Le combat du siècle (le XXème)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Vous souvenez-vous de Salut les copains ? J’espère pour vous que la question ne se pose même pas. Mais si vous étiez un fan de l’émission de Frank Ténot et Daniel Filipacchi sur Europe No 1 entre 1959 et 1968, vous vous souviendrez que le président d’honneur d’Hachette Filipacchi Media avait le talent très sûr de passionner son public pour des matchs bien plus excitants que Sarkozy contre Trichet. Je me souviens en particulier de la tension qui montait autour du combat de titans qui opposait en 1962-63, Solomon Burke, le challenger, à Ray Charles, le champion en titre.

Il y avait sans doute un peu d’esbroufe dans ces rivalités mises en scène par Filipacchi mais il avait probablement mis le doigt dans ce cas-ci sur davantage que de la frime. En effet, dans l’une de ses chansons, Can’t nobody love you, après avoir affirmé

Can’t nobody love you
Like I’m loving you, baby?
‘cause they don’t know how to love you like I do

[Pourquoi personne ne t’aime
Comme je t’aime moi, poulette ?
Parce qu’ils n’ savent pas comment t’aimer, comme j’le fais moi]

Burke n’ajoutait-il pas explicitement :

Ray Charles called you his sunshine…

[Ray Charles t’appelle « mon rayon de soleil »… ]

Oh ! Oh ! Il y avait vraiment de la bagarre dans l’air !

J’ai trouvé sur YouTube pour Ray Charles, un document d’époque. Pour Solomon Burke, il s’agit d’un passage relativement récent à la BBC. Le vieux diable chante assis, mais il a encore du souffle ! Régalez-vous !

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5 réflexions sur « Le combat du siècle (le XXème) »

  1. C’est sûr que ça a une autre gueule que les éructations du petit Nicolas… 🙂

    En plus, je ne savais même pas que Burke avait composé « Everybody needs someone to love », qui est l’une de mes chansons préférées.

  2. Je sais pas si Paul sera d’accord pour insérer ce lien, mais la version est vraiment chouette et sympa (for the devil).

  3. Oui, ça mérite d’être montré : c’est un moment d’histoire ! Le « Révérend » Burke – si vous avez vu le clip enregistré à la BBC, vous avez compris qu’il interprète Everybody Needs Somebody to Love dans la plus pure tradition du « Gospel song » : le prédicateur interpelant ses ouailles à propos d’un message emprunté aux évangiles – qui adore le insignes du pouvoir : sceptre, couronne et cape et qui transmet sa propre cape à Mick Jagger en le couronnant « Roi en titre du Rock ‘n’ Roll », et Mick qui est un gars sympa, pas prétentieux, qui est… emmerdé, comme c’est pas possible ! et qui vacille – à mon avis d’émotion bien qu’il affirme dans le commentaire, que c’était en raison du poids de la cape.

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