Lyndon Larouche

A propos de l’enthousiasme manifesté par certains d’entre vous pour les idées de Lyndon Larouche.

Les motivations de Larouche et de son mouvement sont extrêmement suspectes. L’hypothèse la plus vraisemblable à mon sens est ce que j’ai appelé dans un commentaire antérieur : « un attrape-mouches de tous les extrémismes ». Il s’agit de répertorier et de mettre en fiches les protestataires du monde entier en leur offrant une plate-forme – apparemment très bien financée – où ils peuvent se regrouper.

Ne vous laissez pas manipuler par quelqu’un qui fut associé de très près au projet de guerre des étoiles du Président Reagan : on essaie de vous parquer dans un enclos, derrière des barbelés.

Les liens que vous créez dans vos commentaires en direction des sites larouchiens contribuent à un effort de propagande.

Dans mes commentaires précédents :

Le 7 septembre

Les motivations de Larouche sont difficiles à interpréter : il s’agit soit

––– 1. d’une des variétés de l’extrême-droite

––– 2. d’un effort de déstabilisation d’initiative russe. Seule constante en effet dans le discours de Larouche, les conclusions auxquelles il aboutit coïncident avec les intérêts de l’Union Soviétique jusqu’en 1989 et avec ceux de la Russie depuis (il abandonne brutalement son jargon marxiste-léniniste en 1989 pour invoquer plutôt Platon et Schiller).

––– 3. d’un attrape-mouches de tous les extrémismes, contrôlé en réalité par les autorités américaines. Dans ses deux autobiographies successives, Larouche renvoie au même incident comme

———- 3.1. s’expliquant par le fait qu’il est alors téléguidé par le FBI, mission qu’il aurait acceptée pour parer à un danger pour la sécurité nationale – dans la version de 1974 ;

———- 3.2. s’expliquant par la force de sa conviction marxiste-léniniste – dans la deuxième version, de 1988.

––– 4. d’un gars sincère, dont la pensée évolue

Le 2 octobre

Je viens d’écouter le webcast de Larouche. Aucune analyse, une bordée d’insultes suivie de longues comparaisons sur un ton incantatoire avec le Moyen Âge (de retour) et la Révolution française (de retour) où il se perd dans des digressions sur Marie-Antoinette et que sais-je encore. Seule constante : un nombre invraisemblable de références à la Russie.

D’une manière générale, c’est d’un très mauvais niveau : ça ne vient pas à la cheville des analyses de Roubini, Krugman, Evans-Pritchard, etc.

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19 réflexions sur « Lyndon Larouche »

  1. Bonsoir,
    Larouche n’est pas ma tasse de thé. Je passe.
    Je voudrais revenir aux analyses de Nouriel Roubini.
    sur http://www.project-syndicate.org/commentary/roubini7/french
    Je suis surpris qu’il soit présenté de manière élogieuse comme ayant anticipé le mieux la crise que nous connaissons.
    Pour Roubini, il me semble que la crise des Subprimes fait oublier les craintes que les fonds souverains sont les enfants terribles de la finance internationale.
    Paul, je me demande ce que vous pensez des fonds souverains ; le système financier mondial peut-il prendre la forme d’un capitalisme d’Etat ?

  2. Bonjour,
    Je vous lit depuis quelques temps et ce que vous dites m’intéresse. Je ne connais pas grand chose en économie. J’avais commencé mon cursus universitaire en éco mais au bout d’un semestre, j’ai bifurqué en droit, principalement parce que je ne pouvais pas croire en des modèles mathématiques (alors que j’adorais les maths) collés sur des systèmes dont on ne pouvait disposer de tous les paramètres.
    Toutefois, depuis plusieurs années, je suis ce qui peut s’écrire ici et là sur notre système économique mondialisé, qui provoque tant de casse sociale, de précarité, et je dois reconnaître que je me suis beaucoup intéressé à ce qu’écrit Larouche et son allié en France, Jacques Cheminade. Rassurez vous, je ne suis pas un de leur disciple. Mais il faut reconnapitre que sur ce point, leurs prévisions étaient justes.
    Je pense que Larouche est fou. Il est « complotiste ». Il croit que l’actuel système d’économie dérégulé a été mis en place par la reine d’angleterre et ses émissaires. Je ne dirais pas d’extrême droite, non. Simplement fou.
    Par contre, certaines de ses analyses se sont révélées étonnamment justes, notamment en ce qui concerne la prolifération des produits dérivés et des subprimes. Et leurs conséquences. Quasi prophétiques (je pense notamment à certains textes de 2003 que j’avais conservés).
    Beaucoup plus justes que celles des économistes néolibéraux type Jean Marc Sylvestre, encensés par le système, en tout cas !…
    Ma conclusions: même les fous ont des choses intéressantes à raconter. Même les fous peuvent avoir des éclairs de lucidité que n’ont pas ceux qui sont insérés dans la société. Peut-être même à cause de cela. Je l’ai d’ailleurs constaté dans mon métier (je suis avocat). Chacun à son niveau peut détenir une petite part de la vérité. Certains leaders syndicaux m’ont plus appris sur le fonctionnement réel d’une entreprise que de doctes économistes. Et ils n’avaient même pas le bac!…
    Je viens de regarder une conférence donnée par Cheminade le 20 octobre sur son site internet. Il m’a l’air d’être un brave type. Il était quand même diplomé d’HEC et de l’ENA, aurait pu très bien gagner sa vie comme haut fonctionnaire dans l’administration ou en pantouflant dans une grande entreprise, et a abandonné tout cela pour devenir un obscur marginal qui passe sa vie à donner des conférences ignorées dans des banlieues pourries devant 3 pelés et un tondu.
    Qu’est ce qui le pousse, ce gars ? Il doit y croire, quand même !…Je trouve même cela touchant. Et il ne me donne pas l’impression d’être antisémite (je sais que certains journalistes le disent mais je préfère juger par moi même). Et puis, quel rapport avec ses théories, qui sont intéressantes, quand même ?! Quoique un peu utopiques, car je crois qu’il faudra toujours compter avec l’avidité, la cupidité et le désir de pouvoir d’une partie de l’humanité.
    Bon, je m’égare.
    Merci pour votre site qui est passionnant et stimulant !

  3. J’avais lu que Larouche avait été condamné pour fraude postale (pas fiscale, postale !) puis gracié par Clinton ; en sais-tu davantage à ce sujet Paul ?

    Sur le reste, je serai plutôt d’accord avec ce que dit nuknuk66.

  4. Monsieur Jorion
    on peut être pro-russe et avoir des choses intéressantes à dire!
    Je pense bien sûr à Jacques Sapir (pas à Larouche!) dont le dernier article ( http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/10/25/850-le-monde-qui-vient) est encore une fois très stimulant parce que justement son analyse est ancrée dans d’autre disciplines (géopolitique, art de la guerre, droit, philosophie…) que la seule économie. En outre il ose faire de la prospective à une époque où le brouillard est si épais et où personne n’ose plus s’aventurer

    Je ne lis que depuis peu ce site intéressant, mais une chose me frappe, personne ne semble avoir entendu parler de Sapir…

  5. @olivier
    Si, bien sur je suis ce qu’il écrit et je trouve aussi ses analyses intéressantes.
    Un autre que j’aime bien, et qui a l’avantage de proposer des solutions applicables et réalistes, qui ne parient pas sur l’honnêteté de l’être humain (mais il faudra alors un autres rapport de force avec le monde du capital !) c’est Frédéric LORDON du « monde diplomatique », que l’on peut également écouter sur le site de « là bas si j’y suis », où il est intervenu à pluisurs reprises. C’est peut-être le plus clairs de tous. Et il a une ironie mordante !

  6. From time to time one sees groups of (presumably) students at UCLA handing out La Rouche literature. In one case I encountered a group that did not manifestly identify itself with La Rouche, that claimed that Kepler had shown that global warming was impossible. I have a strong motivation to approach these people with great enthusiasm and proclaim that La Rouche is the greatest national leader since Benito Mussolini.

  7. Je suis contente de voir exprimer par quelqu’un ce que je ressentais confusément.
    Outre les références de La Rouche à la Russie mais aussi à Soros et aux complots britaniques contre la liberté étasunienne, il y a surtout et avant tout les références de La Rouche à soi même, à son infinie intelligence et clairvoyance.
    Son site me fait penser à une secte dont il serait le gourou.
    Ceux qui pourraient se laisser prendre à ses discours descendraient d’une marche par rapport à la communication officielle de la pensée unique, en remplaçant une presse où il faut minutieusement chercher des bribes d’information enfouies ous des vagues de petits « événements » par le discours de ce bonhomme :
    – ne cherchez plus, je vous dis tout ce qu’il faut penser, je pense pour vous.

  8. pour le cas Larouche, on peut citer également la dangerosité de ses propos concernant le réchauffement climatique, il considère en effet qu’il n’existe pas de liens avec l’activité humaine et que ce réchauffement serait induit par l’activité solaire, etc. En fait, cela revient à nous déresponsabiliser face au problème bien réel des effets de la croissance économique à tout prix et à très court terme, sans prendre en compte les indispensables changements à mettre en oeuvre.
    un petit mot @ nuknuk666 : tu dis qu’il est FOU, c’est justement très inquiétant ; un jeune chancelier, en son temps, était aussi marqué par une forte paranoïa, mais une fois en haut de la pyramide, cette folie était devenue la norme !
    restons vigilant !

  9. Assez d’accord avec nuknuk66.

    @Olivier

    La lecture des « Trous Noirs de la Science Economique » de Sapir m’a énormément fait réfléchir, c’est un livre de référence dans la réflexion sur les carences de cette « discipline ».

    @Karluss

    Ce n’est pas juste un problème de court terme et de croissance à tout prix : c’est le fait que l’agrégat de référence concerne la production brute, et non la production nette. La croissance est du coup indépendante de son contenu, des secteurs concernés, plus ou moins polluants.

  10. la crise financière du 14° siècle n’a pourtant pas pris une ride. Même si elle est racontée par d’autres que LLR. Je pense notamment à P. Contamine, mais aussi à bien d’autres, et pour l’étude des siècles passés à F. Braudel, loin d’être des extrêmistes.
    En réalité, ce n’est pas la faute de la girouette si elle tourne, c’est la faute du vent. (Proverbe du 16°siècle, notamment appliqué dans le cas des ralliements à Henri IV).
    Quand à la notion de lutte des classes, elle était acceptée comme une évidence il y a 30 ans. Et pas seulement par les marxistes. La tension sociale, la lutte des classes, selon Braudel est « de tous les siècles »…
    La « guerre sociale » est du premier siècle avant JC. Crassus « le riche » qui la gagnât, avait fait sa fortune dans… la spéculation immobilière…

  11. @Karluss H.
    Un fou au pouvoir peut effectivement être très dangereux.
    Mais franchement, il n’y a aucun danger que ces urluberlus y accèdent jamais .
    Je pense qu’il y a toujours une forme d’intuition et de lucidité (capacité de voir des choses que les autres ne voient pas)dans certaines formes de folie paranoïaque, et je pense que c’est le cas avec ce personnage.D’ailleurs, je pense que c’est parce que Sarko est un peu fou (forme égocentrée) qu’il est très intuitif: il comprend très vite ce que les gens veulent entendre. Et tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute…

  12. « Il faut organiser la banqueroute du système financier actuel »

    Un entretien intéressant, complètement en phase avec tout ce qui se dit ici à mon avis, donné par Jacques Cheminade à http://www.capital.fr :

    http://www.capital.fr/actualite/Default.asp?interview=O&numero=71347&Cat=ACT

    Quand Cheminade dit :

    (…) il faut organiser la banqueroute du système actuel en faisant le tri entre les bonnes créances, celles liées à l’économie réelle, et les mauvaises créances, liées aux actifs toxiques. Ces dernières seront liquidées, seules les premières devront être remboursées.

    Est-ce que c’est possible, techniquement ? Est-ce qu’on peut se dispenser de rembourser ceux qui jouaient le monde au casino (sans rien apporter à la collectivité) ? Est-ce qu’on a les moyens techniques de DISTINGUER les investisseurs utiles des spéculateurs inutiles ?

    Parce que c’est vraiment dur à digérer de sauver tout le monde, y compris les salauds qui se foutent pas mal du malheur général (ils sont déjà en train de se goinfrer à l’occasion des faillites catastrophiques, paraît-il).

    Qu’est-ce qu’une société a à gagner à tolérer des spéculateurs ?

    Plus généralement, Paul : EST-CE QU’ON A ENCORE BESOIN DE L’ÉPARGNE ET DE LA BOURSE, puisqu’on sait désormais créer ex nihilo la monnaie dont on a besoin (en quantité adéquate aux besoins réels de l’économie réelle) ?

    Et si on n’a plus besoin de l’épargne, est-ce qu’on pourrait imaginer de ne plus rémunérer l’épargne qu’au taux de l’inflation (pas un centime de plus), en se contentant d’éviter aux écureuils de s’appauvrir ?

    Amitiés.

    Étienne.

  13. @Etienne C.

    En imaginant un système où tous les intérêts sur la création monétaire reviennent à la collectivité (monnaie uniquemnt centrale), où les entreprises et les particuliers aient accès au crédit « raisonnable » , quel serait, d’après toi, l’avantage d’interdire (car je suppose que c’est à cela que tu penses) de rémunérer l’épargne au dessus au taux de l’inflation (et qui décide de la valeur réaliste du taux de l’inflation?) ?
    Je pense pour ma part qu’il faut laisser – dans l’hypothèse ci-dessus – la liberté aux particuliers et aux entreprises de prêter à qui ils le souhaitent et au taux correspondant à un contrat entre les parties…

    Amitiés
    AJ

  14. @ AJH,

    L’avantage de ne plus rémunérer l’épargne au-dessus de l’inflation serait de ne spolier personne indument.

    Ni les épargnants, protégés de l’érosion monétaire,
    ni les emprunteurs, remboursant ce qu’ils doivent et pas plus.

    Si personne n’a vraiment besoin d’épargne (une fois qu’on sait créer la monnaie quand on en a besoin, on n’a plus besoin de ‘fourmis’ pour en mettre de côté pour les ‘cigales’), il n’y a plus de raison (plus de rareté ?) pour justifier le prix demandé aujourd’hui (il n’y a plus de justification de l’intérêt).

    J’ajoute que je suis en train de découvrir, à travers mes conversations avec Allais et ma lecture de Keynes, que l’élasticité de l’épargne en fonction des taux d’intérêt n’est pas celle qu’on m’avait enseignée à la fac :

    Pour résumer : en fait, les épargnants n’épargnent pas pour gagner un taux d’intérêt, ils épargnent parce qu’ils ont trop d’argent et qu’ils ont satisfait leurs besoins ; ils épargneraient de toutes façons, quel que soit le taux.

    En d’autres termes, l’argument selon lequel l’intérêt serait le prix d’une privation ne vaut pas grand-chose.

    C’est cette faible élasticité qui permet de parler de rente de l’épargnant pour désigner le taux d’intérêt (réel, bien sûr, c’est-à-dire corrigé de l’inflation).

    – Si cela est vrai, si l’intérêt (réel) n’est qu’une rente, inutile pour favoriser l’épargne,

    – si en plus il est ruineux pour le plus grand nombre (ceux qui travaillent) et injuste, puisque demandant un effort à des acteurs qui pourraient parfaitement obtenir le même service à meilleur coût (création monétaire publique sans intérêt réel),

    – et si en plus, comme le suggère assez bien Jean Bayard, cette épargne est structurellement nuisible pour le fonctionnement du système (un frein à la croissance) parce qu’elle retire du pouvoir d’achat aux consommateurs et favorise mécaniquement la surproduction (puisque Revenu national = Produit national, toute Épargne prélevée sur le Revenu créera une difficulté pour écouler la Production de la période),

    si, donc, l’intérêt est aussi inutile, voire nuisible, à la collectivité, à quoi bon payer cet intérêt ?!

    Décidément, au regard de l’intérêt général, je ne comprends pas à quoi servent aujourd’hui les bourses (chaque année, alors que leur fonction prétendue est de « financer l’économie », les bourses en viennent parfois, au lieu de créer du capital, à détruire du capital net !).

    Bonne nuit :o)

    Étienne.

    ___________________

    Je reproduis ici (j’espère que le robot ne va pas me jeter comme un spammeur) deux explications que je trouve lumineuses au sujet de la rente de l’épargnant.

    ===============

    • La première vient du gros livre qu’a écrit Maurice Allais au sortir de la guerre (et qui lui a valu plus tard le « Prix Nobel »), « Économie et intérêt », page 101 et s. :

    <b<Rente de l’épargnant

    Lorsque le taux du marché a la valeur d’équilibre Ie (fig. 1), le capital épargné par un individu donné a la valeur Ce, mais une partie de cette épargne subsisterait si le taux d’intérêt du marché était inférieur à Ie. Il en résulte pour l’épargnant une rente.

    figure 1

    figure 2

    En effet, la quantité dC que l’épargnant aurait consenti à capitaliser pour un revenu annuel IdC est en fait capitalisée pour un revenu annuel IedC.

    Il en résulte pour lui un revenu gratuit, égal à l’intégrale

    R = Surface hachurée IoIeMe

    que nous appellerons rente de l’épargnant.

    Certains économistes ont prétendu que l’intérêt perçu IC était la rémunération de l’effort d’abstinence réalisé par l’épargnant en portant son capital de la valeur C0, qu’il aurait si le taux d’intérêt était nul, à sa valeur d’équilibre Ce.

    On voit en fait que cette rémunération est généralement beaucoup plus élevée que le sacrifice réel ainsi consenti, dont la valeur est égale à la surface C0CeMe correspondant à la rémunération de la seule épargne marginale et on comprend les paroles indignées de Lassalle, devant certaines thèses extrêmes des théoriciens de l’abstinence » : «L’intérêt du capital est la récompense de la privation ! Admirable parole, parole qui vaut son pesant d’or ! Les millionnaires européens, les ascètes, les pénitents hindous, les stylistes perchés sur une jambe en haut de leur colonne, les bras tendus, le corps penché, la mine blême, tendant vers le peuple leur écuelle pour recueillir la récompense de leurs privations ! Au milieu d’eux et dominant tous les pénitents, le pénitent des pénitents : la firme Rothschild !».

    Rente de l’épargnant et rente du consommateur.

    En réalité, il ne faut voir dans la rente de l’épargnant qu’un cas particulier de la rente dont bénéficie tout individu lorsqu’il participe au marché.

    En effet, un individu (X) poursuit l’échange d’un bien (A) contre un bien (B) tant que, compte tenu du taux d’équivalence du marché, les quantités reçues de (B) ont pour lui plus de valeur que les quantités données de (A) et arrête cet échange lorsque son taux d’équivalence psychologique devient égal au taux d’échange du marché.

    Il en résulte que toute opération économique librement effectuée laisse à l’agent qui le poursuit un revenu gratuit, une rente, puisqu’il n’y a équivalence psychologique entre les quantités reçues et les quantités fournies qu’à la marge et que tant que cette limite n’est pas atteinte l’agent considéré retire un avantage de l’échange.

    La rente de l’épargnant en tant que revenu gratuit n’est donc pas un phénomène propre à l’épargne et elle est absolument, analogue à la rente du consommateur pour lequel la valeur psychologique moyenne des biens acquis est toujours supérieure à celle des sommes dépensées pour les acquérir, la différence pouvant être considérable, ou à la rente du travailleur pour lequel la valeur psychologique du salaire est toujours supérieure à celle du travail fourni.

    Si donc, et comme nous l’avons montré, il serait faux de soutenir que l’intérêt perçu n’est que la stricte rémunération de l’effort d’épargne, il serait tout aussi injustifié de s’indigner du caractère de revenu gratuit d’une partie des intérêts touchés, alors que ce même caractère s’attache aux achats du consommateur, aux revenus du travailleur et d’une manière générale à tout acte économique et quelque justes qu’elles puissent être, en tant que critiques de certaines théories de l’abstinence, les observations de Lassalle ne sauraient être retenues en aucune façon dans la forme qui leur a été donnée en tant qu’arguments tendant à mettre en cause la justification sociale du prêt à intérêt (2).

    _____________

    (2) Toutefois, il est bien certain que s’il n’y a, entre la rente du consommateur ou du travailleur et la rente de l’épargnant, aucune différence de nature, il peut y avoir dans certains cas une différence d’échelle. Ainsi, il n’y a guère de comparaison possible entre la rente du travailleur pour lequel le salaire correspondant à un travail donné perçu sur la base d’un salaire unitaire égal à sa valeur psychologique marginale peut être cinq à dix fois supérieur à sa valeur psychologique moyenne, et la rente du milliardaire américain qui, sur la base d’un taux d’intérêt pur de l’ordre de 4%, perçoit 40 millions d’intérêts pour une épargne qu’il ne modifierait guère si le taux d’intérêt pur du marché devenait nul.

    Source : Maurice Allais, « Économie et intérêt » (p 101 et s.), 1947, réédité par les Éditions Clément Juglar en 1998.

    ==============================

    • La seconde explication sur la rente de l’épargnant que je voudrais vous signaler est tirée d’une perle, une pure merveille : la Note finale (point II) de la « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » de Keynes (p. 366 et s chez Payot) :

    II

    Mais il y a une seconde partie de notre analyse dont les conséquences sont beaucoup plus importantes pour l’avenir des inégalités de fortune ; c’est notre théorie du taux de l’intérêt. On justifiait jusqu’ici une certaine élévation du niveau de l’intérêt par la nécessité de fournir à l’épargne un encouragement suffisant.

    Mais nous avons démontré que le montant effectif de l’épargne est rigoureusement déterminé par le flux de l’investissement et que l’investissement grossit sous l’effet d’une BAISSE du taux de l’intérêt, pourvu qu’on ne cherche pas à le porter au delà du montant qui correspond au plein emploi. La politique la plus avantageuse consiste donc à faire baisser le taux de l’intérêt par rapport à la courbe de l’efficacité marginale du capital jusqu’à ce que le plein emploi soit réalisé.

    Ce critère conduira, sans aucun doute, à un taux de l’intérêt beaucoup plus faible que celui qui a régné jusqu’ici, et pour autant qu’on puisse faire des conjectures au sujet des courbes de l’efficacité marginale qui correspondent à un équipement en capital de plus en plus développé, il y a lieu de croire que le maintien plus ou moins continu d’une situation de plein emploi exigera une baisse profonde du taux de l’intérêt, sauf toutefois si dans la communauté tout entière (État compris) il se produit une forte variation de la propension à consommer.

    Nous sommes convaincu que la demande de capital est strictement limitée, en ce sens qu’il ne serait pas difficile d’accroître l’équipement jusqu’à ce que son efficacité marginale tombe à un chiffre très faible. Ceci ne veut pas dire que l’usage des biens de capital ne coûterait presque plus rien, mais seulement que le revenu qu’on en tirerait aurait tout au plus à couvrir la dépréciation due à l’usure et à la désuétude, et une certaine marge destinée à rémunérer les risques ainsi que l’exercice de l’habileté et du jugement.

    En bref, les biens durables de même que les biens éphémères fourniraient au cours de leur existence un revenu global couvrant tout au plus le coût du travail nécessaire à les produire, augmenté des coûts de l’habileté et de la surveillance et d’une allocation correspondant aux risques.

    Cet état de choses serait parfaitement compatible avec un certain degré d’individualisme. Mais il n’en impliquerait pas moins l’euthanasie du rentier et par suite la disparition progressive du pouvoir oppressif additionnel qu’a le capitaliste d’exploiter la valeur conférée au capital par sa rareté. L’intérêt ne rémunère aujourd’hui aucun sacrifice véritable non plus que la rente du sol. Le détenteur du capital peut obtenir un intérêt parce que le capital est rare, de même que le détenteur du sol peut obtenir une rente parce que le sol est rare. Mais, tandis que la rareté du sol s’explique par une raison intrinsèque, il n’y a aucune raison intrinsèque qui justifie la rareté du capital.

    Une raison intrinsèque de cette rareté, plus précisément un sacrifice véritable que seule pourrait faire consentir l’offre d’une récompense sous forme d’intérêt, n’existerait que dans le cas où la propension individuelle à consommer s’avérerait assez forte pour que l’épargne nette en situation de plein emploi devienne nulle avant que le capital fût suffisamment abondant.

    Et, même dans ce cas, les Pouvoirs Publics auraient encore la ressource d’entretenir une épargne commune assez importante pour permettre au capital de se développer jusqu’à ce qu’il cessât d’être rare.

    La généralisation de la rente nous paraît constituer une phase intermédiaire dans l’évolution du capitalisme ; elle prendra fin lorsqu’elle aura rempli son objet. Et la disparition de la rente du capital entraînera bien d’autres changements radicaux dans ce régime. Le grand avantage du programme que nous préconisons, c’est que la disparition du rentier ou du capitaliste sans profession n’aura rien de soudain, qu’elle n’exigera aucun bouleversement, qu’elle résultera de la simple persistance pendant un certain temps de l’évolution graduelle que la Grande-Bretagne a connue récemment.

    Pratiquement on pourrait se proposer (tout ceci n’a rien d’irréalisable) d’abord d’augmenter l’équipement jusqu’à ce que le capital cesse d’être rare, de manière à supprimer la prime attribuée au capitaliste sans profession ; ensuite de créer un système de taxation directe obligeant les financiers, les entrepreneurs et les autres hommes d’affaires à mettre au service de la communauté à des conditions raisonnables leur intelligence, leur caractère et leurs capacités professionnelles (ces hommes d’affaires aimant certainement assez leur métier pour consentir à travailler à bien meilleur compte qu’à présent).

    Il faut avouer cependant que l’expérience seule peut indiquer dans quelle mesure il convient d’orienter la volonté publique, telle qu’elle s’exprime par la politique du Gouvernement, vers le renforcement de l’incitation à investir; et dans quelle mesure il est possible d’accroître la propension moyenne à consommer sans risque de s’éloigner de l’objectif consistant à dépouiller le capital de sa valeur de rareté en l’espace d’une ou deux générations.

    On constatera peut-être que la propension à consommer est si facilement renforcée par le déclin de l’intérêt que le plein emploi peut être réalisé moyennant un flux d’épargne et par suite une vitesse d’accumulation à peine plus grands qu’aujourd’hui.

    Dans ce cas l’augmentation des taxes sur les gros revenus et sur les grosses successions pourrait avoir l’inconvénient d’abaisser le flux d’investissement correspondant au plein emploi très au-dessous du niveau qui existe en fait à l’heure actuelle. Nous ne songeons pas à nier qu’une telle conséquence soit possible, voire même probable.

    Il serait téméraire en ce domaine de prédire la réaction de l’homme moyen en face de circonstances nouvelles. Cependant, si l’on pouvait sans difficulté assurer approximativement le plein emploi par une légère augmentation du flux d’investissement actuel, on aurait déjà résolu un problème essentiel. Et il resterait à fixer par une décision séparée l’ampleur et les modalités des restrictions de consommation qu’il serait juste et raisonnable d’appeler la génération actuelle à consentir afin que ses successeurs puissent bénéficier le moment venu d’un état de plein investissement.

    Source : John Maynard Keynes, 1883-1946 , « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936), « Notes finales sur la philosophie sociale à laquelle la théorie générale peut conduire » Université du Québec À ChicoutimiC et Édition Payot 2005.

    Je ne reproduis pas la suite, mais c’est littéralement passionnant (une autre fois ?…).

    Je trouve la traduction de Payot (2005) meilleure que celle disponible sur le site de nos amis canadiens. J’ai un peu corrigé cette dernière dans ce sens.

    Bonne nuit.

    Étienne.

  15. @ Eienne
    Tu pars d’un préalable  » Si personne n’a vraiment besoin d’épargne (une fois qu’on sait créer la monnaie quand on en a besoin, on n’a plus besoin de ‘fourmis’ pour en mettre de côté pour les ‘cigales’), il n’y a plus de raison (plus de rareté ?) pour justifier le prix demandé aujourd’hui (il n’y a plus de justification de l’intérêt).

    … mais tu oublies, me semble t-il, plusieurs points:

    – Il n’est pas question, parce qu’on sait créer la monnaie, de la créer sans contreparties. .. ca a mené aux subprimes.
    Imagine que les moyens de X sont limites mais qu’il estime (il en est persuadé) que ses revenus vont augmenter… une banque, centrale ou on, ne créera pas de monnaie pour lui permettre d’acquérir un bien. Un épargnant, prêt à prendre un risque sur la bonne foi de X , lui prêtera peut être l’argent dont il a besoin à un taux dépassant largement les taux bancaires (et de la seule inflation) … c’est la « prime de risque » du prêteur.

    – Un prêt avec intérêt sur épargne préalable ne coûte rien à la collectivité, contrairement à un prêt sur création monétaire, car c’est un échange de monnaie existante entre des personnes (physiques ou morales) consentantes (en tant que « libéral » je crois qu’il est nécessaire de laisser aux individus leurs choix individuels s’ils n’ont pas d’effet négatif sur la collectivité).

    – Puisqu’il est impossible d’estimer avec justice une réelle inflation qui par exemple ne prends pas en compte l’inflation des actifs car l’indice INSEE ne donne que l’inflation (y crois tu d’ailleurs ?) des biens de consommation, le « panier de la ménagère », en éliminant par exemple l’immobilier ou les différences de consommation entre classes sociales … interdire de rémunérer l’épargne orientera la société vers une consommation accrue : est ce bien ce que nous cherchons? (ni Allais, ni Keynes n’ont intégré, à leur époque c’est « normal », la nécessité de « frugalité » compte tenu de la raréfraction des ressources et de l’augmentation importante de la population mondiale)

    – Enfin, l’Etat peut très bien imposer correctement les revenus du capital, sur des taux progressifs, afin d’éviter  » la rente du milliardaire « . Je défends personnellement l’idée, tu le sais, de ne pas laisser se faire l’accumulation capitalistique et pour cela de limiter le droit de succession à une génération: ce qu’a épargné un individu au cours de sa vie peut être transféré une fois… l’héritier ne pourra plus le transférer une seconde fois, il ne pourra transférer à son tour que sa propre épargne (la différence entre ce qu’il possède à sa mort diminué de ce qu’il a hérité au cours de sa vie)

  16. Le cas de la Russie est intéressant. J’étais à Moscou de 1996 à 1999 et j’ai pu y vivre en direct la crise financière.

    Dès le printemps 1998 nous sentions que la situation était devenue intenable. Une issue inéluctable se profilait qui prendrait la forme d’un évènement d’importance. En Juin les risques de dévaluation étaient évoqués publiquement. 10% semblait alors raisonnable.
    Toujours en Juin une grande banque occidentale proposait à notre société d’investir sa trésorerie en bons du trésor. Les rendements étaient de l’ordre de 40%! Pourtant le directeur français de cette banque nous assurait qu’il s’agissait d’un placement sans risque…
    Une analyse des bilans des banques montrait immédiatement que la moindre dévaluation provoquerait un véritable carnage. Toutes s’étaient gorgées de titres à fort rendement, les passifs étaient en dollar, les actifs en rouble. L’argent était littéralement aspiré hors du circuit économique pour se placer sur le marché financier.
    La politique économique de la Russie était alors étroitement encadrée par le FMI. La stabilité monétaire devait permettre l’investissement étranger, lequel était la clé de la croissance. Cependant l’effondrement des recettes de l’Etat et le déficit budgétaire attenant avait pour conséquence une inflation élevée. En l’absence de toute mesure protectionniste, un taux de change arrimé au dollar anéantissait la production locale. La fuite des capitaux était massive. Les entreprises industrielles s’arrêtaient les unes après les autres. Employés et ouvriers ne percevaient plus de salaire parfois des années. Les conséquences sur la société étaient désastreuses.
    Pourtant le FMI se félicitait d’un taux de croissance de 0.7% pour l’année 1997.
    En Juillet 1998 le FMI conditionnait l’octroi d’un prêt d’urgence de 20 milliards de dollars au démembrement de Gazprom. Pour le pouvoir en place l’alternative se présenta alors clairement: sauver le secteur industriel et la sphère sociale ou sauver le secteur financier. La dernière exigence du FMI touchait de trop près les intérêts vitaux du pays et de sa population. L’équilibre politique bascula. L’idéologie néolibérale céda au pragmatisme.
    Courant Août 1998 la Russie changea de gouvernement. Un jeune inconnu, Sergei Kirienko devenu premier ministre annonça un défaut sur les bons du trésor. La monnaie nationale dévalua brutalement de 75%.
    Le FMI proposa à la Russie la constitution d’un « Currency board » sur le modèle argentin, qui était alors généralement présenté comme un modèle de réussite économique.
    La Russie éconduit poliment le FMI et celui-ci ne remit plus jamais le pied dans la politique économique du pays.
    OCDE, FMI, experts économiques, tous prévoyaient une profonde récession pour l’année 1999. Il n’en fut rien. La croissance s’établit à 4% puis accéléra pour se stabiliser à un taux de 7% qui est toujours de vigueur.
    ENRON était en 1998 un puissant lobbyiste au sein du FMI. On peut penser que si cette compagnie avait pu mettre la main sur une partie de Gazprom, elle serait aujourd’hui une des plus grandes compagnies mondiales et un modèle économique célébré.

    La crise russe dite d’Août 1998 était patente bien avant 1998, c’est la crise d’une politique économique. On parle aujourd’hui beaucoup d’économie réelle. Le cas de la Russie montre également la chose suivante: on peut être amené à choisir brutalement entre sauver l’économie réelle ou sauver le secteur financier. Enfin en 1998 les russes déjà échaudés à plusieurs reprises avaient peu d’épargne en banque. Les dégâts furent donc assez limités. A contrario le taux d’épargne élevé en Europe de l’ouest, fait que la crise y est particulièrement grave aujourd’hui: la confiance a été trahie.
    En Septembre 1998, nous avons vécu à Moscou sans banque. Elles n’existaient plus. Les gens avaient de l’argent liquide. Dans les commerces la proportion entre biens importés et biens produits localement s’était inversée. Le marché avait donc réagi, la production redémarrait. Dès Septembre la rupture d’Août portait ses fruits. Ce fût un évènement très positif pour le pays.

    Pour ce qui est de Larouche je ne m’étonne pas d’une certaine mentalité d’assiégé.

  17. J. Durand @ 12h21

    Très didactique cette analyse faite de l’intérieur de la Russie. Ce qui éclaire quelque peu et rétroactivement cette séquence historique russe et « fournit » au « dossier » ce qu’il ne faut pas faire et plutôt faire dans le contexte présent et proche avenir.

  18. Merci J.Durand, pour ce résumé vécu sur la Russie.

    Ça rejoint les critiques vitriolées de Joseph Stiglitz contre le FMI et la BM dans « La grande désillusion » (Fayard, 2003, chap. 5 « Qui a perdu la Russie ? », p 181 et s.)…

    Mais quand vous dites :

    La stabilité monétaire devait permettre l’investissement étranger, lequel était la clé de la croissance.

    Est-ce que, justement, comme je le suggérais hier, l’investissement étranger n’était pas aussi prétendument « indispensable » (« clé » de la croissance, dites-vous) QUE PARCE QUE l’État a sottement (ou traîtreusement) renoncé à maîtriser lui-même à la fois la création monétaire et le financement des investissements sans épargne préalable ?

    Est-ce que les peuples n’ont pas tout à gagner à s’émanciper des anciennes techniques de financement (épargne préalable à l’investissement, à collecter sou à sou) et des anciens acteurs (forcément oligarchiques compte tenu de l’irrésistible tentation liée aux sommes en jeu) ?

    Étienne.
    ________________

    PS : sur le libre échange, religion nuisible (pas pour tout le monde) imposée depuis des décennies par le FMI, la BM, l’OMC et l’UE, j’ai découvert Frédéric LIST, auteur enthousiasmant de rigueur et de simplicité, argumentant bec et ongles contre les prétendus « classiques » Smith et Ricardo. Son livre, « Système national d’économie politique » (Tel Gallimard 1998, voulu et excellemment préfacé par Emmanuel Todd) est une merveille : une arme très moderne pour résister aux fous furieux du libre échange.

    L’idée, bien étayée par un grand nombre de faits, je trouve, c’est que les théories du libre échange fondamentaliste ne favorisent que le pays le plus fort (l’empire britannique à l’époque) et que les « économistes » qui soutiennent ces thèses sont fort bien traités (en argent et en honneurs) pour le faire (un peu comme nos éditorialistes grands prêtres du marché aujourd’hui se voient tendre tous les micros à condition d’encenser le dieu marché et de discréditer le diable État).

    Cette histoire résumée de la lutte pour ou contre le libre échange m’a conduit à lire List et Hamilton, mais aussi à relire Smith et Ricardo, d’un œil infiniment plus critique qu’à l’époque où j’étais étudiant.

    Il faut que je prépare pour mon blog un billet de fond sur la calomnie et la désespérante facilité avec laquelle nous autres les humains donnons du crédit à une simple rumeur, ce qui nous affaiblit pour résister aux abus de pouvoir. La médisance que je viens de subir chez Jean Quatremer me servira d’exemple, mais le cas des larouchistes est assez significatif également.

    Au plaisir de vous lire tous 🙂

    Étienne.

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