablement pas avec les motivations “pousse à jouir” de la société de consommation.
    Tous le monde sait que les vrais gangsters sont ceux qui manipulent, quand ils le peuvent, les flux financiers pour en tirer des masse de fric (argent : sang des pauvres)… poussant par là même cette tendance historique bien comprise – mais jamais contrôlée – de la virtualisation de l’argent.
    Vous êtes probablement un des individus qui pourraient aider à trouver des solutions dans un domaine qui, chacun le sait, est toujours resté hors contrôle du à l’avidité de chacun (j’en suis un autre).
    Trouvez un éditeur et écrivez un texte qui donne votre appréciation des choses ainsi que vos suggestions, vous aurez du succès et cela ira dans le bon sens à coup sûr.
    Une boutade pour finir, piquée à Gore Vidal : “USA : capitalisme pour les employés, socialisme pour les patrons”

    Bien à vous

      1. Pour la petite histoire ou même la grande, cela mérite une explication : je me suis amusé à taper « karluss » (honte à moi) sur Google pour voir… et je tombe sur ce lien de 2008, bien avant votre débarquement sur les plages bretonnes.
        Mais le clou de l’affaire, lorsque je tape Crapaud, et bien rien. Le référencement, c’est puissant ! On a que la fierté que l’on se donne ! 🙂

  15. Un parti politique ! La place du philosophe est dans la cité, et pas seulement dans la cité virtuelle.
    Pratique: ceux qui voudront en connaître plus sur votre pensée pourront lire les archives du blog.
    Pour les adhérents, je n’ai pas d’inquiétude: en débauchant Montebourg, Lepage et d’autres qui ne savent plus où aller, on doit faire les 20 pour cent qui permettent de nos jours de gagner une élection.

    Question: en France ou en Belgique ? je suis prête à suivre le mouvement où il ira.

      1. En effet.

        Je sens Jeanne de moins en moins.
        Martine Mounier m’avait fait le même effet, d’ailleurs.

      2. si vous parlez de la pucelle, vous allez fâcher Vigneron !
        (on se contentera de “celle” que vous croisez dans les trains…) 😉

      3. Ah ah… Vous voulez dire que pour commencer, on est sans doute d’accord sur rien ?
        Mais si: sur le rôle du philosophe, DANS la cité (et pas dans les îles du Golfe du Morbihan, hein!)

      4. Merci Karluss, je n’avais pas saisi l’allusion de Paul ! J’avoue que je vais me joindre aux protestataires qui voudraient que ce blog revienne au présent. Entre Albert le Grand et Jeanne d’Arc, on se perd.
        Pour préciser, Paul, je viendrai voter pour vous où que vous soyez, croyez-le, par pure solidarité philosophique et nomade. En ce moment je suis en ex-Allemagne de l’Est, et je suis certaine que vous feriez un tabac.

    1. « Je pense que la véritable fonction d’un intellectuel, ce n’est évidemment pas d’être à l’avant-garde de la société, mais de mettre en question l’institué, d’interroger et de critiquer ce qui est. Non par pur plaisir de critiquer, mais parce que, sans cette mise à distance de l’institué, il n’y a tout simplement pas de pensée. Il y a répétition de ce qui est institué : commentaire du Code civil, de la Somme théologique, du système hégélien, etc. Pour qu’il commence à y avoir pensée proprement dite avec un minimum d’originalité, il faut cette prise de distance, qui n’est possible que si l’on a, comme on dit en allemand, einen kritischen Standpunkt gewonnen, gagné un point de vue critique par rapport à ce qui est. Et cette tâche n’incombe pas seulement au philosophe, à celui qui écrit et réfléchit, mais aussi et surtout au grand artiste. Si l’œuvre de génie est si importante dans nos sociétés – et déjà en Grèce ancienne avec la tragédie -, ce n’est pas seulement parce que la collectivité se reconnaît en elle, ni non plus parce qu’elle crée des formes nouvelles – thèse de Kant dans la troisième Critique, juste mais insuffisante -, c’est parce qu’à sa façon elle met en question l’existence sociale, et finalement l’existence humaine tout court. À ce niveau-là, Sophocle, Shakespeare et Kafka se rejoignent : au-delà du simple plaisir esthétique, leurs œuvres ont une importance politique et éducative. Parce que la tragédie dit au dèmos athénien : vous êtes des mortels, et vous risquez de tomber dans l’hubris, qui amènera votre ruine; ou Shakespeare dit au public élisabéthain : nous ne sommes que de pauvres acteurs qui s’agitent sur la scène en attendant que notre rôle soit terminé, dans cette vie qui n’est qu’un récit raconté par un imbécile…

      On pose parfois la question: que feriez-vous donc, vous autres intellectuels, si le pouvoir tombait entre vos mains? À cela, une double réponse : aucun pouvoir ne nous tombera jamais entre les mains; et si par extraordinaire quelques lambeaux de pouvoir nous revenaient, nous ne serions tout simplement plus des intellectuels. Nous serions, je ne sais pas, des philosophes, des ministres, des imposteurs, ce que vous voudrez… Le seul rôle de l’intellectuel tel que je le conçois est de mettre en avant des idées, des propositions, de soutenir un projet; en ce qui me concerne, le cœur de ce projet tient en ceci : c’est au peuple, au dèmos, qu’appartient le pouvoir, à lui de montrer qu’il peut – ou pas – le prendre, et pour l’exercer – ou se le faire confisquer. »
      Cornelius Castoriadis, Réponse à Richard Rorty (1991) in Une Société à la Dérive

  16. Tant que nous y sommes.

    Contreinfo est statique depuis plusieurs mois.

    Monsieur Jorion. Pourriez-vous nous dire si la santé du responsable de ce site est encore “bonne”…??

  17. Il est normal qu’à un certain moment on doit bifurquer et cela plusieurs fois dans sa vie, nous sommes nombreux dans ce cas.
    En ce qui vous concerne, je vois la “finance éthique” comme débouché, votre expertise pourrait aider tous ces qui ont des projets durables et sociaux à développer.
    L’économie sociale est en plein boum et je pense que c’est l’endroit rêvé pour appuyer quelque chose.
    Et peut-être créer, comme le disait un intervenant, une association qui mettrait en réseau des intervenants de différents disciplines.
    Je pense qu’il est temps d’agir dans tous les domaines et nous avons besoin de personne comme vous, cela ne fait aucun doute.

  18. Pourquoi je vous lis ?
    – Parce qu’Aristote n’a pas de blog !

    Ce qu’il convient que vous fassiez à présent ?
    La la, je sais pas moi… Mais vous allez trouver, j’en suis certaine !

    (Je vous ai bien aidé là, non ?)

  19. Votre approche pédagogique est précieuse, d’autant plus que le public manque de culture économique, et je dirais même que le manque est désolant. Vos analyses et commentaires donnent un plus par rapport à ceux que diffusent les médias. De plus, une large part du public est à la recherche de réponses face aux boulversements engendrés par la mondialisation économique.
    Votre force, à mon avis, réside dans votre analyse intersubjective quand vous êtes placé dans un milieu suscpetible de vous fournir de la matière, ce qui était le cas pendant votre activité professionnelle aus USA: détecter et accuser des dysfonctionnements et incohérences au sein d’un système, cela me semble votre point fort. Pour être honnête, vous n’avez pas le profil “finance”.

  20. H1) Les universités sont remplies de spécialistes obtus.
    H2) Votre blog est une preuve éclatante des vertus de l’interdisciplinarité.
    C) ?

  21. Il y a trop de certitudes arrogantes de spécialistes autoproclamés par le fonctionnariat ou le népotisme. . Nous avons besoin(s) de cheminots des chemins de traverses , de fous pour les diagonales , pour dire quand le roi est nu .

  22. Je ne sais par quel bout prendre votre demande car je vous dois beaucoup ainsi qu’à tous ceux qui oeuvrent sur le blog et je constate que je ne suis pas le seul. J’ai découvert votre blog dés le début lorsque vous publiez de Californie. J’étais quelque peu disposer à me pencher sur l’économie ayant souhaité pouvoir intégrer cette forme d’interrogation du monde dans mon propre travail de plasticien. J’ai fait le tour de quelques grandes bibliothéques pour présenter ce progés. Sans succés. C’était en 1985. Je n’ai donc pas donné suite mais j’ai conservé cette curiosité vagabonde pour le sujet. Votre blog m’a retenu pour de multiples raisons pour faire vite la richesse des sujets et la qualité des intervenants.
    Maintenant pour vous imaginer un autre chemin au regard de ce que je sais de vous, je flanche et je suis certainement le plus mal placé de tous pour en parler. Une certitude, le blog et la constitution pour l’économie ne peuvent disparaitre. *Trouver une formule associative particulière et enrichie sans doute, quelque chose comme une fondation pourquoi pas, vous êtes presque une institution a vous seul … non?

  23. Vous êtes très utile. Vous changez le monde et dans la bonne direction.

    Pour démultiplier cette utilité et la concrétiser auprès de tous, c’est à dire aussi auprès de ceux qui ne vous lisent pas ou même ne vous connaissent pas vous pourriez la traduire ou la faire traduire en action politique. De quelle manière, à vous de voir, mais pas forcément en vous engageant dans ou pour un parti (vous êtes d’ailleurs déjà intervenu dans de tels cadres).

    A partir de 2011 vont s’ouvrir différentes échéances électorales, notamment en France et en Allemagne, qui vont structurer l’Europe.
    Je crois avoir déjà fait cette remarque dans d’autres commentaires sur ce blog, mais je trouve que la période actuelle à des similarités avec celle des années 30 : grands déséquilibre et surtout risque de basculement des pouvoirs en place. Or, comme dans les années 30, il est fort possible que les possédants utilisent leur pouvoir et leurs possessions pour défendre leurs intérêts, quitte à ce que cela soit au détriment de la vie des autres, de tous les autres.
    L’enjeu, pour moi, est d’éviter que les choix des 2 années à venir n’orientent l’Europe dans des impasses tragiques.

  24. Merci à ceux qui ressuscitent par leurs commentaires ce billet de juin 2008 : j’étais sans emploi officiel depuis octobre 2007 mais j’avais trouvé comment m’occuper : L’implosion (2008) avait paru le mois précédent et je m’activais déjà à écrite La crise (2008) qui paraîtrait en décembre. Ceci dit, la problématique générale n’a pas vraiment changé et vos conseils passés et récents restent et sont excellents.

    1. votre cause est majestueuse, mais ne tombez pas dans la démagogie et la flatterie ; laissons à Jeanne, notre commentatrice universelle, le soin de clore ce billet. Jeanne, nous vous aimons !
      (vive les truffes)

  25. @Paul Jorion,

    En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. G.Orwell

    A quoi pouvez vous servir? A faire en sorte que cet acte révolutionnaire dont parle Orwell se répande dans toute l’Europe.

    Comment faire? C’est à cela qu’il faudrait réfléchir. Mon souhait le plus cher c’est que vous stimuliez cette réflexion.

    1. En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. G.Orwell

      Il ne faut pas la dire, il faut l’inventer…
      Le drame est que nos dirigeants n’ont pas imagination. TINA…

  26. Bonjour Paul, vous avez le mérite d’effacer des idées fausses (enfin pour moi) en cela vous apporter beaucoup aux plus petits d’entre nous…Quelque part vous possédez les qualités d’un grand thérapeute…Douceur et humilité, je vous vois plus dans un rôle de “Sage” que celui d’un politicien…Aussi la philosophie a grand besoin de vos lumières…Pourquoi ne pas écrire des romans fictions, je sais, c’est un peu simple mais ça reste plus souvent accessible et pas moins profitable…Bonne journée et ne soyez pas si perfectionniste…Lancez vous dans le récit romanesque, je suis que vous ne le regretterez pas. (Votre humour caché devrait nous révéler des subtilités qui nous échappent encore.)

  27. Vous pourriez écrire un billet pour nous dire ce que vous pensez du livre Empire, de Tony Negri et Michael Hardt.

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