Crime et châtiment

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Le nom « Donald Crowhurst » vous rappelle-t-il quelque chose ? Il participa à la Golden Globe Race en 1969, une régate autour du monde en solitaire. Alors qu’il se trouvait en position de vainqueur potentiel, il cessa soudain de donner de ses nouvelles. Lorsqu’on repéra son trimaran, il avait disparu. On retrouva son journal de bord qui permit de comprendre qu’au lieu de chercher à faire le tour du globe, il était resté de longs mois embusqué dans l’Atlantique Sud, communiquant jour après jour des positions fictives, attendant que les autres navigateurs y refassent apparition à l’issue de leur circumnavigation. Il se serait semble-t-il satisfait de finir en dernière position. Le hasard n’en voulut pas ainsi : la dureté de la course fit qu’il se retrouva finalement seul en position de l’emporter. Il se mit alors à errer au milieu de l’Atlantique, son journal révélant une raison de plus en plus chancelante, consignant en particulier une théorie relative à la condition humaine qui lui aurait épargné l’abominable dilemme qui était le sien : vainqueur par tricherie ou tricheur démasqué. Son système échoua cependant à le convaincre lui-même puisqu’il s’ôta la vie.

Ce qui me fait penser à Crowhurst, c’est bien entendu l’affaire Bernard Madoff. Comme vous avez pu le voir hier, je me le suis d’abord représenté en Machiavel : un homme convaincu que la « cavalerie » est le meilleur business plan qui soit au monde et développant froidement une stratégie fondée sur ce principe. Or, les informations diffusées aujourd’hui quant aux justificatifs détaillés qu’il procurait à ses clients me font maintenant penser à tout autre chose : à une tragédie à la Crowhurst. Parce que ces relevés, mentionnant parfois des dizaines d’opérations au cours d’un seul mois, présentent de manière précise la stratégie complexe qu’il affirmait mettre en œuvre pour le bénéfice de ses clients : l’utilisation de « collars », un montage particulier d’options, associée à un portefeuille dynamique d’actions, qui permet en effet d’engranger des gains réguliers dans une bourse portée par une hausse constante et paisible. Seulement voilà : pas à l’échelle qui était devenue la sienne, pas à l’échelle des milliards de dollars qu’il brassait en réalité.

La supercherie résulte du fait que si la stratégie qu’il prétendait utiliser a dû fonctionner selon ses vœux pour ses premiers clients, elle a dû atteindre rapidement sa limite en volume dans le cadre que le marché autorisait : plus et le prix des actions se serait retrouvé balloté de manière incontrôlable en raison de ses transactions. Alors, plutôt que de refuser de nouveaux clients, il a dû se mettre à feindre, jusqu’à basculer dans une simple « cavalerie » : prétendant continuer de la même manière qu’avant mais se contentant en réalité de payer les plus anciens participants avec les apports en fonds de ses plus récentes recrues.

Si mon hypothèse est exacte, son histoire est celle d’un homme qui s’imagine d’abord un géant parce que son plan complexe, digne d’un génie (celui que les relevés communiqués à ses clients persista de présenter) semble réussir mais qui, quand il découvre que ce plan est limité par la taille, ne s’y résigne pas par orgueil, par hybris. Il s’autorise sans doute d’abord quelques libertés avec ses principes – tactiques « de complément » que Michael Ocrant qui le questionne avec perspicacité en 2001 [1] semble avoir très bien devinées – pour maintenir la fiction, puis succombe : il se met alors à tricher et se retrouve non plus un géant à ses propres yeux mais un nain. Enfin bien des années plus tard, pareil à Raskolnikov dans Crime et Châtiment, il n’en peut plus : il révèle sa turpitude.

Car ne l’oublions pas, Madoff n’a pas été démasqué : il a avoué à ses fils, et ce sont eux qui l’ont livré à la police. Comme dans le cas de Crowhurst : ce n’est pas la justice des hommes qui l’a rattrapé mais sa propre conscience. Le drame humain n’est pas celui de ceux qui ont cru en Madoff : c’est celui de la manière outrancière dont il a cru en lui-même.

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[1] Michael Ocrant, Madoff tops charts ; skeptics ask how, MAR/Hedge (RIP), No. 89 May 2001

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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30 réflexions sur « Crime et châtiment »

  1. « Le drame humain n’est pas celui de ceux qui ont cru en Madoff : c’est celui de la manière outrancière dont il a cru en lui-même. »
    Le « drame humain » ne serait-il pas plutôt de « croire » (quelqu’en soit le à quoi) , sans jamais se demander comment « ça peut croire », Il conviendrait probablement d’entretenir les débats de ce blog sur cette question, au vu de l’inflation de croyances aussi diverses que variées que l’on peut observer, en faisant varier les échelles de temps et d’espace…

    Question à toutes et à tous : comment vous croyez que vous croyez…ou que vous savez, apprenez, désapprenez,.. (pour résoudre la crise ! laquelle? celle d’apporter des réponses à cette question ?) …lourd héritage transmis à nos enfants que l’on continue de gaver de « connaissances » évitant si possible une quelconque réflexion/action en lien avec la « la réalité » et « la vérité »….Quelle crise ? ( de foi..? )
    Le développement exponentiel, lui aussi, du neo-cortex, commencé il y a 1,7 million d’années ne serait-il pas à prendre en compte ? Les travaux d’Alain Prochiantz sur la morpho-génèse et la plasticité neuronale, ou ceux de Rizzolati sur les neurones-miroirs (pour ne citer que deux exemple) pourraient peut-être nous aider (et nous rendre humbles)… à y voir plus clair sur la monnaie par exemple.
    C’est un peu long, « technique », plus de paroles que de musique, néanmoins je joins…quelques « neuro »- biologistes ont bien quelque-chose à apporter à nos commentaires..
    http://webcast.in2p3.fr/physiqueetconscience/index.php?video=prochiantz.ram

  2. Dans un autre billet, j’ai exprimé l’opinion que les « grands », « puissants », « hauts » etc … étaient de grand malades…..
    Une preuve de plus avec ce Mad-Off ;-)) . Et c’est encore la fascination pour son statut social, sa fortune qui ont
    fait durer la carambouille.

  3. le marché des hedge-funds, que je connais assez bien pour en avoir été (mais j’en suis revenu en repenti!) a toujours été pour moi un véritable Far-West, fais de personnages à fortes personnalités mais aussi souvent d’autres bien peu recommandables. Corruption et manoeuvres hors-limite y sont courantes, même chez nous, ici, en France. A nos autorités de contrôle, l’Autorité de Marchés Financiers à qui je demandais pourquoi le ménage n’était pas fait, les brebis galeuses étant parfaitement identifiée, ont m’a répondu que la consigne était de ne rien faire qui puisse entamer le développement de la place financière de paris. La dérive morale a fait le lit de la débacle actuelle. Combien d’années faudra t’il pour faire un vrai renouvellement des hommes mais surtout des esprits, combien de générations?

  4. @ lebanquier

    A nos autorités de contrôle, l’Autorité de Marchés Financiers à qui je demandais pourquoi le ménage n’était pas fait, les brebis galeuses étant parfaitement identifiée, ont m’a répondu que la consigne était de ne rien faire qui puisse entamer le développement de la place financière de paris.

    Et qui donc donne cette « consigne » ?

  5. « Un homme a beau chercher par tous les artifices à représenter une action illégitime, qu’il se rappelle avoir commise, comme une erreur involontaire, comme une de ces négligences qu’il est impossible d’éviter entièrement, c’est à dire une chose où il a été entraîné par le torrent de la nécessité naturelle, et se déclarer ainsi innocent, il trouve toujours que l’avocat qui parle en sa faveur ne peut réduire au silence la voix intérieure qui l’accuse, s’il a conscience d’avoir été au moment où il a commis cette action injuste; et, quoiqu’il s’explique sa faute par une mauvaise habitude, qu’il a insensiblement contractée en négligeant de veiller sur lui même, et qui en est venue à ce point que cette faute en peut être considérée comme la conséquence naturelle, il ne peut pourtant se mettre en sécurité contre les reproches et le blâme qu’il s’adresse à lui-même.»

    Kant, Critique de la raison pratique

  6. Présentation de l’Autorité des marchés financiers

    Créée par la loi n° 2003-706 de sécurité financière du 1er août 2003, l’Autorité des marchés financiers est issue de la fusion de la Commission des opérations de bourse (COB), du Conseil des marchés financiers (CMF) et du Conseil de discipline de la gestion financière (CDGF).

    Ce rapprochement a pour objectif de renforcer l’efficacité et la visibilité de la régulation de la place financière française.

    L’Autorité des marchés financiers est un organisme public indépendant, doté de la personnalité morale et disposant d’une autonomie financière, qui a pour missions de veiller :

    * à la protection de l’épargne investie dans les instruments financiers et tout autre placement donnant lieu à appel public à l’épargne ;
    * à l’information des investisseurs ;
    * au bon fonctionnement des marchés d’instruments financiers.

    Elle apporte son concours à la régulation de ces marchés aux échelons européen et international.

    L’Autorité des marchés financiers comprend :

    * un collège de 16 membres ;
    * une commission des sanctions de 12 membres ;
    * des commissions spécialisées et des commissions consultatives.

    Le ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi désigne le commissaire du Gouvernement qui siège auprès de toutes les formations, sans voix délibérative.

    Le président de l’Autorité des marchés financiers est nommé par décret du président de la République pour un mandat de cinq ans non renouvelable.

    L’Autorité des marchés financiers dispose de services dirigés par un secrétaire général. Le personnel des services est composé d’agents contractuels de droit public, de salariés de droit privé et d’agents publics, soit 350 personnes fin 2007.

  7. @ ghostdog

    Subvertir : du latin “subvertere” « retourner, renverser », de “sub” « sous » qui exprime la position en dessous, et “vertere” « tourner ». Bouleverser, renverser, troubler. Subvertir l’ordre, les idées reçues.

    … les valeurs et principes d’un système en place !

  8. Madoff a avoué à ses fils parce qu’il se savait fichu. En effet, il n’était pas en mesure de rembourser 7 milliards d’USD que ses clients lui réclamaient, les retraits étant autorisés tous les 15 jours sauf condition expresse prévue dans le contrat. Et il ne lui restait plus que 300 millions en caisse.

    Apart ça, notonsle caractère profondément suicidaire de l’entreprise. Si l’on considère que Madoff a agi seul ((ce qui reste encore à prouver), son escroquerie, à défaut d’être démasquée, devait obligatoirement s’éteindre avec lui. Lui seul connaissait le mode opératoire. Il revenait donc à ses héritiers de se démerder avec l’énorme scandale qui n’aurait pas manqué d’éclater après sa disparition. Peut-être a-t-il voulu éviter cette indignité à sa famille? Ou au contraire, peut-être que les fils étaient au courant de l’escroquerie et qu’il leur a conseillé de le livrer à la justice afin qu’ils soient blanchis (et qu’ils puissent retrouver une partie de l’argent). En tout cas, c’est mal parti, puisque la société de courtage a été mise en concordat judiciaire afin de rembourser les créanciers et les bataillons d’avocats qui se pressent déjà au portillon.

    Paul émet l’hypothèse d’un homme qui s’est progressivement retrouvé dans un engrenage et s’est livré à une sorte de fuite en avant. C’est possible. Ce qui marche à une échelle ne marche pas nécessairement à une autre. Cela dit, Madoff évoluait dans un monde où l’on est déjà à la limite de la légalité. Il est sans doute plus facile qu’on ne le croit de glisser vers des pratiques comme le Ponzi scheme. Certains n’hésitent pas à dire que certaines classes de hedge funds et même l’industrie des hedge funds dans son ensemble est un énorme Ponzi scheme. Par exemple ici: http://www.nakedcapitalism.com/2008/03/are-hedge-funds-scam.html

    Plus généralement, la limite entre ce qui est autorisé et qui ne l’est pas est souvent à géométrie variable. Surtout dans les activités hautement complexes et quasi-instantanées. Dans le cadre de son autre société, Madoff était market maker. Autrement dit, il se chargeait d’arbitrer l’offre et la demande. Tout le monde sait qu’énormément d’argent est siphoné dans le processus consistant à aligner le bid et le ask. Certains charmants confrères l’avait déjà soupçonné de faire du front running, c’est à dire d’acheter des titres pour son compte juste avant de passer un ordre pour un tiers, dans le cadre de sa société de courtage.

  9. Merci de répondre partiellement (ainsi que les commentateurs) à la question que je me posais : Mais comment se fait-il qu’il ne se soit pas suicidé, vu que c’est effectivement en général la solution de dernier recours dans ce genre de situations inextricables…

    La réflexion de Michel me semble alors pertinente, qu’il devait rester en vie pour éviter que ses descendants n’en patissent.

    Par ailleurs, je ne savais rien de Crowhurst et de cette lutte à mort entre un homme et sa conscience…

  10. « Crime et châtiment » ou bien « Les misérables » ou … « Le portrait de Dorian Gray »?

    La première référence est probablement utile pour donner une explication psychologique individuelle à cette affaire,

    la seconde, par la quasi exacte similitude de la peine infligée à Jean Valjean pour le vol d’un pain, et de celle que risque Mad Off (chapeau Scaringella) nous donne l’éclairage sur l’environnement moral qui l’a autorisée, à moins que ce ne soit une évaluation réaliste de la dévaluation sur 150 ans.

    et la troisième nous illustre la réalité de la finance à travers le portrait que nous en brossent les chantres néolibéraux (le Milton Fried Man(kind)) à la poursuite du « Lost Paradise ».

  11. Tout cela n’est pas si grave que ça. Ce qui est important est que les USA sont aujourd’hui dans une trappe à liquidités et qu’ils vont le faire payer à l’europe continentale en dévaluant le dollar comme lors des accords du Plaza en 1985, accords qui plongèrent le Japon dans sa propre trappe à liquidités jusqu’à aujourd’hui encore. Pour le moment l’avenir de l’UE est celui du Japon depuis 1990, les émeutes en plus dans sa partie Sud. La Grande Bretagne sera définitivement ruinée. Mais ce n’est pas fini. La Chine va dévaluer encore plus que les américains qui risquent fort de voir leurs efforts ainsi annulés. Ca commence à ressembler furieusement à Règlement de Comptes à OK Corral, non?

  12. Il était légal que Madoff se rétribue.
    A-t-il continué à se rétribuer à hauteur des capitaux investis sous forme de commissions après avoir constaté l’inanité de son business plan?
    Si il a pris des billions $ après la dérive catastrophique il faut s’interroger sur son éthique.

  13. Un post intéressant d’un blog du nyt qui se demande comment Madoff pensait s’en sortir. L’article énumère 4 stratégies de sortie pour un escroc qui échafaude un Ponzi scheme. 1. La stratégie « Prends l’oseille et tire-toi » valable pour les petits escrocs qui peuvent se permettre de filer à l’anglaise mais pas pour les grands escrocs comme Madoff, qui ont bâti leur arnaque en gagnant d’abord la confiance d’un cercle fermé et élitaire dont ils font intégralement partie et dont ils font semblant d’épouser les valeurs (notamment dans ce cas-ci, philanthropiques). 2. La stratégie « sortie par le haut » qui consiste à transformer l’arnaque en une entreprise légale et légitime (un peu comme les mafieux devenant propriétaires de casinos). Cette stratégie suppose que dans un certain nombre de cas, l’escroc avait l’intention de bâtir une affaire normale au départ mais que pour l’une ou l’autre raison, celle-ci a mal tourné (c’est l’hypothèse de Paul Jorion). 3. Pas d’exit. L’escroc cherche inconsciemment à se faire prendre ou à se suicider. 4. Se faire élire en tant qu’homme politique afin de bénéficier de l’immunité parlementaire. Tiens, tiens ça ne rappelle personne?

    http://economix.blogs.nytimes.com/2008/12/17/hey-ponzi-whats-your-exit-strategy-exactly/?hp

  14. La société américaine va d’épreuve en épreuve et voit ses plus profondes certitudes mises en question. Cela a d’abord été le choc du 11 septembre, et cela ne s’est pas arrêté depuis. Comme une descente aux enfers que rien n’arrête et dont la crise financière et économique actuelle est la poursuite.

    L’affaire Madoff vient jouer son rôle dans cette histoire qui n’est pas terminée de la fin de l’empire américain. Comme l’expression d’une double faillite, celle d’institutions de régulation et de surveillance qui n’ont pas joué leur rôle de garant et celle des valeurs d’une bonne société américaine trahie par l’un de ses pairs. A qui désormais se fier ?

    Rien ne va plus, pour ne pas se rappeller le désastre de la New Orleans et la découverte par certains que les USA étaient rongés par une pauvreté que l’on préférait ne pas voir. Ni spéculer sur le déclassement dont les classes moyennes sont aujourd’hui menacées.

    La planche à billet va fonctionner à plein régime, le fameux hélicoptère de Milton Freidman (et de Ben) va disperser au vent ses liasses de billets, le bilan de la Fed va devenir obèse, dans un pays qui souffre déjà tellement de cette pandémie. Augurant, à lire les fins analystes, d’un retour de flamme de l’inflation quand la déflation aura été enfin terrassée. Le bateau est ivre.

    En Asie, les autorités chinoises s’interrogent désormais à voie presque haute sur la pousuite de leurs investissements dans la dette américaine. Certes, ils jouent avec les autorités US à la crapette, dans l’attente de celui qui rira le premier tout en espérant que le jeu se poursuivra longtemps. Mais il y en a toujours qui finit par craquer.

    La nouvelle bulle qui gonfle démesurement, celle de la dette des Etats, est une menace plus redoutable que les précédentes. Pas seulement pour les USA mais pour tous les pays, à commencer par ceux qui n’auront pas les moyens de faire face à la renégociation de leur dette quand les taux auront remontés.

    Enfin, s’il en était besoin, le marché des devises connait un coup de tabac dont font brutalement les frais les pays qualifiés d’émergeants. D’autres, plus développés, ne seront pas pour autant à l’abri.

    L’amérique va mal et nous ne nous sentons pas très bien.

  15. Assez d’accord avec OK Corral : 17 décembre 2008 à 14:59

    Cette « succession » d’attitudes frelatées imprègne jusqu’à la moelle le monde économique et financier, puis la société. Il en découle la banalisation du crime (celle du châtiment, c’est encore à vérifier).

    Le monde économique et financier a réussi, frauduleusement et le plus discrètement du monde, à se hisser en amont du politique. Il a même réussi à faire considérer le domaine du politique comme un monde dépassé et obsolète. Les politiques ne disent rien trop contents de toucher leurs grasses prébendes. Les tenants du tout marché avaient donc apparemment triomphé. Mais, selon la loi de la dynamique, au moment où ils savouraient leur « triomphe », la moisissure, sans bruit, a atteint en très peu de temps tout leur « patrimoine »…

    L’époque presqu’exclusivement mercantiliste que nous traversons (que nous avons fini de traverser?) devrait être, normalement, l’une des plus « courtes » de l’histoire occidentale, relativement aux symboles plus ou moins associés de diverses traditions anciennes ou théories.

    L’une de ces traditions, ou théorie, dit, si je me souviens bien, que les séquences historiques se succèdent, sur la base d’une durée d’un temps historique donné, scandé par des périodes, ou cycles, trois fois plus courts que le précédent. Puis recommencer un autre cycle d’une durée indéterminée, mais scandé de la même façon.

    Ç’est peut être un « gadget ». Et si j’y fais allusion ci-après, cela ne signifie pas nécessairement que « j’y crois ».

    Ainsi, selon les repères historiques classiques et admis, si l’on pointe les différentes ères à partir de la fin l’ancien Empire Égyptien environ 2500 ans avant J.C. (l’Égypte pharaonique constituée) jusqu’à la fin de l’Antiquité jusqu’au XXème siècle, cela donne :

    3000 ans, allant de ~2500 ans avant J.C. jusqu’à 500 ans après J.C. fin de l’Empire romain, normalement
    jusqu’à 451 après J.C. année de l’invasion de la Gaule Romaine par les Huns dirigés pas Attila. (On date aussi la fin
    officielle de l’Empire Romain en 496, date supposée du sacre de Clovis à Reims).

    + 1000 ans allant de 451 ans après J. C. à 1451, exactement 1453, chute de Constantinople considérée comme la
    fin du Moyen-Âge qui dura 1000 ans (la découverte du Nouveau-Monde par Christophe Colomb en 1492 confirma
    définitivement la fin du Moyen-âge).

    + 333 ans allant de 1453 à 1786, date qui tombe seulement 3 ans avant la Révolution française de 1789!

    + 111 ans allant de 1789 à 1900 qui est un peu la date « pivot » de maints évolutions découvertes, inventions et
    mises au point entre 1890 et 1914, entre autres, symboliquement en 1900, la naissance de la physique, ou
    mécanique quantique, véritable franchissement logique dans le domaine de la connaissance fondamentale, ayant
    permis, entre autres toutes les inventions électroniques.

    + 37 allant de 1900 à 1937, pendant une crise économique majeure qui touche l’Occident, montée du nazisme et
    des fascismes, guerre civile en Espagne, prélude à la 2ème guerre mondiale toute proche, en France le Front
    Populaire avait eu lieu moins d’un ans auparavant.

    + 12 ans allant de 1937 à 1949, le monde balayé par la 2ème guere m. se trouve coupé en deux zones apparament
    antagonistes confirlmée, en 1949, par le fait que l’Urss a mis au point sa bombe atomique.
    (Il restent 4 + 1 ans et 4 mois + 5 mois, etc)

    Au total, il s’agirait d’un cycle de 4498 ans, donc qui frise 4500 ans. Nous sommes déjà dans un autre cycle depuis quelques décennies, avec les résidus et les scories du précédant.

    En résumé, il est absolument évident que, ne serait-ce que par les chocs pétroliers et leurs répliques financières dans ces dernières décennies, que c’est un changement d’époque qui s’opère sous nos yeux, que les cycles se divisent par trois ou non.

    Il est bien possible que dors et déjà un, ou d’autres autre cycle soient amorcés et que nous en n’ayons encore presque rien perçu. Car les cycles se superposent en se suivant à la façon où à midi le jour pourtant maximum commence son déclin et qu’à minuit, où la nuit pourtant maximum commence son déclin. Comme peuvent s’actualiser dans le présent des éléments futurs de civilisation encore non perçus, ou très confusément.

    Ce qui caractérise la présente civilisation « mondialisée », c’est le mercantilisme généralisé quasi absolu. Ce mercantilisme n’est pas né de ce matin, était potentiel depuis de longs siècles. Il s’est actualisé progressivement chaque fois davantage jusqu’à prendre le pouvoir, mais, trop malin, sans l’annoncer. L’extrême confusion, embrouilles et ignorance qui en résultent sont comme sa meilleure « garantie », et ce « pouvoir » espère se tirer, nuitamment, avec la caisse, primes en plus…

    Pour illustration, il faut souligner que l’Égypte ancienne pharaonique ne connaissait pas la monnaie, elle dura des millénaires. Il reste un aperçu très imressionnant de tout ce qu’elle a pu créer! Ensuite, l’introduction progressives des monnaies, puis du crédit moderne accéléra de manière décisive le temps historique, jusqu’à ce que l’économie en temps réel de la fin du XXème et du début du XXIème siècle crut pouvoir éliminer le temps en se l’appropriant entièrement… Mais il n’y a rien à faire. Ici bas, nous sommes déterminés par l’espace-temps, et ces deux dimensions, malgré les apparences, se jouent de nos calculs mercantilistes, fussent-ils les plus sophistiqués.

    Enfin qui dit mercantilisme dit Mercure. Mercure origine du mot qui a donné aussi la mercuriale, liste des prix des marchés. Dans la tradition gréco-Latine Mercure (alias Hermès) est le dieu des commercants et des voleurs.
    Et voici un détail parlant car on sait bien que les commercants et les voleurs (sans nécessairrement associer ces deux) aiment traditionnellement l’or plus que tout au monde. Et bien le mercure, métal liquide, est le – seul – agent qui peut dissoudre l’or, par ailleurs incorruptible. Comme quoi, tout se tient dans l’expérience ou l’intuition traditionnelle. Une même cohérence dans des domaines différents qu’on peut ainsi mieux « lire » et comprendre.

    Mais cette période « mercurienne » devrait vite s’estomper. Simplement à cette échelle, c’est toujours trop long pour ceux, les plus nombreux, qui en souffrent. Mais j’ai entendu Jacques Attali dire dans un entretien que l’Urss aura été le dernier empire précapitaliste. Ce qui présupposait dans son propos que nous entrions dans une ère exclusivement capitaliste… Si c’était vrai, et sans critiquer personne en particulier, si le capitalisme effondré de Wall-Street effondrée pouvait rapidement suivre l’Urss aux orties, ce ne serait plus, et rapidement, le capitalisme vicié qu’on connaît trop…grand promoteur et banalisateur du mensonge, de l’escroquerie, de tout les vices, etc. Cela fait presque 20 ans, et c’est tant mieux, que l’Urss à disparu, et elle faisait les mêmes crimes. Mais il faudrait que son pendant de l’époque, le capitalisme vicié tel qu’il fonctionne aujourd’hui disparaisse de la même façon.

    Au passage, Obama-Gorbatchev, même combat?

    Ce n’est pas tout à fait impossible.

  16. Face au cas de Donald Crowhurst existe celui de Bernard Moitessier, le vagabond des mers du sud, qui alors qu’il allait boucler sa course autour du monde , repartit faire le tour du monde à l’envers. Désapprendre pour réapprendre. Face au cas de Madoff existe celui de …..Ne perdons pas espoir!

  17. Bonne remarque de François Leclerc sur la chute progressive des certitudes américaines … Maintenant que même leur Président est noir, la dernière touche pour parachever l’ouvrage serait que Dieu soit une femme. Tu entends, Là-Haut ? Descends donc leur montrer !

  18. Quand on lit l’article ci-dessous du Financial Times, on se dit que les clients de la banque Santander qui ont été amicalement dirigés vers le hedge fund Optimal et qui ont perdu 3 milliards USD dans l’aventure Madoff peuvent parfaitement se retourner contre la banque (il en va sans doute de même pour d’autres victimes de l’escroquerie). En effet, le hedge fund de la banque précise sur son site (opportunément fermé depuis) que les placements sont effectués avec la plus extrême précaution et au terme d’une sélection rigoureuse. Il ne mentionne pas la personne de Madoff et se borne à dire que les opérations concernent des large-caps (grandes entreprises) appartenant à l’univers du S&P 100. En d’autres termes, la plupart des investisseurs ont sans doute cru qu’ils avaient placé leur billes dans des blue chips avec la bénédiction d’une grande banque européenne. On peut difficilement faire mieux en terme de publicité mensongère.

    http://www.ft.com/cms/s/0/44d104c4-cc6b-11dd-9c43-000077b07658.html

  19. La première fois que j’ai reçu un spam me demandant de m’inscrire à un système pyramidale, j’ai soigneusement lut les explications, et ma première réaction fut : ‘mais c’est une idée de génie ce truc’. Très vite évidement j’ai fait quelques calculs pour m’apercevoir qu’un tel système avait une durée de vie nécessairement très limitée, et que les perdants étaient forcément la masse de gens se retrouvant au bout de la chaine, qui ne trouveraient pas d’investisseurs pour assurer leurs gains futures.

    Mais tout de même. Cette idée me travailla un certain temps : Aussi longtemps que la confiance réussirait à s’installer dans l’esprit d’un nombre suffisamment grand de personne, le système fonctionnerait. Et moi et mes amis en tête de liste pourrions faire un max de bénefs.

    Le fait que le principe en lui même soit illégal dans la plupart des pays, ainsi que le travail nécessaire pour le mettre en place nous ont dissuadé d’en monter un nous-même.

    Aujourd’hui je me demande à quel point le système boursier ne développe pas un petit coté pyramidal. Les gens achètent des actions dont les prix montent car beaucoup de gens achètent. Et aussi longtemps que plus de gens achètent, les prix montent, et les investissements des premiers acheteurs portent leurs fruits. jusqu’au jour où il n’y a plus suffisamment de personnes pour acheter. C’est le ‘crash’. Les derniers sur la liste n’ont pas pu profiter d’une hausse et perdent alors leur investissement, qui servira à payer les gains des premiers.

    Peut-être est-ce une vision un peu simpliste. Je serais ravi que quelqu’un vienne me démontrer en quoi c’est le cas. Parce que pour l’instant, le système financier mondiale me semble être à moindre échelle analogue à l’arnaque de Madoff.

    Et moi et mes amis étions prêt à ce lancer dans l’aventure…
    Pas pour le travail excitant que cela représente. Pas pour l’émulation intellectuelle qui en résulte. Pas pour donner un ‘sens’ à nos vies. Non. Juste pour « l’argent ». Juste pour ça. Ce nouveau Dieu qui nous domine et qui dicte ses lois. L’argent-dette ? non. L’argent-roi. Qui peut tout acheter. Il existe un proverbe pour ça : ‘Si quelque chose ne peut pas s’acheter avec de l’argent, alors il peut s’acheter avec beaucoup d’argent’. C’est presque vrai…

    Certaines choses doivent définitivement sortir de ce cercle vicieux… Peut-être suis-je faible d’esprit. Mais dans mon cas, il me fait courir tout droit vers ma perte.

  20. @Ton vieux copain Michel : je pense qu’il vous manque au minimum une cinquième hypothèse: Madoff savait qu’il serait pris tôt ou tard, mais il savait qu’il ne risquait pas grand chose par rapport aux gains possibles. Durant toutes ces années, il a dû s’en mettre plein les poches et planquer son argent en lieu sûr (pas un système pyramidal cette fois). Il a ainsi sans doute mis sa famille à l’abri pour l’éternité, sans oublier les bonnes années de bombance qu’il a passé.
    Ensuite, il savait qu’il aurait à payer une amende, on parle de maximum 5mio $ (peanuts). Si on ajoute la caution pour sa libération conditionnelle, on atteint à peine 15mio$. Après y’aura peut-être un peu de tôle, mais 4 ou 5 ans max. Et à son âge, il est de toutes façons plus proche de sa mort que de sa naissance.
    Y’en a qui prennent plus de risques pour moins de gains possibles…

  21. R.A.S., disaient les militaires quand ils n’observaient rien d’anormal sur la ligne de front. L’Autorité des Marchés Financiers française (AMF), chacun dans son rôle, préfère parler de « loup dans la bergerie », s’agissant des expositions aux fonds Madoff tapies dans les OPCVM auxquels ils ont souscrit.

    On cherche vainement la bergerie dans cette histoire, l’AMF déclarant qu »‘il faut que les banques expurgent de ces produits toxiques l’ensemble des produits qu’elles proposent au grand public, non averti ». Y aurait-il matière à poursuite judiciaire contre certaines banques, si l’on suit bien cette pensée ? L’acte II commence.

    PARIS, 18 décembre 2008 (AFP) – Les épargnants français doivent « s’inquiéter » de la possible exposition de leurs placements aux fonds du financier américain Bernard Madoff, a déclaré jeudi à l’AFP le secrétaire général de l’Association française des usagers de banque (Afub), Serge Maître.

    « Le premier réflexe qu’il faut avoir, c’est de s’inquiéter », a déclaré M. Maître, invitant les épargnants à consulter l’évolution des performances de leurs OPCVM, équivalent de fonds de placement. « Si ça s’effondre aujourd’hui, c’est qu’il y a sûrement du Madoff dedans », a-t-il expliqué.

    « Le deuxième réflexe, c’est d’écrire une lettre » à sa société de gestion ou à sa banque « pour avoir la confirmation qu’aucun fonds Madoff ne se trouve dans le patrimoine du fonds commun de placement (FCP) ou du Sicav (les deux formes que peuvent prendre les OPCVM, ndlr) », a ajouté le président de l’Afub.

    L’Autorité des marchés financiers (AMF) a estimé mercredi que les épargnants français qui ont investi dans des fonds gérés collectivement par des institutions financières (OPCVM) pourraient perdre « plusieurs centaines de millions d’euros » à cause de la fraude Madoff.

    « Il faut que les banques purgent de ces produits toxiques l’ensemble des produits qu’elles proposent au grand public, non averti », a estimé M. Maître.

    « On peut avoir des Sicav et FCP qui a priori ne sont pas exposés. Mais sous couvert de limiter les risques, on passe par des +fonds de fonds+. Le problème, c’est que c’est le loup dans la bergerie », selon lui.

    Les « fonds de fonds » sont des fonds d’investissement qui investissent eux-mêmes dans d’autres fonds afin de limiter les risques. Les OPCVM exposés à la fraude Madoff le seraient ainsi via ces « fonds de fonds ».

    « Pour le client, c’est très difficile de découvrir que dans son fonds, il y avait du Madoff. Ce n’était pas marqué dessus », a jugé M. Maître.

  22. J’ai précédement attribué à l’AFM des paroles de l’AFUB. Excuses. Les lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes.

  23. Et voilà la deuxième réplique de l’acte II :

    PARIS, 18 décembre 2008 (AFP) – La ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, a déclaré jeudi que les « dommages » de l’affaire Madoff révélés mercredi par l’Autorité des marchés financiers dans certains fonds français (OPCVM) « étaient limités » et ne concernaient « pas le grand public ».

    « A ma connaissance, les OPCVM (fonds gérés collectivement par des institutions financières, ndlr) qui seraient touchés sont des OPCVM spécialisés et pas du tout des OPCVM grand public, pas du tout non plus des OPCVM gérés par des banques », a dit Mme Lagarde en marge d’une conférence de presse.

    « Ce que je sais aujourd’hui, c’est qu’une toute petite part des encours gérés en France est touchée ou susceptible de l’être par les agissements connus sous le nom de Madoff », a-t-elle ajouté. « Cette toute petite part représente à ma connaissance 0,05% du total des actifs ».

    « Donc, je crois que les dommages sont limités », a poursuivi Mme Lagarde. « Notre responsabilité aujourd’hui, ça n’est surtout pas d’affoler les épargnants puisque ce ne sont pas des OPCVM grand public qui sont concernés », a poursuivi la ministre.

    (…)

  24. Puiqu’on vous dit qu’il n’y a pas matière à s’inquiéter…et à poursuivre !

    PARIS, 18 décembre 2008 (AFP) – Jean-Pierre Jouyet, le nouveau président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), a indiqué jeudi qu’aucun petit épargnant français ne voit ses économies menacées par la fraude Madoff.

    « Cela ne porte que sur des investisseurs avisés, professionnels, qui disposent en général de fortunes importantes. Il n’y a aucun fonds grand public qui soit impliqué et aucun fonds où il y ait des petits épargnants », a-t-il souligné à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre François Fillon.

  25. Bonjour,
    Cet réflexion sur l’hybris mérite que l’on s’y attarde. Je ne pense pas que ce soit le facteur déterminant de la découverte par l’aveu de l’arnaque de M. Madoff. L’hybris, cette sale petite bête rongeant l’âme par la démesure de l’orgueil, se nourrit de ses proprs enfants au besoin, et si elle a encore faim, elle se nourri simplement ,en dernier recours, de l’ultime sacrifice du « porteur »: la folie suicidaire (Roman..). Ce n’est pas le cas, aussi, je suggére d’explorer la piste des réels bénéficiaires de l’argent détourné. La certitude pour lui que son « travail » a été génialement fait et que ça valait le coup de ne risquer que 20 ans de prison (à 70 ans) et seulement 5 millions d’amende valait bien cette mort sociale, substitu du suicide. Elle sert de fait un groupe d’intérêt, une mafia, un cercle, comme vous voulez. L’argent n’était pas fictif, les intérêts non plus, où sont donc passés les capitaux de départ?
    Cordialement

  26. L’AMF communique à nouveau sur ce qu’elle intitule sans autre forme de procès « la fraude Madoff » et apporte les précisions suivantes, d’après l’AFP:

    « Huit pour cent de ces quelque 500 millions d’euros de pertes potentielles des fonds français exposés à la fraude Madoff concernent le « grand public. 92% de l’exposition » se concentre sur des fonds qui n’ont pas été distribués au grand public, a précisé cette institution dans un communiqué.

    Ce chiffre se décompose de la façon suivante: 66% pour des « fonds destinés à une clientèle fortunée » et 26% pour des « fonds distribués à des investisseurs institutionnels ou à une clientèle restreinte. 8% du risque concerne des fonds distribués au grand public, soit environ 40 millions d’euros. » (…)

    L’AMF, démentant ses propos initiaux, ainsi que ceux de la ministre au passage, utilise pour son analyse et tenter de minorer les dégâts des catégories d’investisseurs assez particulières et innovantes, « grand public », « restreint » et « fortuné ». Dans sa déclaration précédente, son Président évoquait les « petits épargants », selon lui épargnés, pour les opposer aux « investisseurs avisés »…

    Quelle rigueur dans le propos de la part de l’Autorité des marchés financiers ! Quel sens politique aussi.

  27. Il y a une sixième hypothèse:

    Madoff est le « simplet » de l’arnaque, comme Bush est le simplet du néolibéralisme, que j’imagine comme une mise dans l’engrenage par l' »exploitation » par ses amis d’une « imprudence » quand il était au zénith de ses fonctions officielles.

    En effet, comment croire une seconde que son environnement proche, savoir les investisseurs du premier cercle, et ses fils eux-mêmes n’étaient pas soit bénéficiaires soit au courant la combine !

    La vraie question est: dans quelles directions leurs relations ont-elles dérapé pour que ses fils fassent ce que j’appellerai une dénonciation de protection ?

  28. Vù la défiance totale envers les institutions de contrôles, personne ne trouve inimaginable qu’une escroquerie de la sorte n’ai pas été découverte…

    Une autre hypothèse serait que, la stratégie Madoff s’est révélée catastrophique avec la crise, et que l’empire se soit effondré. Dans ce cas, les richissimes clients Madoff perdaient tout.

    Dans le cas actuel, où Madoff se déclare coupable, cela évite une enquète précise vù qu’il est déjà coupable ( et que visiblement la majorité des documents sont introuvables), et laisse ouverte la possibilité de remboursement/dédomagement/Crédit impot via diverses institutions US.

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